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   Comme elle semble lointaine l’époque où l’idéal laïque était un idéal vivant !

   Ce n’est pas l’exorcisme de la sidération du 7 janvier 2015 qui m’invite à penser le contraire. Aussi lorsque je suis tombée sur ce texte dans lequel G. Guy-Grand  restitue le sens de la foi laïque je me suis dit qu’il serait judicieux de le faire lire, comme s’il fallait  bien mesurer la distance nous séparant des républicains d’antan avant d’examiner ce qui a bien pu se produire en un siècle pour que la laïcité soit désormais devenue une institution désenchantée, menacée, si peu précieuse aux yeux de ceux qui ont la chance d’en jouir qu’on ne sent pas dans notre société une volonté ferme et courageuse de la défendre.

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    Après avoir interrogé le sens de la laïcité, dans l’article précédent, mon intention dans celui-ci est de retracer la genèse, les étapes d’une conquête historique n’ayant rien d’un long fleuve tranquille.

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     « Nous ne sommes pas les ennemis de la religion, d’aucune religion. Nous sommes, au contraire, les serviteurs de la liberté de conscience, respectueux de toutes les options religieuses et philosophiques » Gambetta, Discours à Romans, 18 septembre 1878.

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    Le mot laïcité apparaît en 1871 dans le Journal La Patrie à propos d’une polémique sur l’instruction religieuse dans l’enseignement. On mobilise ce mot car le laïc depuis le Moyen-Âge est celui qui se distingue du clerc, autrement dit celui qui ne fait pas partie du clergé. Le mot vient de  laos, désignant en grec le peuple, l’unité d’une population considérée comme un tout indivisible.

    La laïcité est une réalité constitutionnelle conquise de haute lutte contre l’intransigeance cléricale de l’Eglise catholique, le poids des traditions et l’intégrisme antireligieux d’une frange de ses militants.

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   Dans l’article précédent, je me demandais pourquoi l’état de nature entre les Etats n’est pas comme l’état de nature entre les individus, un état invivable contraignant les hommes à en  sortir en instituant les conditions juridico-politiques d’un dépassement de la guerre. Si tel était le cas, on pourrait en effet espérer une solution au problème de la guerre. Car il est vain d’en fonder la possibilité sur la capacité morale des hommes. Ce n’est pas celle-ci qui détermine massivement leur conduite, pas davantage la conscience de leur intérêt bien compris. Mais il est permis de croire que la nécessité vitale peut obtenir d’eux des miracles. Voilà pourquoi, Kant considérait que s’il doit y avoir une solution à la guerre, celle-ci ne pourra qu’être extorquée par la détresse dans laquelle une guerre particulièrement dévastatrice plongera l’humanité entière. Il ne s’agit pas de dire qu’une telle catastrophe est souhaitable, il s’agit simplement de se demander pourquoi tant que la guerre est une relation d’Etat à Etat, elle n’a pas les dimensions d’une guerre d’anéantissement généralisé comme pourrait le devenir une guerre civile à l’échelle mondiale. Elle a un caractère limité rendant possible un traité de paix entre vainqueurs et vaincus. D’où la question : comment comprendre que les guerres interétatiques, telles qu’elles se sont produites jusqu’à la fin du 19ème siècle aient eu ce caractère limité ?

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    Que le genre humain puisse subsister malgré les guerres mettant périodiquement certains espaces à feu et à sang ; que les peuples cohérés politiquement puissent bon an mal an persévérer dans leur être malgré leurs rapports agonistiques, voilà qui devrait être un objet d’étonnement infini. Comment comprendre que l’état de nature entre les Etats ne soit pas ce qu’il est entre les individus, à savoir un état contradictoire, contraignant les hommes à en sortir par l’effet d’une nécessité naturelle ?

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Joyeuses  fêtes à tous et tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année.

