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Désir et volonté.

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  On dit communément qu'il est possible de désirer ce que l'on ne veut pas ou de vouloir ce que l'on ne désire pas. Malgré les abus de langage (les hommes disent souvent « je veux » là où en réalité il faudrait dire « je désire ») le désir est donc une chose, la volonté une autre

 

 Pas absolument cependant. Car même si elle ne s'y limite pas, la volonté s'étaie sur le désir. Si la princesse de Clèves n'avait pas le désir d'être fidèle à une certaine idée d'elle-même, voudrait-elle résister à son amour pour le duc de Nemours ?

  Si l'on n'avait pas le désir de guérir, voudrait-on subir un traitement éprouvant qu'à l'évidence on ne désire pas ?

  Mais il y a une grande différence car « le désir est un attrait que l'on subit, la volonté un pouvoir que l'on exerce ». (Edmond Goblot).

 Définition : La volonté est un pouvoir de se déterminer à agir en fonction de motifs ou de raisons.

  C'est dire qu'elle est une faculté de se projeter vers des fins ou des objets, très complexe, puisque si elle implique l'affectivité, elle met aussi en jeu les fonctions supérieures de la personnalité : l'entendement ou la raison.

 

        1) Distinction du désir et de la volonté du point de vue de la détermination des fins.

 

  La volonté n'est pas réductible à la spontanéité du désir : elle suppose une capacité de recul, de distanciation par laquelle le désir peut être, dans la conscience, confronté à d'autres désirs, évalué en fonction de nos choix moraux et de notre appréciation de la situation. La volonté peut ratifier le désir, y consentir ou au contraire s'y opposer. « La volonté est nolonté » disait Renouvier.

  Voilà pourquoi, s'il y a sens à reconnaître une liberté sur le plan psychologique, c'est au niveau de la volonté.

  Or comme il y a débat sur le plan métaphysique, il y a aussi débat sur le plan psychologique.

  Pour les théoriciens du libre arbitre la volonté humaine est libre. Elle est fondamentalement indéterminée. « Il est si évident que nous avons une volonté libre, qui peut donner son consentement ou ne pas le donner quand bon lui semble que cela peut être compté pour une de nos plus communes notions » affirme Descartes. Les principes de la philosophie. 1644.

  Parce qu'il est une pensée, l'homme n'est pas comme les choses ou les animaux, mécaniquement déterminé, ses actes ne sont pas le simple effet nécessaire de causes antécédentes. Il peut se donner le spectacle de ce qui agit en lui sans lui, envisager des possibles, les confronter et se projeter vers des fins choisies. Il peut anticiper les conséquences de sa conduite et juger les objets et buts vers lesquels ses désirs le font tendre. Il a donc le pouvoir de se déterminer par la représentation de motifs ou de raisons.

  Il n'est pas déterminé par des causes, il semble disposer de la capacité de s'autodéterminer par la représentation de fins.

  Ce qui indique que les mobiles affectifs ou les motivations inconscientes sont métamorphosés par la réflexion, en motifs raisonnables. Au lieu de subir les impulsions, les déterminations, le volontaire se projette avec toutes les ressources de sa personne vers des fins. Il s'attribue ainsi la responsabilité d'un acte qui est d'abord un projet en puissance avant d'être en acte. Il s'institue par là cause première de son acte.

  Pour Descartes notre volonté est indéterminée, elle est le pouvoir, même dans la pure indifférence, de choisir tel parti plutôt que tel autre. Certes cette liberté d'indifférence « est le plus bas degré de la liberté, et fait plutôt paraître un défaut dans la connaissance qu'une perfection dans la volonté ; car si je connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire, et ainsi je serais entièrement libre sans jamais être indifférent » Méditions métaphysiques IV.

  Cette analyse de la volonté repose donc sur le postulat du libre arbitre et sur l'idée que la volonté et l'entendement sont deux facultés différentes, chacune ayant une autonomie. Je peux juger sans être déterminé dans mes jugements par mes affects (cf. la distinction que Descartes établit entre les pensées d'imagination et les pensées d'entendement). Je peux vouloir, même ce que mon entendement me révèle être le pire. Ma volonté n'est déterminée ni par les affects, ni par la raison.

