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Jean-Dominique Ingres. Oedipe et le sphinx. 1808. Musée du Louvres

  

 

   La conscience est un pouvoir de représentation. « Avoir conscience qu'il y a une personne dans la pièce » ; « être conscient de ma joie » signifie que j'ai la connaissance d'une présence dans l'espace ou de mon état moral. Je m'en aperçois ; je me les représente. La conscience est une expérience de présence à soi, aux autres et aux choses enveloppant une connaissance d'elle-même. L'étymologie en témoigne. Le mot est formé de science et de cum (avec). La conscience est un savoir accompagnant ma pensée, mes actions, mon être au monde.

 

   Etrange pouvoir que ce pouvoir de représentation. Car qu'est-ce qui le rend possible ? Prenons avec Alain, l'exemple du dormeur. Il est en situation d'inconscience. Il n'a plus conscience qu'il y a un monde et qu'il y est présent. Il fait partie d'un ensemble dont il ne se distingue pas. Sa condition se caractérise par l'absence de toute forme d'écart entre lui et le monde, entre lui et lui-même. Aussi est-il immergé dans le monde à la manière des choses, sous une forme massive et opaque. Maintenant efforçons-nous de saisir le moment du retour à la conscience. Le dormeur se réveille, il  rompt la totalité dans laquelle il était englué, il se sépare de  lui-même et du monde, et cette opération de division, de séparation lui permet de se donner la représentation de sa chambre, de son lit, de son corps allongé dans son lit, de son désir de dormir encore un peu.

    « Dans le sommeil, je suis tout mais je n'en sais rien. La conscience suppose réflexion et division. La conscience n'est pas immédiate. Je pense et puis je pense que je pense, par quoi je distingue Sujet et Objet, Moi et le monde, Moi et ma sensation, Moi et mon sentiment, Moi et mon idée » Alain. Manuscrits inédits 1928.

   La conscience est ce par quoi il peut y avoir un sujet qui se représente et un objet représenté. Par elle s'opère la scission Sujet/ Objet. Le sujet doué de conscience se pose comme un sujet, un Je, en face d'objets. Il n'est pas dans le monde (chose parmi les choses) il fait face au monde et tout ce qui constitue ce monde : moi, autrui, les choses se met à exister comme un objet de représentation.

 

   Il s'ensuit que :

 

  • l'immédiat échappe à l'expérience humaine. Dès lors que s'opère la scission sujet-objet, la chose est à distance et médiatisée par une représentation. Elle est visée par la conscience qui essaie de se l'approprier symboliquement à travers des signes. La faculté symbolique est substantiellement liée au fait de conscience.
  • la temporalisation est une dimension fondamentale de notre expérience. A chaque instant présent j'ai  conscience de moi-même mais la division que la conscience introduit en moi fait retomber au passé tout ce que je ne suis déjà plus et projette dans l'avenir ce que je ne suis pas encore. La conscience est mémoire et projet.
  • le monde est jugé. Se représenter ne consiste jamais à se donner de manière neutre le spectacle de quoi que ce soit. Avec la conscience il y a toujours une reprise critique de ce qui est. Le monde est dévoilé en fonction de valeurs esthétiques, morales, intellectuelles etc. J'ai conscience de ce que j'écris et je juge que c'est vrai ou c'est faux, j'ai conscience de ta présence en face de moi, et je me dis que tu es beau aujourd'hui, j'ai conscience de la décision qui vient d'être prise politiquement et je juge que c'est juste ou injuste. « La conscience est toujours implicitement morale. Et l'immoralité consiste toujours à ne point vouloir penser qu'on pense et à ajourner le jugement intérieur » Alain Définitions.
 

    Avouons qu'il y a dans le fait de conscience un mystère. Comment ce morceau de matière que je suis peut-il sortir de lui, se tenir à  distance d'une réalité qu'il est aussi, pour se mettre à exister dans le double statut de sujet de la représentation et d'objet représenté ?

   Méditer le fait de conscience revient ainsi à méditer notre expérience la plus familière et pourtant la plus étonnante.

