Je n'ai jamais rien trouvé de mieux pour rendre intelligible le sens de l'aventure philosophique que de méditer le célèbre texte platonicien : l'allégorie de la caverne (Extrait de La République.) Il nous permet de comprendre ce que penser veut dire et pourquoi il est urgent d'initier l'effort de penser.
Pourquoi commencer par là? Parce que dans ma propre expérience, la rencontre avec ce texte a été déterminante. Platon m'a ouvert les yeux sur la profondeur de l'aliénation de l'esprit avant l'éveil philosophique. Mon vœu le plus cher, lorsque patiemment je déchiffre les images en cours, est de permettre à d'autres d'avoir cette révélation.
Car il s'agit d'affronter les questions suivantes:
- Qu'est-ce que penser? En quoi penser n'est-ce pas opiner?
- Qu'est-ce qui distingue la rhétorique philosophique de la rhétorique sophistique?
- Aristote définit la philosophie comme une activité libérale. Que faut-il entendre par là?
- Qu'est-ce qui distingue la philosophie de la mythologie?
- Qu'est-ce qui la distingue de la science au sens moderne?
- Etymologiquement philosophie signifie amour de la sagesse. Comment s'articule dans l'idée de sagesse la dimension théorique et la dimension pratique de la philosophie?
- Est-il possible d'accomplir parfaitement le projet philosophique ou bien la conception platonicienne de la dialectique est-elle aporétique et la quête philosophique vouée à un échec existentiel?
- Qu'est-ce qui fait la valeur de la philosophie?
- Quels sont ses enjeux? N'est-ce pas fondamentalement la conquête de la liberté?
- La tradition philosophique occidentale fait de Socrate "le Père de la philosophie". Qui était Socrate?
BIBLIOGRAPHIE:
IDEE DE PHILOSOPHIE:
Platon: Gorgias- Protagoras- La République- Théétète-
Descartes : Le discours de la méthode- Méditations métaphysiques- Les Principes de la philosophie.
Kant: Qu'est-ce que les lumières ? Critique de la Raison pure.
Alain: Eléments de philosophie.
Châtelet: Une histoire de la raison.
Vernant : Mythe et pensée chez les Grecs.
Merleau-Ponty: Eloge de la philosophie.
Hadot : Qu'est-ce que la philosophie antique ? La citadelle intérieure.
Hersch: L'étonnement philosophique.
Vialatoux : L'intention philosophique.
Jaspers: Introduction à la philosophie.
Alquié : Signification de la philosophie.
De Romilly : Les grands sophistes dans l'Athènes de Périclès.
Foucault: Le courage de la vérité.
Deleuze. Guattari : Qu'est-ce que la philosophie ?
MYTHOLOGIE :
Grimal : La mythologie grecque.
Hamilton: La mythologie.
Détienne : L'invention de la mythologie.
Vernant : L'Univers, les Dieux, les Hommes.
Lecourt : Prométhée, Faust, Frankenstein.
Shelley: Frankenstein.
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Puisse votre enthousiasme ne pas faiblir. Tous mes voeux pour cette année d’initiation à la philosophie.
Madame,
Merci pour votre cours et pour l’invitation à réfléchir et à dialoguer que vous nous offrez.
Dans le « discours de la méthode » Descartes nous expose sa méthode pour conduire sa pensée vers la recherche de la vérité. cette méthode est contestable. La raison peut-elle faire abstraction de la tradition? Je découvre différents courants de pensée, ce qui sous-entend différentes méthodes possibles pour conduire une pensée personnelle. Cependant la raison par nature impose des règles à la pensée. Peut-on dire que malgré la diversités des courants de pensée, il existe nécessairement une méthode propre à la philosophie qui n’est pas celle des sciences expérimentales ou autres sciences? Merci pour l’attention que vous accorderez à ma question. Bernard
Lorsqu’on affirme quelque chose, il faut le justifier. En quoi la méthode cartésienne pour bien conduire sa raison est-elle contestable?
C’est un des grands enjeux de la réflexion philosophique de soumettre la tradition à l’examen rationnel et ce n’est pas parce que la tradition occidentale (inaugurée par les prophètes juifs et les philosophes grecs) a ceci de singulier qu’elle est la tradition de la remise en question de la tradition qu’on peut accuser sa démarche d’être l’expression d’un particularisme culturel. Elle est le propre de la raison dans sa dimension universalisable.
Oui, il y a une méthode philosophique. Elle consiste toujours pour l’esprit à faire retour sur ses contenus de pensée pour en interroger le sens, le fondement et la valeur.
merci de votre réponse.
Le philosophe est donc un « questionneur- chercheur » perpétuel obéissant aux règles universelles de la raison. L’histoire de la philosophie révèle cependant les différentes théories des philosophes relatives aux rapports de l’homme au monde, à autrui, à Dieu. Ces différences d’approche du sens de l’existence sont-elles liées au contexte de l’époque où se situe chaque philosophe ou est-ce un engagement du sujet pensant avec sa personnalité et sa sensibilité propre qui conduit les philosophes à des points de vue différents. Par exemple, du « Cogito’ infère sa propre existence et l’existence de l’être le plus parfait qui est Dieu. Au contraire, Nietzsche au 20ème siècle construit une philosophie de l’athéisme. Deux philosophes appliquant une méthode philosophique universelle, élaborent des théories contradictoires. La distinction entre méthode, théorie et engagement personnel est-elle pertinente? Merci de me lire. Bernard
Chaque philosophie est singulière pour de multiples raisons. Celles que vous indiquez ont leur importance. L’activité de la pensée n’est pas désincarnée. Elle porte la marque d’une époque avec les problèmes qu’on se pose, la langue dans laquelle on s’exprime, les préoccupations dominantes. Elle n’est pas non plus indépendante d’une idiosyncrasie personnelle. Cependant elle n’est philosophique qu’autant qu’elle n’est pas réductible à ces déterminations historiques et personnelles. La pluralité des philosophies tient surtout au fait que l’objet de la réflexion philosophique est le problématique. Les questions qu’elle affronte ne peuvent pas recevoir de réponses univoques. Leur élucidation met en jeu des présupposés, des choix moraux, des partis-pris métaphysiques de telle sorte que toutes les philosophies, dans la perspective qui est la leur ont leur cohérence et leur validité. Voilà pourquoi, il n’y a guère de sens, à mes yeux de parler de théories contradictoires.
Madame,
Merci pour votre réponse qui m’éclaire. Des points de vue sont différents. Après avoir adopté un point de vue réfléchi, soumis à la critique de sa raison, chaque philosophe peut rendre compte de sa pensée de façon cohérente, raisonnée ce qui l’oblige à une confrontation à d’autres conclusions qui sont aussi argumentées selon les lois de la raison. N’est-ce pas un moyen de progresser, d’enrichir sa pensée et de devenir libre et tolérant? C’est un chemin qui passe par l’écoute de l’autre et le dialogue pour se faire un jugement personnel, trouver sa vérité? Je cherche toujours à comprendre. Merci encore de guider ma pensée.
Bernard
Ce qu’il y a de passionnant dans l’exercice de la pensée philosophique est en effet de nous mettre en situation de nous excentrer par rapport à la particularité de notre être empirique et de nous inscrire dans la République des esprits où chacun peut faire l’expérience de l’existence d’un bien commun qu’on l’appelle la vérité (sur le plan théorique) ou la justice (sur le plan pratique).
Qu’il y ait là une possibilité infinie de progrès, nul doute. Mais aussi de paix pour une pluralité humaine qui, en-deçà de l’ouverture aux exigences de la raison, se condamne à la clôture des passions partisanes et à la violence.
J’apprécie votre pensée et la façon dont vous l’exprimez. je travaille sur la question : la philosophie requiert-elle une méthode? J’ai envie de dire que la philosophie est une méthode par définition, puisque la définition de « méthode » c’est d’après le larousse: marche rationnelle de l’esprit pour arriver à la connaissance ou à la démonstration de la vérité. Plus qu’une méthode c’est d’une attitude ou disposition de l’esprit qui nous permet de nous « excentrer par rapport à la particularité du moi. je médite sur l’expérience de Descartes qui du doute radical est arrivé à la certitude, l’évidence: je doute, je pense, j’existe. La méthode de Kant est-elle très diff »érente de celle de Descartes? C’est toujours le sujet qui doute et qui s’interroge sur la possibilité de la connaissance. C’est toujours une prise de distance pour mieux appréhender la vérité. Descartes, comme Kant ont une pensée critique, un à priori de doute et un souci de vérification. merci de me lire. Bernard.
Votre sujet est un sujet difficile requérant des définitions opératoires de ce qu’il faut entendre par philosophie.
