Flux pour
Articles
Commentaires

stop-racisme04.skyrock.com/

 

   Le mythe de Prométhée montre que l'homme n'est pas un être de la nature comme les plantes ou les animaux. « Il est né nu, sans chaussures, sans couvertures, sans armes » Si l'on devait s'en tenir à l'équipement naturel de l'espèce humaine, elle serait condamnée à disparaître car elle est dépourvue de ce qui permet aux autres vivants d'être adaptés naturellement à la nature (un instinct, des protections naturelles, des outils annexés à l'organisme etc.).

     Le mythe pointe l'indigence et l'indétermination naturelles de la nature humaine.

  
   La notion de nature connote, en effet, l'idée de donné, d'innéité (donné à la naissance). Le naturel ou le donné s'oppose à l'acquis. L'acquis est ce qu'on ajoute à la nature, ce qui la transforme. Le naturel étant ce qui est donné, indépendamment de l'activité ou de l'art humains, il s'oppose à l'artificiel (ce qui procède de l'intervention humaine, de l'art).

 

   Or le monde dans lequel l'homme déploie son existence, ce par quoi il est humain (la bipédie, l'usage des mains, la parole, la pensée, la sensibilité, l'obéissance à des règles) ne sont pas des données naturelles, ce sont des acquisitions culturelles. Hors d'un contexte culturel où il va apprendre à marcher, à parler, à se conduire de telle ou telle manière, le petit de l'homme ne devient pas humain. L'exemple des enfants sauvages montre qu'on ne naît pas homme, on le devient dans le cadre d'un milieu culturel et d'une histoire. (Exemple : observation en 1799 de Victor l'enfant de l'Aveyron ou en 1920, des deux enfants loups, retrouvés en Inde : Amala et Kamala.

 

   Attention : Serge Aroles nous apprend dans son livre L'énigme des Enfants-Loups publié en 2007 dans la collection sciences humaines, publibook, que l'histoire d'Amala et de Kamala est une supercherie intellectuelle orchestrée par le Révérend Singh, le directeur de l'orphelinat de Midnapore

 

 

 PB : Qu'est-ce que le naturel en l'homme ?

 

   Son organisme avec ses deux attributs : le cerveau et la main. Avec le cerveau et la main, l'évolution cesse d'être ce qui aboutit à l'homme pour devenir ce qui en part. Le cerveau et la main marquent ce moment où l'évolution (concept biologique) se transforme en histoire. Certes les autres espèces ont bien une histoire, dans la mesure où elles se développent dans le temps, mais elles n'ont pas d'histoire, au sens où seul l'homme en a une, c'est-à-dire au sens où il est le seul à utiliser le temps pour se réaliser tel qu'il se projette. Avec l'homme la continuité des vivants est rompue. Emerge une nouvelle modalité d'être c'est-à-dire une aventure culturelle et historique.

  La déficience naturelle de l'homme se renverse ainsi en un avantage considérable. Non déterminé à être ceci ou cela, l'homme est ouvert à une infinité de possibles. Non spécialisés dans telle ou telle fonction, comme c'est le cas des autres organes, le cerveau et la main vont être capables d'une infinité  de tâches. Faire des projets, imaginer, résoudre des problèmes, s'approprier symboliquement le réel par le langage, la science, l'art, la religion, aménager ses conditions d'existence par le travail, la technique, instituer les rapports sociaux en faisant un usage éthico-politique de l'intelligence.

  Les multiples cultures, les conquêtes de la civilisation contre la sauvagerie et la barbarie, les progrès historiques de l'homme procèdent de son indétermination originaire. Il va utiliser son corps comme un outil, prolonger et extérioriser les pouvoirs de son corps en inventant des outils. Il va ainsi promouvoir un monde artificiel dans lequel la dimension institutionnelle est essentielle. Ses dispositions naturelles se développent au sein d'un milieu culturel accumulant et transmettant le capital des inventions humaines, qu'il s'agisse des savoir-faire ou des systèmes symboliques (les connaissances, les significations et les valeurs).

