Qu’importe le mensonge pourvu qu’on ait l’ivresse. La beauté n’est pas extérieure à l’esprit, elle est la nature réfléchie dans la sensibilité et la pensée de l’artiste, l’image de son goût de l’infini, l’expression de son rêve le plus intime, « la peinture de l’âme dans ses belles heures ».
Qu’importe le mensonge s’il est un moyen d’atteindre un Idéal plus vrai que la fade vérité et « s’il rend l’univers moins hideux et les instants moins lourds » ?
« Je désire être ramené vers les dioramas dont la magie brutale et énorme sait m’imposer une utile illusion. Je préfère contempler quelques décors de théâtre, où je trouve artistement exprimés et tragiquement concentrés mes rêves les plus chers. Ces choses, parce qu’elles sont fausses, sont infiniment plus près du vrai ; tandis que la plupart de nos paysagistes sont des menteurs, justement parce qu’ils ont négligé de mentir » Baudelaire, Salon de 1859. Pléiade, p. 1085.
Cf. Le bel article de Laurent Schneider sur l’amour de l’apparence chez Baudelaire et Nietzsche.
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