 

 Les questions que je vais affronter dans ce chapitre sont les suivantes :

  • De toute évidence, la conscience confère à l'existence humaine des caractéristiques spécifiques. Lesquelles ?
  • Comment rendre intelligible le fait de conscience ? La conscience est-elle un être, une substance comme l'analyse Descartes ou bien est-elle un acte, une intentionnalité comme la décrivent les phénoménologues ? (Husserl, Merleau-Ponty)
  • Comment penser l'expérience humaine du corps ? Faut-il dire que j'ai un corps ou que je suis mon corps, que le corps est un corps sujet ou un corps objet ? Est-il possible de sortir de l'ambiguïté qui fait que je suis mon corps tout en l'ayant ?
  • La conscience est-elle transparente à elle-même comme l'analyse Descartes ou bien faut-il avec Freud soupçonner qu'il y a dans notre expérience psychique, une part d'ombre récusant le projet moral d'une souveraineté exigible de la conscience ?
  • Dire Je, Moi, revient à présupposer une unité et une identité personnelle. Qu'en est-il de cette prétention ? Qu'est-ce que l'identité ? Une donnée ou une construction ? Une réalité ou une fiction ? Un être ou un devoir-être ?

 

BIBLIOGRAPHIE:

 

Descartes:                 Discours de la méthode.

 Méditations métaphysiques.

Nietzsche:                 Le gai savoir.

Bergson:                   L'énergie spirituelle.

Freud:                       Essais de psychanalyse.

 Nouvelles conférences de psychanalyse.

 Métapsychologie.

Alain:                        Eléments de philosophie.

Sartre:                       L'Etre et le Néant.

Merleau-Ponty:         Sens et non-sens.

 L'oeil et l'esprit

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123 Réponses à “Présentation du chapitre II: Conscience. Inconscient. Sujet.”

  1. Clémence dit :

    Bonjour,
    Tout me semble plus clair désormais, et je comprends mieux l’enchaînement de mon cours.
    Je vous remercie.
    Bonne journée

  2. Merci pour votre aide en lisant jai acquis des connaissances qui m'aideront beaucoup dans la philosophie. dit :

    Au fait jai retenu que la conscience est le fait d’être capable de refléchir, d’apercevoir le monde et ce qu’il contient , et enfin c’est aussi le fait de pouvoir interragir avec les mondes

  3. Céline dit :

    Bonjour Madame,
    J’aimerais savoir si on pouvait voir un rapport entre le cas du Dr Jekyll et Mr Hyde et l’expression d’une conscience qui peut parfois être duale; qu’en pensez vous ?

  4. Simone MANON dit :

    Bonjour Céline
    Comme vous parlez de conscience et non de psychisme, la métaphore du double ou la dualité: conscience/inconscient, illustrées par l’ouvrage de Stevenson, ne me paraissent pas opératoires.
    Qu’entendez-vous d’ailleurs par conscience duale? S’agit-il de la division interne à la prise de conscience? ou bien du déchirement entre des postulations opposées? Tant que ces ambiguïtés demeurent des faits de conscience, la référence à Jekyll et Hyde est problématique dans la mesure où, si mes souvenirs sont bons, l’homme du jour ne coexiste pas avec celui de la nuit sous les espèces de la conscience.
    Bien à vous.

  5. Romain dit :

    Bonjour chère professeure,

    j’ai lu dans un texte l’expression: “conscience sans liberté”. Pourriez vous m’éclaircir sur la signification ? 🙂

    Cordialement

  6. Simone MANON dit :

    Désolée, Romain, on ne peut pas expliciter le sens d’une expression sortie de son contexte.
    Bien à vous.

  7. Alice dit :

    Bonjour, tout d’abord merci beaucoup de ce cours très constructif. J’aimerais savoir si, pour avoir compris le cours sur la conscience il faut être capable de savoir répondre aux questions posées à la fin ? Je n’ai jamais pris de cours de philosophie, je m’y suis mise il y a peu de temps donc certaine base me semble encore très floue.
    Cordialement.

  8. Simone MANON dit :

    Bonjour Alice
    Le chapitre sur la conscience est très fourni sur ce blog. Il permet effectivement de maîtriser le traitement des questions qui sont annoncées, questions faisant partie des problématiques auxquelles les élèves sont censés être sensibilisés au cours d’une année d’initiation.
    Bien à vous.

