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Noir & blanc Michaël Jackson. jackaimejacknaimepas.blogspot.com/2009_06_07_... 

   

   Comment peut s’énoncer l’expérience humaine du corps ? Dans la catégorie de l’avoir ou dans celle de l’être ? On dit volontiers que l’on a un corps mais ce corps est-il n’importe quel corps comme le suggère l’article indéfini ; et puis-je prétendre entretenir avec lui le rapport impliqué dans le verbe avoir ? Il suggère en effet qu’il serait possible de distinguer radicalement le sujet de son corps, celui-ci étant assimilable à un objet extérieur susceptible d’être perçu comme on perçoit les objets et instrumentalisé comme on dispose des choses.

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   Diable.

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 Cf. Textes.

    La volonté est la faculté de se projeter consciemment et librement vers des fins. Elle fait échapper l’homme au déterminisme qui régit les phénomènes naturels et dans la mesure où elle met en jeu la conscience ou la raison, elle implique la discrimination du bien et du mal. Envisager que l’on puisse vouloir le mal revient donc à prétendre que l’on puisse consciemment et librement choisir le mal, or cela ne va pas de soi. Au contraire, l’existence d’une telle volonté nous paraît proprement inintelligible. L’idée qu’un homme puisse être méchant volontairement, que son inhumanité puisse procéder d’un choix nous semble contradictoire. Une telle possibilité est d’ailleurs si ténébreuse pour la conscience humaine qu’on a toujours cherché à imputer la méchanceté, non à une volonté perverse mais à l’action sur une volonté, par nature définie comme inclination au bien,  de quelque chose la dépossédant de son propre pouvoir. Qu’il s’agisse du diable hier ou du déterminisme social ou inconscient aujourd’hui, la tendance lourde est d’exonérer la volonté de la responsabilité du mal et de considérer avec l’intellectualisme moral que « nul n’est méchant volontairement ».

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Cf. dissertation.

      Comme on ne devient forgeron qu’en forgeant, on n’apprend à penser qu’en s’essayant à la dissertation. La première est toujours difficile. On ne maîtrise pas encore les concepts qu’elle met en jeu, on n’a pas la culture philosophique qu’on n’acquiert que lentement au cours de l’année. Mais il faut bien se lancer. J’ai donné comme premier sujet : Peut-on vouloir le mal ? Et j’ai fourni un certain nombre de textes permettant d’étayer une réflexion encore balbutiante. Car, il ne faut pas se leurrer ; seul le détour par la pensée des grands maîtres permet de s’approprier la sienne.

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 Yves Klein. Anthropométrie de l'époque bleue. 1960. Centre Pompidou.

 
 
 
 
    « Toute dispute consacrée au point de savoir s’il convient de légiférer sur les questions « de société » s’articule aujourd’hui autour d’un argument unique : la « dignité de la personne humaine » Depuis quelques années, la référence rituelle à ce concept éthico-juridique semble en effet suffire à résoudre tout problème de définition de nos valeurs sociales fondamentales. Imagine-t-on pourtant un concept plus flou? Dispose-t-on au moins des critères permettant d’identifier, parmi ses diverses interprétations possibles, celle qui apparaît à coup sûr comme étant « la meilleure »?

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E. Manet. Le balcon.1868.1869. Musée d'Orsay.

 

   C’est par le regard que les êtres doués de conscience, les pour soi, dirait Hegel, sont en relation. Se sentir regardé, c’est d’emblée savoir qu’il n’y a pas au monde que des objets, des choses. Il y aussi d’autres sujets. Le regard est révélation de l’existence d’autrui et cela ne va pas sans difficulté car l’expérience du regard est fondamentalement ambiguë.
 

Bertrand Russell. 1872.1970

 

   « En fait, c’est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. Celui qui ne s’y est pas frotté traverse l’existence comme un prisonnier: prisonnier des préjugés du sens commun, des croyances de son pays ou de son temps, de convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison. Tout dans le monde lui paraît aller de soi, tant les choses sont pour lui comme ceci et pas autrement, tant son horizon est limité; les objets ordinaires ne le questionnent pas, les possibilités peu familières sont refusées avec mépris. Mais […] à peine commençons-nous à philosopher que même les choses de tous les jours nous mettent sur la piste de problèmes qui restent finalement sans réponse. Sans doute la philosophie ne nous apprend-elle pas de façon certaine la vraie solution aux doutes qu’elle fait surgir: mais elle suggère des possibilités nouvelles, elle élargit le champ de la pensée en la libérant de la tyrannie de l’habitude. Elle amoindrit notre impression de savoir ce que sont les choses; mais elle augmente notre connaissance de ce qu’elles pourraient être; elle détruit le dogmatisme arrogant de ceux qui n’ont jamais traversé le doute libérateur, et elle maintient vivante notre faculté d’émerveillement en nous montrant les choses familières sous un jour inattendu.