La démarche critique est consubstantielle à la philosophie mais le criticisme kantien est une chose, le doute cartésien une autre. Il faut élaborer la problématique en prenant une définition précise de la notion de méthode (Cf. Lalande: « on appelle méthode un programme réglant d’avance une suite d’opérations à accomplir et signalant certains errements à éviter, en vue d’atteindre un résultat déterminé »).
Toute dissertation impliquant un mouvement dialectique, il faut vous poser la question: si la démarche philosophique ne peut se réduire à l’usage d’une méthode, que requiert-t-elle?
Bon courage.
Merci pour vos lumières.
Le mot « Philosophie a en effet plusieurs sens: pour les grecs, c’était la quête de la sagesse, la recherche permanente d’un art de vivre, mais aussi un questionnement permanent pour progresser dans la connaissance de la vérité sur soi, sur l’autre, sur le monde. Chercher un sens à la vie et apprendre à bien vivre selon les lois de la nature.
Dans l’occident chrétien, les catégories de la philosophie grecque ont été réutilisée dans un sens nouveau, une orientation nouvelle pour exprimer le mystère chrétien, la philosophie était au service de la Théologie avec Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin. La métaphysique occupait une place importante. La philosophie conduisait naturellement à la vraie sagesse qui était donnée par l’engagement de la foi en Dieu Trinité.
Après Descartes et Kant, la philosophie a pris son autonomie par rapport à la théologie. Il me semble que l’homme seul est devenu le sujet et l’objet de la réflexion philosophique. L’homme doué de raison, doit construire seul sa connaissance de lui même, de l’autre, du monde, par un questionnement permanent, une remise en question des opinions reçues, un esprit de critique. Cela s’est traduit par la construction intellectuelle de grands systèmes de pensée, peut-être des idéologies. La philosophie est devenue révolutionnaire, engagée politiquement pour une transformation de la société avec Marx, en particulier. Il me faut encore découvrir la phénoménologie qui a été un renouveau de la pensée philosophique. Difficile pour moi de formuler des définitions claires de la Philosophie sinon dire qu’elle est quête de sagesse, recherche de la vérité par une pensée rationnelle et critique, l’apprentissage d’une pensée logique et rationnelle pour arriver à des affirmations universellement admises, et aussi art de vivre avec les autres et avec soi-même. vaste programme qui dépasse de beaucoup l’application d’une recette toute faite, prête à l’emploi. Je n’en suis qu’au début de ma réflexion. Vais-je m’en sortir?
merci encore. Bernard
Mais bien sûr! Il suffit de persévérer dans l’effort. Les lumières sont la récompense du travail et de la curiosité.
Tous mes voeux de réussite de votre projet.
Bonjour,
Je souhaitais juste vous remercier pour cette immense source de contenus pédagogiques qui rend abordable et compréhensibles certains aspects et principes philosophiques.
Je m’y intéresse depuis peu, je ne saurais dire pour quelle raison mais l’important est de s’y intéresser non ? 🙂
J’ai lu presque par hasard « l’apologie de Socrate ». Je l’ai lu et relu avant de passer à Criton, tout aussi fluide (merci la dialectique) et enrichissant. Très vite j’ai cherché à comprendre le contexte dans lequel évoluaient Socrate et Platon, ce qui m’a poussé à me plonger dans la Grèce Antique. Il est particulièrement difficile de tout retenir tellement les successions d’évènements et de personnages sont importantes mais cela a eu le mérite de m’apporter une vue macroscopique des ces siècles. J’en ai également profité pour lire le dernier livre de Jacqueline de Romilly « De la grandeur de l’homme » qui effectue entre autres un superbe parallèle entre cette époque et la notre.
Puis je suis tombé sur votre formidable blog, sur lequel je reviens souvent pour lire et relire vos billets, vos explications, etc.
J’ai bien conscience de n’être qu’au début d’un début de connaissance et je ne doute pas que toutes les informations que vous mettez aussi clairement à disposition me seront d’une très grande utilité.
Donc merci encore et les très sincères voeux pour 2011.
Merveilleuse curiosité humaine unissant les hommes dans l’amour de biens s’augmentant de se partager! Soif inapaisable conférant à la vie son éternelle jeunesse.
Que 2011 consacre pour vous cette inestimable chance. Sans savoir comment, ni pourquoi, vous avez percé le secret de la vie libre et heureuse.
Merci de m’associer à votre plaisir d’apprendre.
En lisant vos réflexions sur la définition de la philosophie, je rencontre mes propres opinions sur l’origine du terme philosopher: il consiste, en effet, en une libération de l’être ou de l’individu qui décide de percer les mystères de l’inconnu ou qui refuse d’accepter les réalités devenues fades et sans inspiration. L’allégorie de la caverne de Platon nous permet de découvrir le philosophe et de comprendre ses démarches: il se démarque tout simplement des réalités quotidiennes à la recherche de la vérité au risque de se faire accuser par ses semblables.
La philosophie ne fait pas bon ménage avec les opinions. Celles qui portent sur sa nature ne font pas exception à la règle!
Madame bonjour,
Je vous remercie pour votre très intéressant blog.
Vous avez indiqué, ci-dessus, l’étymologie de la philosophie, c’est-à-dire « amour de la sagesse ». Pourriez vous, s’il vous plaît, nous éclairer sur ce que vous entendez par « amour » et par « sagesse »?
Bonsoir
Le philosophe est l’amoureux de la sagesse, dit-on traditionnellement. L’explicitation du sens de cette formule demanderait de longs développements que je ne vais pas faire ici. Il y a de nombreux cours sur ce blog centrés sur cette idée.
Désirer, selon l’analyse platonicienne, c’est aspirer à posséder ce que l’on n’a pas. Le désir ou l’amour est le signe d’un manque. Il s’ensuit que le philosophe n’est pas un sage. Il tend vers une perfection qui lui fait défaut. En ce sens il est indigent mais à la différence des autres hommes, il en a conscience et s’efforce donc de conquérir le bien dont il sait être privé.
La sagesse, c’est d’abord la science, la connaissance théorique. La recherche de la vérité est une fin en soi pour le philosophe. Ce qui définit la dimension contemplative de la philosophie.
Mais si l’homme est né pour connaître, en tant qu’il a un intellect, il a aussi à agir, à bien se conduire. En ce sens, la sagesse est un art de vivre en conformité avec la vérité et les exigences supérieures de l’esprit (une éthique ). Les Grecs la définissaient comme la méthode de la vie bonne et heureuse.
Cette méthode implique la science (par exemple, Socrate enseignait que « la vertu est science, la méchanceté est ignorance), c’est pourquoi la dimension théorique et la dimension pratique sont inséparables dans l’idéal philosophique.
En espérant avoir clarifié les choses.
Bien à vous.
[…] Qui plus est, elle n’a pas que couché l’itinéraire de son cours sur le Web, elle s’engage dans la conversation, comme en fait foi le billet où elle présente le chapitre I*. […]
bjr! j’aimerais savoir pourquoi Socrate est le point de repère de l’histoire de la philosophie?
Bonjour
Dans l’article sur Socrate vous avez la réponse à votre question. Il suffit de le lire.
Les présocratiques initient la rupture avec la mythologie et marquent l’émergence du logos. Mais leurs préoccupations sont surtout physiques. Ils élaborent des cosmologies. Avec Socrate, ce n’est plus l’ordre physique qui est le centre du questionnement. « Il a fait descendre la philosophie du ciel sur la terre » disait Cicéron. Avec lui la philosophie s’accomplit comme réflexivité (retour de l’esprit sur lui-même pour interroger le sens, la valeur et le fondement de ses productions) et souci de la sagesse. L’éthique, le politique et non plus le physique sont l’objet essentiel de la réflexion.
Bien à vous.
Je viens de découvrir votre site, je suis ravie de pouvoir partager toute cette connaissance. Merci beaucoup.
Bonjour Madame Manon,
Je suis en terminale L et, me manquant quelques points, j’ai décidé de passer les épreuves de rattrapage en philosophie. Seulement, j’ai entendu dire que les terminales L, sur tous les textes à réviser, en avaient deux à présenter à l’oral. Notre professeur de philosophie ne nous ayant pas fait part de cette information, j’ai voulu vérifier si celle-ci était vraie. Je n’ai malheureusement pas les coordonnées de ce professeur, et les enseignants des autres matières ne sont pas plus informées que moi. Donc je voulais savoir combien de textes nous devions présenter à l’oral, devant le correcteur.
Aussi, j’avais une question. Le Vade-Mecum est une sorte de guide, mais a t-il aussi été un exercice spirituel que les apprentis philosophes stoïciens apprenaient ?
