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sapin décembre 2008 005

 

 

    Retour de la fête…

   Que le symbole de la naissance et les lumières du sapin soient pour vous des motifs de résistance généreuse à tous les cassandres médiatiques, les oiseaux de mauvais augure et les professionnels de l’agitation sociale qui savent si bien exploiter les inquiétudes de la crise et semer  la haine.  

    Vive Noël,  comme un printemps qui, au cœur de la nuit, a toujours le même hiver à vaincre.

   Je vous souhaite de cultiver l’espérance, l’optimisme et l’amour des autres.

Cf. Joyeux Noël.

 

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Marc Chagall. Les mariés de la tour Eiffel. 1938.1939. Musée d'art moderne. Centre Pompidou.

 

       Comme le remarque Michel Feher dans un article sur l’amour conjugal chez Denis de Rougemont, Revue Esprit n°8-9, août, septembre 1997 : « Les joies du mariage ne captivent guère les Occidentaux qui ne cessent de rêver des amours fatales de Tristan et Iseut ou des glorieux méfaits de Don Juan. Trop confortable pour répondre aux aspirations romantiques mais trop rigoureux pour satisfaire le goût libertin, le lien matrimonial souffrirait avant tout d’être conçu pour durer : il mettrait fin à l’excitation des aventures passagères sans pour autant répondre aux promesses d’éternité contenues dans les aspirations inassouvies ».

 
 Pure institution sociale hier, ordonnée à d’autres fins que les aspirations individuelles, le mariage est aujourd’hui investi par l’idéologie individualiste. Nos contemporains ont conquis le droit de contracter librement le lien matrimonial. Ils en attendent leur bonheur personnel et ils le fondent sur leur sentiment passionnel. On se marie parce qu’on s’aime et pour être heureux. La question est de savoir si par cette attente et par ce fondement les candidats au mariage n’exposent pas cette institution à la crise qu’elle connaît aujourd’hui, crise patente dans la multiplication des divorces.
 

 PB : Pourquoi n’est-il pas  raisonnable de fonder le mariage sur l’exaltation passionnelle ?

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 Epicure

 

Cf. Commentaire.

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Magritte. 1898.1967. Les amants. 1928.

 

      «  Tous les hommes recherchent d’être heureux; cela est sans exception: quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que les uns vont à la guerre, et que les autres n’y vont pas est ce même désir, qui est dans tous les deux, accompagné de différentes vues. La volonté [ne] fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre.

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diamant hiram 3330.unblog.

 

  On sait que Socrate s’approprie l’inscription delphique: « Connais-toi toi-même » et qu’il exhorte Alcibiade à prendre soin de son âme. Mais comment se connaître dans cette dimension dont il faut prendre soin? Peut-on se passer de médiations pour se réfléchir dans sa part essentielle? Tout l’intérêt de ce texte est de montrer que pas plus que l’oeil ne peut se voir sans le miroir d’un autre oeil, la raison ne peut se connaître sans le miroir d’une autre raison, en particulier de celle, proprement « divine » qui accomplit la capacité de connaître et de penser dans sa perfection. Cf. Cours. Répertoire.

 

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Freud Sofa. Freud-museumlondon

 

 

Introduction détaillée.

 

    Etre lucide consiste à voir clair, à nouer un rapport de transparence avec un objet de pensée. Et cela ne va pas sans difficulté surtout lorsque cet objet, c’est soi-même. Il y a tant de raisons de construire des représentations illusoires et de s’abuser sur son propre être ! « Notre propre intérêt est […] un merveilleux instrument pour nous crever les yeux agréablement » notait judicieusement Pascal, soulignant par là que la clairvoyance n’est pas donnée. Elle doit être conquise ainsi que le présuppose l’énoncé en parlant d’un « effort de lucidité ». L’expression connote l’idée d’un travail, d’un processus nécessaire pour déjouer tout ce qui lui fait obstacle.

