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Nietzsche 

 
 
 
Ce thème est inséparable de l'analyse nietzschéenne du nihilisme.
 
1°) La première grande intuition nietzschéenne consiste à interpréter le réel, la totalité de ce qui existe (l'être) comme foisonnement de forces. Parmi ces forces, certaines agissent, d'autres subissent. Les premières sont dites affirmatives, les secondes négatives. Les unes se veulent, elles témoignent d'une volonté de puissance affirmative, les autres se dénigrent, se nient, elles témoignent d'une volonté de puissance négative.

De manière générale, pour notre philosophe, l'actif c'est le libre, le créatif, le vigoureux. Le réactif c'est le contraint, le maladif, l'épuisement de la force vitale.

 
2°) La seconde grande intuition est d'interpréter la culture occidentale, depuis Socrate, comme le triomphe des forces réactives sur les forces actives.    L'indice le plus éloquent de ce phénomène, aux yeux de Nietzsche, est le fameux démon de Socrate. Socrate faisait souvent allusion à ce qu'il appelait son démon, c'est-à-dire à une sorte de voix intérieure qui se manifestait essentiellement sous la forme de la dissuasion. Lorsque son démon ne se faisait pas entendre, Socrate savait qu'il avait bien agi. Pour Nietzsche, il y a là un véritable scandale car alors que sous sa forme naturelle « l'instinct », entendons la voix de la nature, est une puissance affirmative, chez Socrate il est un principe d'inhibition. Son démon ne s'exprime pas comme affirmation de la puissance vitale mais comme ce qui la suspend, comme ce qui entrave le mouvement de la vie.
   « La clé de l'âme socratique nous est fournie par cet étrange phénomène que l'on désigne comme le « démon de Socrate ». Dans certaines circonstances particulières, lorsque sa toute-puissante raison balançait, il retrouvait un ferme appui grâce à la voix divine qui lui parlait alors. Cette voix, quand elle s'annonce, dissuade toujours. Chez cette nature tout à fait anormale la sagesse instinctive ne se manifeste que pour s'opposer de loin en loin à la connaissance consciente. Alors que chez tous les individus productifs l'instinct est précisément force d'affirmation et de création, la conscience faculté de critique et de négation, chez Socrate c'est l'instinct qui devient critique, la conscience créatrice, c'est une véritable monstruosité par défaut. En vérité, nous constatons ici un manque monstrueux de sens mystique, qui nous autorise à voir dans Socrate l'être amystique par excellence, l'être chez qui la nature logique est aussi hypertrophiée que chez le mystique la sagesse instinctive » Nietzsche : La Naissance de la tragédie.
 
   Un autre indice pour Nietzsche du ressentiment socratique à l'endroit de la vie est la dernière scène de la vie de Socrate rapportée dans le Phédon. Ses ultimes paroles furent : «  Criton, nous devons un coq à Asclèpios ; payez-le, ne l'oubliez pas ». Phédon, 118a.
   Asclèpios est le dieu doté du pouvoir de guérir les hommes d'une maladie. En demandant que Criton sacrifie un coq au dieu, Socrate reconnaît sa dette à l'égard d'un guérisseur. Or de quelle maladie Socrate rend-il grâce à Esculape de l'avoir délivré ? Comme toute une tradition, Nietzsche répond : de la vie. Socrate veut qu'on remercie le dieu de le délivrer par sa mort du fardeau de la vie.
 
 « Socrate mourant. - J'admire la sagesse et le courage de Socrate en tout ce qu'il fit, dit... et ne dit pas. Ce démon d'Athènes amoureux et moqueur, ce charmeur de rats qui fit trembler et sangloter les plus impertinents jeunes hommes, n'était pas seulement le plus sage des bavards : il fut encore grand dans le silence. J'aimerais qu'il l'eût observé dans les derniers instants de sa vie,... peut-être alors relèverait-il d'une classe d'esprits encore plus haute. Fût-ce la mort ou le poison? la pitié ou la méchanceté ?... quelque chose au dernier moment lui délia la langue, et il dit : « O Criton, je dois un coq à Esculape. » Ce « dernier mot » ridicule et terrible signifie pour qui sait entendre « Criton, la vie est une maladie! » Est-ce possible, un homme tel que lui, un homme qui avait vécu joyeux et aux yeux de tous, comme un soldat, cet homme était un pessimiste! Il n'avait fait toute sa vie que bonne mine à mauvais jeu; il avait caché tout le temps son sentiment profond, son jugement suprême! Socrate, Socrate a souffert de la vie! Et il s'en est vengé par cet horrible mot où la piété se mêle au blasphème à voix discrète! Fallait-il, de surcroît, qu'un Socrate se vengeât? A-t-il manqué un grain de générosité à cette vertu surabondante? Hélas, amis! nous devons dépasser jusqu'aux Grecs! » Le Gai Savoir, Livre IV, § 340.
 
