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Platon. la caverne. www.vetopsy.fr/comp/men/ms/php
 
  

 

 Avertissement: Ne pas confondre allégorie et mythe. 

 Structure du texte.    Elle a pour fonction de figurer par le moyen d'images, par la description de situations, de mouvements s'opérant entre des espaces une certaine idée de la philosophie. Cette idée est l'idée platonicienne de philosophie.  

  L'allégorie se divise en trois parties.       

  

                        1) Description d'une existence étrangère au questionnement philosophique. 

  

    Cf: Déchiffrement de l'image de la caverne et des chaînes. 

Platon met en scène la condition immédiate de tous les hommes, la nôtre comme celle de nos plus lointains ancêtres tant que celle-ci n'est pas profondément transformée par la vigilance philosophique. Cette condition est métaphoriquement celle d'un prisonnier d'une caverne. Platon veut signifier par là que notre rapport au réel est un rapport imaginaire, médiatisé à notre insu par une langue, un milieu culturel, des habitudes, des maîtres de la parole, une corporéité et une affectivité etc. Nous n'avons pas spontanément conscience que nos représentations, nos jugements, nos valeurs sont fabriqués, convenus. Nous les revendiquons comme des pensées personnelles témoignant par là de notre méconnaissance de ce que penser veut dire. Notre rapport à nous-même est tout aussi imaginaire que notre rapport au réel.       

  La caverne symbolise cette aliénation de l'esprit qui lui fait prendre pour un véritable savoir ce qui n'est que de la croyance ou de l'opinion.  

  Platon appelle doxa le type de discours qui règne dans la caverne. Il lui oppose le principe d'une autre forme de connaissance : la connaissance intelligible par rapport à la connaissance sensible, la science par rapport à l'opinion. Mais pour s'affranchir du pouvoir des opinions une transformation radicale de notre rapport au monde est nécessaire. C'est ce que figure le deuxième tableau.       

  

                           2) Le chemin de la connaissance. 

  

  Le texte souligne ses difficultés, ses hésitations, ses étapes, sa visée et ses conséquences. Platon s'emploie surtout à figurer les opérations de l'esprit en jeu dans cette aventure. Il s'agit de déjouer les aveuglements originaires ; ce qui implique à la fois un retour de l'esprit sur lui-même et une ascèse.       

  Faire retour sur lui-même c'est pour l'esprit proprement réfléchir. La réflexivité est le moment où l'esprit cesse d'affirmer quoi que ce soit et se demande si ce qui lui tient lieu de pensée première est vrai ou faux ; fondé en raison ou non.       

Encore faut-il pour que l'esprit puisse correctement examiner les énoncés d'opinion ou les énoncés savants qu'il ne soit pas sous l'empire des passions et qu'il ait été formé aux exigences de la rigueur rationnelle. C'est ce qu'indique l'idée d'ascèse. Le terme connote l'idée de purification, de catharsis, de libération des puissances d'aveuglement ; celles qui sont les ressorts du prestige des opinions dans la caverne.       

Platon confère cette fonction cathartique aux mathématiques. « Nul n'entre ici s'il n'est géomètre » avait-il fait inscrire au fronton de l'Académie. De fait les mathématiques développent le sens de la logique, de la nécessité rationnelle, elles habituent l'esprit à raisonner sur de purs intelligibles et donc à s'affranchir dans la conduite de la pensée des impressions sensibles.       

  La première étape du chemin de la connaissance c'est donc la formation mathématique et ce que nous appelons aujourd'hui les sciences. La deuxième est ce que nous appelons spécifiquement aujourd'hui philosophie c'est-à-dire la mise en œuvre d'une démarche dialectique où il s'agit pour la pensée de soumettre tous les énoncés à l'examen afin, en droit, de remonter à des propositions capables de fonder en raison nos discours.       

  La dialectique ou art de procéder comme dans un dialogue, par questions et réponses, est en ce sens une démarche régressive dont le terme serait ce qui est symbolisé par le soleil. Avec ce symbole Platon pointe L'IDÉE première qui permettrait à notre connaissance d'être absolue, de ne plus comporter d'ombre. Autant dire qu'il nomme un idéal, ce qui inlassablement tente le penseur mais se refuse toujours.       

 NB: Le caractère aporétique de la dialectique platonicienne ne doit pas être sous-estimé. Cf. Cours. 

  PB : Avec la contemplation du soleil ou de la vérité ultime la philosophie aurait-elle épuisé son sens ? A l'évidence non puisque Platon fait redescendre le philosophe dans la caverne.       

 

 3) La vocation pratique de la philosophie. 

  

  La philosophie implique bien une dimension théorique mais ne s'y réduit pas. Philosophie signifie étymologiquement « amour de la sagesse » et par sagesse nous n'entendons pas seulement une manière droite de penser mais aussi de se conduire.       

  La sagesse est un art de penser et d'agir conforme aux exigences de la raison.       

Socrate incarne pour nous cette figure du sage qui fut à la fois un éveilleur des esprits, une conscience vigilante soucieuse d'honorer dans la vie publique et dans la vie privée les exigences spirituelles et morales.       

  Dans cette partie Platon montre que la philosophie a une vocation pédagogique, éthique et politique. Ce qui n'est pas sans danger. En 399 av JC.  Socrate est condamné à boire la ciguë.        