 

  Pour Spinoza, cette analyse procède d'un rapport imaginaire à soi-même. Le libre arbitre est une illusion. Il s'ensuit que la volonté est déterminée soit par les affects, soit par la raison.

  Or comme nous sommes essentiellement une tendance à persévérer dans l'être (un conatus), nous sommes déterminés par notre nature à vouloir et à juger bon ce vers quoi elle nous fait tendre. «  Nous ne nous efforçons à rien, ne voulons, n'appétons ni ne désirons aucune chose parce que nous la jugeons bonne ; mais, au contraire, nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons, appétons et désirons » Ethique III. Prop.9, scolie. 1677.   L'entendement et la volonté sont donc une seule et même chose. L'hésitation, le doute ne signifient pas que l'entendement s'exerce de manière autonome mais que dans telle situation, des idées ou des désirs différents ont des forces égales.

  Néanmoins, chacun peut comprendre, en analysant son expérience, que ce qu'il juge un bien peut être un mal si ce vers quoi il tend est source de tristesse, de mutilation de la vie plutôt que de joie et d'épanouissement. « Chacun a le pouvoir de se comprendre lui-même et de comprendre ses affects de façon claire et distincte sinon totalement du moins en partie, et il a par conséquent le pouvoir de faire en sorte qu'il ait moins à les subir » Ethique V Prop.4, scolie.

  Il s'ensuit qu'il est possible de s'affranchir de l'aliénation passionnelle par la connaissance adéquate de la nécessité de sa propre nature. Libre, pour Spinoza, celui qui agit selon sa nécessité propre. La liberté ne s'oppose pas à la nécessité, elle s'oppose à la contrainte et la contrainte d'une nécessité extérieure à la sienne est le propre d'une vie soumise à l'empire des affects. Celui qui vit sous la conduite de la raison comprend l'ordre des choses et agit là où l'autre subit.

  La volonté est la même chose que  l'effort pour persévérer dans son être (conatus )elle est cet effort « en tant qu'il a rapport à l'âme seule ». Ethique III, Prop. VI, VII.

 

        2) Distinction du désir et de la volonté du point de vue des moyens.

 

  L'analyse classique et intellectualiste de l'acte volontaire ne distingue pas seulement la volonté et le désir sur le plan de la position des fins. Elle les distingue aussi dans le rapport aux moyens.

  Le désir, dit-elle, se contente de poser les fins. Il se préoccupe peu des moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces fins. « Il attend la manne » écrit Alain.

  Il dit « je voudrais bien » là où la volonté dit « je veux » c'est-à-dire se dispose à se réaliser.

  Vouloir n'est pas souhaiter, c'est accomplir. Le velléitaire veut quantité de choses, il déborde de projets parce qu'il n'en met en œuvre aucun. Le volontaire, au contraire, est modeste mais engagé dans l'accomplissement de ce qu'il a projeté.  Voilà pourquoi, on ne peut pas vouloir l'impossible. En ayant le souci des moyens, le sujet est conduit à tracer la frontière entre le possible et l'impossible, le rêve et la réalité, le permis et l'interdit.

 

  Conclusion : La volonté est un acte intentionnel, portant le chiffre d'une personne. C'est dire que la conception intellectualiste distinguant en lui, les moments de la conception de l'acte et de la fin à atteindre, de la délibération, de la décision et de l'exécution a sans doute le tort de dissocier des opérations subtilement intriquées dans le mouvement de la vie.

  Reste que ceux qui ne veulent voir dans l'acte volontaire qu'un désir dominant confondent sans doute volonté et passion et ceux qui ne voient dans le jugement qu'un exercice de justification, après coup, de ce qui a été posé par le désir (Cf. Sartre : « Quand je délibère, les jeux sont faits ») méconnaissent le pouvoir que l'esprit expérimente de réorienter, en permanence, son désir selon son projet réfléchi d'existence.

 

 

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41 Réponses à “Désir et volonté.”