Merci
Bonsoir Claudine
Tout candidat à l’oral doit se présenter avec une liste portant le tampon de son établissement et signée par le proviseur et le professeur de l’élève.
Sur cette liste figure le titre des deux oeuvres ayant été étudiées pendant l’année, choisies dans des époques différentes (antique, moderne, contemporaine).
Ces deux oeuvres ont dû être étudiées en totalité ou en partie.
Le candidat doit se présenter muni du texte de ces deux oeuvres en double exemplaire (un pour lui afin de préparer son épreuve, un pour le professeur qui l’interroge car celui-ci ne vient pas au centre d’oral avec une bibliothèque).
Voyez bien qu’une oeuvre n’est pas un extrait de texte comparable à ceux qui sont étudiés dans la cadre du cours.
L’expression vade mecum (« viens avec moi »dans la traduction littérale) désigne un petit livre de voyage que l’on porte toujours sur soi pour avoir présent à l’esprit ce qui est utile à la conduite de la vie. C’est un aide mémoire dont les stoïciens (fonction du Manuel d’Epictète) ou les épicuriens (fonction de la lettre à Ménécée par exemple) se munissaient afin d’être armés spirituellement dans toutes les occurrences de la vie. Dans les écoles de philosophies antiques, on ne sépare pas l’enseignement théorique de l’application pratique.L’enjeu de l’apprentissage n’est donc pas seulement la connaissance du principe de la sagesse, il est surtout sa mise en application dans la conduite, ce qui implique un travail de soi sur soi ou ce qu’on appelle un exercice spirituel.
Tous mes voeux de réussite à l’examen.
passionnant
Bonjour Mme Manon la philosophie ne serait-elle pas la science du dernier « pourquoi » ?
Bonsoir
Voyez bien qu’il est erroné de considérer la philosophie comme une science.
La philosophie est une réflexion qui pose la question du sens, de la valeur et du fondement de nos énoncés. Si par « dernier pourquoi » vous entendez la quête du principe suprême, du fondement qui fonderait toute chose et se fonderait lui-même, votre affirmation peut se justifier.
Bien à vous.
Bonjour madame Manon,
J’aimerai savoir quel cursus universitaire à partir du master avez-vous suivi exactement pour pouvoir enseigner la philosophie?
Bonjour
Pour être professeur en France, il faut passer les concours d’enseignement( CAPES, AGRÉGATION) après ce qui s’appelait de mon temps la maîtrise.
J’ai d’abord été certifiée puis agrégée.
Bien à vous.
Bonjour, Mme. Manon. Je voudrais juste vous féliciter de ce site d’une ampleur et d’une profondeur impressionnantes, et avec des réponses soigneuses aux commentaires en plus! Comment trouvez-vous le temps? C’est à louer.
EN un mot ….je me régale, n’ayant pas pu faire des grandes études, vous donnez l’appétit d’apprendre.
Mme Manon je vous salue….je dirai mieux, je vous en remercie.
merki pour ce blog qui est plus que intéressant.
une vrai perle
Bonsoir Madame, je me permet de vous contacter car vous m’avez l’air fortement intéressée par la matière et assez sympathique en vue des commentaires. Je suis un élève de Terminale Littéraire et je me suis découvert une passion pour la philosophie depuis Septembre. N’ayant jamais eu de réelles motivations scolaires, c’est la première fois qu’une matière m’intéresse tant, je dirais même que c’est la première fois que je m’intéresse autant à quelque chose. Les notes que je récolte sont toutes au-dessus de 15 et j’ai donc demandé une licence de philo et suis très intéressé par le capes ( mais chaque chose en son temps ). Je vous expose donc mon problème, j’ai souvent été en « échec scolaire » et cela fait deux ans que j’ai rattrapé, tant bien que mal, mon retard mais il se trouve que même si je m’investis à fond dans la Philo, je commence à m’inquiéter pour les années à venir. Bien entendu mon prof de Philo est à l’écoute et me soutiens mais je suis littéralement figé devant lui, l’idolâtrie prend le dessus malheureusement… Je viens donc vous demander, en espérant vraiment que cela ne vous dérange pas, quelques conseils quant à la licence de Philosophie, le niveau demandé, les choses importantes à savoir, peut-être même quelques astuces… En espérant, une fois de plus ne pas vous déranger. Merci infiniment.
Bonjour
Le philosophe n’a qu’une chose à vous répondre.
Chaque chose en son temps…..
Et surtout il faut comprendre que l’idolâtrie est aux antipodes de la maturité intellectuelle et morale. Un professeur peut réveiller un désir intellectuel, il ne peut en être l’objet. Quel sera votre intérêt pour la discipline quand elle sera portée par d’autres personnes? Telle est la première chose qu’il faut vous efforcer d’élucider. Et si vous ne parvenez pas tout seul à cette lucidité, les circonstances s’en chargeront. Si votre enthousiasme pour le travail de la pensée devait se maintenir, il vous suffira d’en assumer les exigences. Elles ne varient pas selon les années d’étude.
Bien à vous.
Ça y. Est je sais ce que je fais l’ année prochaine :
L1 de philo ! Vous m’ avez créé ma vocation !
Merci pour vos leçons de philosophie qui éveillent en nous le désir de savoir, de penser par soi-même pour affirmer notre humanité. Selon vous, que peut apporter la philosophie à un monde si profondément en crise, et que pensez vous de la question de la philosophie africaine ?
Bonjour
Quel que soit le monde dans lequel nous vivons, dès lors que les sociétés humaines ne sont plus fondées sur l’autorité sacrée de la tradition, il y a lieu de parler de crise. De ce point de vue, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
Aujourd’hui comme hier, l’exercice philosophique est ce qui peut conduire les hommes à acquérir la sagesse sans laquelle il ne peut y avoir ni modération des passions sociales, ni concorde entre les hommes (enjeu politique de la philosophie), ni possibilité de bonheur et de vertu sur le plan privé (enjeu existentiel et moral).
Ignorant ce à quoi renvoie l’idée d’une philosophie africaine, je ne peux répondre à votre dernière question.
Bien à vous.
Bonjour Mme Manon,
Merci infiniment de rendre disponible à tous cette somme de connaissances, réflexions, études de textes…
Quelle belle découverte pour moi que d’être tombée par hasard sur votre site ! Je pense le prendre comme guide d’apprentissage pour la prochaine année !
J’hésitais ces derniers jours à m’inscrire à la licence à distance de Nanterre, comme je suis française mais j’habite et je travaille au Québec. Avec mon travail à plein temps toutefois j’avais peur de ne pas réussir à suivre le rythme, mais étudier seule sans guide me semblait un peu hasardeux (tant sur le plan de la méthode que sur celui de la motivation et persévérance). Je pense avoir trouvé ici un parfait compromis ! Je vais étudier seule mais en prenant votre site comme guide. Je verrais l’année suivante si je m’inscris en licence à distance ou pas, mais je suis certaine que ce que j’apprendrais ici me sera bien utile par la suite quoiqu’il en soit.
Alors MERCI !
Marie
Bonjour Marie
Vous savez que le CNED propose un enseignement à distance à un prix raisonnable. Mais il y a des contraintes en termes de remises des devoirs qui ne sont pas toujours compatibles avec celles du travail.
Mon blog est en effet un recours dans cette situation.
Je vous souhaite beaucoup de plaisir dans votre formation.
Bien à vous.
Bonjour Chére Madame
Socrate est-il le péré de la philosophie?
et pourquoi Platon ecrivait ses pensees et pas lui?
mercii madame
Bonjour
Je réitère la même remarque que dans mon message précédent.
Ex: le père de la philosophie.
Vous avez une présentation de Socrate https://www.philolog.fr/socrate/ et une présentation de Platon https://www.philolog.fr/platon/ pour répondre à vos questions.
Il faut exploiter les ressources que vous fournit ce blog.
Socrate n’a rien écrit parce qu’il n’y a d’authentique pensée pour lui que vivante. L’écriture fige la pensée et incarne à ce titre un risque mortel pour elle. Le procès socratique ou platonicien de l’écriture est étayé dans le dialogue le Phèdre.
Bien à vous.
Bonjour,
Il serait intéressant de s’interroger sur ce qu’on entend par « philosophie » dans le monde anglo-saxon. C’est quand même (on peut le regretter) la philosophie la plus pratiquée actuellement dans le monde.
Je me demande souvent si ces deux traditions sont compatibles ou non.
Cordialement.
Bonjour
On oppose, souvent superficiellement, la philosophie anglo-saxonne, c’est-à-dire essentiellement la philosophie analytique à la philosophie que, par esprit de polémique plus que par analyse rigoureuse, certains ont appelée la « philosophie continentale ».
