
Ennemi, tout ce qui dans notre vie nous nuit, joue contre nous en nous mettant en échec. Nous n’aimons pas nos ennemis et nous nous efforçons d’échapper à leur pouvoir. Au contraire l’allié est accueilli avec reconnaissance. Il nous apporte son aide, concourt à nos projets et à nos actions. Ces deux fonctions sont antinomiques et il nous semble naïvement qu’une même chose ne peut pas être les deux à la fois. C’est que d’ordinaire l’ambiguïté nous échappe or ce qui est en jeu dans cet énoncé c’est précisément l’ambiguïté de notre expérience du temps.
« Que le temps passe vite ! » « Avec le temps va tout s’en va, […] avec le temps tout fout le camp » se lamente-t-on comme si le temps était vécu comme une malédiction, un adversaire nous confrontant à notre impuissance et suscitant révolte, désespoir voire ressentiment. Mais d’autres expressions attestent du contraire. « Fais confiance au temps, il guérit tout » dit-on parfois.
Quel est donc le statut du temps dans l’existence humaine ? Un ennemi seulement (Thèse) ou aussi une chance, la condition de notre liberté et l’occasion de déployer les ressources sublimes de notre humanité (Antithèse) ?
Et d’où vient cette ambiguïté ? Dépend-elle de la nature du temps ou de notre manière de nous projeter vers lui ? (Dépassement).
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