  1. alexandre dit :

    Vous offrez vraiment une seconde chance à nous élèves qui n’avons pas vraiment de cours construits sur toutes ces notions. Je vous remercie beaucoup, toutes vos leçons sont très instructives.

    Amicalement, Flash

  2. Simone MANON dit :

    Merci pour ce message. Il me permet de préciser que c’est dans cette intention que j’ai ouvert ce blog à d’autres élèves que les miens. Après avoir vu, scandalisée, le film « Entre les murs », j’ai déjà eu le sentiment d’avoir bien fait et votre propos me confirme dans cette impression.
    Tous mes voeux pour cette année d’initiation à la philosophie.

  3. Laura dit :

    Bonjour,
    Je suis tombée sur votre site par hasard, et je suis entièrement daccord avec Alexandre, vous nous offrez réelement une « seconde chance »! Contrairement aux notres, vos cours sont clairs et surtout bien structurés (avec la prise de note les miens euh…).
    Mais ce sont des cours pour quelle section? (car je suis en S donc il ne faudrait pas que je fasse du hors programme comme on a moins d’heure que les autres)

  4. Simone MANON dit :

    Je ne puis pas imaginer que votre professeur ne vous ait pas lu le programme mais enfin le voici:
    Série scientifique
    Notions:
    Le sujet
    – La conscience
    – L’inconscient
    – Le désir
    La culture
    -L’art
    – Le travail et la technique
    -La religion
    La raison et le réel
    – La démonstration
    – Le vivant
    – La matière et l’esprit
    – La vérité
    La politique
    – La société et l’Etat
    – La justice et le droit
    La morale
    – La liberté
    – Le devoir
    – Le bonheur
    Repères:
    Absolu/relatif – Abstrait/ concret – En acte/en puissance –
    Analyse / synthèse – Cause/fin- Contingent/nécessaire / possible –
    Croire/ savoir – Essentiel/ accidentel – Expliquer / comprendre –
    En fait/ en droit – Formel/ matériel – Genre /espèce / individu –
    Idéal / réel – Identité/ égalité/ différence – Intuitif/ discursif- Légal/
    légitime –
    Médiat/ immédiat – Objectif/ subjectif- Obligation/ contrainte –
    Origine/ fondement – Persuader/ convaincre – Ressemblance/ analogie –
    Principe / conséquence – En théorie / en pratique – Transcendant/ immanent
    Universel/ général/ particulier/ singulier

    + étude d’une oeuvre philosophique choisie dans une liste réglementaire.

  5. Laura dit :

    Merci beaucoup de votre réponse =)
    Non il ne nous a pas lu le programme, il a juste parlé vite des principaux objets d’études.
    Vos élèves ont bien de la chance! Bonne soirée!

  6. Fatma dit :

    Je suis ravie de constater que je ne suis pas la seule à avoir été scandalisée par le film « Entre les murs ».
    Bonne reprise.

  7. Raphaël dit :

    Hum je ne comprends pas en quoi ce film a scandalisé tant de monde, peut-être car je vis dans un milieu social (scolaire compris donc) où le métissage des lycées est très prononcé, au contraire de certains autres, plus bobos enclavés.

    Bref, votre cours est très intéressant, mon prof a plutôt tendance à divaguer, se perds dans les méandres de sa pensée, et se laisse berner par ses élèves qui n’ont de cesse de le rappeler que l’intérêt de son cours est proche du néant.

    Encore une fois merci beaucoup pour votre apport Mme, je compte bien m’y appuyer pour ma dissertation « la volonté n’est-elle que la force d’un désir ? ».

