Flux pour
Articles
Commentaires

Mangosuthu Buthelezi, chef du parti national zoulou, l'Inkhata, Afrique du sud. Auteur de la déclaration citée dans le cours.

 *

  « Qui ne voit que la cohésion sociale est due, en grande partie, à la nécessité pour une société de se défendre contre d’autres, et que c’est d’abord contre tous les autres hommes qu’on aime les hommes avec lesquels on vit ? Tel est l’instinct primitif. Il est encore là, heureusement dissimulé sous les apports de la civilisation : mais aujourd’hui encore nous aimons naturellement et directement nos parents et nos concitoyens, tandis que l’amour de l’humanité est indirect et acquis. A ceux là nous allons tout droit, à celle-ci nous ne venons que par un détour : car c’est seulement à travers Dieu, en Dieu, que la religion convie l’homme à aimer le genre humain : comme aussi c’est seulement à travers la Raison, dans la Raison par où nous communions tous, que les philosophes nous font regarder l’humanité pour nous montrer l’éminente dignité de la personne humaine, le droit de tous au respect. Ni dans un cas ni dans l’autre nous n’arrivons à l’humanité par étapes, en traversant la famille et la nation. Il faut que, d’un bond, nous nous soyons transportés plus loin qu’elle et que nous l’ayons atteinte sans l’avoir prise pour la fin, en la dépassant. Qu’on parle d’ailleurs le langage de la religion ou celui de la philosophie, qu’il s’agisse d’amour ou de respect, c’est une autre morale, c’est un autre genre d’obligation ».

                             Bergson. Les Deux Sources de la Morale et de la Religion 1932. 

*

 

   Thème : L’hétérogénéité des relations humaines ; le privilège des relations familiales et concitoyennes sur des relations élargies à la dimension de l’universel.

Continuez à lire »

la jeune fille à la perle. Vermeer. 1565.1566. Mauristhuis. La Haye.
 

   

«  Pour ma part, je dis que cette chose est libre qui existe et agit par la seule nécessité de sa nature, et contrainte cette chose qui est déterminée par une autre à exister et à agir selon une modalité précise et déterminée. […]

     Vous voyez donc que je ne situe pas la liberté dans un libre décret mais dans une libre nécessité.

  Continuez à lire »

Chaim Soutine. 1893.1943. Nature morte à la lampe. 1914.1915.

  *

  Introduction :

  Dénier c’est refuser de reconnaître ce qui fait d’abord l’objet d’une affirmation. Il en est bien ainsi de la responsabilité humaine. Son principe est communément admis. Elle définit une capacité morale, une obligation et un état juridiquement institué. Or cette présomption de responsabilité est-elle légitime ? Sur quoi se fonde-t-elle ? N’est-il pas possible d’en ébranler les assises ? Par exemple, si l’on admet avec Freud que « le moi n’est pas maître dans sa propre maison », que la souveraineté de la conscience est une illusion, y a-t-il sens à demander à un sujet de répondre de ses actes ? (Thèse : le freudisme ébranle en profondeur les fondements de la responsabilité).

Continuez à lire »

Guido Reni. Hercule terrassant l'hydre de l'Herne. Musée du Louvre. Grands travaux d'Hercule. 1617.1621. 

   

 On définit communément la liberté de manière négative. Etre libre consisterait à ne rencontrer aucun obstacle, à n’être soumis à aucune contrainte. « Absence d’obstacle », « absence de contrainte » dit-on rapidement, voilà la définition de la liberté. Or qui ne voit l’inconsistance d’une telle définition ?

Continuez à lire »

 Kaliningrad. Plaque sur le mur du château.