  9. soules dit :

    Bonjour Madame,

    Je souhaiterais savoir s’il existe un quelconque rapport entre la notion de sujet et la notion de conscience ? J’avoue que pour moi cela est très floue, voire incompréhensif.

    Merci d’avance pour vos explications
    Cordialement,
    Thomas

  10. Simone MANON dit :

    Bonjour
    La conscience est ce qui permet à un être de se poser comme un sujet par rapport à des objets.
    Les deux notions engagent des problématiques diverses mais se rencontrent nécessairement.
    Par exemple: peut-on substantialiser la conscience? Idem pour le sujet.Voyez sur ce blog le cours sur l’identité.
    Tout cela s’éclairera, je suppose, avec le cours de votre professeur.
    Bien à vous.

  11. Boivin dit :

    Bonjour,
    J’ai eu un cours sur le sujet, le conscient et la conscience. Et j’ai une question de dissertation, c’est: Peut on avoir peur de soi meme ?
    Or je ne comprends pas le rapport avec le cours de la conscience, l’insconscience et le sujet.
    Pourriez vous m’aidez ?
    Bien a vous.

  12. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Désolée, je n’interviens pas dans le travail des élèves.
    Voyez la dissertation: sur ce blog : la conscience de soi est-elle une connaissance de soi? Peut-être éclairera-t-elle un peu votre lanterne.
    Bonne réflexion.

  13. Raiton dit :

    Bonsoir

    J’ai une question qui reste sans réponse même après avoir lu votre cours: La conscience fait-elle de moi un sujet libre? D’après ce que j’ai compris, je pense que nous sommes dans l’illusion d’une liberté de conscience. Pourriez vous me donner votre opinion sur le sujet?
    Merci d’avance.

  14. Océane dit :

    Bonjour,
    Travaillant actuellement sur Kant et la représentation, j’aimerais trouver quelques informations qui puissent m’aider à mieux comprendre sa philosophie ô combien ardue… Mais votre site est vaste et j’avoue avoir du mal à m’y retrouver parfaitement. Auriez-vous quelque chose à ce sujet qui puisse éclairer ma compréhension ?
    Cordialement.

  15. Simone MANON dit :

    Bonjour Océane
    Le “pour connaître Kant” chez Bordas de Georges Pascal est limpide. Vous pouvez le lire avec intérêt.
    En ce qui concerne mon blog, vous disposez d’un index.
    En tapant Kant, vous verrez apparaître tous les articles où il est question de cet auteur.
    Bien à vous.

  16. Simone MANON dit :

    Réponse à Raiton.
    C’est un beau sujet de réflexion que vous avez à traiter.
    Il faut le faire par votre propre effort.
    La philosophie ne consiste pas à énoncer des opinions mais à expliciter les problèmes et à les affronter avec rigueur.
    Quel est ici le problème? > suffit-il de disposer d’une conscience pour prétendre être libre?
    Bon courage.

  17. Johanna dit :

    Bonjour professeurs,

    Je relisais mon cours de philosophie sur sujet, conscience et inconscient, quand une question me traversa l’esprit : les questions “qui suis-je ?” et “suis-je celui que je pense être ?” sont-elles similaires ? En effet, je ne sais pas si la démarche de réflexion est la même.

    Merci d’avance pour vos éclaircissements.
    Johanna

  18. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui, les deux questions se rencontrent puisque je ne puis avoir des doutes sur la représentation que je me fais de moi-même que si je m’interroge sur ce que je suis.
    Bien à vous.

  19. colo zaidou dit :

    Bonjour
    j’ai un problème, je ne comprends pas la philosophie surtout les thèmes.En effet j’ai des difficultés à argumenter dans la dissertations et l’explication de texte.Que me conseillerez vous que je réussisse?

  20. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Nul ne peut se mettre à la place d’un autre pour comprendre. Il m’est donc bien difficile de vous répondre. Je ne puis que vous conseiller de ne pas vous décourager. Le travail patient, précis, méthodique finit toujours par porter ses fruits. Assimilez régulièrement le cours, faîtes les lectures conseillées et vous devriez progresser. Demandez aussi à votre professeur de vous aider.
    Bon courage.

