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Monet. Londres. Le parlement. Effet de soleil dans le brouillard. 1904 

  Le terme politique vient du grec: "polis" signifiant la cité.

 

1)      Définition.

 

 Elle est, dans son sens noble, l'activité qui s'occupe de la chose publique, de l'organisation de la cité (ses institutions, son armée, sa police, sa justice, sa diplomatie, ses finances, son économie etc.)

  Avoir le souci de la chose commune devrait être le propre de chaque homme en tant qu'il n'est pas un esclave. Ainsi est-elle, pour les Grecs, une activité libérale à laquelle chaque citoyen doit prendre part, chacun étant tour à tour appelé à commander et à obéir. (Ce qui exclut dans les faits, les enfants, les femmes et les esclaves, condition  permettant à  la cité grecque d'être une communauté d'êtres libres et égaux).

  La politique au sens noble requiert pour s'exercer, de disposer du pouvoir politique. (Pouvoir d'Etat dans toutes les sociétés qui ne sont plus, comme la cité grecque, une démocratie directe et une communauté où les charges publiques sont des obligations devant être assumées à tour de rôle ou par tirage au sort). En ce sens la politique perd de sa noblesse et devient d'une manière connotée péjorativement, l'art de conquérir, d'exercer et de se maintenir au pouvoir.

 

 

2)      Problématisation.

 

La politique est-elle une science ou un art ?

Comment penser les rapports de la politique et de la morale ?

 

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35 Réponses à “Présentation du chapitre XVIII: la politique.”

  1. Baudouin dit :

    je voudrais savoir pourquoi aucun cours sur la politique en classe de Terminale ne fait état de la définition de la politique selon Hannah Arendt dans son ouvrage de 50-55 Qu’est ce que la politique? En effet si la politique représente « les affaires de la cité » comme le dit la définition usuelle, elle est tout donc elle ne représente plus rien.. La pensée de Arendt propose l’assimilation de la politique à un état de commencement (l’homme politique est au commencement de quelque chose) mais aussi d’expression de sa singularité sur la voie publique. Quoi qu’il en soit cette re-définition limite ainsi les champs d’exercice de la politique et redonne ainsi un sens à ce terme en faisant de sa déf. usuelle une déf. désormais obsolète…

  2. Simone MANON dit :

    Il y a probablement des professeurs de philosophie qui présentent la pensée politique de H. Arendt. S’ils ne sont pas nombreux, c’est sans doute parce que la pensée de Arendt revendique une rupture radicale avec les analyses traditionnelles de la philosophie politique accusées de penser la politique selon des principes et des fins extérieurs au champ politique.
    Sa conception est intéressante mais trop singulière pour être approfondie en classe terminale où il ne s’agit que d’une initiation à la philosophie. Il faut commencer par le commencement, car comment est-il possible de comprendre une critique de la tradition intellectuelle si l’on ignore en quoi consiste cette tradition?
    Par ailleurs il ne suffit pas qu’un auteur propose une nouvelle définition de quoi que ce soit pour que la définition traditionnelle devienne obsolète.

  3. carole dit :

    Bonjour ,
    je voudrais connaitre les oppositions qu’il y’a entre la philosophie et la politique. MERCI

  4. Simone MANON dit :

    Répondre à votre question exigerait des développements qu’il n’est pas question de faire ici et je suppose que votre professeur attend de vous un effort personnel.
    Vous devez partir des définitions et établir les distinctions. Vous avez des cours sur ce blog propres à vous éclairer.
    Par exemple, la théorie ne doit-elle pas être distinguée de la pratique?
    Quel est le champ de la philosophie? Est-ce le même que celui de la politique? etc.

