Flux pour
Articles
Commentaires

  

 

   Je n’ai pas été convaincue par le livre de Raymond Boudon : Renouveler la démocratie. Eloge du sens commun, Odile Jacob. 2006. L’auteur reste trop, à mes yeux, à la surface des choses mais ce propos d’un sociologue m’a paru intéressant dans la défense qu’il argumente de la réalité d’un sens commun résistant à l’idéologie relativiste en vogue dans le monde intellectuel et médiatique.

Continuez à lire »

 

    

   Nous aimons la compagnie des personnes dont on dit qu’elles ont du jugement. Tout se passe comme si la justesse de leur appréciation, en politique, en art ou dans un autre domaine donnait une visibilité à la qualité de leur esprit. Elles nous semblent avoir du bon sens ou selon l’expression familière de  la « jugeote ». Les Grecs en faisaient une dimension de la vertu. Le héros homérique n’est pas seulement celui qui se distingue par de glorieux exploits mais aussi celui que l’on célèbre  pour ses paroles ou conseils avisés. C’est dire que la rectitude du jugement n’est pas la chose du monde la mieux partagée. La question est de savoir pourquoi.

 

Continuez à lire »

 

 

  Une petite récréation sceptique n’est peut-être pas inutile à propos de la notion de sens commun. J’aime bien le petit traité sceptique sur cette commune façon de parler : n’avoir pas le Sens commun, de François de la Mothe Le Vayer. Je donne à lire ici les premières pages. « Le « sens commun » est rapidement identifié au préjugé collectif, à la doxa : il ne se laisse pas déterminer puisqu’il repose uniquement sur un accord subjectif : celui du grand nombre.

 

Continuez à lire »

Le sens commun.

*

   Dans une de ses lettres à Lucilius, Sénèque dit que : « ce que promet la philosophie, ce sont le sens commun, l’humanité et la vie en société » (Lettre 5, GF-Flammarion, p. 45). Promesse donc d’un idéal d’humanité et de civilité. Des hommes enfin rassemblés dans une citoyenneté universelle, non pas au mépris de leurs différences concrètes mais à la faveur d’une compréhension réciproque rendue possible par le déploiement de leurs vertus intellectuelles et morales. Comment ne pas souscrire à une telle exigence ? Enfin pouvoir penser la philosophie autrement que sur le modèle platonicien de la fuite  hors de la caverne. La proposer comme chemin d’une inscription réconciliée et harmonieuse parmi les siens.

Continuez à lire »

 

 

      Il faut toujours revenir à Socrate pour comprendre ce que penser veut dire. Cette activité est si peu familière aux hommes et source de tant de malentendus ! A partir du moment où vous mettez en question les représentations convenues, vous avez nécessairement des jugements opposés à ceux que vous soumettez à l’examen ! Bref si vous ne me dîtes pas oui, vous êtes nécessairement l’homme d’un autre oui. Sous le faux soleil des adhésions massives, il est impossible de comprendre que le penseur est l’homme des perplexités et pourtant, aussi dangereuse soit-elle pour la bien-pensance et l’autosatisfaction intellectuelle et morale, la réflexion ne rime pas nécessairement avec le nihilisme.

Continuez à lire »

 

     

« La morale concerne l’individu dans sa singularité. Le critère de ce qui est juste et injuste, la réponse à la question : que dois-je faire? ne dépendent en dernière analyse ni des us et coutumes que je partage avec ceux qui m’entourent ni d’un commandement d’origine divine ou humaine, mais de ce que je décide en me considérant. Autrement dit, si je ne peux pas accomplir certaines choses, c’est parce que, si je les faisais, je ne pourrais plus vivre avec moi-même.

Continuez à lire »

 

   « Dans la première conférence, j’ai dit que pour Kant, vers la fin de sa vie, deux questions restaient encore en suspens. La première pourrait se résumer, ou plutôt être comprise dans une première approche, comme celle de la « sociabilité » de l’homme: à savoir le fait qu’aucun homme ne peut vivre seul, que les hommes sont dépendants les uns des autres non seulement parce qu’ils ont des besoins et des soucis, mais aussi en raison de leur faculté la plus éminente, l’esprit humain, qui ne s’exerce pas hors de la société humaine. « La compagnie est indispensable au penseur*. »

Continuez à lire »

 

      Témoin, comme tout un chacun, du tremblement de terre affectant le monde arabe, j’observe la sympathie suscitée par ces mouvements de libération de régimes liberticides, prédateurs à des fins privées de la richesse publique, dont l’indignité se mesure à l’aune du sentiment d’humiliation éprouvé par les peuples concernés et dont l’incurie s’atteste dans le désastre économique des sociétés qu’ils ont bâillonnées.

Continuez à lire »

 

 

    Il y a quelque chose de surnaturel, disait Pascal, à vivre dans un cachot et à ne pas se préoccuper de savoir si son arrêt de mort est donné. Tolstoï ne désavouerait pas cette fameuse pensée : 

«  Un homme dans un cachot, ne sachant si son arrêt de mort est donné, n’ayant plus qu’une heure pour l’apprendre, cette heure suffisant, s’il sait qu’il est donné, pour le faire révoquer, il est contre nature qu’il emploie cette heure là, non à s’informer si l’arrêt est donné, mais à jouer au piquet. Ainsi il est surnaturel que l’homme, etc. C’est un appesantissement de la main de Dieu.

Continuez à lire »

*

   Tolstoï est mort il y a cent ans, dans la petite gare d’Astapovo, le 20 novembre 1910. En cette période de vœux, il me semble qu’inviter les lecteurs de ce blog à lire ou à relire ce monument de la littérature mondiale est une manière de leur promettre une année exaltante en compagnie de ce virtuose des joies et des tourments de la vie intérieure.

*

   Que l’année soit douce et pleine de découvertes pour vous tous.

Continuez à lire »

« Articles plus récents - Articles plus anciens »