  La société, remarque le paléontologue Leroi-Gourhan, joue pour chaque homme le rôle de l'espèce pour l'animal. Rousseau de même observait : « Un animal est au bout de quelques mois ce qu'il sera toute sa vie et son espèce au bout de mille ans ce qu'elle était la première année de ces mille ans ». Ce qui distingue l'homme dans le système des vivants, c'est donc moins la raison qui ne peut se développer que dans un milieu culturel, que la capacité de changer, de ne pas être fixé dans les déterminations d'une nature. Rousseau appelle perfectibilité, cette différence spécifiquement humaine. La perfectibilité est la capacité de prendre des formes différentes dans le temps et dans l'espace (attention : changer n'est pas synonyme de perfectionner ou de progresser. Un changement peut être négatif). Elle est synonyme de plasticité ou de liberté.

  Ex : Rien ne distingue biologiquement, l'homme de la société occidentale moderne de l'homme de telle tribu amazonienne ou de nos ancêtres les plus lointains. Pourtant sur le plan culturel et historique, l'écart est considérable. Il s'ensuit que « l'histoire humaine s'articule en deux plans dissociés : celui de l'évolution phylétique qui fait de l'humanité actuelle une collection d'individus aux propriétés physiques peu différentes de ce qu'elles étaient il y a trente mille ans et celui de l'évolution ethnique, qui fait de l'humanité un corps extériorisé dont les propriétés globales sont en état de transformation accélérée » Leroi-Gourhan.

  Idée- force : « Ce sont nos acquisitions, nos imitations qui font de nous des hommes au point de vue psychique »Jaspers. Un homme n'est pas homme par son hérédité biologique, il l'est par son héritage culturel.

 

 PB : Y a t il continuité de la nature à la culture et à l'histoire ou bien celles-ci sont-elles en rupture avec la nature ?

 

 Penser la réalité humaine c'est comprendre qu'une infériorité naturelle se renverse dialectiquement en une supériorité. L'indigence se retourne en richesse, l'imprévoyance de Prométhée en chance pour l'humanité. D'où deux lectures très différentes de l'aventure humaine :

  -Si l'on souligne l'avarice de la nature à son endroit, on met l'homme à l'origine de lui-même et on le définit comme un être d'anti-nature. Ni l'homme ni le monde dans lequel il vit ne sont naturels. L'un et l'autre sont sa propre oeuvre (Cf. Marx). Si l'animal a un milieu naturel, l'homme en revanche est nécessairement conduit à transformer le donné afin d'aménager des conditions d'existence propices à sa survie d'abord, à une vie véritablement humaine ensuite. Pour Protagoras par exemple, l'intelligence sous les deux formes du génie technique et du génie politique et moral, est ce qui supplée pour l'homme l'instinct. Sa finalité est identique à celle de l'instinct, c'est une finalité biologique : satisfaire les besoins, survivre mais cette finalité ne peut s'accomplir qu'en substituant un monde artificiel au monde naturel. On appelle artificialisme, toute thèse pensant la technique, les institutions politiques, comme des productions en rupture avec la nature.

  -Si l'on souligne l'avantage considérable que la nature confère à l'homme en le dotant d'un cerveau et d'une main (bien voir en effet, que l'homme invente tout sauf ce par quoi il peut être un inventeur. Il a reçu la main et le cerveau, il ne les a pas produits) on met la nature à l'origine de l'homme et on pense le culturel (la technique, l'institutionnel) en continuité avec la nature ou avec la vie. La technique est une virtualité naturelle, la politique aussi (l'homme est par nature un animal politique affirme Aristote). L'une et l'autre correspondent à une nécessité vitale et humaine. L'ordre naturel implique la technique et la politique. Celles-ci ne sont pas de purs artifices, elles ont un fondement naturel. C'est la thèse du naturalisme aristotélicien ou de la philosophie kantienne de l'histoire.

 

 PB : Comment comprendre que la nature ait fait surgir un être dont la nature est de ne pas être entièrement naturelle mais de produire de la culture et de l'artifice ?