 

   Comment célébrer l’espérance de Noël, au cœur d’un chapitre consacré à une réflexion sur la guerre ? Peut-être en faisant lire, en cette année de commémoration de la Grande Guerre, une scène de fraternisation où l’on se plaît à rêver  qu’un jour peut-être « les meilleurs éléments des peuples sortiront  des tranchées sous le coup d’une impulsion subite, d’une évidence morale, pour se tendre les mains et s’entendre une bonne fois, comme des enfants qui se sont longtemps querellés ».

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   « Après avoir exposé le droit de toute souveraine Puissance envers les citoyens et les obligations correspondantes des sujets, il nous reste à envisager le droit de chacune des souveraines Puissances à l’égard des autres Puissances. Nous y parviendrons facilement à partir de nos développements antérieurs.  Puisque (d’après le § 2 de ce chapitre), le droit de toute souveraine Puissance s’identifie à son simple droit naturel, deux Etats sont, en présence l’un de l’autre, dans la situation exacte où se trouvent deux hommes à l’état de nature. Avec cette différence toutefois qu’une nation, à elle seule, est en mesure d’empêcher qu’une autre nation ne l’écrase, alors que l’homme dans l’état de nature est incapable de lutter efficacement contre son semblable (du fait qu’il succombe au sommeil chaque jour, à la maladie ou au chagrin fréquemment et, pour finir, à la vieillesse). Je ne parle même point de bien d’autres inconvénients, auxquels il est exposé et contre lesquels la nation est en mesure de se protéger »

   Spinoza, Traité de l’autorité politique, § 11, ch. III. La Pléiade, p. 940.941.

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    « La première chose que je remarque, en considérant la position du genre humain, c’est une contradiction manifeste dans sa constitution, qui la rend toujours vacillante. D’homme à homme nous vivons dans l’état civil et soumis aux lois; de peuple à peuple chacun jouit de la liberté naturelle; ce qui rend au fond notre situation pire que si ces distinctions étaient inconnues. Car, vivant à la fois dans l’ordre social et dans l’état de nature, nous sommes assujettis aux inconvénients de l’un et de l’autre, sans trouver la sûreté dans aucun des deux. La perfection de l’ordre social consiste, il est vrai, dans le concours de la force et de la loi; mais il faut pour cela que la loi dirige la force; au lieu que dans les idées de l’indépendance absolue des princes, la seule force, parlant aux citoyens sous le nom de loi et aux étrangers sous le nom de raison d’état, ôte à ceux-ci le pouvoir et aux autres la volonté de résister, en sorte que le vain nom de justice ne sert partout que de sauvegarde à la violence.

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    « Qu’est-ce que cette philosophie, si universelle et qui se manifeste sous des formes si étranges ?

    Le mot grec  « philosophe » (philosophos) est formé par opposition à sophos. Il désigne celui qui aime le savoir, par différence avec celui qui, possédant le savoir, se nomme savant. Ce sens persiste encore aujourd’hui : l’essence de la philosophie, c’est la recherche de la vérité, non sa possession, même si elle se trahit elle-même, comme il arrive souvent, jusqu’à dégénérer en dogmatisme, en un savoir mis en formules, définitif, complet, transmissible par l’enseignement. Faire de la philosophie, c’est être en route. Les questions, en philosophie, sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient une nouvelle question.

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   Du 2 au 24 août 2014, la Galerie Bogéna, à St Paul de Vence, organise une rétrospective de l’œuvre de James Coignard. Par ce petit article, je souhaite susciter le désir de voir absolument cette exposition.

   Qu’il me soit permis d’abord de remercier Bogéna pour les bonheurs renouvelés qu’elle nous offre dans cette galerie dont il n’est pas exagéré de dire qu’elle ajoute à la perfection du lieu quelque chose de magique. Magie d’un espace où l’on a rendez-vous avec des œuvres puissantes dans une atmosphère faite de simplicité et de générosité. Ici vit l’engagement artistique dans ce qu’il a de plus authentique, en marge des modes et des snobismes.

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