  5. nihi dit :

    Bonjour,
    j’aimerais savoir en quoi l’action politique vise l’efficacité…? Merci

  6. Simone MANON dit :

    Est efficace, l’action couronnée de succès. Si l’objectif politique est la conquête et l’exercice du pouvoir, la réussite est de parvenir à investir le pouvoir d’Etat et à s’y maintenir durablement et il va de soi que si l’acteur politique échoue dans cette entreprise, il aura manqué son but.
    Mais on aspire à conquérir et à exercer le pouvoir pour réaliser certaines fins: la sécurité, la prospérité collective, l’incarnation d’une certaine idée de la justice. Là encore, l’objectif est de réussir, de vaincre les résistances que le réel oppose à la volonté des hommes (sous la forme des volontés hostiles, des revirements de la fortune ou des contraintes diverses et variées )
    Machiavel soutient que la réussite est le seul critère d’appréciation de l’action politique. Je développe sa thèse dans le cours sur morale et politique. Veuillez vous y reporter.

  7. nihi dit :

    Merci beaucoup pour votre réponse…. j’ai lu votre cours sur la moral et la politique, qui au passage est très clair, et je me suis demandée si la politique pouvez avoir comme visée la morale car l’efficacité selon moi ne peut pas etre la seule visée de l’action politique…. en fait quelle sont les autres visée d’une action polique? et pensez vous qu’il faille séparer l’efficacité d’une action politique quand celle ci est faite dans le but d’etablir un équilibre entre l’Etat et les citoyens et celle faite dans le but d’exercer son pouvoir sur les citoyens? car je comprend qu’une action politique doit etre efficace mais je n’arrive pas a comprendre pourquoi elle ne devrait pas l’etre…?

  8. Simone MANON dit :

    Votre propos me semble confus.
    Je ne sais pas ce que c’est que « la morale ».
    J’ai expliqué dans le cours précédent qu’il ne faut pas confondre la morale et la politique même s’il est possible de les articuler de telle ou telle manière. J’ai aussi précisé dans ma réponse les diverses fins du politique: la liberté, la sécurité, la prospérité, la justice.
    Vos deux dernières phrases sont pour moi inintelligibles. Je ne peux donc pas vous répondre.
    Bien à vous.

  9. ouassila dit :

    Excusez-moi pour le message précédant (« Bonjour »). J’ai eu un léger problème technique.

    J’ai une dissertation à faire et je dois vous avouer être un peu perdue. Le sujet est « l’homme a-t-il besoin d’un maître? » Je ne sais comment l’aborder, s’il faut se limiter à une conception politique du maître, vers quelles lectures dois-je m’orienter… Aussi, est-il possible que vous m’aiguilliez en m’indiquant plusieurs axes de réflexion afin que je puisse problématiser le sujet.

    Cordialement.

  10. Simone MANON dit :

    Je n’interviens pas Ouassila dans le travail des élèves.
    Il faut lire le petit texte de Kant: Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. Vous disposez de quelques commentaires de ce texte sur ce blog.
    Voyez aussi http://www.philolog.fr/peut-on-forcer-quelquun-a-etre-libre/ pour ouvrir le champ de la réflexion.
    Bon travail.

  11. ouassila dit :

    Merci pour votre réponse.

    Je comprends tout à fait votre réticence (le mot est peu être trop fort), d’autant plus que mon message laisse entendre que je n’ai pas encore vraiment réfléchi au sujet. Mais ce n’est pas le cas : j’ai un plan, même s’il me paraît un peu bancal. Est-il possible alors que vous m’indiquiez comment affiner mon raisonnement ?

    Par ailleurs, je tenais à dissiper un malentendu : mon travail ne s’inscrit pas dans un projet scolaire. J’ai récemment adhéré à un groupe de discussion philosophique. Nous nous réunissons une fois par semaine, l’un d’entre nous disserte sur un sujet, puis nous débattons. C’est d’ailleurs une amie, membre de ce groupe, qui m’a conseillé votre site.