  8. Raphaël dit :

    Désolé du double-post, mais en me relisant je viens de m’apercevoir que ma première phrase ne veut pas dire grand chose de sensé, je corrige : par milieu social j’entends région. Quant au métissage, je vous laisse deviner …

  9. Simone MANON dit :

    Ce film est scandaleux Raphaël non point parce qu’il met en scène des jeunes d’origines très différentes mais parce qu’on y voit un professeur qui est le comble de la démagogie. Il oublie tout simplement de faire ce pour quoi la République le paie. Et jusqu’à preuve du contraire la fonction d’un professeur est de transmettre des savoirs non de faire de l’animation ou de la psychologie de pacotille. Un professeur de français doit promouvoir la maîtrise de la langue et surtout faire entendre des poèmes, des textes qui élèvent l’âme et qui permettraient à ces jeunes démunis d’entrevoir des possibilités de jouissance dont personne ne leur donne l’idée. Dans un milieu qui n’est pas celui des « bobos » se dispenser de travailler à cette ouverture est un crime car ces jeunes n’ont pas la chance d’avoir des parents capables de pallier l’incurie scolaire. Voilà ce qui me révolte dans cet enseignement médiocre et démagogique. Il prive ceux qui en ont le plus besoin de la culture par laquelle on conquiert la liberté et de réelles possibiltés de bonheur. Il condamne à la misère spirituelle et morale des infralangues. Et par dessus le marché, il prive les faibles des prérequis sans lesquels il leur sera difficile d’obtenir une vraie qualification professionnelle.

  10. Raphaël dit :

    Mais il n’empêche que c’est tout bonnement impossible de dispenser un cours de français, ne serait-ce que celui d’un niveau CM1, à ces classes.

    Bon je retourne à ma dissertation :)

  11. Raphaël dit :

    Bonjour,

    J’ai donc fini mon petit travail, si vous pouviez me faire l’honneur d’y jeter un simple coup d’oeil et de me donner votre avis, je vous en serais très reconnaissant Mme Manon :D : http://jeunes.democrates.free.fr/lycee/dissertfilo1.htm .

    Cordialement.

  12. Danielle guillaumond dit :

    Madame, je ne suis plus élève depuis longtemps…Mais je suis des cours de philo à L’UTA et j’ai découvert votre blog. je tenais à vous en remercier et à vous témoigner mon admiration et mon émotion devant la qualité et la générosité de votre démarche.
    je reagis à la suite de cet article car je partage votre colère contre le professeur de « entre les murs ». je suis un produit de l’école républicaine qui m’a presque tout appris( j’ai eu un professeur de philo qui ne nous a jamais parlé de Platon, ni de kant, ni de Descartes etc… mais faisait beaucoup de « débats » et sa démagogie me met encore en colère) sauf la philo….que j’étudie par moi-m^me et grâce à des professeurs comme vous et mon professeur à l’UTA.
    Cependant, je m’interroge. Ailleurs vous reprenez l’expression d’un lecteur » Peut- on faire boire un âne qui n’a pas soif? » j’ai enseigné puis arrêté car j’ai fini par répondre épuisée:non . merci encore à vous qui avez sans doute des élèves qui ne font pas désespérer….. très cordialement D. guillaumond

  13. Simone MANON dit :

    J’ai consulté votre travail Raphaël. C’est un début intéressant mais le propos n’est pas suffisamment approfondi. Je me permets de vous mettre en garde contre le recours à des exemples témoignant de vos préjugés plus que d’un traitement rationnel de la question. Par ailleurs vous mobilisez un auteur (Spinoza) que vous ne connaissez manifestement pas. C’est toujours une stratégie stérile.

  14. Danielle guillaumond dit :

    Je relis mon message aujourd’hui et je m’aperçois honteusement qu’il est bien confus. Pardon, j’appartiens à une génération qui n’est pas très à l’aise avec ces nouveaux outils. bien cordialement encore

  15. Simone MANON dit :

    Non Danielle, votre message n’est pas confus. J’ai très bien compris. J’ai sans doute eu la chance d’enseigner dans un lycée où il y avait une éthique de l’excellence et du travail. Les choses changent là aussi car l’école n’est pas imperméable à ce qui se passe dans la société et il est vrai que le travail et l’excellence ne sont plus pour beaucoup des valeurs en soi. Cependant mon rapport à l’enseignement reste positif car dans l’ensemble je m’adresse à des jeunes ayant le souci de réussir.
    J’espère que vous trouvez dans votre fonction le bonheur que je trouve dans la mienne.
    Bien à vous.