  21. Bonjour
    premierment,j’apprecie bien vos travails et sujets,ses structures linguistiques étaient tres utiles pour moi,Je ne sais pas combien de merci je vais vous donner.

    existe-il un subconscience collective qui liee tout les subconscients de peuple en seul espirit ou univers surnaturel?

    merci bcp d’avance

  22. Simone MANON dit :

    Bonjour
    D’abord, permettez-moi d’attirer votre attention sur la nécessité de soigner la correction de l’expression. Ex: vos travaux – premièrement – esprit – tous les subconscients, etc.
    Pour ce qui est de votre question, il faudrait savoir ce que vous entendez par subconscient, terme pour le moins obscur et croire en l’existence du surnaturel.
    Peut-être voulez-vous parler de ce que Herder appelait “l’esprit d’un peuple” (le génie national), de ce que Durkheim théorisait sous l’idée de “conscience collective” ou dans un autre sens de ce que Jung appelait “l’inconscient collectif”.
    Voyez ce que ces auteurs entendent par là.
    Bien à vous.

  23. bilijem dit :

    Pourquoi peut on dire que la conscience n’est rien que le dehors d’elle même ?

  24. Simone MANON dit :

    C’est un beau sujet de dissertation que votre professeur vous a donné. Il faut vous dépêcher de vous mettre au travail!
    Bon courage.

  25. C.trc dit :

    Bonjour,
    J’aimerais savoir si vous pourriez m’éclairer sur quelques sujets concernant la conscience : pouvons nous dire que la conscience est une chose matérielle/immatérielle ?

  26. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Si on définit la conscience par ses opérations (celle de se représenter, de juger etc.), et si l’on prend acte qu’une opération mentale n’est pas étalée dans l’espace et n’a pas de visibilité, cette faculté est immatérielle.
    Mais ce qui rend possible ces opérations, à savoir le cerveau ou le système neuronal, est bien matériel.
    Il faut approfondir cette distinction pour traiter votre sujet.
    Bien à vous.

  27. Léa dit :

    Bonjour, votre site est très intéressant, j’ai appris beaucoup de choses. Je voulais savoir si vous pouviez me renseigner ou me donner des idées sur un sujet qui me cause problème car je n’ai pas envie de tricher. Le sujet est le suivant : Peut on ne pas savoir ce que l’on fait ?
    Merci, bonne journée.

  28. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Désolée, je n’interviens pas dans le travail des élèves. Personne ne peut réfléchir à votre place et si l’on vous donne un sujet de dissertation, c’est précisément pour vous y exercer.
    Bon travail.

  29. Lea dit :

    Apres avoir bien etudié votre cours j’ai finalement réussi ! Merci quand meme !

  30. Lea dit :

    Sur le sujet de la conscience, vous pensez qu’il est bien de parler de Hannah Arendt ” la banalité du mal ” ?
    merci

  31. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Réponse à Lea (1)
    Je vous souhaite d’avoir bien analysé les différents sens de l’expression: “ne pas savoir ce que l’on fait”. Car rêve, automatismes mis à part, tout sujet a conscience de ses actes lorsqu’il agit, même si c’est sous forme vague et confuse. La question est néanmoins de savoir si cette conscience enveloppe celle des raisons (causes et intentions)de son acte, de ses conséquences possibles, de son impact sur les autres ou sur le cours des événements, de ses modalités d’exécution (technique#hasard, mécanisme#réflexion) etc.?

    Réponse à Lea (2)
    Pour le thème de la banalité du mal voyez :https://www.philolog.fr/le-mal-radical-kant-arendt-a-propos-du-film-hannah-arendt-de-m-von-trotta/

    Bien à vous.

  32. Lea (1) dit :

    Oui oui c’est ce que j’ai fait ! En tout cas merci ! 🙂

  33. Lea (2) dit :

    Merci beaucoup !!!!

  34. Cadot Dominique dit :

    Bonjour Madame.
    Est-il aberrant de penser que la formule « L’esprit / la conscience s’approprie (ou essaie ) symboliquement le réel » qui revient plusieurs fois sur votre (précieux) site a (au moins) un air de famille avec l’aphorisme freudien : “là où est le ça, le je doit advenir” ? Que cherche –t-on à faire faire à l’enfant qui malaxe sa pâte à modeler chez le psy que de tenter de lui faire exprimer, élaborer,appareiller, mettre en forme, en symboles, son “réel” afin qu’il se l’approprie ? ou suis-je dans une grande confusion ? Merci.