    Pour en revenir au plan :
    I. Le besoin étant une condition d’existence de l’homme, un moyen pour réaliser ses propres fins, l’homme n’a pas besoin de maître dans le sens où il réalise lui même ses propres fins.
    II. Cette réalisation a des limites que seul un maître peut dépasser.
    III. Nous avons pour habitude de ne pas faire de troisième partie, ou plutôt, celui qui présente son raisonnement se contente d’un plan binaire. Nous construisons la partie de synthèse ensemble.

    Cordialement.

  12. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Dans la mesure où vous n’êtes pas un élève qui sera noté par un professeur, je n’ai pas à avoir les mêmes scrupules.
    Votre plan ne me paraît pas pertinent à plus d’un titre.
    D’abord d’un point de vue formel, il n’est pas possible d’engager une discussion philosophique sans procéder à une analyse rigoureuse des concepts en jeu dans l’énoncé.
    Ex: Qu’est-ce qu’un maître? Un despote c’est-à-dire un tyran privant celui qu’il domine de sa liberté ou un guide permettant à la liberté de ses disciples de prendre possession d’elle-même et d’être effective?
    Ex: Qu’entend-on par besoin? Le mot connote l’idée de nécessité vitale, d’une tendance demandant à être impérativement satisfaite. > si l’homme a besoin d’un maître, qu’est-ce que cela signifie quant à sa nature? La nécessaire hétéronomie est-elle une étape du développement humain ou caractérise-t-elle l’humaine nature? etc.

    Du point de vue du fond, votre première partie n’a pas de pertinence, d’une part parce qu’on ne peut dire du besoin qu’il est à la fois une condition d’existence et un moyen (confusion notionnelle), d’autre part parce qu’il est faux de dire que l’homme n’a pas besoin des autres pour réaliser ses propres fins. (Pensez à votre petit déjeuner, à la sécurité dont vous jouissez. Ne les devez-vous qu’à vous-même?)
    Votre affirmation en II contredit l’affirmation I. Ayez bien présent à l’esprit que la contradiction est le suicide de la pensée.

    Un conseil: il faut formuler les problèmes impliqués dans cet énoncé avec rigueur. C’est la condition pour pouvoir affronter la question de manière pertinente.
    Pour vous aider voyez: http://www.philolog.fr/lobeissance-est-elle-necessairement-exclusive-de-la-liberte/
    Bien à vous.

  13. ouassila dit :

    Merci de vos conseils. Je dois avouer que je manque de connaissance, et de méthodologie. Votre site m’est alors d’une aide précieuse. Je l’ai découvert il y a 2 jours, et depuis je consacre tout mon temps à la lecture de vos articles. Aussi, je tiens vous à remercier de nous faire partager vos connaissances.

    Si j’ai bien saisi vos explications, le sujet nous invite à nous demander si cette nécessaire hétéronomie est relative ou absolue, dans le sens où soit le besoin d’un maître est un moment de l’existence de l’homme dans sa conquête de la liberté, soit l’homme est par nature un être dépendant.

  14. Simone MANON dit :

    Oui, c’est en gros la problématique.
    PS: Parlez seulement d’hétéronomie car si vous dîtes « nécessaire hétérénomie », il va de soi qu’elle est absolue.
    Lisez absolument la sixième et la septième proposition de Idée d’une histoire universelle de Kant. Un point essentiel de votre question y est traité.
    Bon travail

  15. ouassila dit :

    Encore merci pour tous vos conseils. C’est un vrai plaisir de vous lire, et surtout de voir qu’il y a encore dans ce monde des personnes qui partagent sans rien attendre en retour.

    Après m’être imprégnée de certains de vos articles, je me suis lancée dans la lecture de Kant. Grâce à vos cours, j’ai pu mieux saisir la pensée kantienne (même si j’ai du commettre plusieurs erreurs d’interprétations).