 

  -Le savant répondra que cette question est étrangère à un questionnement scientifique. La science ne pose pas la question du sens. Elle ne se demande pas pourquoi ? Mais comment ? De quel enchaînement de causes et d'effets, un phénomène est-il le résultat ?  L'idée d'une finalité des phénomènes naturels n'a aucune pertinence pour la science moderne (ce n'est pas le cas de la science antique qui se représente le cosmos comme un système ordonné de fins) car les phénomènes sont conçus comme l'effet d'une causalité aveugle. Il n'y a pas d'intelligence dans la matière pour viser des fins (l'explication finaliste peut être accusée d'être une illusion anthropomorphique). La science n'explique pas un phénomène en énonçant ce pour quoi elle est faite (ce qu'Aristote appelle la cause finale) mais en décrivant le mécanisme dont elle est le résultat (la cause efficiente). Dire qu'une chose n'est pas finalisée revient à dire qu'elle n'a pas de sens.

  Le philosophe, en revanche, pose la question du sens.

  -Il peut se dire avec Hubert Reeves que l'homme est peut-être une « aberration de la nature » (au sens d'une aberration chromosomique). Pourquoi ? Parce qu'un écosystème est un système harmonieux où chaque élément est à la fois moyen et fin des autres. Il est donc étonnant qu'un être naturel, ici l'homme, détruise son milieu, bouleverse les équilibres naturels, soit même capable de compromettre la survie de la planète. Son émergence dans le temps a tout l'air d'être une anomalie.

  -Au contraire, il est permis de penser, nous dit Kant que la nature poursuit à travers l'homme une fin spécifique. (Attention ; Kant ne récuse pas l'illégitimité du finalisme dans les sciences. Celui-ci n'est pas un principe d'explication scientifique, mais il faut distinguer le plan du penser et celui du connaître. Le penseur peut faire un usage de la finalité, car à l'inverse de la connaissance, la pensée ne prétend pas énoncer des vérités objectives).

  Cette pensée se fonde sur une espérance, car sans cette espérance notre existence n'aurait pas de sens. Qu'est-il donc permis d'espérer ? Que la finalité de notre espèce soit l'accomplissement de toutes ses dispositions, de tout ce qui est en germe en elle, au point zéro de l'histoire. Cet accomplissement n'est pas pensable à l'échelle du temps de l'individu mais à celle de l'histoire universelle, car il faut les efforts continus des générations successives pour développer les techniques, conquérir les savoirs, déployer les talents et instituer les rapports sociaux conformément aux exigences de l'esprit. Il faut (impératif moral) espérer que l'humanité ait une destination et que celle-ci, à laquelle chacun a le devoir de contribuer soit de promouvoir le perfectionnement de toutes ses virtualités et en particulier d'actualiser sa disposition morale. La fin de cet être énigmatique serait donc la moralité, privée et publique, l'institution du « règne des fins », de la cité éthique où chaque homme, tant sur le plan national que sur le plan international traiterait l'humanité comme une fin en soi.

 

 

 

Partager :

Pin It! Share on Google+ Share on LinkedIn

31 Réponses à “Enigmatique nature humaine.”

  1. Clara dit :

    Bonjour Madame Manon,

    Je suis une étudiante en 3e année de philosophie à la Sorbonne, et j’ai beaucoup de plaisir et d’intérêt à parcourir votre blog. Merci pour votre travail.
    Je me permets de vous écrire car je travaille sur une dissertation épineuse : La distinction entre nature et culture est-elle un fait de culture? Ce sujet m’emmène vers des questions abyssales dont je peine à m’extirper. Je vais essayer de transcrire le noeud contre lequel je butte, ce sera fait de manière assez maladroite : comment appréhender la nature lorsqu’on la dégagée de toute idéologie? Et est-ce même une entreprise réalisable?
    Auriez-vous des auteurs à me conseiller? Des textes auxquels je pourrais me référer?

