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   En parlant de destination de l’espèce humaine, en faisant de l’histoire le cadre de cet accomplissement, Kant élabore une philosophie de l’histoire où celle-ci est conçue comme ayant un sens. Ce sens est le perfectionnement des dispositions de l’humaine nature et en particulier  la réalisation de sa disposition morale. Celle-ci est destinée à s’actualiser :

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   « La nature a voulu que l’homme tire entièrement de lui-même tout ce qui dépasse l’agencement mécanique de son existence animale et qu’il ne participe à aucun autre bonheur ou à aucune autre perfection que ceux qu’il s’est créés lui-même, libre de l’instinct, par sa propre raison.

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   « L‘artiste est celui à qui il revient, à partir de nombreuses choses, d’en faire une seule et, à partir de la moindre partie d’une seule chose, de faire un monde. Il y a dans l’œuvre de Rodin des mains, de petites mains autonomes qui, sans faire partie d’aucun corps, sont vivantes.

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   « Le nom même de votre profession, Messieurs, met ce faire en évidence, car Faire est le propre de la main. La vôtre, experte en coupes et en sutures, n’est pas moins habile et instruite à lire, de la pulpe de sa paume et de ses doigts, les textes tégumentaires, qui vous deviennent transparents; ou, retirée des cavités qu’elle a explorées, elle peut dessiner ce qu’elle a touché ou palpé dans son excursion ténébreuse.

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« Linné et Cuvier ont été mes deux divinités mais ce sont de simples écoliers en comparaison du vieil Aristote » Darwin. Lettre à William Ogle. 22 février 1882.

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  « (…) Anaxagore prétend que c’est parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des animaux. Ce qui est rationnel, plutôt, c’est de dire qu’il a des mains parce qu’il est le plus intelligent. Car la main est un outil ; or la nature attribue toujours, comme le ferait un homme sage, chaque organe à qui est capable de s’en servir. Ce qui convient, en effet, c’est de donner des flûtes au flûtiste, plutôt que d’apprendre à jouer à qui possède des flûtes. C’est toujours le plus petit que la nature ajoute au plus grand et au plus puissant, et non pas le plus précieux et le plus grand au plus petit. Si donc cette façon de faire est préférable, si la nature réalise parmi les possibles celui qui est le meilleur, ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais c’est parce qu’il est le plus intelligent qu’il a des mains.

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« Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune et à changer mes désirs que l’ordre du monde ; et généralement, de m’accoutumer à croire qu’il n’y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir, que nos pensées, en sorte qu’après que nous avons fait notre mieux, touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est, au regard de nous, absolument impossible.

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  S’aimer librement, ne plus être asservi aux codes sociaux, être le maître de sa vie. Ce qui fut le rêve de nos aînés est aujourd’hui une réalité pour beaucoup. Et pourtant la liberté se concilie-t-elle si aisément avec l’amour? L’intérêt de ce texte est de pointer les apories de l’amour libre. D’une part l’amour implique la dépendance, les délices de l’abandon, d’autre part  l’exigence d’autonomie inhérente à la liberté suppose l’indépendance de celui qui veut rester souverain, ouvert aux occasions, maître de ses engagements. «Si la volupté de l’amour est de ne plus s’appartenir, la volupté du moi est de ne jamais s’abandonner. » Le paradoxe amoureux se noue autour de cette contradiction.   

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   «En quoi donc consiste la sagesse humaine ou la route du vrai bonheur ? Ce n’est pas précisément à diminuer nos désirs ; car s’ils étaient au-dessous de notre puissance, une partie de nos facultés resterait oisive, et nous ne jouirions pas de tout notre être. Ce n’est pas non plus à étendre nos facultés, car si nos désirs s’étendaient à la fois en plus grand rapport, nous n’en deviendrions que plus misérables : mais c’est à diminuer l’excès des désirs sur les facultés, et à mettre en égalité parfaite la puissance et la volonté. C’est alors seulement que toutes les forces étant en action l’âme cependant restera paisible, et que l’homme se trouvera bien ordonné.

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    Quel est le désir humain fondamental ? Etre heureux sans doute mais comment l’être ? Cette aspiration ne met pas seulement en jeu le rapport de l’homme à la nature, elle met surtout en jeu le rapport de l’homme avec l’homme. Or chacun, dit Hegel, veut être reconnu par les autres. Le désir humain fondamental est désir de reconnaissance. Thème académique faisant l’objet de la célèbre analyse hégélienne de La dialectique du maître et de l’esclave. Rappelons en brièvement l’idée essentielle.

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   Ce n’est pas sans mélancolie que l’on prend en défaut un auteur admiré. Et pourtant il faut bien le faire lorsque ce qui s’observe de la réalité présente des sociétés démocratiques ne corrobore pas la prophétie tocquevillienne. Les polémiques du moment à propos de l’affaire Proglio m’en donnent l’occasion. Tocqueville écrit qu’ « En fait de jouissances matérielles, les plus opulents citoyens d’une démocratie ne montreront pas des goûts fort différents de ceux du peuple, soit que, étant sortis du sein du peuple, ils les partagent réellement, soit qu’ils croient devoir s’y soumettre. Dans les sociétés démocratiques, la sensualité du public a pris une certaine allure modérée et tranquille, à laquelle toutes les âmes sont tenues de se conformer. Il y est aussi difficile d’échapper à la règle commune par ses vices que par ses vertus ». De la Démocratie en Amérique, II, I, § XI.

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