   Faut-il comprendre que rien n'est plus insupportable aux hommes que le rappel de leur vocation spirituelle et morale ?       

  

Idées importantes :  

  

  L'allégorie de la caverne donne à penser une idée de la philosophie que chaque philosophie historique actualise d'une manière plus ou moins réussie mais qu'aucune ne saurait épuiser car la philosophie se révèle d'emblée chez ses pères fondateurs comme une tâche infinie. Par essence, elle est le pressentiment d'un pôle théorique et d'un pôle pratique, d'une science universelle et absolue qui transcende la clôture des enracinements empiriques.       

  Ce pôle infini, éternel, universel, défini pour la première fois par les Grecs, est réactualisé au 20° siècle par Husserl (1859-1938), comme le sens spirituel de l'Europe et avec elle de l'humanité entière dans la mesure où « il y a dans l'Europe quelque chose d'insigne à quoi tous les autres groupes de l'humanité eux-mêmes sont sensibles, quelque chose qui, abstraction faite de toute utilité, les pousse à s'européaniser plus ou moins, alors que nous, si nous nous comprenons bien, nous ne nous indianiserons par exemple jamais ». La crise de la conscience européenne et la philosophie. 1935.       

  L'Europe, au sens husserlien, naît en effet en Grèce, avec cette nouvelle manière d'être au monde que Pythagore a appelée Philosophie. « C'est seulement chez les Grecs que s'accomplit en l'homme fini, l'attitude complètement transformée à l'égard du monde environnant, que nous caractérisons comme un intérêt pur pour la connaissance et, par avance, comme un intérêt déjà purement théorique. Il ne s'agit pas d'une simple curiosité qui, distraite du sérieux des soucis et des peines de la vie devient de manière accidentelle un pur intérêt porté à l'être et au mode d'être simples des données environnantes, ou même un pur intérêt pris à tout le monde environnant de la vie. Bien au contraire, il s'agit d'un intérêt analogue aux intérêts professionnels et aux attitudes qui leur correspondent. A l'encontre de tous les autres intérêts, celui-ci revêt le caractère particulier d'être un intérêt qui embrasse le monde et qui est entièrement non pratique... Ainsi l'homme est pris d'une aspiration passionnée à la connaissance qui se hausse au-dessus de toute pratique naturelle de la vie avec ses peines, ses soucis quotidiens et qui fait du philosophe un spectateur désintéressé supervisant le monde ».(Husserl)       

  

  De fait, la philosophie émerge d'un double mouvement fondateur :       

  •  Le premier correspond au VI° siècle avant Jésus-Christ, à sa rupture avec la pensée mythique. 

  La mythologie et la philosophie procèdent d'un souci de rendre intelligible le réel mais l'une et l'autre divergent radicalement dans leur démarche. «  Les contemporains d'Hésiode et tous les théologues, remarque Aristote, se sont en vérité soucié uniquement de ce qui pouvait entraîner leur conviction mais ils ont négligé de penser à nous ». Aristote veut dire que la vérité mythique ne cherche pas à se fonder en se soumettant à l'épreuve de la communication universelle. Elle n'est pas discutée, questionnée, elle ne s'expose pas dans le langage de la raison, elle ne vaut que pour ceux qui y croient et demeure en tant que telle étrangère à la législation de la raison universelle.       

  De fait la mythologie est la culture des peuples de tradition orale. Les mythes traduisent la fascination des hommes devant un monde vécu comme sacré ou surnaturel. Ils racontent comment, grâce aux actions des dieux, des héros ou des ancêtres, une réalité est venue à l'existence. Ils sont toujours le récit d'une origine, d'exploits qui se sont déroulés dans le temps d'avant le temps, temps des commencements, temps fondateur des choses telles qu'elles sont dans le temps des hommes. Les mythes ne sont pas vécus comme des créations humaines. Ils sont des récits immémoriaux, transmis aux hommes par ceux qui dans la cité font autorité. Et ceux-ci font autorité parce qu'ils apparaissent comme les gardiens d'une révélation primordiale, d'une tradition sacrée (Ex : les castes sacerdotales, les Anciens). C'est dire que la vérité qu'ils portent ne peut être interrogée. Il y aurait là, un sacrilège sanctionné sévèrement par le corps social cohéré par la vérité mythique       

  L'émergence de la philosophie suppose donc une mutation culturelle profonde. Car les Milésiens ne racontent plus une histoire sacrée, destinée à éclairer l'origine des choses. Ils cherchent à rendre raison des phénomènes en découvrant, par les seules ressources de leur raison et les données de l'expérience le principe qui les explique. Leur discours n'est plus le privilège d'initiés, il doit pouvoir être discuté, débattu en public. Au fond, il en est désormais de la vérité ce qu'il en est de la loi. Celle-ci n'est plus reçue d'en haut, elle est instituée par les hommes eux-mêmes. Ils ne sont plus soumis à une autorité transcendante, ils sont les instituteurs de leur monde. Et cela, c'est la règle du jeu politique de la démocratie. Les Grecs ont inventé la philosophie parce qu'ils ont inventé la démocratie. Vernant disait que : « la philosophie est fille de la cité ».       

