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    Faut-il penser que nous sommes en deuil de l’esprit des Lumières? Les lectures  que je viens de faire d’une pléthore de sociologues, anthropologues, théoriciens du genre m’amènent à le penser comme d’ailleurs en témoignent les textes que j’ai précédemment mis en ligne. Mais il faut savoir ce que l’on entend par esprit des Lumières car le siècle qu’on a appelé ainsi est un siècle si foisonnant qu’il inclut aussi des Contre-Lumières. Je me propose donc de ramasser en quelques idées majeures ce qui fut l’inspiration positive de cette époque féconde.

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   Si vous ne l’avez pas encore lu, il faut vous précipiter chez votre libraire. Olivier Bourdeaut nous offre avec ce livre  un rare moment de poésie pure. Un hymne à la vie où la fantaisie, le rire et la danse font la nique au prosaïsme, au sérieux et…à la tragédie. On lit ce roman comme emporté dans un rêve, celui de l’amour fou de deux êtres déjantés bien décidés à assumer leur folie dans une fête perpétuelle et une grâce capables de déjouer la monotonie des jours, le pathétique de la démence, l’apparente victoire de l’ordre des choses. Métaphore du don le plus précieux que puisse recevoir un enfant, ces drôles de parents incarnent jusque dans leur effacement le triomphe de la liberté, la puissance de la joie, le sel de la vie sans lesquels une écriture ou une destinée sont privées de toute magie.

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10 Chapitres du cours sur la liberté, sélectionnés et édités dans un format papier agréable et pratique.

« 10 leçons sur : la liberté » est disponible au format poche 11X15, couverture souple, 188 pages.

A acheter en ligne directement auprès de l’imprimeur

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  « Le point de départ de toutes les réflexions contemporaines sur le multiculturalisme, qu’elles soient de nature philosophique, sociale ou politique, renvoie à l’idée que l’identité de chacun se définit plutôt à partir des appartenances culturelles multiples de l’individu qu’à partir de son individualité même – celle-ci étant propre à une conception universaliste de l’homme. Ceci signifie que l’individu ne peut vivre la différence qui le constitue comme être humain distinct des autres qu’à travers l’appartenance à un ou plusieurs groupes « culturels ». Ces différents groupes, qui forment à leur tour des sociétés humaines complexes,  jouent le double rôle d’agrégats des différences individuelles – elles  peuvent être infinies – et de lieux de socialisation primaire des individus en leur fournissant des éléments d’identification et les moyens d’expression concrète de leur différence.

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 «Le cœur du projet moderne est de faire accéder à la plénitude de la raison la totalité de l’humanité, libérant chacun des préjugés ancestraux, de l’engluement dans une société traditionnelle enfermant ses membres dans les visions bornées propres à chaque état de vie, chaque religion, chaque lieu. Pour les initiateurs des Lumières et pour les premières générations de leurs héritiers, il va de soi que cet accès à la raison relève d’une conquête pas encore achevée, que dans le monde tel qu’il est bien du chemin reste  à parcourir tant il est des individus, des groupes sociaux, des peuples qui sont loin d’un plein accès à celle-ci.

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Joyeux Noël.

 

Joyeuses  fêtes à tous et tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année.

 

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   L’enjeu de cet article n’est pas d’affronter la question du multiculturalisme dans toute sa complexité. Le numéro 186 du Débat (sept.oct.2015), s’y emploie avec une richesse de contributions que j’invite de toute urgence à lire. Il est de proposer  une analyse dont je ne sais pas si elle est absolument pertinente. Elle a retenu mon attention parce qu’elle apporte un début de réponse à une question que je ne cesse de me poser. Comment comprendre le soutien de l’extrême gauche à des revendications qui sont manifestement incompatibles avec les idéaux des Lumières et les principes de notre République laïque ? J’ai été rassurée en lisant le Débat de constater que ma perplexité et mon indignation sont partagées par Peter Schneider qui fut l’un des principaux animateurs de la révolte estudiantine de Berlin en 1968. Il dénonce ce qu’il appelle « la dérive de la gauche multiculturaliste » prompte à qualifier de racisme, d’islamophobie toute critique de pratiques culturelles attentatoires aux droits fondamentaux de la personne humaine.

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    « Ce qui se joue ici, sous cette forme moderne de la lutte du maître et de l’esclave, c’est, dans le cadre d’une hostilité qui peut rapidement se transformer en haine, l’affrontement entre un ethos du calcul rationnel, fondé sur l’intérêt bien entendu et, en dernière analyse, sur la recherche de la survie, sur l’acquisition ou la conservation des biens et la peur de la souffrance et de la mort, et un ethos de la fierté, de l’honneur ou de la gloire fondé sur les vertus martiales et guerrières, sur l’acceptation, voire la recherche, de la mort infligée ou subie, et parfois sur le vertige de l’automutilation et de l’autodestruction. Cet ethos peut n’être que l’expression d’une culture guerrière traditionnelle ou se teinter d’un romantisme esthétique à la recherche du geste grandiose ou d’un nihilisme exprimant la haine non seulement de l’autre mais de soi et du monde.

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      Invité de l’émission, Répliques, en compagnie de Jacques Julliard, Pierre Manent m‘avait tellement sidérée que j’avais décidé de ne pas lire son livre. Ma perplexité pourtant n‘était pas exempte d’une sourde interrogation. Avait-il été en situation de faire comprendre correctement son propos ? On sait combien la polémique déforme souvent la substance d’une pensée, surtout lorsque celle-ci se déploie dans la subtilité et la complexité. Alors l’humeur n’étant jamais bonne conseillère, j’ai décidé de réviser ma position, même si c’est tardivement, et je ne le regrette pas.

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    Avec sa Théorie du partisan (1963), Carl Schmitt avait annoncé l’émergence d’un nouveau nomos de la terre sur les ruines du système westphalien. Dépassé le discours de la guerre, tel qu’un Clausewitz pouvait encore le théoriser. Désormais le combattant irrégulier se substitue au soldat régulier, le haut degré de mobilité du combat actif fait la nique aux armées régulières, le haut degré d’intensité de l’engagement militant lui confère la dimension d’une fureur démesurée propre à contaminer les âmes et à dévaster les cités.

   Malgré les avertissements, on ne peut s’empêcher d’être impressionné par la justesse de la prophétie. Les attentats terroristes de ces dernières années ne laissent plus de doute. Les Etats ont bel et bien perdu le monopole de la violence et celle-ci, disséminée dans l’ensemble du corps social, opère sans relâche son travail de sape. Obsolète, l’utopie des Lumières. Mais l’esprit peut encore s’efforcer d’être vigilant pour faire contrepoids aux venins que déversent dans leurs discours et leurs actions les intoxiqués à la haine. Ils sont légions dans les sociétés occidentales et prennent différents visages selon les époques, pas seulement celui de l’intégriste islamique, même si c’est aujourd’hui l’espèce la plus visible et la plus dangereuse.

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