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Martin Heidegger. 1889.1976.

  

   La distinction conceptuelle de l’essence et de l’existence invite à se demander comment on peut articuler l’une et l’autre en ce qui concerne la réalité humaine. Faut-il penser que l’existence de l’homme est le déploiement d’une essence ou d’une nature prédéfinie (en Dieu ou dans l’ordre naturel des choses) ou bien que l’essence de l’homme, c’est l’existence?

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P. Mondrian. 1872.1944. Composition 1924.25. National Gallery of art.

   

 Lorsqu’on parle des choses, Aristote remarquait qu’on peut se demander si elles sont ou bien ce qu’elles sont. C’est une chose de savoir qu’il y a un arbre, c’en est une autre de savoir ce qu’est un arbre. Cette distinction renvoie métaphysiquement à la distinction de l’essence et de l’existence.

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  • Le mot être s’emploie aussi bien pour dire d’une chose qu’elle est ceci ou cela ou bien qu’elle est. Dans un cas il désigne  l’essence de la chose, dans l’autre son existence. Qu’entend-on par la distinction de l’essence et de l’existence?

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George Segal. 1979. www.neworleanspast.com/art/id82.html

  « La liberté est une, mais elle se manifeste diversement selon les circonstances. A tous les philosophes qui s’en font les défenseurs, il est permis de poser une question préalable : à propos de quelle situation privilégiée avez-vous fait l’expérience de votre liberté ? C’est une chose, en effet, d’éprouver qu’on est libre sur le plan de l’action, de l’entreprise sociale ou politique, de la création dans les arts, et autre chose de l’éprouver dans l’acte de comprendre et de découvrir »

              Sartre. La liberté cartésienne dans Situations philosophiques. Tel Gallimard, 1990. p. 61.

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Notion de vertu.

Le poing. César. 1921.1998. Jardin des sculptures à Monaco.

 

 « VERTU, Messieurs, ce mot Vertu est mort, ou, du moins il se meurt. Vertu ne se dit qu’à peine. Aux esprits d’aujourd’hui, il ne vient plus s’offrir de soi, comme une expression spontanée de la pensée d’une réalité actuelle. Il n’est plus un de ces éléments immédiats du vocabulaire vivant en nous, dont la facilité et la fréquence manifestent les véritables exigences de notre sensibilité et de notre intellect » s’écriait Valéry, en 1934, dans son Rapport sur les prix de vertu à l’Académie française. Pléiade, t1, p. 939.940.

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Van Gogh. Une paire de chaussures. 1885. Musée Van Gogn d'Amsterdam.

 

  

   « Il y a dans la condition d’être conscient un perpétuel malaise. Au moment où je perçois une chose, j’éprouve qu’elle était déjà là avant moi, au-delà de mon champ de vision. Un horizon infini de choses à prendre entoure le petit nombre de celles que je peux prendre pour de bon. Un cri de locomotive dans la nuit, la salle de théâtre vide où je pénètre font apparaître, le temps d’un éclair, ces choses de toutes parts prêtes pour la perception, des spectacles donnés à personne, des ténèbres bourrées d’êtres.

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Robert Delaunay. Les Fenêtres Simultanees. 1912

 

   « Chacune de nos perceptions s’accompagne de la conscience que la réalité humaine est « dévoilante », c’est-à-dire que par elle « il y a » de l’être, ou encore que l’homme est le moyen par lequel les choses se manifestent ; c’est notre présence au monde qui multiplie les relations, c’est nous qui mettons en rapport cet arbre avec ce coin de ciel ; grâce à nous cette étoile, morte depuis des millénaires, ce quartier de lune et ce fleuve sombre se dévoilent dans l’unité d’un paysage; c’est la vitesse de notre auto, de notre avion qui organise les grandes masses terrestres ; à chacun de nos actes le monde nous révèle un visage neuf. Mais si nous savons que nous sommes les détecteurs de l’être, nous savons aussi que nous n’en sommes pas les producteurs. Ce paysage, si nous nous en détournons, croupira sans témoins dans sa permanence obscure. Du moins croupira-t-il : il n’y a personne d’assez fou pour croire qu’il va s’anéantir. C’est nous qui nous anéantirons et la terre demeurera dans sa léthargie jusqu’à ce qu’une autre conscience vienne l’éveiller. Ainsi à notre certitude intérieure d’être « dévoilants » s’adjoint celle d’être inessentiels par rapport à la chose dévoilée.

   Un des principaux motifs de la création artistique est certainement le besoin de nous sentir essentiels  par rapport au monde ».

                  Sartre. Qu’est-ce que la littérature ? Idées, NRF, 1969. p.49.51.

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le pardon. Françoise Naudet. 1928.2008. www.dicart-net.fr/PHOTOS/NAUDET/Img0000.htm

 

  

                       « Vous l’avez appris, il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui l’autre aussi. […] Vous l’avez appris, il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu pourras haïr ton ennemi. Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, faîtes du bien à  ceux qui vous haïssent,  priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent. Vous serez ainsi les fils de votre Père du ciel, qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons, et fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous n’aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains même n’en font-ils pas autant ? Si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’en font-ils pas autant ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait ». Mt 5, 38-43-48

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 Raoul Ubac. Ardoise taillée. www.interencheres.com/ventes_aux_encheres/act...

 

                               « Cet épisode de l’imagination que nous appelons réalité». Pessoa. Le livre de l’intranquillité, Bourgois, p. 238.

  «  Toute société jusqu’ici a essayé de donner une réponse à quelques questions fondamentales: qui sommes-nous, comme collectivité ? que sommes-nous, les uns pour les autres? où et dans quoi sommes-nous ? que voulons-nous, que désirons-nous, qu’est-ce qui nous manque? La société doit définir son « identité » ; son articulation; le monde, ses rapports à lui et aux objets qu’il contient; ses besoins et ses désirs. Sans la « réponse » à ces  «questions », sans ces «définitions », il n’y a pas de monde  humain, pas de société et pas de culture – car tout resterait  chaos indifférencié. Le rôle des significations imaginaires -est de fournir une réponse à ces questions, réponse que, de toute évidence, ni la « réalité » ni la « rationalité » ne peuvent fournir […]

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