    Merci par avance pour l’intérêt que vous porterez à ma demande,

    Bien à vous,

    Clara

  2. Simone MANON dit :

    Bonjour Clara
    Votre sujet est épineux dans la mesure où il n’est pas question de savoir si les représentations que les hommes se font de la nature sont surdéterminées idéologiquement ou culturellement (ce qui n’est pas difficile à établir) mais si la distinction de la nature et de la culture est une distinction universelle ou bien si elle est propre à certaines cultures.
    Le traitement de cette question suppose une bonne connaissance des cultures traditionnelles, des images, des mythes traduisant la manière dont leurs membres se représentent les choses. Il est clair que cette distinction devient conceptualisable à partir d’un certain niveau de réflexivité et d’élaboration théorique. Le propre des cultures primitives n’est-il pas de vivre comme naturel ce que nous apprendrons à identifier comme culturel?
    L’oeuvre de Descola doit être mobilisée. Voyez http://www.humanite.fr/tribunes/philippe-descola-l-opposition-entre-nature-et-cult-511001
    Pour ce qui est de votre question précise: Nous distinguons la science de l’idéologie. Une élaboration scientifique de l’idée de nature n’est pas idéologique si l’on entend par là une représentation n’ayant de valeur théorique qu’en façade car reflétant et justifiant, inconsciente de son propre déterminisme, une situation d’intérêts.
    Reste que même si l’on ne réduit pas la science à une vulgaire idéologie, il faut être bien conscient que « le savant ne dialogue jamais avec la nature pure, mais avec un certain état du rapport entre la nature et la culture, définissable par la période de l’histoire dans laquelle il vit, la civilisation qui est la sienne, les moyens dont il dispose » Lévi-Strauss, §1 de La pensée sauvage.
    Bien à vous.

  3. […] d’une stratégie « social business » avant que la nature humaine, dans sa singularité, ait pu être mise en […]

  4. Perrine dit :

    Bonjour, je suis en Terminale S et j’ai une disserte de philosophie à rendre dont le sujet est : « Peut-on dire de l’homme qu’il possède une nature ? ». J’avoue ne pas vraiment savoir par où commencer car je n’ai pas de cours sur cette notion… Votre analyse du texte d’Aristote (sur l’homme comme animal politique) m’a déjà donné une piste mais je n’arrive pas à cerner le sujet car je m’aperçois que beaucoup de notions se croisent. Si vous pouviez m’aider de quelque manière que ce soit je vous en serais très reconnaissante.
    Merci d’avance, Perrine.

  5. Simone MANON dit :

    Bonjour Perrine
    Remarquez qu’on ne vous dit pas: en quoi consiste la nature humaine? mais y a-t-il sens à dire que l’homme a une nature? Le problème porte donc, (en amont), sur l’idée de nature humaine non sur ses contenus. Sans un cours, le traitement de cette question me paraît bien difficile.
    Voyez cette dissertation. Elle vous donnera des pistes de réflexion: http://www.philolog.fr/faut-il-se-mefier-de-lidee-de-nature-humaine/
    Bien à vous.

  6. Soukeyna dit :

    Bonjour
    je suis éléve en classe de terminale L et j’ai vraiment besoin de votre aide sur ce sujet : Que pensez vous de l’affirmation la nature humaine est culturelle. Mon probléme est que signifie nature humaine car j’ai demandé ça à 2 profs l’un me dit que c’est l’essence de l’homme c’est a dire la raison et l’autre me dit que c’est l’homme tout simplement. Je serai vraiment contente si vous pouvez m’éclairer sur ce probléme merci.

  7. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Désolée, je n’interviens pas dans le travail des élèves.
    Vous avez tout ce qu’il faut sur ce blog pour traiter cette question.
    Cliquez dans la colonne de droite sur le chapitre VI « Nature culture » et vous verrez défiler les articles.
    Voyez en particulier: http://www.philolog.fr/faut-il-se-mefier-de-lidee-de-nature-humaine/
    Bon travail.