    J’ai néanmoins une dernière chose à vous demander : lorsqu’on s’interroge sur l’hétéronomie comme relative ou absolue, n’exclut-on pas le fait que l’homme peut s’autodéterminer rationnellement et en ce sens être autonome (cette autonomie trouvant ses limites dans les contraintes du réel) ?

    Merci encore pour tout, Cordialement.

  16. Simone MANON dit :

    L’autonomie intellectuelle et morale est une conquête, non une donnée. Elle est l’enjeu de l’effort philosophique mais il va de soi qu’elle est hors de portée de nombreuses personnes.
    Pour l’enfant qui n’a pas encore développé ses capacités mentales, qui n’a pas de maturité morale, elle n’a pas de sens. L’enfant est nécessairement hétéronome.
    Pour tous ceux qui n’exercent pas leur esprit critique, qui confondent opiner et penser, idem. L’exercice philosophique est difficile, il demande une formation très exigeante, il requiert du temps, il suppose d’authentiques intérêts spirituels or toutes ces conditions ne sont pas réunies dans la plupart des vies humaines. Par exemple ce que Socrate appelle « prendre soin de son âme » ne signifie rien pour de nombreuses personnes. Il s’ensuit que leur existence se déploie sous le signe de l’hétéronomie. La cité est donc constituée en grande partie d’individus inaptes à conduire leur vie sous la seule autorité de la raison et nécessite pour être viable des institutions politiques et juridiques soumettant les membres du corps politique à des lois communes garanties par une force publique. Les nécessités du politique et du juridique définissent un domaine d’hétéronomie.

    Relative signifiant qui dépend de…. vous comprenez qu’en parlant d’hétéronomie relative, on ne dit pas que l’hétéronomie est dans l’absolu le propre de l’humaine nature mais que la minorité intellectuelle et morale de la plupart des hommes la rend fatale. Voyez le cours sur morale et politique et morale et droit.
    Bien à vous.

  17. Pieters Elsa dit :

    Bonjour madame,
    Je profite d’un passage sur votre site pour vous remercier encore d’avoir laissé ouvert ce blog. Je suis actuellement en Khâgne ULM au lycée Champollion et il me paraît bon de revenir sur votre blog avant chaque dissertation pour clarifier des notions et pouvoir ainsi entamer une réflexion philosophique qui se fonde sur des bases solides.
    Le thème du concours cette année est « droit et politique ». Je regrette que la deuxième année de prépas littéraire doive suivre un programme précis car il nous oblige à nous concentrer uniquement sur notre objectif commun à savoir de passer le concours de la rue d’ULM. En ce qui concerne les cours de philosophie, l’année d’hypokhâgne a vraiment été pour moi épanouissante au vue de la diversité des thèmes abordés et je recommanderais cette première année à tous les étudiants de la section littéraire si ils pouvaient y avoir accès.
    Je dois dire que votre cours de terminal m’a permis d’acquérir une culture philosophique solide et ces premiers cours de philosophie ont été pour moi comme un éveil à tout ce qui nous entoure dans nos vies. Même si mes études aujourd’hui ne me prédestinent pas à devenir professeur de philosophie, cette matière ne me quittera plus dans mon quotidien. Je tenais avant tout à vous remercier d’avoir pris le rôle de Socrate et de m’avoir ouverte aux monde des idées. Si pour vous la caverne de Platon a été l’élément d’une prise de conscience de votre amour de la philosophie, pour moi, c’est vos cours qui ont joué ce rôle. Il m’a semblé nécessaire et juste de vous remercier pour cette dernière année de lycée qui a été un vrai  » feu d’artifice ».
    Je vous souhaite de bonnes fêtes
    Une de vos anciennes élève de terminale littéraire au lycée Vaugelas.
    Elsa PIETERS.