3°) Nietzsche appelle nihilisme la culture issue de ce triomphe des forces réactives. Le platonisme et le christianisme en sont les symptômes les plus visibles. En témoigne l'option dualiste qui leur est consubstantielle. A l'ici-bas, ils opposent un au-delà, à l'immanence, la transcendance, au corps, l'âme, aux désirs, la raison. Cette distinction n'a, selon l'analyse de notre philosophe, rien d'innocent. Sa vocation est, en vérité, de dénigrer la seule chose qui soit vraiment (l'ici-bas, le corps, l'immanence, les désirs) au nom d'une fiction, d'un nihil (un néant, un rien) pur fantasme de ceux que Nietzsche appelle « les hallucinés des arrière-mondes »
   Si on interroge, comme le veut la généalogie nietzschéenne, cet acharnement à mépriser le réel, si on interroge « les entrailles de l'esprit (c'est-à-dire les intensités vitales à l'œuvre dans ces évaluations) on découvre que cette propension à dénigrer relève d'un affect morbide : le ressentiment, l'esprit de vengeance, la méchanceté que produit l'impuissance.
 
   Nietzsche dit ici quelque chose de profondément subversif : « Tout ce monde de fiction s'enracine dans la haine du naturel, de la réalité, il est l'expression d'un profond malaise avec le réel. Mais voilà que tout s'éclaircit. Qui donc aurait quelque raison de s'évader par le mensonge de la réalité ? Quiconque en pâtit. Mais pâtir veut dire qu'on est une réalité naufragée...La prédominance des sentiments de déplaisir sur les sentiments de plaisir est la cause d'une religion et d'une morale fictives ; or une pareille prédominance est la formule de la décadence » Antéchrist, Ch. 15
 
   C'est sur fond de ces présupposés nietzschéens que prend sens le thème de  «  la mort de Dieu »* (1):
 
  • La mort de Dieu, c'est d'abord, pour l'homme que Nietzsche appelle « humain trop humain » et qu'il symbolise par « le chameau *(2)» (le sujet soumis aux valeurs traditionnelles opposable au surhomme), la mort de Jésus-christ, expiant sur la croix le péché du monde. La croix est l'emblème du nihilisme judéo-chrétien. Elle enseigne que notre nature est corrompue par un mal radical (symbolisé par le péché originel). Elle cultive notre mauvaise conscience en nous rendant coupable du sacrifice de l'innocent. Elle condamne l'amour de la vie en nous exhortant à porter la misère du monde sur nos épaules et à racheter notre méchanceté par la souffrance.
 
  • La mort de Dieu, c'est ensuite l'énoncé d'un fait : la disparition de Dieu dans notre culture. Cela ne signifie pas qu'il n'y a plus en Occident comme ailleurs des croyants. Cela signifie que la foi est devenue une affaire privée, qu'elle ne fonctionne plus, comme c'était le cas dans le passé, comme principe structurant de la totalité de l'existence personnelle et collective.

 Nietzsche pense ce fait comme l'avènement du nihilisme car avec l'effacement de Dieu, ce sont toutes les valeurs dont Dieu était le support qui s'effondrent aussi. Le nihilisme que Nietzsche prophétisait dans les années 1880, comme la vérité des deux siècles à venir, c'est ainsi la critique radicale de toutes les valeurs transcendantes (la vérité, le bien, l'unité, l'identité etc.) et le désenchantement du monde. Désormais le monde est délesté de tout sens divin, il est en deuil de l'absolu.

« Que signifie le nihilisme ? écrit Nietzsche. Que les valeurs supérieures se déprécient »    Volonté de puissance. 

   Le lion* symbolise cette remise en cause des valeurs traditionnelles, cette dépréciation des arrière-mondes. Mais cette mort de Dieu laisse l'homme inconsolable, dans une totale déréliction, face à un ciel vidé de toute transcendance, sans réponses à ses craintes et ses espérances.

  La conséquence de la dépréciation des arrière-mondes n'est donc pas un oui joyeux à la vie et au réel (cf. la métaphore de l'enfant*) c'est l'angoisse, le sentiment de l'absurdité et le désespoir. Paul Bourget a donné une formule saisissante de ce nihilisme dont l'œuvre de Flaubert, de Maupassant, des Goncourt, des grands nihilistes russes (Dostoïevski, Tourgueniev) donne la mesure.  « Une mortelle fatigue de vivre, une morne perception de la vanité de toute chose ».

  Nietzsche voit dans le pessimisme de Schopenhauer la forme achevée de ce nihilisme. De fait Schopenhauer affirme  « Si vraiment l'alternative nous était proposée d'être ou de ne pas être, alors oui il faudrait choisir le non être ».