  8. Etudiante dit :

    Bonjour,
    Je suis en 1ere année de classe préparatoire HEC, et vos cours très bien écrits m’aident beaucoup. Mon prochain devoir de philosophie autour du thème de nature et culture approchant, je m’y prépare au mieux. Cependant, lors de cette préparation, une distinction m’a de nombreuses fois bloquée, auquel je ne trouve de réponse nulle part ; j’espère donc que vous pourriez m’éclaircir: y a-t-il une distinction entre civilisation et vie en société ? Pour reformuler, quelle est la place de la question de la vie en société, au sein du questionnement entre liens et ruptures entre culture, civilisation, nature…. .
    En espérant m’être fait comprendre du mieux possible,
    Bien à vous

  9. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je ne comprends pas clairement votre question.
    C’est parce que les hommes vivent en société qu’ils développent une culture c’est-à-dire un ensemble de manières de penser, d’agir et de sentir propre à une collectivité. Les hommes sont donc moins ce qu’ils sont par hérédité biologique que par héritage culturel.
    Mais cette vie en société et la culture qui lui correspond peut ne pas être très civilisée. On oppose d’ordinaire la civilisation à la barbarie.
    Le préalable à toute réflexion sur la question des rapports de la nature et de la culture, sur culture et civilisation est donc que l’homme vit en société, qu’il n’est pas un animal solitaire doté d’un instinct suffisant pour accomplir sa nature.
    Bien à vous.

  10. Anissa dit :

    Bonjour Madame Manon,
    Je suis étudiante en rhétorique et doit par conséquent m’adonner à la rédaction d’un travail littéraire. Pour ce suis partie sur la thématique de la nature humaine: je voudrai entre autre répondre à la question de savoir ce qui détermine notre parcours. Pour ce je compte considérer plusieurs paramètres tels que l’éducation (et son opposition ou non à la nature humaine), mais aussi l’âme, la morale, et la conscience (et établir des liens entre lesdits paramètres). Je compte également explorer les différentes théories de l’auto-éducation, auto-régulation, auto-détermination,etc. Comme roman de base (obligatoire), « Le Portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde.
    En ayant achevé la lecture, je recherche à présent des sources fiables, objets de réflexions, éventuellement à mettre en opposition, afin de me constituer une bibliographie et une sitographie qui me permettent de développer mon propre avis en faisant évoluer mes connaissances sur le sujet, de les enrichir.
    Votre site, avec votre accord, assurément, y figurera. Les écrits de Platon à propos de l’âme, de son rapport au corps, et plus généralement, de la nature humaine me semblent être une bonne piste. Kant et sa vision de l’éducation, Aristote et son traité sur l’âme ont aussi éveillé mon intérêt.
    Cependant, je cherche encore des sources fiables, livresques ou non, dignes de considération pour m’aider dans cette tâche. C’est pourquoi je me permet de vous écrire, dans le but de connaître votre avis et surtout de savoir si vous auriez d’autres sources, auteurs, ouvrages, ou sites à me conseiller.
    D’avance merci pour l’attention que vous consacrerez à ma demande.
    Bien à vous.

  11. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Votre projet est tellement ample qu’il m’est difficile de vous suggérer des pistes précises.
    Trois pôles de détermination doivent être envisagés.
    Celui qui porte sur ce qui a trait à l’idiosyncrasie personnelle.
    Celui qui renvoie à la détermination culturelle et sociale.
    Celui qui ne sous-estime pas la part de l’événement autrement dit de la rencontre hasardeuse, de l’expérience bouleversante amenant un sujet à remanier en profondeur sa façon d’être et à orienter son existence dans une nouvelle direction, parfois totalement imprévisible relativement aux autres ordres de détermination.
    Pour chaque point la bibliographie est pléthorique. Vous n’aurez que l’embarras du choix en tapant sur Google les questions appropriées.
    Bien à vous.