  18. Simone MANON dit :

    Bonjour Elsa
    C’est un grand plaisir d’avoir de vos nouvelles et de constater que vous vous épanouissez dans vos études. Je vous remercie de l’hommage que vous me rendez, mais sans fausse modestie, je crois sincèrement que ce qui est déterminant dans une vie, c’est la rencontre avec la philosophie. Un autre professeur, sous réserve qu’il n’ait pas été franchement incompétent, aurait produit le même déclic. Vous étiez mûre pour la réflexion philosophique et ce fut pour moi une chance de vous guider dans cette féconde aventure.
    J’espère que vous continuerez à lire et à approfondir votre pensée. Il n’y a rien de plus redoutable que la somnolence intellectuelle. Elle fait le lit de tant de désordres!
    Je suis heureuse de savoir que mon blog vous est toujours utile. Chaque année sa fréquentation double et j’en suis la première étonnée. Je continue à le fournir au gré de mes lectures et de mes intérêts du moment. Rien que pour le plaisir…
    Je vous souhaite un joyeux Noël. Tous mes voeux de bonheur et de réussite pour la nouvelle année.
    Avec mon bon souvenir.

  19. Mgr Saïd dit :

    Merci de tout coeur Madame pour la clarté de votre don gratuit et dévoué.

  20. marvin oblage dit :

    Bonjour, je m interresse depuis peu a la philosophie et je suis enormement votre blog. Pour developper ma culture philosophique, j ai adhere a un groupe de discutions philosophique. Dans ce projet, nous devons nous pencher sur la question « a quoi sert la politique ? » j aimerais avoir votre avis afin de reflechir au mieux a cette question qui me laisse perplexe.
    En esperant que vous m aidiez.
    Cordialement

  21. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Mon premier souci serait de montrer, dans une perspective aristotélicienne (réactualisée par Hannah Arendt), que la manière dont la question est posée témoigne d’une méconnaissance du sens de la politique. Voyez les articles suivants pour comprendre de quoi il retourne:
    http://www.philolog.fr/liberal-repertoire/
    http://www.philolog.fr/lhomme-est-par-nature-un-animal-politique-aristote/
    Bien à vous.

  22. Bonjour,Madame.
    Je viens de faire connaissance de votre site super intéressant dont l’accéssibilité nous aiguillonne pour aiguiser nos connaissances inchoatives en philosophie.Cette découverte,dois-je l’avouer, s’avère d »emblée attractive en vue d’une percée dans la sphère philosophique.J’ en ai solide espérance et vous suis infiniment reconnaissant.
    Je suis étudiant finissant en Lettres et Civilisation Latines(Université de Lubumbashi en sigle UNILU).
    Je souhaite poursuivre mes recherches en philosophie et j’ai la pleine assurance que vos expériences ne me seront pas moins nécessaires.
    Encore merci infiniment.Vale.

  23. Simone MANON dit :

    Tous mes vœux de réussite dans vos projets.
    Bien à vous.

  24. jacky de roque dit :

    Madame
    J’aimerais beaucoup avoir votre sentiment sur l’interview suivante : http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2016/06/29/mathieu-slama-le-grand-drame-de-la-modernite-5820866.html. Je précise que M. Slama est professeur à la Sorbonne (Agrégé, docteur en philosophie, essayiste, journaliste diplômé de science politique, et spécialiste de Heidegger.) Je remarque en passant que l’entretien paraît dans une revue royaliste! bon… mais passons. Si je vous en propose le partage c’est que je ne cesse pas de m’interroger : suis-je trop ignorante pour juger d’un article sur Poutine, grande figure politique appartenant à la longue histoire du grand pays qu’est la Russie, histoire dont je ne sais à peu près rien? Ou puis-je m’offusquer de ce qu’un philosophe fasse l’apologie d’un chef de guerre soutenant par ailleurs un tyran en Syrie ?
    Bon soir