 *

   «  Supposons que quelqu’un affirme, en parlant de son penchant au plaisir, qu’il lui est tout à fait impossible d’y résister quand se présente l’objet aimé et l’occasion : si, devant la maison où il rencontre cette occasion, une potence était dressée pour l’y attacher aussitôt qu’il aurait satisfait sa passion, ne triompherait-il pas alors de son penchant ? On ne doit pas chercher longtemps ce qu’il répondrait. Mais demandez-lui si, dans le cas où son prince lui ordonnerait en le menaçant d’une mort immédiate, de porter un faux témoignage contre un honnête homme qu’il voudrait perdre sous un prétexte plausible, il tiendrait comme possible de vaincre son amour pour la vie, si grand qu’il puisse être. Il n’osera peut-être pas assurer qu’il le ferait ou qu’il ne le ferait pas, mais il accordera sans hésiter que cela lui est possible. Il juge donc qu’il peut faire une chose, parce qu’il a conscience qu’il doit (soll) la faire et il reconnaît ainsi en lui la liberté qui, sans la loi morale, lui serait restée inconnue » Critique de la raison pratique.1788.Trad. Picavet. P.30.

 

masques vénitiens. Photos Pierre Eric Guisard. 

    Introduction

 

  Nul ne peut échapper à la présence à soi qui est celle d’un être doué de conscience. Je dis « je » « moi » et je fais spontanément la distinction entre ce qui est moi  et ce qui n’est pas moi. Il semble qu’il soit impossible, au sens de contraire aux lois générales de l’expérience, de ne pas être soi-même. Je ne peux pas être autre que le sujet de mes pensées, de mes actes et de mes états ; sujet s’apercevant continuellement, excepté lorsque la conscience étant abolie, « être soi-même » a cessé  d’être signifiant.

Continuez à lire »

Raymond Duchamp-Villon. Le cheval. Bronze. 1914. Musée Guggenheim à Venise.  

 

   « Qu’on prenne un acte volontaire, par exemple un mensonge pernicieux, par lequel un homme a introduit un certain désordre dans la société, dont on recherche d’abord les raisons déterminantes, qui lui ont donné naissance, pour juger ensuite comment il peut lui être imputé avec toutes ses conséquences. Sous le premier point de vue, on pénètre le caractère empirique de cet homme jusque dans ses sources que l’on recherche dans la mauvaise éducation, dans les mauvaises fréquentations, en partie aussi dans la méchanceté d’un naturel insensible à la honte, qu’on attribue en partie à la légèreté et à l’inconsidération, sans négliger les circonstances tout à fait occasionnelles qui ont pu influer. Dans tout cela, on procède comme on le fait, en général, dans la recherche de la série des causes déterminantes d’un effet naturel donné.

Continuez à lire »

Auguste Herbin. 1882.1960. Pluie. 1956.

 

   « Qu’est-ce donc que je lis dans le Discours de la Méthode?

   Ce ne sont pas les principes eux-mêmes qui nous peuvent longtemps retenir. Ce qui attire mon regard, à partir de la charmante narration de sa vie et des circonstances initiales de sa recherche, c’est la présence de lui-même dans ce prélude d’une philosophie. C’est, si l’on veut, l’emploi du Je et du Moi dans un ouvrage de cette espèce, et le son de sa voix humaine; et c’est cela, peut-être, qui s’oppose le plus nettement à l’architecture scolastique. Le Je et le Moi explicitement évoqués devant nous introduire à des manières de penser d’une entière généralité, voilà mon Descartes.

 

 

—  «  En revanche, j’espère qu’on devient plus… profond?

— Je n’ai pas cette impression. D’ailleurs, – profond?… J’ai grand’peur qu’il n’y ait de grandes illusions dans les tentatives que nous faisons pour nous creuser… Les uns croient pénétrer dans les couches primaires de leur existence… Ils y cherchent généralement des fossiles obscènes.

— Ils ne les chercheraient pas s’ils ne les avaient pas déjà trouvés.

Continuez à lire »

Le corps humain.

Lucian Freud

    

   -C’est la part matérielle de la personne.

   -On peut à la manière du biologiste voir en lui un corps-objet. Il est étalé dans l’espace, il se caractérise par une structure et une fonction. Il s’explique scientifiquement comme le veut Descartes par les lois des mouvements matériels. (Modèle mécaniste).

 – Le corps-objet n’est pas le corps vécu. Celui-ci n’est pas le corps donné dans la réalité physique, c’est le corps construit dans l’imaginaire. Le corps vécu est un corps fantasmé. Il est ce que je vis de l’intérieur. Ce corps qui est mien est le corps que je suis. Merleau-Ponty l’appelle le corps propre.

Continuez à lire »

« Articles plus récents - Articles plus anciens »