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Ernst Ludwig Kirchner. 1880.1958. Potsdamer platz. 1914. 

 

« La question [posée par l’ouvrage de Sartre] est celle du rapport entre l’homme et son entourage naturel ou social. Il y a là-dessus deux vues classiques. L’une consiste à traiter l’homme comme le résultat des  influences physiques, physiologiques et sociologiques qui le détermineraient du dehors et feraient de lui une chose entre les choses. L’autre consiste à reconnaître dans l’homme, en tant qu’il est esprit et construit la représentation des causes mêmes qui sont censées agir sur lui, une liberté acosmique.

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     Ennemi, tout ce qui dans notre vie nous nuit, joue contre nous en nous mettant en échec. Nous n’aimons pas nos ennemis et nous nous efforçons d’échapper à leur pouvoir. Au contraire l’allié est accueilli avec reconnaissance. Il nous apporte son aide, concourt à nos projets et à nos actions. Ces deux fonctions sont antinomiques et il nous semble naïvement qu’une même chose ne peut pas être les deux à la fois. C’est que d’ordinaire l’ambiguïté nous échappe or ce qui est en jeu dans cet énoncé c’est précisément l’ambiguïté de notre expérience du temps.

   « Que le temps passe vite ! » « Avec le temps va tout s’en va, […] avec le temps tout fout le camp » se lamente-t-on comme si le temps était vécu comme une malédiction, un adversaire nous confrontant à notre impuissance et suscitant révolte, désespoir voire ressentiment. Mais d’autres expressions attestent du contraire. « Fais confiance au temps, il guérit tout » dit-on parfois.

   Quel est donc le statut du temps dans l’existence humaine ? Un ennemi seulement (Thèse) ou aussi une chance, la condition de notre liberté et l’occasion de déployer les ressources sublimes de notre humanité (Antithèse) ?

   Et d’où vient cette ambiguïté ? Dépend-elle de la nature du temps ou de notre manière de nous projeter vers lui ? (Dépassement).

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« Contre l’irréversibilité et l’imprévisibilité du processus déclenché par l’action le remède ne vient pas d’une autre faculté éventuellement supérieure, c’est l’une des virtualités de l’action elle-même. La rédemption possible de la situation d’irréversibilité — dans laquelle on ne peut défaire ce que l’on a fait, alors que l’on ne savait pas, que l’on ne pouvait pas savoir ce que l’on faisait — c’est la faculté de pardonner. Contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses. Ces deux facultés vont de pair : celle du pardon sert à supprimer les actes du passé, dont les « fautes » sont suspendues comme l’épée de Damoclès au-dessus de chaque génération nouvelle; l’autre, qui consiste à se lier par des promesses, sert à disposer, dans cet océan d’incertitude qu’est l’avenir par définition, des îlots de sécurité sans lesquels aucune continuité, sans même parler de durée, ne serait possible dans les relations des hommes entre eux. 

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Je ne peux jamais ouvrir un livre de Pierre Hadot sans éprouver cette profonde admiration que suscite toujours, chez un même auteur, l’authentique érudition jointe à l’extrême simplicité du discours. Son verbe a la beauté du sens lorsque celui-ci est lesté du poids d’une vie consacrée à la philosophie. Or celle-ci ne fut pas toujours, comme une certaine pratique moderne peut le laisser croire, une activité ayant pour fin la construction d’un système conceptuel. Même si la théorie a toujours été centrale dans la philosophie, elle était inséparable d’une manière de vivre qu’elle fondait et justifiait.

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Picasso. Le rêve 1932. 

 

  «  Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; ou nous nous rappelons le passé, pour l’arrêter comme trop prompt : si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul temps qui nous appartient ; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont plus rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent d’ordinaire nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir, et pensons à disposer des choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où vous n’avez aucune assurance d’arriver.

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De Kooning. 1904.1997. Untitled XVI. 1975

 

       Le débat est toujours d’actualité et ses apories toujours un défi pour la raison car, entre les deux partis pris métaphysiques de la liberté et du déterminisme, l’esprit ne peut trancher sans se condamner à sacrifier une part essentielle de lui-même.

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Jean-Marie Guyau. 1854.1888.

 

 La mort est impensable, ai-je établi dans le cours précédent, mais cela ne signifie pas que le vivant ne puisse pas en faire une sorte d’expérience. Le hasard de mes lectures m’a fait tomber sur ce magnifique texte où un homme d’une grande dimension, décrit un vécu que sa faible santé lui a sans doute donné d’expérimenter.

 

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Cimetière à Toussaint.

 

 

   « Ni le soleil, ni la mort ne se peuvent regarder fixement » disait La Rochefoucauld, Maximes, 26, Edition de 1678. Bordas, Classique Garnier, p. 13.

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 Francois Xavier Lalanne. 1927.2008. Les moutons1977 et 1988. Parc de le fondation Gianadda. Martigny.

   

  Exister c’est être pour la mort enseigne Heidegger. Le vrai cogito n’est pas cogito ergo sum mais sum moribundus. Je suis le destiné à mourir. Ce statut du mourir trace la frontière entre le vivre et l’exister.

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Josef Albers. Homage to the square with rays.

 

   Avertissement à mes élèves: Voici le corrigé du devoir que vous m’avez rendu hier. Etudiez-le, comparez avec ce que vous avez fait. Avez-vous compris correctement le propos de l’auteur, isolé les concepts clés, procédé aux approfondissements requis et travaillé la précision conceptuelle? A partir de là essayez d’attribuer une note à votre copie. Cet exercice est destiné à vous faire comprendre que l’évaluation n’est pas arbitraire.

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