  16. Raph dit :

    Le problème de mon devoir est surtout que je tente de répondre aux exigences de mon professeur en particulier, emerveillé à la seule évocation de Spinoza. Je m’emploie donc à l’utiliser au maximum, mais je ne pense pas qu’en deux mois je le connaisse plus que quelques citations ci et là, donc je ne peux guère vous contredire sur ce point.Je rebondis encore une fois sur le débat d’Entre les murs, mon professeur est certainement aux antipodes de Mme Manon, or ce n’est pas facile de plonger dans la philosophie sans acquis, Kant, Descartes, Platon et toute la troupe usent des termes spécifiques, dont le sens varient de l’un à l’autre, et tout retenir demande au minimum des années d’étude. À défaut d’un bagage philosophique plus que limité qui ne ne servira que dans les diners mondains (citer pareils personnages n’y est-il pas du meilleur effet), pousser les élèves à s’interroger par eux-même, leur donner le contenant mais pas le contenu me paraît nettement plus essentiel. Si c’est là ce que vous appelez démagogie j’y rétorque pédagogie puisqu’il est évident qu’apparait un point de rupture où il faut bien remplir ce cadre vide, l’élève ira alors de lui-même chercher les auteurs.

  17. laure dit :

    bonjour je suis en classe préparatoire commerciale et j’ai une dissertation à rendre et le sujet est: kant a t il raison de dire que: malgé le désir qu’a tout homme d’arriver à etre heureux personne ne peut jamais dire en termes cohérents et précis avec lui même ce que veritablement il désir et il veut.
    je n’ai d’habitude pas de difficultés réelles en philo mais là je suis un peu perdue face à ce sujet.
    merci de m’apporter une aide précieuse si cela est possible.

  18. Simone MANON dit :

    Voyez sur ce blog le cours sur désir et besoin, les paradoxes du bonheur et reportez vous aux Fondements de la métaphysique des moeurs pour comprendre clairement ce que dit Kant en affirmant que « la recherche du bonheur est enveloppée d’impénétrables ténèbres ».
    Bon courage

  19. laure dit :

    merci beaucoup je vais tenter de finir ma dissertation avec soin.

  20. Bourbon Adèle dit :

    Bonjour, je travaille en ce moment sur un sujet de dissertation sur le désir (peut-on soutenir que le désir est l’essence de l’homme?), et j’ai eu la chance de tomber sur votre site, je tenais donc à vous remercier, vous m’avez permis de comprendre beaucoup de choses.
    Je suis en terminale, et découvre donc la philosophie. C’est une matière que je trouve très intéressante, et que j’ai plaisir à découvrir. Mais il n’en reste pas moins que je trouve que ce qu’on nous demande d’accomplir en si peu de temps soit très « poussé » pour le peu d’expérience en la matière. Même si je fais mon possible pour lire et me renseigner, je trouve que cela demande une capacité de réflexion difficile à atteindre en quelques mois! Bien sure, il y en a pour qui cela ne demandera qu’un ou deux mois, mais il m’est très difficile de mettre de l’ordre dans ses idées, et d’apprendre à s’exprimer clairement sur papier. Je trouve cette matière passionnante et espère trouver le « déclic » qui me permettra de mettre de l’ordre dans mes idées, et de m’exprimer clairement. Toujours est-il que vos cours me sont d’une précieuse aide, car très clairs, et passionnants.
    Je vous en remercie
    cordialement

  21. Simone MANON dit :

    Vous avez raison. Une dissertation est un exercice difficile au début d’une année de philosophie mais peu à peu vous allez conquérir la compétence exigée. Votre curiosité est l’atout principal. Pour votre sujet il faut bien comprendre ce qui distingue la thèse spinoziste de la thèse platonicienne.
    Avec tous mes voeux de réussite.