  Ce nihilisme qui est en train d'advenir, dit-il en 1886, a ainsi deux aspects :

  • Une forme active : ce nihilisme actif, conscient du nihil des valeurs, persiste par désenchantement à détruire en leur nom le monde et à se détruire lui-même. Il demeure incapable de concevoir un après la mort de Dieu, il est impuissant à créer une éthique positive et joyeuse de vie. On peut penser à tous ces militants divers et variés qui savent bien que leurs espérances ne sont que rêves impossibles, mais ils sont trop faibles pour y renoncer et trouvent une raison d'être dans la critique et le destruction systématique de ce qui est.
  • Une forme passive : ce nihilisme passif choisit la nonchalance, l'abandon. Il promène sur le monde un regard vide que rien ne séduit et il n'en finit pas de porter le deuil de ses illusions.
  •  A ces nihilismes réactifs, Nietzsche oppose un nihilisme héroïque pour lequel la mort de Dieu est une bonne nouvelle. Il s'agit de comprendre que l'absence de sens de la vie n'est pas ce qui la condamne mais au contraire ce qui la justifie. Car la vie n'a pas besoin de justification métaphysique. Elle est justifiée parce qu'elle est quelque chose plutôt que rien. Elle constitue l'être et l'être vaut mieux que le néant.

  Il s'ensuit que le nihilisme héroïque s'accomplit comme sentiment dionysiaque de la vie. Les aspects jusque là niés, dénigrés de la vie, à savoir la souffrance, la cruauté, le mal, le mensonge sont par là même rachetés. Ils ont une nécessité qui est celle du réel et comme tels il faut les vouloir. Nietzsche enseigne l'amor fati, l'amour de la terre, l'innocence de la vie, le oui à son affirmation comme jeu, comme œuvre, comme art, comme rire sans fin ni justification.

  Il confie ainsi à ceux qu'il appelle « les forts » autrement dit à ceux dont la santé est telle, qu'ils sont capables de renoncer aux idéaux mensongers sans en souffrir, sans en mourir « le marteau » qui brise tous les vestiges des valeurs moribondes et les types humains qui ne parviennent pas à accepter l'immanence de l'être.

 
 
 
* 1 « Notre sérénité - Le plus grand des événements récents - la « mort de Dieu », le fait, autrement dit, que la foi dans le dieu chrétien a été dépouillée de sa plausibilité - commence déjà à jeter ses premières ombres sur I' Europe. Peu de gens, il est vrai, ont la vue assez bonne, la méfiance assez avertie pour percevoir un tel spectacle ; du moins semble-t-il à ceux-ci qu'un Soleil vient de se coucher, qu'une ancienne et profonde conscience est devenue doute : notre vieux monde leur parait fatalement tous les jours plus vespéral, plus soupçonneux, plus étranger, plus périmé. Mais d'une façon générale, on peut dire que l'événement est beaucoup trop grand, trop lointain, trop en dehors des conceptions de la foule pour qu'on ait le droit de considérer que la nouvelle de ce fait, je dis simplement la nouvelle, - soit parvenue jusqu'aux esprits; pour qu'on ait le droit de penser, à plus forte raison, que beaucoup de gens se rendent déjà un compte précis de ce qui a eu lieu et de tout ce qui va s'effondrer maintenant que se trouve minée cette foi qui était la base, l'appui, le sol nourricier de tant de choses : toute la morale européenne entre autres détails.
   Nous devons désormais nous attendre à une longue suite, à une longue abondance de démolitions, de destructions, de ruines et de bouleversements : qui pourrait en deviner assez dès aujourd'hui pour enseigner cette énorme logique, devenir le prophète de ces immenses terreurs, de ces ténèbres, de cette éclipse de soleil que la terre n'a sans doute encore jamais connues ?... Nous mêmes, déchiffreurs d'énigmes, nous, devins-nés, qui attendons pour ainsi dire en haut des monts, placés entre hier et demain, et contradictoirement attelés entre les deux, nous premiers-nés, prématurés du siècle à venir, qui devrions avoir déjà perçu les ombres dont va bientôt s'envelopper l'Europe, d'où vient-il que nous attendons la montée de cette marée noire sans un intérêt véritable, surtout sans crainte et sans souci pour nous? Serait-ce que nous serions encore trop dominés par l'influence des premières conséquences de cet événement? Car ces premières conséquences, celles qu'il a eues pour nous, n'ont rien de noir ni de déprimant, contrairement à ce qu'on pouvait attendre ; elles apparaissent tout au contraire comme une nouvelle espèce, difficile à décrire, de lumière, de bonheur, d'allégement, une façon de sérénité, d'encouragement et d'aurore... De fait, nous autres philosophes, « libres esprits », apprenant que « l'ancien Dieu est mort », nous nous sentons illuminés comme par une nouvelle aurore; notre coeur déborde de gratitude, d'étonnement, de pressentiment et d'attente ;... voilà qu'enfin, même s'il n'est pas clair, l'horizon, de nouveau, semble libre, voilà qu'enfin nos vaisseaux peuvent repartir, et voguer au-devant de tout péril; toute tentative est repermise au pionnier de la connaissance, la mer, notre mer, de nouveau, nous ouvre toutes ses étendues; peut-être même n'y en eut-il jamais si « pleine » mer. »
 Le Gai Savoir, Livre V, § 343.
 