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Introduction :
 
 Pourrais-je avoir la certitude de mon existence et de mon identité si j’étais entièrement seul ? Cette question invite à interroger le rôle de la présence d’autrui dans la constitution de la conscience et plus précisément de la conscience de soi. On croit communément que ce sont des données originaires, que la conscience est notre modalité d’être spontanée et que chacun a la connaissance immédiate de son identité c’est-à-dire de ce qu’il a de commun avec les autres hommes (identité humaine) et de distinct d’eux (identité personnelle). L’énoncé suggère implicitement qu’il y a peut-être là, une naïveté, car l’expression « prendre conscience de soi » connote l’idée d’un processus. La question est de savoir ce qui le rend possible. Faut-il suivre Descartes et croire que la démarche conduisant un sujet au savoir de son existence et de son identité ne passe pas par les autres, qu’elle s’effectue dans la solitude d’une méditation  et même dans une expérience proprement solipsiste?  (Thèse : La conscience que le sujet prend de lui-même est  une expérience solitaire).

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Toile de Lesley Rich. lali.toutsimplement.be/?m=20080511

 

  «Je puis vouloir une éclipse, ou simplement un beau soleil qui sèche le grain, au lieu de cette tempête grondeuse et pleureuse ; je puis, à force de vouloir, espérer et croire enfin que les choses iront comme je veux; mais elles vont leur train. D’où je vois bien que ma prière est d’un nigaud. Mais quand il s’agit de mes frères les hommes, ou de mes soeurs les femmes, tout change. Ce que je crois finit souvent par être vrai. Si je me crois haï, je serai haï ; pour l’amour, de même. Si je crois que l’enfant que j’instruis est incapable d’apprendre, cette croyance écrite dans mes regards et dans mes discours le rendra stupide ; au contraire, ma confiance et mon attente est comme un soleil qui mûrira les fleurs et les fruits du petit bonhomme. Je prête, dites-vous, à la femme que j’aime, des vertus qu’elle n’a point ; mais si elle sait que je crois en elle, elle les aura. Plus ou moins ; mais il faut essayer; il faut croire. Le peuple, méprisé, est bientôt méprisable; estimez-le, il s’élèvera. La défiance a fait plus d’un voleur; une demi-confiance est comme une injure ; mais si je savais la donner toute, qui donc me tromperait? Il faut donner d’abord. »
                              Alain, Propos d’un normand, I, Gallimard, 1952, Propos CXX, pp. 226-228.

 Oliver Reed en loup-garou dans les années 1960. www.dinosoria.com/loup_garou.htm
 
 » Et certainement il est également vrai et qu’un homme est un dieu à un autre homme et qu’un homme est aussi un loup à un autre homme. L’un dans la comparaison des citoyens les uns avec les autres ; et l’autre dans la considération des Républiques ; là par le moyen de la justice et de la charité qui sont les vertus de la paix, on s’approche de la ressemblance de Dieu ; et ici, les désordres des méchants contraignent ceux-mêmes qui sont les meilleurs de recourir par le droit d’une légitime défense à la force, à la tromperie qui sont les vertus de la guerre, c’est-à-dire à la rapacité des bêtes farouches.  »  Hobbes. Du citoyen. Epître dédicatoire.
 

   Ce texte traite de l’ambivalence des relations humaines : l’homme peut être un demi-dieu (ou un dieu) pour l’homme ou au contraire un loup. Les énoncés de cette antithèse sont proverbiaux. Le premier est un proverbe grec (anthrôpos anthrôpou daïmonion), le second est une formule du poète latin Plaute (254-184): « homo homini lupus est » qu’on trouve dans l’ Asinaria.

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Johannes Vermeer. 1632.1675. L'astronome. 1668. Musée du Louvre.  

 

  « La plupart de ceux qui ont parlé des sentiments et des conduites humaines paraissent traiter, non de choses naturelles qui suivent les lois ordinaires de la Nature, mais de choses qui seraient hors Nature. Mieux, on dirait qu’ils conçoivent l’homme dans la Nature comme un empire dans un empire. Car ils croient que l’homme trouble l’ordre de la Nature plutôt qu’il ne le suit, qu’il a sur ses propres actions une puissance absolue et qu’il n’est déterminé que par soi.

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