  25. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je n’ai pas lu le livre de Matthieu Slama.
    Dans l’article que vous indiquez, je ne vois pas un éloge de Poutine, simplement la constatation du différend opposant les défenseurs de la modernité et ceux de la tradition. Que Poutine soit à placer dans les seconds, son discours en témoigne. Il accuse l’Occident d’oublier ses racines chrétiennes, de subvertir ses valeurs au nom de la liberté individuelle. L’attachement à la singularité de la Russie éternelle, la critique du libéralisme font partie de l’âme russe. Voyez Dostoïevski. Sa vie et son œuvre en sont l’écho.
    Il se trouve que Matthieu Slama déplore aussi l’amnésie européenne, l’oubli de sa substance spirituelle mais cela autorise-t-il à faire de lui un apologiste de Poutine? En tout cas je n’ai rien lu de tel dans l’article auquel vous me renvoyez.
    Bien à vous.

  26. jacky de roque dit :

    Bonjour et merci,
    Vous avez raison, cet article ne permet pas d’ affirmer que M. Slama soutient Poutine et son action politique. Son livre en revanche est bien plus ambigu, et ce n’est pas Eric Zemmour qui s’en plaindra :  » Mathieu Slama fait mine de renvoyer dos à dos les deux protagonistes, l’Occident et la Russie, les deux lignes, les deux idéologies, alors que chaque page respire de son penchant en faveur de Poutine. » Poutine, noble héritier des grands écrivains russes ? Admettons.
    Mais comment M. Slama, professeur de philosophie, peut-il passer outre l’horreur de la politique menée actuellement en Russie? Que l’indigence de nos sociétés libérales suscite de vives critiques est un bien. Que cette critique se résume à la nostalgie de l’église, du patriarcat et de l’autoritarisme me laisse perplexe.

  27. jacky de roque dit :

    Permettez-moi un
    PS :
     » De Viktor Orban en Hongrie à Marine Le Pen en France, en passant par Nigel Farage en Grande-Bretagne, ils sont tous animés d’une sympathie naturelle envers Poutine. Clairement, le « poutinisme » correspond à un certain esprit du temps, à une résistance de plus en forte des peuples vis-à-vis de la mondialisation. » écrit encore M. Slama.
    Un certain esprit du temps… qui n’est pas sans rappeler un autre certain esprit du temps auquel avait su résister Romain Rolland ou Stefan Zweig.

  28. Simone MANON dit :

    Bonjour
    J’attire votre attention sur le danger des jugements lapidaires.
    Avez-vous une connaissance précise des ouvrages et de la pensée de Matthieu Slama pour la réduire ainsi ? Je me permets d’en douter mais comme je n’ai lu que les livres du père (Alain Gérard Slama), non ceux du fils, je vous serais reconnaissante d’en rester là.
    Bien à vous.

  29. jacky de roque dit :

    Mon jugement ne va pas sans une certaine colère mais il n’est pas lapidaire. J’étudie à la Sorbonne où se développe un autre danger : l’extrême droite décomplexée.

  30. Louis Ces dit :

    Bonjour Madame,
    Le sujet de la composition du CAPES 2016 était : La politique est-elle le règne des passions? Le rapport du jury explique sommairement ce qu’il ne fallait pas faire mais pas vraiment ce qu’il fallait faire. Voici mes deux questions. Pourriez-vous m’indiquer les pistes qu’il aurait fallu suivre, s’il vous plaît? Et surtout (mon gros problème) pourriez m’expliquer comment parvenir à distinguer finement les notions? Dans ce cas présent, les correcteurs nous ont reproché de ne pas avoir commencé par distinguer passions, affects, désirs etc. Pour moi, c’est toujours un casse tête de déterminer ce qui rentre ou pas dans les notions en jeu. Vous me rendriez un IMMENSE service si vous me disiez comment faire correctement ces distinguo.