*2 Cf. le texte intitulé Des trois métamorphoses : Ainsi parlait Zarathoustra.
 
 
Annexe : Nietzsche se définit comme un philosophe à coups de marteau. Il faut entendre par là une manière de pratiquer une critique radicale qui n'épargne aucun des présupposés de la philosophie traditionnelle. Par exemple, dans sa tradition rationaliste, la philosophie part «  du fait de la raison » comme l'écrit Kant. Descartes part du fait de conscience. Alain part du fait de conscience ou d'âme comme ce qui s'oppose au corps.
   Nietzsche soupçonne ce fait d'être un pur effet ; autrement dit il soupçonne ce qui constitue un point de départ pour les grands philosophes d'être un point d'arrivée dont il faut reconstituer la généalogie. C'est pourquoi, il est avec Marx et Freud défini comme «  un philosophe du soupçon ».
   Le grand soupçon nietzschéen le conduit à interroger ce qu'il appelle « les entrailles de l'esprit »
   Le mot « entrailles » est très éloquent. Les entrailles, ce sont les viscères, les tripes c'est-à-dire ce qui constitue la part la plus profonde, la plus intime du sujet. On se méprend en effet, lorsqu'on surestime la conscience. En réalité, selon Nietzsche, la conscience n'est que la manifestation superficielle d'une physiologie et il y a des physiologies vigoureuses tandis que d'autres sont des physiologies faibles ou morbides.
   La pensée ou la conscience est par principe aux service « des instincts de vie » elle est l'expression de flux d'affects, d'intensités vitales et rien d'autre. C'est dire qu'on se leurre lorsqu'on prétend avec la grande tradition rationaliste ou idéaliste que la conscience est une instance autonome. Cette illusion doit être dénoncée comme le fonds de commerce de la tradition, une tradition avec laquelle les trois philosophes du soupçon invitent à rompre de manière radicale.
 
   D'où l'enseignement de Zarathoustra que Nietzsche présente comme le nouvel Evangile, l'Evangile du surhomme opposable à l'évangile nihiliste.
 
           «  « Je suis corps et âme » ainsi parle l'enfant. Et pourquoi ne parlerait-on pas comme les enfants ?
             Mais celui qui est éveillé et conscient dit :  «  je suis corps tout entier et rien d'autre ; L'âme n'est qu'un mot désignant une parcelle du corps »
             Le corps est une grande raison, une multitude univoque, une guerre et une paix, un troupeau et un berger.
              Instrument de ton corps, telle est aussi ta petite raison que tu appelles « esprit », mon frère, un petit instrument et un jouet de ta grande raison.
              Tu dis « moi » et tu es fier de ce mot. Mais ce qui est plus grand, c'est, ce à quoi tu ne veux pas croire : ton corps et sa grande raison : il ne dit pas moi, mais il est moi en agissant. »   Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885.
 
   Voilà pourquoi l'idéal ascétique est accusé d'être le symptôme d'une vie naufragée. Seule une telle vie peut déclarer les hostilités à la vie. Seul ce qui est faible, maladif peut se venger de la vie en créant des valeurs mensongères permettant de se consoler de sa propre misère et de survivre à sa propre impuissance à dire oui à la vie.
«  Une vie ascétique est une contradiction en soi : c'est un ressentiment sans égal qui règne ici, celui d'un instinct et d'une volonté de pouvoir qui veulent régner en maître, non pas sur un aspect de la vie mais sur la vie elle-même et qui pour atteindre ses fins se tourne contre l'épanouissement physiologique, en particulier contre tout ce qui en est l'expression : la beauté, la joie, tandis que tout ce qui est dénaturé, taré, tout ce qui est douleur, raté, tout ce qui est laid, privation volontaire, dépossession, mortification, sacrifice, suscite une satisfaction et sera recherché » Généalogie de la morale 3° dissertation
 
« Insouciant, railleur, violent, ainsi nous veut la sagesse. Elle est femme, elle n'aimera jamais qu'un guerrier » Ainsi parlait Zarathoustra.
 
