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   Est-ce le non irlandais au traité de Lisbonne après le non français et hollandais au projet de constitution européenne, toujours est-il que la question européenne s’impose à moi comme un objet de réflexion toujours à recommencer. Qui sommes-nous et pourquoi avons-nous tant de peine à donner une forme politique à ce que Voltaire considérait, au 18° siècle comme « une espèce de Grande République ». «  Il y avait déjà longtemps que l’on pouvait regarder l’Europe chrétienne à la Russie près (celle-ci n’est inscrite que depuis 1716 à l’almanach royal) comme une espèce de Grande République, partagée en plusieurs Etats, les uns monarchiques, les autres mixtes ; ceux-ci aristocratiques, ceux-là populaires, mais tous correspondant les uns avec les autres, tous ayant le même fond de religion quoique divisés en plusieurs sectes, tous ayant les mêmes principes de droit public et de politique inconnus dans l’autre partie du monde » Le siècle de Louis XIV, §II. Cité par Raymond Aron dans sa conférence prononcée au Sénat le 13 mai 1975 : L’Europe, avenir d’un mythe. (Revue : Cités 24, 2005).

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Jean-Paul Sartre.

   

« Puisque la liberté exige que la réussite ne découle pas de la décision comme une conséquence, il faut que la réalisation puisse à chaque instant ne pas être, pour des raisons indépendantes du projet même et de sa précision; ces raisons forment l’extériorité par rapport à tout projet et la liberté est la perpétuelle invention des moyens de tourner ces difficultés extérieures, mais il est bien entendu que la réussite doit être seulement possible, c’est-à-dire qu’il n’y a action que si les difficultés extérieures peuvent toujours être si élevées ou si neuves que l’invention humaine ne puisse pas les surmonter. Ainsi est-il toujours entendu à la fois que l’entreprise humaine a réussi à cause de la libre décision et de la libre inventivité qui a surmonté les obstacles et à la fois qu’elle a réussi parce que ce sont ces obstacles-là et non d’autres plus grands qui lui ont été imposés. Toute entreprise humaine réussit par hasard et en même temps réussit par l’initiative humaine. Si le tireur n’avait pas eu le soleil dans l’oeil il m’atteignait, je manquais ma mission de reconnaissance. Il s’en est donc fallu d’un rayon de soleil, de la vitesse d’un nuage, etc. Mais, en même temps, mes précautions étaient prises pour éliminer tous les dangers prévisibles. En un mot les possibles se réalisent dans la probabilité. La liberté se meut dans la sphère du probable, entre la totale ignorance et la certitude ; et le probable vient au monde par l’homme ».

                                                      SARTRE. Cahiers pour une morale
 
        
 
 

   « On pense que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n’est pas absolument vrai, car en réalité être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c’est le pire esclavage, et la liberté n’est qu’à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison. Quant à l’action par commandement, c’est-à-dire l’obéissance, elle ôte bien en quelque manière la liberté, elle ne fait cependant pas sur- le-champ un esclavage, c’est la raison déterminante de l’action qui le fait. Si la fin de l’action n’est pas l’utilité de l’agent lui-même, mais de celui qui commande, alors l’agent est un esclave, inutile à lui-même ; au contraire, dans un Etat et sous un commandement pour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit un esclave inutile à lui-même, mais un sujet. Ainsi cet Etat est le plus libre, dont les lois sont fondées en droite Raison, car dans cet Etat chacun, dès qu’il le veut, peut être libre, c’est-à-dire vivre de son entier consentement sous la conduite de la Raison ».                              

 Baruch Spinoza. Traité théologico-politique.  

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Intoduction :

  La question est de savoir ce qu’il en est de la technique dans l’existence réelle des hommes. Il faut bien avouer que l’observation des faits invite au sens de l’ambiguïté.

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On se méfie de ce qui présente un danger et les idées aussi peuvent être dangereuses. L’énoncé suggère que c’est le cas de l’idée de nature humaine. Il présuppose qu’on est en présence d’une idée si peu innocente et inoffensive qu’il convient de la soumettre à l’examen.

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Jean-Jacques Rousseau

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  « Mais quand les difficultés qui environnent toutes ces questions laisseraient quelque lieu de disputer sur cette différence de l’homme et de l’animal, il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue, et sur laquelle il ne peut y avoir de contestation, c’est la faculté de se perfectionner ; faculté qui à l’aide des circonstances développe toutes les autres et réside parmi nous tant dans l’espèce que dans l’individu, au lieu qu’un animal est au bout de quelques mois, ce qu’il sera toute sa vie et son espèce au bout de mille ans, ce qu’elle était la première année de ces mille ans. Pourquoi l’homme seul est-il sujet à devenir imbécile ?

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 Introduction détaillée :

   Dans l’allégorie de la caverne Platon introduit le mouvement de libération du prisonnier par une formule étonnante : « Qu’on détache un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser… » Et Rousseau justifie dans Du contrat social  l’usage de la force publique pour obtenir l’obéissance du citoyen à la loi républicaine par cette célèbre affirmation : « ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre » (Livre 1 ch.7)

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 Introduction détaillée

   Imprévisible, ce qui n’est pas l’effet nécessaire de certaines conditions, c’est-à-dire ce qui n’est pas régi par le principe du déterminisme. Autrement dit, est imprévisible un acte qui, dans une situation donnée, ne peut pas être annoncé à l’avance avec certitude parce qu’il met en jeu une autre causalité que la causalité mécanique. Or n’est-ce pas ce le propre d’un acte libre? Un acte est libre s’il procède de l’initiative d’un sujet, de sa spontanéité, de sa capacité à se déterminer à agir sans autre cause que l’existence de ce pouvoir de se déterminer par lui-même. On appelle libre arbitre cette capacité. En ce sens l’imprévisibilité semble bien essentielle à la liberté.

  Elle l’est aussi si l’on remarque que le sujet qui décide est un sujet temporel. Il se construit dans le temps, il est, comme le montre Bergson, durée, changement, nouveauté. Comment prévoir à un moment donné le choix d’un homme qui ne sera plus tout à fait le même à un autre moment ? Cet argument vaut aussi bien pour l’autre que pour soi-même. (L’analyse approfondie de cette thèse : l’acte libre est un acte imprévisible, sera l’objet de la première partie) 

 

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  A une époque caractérisée, si l’on en croit Castoriadis, par « la montée de l’insignifiance », il est sain de lire cet essai de Jacques Dewitte : L’exception européenne, dont le sous titre étonne : Ces mérites qui nous distinguent. Edition Michalon.

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lesableausablier.centerblog.net/4540979-L-ane 

 

 

Au sens métaphysique, la liberté s’oppose au déterminisme.

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