Dans les deux cas, il y a philosophie parce qu’il y a questionnement.
Tout questionnement met en jeu des présupposés et est en débat avec un contexte.
Il y a chez les Anglais une prégnance du présupposé empiriste, chez les Américains, une attention particulière à l’expérience, au langage, au sens commun. Notre tradition intègre ces dimensions de la réflexion mais avec le criticisme d’un Kant, le rationalisme d’un Descartes ou la phénoménologie husserlienne, on est plutôt attentif à la conscience, à la raison dans leur fonction transcendantale.
Je ne vois pas en quoi on serait fondé à parler d’incompatibilité entre des pratiques singulières de la philosophie. Tout au plus peut-on dire qu’on se sent plus à l’aise dans un champ que dans un autre.
En ce qui me concerne par exemple, les ouvrages de philosophie analytique m’ennuient souvent.
Bien à vous.
Bonjour Madame Manon,
J’ai vu et je pense que les internautes vous ont suffisamment remercié et je me joins à eux pour vous dire merci.
J’ai découvert votre blog aujourd’hui et je suis sous le charme. J’espère pouvoir le rester.
J’ai toujours voulu suivre un cours de philosophie, faire au moins une licence. Malheureusement, il n’y a qu’une faculté à Haïti, l’école normale supérieure, ou on peut étudier cette discipline.
Maintenant, je suis professionnel dans un autre domaine , je cherchais un cours de manière désintéressée sur internet et je suis tombé sur ce blog (dans un annuaire sur un autre site avec mention spéciale).
Pouvez- vous me dire, si ce n’est pas indiscret, quelle est votre satisfaction en tant qu’animatrice de ce blog et en tant professeur de philosophie et donc philosophe?
Bien à vous
Bonjour Jean Marc
L’exercice philosophique est un plaisir en soi. Ouvrir son esprit en faisant détour par la pensée des autres, comprendre les problèmes, s’enfoncer dans l’ambiguïté des choses permet de s’accomplir dans sa dimension intellectuelle et morale et cet accomplissement est source de bonheur.
L’éveil philosophique suppose l’ascèse des passions, il libère, cette libération allant de pair avec la sérénité. Il assèche le sectarisme et le fanatisme, d’où son intérêt social. Eviter la facilité des parti pris, rendre possible le dialogue et les compromis. Sans ces vertus, l’idéal démocratique est un slogan non une pratique.
Si en plus on peut promouvoir chez les autres cette ouverture d’esprit et partager le bonheur de philosopher, celui-ci se trouve accru.
Bien à vous.
Où sont développés les réponses aux questions :
•Qu’est-ce que penser? En quoi penser n’est-ce pas opiner?
•Qu’est-ce qui distingue la rhétorique philosophique de la rhétorique sophistique?
et suivantes.
Merci
Bonjour
Vous avez une table des matières et un index pour les trouver! Il vous suffit de vous donner la peine de les chercher.
Bon travail.
bonsoir
quelle est l origine de la philosophie
Bonjour
Je ne prends la peine de répondre qu’aux internautes faisant preuve d’une politesse élémentaire.
Lorsqu’on sollicite un service de la part de quelqu’un, on dit s’il vous plaît.
Bien à vous
Je tenais à poster un commentaire pour vous exprimer ma reconnaissance, après des mois à arpenter votre merveilleux site qui satisfait mes appétits de philosophie que mon professeur ne comble définitivement pas. Votre site est une mine d’or pour moi qui n’ai qu’internet pour me cultiver et ni argent ni bibliothèque pour accéder aux livres de mes philosophes préférés.
Je m’apprête à participer au concours général de dissertations philosophiques (série L), et serai toujours consciente que s’il m’est permis de sortir de cette salle fière, je vous devrais beaucoup.
Merci pour l’énergie que vous déployez par amour de la Sagesse. Je me prends souvent à rêver qu’il y ait plus de personnes comme vous sur Terre.
Passez une excellente journée (et une excellente vie).
Pyrène Schmitt
Bonjour Pyrène
Je suis très sensible à votre émouvant message.
J’espère que le sujet du concours général vous conviendra et ne doutez pas que vous ne devrez votre réussite qu’à vous-même.
Tous mes vœux d’épanouissement dans vos études et votre vie.
Bien à vous.
Bonjour chère Madame, avant tout propos, je tiens à vous feliciter au sens plein du terme,pour l’amour et l’énergie que vous consacrez à la réussite de ce site. Puisse Dieu fasse de sorte à ce que vous soyez toujours disponible pour nous encourager, nous éclairer et nous soutenir pedagogiquement par votre expérience. En effet madame,j’ai choisi comme thème de mon projet de master 1 , Apories des régimes politiques dans La Republique de Platon. Pour le plan, jai decide dans une premiere partie d’expliquer les notions clés du sujet. Dans la deuxième partie, j’ai dressé les différentes types de régimes politiques. Pour la suite, je ne sais pas si je dois expliquer le processus de décadence des régimes politiques, ou m’atteler à autre chose? Respectuesement.
Bonjour
Il me semble que la problématique engagée par votre sujet exige de développer le processus de décadence des régimes politiques. A défaut, y aurait-il sens à parler d’apories?
Bien à vous.
Bonjour Mme MANON,
Je me permets de vous écrire pour vous adresser mes remerciements. Jeune lauréate, je vous dois beaucoup pour la réussite de mon CAPES. Votre blog est bien fait et les articles que vous y publiez ont le mérite de mettre en lumière les concepts essentiels et de rappeler les grandes problématiques des thèmes que vous abordez. J’adresse une mention spéciale à la rubrique « récréation », démarche originale qui m’a enchantée. Je trouve que la clarté des cours et le choix de les mettre en ligne pour en faire bénéficier le plus grand nombre sont admirables. Si votre blog a été un memento pour moi lors des révisions de mon concours, il apparaît maintenant comme une source d’inspiration pour le professeur que je dois devenir.
Merci pour vos publications. Voilà un blog qui se présente comme un bel « éloge à la philosophie ».
Bien à vous,
Alex E
Bonjour chère lauréate.
Félicitations pour votre réussite au concours et merci pour ce message qui me fait vraiment plaisir. La future pédagogue est sans doute sensible à l’effort pédagogique que suppose la rédaction de mes modestes articles.
S’ils peuvent encore vous être utiles, j’en suis ravie.
Tous mes vœux d’épanouissement dans le métier que vous avez choisi.
Bien à vous.
Madame MANON,
Votre site me paraît génial. Il est juste ce qu’il me faut pour acquérir les connaissances et les modes de pensée (raisonnements inclus,.. surtout pas de recettes) relatives à la philosophie. Que faut-il que je fasse pour bénéficier d’un libre accès à votre site ?
Je ne cherche pas la gratuité, tout a un prix. Alors ?
Et aussi, je remarque qu’il est impossible de procéder au »copier-coller », ce qui, pour moi est un handicap insurmontable car l’efficacité (… la performance) de tout un chacun réside en sa capacité à organiser le »rangement » de ses données. C’est le point clé du succès des joueurs d’échec de haut niveau. Il en reste (bien entendu) toujours deux pour le titre. Ce n’est pas leur intelligence qui fera la différence mais leur façon respective d’organiser leurs données dans leur mémoire, et ceci est … une loi de Nature.
J’ai 70 ans, cérébral (et non intello) à la retraite depuis 10 ans durant lesquels j’ai appris plus que ma vie durant, grâce à la bibliothèque mondiale en ligne (le WEB).
L’organisation de mes »données » qui m’apparaîssent (sauf erreur de ma part) subordonnées à des versions papier qui me seront imposées ne me seront pas supportables, ne serait-ce qu’en terme de temps.
Je vous demande donc, si cela vous agrée, de bien vouloir m’éclairer à ce sujet.
Je vous remercie de votre compréhension,
et vous prie d’agréer l’expression de mes distingués sentiments.
Guy CATHERIN
Bonjour
Mon site étant libre d’accès et gratuit, je ne comprends guère le sens de votre question.
La fonction copier-coller est effectivement bloquée par prudence, pour ne pas encourager les étudiants à croire qu’il suffit de copier une analyse pour en avoir la maîtrise intellectuelle.
En revanche l’impression des articles est possible pour ceux qui ont besoin de versions papier pour étudier.
Bien à vous.
Chère madame
Avez vous résolu l’énigme de l’auteur du traité des 3 imposteurs?
Si seulement il se pouvait que ce fut Spinoza!
Quoi qu’il soit j’ai beaucoup aimé votre livre.
Très cordialement à vous.