 Attention : L'immoralisme dont se réclame Nietzsche est le contraire des facilités de l'immoralité. « L'homme dit-il est une corde tendue entre la bête et le surhomme ». La morale du surhomme est une morale qui remplace le bien de l'ancienne morale par une certaine qualité du vouloir : le vouloir créer et pose comme valeur négative le vouloir inverse : le vouloir détruire, le laisser aller, le contentement de soi, la somnolence qui entrave toute volonté de dépassement.
 
 

 

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81 Réponses à “"Dieu est mort" disait Nietzsche. Quel est le sens de cette affirmation?”

  1. Alex dit :

    Bonjour,
    Est-il pertinent d’associer Bakounine à la forme active du nihilisme, dans son idée que la révolte est inscrite dans la nature humaine, les auteurs du théâtre de l’absurde à la forme passive, et Sartre et Stanley Kubrick au nihilisme héroïque. Je pense pour ce dernier à la citation: « L’absurdité de l’existence force l’homme à lui donner sn ppropre sens. »
    Cordialement

  2. Max dit :

    Pour le plaisir d’apprendre, et d’échanger avec vous sur un sujet exaltant, je récidive.

    Est-ce telle ou telle contradiction qui aurait une portée ontologique, ou n’est-ce pas davantage la logique tout entière? Quelle logique tolérerait une hésitation quant à l’existence du vrai? Et quelle philosophie pourrait être échafaudée sans logique?

    Que sait-on du réel, à part ce qu’on en croit être vrai? La physique n’a cessé de trouver de nouveaux modèles et de nouvelles particules. Qui, aujourd’hui, s’avancerait à dire qu’il connait parfaitement de quoi le réel est fait? Vous suggérez que le réel saurait fort bien se passer d’une conscience humaine… or la conscience humaine fut… extraordinaire accident de parcours, ou exigence du réel? Comment l’interroger pour le savoir? Qu’est-ce que l’Évolution, sinon une orientation? Quelle est cette force qui anime le réel, vers quoi pointe-t-elle, et quoi en penser?

    En somme, comment pourrait-on revendiquer une connaissance du réel qui nous soustraie, nous et les outils dont nous disposons pour l’appréhender, de l’équation? Peut-être est-il vrai, comme vous le suggérez, que des choses sauraient exister sans que quiconque ne les connaisse jamais… mais qui pourrait l’affirmer avec certitude? Puisque le réel a inscrit au plus profond de nous-mêmes les liens qui nous unissent les uns aux autres, pourquoi penser qu’il aurait tout aussi bien pu se satisfaire d’un isolement, que d’autre part on serait incapable de constater de toute façon, et qui défie l’entendement?

    Respectueusement.
    (p.s. mes excuses à propos de l’anglicisme s’étant glissé dans mon commentaire précédent)

  3. Simone MANON dit :

    Réponse à Alex
    Je vous avoue mes réticences à mettre des étiquettes sur des auteurs au risque de désubstantialiser ce qu’elles impliquent et de méconnaître l’ambiguïté des pensées auxquelles on les applique.
    Les notions de nihilisme actif, passif, héroïque prennent sens dans le cadre d’une philosophie de la vie développée par Nietzsche. Peut-on les appliquer à une philosophie de la conscience comme celle de Sartre ou à un cinéaste dont une part importante de l’oeuvre est d’exhiber le nihilisme de la technique?
    Si le nihilisme héroïque consiste en un oui joyeux à l’existence, ou dans ce que recouvre la métaphore de l’enfant, est-il pertinent de l’évoquer pour une philosophie de la négativité ou pour une oeuvre cinématographique caractérisée par un profond pessimisme et un grand désespoir?
    Il y a de nombreuses études sur Kubrick et la question du nihilisme. Elles sont sans doute beaucoup plus utiles pour vous que les quelques remarques superficielles que je formule.
    Bien à vous.

  4. Simone MANON dit :

    Réponse à Max
    Que la vérité soit une exigence de la logique, nul doute, mais cela ne signifie pas que la logique ait une quelconque portée ontologique(la vérité logique est purement formelle). Nietzsche sur ce point produit des analyses dérangeantes mais d’une grande profondeur en faisant du monde-vérité une fiction(http://www.philolog.fr/eloge-de-lapparence-nietzsche/) ordonnée à des impératifs vitaux réactifs et donc nihilistes. Voyez la dernière partie de cette dissertation: http://www.philolog.fr/pourquoi-les-hommes-sefforcent-ils-de-connaitre-2/
    Vous soupçonnez avec justesse, dans un esprit kantien, les limites de notre connaissance. Kant en effet établit que nous n’avons accès qu’au monde phénoménal (le monde tel qu’il est informé par la structure de notre esprit). Le monde tel qu’il est en soi est un X inconnaissable. Tout au plus est-il permis de le penser, (voilà pourquoi il l’appelle le monde nouménal), sans que les résultats du penser ait valeur objective.http://www.philolog.fr/lexperience-est-elle-le-fondement-de-la-connaissance-le-criticisme-kantien/
    Bien à vous.