  35. Simone MANON dit :

    Bonjour Dominique
    L’expression “s’approprier symboliquement le réel” renvoie à des opérations très différentes selon qu’il s’agit d’une appropriation philosophique, scientifique, poétique, doxique, fantasmatique, du réel, etc.
    La formule de Freud a un sens très précis même si l’effort prescrit met en jeu des processus symboliques. Il s’agit d’advenir dans sa dimension de personne consciente et responsable, ce qui est l’enjeu de la civilisation, grâce à des procédures de sublimation des pulsions et de prise de conscience rendue possible par la connaissance (en particulier celle qu’apporte le freudisme).
    https://www.philolog.fr/admettre-lhypothese-dun-insconscient-psychique-est-ce-denier-a-lhomme-toute-responsabilite/
    https://www.philolog.fr/nature-humaine-et-civilisation-freud/
    En ce qui concerne le psy, il est censé aider une personne à résoudre ses problèmes en lui permettant de se réapproprier la maîtrise de sa vie. Là encore cela passe par une mise en sens, c’est-à-dire par des procédures de symbolisation.
    Vous n’êtes donc pas dans la confusion, seulement dans l’imprécision.
    Bien à vous.

  36. Goy Auirélien dit :

    Bonjour S. MANON,
    Tout d’abord je tenais à vous remercier de mettre à disposition tout ce travail, toutes ces réflexions, c’est vraiment très riche. Il faudra que je prenne le temps de tout parcourir. En ce moment, les questions qui m’intéressent sont celles qui touchent à la conscience, à la notion de sujet, finalement à ce “sentiment de l’existence” : sentir/savoir que les choses existent et d’un même mouvement se sentir/ se savoir exister à la fois distinctement en même temps que relié au “milieu extérieur”. J’ai bien sur déjà trouver un certain nombre d’articles intéressant qui traitent de ces questions dans votre blog, et j’avais notamment repéré un passage illustrant la conscience par ce jeu de l’enfant qui fait des ricochets, il se voit/se sait agir sur le milieu… je crois que c’est une approche phénoménologique (Husserl ou Heidegger?), je ne retrouve plus ce passage, pourriez-vous m’éclairer.
    Par ailleurs, j’ai de la peine à trouver des philosophes qui traitent de ces questions en s’appuyant clairement sur les données de la science (notamment la biologie, la neurologie bien sur ou encore l’éthologie comparée), il est par exemple extrêmement instructif de voir comment se comporte un dauphin devant un miroir, comment sont comportement, ses jeux, dénotent clairement que lui aussi est “pris” dans une dimension de conscience… Ou encore par des approches qu’on pourrait dire onto-génétique (genèse du sujet, type développement du psychisme des psychanalystes) ou phylogénétique (développement de la psyché à travers l’histoire des espèces)… Ces approches me paraissent essentielles pour comprendre le sujet humain et sa conscience, pourtant je ne trouve rien de vraiment concluant… Avez vous des pistes ?
    Enfin tout éclairage de votre part serait très bien venu et je suis ouvert à tout échange futur. J’espère que mes questions sont assez claires… je vous remercie encore !!
    Aurélien

  37. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Pour votre première question voyez https://www.philolog.fr/ambiguite-de-la-condition-humaine/
    Pour le reste, la bibliographie est immense pour chacune des disciplines. Google vous donnera des tas de références.
    Bien à vous.

  38. Goy Aurélien dit :

    Un grand merci pour votre réponse… Effectivement j’ai trouvé énormément de matière dans la page que vous m’avez indiquée. Eclaircir, essayer de définir la conscience, c’est un vaste programme, inépuisable en fait… le sujet qui tente de se retourner sur lui même, de se “réfléchir” lui-même, plus qu’un dédoublement c’est une mise en abîme… un peu vertigineux…
    Ps: le concept “propriété émergente” me parait être un levier particulièrement pertinent pour conceptualiser la conscience (je fais référence à la “méthode” Edgard Morin, sa théorie de la “complexité”)… Enfin, je ne vous embête pas davantage, ici ce n’est peut-être pas un lieu de débat et il ne faudrait pas abuser de votre disponibilité…
    (Ps2: ce doit être extrêmement instructif de dialoguer en direct avec vous, c’est envisageable? vous donnez des conférence publique ? (je ne suis plus étudiant depuis quelques années maintenant, mais il y’a un certain nombre de questions qui me préoccupent et que je continue à étudier).
    Bien à vous

  39. Goy Aurélien dit :

    ..re bonjour,
    svp auriez vous un bon dictionnaire de la philosophie à me conseiller?
    encore merci!

