« Le problème de l’individu, de la personne humaine, c’est d’emblée le problème du dépassement de la quotidienneté et de l’orgiasme » Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire. (Verdier poche, 1999, traduction Erika Abrams p. 180.)
On ne peut mieux résumer en quelques mots les défis que l’humaine condition doit relever si elle ne veut pas consentir à son aliénation. Mais cette affirmation ne va pas de soi. Pire, elle risque de susciter l’hostilité de ceux qui revendiquent la liberté de se projeter dans l’existence à leur manière. Car on ne peut parler de vie aliénée que par contraste avec une vie libérée de quelque chose qui la mutile, la diminue voire la trahit. C’est dire que ce propos n’est pas neutre, objectif. Il engage une idée de ce qui pour l’homme est « la vraie vie » par rapport à une autre forme de vie, une vie restant en deçà de ce que l’on peut attendre d’une vie humaine. Or de quel droit le philosophe prétend-il tracer la frontière entre une vie accomplie et une vie aliénée ?