  5. Max dit :

    Repensant à votre question de la portée ontologique de la logique, au fil d’une lecture de Hofstadter (« I am a strange loop »), lequel a beaucoup développé certaines conséquences des fameux théorèmes de Gödel, je me disais qu’au fond la portée que j’entrevois se trouve davantage dans l’existence d’une vérité (essentielle à l’existence d’une logique, et en quelque sorte attaquée et défendue, dans le domaine de la logique, par le traitement des contradictions).

    Ma compréhension de Hofstadter est que, à l’aide de Gödel, il remet en question la valeur absolue de tout système cohérent d’interprétation, et préfère donc s’en tenir au monde réel, peu importe la compréhension qu’on pourrait en avoir: « Je ne pense pas qu’on puisse réellement prouver quoi que ce soit en philosophie. » J’imagine qu’il y a ici une certaine parenté avec Nietzsche.

    Or c’est là pour moi une sorte de contradiction essentielle: ou on est philosophe, c’est-à-dire qu’on « aime cette connaissance » (ou vérité) vers laquelle on tend (qu’on exprime symboliquement, et qui est soumise aux imperfections de Gödel), et qu’on envisage donc comme absolument valable (et aspirant à une certaine portée ontologique), ou alors, irais-je jusqu’à dire, on ne l’est pas: quelle serait la nature d’un attachement à une chose qu’on croirait d’emblée vaine?

    J’entrevois une correspondance entre cette espèce de dualisme (acceptation ou refus d’une vérité absolue), les dualismes philosophiques (ex. relation matière-esprit), et ultimement la question de la transcendance. Dans le monde auquel s’intéresse la science, rien ne se perd et rien ne se crée. Et pourtant il y a l’évolution, l’apparition de la vie, de la conscience; et pourtant dans le monde des idées, du sens, on ne cesse de produire de nouvelles interprétations; et pourtant nos vies sont tissées de liens nouveaux, qui nous définissent. Il me semble que la fin des choses (leur temporalité) nous confronte à la nature de la vérité, qui elle ne saurait cesser d’être (autre dualité: finitude vs éternité).

    J’ai cherché en vain plus de matière sur votre site touchant au dualisme (par exemple dans votre chapitre sur la conscience et l’inconscient) – ai-je mal cherché, ou est-ce un sujet que vous auriez moins directement abordé?

    En vous remerciant encore une fois.

  6. Simone MANON dit :

    Bonjour Max
    Je ne pense pas qu’il soit fondé de lier le problème de l’existence ou non de la vérité à la question du dualisme. Les grandes philosophies qui le théorisent (Platon, Descartes) ne font pas le deuil de la vérité. Elles établissent qu’il y a correspondance entre les principes de l’esprit et ceux qui régissent la matière. (Thème du démiurge chez Platon ou de Dieu chez Descartes, le créateur ayant déposé dans notre esprit les mêmes principes que ceux qui structurent la matière). Bref la facture dogmatique des grands systèmes philosophiques est indépendante des présupposés dualistes même s’il est vrai que nul mieux que le monisme spinoziste (parallélisme pensée – étendue) ne peut prétendre déployer la vérité de l’Etre sous forme géométrique.
    Je ne pense pas non plus qu’il soit légitime d’aligner l’intentionnalité philosophique sur celle de la science. Elles diffèrent tant dans leur objet que dans leur méthode. La science ne pose pas la question du sens et des valeurs. Elle se limite à l’étude des faits tels qu’ils sont donnés dans l’expérience. La philosophie interroge le sens du sens, la valeur de la valeur, le fondement de nos discours et de nos pratiques et leurs fins.
    La méthode du philosophe est la réflexion. Il s’agit pour l’esprit de faire retour sur lui-même pour conquérir l’autonomie intellectuelle et morale. Ce qui implique un sens aigu des problèmes, de la complexité des choses et surtout une aptitude au doute très développée. Le philosophe est un douteur, il doute de tout sauf de la capacité de la réflexion à nous affranchir de la bêtise et de la bassesse et à fonder des vérités raisonnables. En disant raisonnables et non pas rationnelles, on souligne la modestie du philosophe. Nul mieux que lui n’a conscience des limites de la raison et pourtant il ne cautionne pas nécessairement le scepticisme et le nihilisme. Comme le montre Socrate, nous pensons dans l’entre-deux de l’ignorance et du savoir absolu car nous sommes des hommes, non des dieux. La conscience de notre finitude nous impose de revoir nos prétentions à la baisse, la révélation de la raison à elle-même nous oblige à en déployer les possibles.
    Voyez ce texte de Russell. Il me semble assez fidèle à la pratique socratique. http://www.philolog.fr/la-valeur-de-la-philosophie-bertrand-russell/
    Bien à vous.