  22. elstir dit :

    Bonjour madame,

    Je voudrais réagir à propos de ceque vous avez dit sur le film « entre les murs ».
    Pensez vous que la culture rend vraiment heureux, apporte de véritables possibilités de bonheur? Je voudrais avoir votre votre avis, car quant à moi, j’ai beau me plonger avec un délice infini dans les joies de la philosophi, littérature, etc -donc de la culture au sens large- ( et vraiment vous avez raisons sur les bonheurs insoupconnés qu’ on peut en retirer) je ne peux totalement écarter la pensée que tout cela soit d’une certaine manière quelque chose qui aide à vivre….qui apaise nos tourments (et ceci est particulièrement flagrant dans la littérautre, mais en y regardant bien, même la philosophie a cette vertu) … ce qui rejoint ce que nietzsche a dit : nous avons l’art comme protecteur de la vie…

    Pensez vous qu’en définitive, les bonheurs de la culture sont une illusoires ou véritables?

  23. Simone MANON dit :

    Un bonheur est ce qui s’éprouve. Il n’y a donc pas de sens à le qualifier d’illusoire. Un bonheur est réel ou n’est pas. Pour des personnes comme moi par exemple, lire, écrire, comprendre, faire comprendre est une source infinie de plaisir. Ce que vous voulez dire est autre chose. Vous soupçonnez avec raison que ce bonheur apporté par la culture l’est à la faveur du leurre que celle-ci est capable de produire. Les belles oeuvres peuvent en ce sens être considérées comme un mensonge construisant un paravent entre nous et l’horreur du réel. Baudelaire, Nietzsche pointent la nécessité de l’art pour nous aider à supporter la vie. « L’ivresse de l’Art est plus apte que toute autre à voiler les terreurs du gouffre » écrit Baudelaire dans « une mort héroïque ». Benjamin Fondane (que j’ai présenté récemment sur ce blog) dénonce avec vigueur ces artifices de la culture. Pour lui l’absurde existentiel fait exploser cet univers artificiel comme on le voit dans la subversion dadaïste.
    Voyez les cours sur éloge de l’apparence. Baudelaire. Nietzsche.

  24. Prof psychosocio dit :

    Salut madame, Simone Manon ..comment je peux vous contacter ? j’ai besoin de votre aide pour une recherche à propos de volonté ..svp !!

  25. Simone MANON dit :

    Je suis désolée, je réponds aux questions, dans la mesure de mes moyens, par le canal de ce blog seulement.

  26. MG dit :

    Bonjour,

    Je suis moi-même professeur de philosophie et c’est toujours plaisant de constater que nous sommes encore un certain nombre d’enseignants à défendre les valeurs d’une école républicaine et à s’insurger contre la démagogie qui, hélas, remplace de plus en plus l’exigence intellectuelle.
    De plus, je vous remercie pour votre blog que je trouve extrêmement bien fait.

  27. Simone MANON dit :

    Merci chère collègue de ce sympathique message et bonne poursuite dans la fidélité à une certaine idée de l’école.
    Bien à vous.

  28. Ophélie dit :

    ( En TES ) En pleine dissertation de philosophie et sans réel cours ( c’est à dire une prise de notes de notions, sans définition ) je me retrouve émerveillée par votre travail et vous en remercie. Notre classe a fait 1/4 du programme pour le moment. Il nous reste quelques semaines avant le jour J et nous sommes stressés par la venue de l’épreuve de philosophie. C’est avec joie que je vais faire passer ce blog, fort bien construit.
    Avec toute ma gratitude, et celles de mes camarades,
    bonne continuation.

  29. Simone MANON dit :

    Merci, Ophélie, pour ce sympathique message et tous mes voeux de réussite à l’examen pour vous et vos camarades.

  30. Pierre dit :

    Bonsoir chère Simone,
    Est-ce à dire que la volonté pose les bornes du désir?

  31. Pierre dit :

    Par ailleurs, je vous suis lorsque vous dénoncez avec justesse le nivellement par le bas qui souille la beauté de l’école républicaine; le Télérama de cette semaine qui donne la parole à un contempteur de l’évaluation des élèves est un exemple parmi d’autres d’une volonté égalitariste condamnant l’excellence.
    Bien à vous,
    Pierre

  32. Simone MANON dit :

    Bonjour Pierre
    Les bornes, selon votre expression, doivent être conçues, ce qui est compétence de la faculté de comprendre et de se représenter les valeurs. Dans la mesure où la volonté fait intervenir l’exercice de la raison, elle peut entrer en conflit avec le désir.
    Par exemple on ne peut pas vouloir l’ impossible ou ce qui est condamnable moralement.
    En ce sens le vouloir transforme le désir, le réoriente, l’assagit.
    Bien à vous.