Bonjour
Je ne sais pas à quel livre vous faîtes allusion.
Sans rapport en tout cas avec l’énigme du traité des trois imposteurs, par ailleurs si peu dans l’esprit de la sagesse spinoziste.
Bien à vous.
Bonjour Mme! A dire vrai,jai pas encore eu le temps de parcourir l’entiereté de votre blog car je viens à l’instant de le découvrir. Je sais pas si vous pouvez bien m’aider ou orienter sur un theme de mémoire car je suis en fait un maitrisant. Merci
Bonjour
Désolée, je n’ai pas mission à remplir ce rôle. Vous devez avoir un directeur de mémoire universitaire et si ce n’est pas le cas, c’est à vous d’avoir une idée de la question que vous souhaiteriez approfondir.
Bien à vous.
Je voudrais savoir comment faire pour comprendre un texte philosophique.
Pouvez-vous me répondre en particulier
Cordialement vôtre
Johanne Connell
Bonjour
Il vous suffit de consulter la méthode et d’en appliquer les règles. https://www.philolog.fr/la-methode-de-lexplication-de-texte/
Tous les textes ne présentent pas la même difficulté. Mais pour tous la connaissance de la langue, l’attention aux concepts employés et au développement des idées sont suffisants pour en expliciter le sens.
Bien à vous.
Bonjour Madame Manon,
je suis admiratif devant votre travail ! Non seulement, je suis enthousiaste devant un tel contenu, clair et riche (très ! ), mais de plus, le blog est élégamment présenté, bien structuré, on y trouve très facilement son chemin, et on se surprend à se promener, fortuné péripatéticien, de page en page sans parvenir à s’arrêter ! (Est-ce que vous seriez prête à insérer une commande « article au hasard », ou s’agit-il trop d’un gadget futile ? )
Je vous souhaite de garder intacts l’enthousiasme et la réussite, et j’écris cela de manière totalement intéressée : je tiens à revenir régulièrement en ces parages, m’y nourrir et réapprendre à réfléchir.
Merci !
Bonsoir
Merci pour ce sympathique message.
Comme je ne comprends pas le sens de votre requête, je ne puis vous répondre.
Veuillez m’en excuser.
Bien à vous.
Bonsoir,
nulle requête : uniquement un remerciement 🙂
Mais vous aviez compris, en tout cas le suggère la réponse… en forme de « je ne puis vous répondre ». Mon plus sympathique clin d’œil !
(S’il s’agit de « article au hasard » qui vous turlupine, voir par exemple Wiképedia avec son lien « article au hasard » qui permet de flâner sur cette encyclopédie participative avec le plaisir de la surprise ; mais d’autres sites & blogs utilisent cette fonction qui peut être agréable à l’indolent comme à l’aventurier.)
Très cordialement.
Bonjour
Votre site (dont je ne vanterai pas ici les qualités, tant de multiples commentaires ont su le faire !) offre de véritables modèles de cours et de corrigés. Quand on enseigne la philosophie, même depuis longtemps, arriver sur un site tel que le vôtre donne très envie de vous reprendre des structures de cours, mais également de très nombreux contenus : la certitude de leur qualité à la fois rassure et provoque le désir de les présenter à des élèves.
Cependant, j’ai un scrupule : est-ce honnête ? Et est-ce que je travaille noblement si je m’efforce d’assimiler vos leçons pour ensuite en faire des objets d’assimilation pour mes élèves ?
Je vous serai reconnaissante de m’apporter franchement votre avis sur ces points.
Bien à vous.
Bonjour chère collègue
Le travail d’un professeur digne de ce nom est toujours nourri, dans notre discipline, de la lecture des grands auteurs et de leurs multiples commentateurs (pour s’assurer que l’on comprend correctement leurs thèses). En ce sens, un cours implique nécessairement des emprunts mais ceux-ci ne peuvent jamais être de l’ordre d’une reprise littérale. Ils sont appropriés en fécondant le travail d’une pensée qui est toujours un acte personnel ayant son développement propre.
Vous ne pourrez jamais reprendre telles quelles les structures de mes cours ni même leurs substances si vous voulez être convaincante devant une classe car on ne peut pas penser soi-même avec les mots des autres et le mouvement intérieur d’une pensée n’est vivant qu’à raison de sa singularité. Mais s’ils peuvent enrichir votre travail, je ne peux que m’en réjouir. Il n’y a aucune malhonnêteté à chercher son miel là où l’on peut butiner. Ma propre bibliothèque est immense. N’est-ce pas la vertu des pédagogues d’aider les autres à clarifier leur pensée, à l’approfondir, à l’ouvrir sur de nouveaux horizons? Un professeur est un éternel élève. Si je puis vous être utile dans votre propre réussite pédagogique, cela témoignera à mes yeux de la vertu de mon propre travail.
Voici ce texte en guise de présent:
« L’éducation libérale est une éducation qui cultive ou une éducation qui a pour fin la culture. Le produit fini d’une éducation libérale est un être humain cultivé « Culture » signifie en premier lieu agriculture ; la culture du sol et de ses produits, le soin et l’amélioration du sol en conformité avec sa nature. Le mot de « culture » signifie deuxièmement et aujourd’hui principalement la culture de l’esprit, le soin et l’amélioration des facultés innées de l’esprit en conformité avec la nature de l’esprit. Tout comme il faut des cultivateurs pour le sol, il faut des maîtres pour l’esprit. Mais on ne trouve pas aussi facilement des maîtres que des agriculteurs. Les maîtres sont eux-mêmes des élèves, et il est nécessaire qu’il en soit ainsi. Mais il ne peut y avoir de régression à l’infini : il faut qu’il existe en fin de compte des maîtres qui ne soient pas à leur tour des élèves. Ces maîtres qui ne sont pas aussi des élèves sont les grands esprits ou, pour éviter toute ambiguïté sur une situation d’une telle importance, ils sont les plus grands esprits. De tels hommes sont extrêmement rares. Nous avons peu de chances d’en trouver un dans une salle de classe. Nous avons peu de chance d’en trouver un où que ce soit. C’est une bonne fortune s’il en existe un seul de vivant au cours de la vie d’un homme. Dans la plupart des cas, les élèves, quel que soit leur niveau, n’ont accès aux maîtres qui ne sont pas à leur tour des élèves, aux grands esprits, que par l’intermédiaire des grands livres. L’éducation libérale consistera donc à étudier avec le soin convenable les grands livres que les grands esprits ont laissés derrière eux ; une étude dans laquelle les élèves les plus expérimentés prêtent assistance aux moins expérimentés, les débutants y compris (…)
L’éducation libérale qui consiste en un commerce permanent avec les plus grands esprits est un entraînement à la modestie la plus haute, pour ne pas dire à l’humilité. Elle est en même temps un entraînement à l’audace : elle exige de nous une rupture complète avec le bruit, la hâte, l’absence de pensée, la médiocrité de la Foire aux Vanités des intellectuels comme de leurs ennemis. Elle exige de nous l’audace impliquée dans la résolution de considérer les opinions reçues comme de simples opinions, ou encore de considérer les opinions ordinaires comme des opinions extrêmes ayant au moins autant de chances d’être fausses que les opinions les plus étranges ou les opinions les plus populaires. L’éducation libérale est libération de la vulgarité. Les Grecs avaient un mot merveilleux pour « vulgarité » ; ils l’a nommaient « apeirokalia » manque d’expérience des belles choses. L’éducation libérale nous donne l’expérience des belles choses ».
Léo Strauss, Le libéralisme antique et moderne.(1968 traduction française 1988). Trad. Olivier Berrichon Sedeyn, Puf, 1990, p. 13 et 21.
Cordialement.
Bonjour
Merci pour ce très beau texte. De fait, je prends des leçons en consultant votre site.
Mais justement : lorsque je lis vos analyses, sans fausse humilité je m’incline et je ne peux que faire miens vos mots, puisque je ne peux pas faire mieux. Certes je ne les apprends pas par coeur, mais à partir du moment où je les comprends, pourquoi changerais-je des formulations justes pour changer, ce qui ne serait qu’un travail rédactionnel de recherche d’expressions équivalentes et de synonymes sur ce qui me semble déjà très bien ?
De même, pour la structure de mon cours sur le travail par exemple, j’ai été très influencée (hum, c’est un euphémisme !)par votre modèle quant à mon choix d’un I sur le rapport entre l’homme et la nature, II sur la transformation par l’homme de sa propre nature, dans lequel j’insère des parties sur la technique (parce que je traite les deux notions ensemble), III sur l’aspect social et la notion de valeur, et IV sur la question de la liberté qui fait revenir la notion de technique.