 Mais à côté de cette fonction d’ouverture au possible, la philosophie tire sa valeur – et peut-être est-ce là sa valeur la plus haute – de la grandeur des objets qu’elle contemple, et de la libération à l’égard de la sphère étroite des buts individuels que cette contemplation induit ».

             Bertrand Russell. Problèmes de philosophie. (1912) Payot (1989), p. 180.181.

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  André Malraux. www.mes-biographies.com/Ecrivain/index_M.html.

 « […] Nous savons tous que nous sommes en face d’une civilisation nouvelle. Encore s’agit-il un peu de savoir à quel degré. C’est Robert Oppenheimer qui, après Einstein, disait: « Si l’on rassemblait tous les chercheurs scientifiques qu’a connus l’humanité depuis qu’elle existe, ils seraient moins nombreux que ceux qui sont vivants ».
   Si les grands Pharaons avaient dû parler à Napoléon, ils auraient parlé de la même chose. Bien sûr, l’armée française était plus étendue que l’armée de Ramsès. Mais c’étaient les mêmes ministres, les mêmes finances, la même guerre. Alors que si Napoléon devait parler sérieusement avec le président des Etats-Unis, ils ne sauraient plus de quoi ils parlent en commun.
   La structure de l’État, la structure de la civilisation a changé d’une façon fondamentale au cours de notre vie, et nous sommes les premiers qui aient vu changer le monde au cours d’une génération. Car même la chute de l’Empire romain avait demandé quatre générations, et même saint Augustin voyait le destin de Rome dans une sorte de brume.
   Non seulement la civilisation nouvelle a détruit les anciennes conditions du travail, mais elle a détruit la structure des anciennes civilisations qui étaient des civilisations de l’âme.
   Elle a remplacé l’âme par l’esprit, et la religion non pas par la métaphysique, mais par la pensée scientifique, la signification de la vie par les lois du monde. Je ne juge pas, et ce serait parfaitement inutile.

   Je reprends ici ce que j’ai dit à l’Université sanscrite de Bénarès. Vous représentez cinq mille ans de culture humaine, mais, en une seule génération, tout a changé. Les lois du monde sont devenues le problème fondamental même pour les esprits religieux.

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L’amitié.

Marc Rothko. Red, Orange, Tan and Purple. 1949. Collection privée.

  

« Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut s’exprimer, qu’en répondant : Parce que c’était lui ; parce que c’était moi » Montaigne. Les Essais, §XXVIII.

 
 
   L’amitié est un type de relation humaine dont Plutarque précise qu’elle est « un animal qui paît à deux. Elle ne vit pas en troupeau, ni en petit groupe comme les geais ». L’ami véritable.
 

Rodin. La pensée. Musée d'Orsay. 

 *

   « […] tant que nous aurons le corps associé à la raison dans notre recherche et que notre âme sera contaminée par un tel mal, nous n’atteindrons jamais complètement ce que nous désirons et nous disons que l’objet de nos désirs c’est la vérité. Car le corps nous cause mille difficultés par la nécessité où nous sommes de le nourrir; qu’avec cela des maladies surviennent, nous voilà entravés dans notre chasse au réel. Il nous remplit d’amours, de désirs, de craintes, de chimères de toute sorte, d’innombrables sottises, si bien que, comme on dit, il nous ôte vraiment et réellement toute possibilité de penser. Guerres, dissensions, batailles, c’est le corps seul et ses appétits qui en sont cause; car on ne fait la guerre que pour amasser des richesses et nous sommes forcés d’en amasser à cause du corps, dont le service nous tient en esclavage. La conséquence de tout cela, c’est que nous n’avons pas de loisir à consacrer à la philosophie. Mais le pire de tout, c’est que, même s’il nous laisse quelque loisir et que nous nous mettions à examiner quelque chose, il intervient sans cesse dans nos recherches, y jette le trouble et la confusion et nous paralyse au point qu’il nous rend incapables de discerner la vérité. Il nous est donc effectivement démontré que, si nous voulons jamais avoir une pure connaissance de quelque chose, il nous faut nous séparer de lui et regarder avec l’âme seule les choses en elles-mêmes. Nous n’aurons, semble-t-il, ce que nous désirons et prétendons aimer, la sagesse, qu’après notre mort, ainsi que notre raisonnement le prouve, mais pendant notre vie, non pas ».

                                                     Platon. Phédon. 66b>66e. Traduction d’Emile Chambry.

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