  7. Personne dit :

    Bonjour,
    et d’abord merci pour votre site qui est toujours une mine d’analyses et d’explications intéressantes et stimulantes. Je me permets de signaler que l’appel à contribution de la (toute jeune) revue de philosophie en ligne Paradoxes porte précisément sur ce thème : http://revueparadoxes.com/2013/05/16/si-dieu-est-mort/
    Bien cordialement,

  8. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Merci pour l’information et tous mes voeux de succès pour votre revue.
    Bien à vous.

  9. Personne dit :

    Merci !

  10. Marc dit :

    Bonjour.

    Connaissez-vous un bon commentateur de Nietzsche qui passe en revue les plus grandes idées du philosophe ?

    Merci.

  11. Simone MANON dit :

    Bonjour
    La liste des commentateurs de Nietzsche est pléthorique et il y a souvent autant de Nietzsche que de commentateurs. Par exemple le Nietzsche de Heidegger n’est pas celui de Deleuze
    Si vous êtes un débutant en quête d’une initiation à sa pensée, vous pouvez lire le « pour connaître la pensée de Nietzsche » d’André Simha chez Bordas.
    Bien à vous.

  12. Lucie dit :

    Bonjour,

    Je m’excuse mais même après plusieurs lectures sur Nietzsche et le nihilisme je n’arrive toujours pas à comprendre si ce dernier était pour ou contre cette doctrine.

    En vous remerciant par avance de votre réponse.

  13. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Dans la mesure où Nietzsche (le philosophe au marteau) instruit la critique radicale des arrière-mondes, il dénonce le nihilisme, pour autant que celui-ci caractérise la métaphysique classique ou l’idéalisme philosophique. Sa philosophie en fait apparaître les illusions.
    Mais le nihilisme, c’est aussi le propre d’un moment culturel où toutes les valeurs supérieures s’effondrant (thème de la mort de Dieu) dominent le désespoir, la fatigue de vivre, l’angoisse, le pessimisme.
    Ce nihilisme réactif est aussi dénoncé par Nietzsche, le philosophe du oui joyeux à la vie. Il célèbre les forces actives, l’amor fati, la danse etc. Ce que symbolise la métaphore de l’enfant opposée à celle du chameau (1er nihilisme) et du lion (2ème nihilisme).
    Cf. « Ma formule pour ce qu’il y a de grand dans l’homme est amor fati : ne rien vouloir d’autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans les siècles des siècles. Ne pas se contenter de supporter l’inéluctable, et encore moins se le dissimuler – tout idéalisme est une manière de se mentir devant l’inéluctable, – mais l’aimer» (Ecce homo, Pourquoi je suis si avisé).
    « Tout ce qui est nécessaire, vu d’en haut et dans l’optique d’une vaste économie de l’ensemble, est également l’utile en soi : il ne faut pas seulement le supporter, il faut l’aimer […] Amor fati, voilà le fond de ma nature » (Nietzsche contre Wagner, Epilogue, 4)

    PS: On ne dit pas « je m’excuse » comme si on était autorisé soi-même à s’excuser. Mais « excusez-moi ». La formule signifie qu’on sollicite la clémence de l’autre à notre égard.

    Bien à vous.

  14. hema dit :

    la métaphore a t-elle un sens dans l’inversion nietzschéenne de la métaphysique?

  15. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je ne prends la peine de répondre qu’aux internautes témoignant de la plus élémentaire des politesses. C’est ce qu’il faut vous empresser d’apprendre.
    Bien à vous.

  16. Atma dit :

    Bonjour,
    Encore merci pour ce travail considérable que vous effectuez sur ce site qui est très enrichissant.
    J’ai néanmoins le problème de la source d’une citation de Nietzsche qui est « La perspective certaine de la mort pourrait mêler à la vie une goutte délicieuse et parfumée d’insouciance – mais, âmes bizarres d’apothicaires, vous avez fait de cette goutte un poison infect, qui rend répugnante la vie toute entière ! ». Si vous pouviez m’aider, j’aimerai savoir où se trouve ce passage ( dans quel livre et quel chapitre (aphorisme)) s’il vous plaît!

    Merci d’avance,
    Cordialement.

  17. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je ne me souviens pas avoir lu cette formule dans ma fréquentation des œuvres de Nietzsche. Mais nous sommes tellement des machines à oublier!
    Je ne peux donc satisfaire vote curiosité.
    Bien à vous.

  18. Atma dit :

    Je vous suis très reconnaissant de m’avoir répondu! Je voulais vous signaler la source de la citation, elle se trouve en fait dans humain trop humain ( partie 2 ) aphorisme 322! En espérant entretenir notre appareil à mémorisation!