Voilà pourquoi, tout en ne pouvant me priver de tous ces contenus qui correspondent à ce que je veux, qui me font me dire que c’est cela qu’il faut dire mais que je ne l’aurais pas trouvé, moi, je ne suis pas fière.
A propos du travail, pourquoi dites-vous (dans Ambiguïté du travail, B – Le travail est un acte qui se passe entre l’homme et l’autre homme) que la division du travail n’est pas chez Platon « un principe structurant du social » ?
Et auriez-vous s’il vous plaît un texte de référence à me signaler quant à l’exception des Sophistes dans la conception du travail chez les Anciens (je suppose que les Anciens sont les penseurs antiques, ou cela va-t-il plus loin, puisque les Modernes, c’est à partir du 16ème siècle ?)
Par ailleurs, peut-on dire qu’il y a des métiers qui n’impliquent pas de technique ? En effet, l’art d’enseigner, la pédagogie, par exemple, s’ils supposent des savoir-faire, n’interviennent pas sur des objets mais sur un public d’êtres humains…
Enfin, quand on enseigne la philosophie en classe de terminale, dans le cadre d’un programme invariable, balisé par des incontournables, enfin je crois (Descartes sur la conscience, Hegel sur le désir de reconnaissance, Sartre sur la liberté, etc…), comment éviter le sentiment de ressassement d’année en année ? Certes on peut décider de changer de référence (autre auteur, autre texte) sur tel ou tel point, mais globalement le cours reste le même…
Et comment éviter la pesanteur du cours magistral ? J’ai lu dernièrement un collègue qui a fait allusion au fait qu’il mettait les élèves en activité, mais à part les amener à réfléchir à l’oral (sans y passer trop de temps à cause du programme « à boucler ») ou leur faire étudier un texte, je me demande ce que l’on peut faire : avez-vous des idées sur la question ?
J’espère ne pas vous importuner avec toutes ces interrogations. Le cas échéant, n’hésitez pas à me l’exprimer.
Bien à vous.
Bonsoir
Il me semble que l’on maîtrise une signification lorsqu’on est capable de la formuler avec ses propres mots, voilà pourquoi j’ai peine à comprendre que l’on soit prisonnier d’une formulation ou du développement d’un autre.
Pour répondre à vos questions: Voyez l’article https://www.philolog.fr/quest-ce-qui-fonde-le-lien-social/ pour comprendre que Platon ne fonde pas la cité sur la division du travail ou sur les besoins économiques.
Voyez mon commentaire du mythe de Prométhée ( https://www.philolog.fr/le-mythe-de-promethee-commentaire-detaille/ )pour comprendre ce qui distingue l’anthropologie sophistique de l’anthropologie platonicienne. https://www.philolog.fr/sophistique-sophiste-sophisme/
Même dans les dernières années d’une longue carrière, je n’ai jamais eu le sentiment du ressassement tant un professeur ne peut faire vivre des significations qu’en ayant l’impression de les redécouvrir indéfiniment, qu’en les approfondissant à nouveaux frais, qu’en jouissant à chaque fois de leur puissance d’intelligibilité.
Quant au cours magistral, je ne crois pas qu’il faille l’enterrer. Loin de bloquer la parole, il a été dans mon expérience l’occasion d’échanges, de digressions, d’interventions d’élèves fécondes leur permettant de s’approprier les thèses d’auteurs et les problématiques avec lesquelles ils doivent se familiariser. L’étude de textes en commun est un exercice très vivant dont on n’abuse jamais trop.
Bien à vous.
Bonjour madame,
Merci pour vos précieux cours. Je suis admiratif en voyant votre blog, vraiment !
Je suis actuellement en 1ère année de droit, celui-ci m’aide grandement même si je viens ici pour approfondir la matière afin de mieux la comprendre car elle m’intéresse beaucoup !
Félicitation, j’espère que vous continuerez à publier !
Bien à vous,
Elliot
A mon tour de vous dire que je suis sensible à votre sympathique message.
Tous mes vœux de réussite dans vos études.
Bien à vous.
Bonsoir Madame
Je vous écris de l’étranger où je travaille actuellement. Je me permets de vous écrire car je cherche à connaître le sujet tombé au Capes de philosophie ce matin. Le connaissez-vous s’il vous plaît ? Par avance merci.
Bonjour
Si mes informations sont bonnes le sujet est le suivant: La politique est elle le règne des passions?
Bien à vous.
Merci beaucoup Madame! Un sujet à la fois inattendu et tout à fait dans l’air du temps !
Pourrai-je vous demander le second sujet ce soir?
Bonne journée à vous
Bonjour
Le second sujet est le suivant:
Explication de texte.
« Madame,
J’ai très grande obligation à Votre Altesse de ce que, après avoir éprouvé que je me suis mal expliqué en mes précédentes, touchant la question qu’il lui y a plu me proposer, elle daigne encore avoir la patience de m’entendre sur le même sujet, et me donner occasion de remarquer les choses que j’avais omises. Dont les principales me semblent être qu’après avoir distingué trois genres d’idées ou de notions primitives qui se connaissent chacune d’une façon particulière et non par la comparaison de l’une à l’autre, à savoir la notion que nous avons de l’âme, celle du corps, et celle de l’union qui est entre l’âme et le corps, je devais expliquer la différence qui est entre ces trois sortes de notions, et entre les opérations de l’âme par lesquelles nous les avons, et dire les moyens de nous rendre chacune d’elles familière et facile ; puis ensuite, ayant dit pourquoi je m’étais servi de la comparaison de la pesanteur, faire voir que, bien qu’on veuille concevoir l’âme comme matérielle (ce qui est proprement concevoir son union avec le corps), on ne laisse pas de connaître, par après, qu’elle en est séparable. Ce qui est, comme je crois, toute la matière que Votre Altesse m’a ici prescrite.
Premièrement, donc, je remarque une grande différence entre ces trois sortes de notions, en ce que l’âme ne se conçoit que par l’entendement pur ; le corps, c’est-à-dire l’extension, les figures et les mouvements, se peuvent aussi connaître par l’entendement seul, mais beaucoup mieux par l’entendement aidé de l’imagination ; et enfin, les choses qui appartiennent à l’union de l’âme et du corps, ne se connaissent qu’obscurément par l’entendement seul, ni même par l’entendement aidé de l’imagination ; mais elles se connaissent très clairement par les sens. D’où vient que ceux qui ne philosophent jamais, et qui ne se servent que de leurs sens, ne doutent point que l’âme ne meuve le corps, et que le corps n’agisse sur l’âme ; mais ils considèrent l’un et l’autre comme une seule chose, c’est-à-dire, ils conçoivent leur union ; car concevoir l’union qui est entre deux choses, c’est les concevoir comme une seule. Et les pensées métaphysiques, qui exercent l’entendement pur, servent à nous rendre la notion de l’âme familière ; et l’étude des mathématiques, qui exerce principalement l’imagination en la considération des figures et des mouvements, nous accoutume à former des notions du corps bien distinctes ; et enfin, c’est en usant seulement de la vie et des conversations ordinaires, et en s’abstenant de méditer et d’étudier aux choses qui exercent l’imagination, qu’on apprend à concevoir l’union de l’âme et du corps ».
Descartes, lettre à Elisabeth, 28 juin 1643
Bien à vous.
Et encore merci. 1000 fois.
Romain
Bonjour Madame,
Je souhaiterai, si cela ne prend pas inutilement sur votre temps, solliciter votre regard sur des questions concernant l’enseignement de la philosophie à l’université et la possibilité d’acquérir par soi-même une culture philosphique digne de ce nom, et par ce biais un peu plus de sagesse et de lucidité.
Selon les dires de certains amis qui ont commencé ou qui poursuivent des études de philosophie, les cours ne sont pas du tout structurés et organisés comme au sein des filières type droit ou médecine par exemple, mais sont très aléatoires dans la forme comme dans le fond. Chaque professeur ayant la liberté d’enseigner ce noble domaine à sa manière et à son goût, il semble que cela trouble les repères quant à la nature même de la philosophie (même si j’entends que c’est déjà une question de philosophie) et à la façon qu’il convient de l’aborder et de l’étudier. Il semble ne pas y avoir d’approche chronologique (est-ce un mal ?) et peu de communication entre les professeurs quant à une certaine unité et cohérence qu’il faudrait (?) donné à l’ensemble d’un programme. Les particularismes et les préférences de chaque enseignant semble l’emporter sur une conception, disons, « universelle » de l’enseignement. Aussi je me pose une question par rapport à cela: Comment se fait-il qu’un domaine aussi rigoureux et précis que la philosophie soit soumis à un traitement libre dans son enseignement ? Est-ce mieux ainsi selon vous ?