  31. Simone MANON dit :

    Bonjour
    C’est un très beau sujet que vous aviez à affronter, la question étant qui si la politique est un théâtre où il faut compter avec les passions, elle ne peut pas en être le règne au sens où la notion connote l’idée de souveraineté et de stabilité. Il fallait distinguer ce qui rend nécessaire la politique (et à ce niveau d’analyse les passions sont déterminantes. Voir tous les théoriciens du contrat, en particulier Hobbes et le rôle qu’il attribue à la peur de mourir, à la crainte des autres) de sa nature lorsqu’on la considère dans l’ordre qu’elle institue (à ce niveau ce ne sont plus les passions qui sont déterminantes mais les principes qui président à l’exercice du pouvoir et qui ont plus à voir avec les exigences rationnelles qu’avec les déterminations passionnelles, sauf à considérer ses dévoiements, par exemple la corruption de l’idéal démocratique par la passion égalitariste: Tocqueville ). Ainsi si l’art politique ne peut méconnaître la pesanteur des passions qui le rendent nécessaire, il ne saurait en être l’otage sans alimenter le désordre qu’il a pour fonction (vocation) de dépasser. Sa vertu est d’utiliser les passions en les faisant concourir au bien commun, de neutraliser les passions négatives en exploitant les passions positives etc. Machiavel, Spinoza, Rousseau sont ici précieux.
    Il n’est pas dans mon intention de traiter ici le sujet.

    Vous me demandez comment on distingue les notions. Mais par l’analyse bien sûr.
    Toute la vie affective se construit à partir de ce qui en est l’élément de base: l’affect ou le fait de subir l’action de quelque chose d’extérieur qui agit sur nous. « L’homme n’étant pas un empire dans un empire » (Spinoza), il est essentiellement un être d’affects. Il réagit à l’extériorité en éprouvant du plaisir ou de la douleur; en ayant tendance à rechercher ce qui le réjouit (désir, amour) ou à fuir ce qui le fait souffrir (haine aversion).
    Les passions sont des vécus affectifs complexes supposant un retentissement prolongé de certains affects de nature à envahir la personnalité et à mobiliser sa pensée et son action dans un but ayant un caractère obsessionnel. La subversion de la raison par l’imagination pointe ici tout le problème posé par les passions. Elles alimentent les superstitions et font le lit de la tyrannie.
    La problématique ouverte par l’énoncé s’articule à ce niveau sur la manière de concevoir la maîtrise (gestion?) possible des passions par le politique.
    Pistes possibles:
    -Neutraliser les passions tristes par les passions joyeuses? Politique = physique des forces. (Spinoza, espoir contre crainte)
    -Développer l’amour de la liberté, de la justice dans le cœur des hommes, dénaturer l’amour de soi au profit de l’amour de la totalité dont on fait partie? Dans l’Emile, Rousseau écrit : « Les bonnes institutions sociales sont celles qui savent le mieux dénaturer l’homme, lui ôter son existence absolue pour lui en donner une relative, et transporter le moi dans l’unité commune ; en sorte que chaque particulier ne se croie plus un, mais partie de l’unité, et ne soit plus sensible que dans le tout. » Livre I, La Pléiade, IV, p. 249. Politique= art pédagogique. (Platon, Aristote)

    Bien à vous.

  32. Louis Ces dit :

    Madame,
    Merci beaucoup. Votre analyse me paraît fiable.
    Les rapports des jurys sont toujours un peu décourageants. On nous demande d’avoir le Lalande dans la tête !
    Pour info, voici un passage du rapport 2016 :
    « Souvent, la notion de passion n’est pas déterminée par rapport à ses « autres », notions dont
    elle se distingue non sans entretenir avec elles une certaine proximité. Ainsi, un candidat ne
    distingue pas les passions et les affects et confond « le règne des passions » avec ce qu’il
    nomme « l’empire des sentiments ». En revanche, une bonne copie a su mobiliser quelques
    distinctions utiles en s’appuyant sur l’Anthropologie du point de vue pragmatique de Kant et plus
    particulièrement sur le livre III concernant la faculté de désirer : l’affect ne dure pas, il est comme
    une ivresse ; tandis que la passion est durable, comme un délire.
    Malheureusement, c’est la confusion conceptuelle qui règne trop souvent dans les copies. Ainsi,
    par exemple, certains candidats assimilent la passion à l’émotion (…) »
    Bonne journée