  Questionner c'est donc sortir du mythe et corrélativement faire de la démonstration ou du moins de l'argumentation le principe d'une démarche rationnelle       

  Qui dit démonstration, ou plus modestement argumentation, dit que l'esprit met en œuvre les principes de la raison, principes qui se prouvent en s'éprouvant dans la pratique de la communication interhumaine c'est-à-dire dans le dialogue. Voilà pourquoi le même mot, logos, désigne chez les Grecs parole et raison. Dès qu'on élève sa parole à la dimension de la raison, on rend possible la communication universelle. On arrache le rapport humain à la violence du fanatisme et en général d'une parole dévoyée par les passions. On inaugure un autre rapport à la vérité et conséquemment un autre rapport avec l'autre homme.       

  « A côté de la révélation religieuse qui dans la forme du mystère reste l'apanage d'un cercle restreint d'initiés ; à côté aussi de la foule des croyances communes que tout le monde partage sans que personne ne s'interroge à leur sujet, une notion nouvelle de la vérité prend corps et s'affirme : vérité ouverte, accessible à tous et qui fonde sur sa propre force démonstrative ses critères de validité » J.P. Vernant.       

  •  Le deuxième correspond au V° siècle avant Jésus-Christ, à la rupture de la philosophie avec la pensée sophistique. 

    L'une et l'autre ouvrent un espace de délibération publique mais alors que la rhétorique des sophistes a un enjeu stratégique puisqu'il s'agit de faire de la parole une technique de pouvoir, la philosophie subordonne le discours à l'exigence transcendante et universelle de la vérité et de la valeur. Le souci spéculatif n'est pas disjoint du souci éthico politique. Les deux engagements pour la vérité et pour le bien sont corrélatifs. Cela apparaît clairement dans l'allégorie où le principe d'intelligibilité suprême symbolisé par le soleil est aussi appelé l'Idée du bien.       

  

 Conclusion : L'émergence d'une pratique philosophique des significations et des valeurs est un événement historique d'une grande portée. Platon le met en scène dans cette allégorie où il oppose :       

  -Sur le plan de l'Etre (on dit plan ontologique) : le monde sensible et le monde intelligible.       

  -Sur le plan de la connaissance : la connaissance sensible ou doxique et la connaissance intelligible.       

  Le dualisme du sensible et de l'intelligible renvoie chez Platon au dualisme de l'âme et du corps.       

  Ces distinctions surtout pédagogiques, ont pour vocation de montrer que la vérité et la valeur ne sont pas notre horizon immédiat, qu'une rupture s'impose avec l'immédiateté pour y accéder. La philosophie est donc inséparable de la réflexivité.

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141 Réponses à “Explication de l’allégorie de la caverne”

  1. Léon TOGBE dit :

    merci de m’envoyer pus de documentation

  2. Simone MANON dit :

    Et quoi encore?
    Si vous cherchez un larbin, vous vous trompez d’adresse.
    Bien à vous.

  3. CAFFIERS Daniel dit :

    Un ancien prof de philo qui philosophe toujours et encore et qui apprécie ce vous faites et dites ici. Merci.

  4. SERVAIRE-LORENZET dit :

    Bonjour,

    Dans l’allégorie de la caverne, il y a des montreurs de figures qui sont les faiseurs d’opinions.

    Savons-nous qui sont ces acteurs ?

    Leur existence est primordiale pour fabriquer les représentations et je n’ai encore trouvé aucun commentaire sur ces personnages importants.

    Bien a vous.

  5. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Si vous vous étiez donné la peine d’ouvrir les liens où est expliquée l’allégorie, vous auriez la réponse à votre question.
    Je vous laisse le soin de le faire.
    Bon travail.

  6. SERVAIRE-LORENZET dit :

    Bonjour,
    Je vous remercie de votre réponse qui m’a permis d’aller plus loin. Vous expliquez effectivement dans vos commentaires que les  » montreurs de marionnettes » sont notamment les acteurs politiques, les prêtres, la famille et les médias.

    Pour aller plus loin dans la réflexion, la question peut se poser de savoir quelles sont les raisons qui les animent ?

    Les médias, par exemple, ont-ils un intérêt a maintenir le peuple dans l’ignorance ? Lequel ?
    Cette question pourrait aussi valoir pour les acteurs politiques ? Religieux ?

    La question de la détention du pouvoir est-elle a approfondir ?

    Merci de vos réponses.

    Bien a vous.

  7. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Les montreurs de marionnettes sont prisonniers des mêmes chaînes que les autres, simplement, ils ont, par leur statut social, un pouvoir d’amplification des facteurs d’aliénation. Ils produisent de la représentation au service de leurs passions, de leurs intérêts. Certains, parmi eux, confondent sincèrement le vrai et le faux, d’autres, les cyniques, sont moins dupes de la faiblesse théorique de leurs discours, mais ils les instrumentalisent à des fins diverses.
    L’allégorie de la caverne invite essentiellement à comprendre que le problème politique, ou si vous préférez celui que pose le pouvoir, est celui de la puissance des illusions. La servitude est d’abord une servitude intérieure. En termes platoniciens, elle consiste dans la subversion de l’esprit par la dimension sensible de la nature humaine. De telle sorte que la liberté, personnelle et collective, passe par une ascèse. Autant celle-ci est concevable à l’échelle individuelle, autant il y a tout lieu de penser qu’elle est un doux rêve à l’échelle collective. Ce que montre l’échec de l’espérance pédagogique.
    Des philosophes comme Platon ou Rousseau pensaient qu’on pourrait guérir les maux de l’humanité, par l’éducation. Il faut bien convenir que celle-ci a des limites, internes aux insuffisances de l’école mais sans doute aussi aux limites des esprits. Par où il apparaît que la philosophie ne peut pas être une solution politique. Conséquemment il faut admettre que le problème politique est par nature aporétique.
    Bien à vous.