Je précise que je n’ai pas la possibilité pour l’instant d’entreprendre des études à l’université mais que cela pourrait sans doute être le cas d’ici un ou deux ans. Il me sera impossible d’integrer des filières d’excellence comme l’Ecole normale supérieur. Je lis depuis quelques années des livres de philosophie (peut être une vingtaine en tout, dont certains que j’ai relu plusieurs fois), mais cela librement et sans travail de type dissertation ou commentaire de texte. Aussi j’en viens à ma deuxième question: est-il envisageable d’acquérir une grande culture philosophique ainsi qu’une solide capacité de reflexion en dehors de l’enseignement universitaire ? Si oui la lecture seule, intensive et répétée tout au long de la vie peut-elle être suffisante ? Si non y a t-il une université de premier choix selon vous ? Ou des méthodes qu’il faut impérativement adopter lorsque l’on souhaite progresser ?
Je dois vous dire que certains de mes amis ont souligné la clarté et la rigueur de votre travail sur ce blog (j’ai moi-même eu l’occasion de le constater) et sont souvent peinés de ne pas retrouver cette approche chez l’ensemble des professeurs à l’université. Bien sûr je ne prendrais pas le risque de considerer les dires de mes amis pour des vérités, ni de mettre en cause la compétence des enseignants, mais face à ces différents témoignages, votre regard me serait précieux pour m’orienter sur le long terme.
Cordialement,
Arthur.
Bonjour Arthur
Je crois que le diagnostic que vous faîtes à partir des échos que vous avez de l’enseignement universitaire n’est que trop fondé.
Rares sont les universités qui se préoccupent, en philosophie, de proposer une véritable formation, celle-ci impliquant une vue d’ensemble et un minimum de chronologie. Vous voyez bien que cela tient à l’arbitraire du recrutement, chaque professeur enseignant, au mieux, son domaine de compétence particulier, au pire son idéologie et ses idées folles, au lieu de se soucier de la formation cohérente des étudiants.
Je déplore ce manque de rigueur qui était déjà à l’ordre du jour lorsque j’ai fait mes études.
Une initiation de base est déterminante et c’est souvent un bon cours de terminale qui la donne. En tout cas, c’est ce que j’ai essayé de faire avec mes élèves, préférant toujours rester enseigner en lycée qu’accepter de passer à l’université.
Vous disposez aujourd’hui, avec la toile et les collections pédagogiques, de bons outils pour comprendre correctement les auteurs c’est-à-dire pour élever votre propre esprit à la hauteur et la rigueur qui sont celles des grands. Comptez plutôt sur votre travail personnel mais les exercices de la dissertation ou de l’explication exigent par leur difficulté de vous exposer à des corrections sévères. C’est comme cela que vous progresserez et que vous ne viendrez pas allonger la liste de tous ces bouffons qui ont aujourd’hui les honneurs des médias ou de la rue et qui donnent de la philosophie une image accablante.
Bien à vous.
Bonjour Madame,
Cherchant des explications sur plusieurs notions philosophiques dont celle d’ipseité, je suis tombé sur votre blog .Je vous avoue avoir été très impressionné par la richesse et l’étendue de vos articles et par la façon dont vous présentez votre vision de la philosophie. Professeur à la retraite, vous insistez sur le bonheur et la joie qu’apporte l’étude des grands auteurs, sur la responsabilité qu’est la vôtre afin de guider l’élève,l’apprenti philosophe vers plus de liberté et d’autonomie,le » pensez par soi-même » étant l’aboutissement de ce long travail.
J’ai personnellement longtemps été triste et inquiet devant la complexité et le silence du monde.
Enfant déjà, je me disais : Mais qu’est -ce -que je fous là ? Et le monde ne me donnait aucune réponse.
Simplement du vide et du silence. Ce sentiment angoissant ressenti dès l’âge de cinq ans a fait de moi un enfant timide et craintif, un élève interrogateur et soucieux d’obtenir des réponses.
Et puis la dépression s’est installée avec la certitude de n’être pas à ma place. Une traversée du désert longue et éreintante. Et par hasard alors que je flanais dans une librairie j’ai ouvert par curiosité un livre de Lucien Jerphagnon parlant de la contigence du monde,du sentiment d’ipséité et cela a été un choc salutaire. Je n’étais donc pas le seul à avoir ressenti cette impression d’étrangeté au monde. Ce livre m’a sauvé. Il a entraîné d’autres lectures philosophiques qui m’ont permis non seulement de comprendre enfin le monde mais aussi et surtout d’y occuper ma place.
Pour moi la philosophie reste avant tout une sotériologie,une pratique du salut sans Dieu. Elle ne vas pas sans effort et remise en cause.
Merci d’avoir pris le temps de me lire.
Cordialement.
Bonjour
Merci pour ce sympathique message et pour votre témoignage.
Oui, il n’y a pas de salut possible en cette vie sans sagesse et la philosophie est l’amour de la sagesse.
Bien à vous.
Bonjour Madame.
Merci tout d’abord pour votre sympathique et émouvante réponse. Il n’existe pas en effet de salut en cette
vie sans sagesse ou recherche d’une vie plus humaine axée sur le respect d’autrui et la tolérance. Cette sagesse tant vantée par les philosophes est par contre terriblement difficile à atteindre. La vie ne nous laisse aucun répit, nous pousse en-avant, nous prend à la gorge, et nous sortons très souvent, trop souvent meurtris et epuisés d’un tel combat. Mais faut -il pour autant renoncer ? Je ne le pense pas.La vie est cette lutte même,pleine d’âpreté mais pleine de joie également. Il faut la prendre telle qu’elle est,sans lui chercher un sens qu’elle est incapable d’apporter. La vie suffit ! !! Aimons la.
Bien cordialement.
« Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie. » André Malraux.
Madame,
Une question concernant la pratique de la philosophie au quotidien. Comment faites-vous avec tous ceux qui parmi vos proches (car j’imagine qu’il y en a) défendent des opinions absurdes et n’en démordent pas?
Comment faites-vous quand un dialogue philosophique avec vos voisins, vos amis, votre famille n’est pas envisageable, soit parce qu’ils ne sont pas prêts à vous écouter, soit parce qu’ils ne sont pas capables de vous entendre? Vous fâchez-vous? Opinez-vous (bien malgré vous)? Vous taisez-vous? Optez-vous pour le mépris, la colère, la pédagogie?
La pratique de la philosophie ne vous a-t-elle pas éloignée de nombreuses personnes de votre entourage?
Merci à vous
Bonjour
Le souci de la sagesse est indissociable de l’idéal philosophique. Or il va de soi que la pratique philosophique n’est pas spontanée. Elle implique des prérequis que toutes les personnes n’ont pas la chance d’avoir pu acquérir. Elle se reconnaît aussi à un profil moral qui ne va pas non plus de soi et qui ne dépend pas seulement d’apprentissages mais sans doute de facteurs naturels. Tout cela pour dire qu’une telle pratique relève de l’exception.
Dès lors qu’on a bien conscience de cela, on n’attend pas des autres des vertus qu’ils ne peuvent pas mettre en œuvre.
Socrate disait qu’en présence de certaines personnes, il passait son chemin.
Spinoza invitait à « ni rire, ni pleurer mais comprendre ».https://www.philolog.fr/ni-rire-ni-pleurer-mais-comprendre-spinoza/
Il ne faut pas confondre la cité réelle et la classe de philosophie. Cette dernière est un espace abstrait où le professeur peut confronter le propos de l’élève à ses contradictions et lui imposer de mettre en œuvre la méthode dialectique. En ce sens la classe n’est pas un espace où chacun peut exprimer et être conforté dans son opinion comme elle semble l’être devenue aujourd’hui ou bien une chapelle idéologique.
La cité réelle est un espace où l’exercice de l’esprit est aux ordres des passions et des intérêts des uns et des autres, ceux qui prétendent au nom de philosophes n’étant pas toujours indemnes de cette servitude. Le philosophe socratique se sent étranger sur cette scène où il n’a aucun privilège. Il doit donc composer avec cette réalité. Parfois se taire, parfois essayer d’éveiller les esprits, toujours choisir ses amis. Ni mépris, ni colère, seulement déploiement de ses ressources en compréhension et conviction que le salut collectif passe par une école digne de ce nom.
Bien à vous.