  33. Louis Ces dit :

    Suite et fin du rapport du jury / Plan possible /
     » Une bonne copie montre d’abord, sous l’angle d’une réflexion
    sur le gouvernement, que la politique implique des procédures irréductibles aux passions ; puis il
    prend en compte l’objection d’après laquelle la politique, sous le rapport à la conflictualité qui lui
    est propre, peut s’entendre comme une continuation de l’affrontement passionnel ; et montre
    enfin, au point de vue de la constitution du corps politique, que des affects (!) non dominateurs
    sont constitutifs de l’ordre politique. »

    Madame, selon vous, que faut-il entendre par 1/ « la conflictualité qui lui est propre »? et 2 / »des affects non dominateurs »? 1/ la conflictualité entre gouvernants ou entre peuple et gouvernants ou les deux ? 2/ La pitié ? l’empathie ? la solidarité ? Mais peut-on encore parler de passions?

  34. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il vous suffit d’observer la campagne pour la présidentielle américaine ou bien celle qui se prépare en France pour n’avoir aucun doute sur la dimension agonistique de la politique!!!
    La conquête du pouvoir implique une lutte qui peut être d’une grande violence. Celle-ci se continue dans le cadre de l’exercice du pouvoir car les partis qui investissent le pouvoir d’Etat sont l’expression d’oppositions idéologiques, celles-ci étant le reflet des passions travaillant le corps social.
    Ex: Marx par exemple analyse le pouvoir d’Etat comme la domination d’une classe sur une autre, les classes ne se définissant pas seulement par les intérêts divergents qui les caractérisent mais aussi par les passions différentes qui les animent.
    Ex: Les humeurs chez Machiavel où la conflictualité est aussi celle qui oppose le peuple et ses gouvernants. L’humeur des grands est de dominer, celle du peuple est de refuser d’être gouverné.
    L’engagement politique met en jeu chez ses grands acteurs une dimension affective qu’on peut analyser en terme de désir, de sentiment ou de passion.
    Ex: le désir de gloire (les héros homériques, Napoléon)
    Le désir d’instituer l’ordre du droit dans les rapports humains en lieu et place des rapports de force.
    L’amour de la patrie pouvant aller jusqu’au sacrifice de sa propre personne (les résistants pendant la dernière guerre).
    L’amour de la République (Caton)
    Le désir (tendre vers un objet valorisé positivement), le sentiment (investissement affectif et spirituel sur un objet) se distinguent de la passion par la part active que prend le sujet dans son attachement à l’objet, à la différence du passionnel qui connote l’idée de passivité voire d’aliénation des fonctions supérieures de la personnalité (la capacité de juger librement). Passionnel s’oppose en ce sens à passionné. Un désir peut être passionné, sans être absolument passionnel.
    Quoi qu’il en soit l’amour de la liberté, de la justice, de la patrie, de la République peuvent être exonérés en partie du soupçon de domination lorsque dans l’action politique on ne considère pas que la fin justifie tous les moyens. Ce qui juge la sincérité de la fin disait Camus, c’est la nature des moyens. On ne peut pas prétendre agir au nom de l’amour de la liberté en organisant la dictature par exemple.
    Je dis « en partie » car l’exercice du pouvoir politique suppose de réduire les oppositions et je me demande si cela est possible sans une certaine volonté de puissance. (Je ne prends pas ici l’idée de pouvoir politique au sens de Hannah Arendt)

    Bien à vous.

  35. Louis Ces dit :

    Merci beaucoup !! J’ai enfin le sentiment d’avancer.
    Bon week-end.

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