  8. SERVAIRE-LORENZET dit :

    Bonjour,
    Dans votre réponse, vous indiquez que la liberté est atteignable à l’échelle individuelle et qu’elle est un doux rêve sur le plan collectif. La sagesse serait ainsi plus accessible individuellement que collectivement. Or, si comme vous l’affirmez, l’école n’arrive pas totalement a élever les âmes, quels sont les moyens de parvenir au monde intelligible?
    L’homme doit-il y parvenir par ses propres moyens de manière isolée? Comment est-ce possible sans éducation performante ?
    Dans ce questionnement, la recherche de la sagesse peut-elle relever du politique en dépassant la vision platonicienne ?
    Platon fait redescendre le sage dans la caverne. Pour quel succès ?
    Bien a vous.

  9. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Platon n’a jamais pensé que l’accomplissement philosophique était une possibilité ouverte à tous les hommes. Il arrive ainsi à Socrate de passer son chemin en présence de certaines personnes imperméables à l’inquiétude philosophique.
    Avec son hypothèse du philosophe-roi, il ne pense pas une cité démocratique mais une cité juste instituée par celui qui conçoit l’ordre intelligible et l’impose aux ignorants en s’appuyant sur l’efficace du mythe et de l’opinion vraie.
    Autant dire que ce n’est pas une cité organisée par le sage avec des sages.
    Platon fait redescendre le philosophe dans la caverne pour permettre à ceux qui le peuvent de faire leur salut. Celui-ci implique une conversion intellectuelle et morale beaucoup trop exigeante pour être l’apanage de la multitude.
    Remarquez que son philosophe ne va pas à l’Assemblée du peuple. Sa fonction est essentiellement de réveiller les esprits, de susciter en eux le désir philosophique, de les empêcher d’être satisfaits du monde tel qu’il est.
    La sagesse est avant tout une affaire individuelle car seuls des esprits ayant une idée juste de la justice peuvent l’incarner dans des lois et lui être fidèles dans leurs conduites. Voilà pourquoi la solution politique est d’abord d’ordre pédagogique. Mais les limites de la pédagogie sont aussi celles du politique
    Le naturel philosophe étant chose rare, le chemin philosophique impliquant une ascèse des passions et une formation intellectuelle exigeante font que la sagesse philosophique ne peut pas être autre chose qu’un idéal aristocratique. Par nature, elle ne relève pas d’une stratégie politique.
    Voyez ce cours pour prendre la mesure des apories: http://www.philolog.fr/pourquoi-philosopher/
    Bien à vous.

  10. […] » Explication de l’allégorie de la caverne […]

  11. […] l’amour de la sagesse), ce questionnement permanent, est une issue pour en sortir. clicker ici pour une explication […]

  12. Ghislain Abada Zebe dit :

    Salut à vous.
    Juste pour vous faire part du soulagement que me procure votre site.
    En effet, votre site répond à mes exigences. Je suis étudiant en philosophie et pour cause de manque de bibliothèque, je me sent vraiment dans un monde intelligible chez vous contrairement à la situation caverneuse dans laquelle je suis. Merci encore. Depuis que je suis tombé sur ce site je ne veux plus m’arrêter de travailler.

  13. Simone MANON dit :

    Heureuse de pouvoir être utile à des étudiants moins nantis que les nôtres.
    Bien à vous.

  14. Caroline dit :

    Bonsoir Madame Manon,
    Ce site est une aubaine. Merci du fond du cœur pour votre générosité.
    Le retour à la Caverne représente donc la remise en question permanente des certitudes, croyances et convictions. Nous ne sommes jamais arrivés. Est-ce sa seule signification ?
    Le retour du philosophe a-t-il une commune notion avec le partage de l’expérience? Comment le différencier du prosélytisme puisque ce dernier me semble être à l’opposé de la pratique philosophique et contredirait mes premières lignes.
    Cordialement, Caroline