  12. BEZOT dit :

    Bonjour,
    Je suis en terminal L, j’ai une dissertation à rendre dont le sujet est : La nature de l’Homme est elle l’artifice? Dans mon plan j’ai tout d’abord exprimé le fait que l’Homme est une non-nature, puis ce qui aboutit à l’artifice et enfin la nécessité de l’artifice pour l’Homme.
    Auriez vous des auteurs ou des articles me permettant de me renseigner sur le fait que la culture aboutit à l’artifice et aussi de la nécessité de l’artifice pour l’Homme ?
    Merci d’avance, Clémence

  13. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous pouvez exploiter le mythe de Prométhée et son commentaire http://www.philolog.fr/le-mythe-de-promethee-commentaire-detaille/ et dans le chapitre sur Nature-Culture.http://www.philolog.fr/faut-il-se-mefier-de-lidee-de-nature-humaine/ pour ne pas liquider trop vite l’idée du naturel
    Bien à vous

  14. Gauthier dit :

    Bonjour Madame Manon,
    je suis en deuxième année de classe préparatoire ECS, le thème de philosophie de cette année étant la nature, je dois réfléchir sur le contre nature – le monstre (« Y a-t-il une réalité du contre nature ? Du monstre? »). je pensais déjà à l’enfant monstrueux de Montaigne et au monstre comme signe de dieu de Cicéron. Sauriez vous m’indiquer quelques autres références/auteurs à creuser pour permettre une réflexion élargie et approfondie ?
    Bien à vous,
    Gauthier

  15. Simone MANON dit :

    Bonsoir
    La biologie aristotélicienne pense le monstre comme une erreur de la nature, une résistance de la matière à l’action de la forme. Cette idée permet d’approfondir la différence entre la production naturelle et la production technique.
    Pour la thématique morale, vous avez avec l’idée du monstre matière à approfondir la question du mal. Refus d’une source diabolique chez Kant ou Hannah Arendt.http://www.philolog.fr/le-mal-radical-kant-arendt-a-propos-du-film-hannah-arendt-de-m-von-trotta/
    J’avoue n’être guère inspirée en ces temps de fêtes…
    Joyeux Noël.

  16. Hervé mendy dit :

    Bonjour Mme Manon je suis professeur de philodophie (Sénégal(Dakar ). J’avoue que je ss tombé sous le charme de votre vision et surtout de la cohèrence de vos propos j’aimerais vraiment interchanger avec vous et faire votre connaissance.
    Cordialement Hervé hidalgo Mendy

  17. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Merci pour votre message sympathique. J’ai de la peine à comprendre le sens de votre question dans la mesure où ce blog est précisément un lieu d’échanges. Je ne communique que sous cette forme.
    Bien à vous.

  18. Hervé mendy dit :

    Ok merci jaimerais une constatation de votre part de notre programme de pholosophie en Afrique particulierement au Sénégal par rapport au vôtre.
    Car chez nous c 4 domaines
    1.les grandes interrogations philosophes:la philosophie
    2.l’introduction générale a la vie sociale
    3.l’épistémologie
    4.l’esthétique
    Bien-sûr il y a des sous parties (leçons )
    Dans chaque domaine tel que nature et culture le travail et la technique la liberté lEtat…
    Je parlais d’un mail ou encore Facebook c plus pratique merci bien à vous

  19. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Quels que soient les libellés des programmes, les grands thèmes de la philosophie sont toujours les mêmes. Les grandes problématiques liées aux interrogations essentielles ne varient pas d’un pays à un autre ou d’une époque à une autre. Le temps et l’espace exigent seulement de prendre en considération des données contingentes, qui donnent à la réflexion son actualité et sa singularité.
    Bien à vous.

  20. Dumay dit :

    Bonsoir Mme MANON, je suis étudiant en sciences de l’Educations, branche Administration Scolaire. Mon professeur de Philisophie de l’Education m’a donné ce sujet, avec quoi j’ai du mal à répondre: « Expliquez le rapport entre l’Education et la nature humaine ».

  21. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Désolée, ce site n’est pas un site d’aide aux devoirs. Vous avez sur ce blog de nombreux articles pour éclairer votre lanterne.
    Bien à vous.