    Bien a vous.

  19. Simone MANON dit :

    Merci infiniment de me donner cette référence. Cela me dispense de chercher, ce que j’aurais certainement fait dès que j’en aurais eu le loisir.
    Bien à vous.

  20. kambale dit :

    Merci pour ce brillant article sur Nietzsche, mais je voudrais savoir plus sur le nihilisme par rapport à la modernité

  21. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il vous suffit pour satisfaire votre curiosité de vous mettre au travail.
    http://www.babelio.com/livres-/nihilisme/4527
    Vous avez sur ce blog un article consacré à la modernité. http://www.philolog.fr/quest-ce-que-la-modernite/
    Bien à vous.

  22. Jourde dit :

    Bonjour

    Je tenais à vous faire part de ma gratitude pour cet article.
    Simple, concis il m’a motive pour approfondir ma lecture de ce philosophe.
    Cordialement.

  23. François Olua Onulenga dit :

    Je vous félicite tous…

  24. Oumarou Tonde dit :

    je salue toute l’équipe pour la réalisation de cet article. ça va vraiment m’aider a réaliser un bon exposé et je tiens a vous remercier

  25. Maître Pangolin dit :

    Bonjour, je ne savais pas trop où poser ma question et les réponses que j’ai trouvé sur internet me semblent insatisfaisantes, si vous voulez bien m’éclairer : que signifie cette citation de Nietzsche « Je crains bien que nous ne nous débarrassions jamais de Dieu, puisque nous croyons encore à la grammaire » ?
    Merci d’avance,
    Cordialement.

  26. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Une langue n’est pas un instrument neutre par rapport à la réalité qu’elle nous sert à décoder. Elle enveloppe une représentation du monde, elle nous détermine à croire que le réel est comme elle l’analyse. De Humboldt disait qu’elle est « une métaphysique latente ».
    Par exemple, les substantifs inclinent à croire qu’il existe des substances dans le réel, un mot comme « je » ou « moi » qu’il y a des sujets, que les objets désignés par les mots ont des contours fixes, que leurs rapports obéissent à des règles logiques, (comme dans la syntaxe)etc. Le verbe « être » bien sûr est au principe de l’ontologie, de la théologie, etc.
    Or, pour continuer avec des exemples, y a-t-il sens à croire que la vérité, la beauté, la justice sont des réalités substantielles? Non, un jugement peut être qualifié de vrai; une œuvre de belle, une loi de juste, mais en dehors de cette fonction de qualification, la vérité, la beauté, la justice ne sont rien d’autre que des êtres fictifs ayant leur condition de possibilité (mystificatrice) dans la langue.
    Idem pour Dieu et toutes les abstractions métaphysiques.
    Bien à vous.

  27. Maître Pangolin dit :

    Votre réponse me permet de comprendre un peu mieux Nietzsche, cette citation avait l’air décrochée du reste dans le Crépuscule des Idoles et pourtant quand on lui donne du sens elle est très intéressante.
    Merci, bien à vous.

  28. Garçon Cedric dit :

    Bonsoir madame,

    Je cherche à retrouver l’ouvrage dans laquelle est inscrite la citation de nietzsche : « les entrailles de la pensée » que vous mentionnez vous même dans votre article ( qui, si je peux me le permettre, de bonne qualité pour quiconque cherche à avoir un aperçu de la philosophie de nietzsche)

    Merci d’avance pour votre réponse !
    Cordialement.

  29. Simone MANON dit :

    Bonjour
    L’expression figure dans de nombreux textes de Nietzsche.Par delà le bien et le mal, Ecce homo, Zarathoustra, mais il faudrait les relire pour trouver les références exactes.
    Bonnes lectures.
    Bien à vous.

  30. Régis dit :

    Bonjour
    Est ce que Nietzsche précise dans son œuvre, si on considère que l’humanité intègre l’amor fati et le nihilisme héroïque, si en quelque sorte nous devenons tous « surhumain » au sens Nietzschéen; vers quelle culture ou civilisation cela pourrait il mener?
    Merci d’avance pour votre réponse.
    Cordialement .

  31. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Votre propos semble présupposer qu’il y aurait pour Nietzsche une loi régissant nécessairement l’histoire. Or rien n’est plus étranger au nietzschéisme que le principe d’une réalité historique unifiable au sens des grandes philosophies de l’histoire. La réalité est un jeu de forces, (affrontement des volontés de puissance), une pluralité, une multiplicité, un chaos dénué de but et sans structure prédéfinie. L’amor fati et le nihilisme héroïque renvoient à la définition d’une éthique, liée elle-même à une certaine force de vie, non à l’idée d’une nécessité historique.
    Bien à vous. 

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