  15. Simone MANON dit :

    Bonjour Caroline
    Je ne suis pas sûre que votre interprétation soit acceptable car pour figurer l’idée de la remise en cause permanente, Platon nous aurait présenté un philosophe empêché d’achever sa quête, autrement dit s’arrêtant en amont du terme idéal: la vision du soleil ou la contemplation de la vérité. Dans l’allégorie, il ne figure pas cet échec de la quête philosophique puisque le philosophe gravit jusqu’à son terme le chemin de la connaissance (saisie intuitive au terme de l’ascension dialectique de l’Idée du Bien). Ce qui n’empêche pas ce thème de l’échec existentiel de la quête philosophique d’être une idée forte du platonisme développée dans d’autres textes. http://www.philolog.fr/en-quel-sens-peut-on-dire-que-le-corps-est-le-tombeau-de-lame-platon/
    Alors pourquoi fait-il redescendre son philosophe dans la caverne?
    Pour signifier que la contemplation n’épuise pas le sens de la philosophie. Certes le philosophe vise la contemplation de la vérité comme une fin en soi. Il y a un bien une dimension contemplative de sa quête mais à la différence des contemplatifs orientaux, elle ne débouche pas sur le silence et la solitude.
    Elle revêt aussi une autre dimension, pratique celle-là. Le philosophe se sent tenu d’agir au milieu de ses compagnons de misère parce qu’il est homme parmi les hommes et qu’il ne peut se désintéresser du salut commun. Le philosophe revient donc dans la caverne pour exhorter les autres à initier le même effort qui celui qui lui a permis de se libérer et d’accomplir sa nature (humaine) dans son excellence (=vertu). Il sera donc professeur ou écrivain afin de réveiller chez les autres le souvenir de leur nature spirituelle et des exigences que celle-ci fonde.
    C’est là sa fonction pédagogique inséparable chez Platon d’une dimension politique. N’oubliez pas que Platon ouvre l’Académie pour former les futurs gardiens de la cité et les citoyens à l’exigence de la vie bonne. L’enjeu est de rendre possible l’institution d’une cité juste fondée sur la vision de l’intelligible (ou plus modestement sur les requêtes de la raison). Or la cité juste implique des âmes justes. C’est là la fonction éthico-politique de la philosophie. « Platon n’est venu en fait à la philosophie que par la politique et pour la politique, écrit Monseigneur Diès (…). La philosophie ne fut originellement pour Platon, que de l’action politique entravée, et qui ne se renonce que pour se réaliser plus sûrement ». Cf. http://www.philolog.fr/platon/
    Le rôle du philosophe est néanmoins exempt de toute forme de prosélytisme si l’on entend par là une action destinée à rallier quelqu’un à une doctrine. Certes les grandes philosophies se caractérisent bien par des contenus doctrinaux. Mais l’allégorie présente plus la philosophie comme une démarche que comme une doctrine. L’emblème du philosophe est plus Socrate que Platon, or Socrate incarne la figure de celui qui cherche parce qu’il n’a pas trouvé : « tout ce que je sais, c’est que je ne sais pas »
    Voyez aussi que la philosophie est étymologiquement amour, désir de la sagesse. Le philosophe n’est pas le sage mais celui qui désire l’être, autrement dit celui qui aspire à quelque chose dont il est privé. Cf. La thématique du désir comme manque. http://www.philolog.fr/pourquoi-philosopher/
    Bien à vous.

  16. Caroline dit :

    Merci beaucoup Madame Manon,
    Votre riche réponse me ravit. Je vais pouvoir faire de l’ordre en utilisant les pistes ci-dessus. Elles sont nombreuses.
    Je vous souhaite une très belle et bonne fin d’année.
    Caroline

  17. Madame,
    Ce message n’est pas destiné à être publié en commentaire de votre explication de l’allégorie de la caverne, mais s’adresse directement à vous pour un éventuel dialogue par mail hors de votre blog.
    Sur le site que je gère sur Platon, j’ai mis en ligne récemment une nouvelle traduction de l’allégorie de la caverne et de l’analogie de la ligne, accompagnées d’abondantes notes. je viens d’ajouter un texte au format pdf intitulé « Platon: mode d’emploi » qui présente ma façon de comprendre les dialogues de Platon et leur structure et inclut une large partie consacrée à l’interprétation détaillée à partir du texte grec des trois textes qui se suivent et s’éclairent les uns les autres: parallèle entre bon et soleil, analogie de la ligne, allégorie de la caverne. Ces explications conduisent à une compréhension complètement renouvelée de la supposée « théorie des idées » de Platon. Je serais curieux de savoir ce que vous en pensez.

  18. PS à mon message précédent
    Les liens directs vers les pages dont je vous parle sont:
    ligne: http://plato-dialogues.org/fr/tetra_4/republic/ligne.htm
    caverne: http://plato-dialogues.org/fr/tetra_4/republic/caverne.htm
    texte pdf: http://plato-dialogues.org/fr/pdf/platon_mode_d_emploi.pdf
    La traduction du parallèle entre bon et soleil, comme celle du commentaire de l’allégorie de la caverne ne sont pas en phase avec les commentaires de mes nouvelles traductions de la ligne et de la caverne, je suis en train de les reprendre. Mais le texte pdf donne une idée de la direction des nouveaux commentaires en préparation.

  19. Simone MANON dit :

    Bonjour Monsieur
    Dès que j’en aurai le loisir, je consulterai votre travail et je vous répondrai en privé.
    PS: J’ai publié votre message en pensant que vos traductions et commentaires pourraient intéresser des familiers de ce blog. Si vous ne le souhaitez pas, prévenez-moi le plus vite possible. Je le supprimerai.
    Bien à vous.