  33. Laurie dit :

    Bonjour,
    j’ai lu tout l’article mais il me reste une question sur le sujet. Voilà j’aimerais savoir si : ce qui résiste à ma volonté s’oppose à ma liberté ?
    en espérant une réponse complète merci !

  34. Simone MANON dit :

    Bonjour
    C’est un beau sujet que vous avez à traiter. Il faut vous dépêcher de vous mettre au travail afin d’élucider la question de manière sensée à défaut de pouvoir lui apporter une réponse « complète »!
    Bon courage.

  35. Trevize dit :

    Bonjour,
    je m’interroge sur ce que vous dites et sur la manière dont, dès l’amorce de votre réflexion, me titille et me dérange votre argumentation. En un mot et très rapidement, elle sacrifie à mes yeux bien trop à l’autel des jeux de langage, du pure fait linguistique que dans un même mouvement elle convie et pourtant rejette. Vous partez en effet dès la première phrase d’une simple régularité linguistique, à savoir le fait que l’on oppose parfois le désir et la volonté. Et c’est cette pure donnée linguistique qui sert à en fustiger une autre, celle qui au contraire évoque les deux notions dans un sens où la substitution est permise. Bref, je crois que vous ne fondez rien de bien solide sur ce jeu de passe-passe linguisitique.
    Loin de moi l’idée qu’on ne peut et qu’on ne doit pas dissocier désir et volonté (je n’ai pas réellement et profondément pensé à la distinction mais il va de soi que bien des contrastes me semblent spontanément pertinents, par exemple les nombreux passages platoniciens pouvant nourrir une telle opposition); pour autant vos phrases liminaires ne me paraissent pas pertinentes argumentativement.
    Bien cordialement,

  36. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Une phrase introductive n’a aucune valeur argumentative, elle sert seulement à introduire une analyse. L’argumentation se trouve dans celle-ci et de ce point de vue, je ne vois pas ce que vos propos, pour le coup purement rhétoriques, apportent à l’élucidation de ce qui est en jeu dans cet article, à savoir la distinction des expériences auxquelles les mots (ou concepts) de désir et de volonté renvoient.
    Bien à vous.

  37. Chloé dit :

    Bonjour Madame , je suis élève en T°L et mon professeur nous a donné une question qui me parait difficile , cette question est la suivante : Quand il parle de l’avare , qui désigne t il ?
    C’est à propos de l’extrait « Les aventures du coeur » d’Alain.

    Je vous remercie d’avance pour votre aide , et j’en profite au passage pour vous remercier de toutes les précisions qui sont dans ce blog .

    Bien à vous .

  38. Simone MANON dit :

    Bonjour Chloé
    Dans la mesure où je n’ai pas connaissance de l’extrait de texte sur lequel vous travaillez, il m’est impossible de vous répondre.
    Bien à vous.

  39. Patrick dit :

    Bonjour,

    ‘La volonte c’est l’effort’ (pour perseverer dans son etre) nous dit Spinoza. Pourquoi cet effort peut il parfois etre si douloureux ?

  40. Patrick dit :

    Au temps pour moi une partie de la reponse est ici http://www.philolog.fr/la-vie-oscille-comme-un-pendule-de-droite-a-gauche-de-la-souffrance-a-lennui-schopenhauer/
    Si cela peut servir a d’autre, en utilisant l’onglet « index » du site et en effectuant ma requete par mots clefs je suis tombe sur une serie d’articles traitant de ma question. Assez formidable je dois dire cette outil. Merci a vous Simone et a votre webmaster par la meme occasion. cdlt.

  41. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Merci pour ce sympathique message et pour les conseils de recherche que vous donnez aux nombreux internautes qui, par manque d’initiative, se privent des ressources de ce blog.
    Bien à vous.

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