  22. eliseo dit :

    bonsoir madame manon ,
    j’apprécie votre blog au regard de l’aide qu’il nous procure dans la compréhension des thématiques philosophiques majeures . cependant j’ai une. préoccupation en rapport avec les thèmes de nature et de culture . Peut-on rigoureusement soutenir l’idée de rationalité (Descartes , Aristote) , de méchanceté , d’égoïsme (hobbes, machiavel) , d’agressivité (Freud) , de désir (spinoza) comme éléments constitutifs de la nature humaine ?

  23. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous ne pouvez pas réduire ainsi des analyses autrement plus subtiles et complexes que la caricature que vous en donnez. Il faudrait reprendre chacune des anthropologies pour en faire apparaître la profonde richesse et la fonction éclairante. Ce qui excède les limites d’une simple réponse.
    Souvenez-vous qu’en philosophie la simplification est souvent une trahison.
    Bien à vous.

  24. eliseo dit :

    Bonsoir madame et surtout merci de votre réaction . Mon intention n’était pas de caricaturer ces analyses mais de savoir si au delà de la prohibition de l’inceste , les lois morales , la langue , etc , de telles pistes pouvaient être suggérées pour soutenir l’idée d’une nature humaine .

  25. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il faut distinguer deux questions:
    – y a-t-il une nature humaine?
    – si oui en quoi consiste-t-elle?
    Le naturel en effet n’est pas une donnée observable mais une construction théorique et il se peut que ce que certains auteurs définissent comme des propriétés naturelles soient soupçonnables d’être des productions culturelles ou historiques. Voir par exemple la critique rousseauiste de l’anthropologie de Hobbes.
    Cf. L’article: faut-il se méfier de l’idée de nature humaine.
    Bien à vous.

  26. Jacques dit :

    bonjour,

    je cherche des livres anti- rousseauiste, qui defendent l’idée que l homme n’est pas bon naturellement.Et egalement des auteurs qui montre que la nature spontannée de l’être humain doit être éduqué pour acceder à l humanité.

  27. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Pour l’idée qu’il y a une méchanceté de l’être humain, vous n’avez que l’embarras du choix. Les auteurs les plus célèbres qui analysent en quel sens on peut dire que l’homme n’est pas bon: Machiavel, Hobbes, Dostoïevski (en particulier Les Mémoires écrits dans le souterrain). Freud avec l’idée de la pulsion agressive.
    Pour l’idée que l’homme a besoin d’être éduqué pour développer les dispositions de sa nature: La vertu selon Aristote. Kant. Rousseau.
    Pour ne pas faire de contresens sur l’idée de la bonté naturelle selon Rousseau, voyez: http://www.philolog.fr/rousseau-la-bonte-naturelle/
    Bien à vous.

  28. Jeremy dit :

    Bonjour Madame,
    Je suis en 1ère année de CPGE et mon professeur de philo m’a donné ce sujetde dissertation à faire « Que faire de l’idée de nature humaine ? »
    J’ai lu votre article l’énigmatique nature humaine, mais malgré cela je ne vois pas comment je peux cerner le sujet.
    Si vous pouvez encore éclairer ma lanterne

    Merci

  29. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous avez sur ce blog bien d’autres articles consacrés à ce thème. Voyez en particulier la dissertation: Faut-il se méfier de l’idée de nature humaine. Elle vous permettra de comprendre que l’idée peut servir des causes très différentes selon la manière dont on la définit.
    – l’essentialisation des différences humaines au service de la discrimination, de l’exclusion voire de l’anéantissement de certains êtres humain.
    -la construction métaphysique et morale du principe de l’unité du genre humain permettant de fonder les droits humains.
    Bien à vous.

  30. Cannelle dit :

    Bonjour je suis en terminale L, j’ai une dissertation sur « l’idée de nature est-elle contradictoire? » je ne sais pas par où commencer, pourriez-vous m’aider ? svp;
    Merci d’avance

  31. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Désolée, ce site n’est pas un site d’aide aux devoirs.
    Il vous suffit d’ouvrir le chapitre VI sur ce blog pour trouver des articles permettant d’éclairer votre lanterne.
    Bon travail.

Laisser un commentaire