  20. Madame,
    Pas de problèmes pour moi avec la publication des liens vers mon site (le lien vers la page d’accueil est
    http://plato-dialogues.org
    ou, pour accéder directement à la partie de français:
    http://plato-dialogues.org/fr/plato.htm
    il y a aussi une partie en anglais, où je viens de mettre un article en anglais qui est plus spécifiquement un commentaire des trois section soleil, ligne et caverne intitulé « Can We See the Sun? » Si vous comprenez l’anglais, cela peut vous intéresser aussi).
    Je ne voulais pas vous imposer de mettre ces liens sur votre site avant de les avoir explorés, mais puisque vous l’avez fait, c’est tant mieux pour moi! Le site est public et tout le monde peut mettre des liens vers lui. Merci donc de publier ces liens sur votre site.
    Je pense que c’est en effet une bonne chose que vos lecteurs puissent avoir accès à ma traduction de l’allégorie et surtout à ses notes, qui permettent à des personnes ne lisant pas le grec ancien de Platon d’avoir malgré tout une idée du texte grec original et de tout ce qui s’y joue et ne peut être rendu par une traduction, quelle qu’elle soit, la mienne comprise. Je crois en effet qu’il est impossible d’avoir une compréhension adéquate de l’allégorie de la caverne (et plus généralement des dialogues de Platon) sans revenir au grec original, tant Platon était attentif aux moindres détails des formulations et des mots qu’il employait.
    Pour ne prendre que deux exemples dans l’allégorie de la caverne:
    1) c’est en étant attentif aux utilisations du mot « anthrôpos » (« être humain ») dans le texte de l’allégorie (employé 4 fois, toujours au pluriel: une fois à propos des prisonniers, une fois à propos des spectateurs du théâtre de marionnettes auquel est assimilé leur situation, deux fois à propos de ce qui les entoure, une fois pour désigner les porteurs derrière le mur, une fois pour parler de ce dont le prisonnier libéré peut voir ombres et reflets hors de la caverne avant de les voir eux-même) que j’ai fini par comprendre que l’allégorie est un commentaire du « connais-toi toi-même » et nous décrit les êtres humains que nous sommes, ou plutôt leurs âmes, à la fois comme sujets connaissant (les prisonniers) et comme objets de connaissance pour eux (les porteurs derrière le mur, âmes invisibles tant qu’on reste dans la caverne), avec leurs corps matériels (les statues que portent certains d’entre eux, désignées par le mot « andriantas », qui signifie au sens premier « statues d’hommes », à partir de la racine « anèr, andros », qui signifie « homme » par opposition à « femme », donc en tant que sexué), et l’apparence extérieure qui nous en est perceptible (les ombres sur le fond de la caverne), et leurs âmes, qui ne sont perceptibles que dans l’intelligible (les hommes hors de la caverne), à la fois dans les reflets et ombres qu’en donnent leurs actes et leurs paroles (« ombres » intelligibles), et les propos tenus et jugements portés sur eux par d’autres, reflets d’eux dans les valeurs de la cité, et plus difficilement, voire pas du tout, en elles-mêmes.
    Mais comment percevoir tout cela lorsque le traducteur ajoute des « hommes » pour expliciter des sujets implicites, ou en élimine d’autres (dans la traduction sur votre blog, la mention concernant les spectateurs du théâtre d’ombres) ou ne font pas la différence entre le « hommes » de « statues d’hommes » (« andriantas ») et le « hommes » (« anthrôpous ») des porteurs?
    Ce qui est sous-jacent à tout cela, c’est que cette progression des ombres de statues aux statues de « mâles », des statues aux ombres et reflets des hommes à l’extérieur de la caverne, et de ces ombres et reflets aux hommes eux-mêmes vus enfin dans la lumière du soleil, illustre sur un exemple la progression à travers les quatre segments de la ligne et que, dans ces quatre segments, ce sont les mêmes « réalités » dont il est question, les « anthrôpoi », mais sous quatre « perceptions » différentes, ce qui tue définitivement l’idée que les segments de la ligne partitionnent le réel (ils décrivent quatre « pathèmata » (‘affections ») de l’âme, par la réalité qui l’entoure, visible aussi bien qu’intelligible, comme le dit Socrate à la fin de l’analogie), et montre que la réalité intelligible ne se limite pas aux « idées », mais concerne aussi les instances multiples d’êtres situés dans le temps et l’espace que sont les « anthrôpoi ».
    2) Pour parler du langage, Platon est attentif à utiliser deux verbes distincts, selon qu’il s’intéresse aux prisonniers (les âmes humaines en tant que sujets connaissant) ou aux porteurs (les âmes humaines en tant qu’objets de connaissance): pour les porteurs, il utilise le verbe « phtheggesthai », dont le sens premier est « émettre un son, un bruit » dans un sens très général qui ne concerne pas que les hommes, mais aussi les animaux et les choses, alors que, pour les prisonniers, il dit qu’il sont capables de « dialegesthai » (daloguer, verbe dont dérive « dialectique »). Les hommes en tant qu’objets de connaissance dans le monde sensible (la caverne), émettent des sons, qui ne sont des paroles sensées que pour d’autres hommes dotés de raison et considérés comme sujets connaissant. Mais comment voir cela si le traducteur traduit les deux verbes par « parler »?
    J’en reste là pour mettre l’eau à la bouche. Tout cela et plus est détaillé sur mon site.
    Cordialement.