Madame,
C’est avec une grande joie intellectuelle que j’ai découvert votre « Cours de Philosophie ». Cette matière de Terminale enseignée par un tout jeune prof’ de 25 ans (qui a réussi une très brillante carrière terminee par l’exercice des fonctions de Proviseur de Ste Geneviève à Versailles) avait été un éblouissement. Ce n’est que pour des motifs liés à l’obligation de reprendre le latin ou une seconde langue vivante que je n’ai pas poursuivi des études universitaires dans ce domaine, remettant cela a plus tard. Aujourd’hui, ayant cessé toutes activités professionnelles (finances puis droit), j’avais envisage de reprendre le chemin de l’université. Mais tout comme Arthur (3mai 2016), j’ai été surprise, et déçue par les « programmes ». Alors votre enseignement est particulièrement bienvenu, et je vous en remercie vivement. Je l’ai fait connaître à une personne qui n’avait jamais aborde cette matiere pour l’aider à l’approcher, car je considère que tout détenteur d’un savoir n’en est pas le proprietaire, mais le simple détenteur avec un rôle de passeur. Merci infiniment pour votre initiative.
Merci, Madame, pour ce sympathique message.
J’espère que vous trouverez sur mon blog matière à cultiver votre goût de la réflexion philosophique, à lire les grands auteurs dont la rigueur nous préserve des facilités médiatiques et des modes idéologiques.
Bien à vous.
Salut, je vous félicite pour votre effort et votre courage de penser de la pensée philosophique qui est le pain de la méditation de nous apprentis philosophes, qui peinent aujourd’hui sur le dur chemin de la connaissance. Toutefois, j’ai une préoccupation. Vous dites que la pensée est différente d’une opinion, mais une pensée n’est pas tout d’abord une opinion avant d’être arbitrairement choisi par une commuté scientifique comme pensée? Ce distingo n’est-il pas ce qui fut la base d’un refus de penser?
Bonjour
Votre propos témoigne d’une grande confusion
-d’une part la philosophie doit être distinguée de la science https://www.philolog.fr/science-et-philosophie/
-d’autre part ni la pensée philosophique, ni la pensée scientifique ne consiste à choisir arbitrairement une opinion.https://www.philolog.fr/opinion/
Pour comprendre ce que penser veut dire ou pour vous faire une idée juste de l’élaboration du savoir scientifique, voyez les cours consacrés à ces thèmes.
https://www.philolog.fr/comment-selabore-le-savoir-scientifique/
https://www.philolog.fr/pourquoi-philosopher/
Bien à vous.
Y a-t-il une partie de philoLog qui se questionne sur la transcendance (la liberté, l’amour gratuit, Dieu, l’intelligence au sens aristotélicien (https://www.erudit.org/revue/ltp/2010/v66/n2/044853ar.pdf)) pour justement l’approfondir et non seulement la nier?
À constamment s’amuser à nier la transcendance on se dirige sans doute vers une voie qui relativisera la dignité (dignité infinie) humaine sur laquelle est appuyée, entre autre, les droits de l’homme (des humains)promulgué par l’ONU?
N’oublions-pas les philosophes comme Aristote, Édith Stein, Gabriel Marcel, Emmanuel Mounier, Emmanuel Lévinas, Paul Ricoeur, Maurice Zundel, etc.
« L’homme passe infiniment l’homme. » Pascal
Bonjour
Si vous étiez un lecteur de philolog, vous sauriez que la conception de la philosophie que ce blog défend repose sur le présupposé d’une transcendance de la raison humaine, selon l’inspiration de la grande tradition socratique, que l’idée kantienne de liberté (et le saut métaphysique qu’elle suppose) est bien développée, etc. Personne n’oublie les grands philosophes comme Aristote.
Il convient donc d’éviter les propos creux.
Bien à vous.
Bonjour Simone,
Je suis David Bimou, j’etudie les finances en Allemagne. Je viens de decouvrir votre blog et il me semble tres interessant. J’aimerais me procurer une copie de votre livre afin de pouvoir lire.
Veuillez me communiquer le prix afin que j’en achete.
Meilleures salutions.
Bonjour
Mon blog n’est pas édité sous forme de livre. Ce serait énorme et dans la mesure où mes articles sont offerts gratuitement, il n’est pas sûr que l’édition en vaudrait la peine.
Nous avons tenté l’expérience avec un chapitre que j’ai dû élaguer pour qu’il ne soit pas trop étoffé.
https://www.philolog.fr/la-liberte/
Bien à vous.
Bonjour madame Manon,
Je suis en train de réviser en ce moment ce qui distingue la philosophie de la science.
Je vois que vous posez la question ici, mais je n’arrive pas à voir si vous avez traité ladite question en particulier. Peut-être ai-je mal cherché ou n’ai pas compris le fonctionnement de votre blog…
Si vous ne l’avez pas traitée, auriez-vous un ouvrage à me conseiller à ce titre, ou un article où cette distinction aurait été abordée ?
Je vous remercie d’avance pour votre réponse.
Re-bonjour,
Bon, cela m’apprendra à écrire trop vite, sans avoir bien tout lu avant !!
Je viens de voir dans un message au-dessus que vous avez indiqué le lien exact où vous traitez spécifiquement cette distinction !
Je vous prie de m’excuser pour ma question qui n’a donc plus lieu d’être.
Cordialement,
Bonjour
Pour trouver un article il vous suffit de consulter la table des matières ou de taper le sujet qui vous intéresse dans l’index.
Voyez aussi https://www.philolog.fr/hannah-arendt-le-besoin-de-penser-nest-pas-lappetit-de-savoir/#more-4861
https://www.philolog.fr/il-ny-a-pas-de-philosophie-que-lon-puisse-apprendre-on-ne-peut-quapprendre-a-philosopher-kant/#more-4831
Bien à vous
Bonjour,
Merci beaucoup. Tout cela va beaucoup me servir, car mon professeur de philosophie a des positions très tranchées, notamment le fait selon lui que Nietzsche est beaucoup moins nécessaire à la philosophie que Bertrand Russell, le second étant plus rigoureux – c’est le mot qu’il a employé – que le premier.
Il relie beaucoup la philosophie à la science, et cela a rendu certaines choses confuses pour moi. Mais c’est peut-être moi qui ai mal compris ; certainement d’ailleurs.
Bien à vous.
Bonjour Mme Manon,
J’étais une de vos étudiantes au lycée Vaugelas en 2003 (en terminale L). Je voulais juste vous dire merci et que je suis toujours très reconnaissante de vous avoir eu comme prof. 14 ans plus tard j’arrive encore à me souvenir de votre passion pour la philosophie que vous m’avez transmise. J’ai conservé mes cahiers de notes et mon livre de l’époque dans lesquels je me replonge de temps en temps.
C’est avec grand plaisir que je vais me lire les articles de votre blog.
J’espère que tout va bien pour vous.
Une ancienne élève.
Cordialement,
Nawelle
Bonjour Nawelle
Votre message me fait un grand plaisir. C’est toujours agréable de savoir qu’on n’a pas laissé un mauvais souvenir et qu’on a fait aimer la philosophie.
Je vous réponds en privé pour que vous me disiez ce que vous devenez.
Avec toute ma sympathie.
Bonjour Madame,
Il y a une question qui me trotte dans la tête depuis un certain temps déjà et j’aimerais bien avoir un avis éclairé.
J’aurais voulu savoir si c’était aussi le rôle du philosophe de commenter l’actualité à chaud (parfois même très chaud). Ne devrait-il pas avoir un peu plus de recul pour éviter de tomber dans le piège des « hoax », « fake news » ou autre, mais aussi, avoir du recul pour analyser les événements et les digérer afin d’articuler une pensée. J’ai pour ma part le sentiment que lorsqu’il fait cela, il dépose en quelque sorte son habit de philosophe poir endosser le rôle de journaliste ou même parfois du polémiste. Ai-je raison de penser cela? Parce qu’on peut en effet être pianiste et mathématicien à la fois, mais dans le cas de philosophe-journaliste-polémiste, cela aurait à mon avis tendance à dévaloriser le métier de philosophe. Je ne dis pas que le philosophe doive se taire sur l’actualité. Il y a par exemple des questions d’éthique actuelles qui sont cruciales et l’avis d’un philosophe est essentiel sur ces sujets.
Qu’en pensez-vous?
Bien à vous.
Bonjour
Non, le rôle du philosophe n’est pas de commenter l’actualité à chaud, ni de saturer les médias. En tant que citoyen chacun peut se le permettre mais la prudence philosophique conseille le recul et la réserve sur une scène où les conditions spirituelles et morales de la réflexion philosophique ne sont pas réunies.
Notre époque veut faire croire que le pôle journalistique est un pôle intellectuel digne de ce nom et les intellectuels qui cautionnent cette confusion en y mêlant leurs voix y perdent toute forme d’autorité intellectuelle. C’est désolant mais c’est ainsi.
Bien à vous.
Merci. On est bien d’accord.