  21. Je suis tellement heureux car votre explication sur l’allégorie de la caverne m’a poussé à avancer dans ma connaissance.

  22. Brand dit :

    Bonjour Madame,
    Merci pour votre blog qui contient tant de ressources.
    J’ai parcouru tous les articles concernant l’allégorie de la caverne dans le but d’approfondir les notions art-vérité-connaissance. Au fil de ma lecture, l’oeuvre Ceci n’est pas une pipe de Magritte m’est apparue en tête. Ainsi, je souhaiterai avoir votre avis sur le fait de considérer, ou non, cette oeuvre comme étant une amorce, une propulsion, vers le chemin de la connaissance.
    Bien à vous.
    Mademoiselle Brand.

  23. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Dans l’allégorie, Platon écrit:  » Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu’on les guérisse de leur ignorance. ».
    A quoi renvoie ce « on »? A tout ce qui dans une vie peut avoir une fonction d’éveil: la rencontre d’un maître, l’expérience de la contradiction, des situations-limites comme la maladie, le deuil, l’amour etc. L’œuvre d’art aussi somme de penser. Celle que vous nommez est particulièrement bien choisie car Magritte nous invite à nous interroger sur le statut de la représentation, sur la nécessité de ne pas confondre le réel et l’image que nous en formons. Ce que ne cesse de méditer Platon dans l’allégorie.
    Bien à vous.

  24. Brand dit :

    Bonjour,
    Merci pour votre réponse.

    Ces fonctions portent une ambiguïté alors : elles enferment dans une existence étrangère à la vérité (l’illusion artistique, la servitude affective et corporelle …), en même temps elles peuvent permettre l’éveil. Quelle est en la limite ?
    Dans le champs artistique, cela dépendrait-il des périodes artistiques où l’intention artistique varie (par exemple, l’art médiéval utilisé comme écriture, l’art de la Renaissance utilisé comme étude la réalité, VS, le dadaïsme, l’art abstrait ou encore l’art primitif) ?

    Bien à vous.

  25. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il est contradictoire de dire qu’une fonction d’éveil puisse être une fonction d’enfermement. Dans mon propos, éveil connote éveil philosophique. A donc une fonction d’éveil ce qui conduit un homme à penser, à rompre avec le familier, à découvrir que les choses ne vont pas de soi. C’est la condition pour initier le mouvement de la connaissance. Socrate se compare ainsi à un taon, une vipère empêchant ses interlocuteurs de dormir en rond. Par ses questions il leur fait prendre conscience de leur ignorance et les exhorte à questionner ce qu’ils acceptaient passivement avant d’être réveillés.
    La rencontre de la beauté, une expérience de grande intensité peuvent avoir ce rôle dans une vie et marquer un avant et un après. L’œuvre d’art n’a pas nécessairement cette fonction. Les artistes peuvent être de simples montreurs de marionnettes engluant l’esprit dans des modes, des pensées convenues comme c’est souvent le cas aujourd’hui avec un art qui se croit subversif alors que la subversion subventionnée par les pouvoirs publics est un nouvel académisme.
    Vous n’avez donc pas compris le sens de mon propos.
    Voyez bien que la philosophie s’origine dans la capacité de s’étonner, les pires ennemis de l’esprit étant l’habitude et les certitudes.
    Bien à vous.

  26. Brand dit :

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour votre explication.

  27. Venceslas Asseu dit :

    Bonjour Madame, je suis Venceslas Asseu étudiant en philosophie. J’aimerais que vous me transmettiez le sens de l’ironie socratique plus l’explication complète de l’Idéalisme. E

  28. Simone MANON dit :

    Bonjour
    D’abord vous devez savoir que lorsqu’on demande un service à quelqu’un, la politesse veut que l’on assortisse sa demande d’un « s’il vous plaît ».
    Vous avez sur ce blog quantité d’articles qui pourront éclairer votre lanterne. Par exemple: http://www.philolog.fr/socrate/
    Pour ce qui est de l’idéalisme, on entend par là toutes les conceptions philosophiques consistant à ramener l’être à la pensée. Mais l’idéalisme platonicien (pour lequel les Idées ou Formes ont une existence séparée et sont la vraie réalité: d’où la dénomination de « réalisme platonicien ») n’est pas l’idéalisme hégélien ou l’idéalisme transcendantal kantien. Seule une connaissance approfondie des auteurs peut vous permettre d’en avoir une idée précise. Autrement dit « une explication complète de l’idéalisme » comme vous le souhaitez excède largement les limites d’une simple réponse. Ce ne peut qu’être l’objet d’un cours approfondi.
    Bien à vous.

  29. CLAIRE GERARDOT dit :

    L’allégorie de la caverne…
    Je me souviens, c’était le 1er chapitre de l’année… En 1993-1994. Dans la classe de Laurent. Ce cours m’a marquée. Comme tous les autres. Que j’ai soigneusement gardés. Je pense souvent à vous et à la façon dont vous m’avez appris à réfléchir. Je vous dois beaucoup, je pense. Et cet après-midi, en discutant avec des collègues de philosophie – j’enseigne aujourd’hui la géographie en hypokhâgne-khâgne – je me suis dit que je devrais vous le dire. Et j’ai repensé à ce blog dont m’a parlé Sam. Alors voilà… merci pour tout..!

  30. Simone MANON dit :

    C’est un beau cadeau de Noël que vous m’offrez, Claire. Une réminiscence heureuse d’une époque où il m’était impossible d’imaginer ce qui est en train de nous arriver sur le plan collectif …
    Je vois que vous avez rempli brillamment les promesses de votre jeune âge. Toutes mes félicitations et à mon tour de vous dire un grand merci.
    Je vous souhaite de bonnes fêtes et vous présente tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année.
    Avec mon bon souvenir.

  31. CLAIRE GERARDOT dit :

    Tous mes voeux de bonheur à vous aussi.
    Sincèrement…

  32. […] est connu pour son allégorie de la caverne qui décrit le chemin de l'Homme de l'ignorance vers la connaissance. Son disciple, Aristote, […]

  33. AURELIEN BLE dit :

    Bonjour madame, je suis aurélien blé, étudiant en 1ere année de droit. Je voudrais d’abord vous remercier sur vos lumières apportées relativement à cette allégorie platonicienne, et ensuite vous exprimez mon désir profond d’atteindre un tel niveau de compréhension et de connaissance philosophique. Je voudrais si vous me le permettez poser les questions suivantes: est ce en sortant de la caverne que l’on parvient à un niveau d’intelligence semblable à celui dont était doté les philosophes dit de lumière? Albert Einstein peut-il prétendre en être un du fait de son invention de la bombe atomique? Finalement sortir de la caverne sert a quoi s’il faut y retourner?

  34. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il faut vous demander s’il y a sens à prétendre qu’on peut sortir de la caverne. L’article précédent (avec ses liens) est explicite sur ce point.
    Il faut aussi vous demander s’il y a sens à dire que Einstein est l’inventeur de la bombe atomique.
    Enfin il faut vous demander si la pratique philosophique laisse inchangée la personne. Cela ne signifie-t-il qu’il y a plusieurs manières de se projeter vers le réel et les autres et que si tous les individus opéraient en eux la transformation induite par l’éveil philosophique, le monde humain serait autre que ce qu’il est? Sur fond de cette remarque, vous pourrez répondre à votre dernière question.
    Bien à vous.

  35. Lorenz Marie dit :

    Bonjour madame, je débute dans la philosophie et cette article m’a bien aidé. Ma prof nous a demandé de répondre à des questions seulement je butte sur deux d’entres-elles. accepteriez vous de m’aider s’il vous plaît.
    La première est « les prisonniers pensent avoir a faire a la réalité. Peuvent ils savoir qu’ils ne voient que des ombres? Se sentent ils prisonniers ? »
    Merci d’avance pour votre aide.

  36. Simone MANON dit :

    Bonjour Marie
    Pour répondre à cette question, il vous suffit de réfléchir votre propre expérience. Avez-vous conscience que toutes vos représentations du réel sont fabriquées par la langue que vous parlez, les conditionnements culturels que vous subissez, les désirs et les intérêts qui sont les vôtres? Vous sentez-vous prisonnières des opinions qui sont les vôtres?
    Relisez le (1) de cette explication.
    Bien à vous.

  37. Pascal De Oliveira dit :

    Bonjour madame,
    Je profite de votre message où vous pointez la relation entre le langage et notre représentation du réel pour vous posez une question à propos d’un sujet qui m’intéresse depuis plusieurs années et que je ne crois pas avoir vu traité sur votre site : il s’agit du nominalisme. Peut-être pouvez-vous m’indiquer un article où vous en parlez, sinon j’aimerais bien savoir ce que vous en pensez. Merci d’avance.
    Cordialement,
    Pascal

  38. Yann kamdem dit :

    Bonjour madame,je suis en classe de Tle A4 , et c’est un véritable plaisir pour moi d’être tomber sur ce site.En effet, j’étais dans mes recherches sur « qu’est-ce que le mythe de la caverne » et je suis arrive dans votre page et malgré mon petit niveau de compréhension j’y ai néanmoins tiré ce qui je pense pourra m’être utile pour le moment ; le reste je l’espère pourra être acquis avec le temps.D’ici-là que Dieu vous garde. Merci!!!!!!!

  39. Simone MANON dit :

    Réponse à Pascal
    Vous avez de nombreux articles sur le nominalisme sur la toile mais vous n’en trouverez pas sur mon blog.
    Voyez par exemple: http://theopedie.com/Qu-est-ce-que-le-nominalisme.html
    Bien à vous.

  40. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Merci pour votre message.
    Veillez à distinguer une allégorie d’un mythe. Ouvrez le lien en début d’article car en toute rigueur il faut parler de l’allégorie de la caverne.
    Bien à vous.

  41. Pascal De Oliveira dit :

    Bonjour madame,
    Merci pour votre réponse. Je connais les articles Internet existants sur le sujet, mais votre point de vue m’aurait intéressé, sans même mentionner la possibilité d’échanger avec vous.
    En tout cas, et encore une fois, merci et bravo pour votre site qui est une mine d’or intellectuel pour les amateurs de philosophie.
    Bien cordialement,
    Pascal

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