  40. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui le concept d’émergence est opératoire pour de nombreuses neurosciences. Mais il faut être des spécialistes de disciplines pointues.
    Je ne donne pas de conférences et ce blog est le seul canal où l’on peut me poser des questions.
    Pour ce qui est d’un dictionnaire: le Lalande est un incontournable mais j’aime beaucoup aussi le Morfaux.
    Bien à vous.

  41. Sophie dit :

    Bonjour,

    J’aurais une question à laquelle je ne trouve pas réponse concernant la conscience. Chez Kant (dans son texte sur la connaissance de soi-même dans son Anthropologie d’un point de vue pragmatique), on voit que la conscience définit la condition humaine et qu’elle en est constitutive. Chez Marx, la conscience semble reléguée à un rôle moins important (cf Idéologie allemande), en tout cas pas originaire, mais du coup, comment compareriez-vous les anthropologies à l’oeuvre chez Kant et Marx? Si chez Marx l’essence de l’être humain c’est l’ensemble des rapports sociaux, peut-on dire que chez Kant l’essence de l’être humain c’est sa conscience? Je n’arrive pas à y voir clair, malgré la relecture des textes et des passages. On sait pourtant que Marx a été imprégné de l’idéalisme allemand (même si Kant occupe une place à part dans ce courant avec son idéalisme transcendental). Marx a sans doute une vision plus pratique et moins abstraite que Kant. Peut-on dire que Kant est plus individualiste que Marx? Pourtant Kant accorde aussi une importance capitale à la relation, que ce soit au niveau morale ou pour l’acquisition chez l’enfant du pouvoir de représentation du “Je” qui n’est pas inné et qui doit être amené par l’éducation. Dans le texte sur la connaissance de soi, le pouvoir de représentation du “je” semble assimilé à un concept de l’entendement et pourtant dans nos cours on nous dit que pour Kant, le sujet n’est pas un concept mais juste un “ça” qui pense et qui s’éprouve dans un sentiment. Concept, sentiment, conscience, essence, pouvez-vous me donner votre clef de lecture pour Kant en ce qui a trait à la conscience, au sentiment et à l’essence de l’homme chez lui dans la perspective d’une comparaison avec Marx?? Grand merci et bravo pour les contenus de ce site qui m’ont déjà aidé et éclairé plus d’une fois.

  42. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il y a beaucoup de confusion dans vos propos. Par exemple, dire que le sujet kantien est “un ça” ne manque pas de sel!
    L’anthropologie kantienne définit l’homme comme un être à la fois intelligible (participant d’une nature raisonnable) et sensible. Parti pris dualiste recouvrant l’opposition de l’ordre de la liberté (la raison) et du déterminisme (la sensibilité) ou de la raison et de la nature.
    Kant est un philosophe de la liberté qui, pour être une possibilité nouménale de la condition humaine, n’en a pas moins une destination éthico-politique (instituer “le règne des fins”)

    Marx est un penseur matérialiste disqualifiant le statut que l’idéalisme confère à la conscience ou à la raison. Les productions de l’esprit n’ont pas pour lui d’autonomie. Non seulement la conscience n’est pas une instance originaire, mais elle est, comme chez Freud, un épiphénomène. Vous devez connaître la célèbre affirmation: “Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. Dans la première façon (dans l’idéalisme) de considérer les choses, on part de la conscience comme étant l’individu vivant, dans la seconde façon, qui correspond à la vie réelle, on part des individus réels et vivants eux-mêmes et l’on considère la conscience uniquement comme leur conscience” L’Idéologie allemande, Première partie, B.
    Marx est un philosophe d’une liberté conçue comme intelligence de la nécessité, non comme libre arbitre.
    Les anthropologies kantienne et marxiste sont donc radicalement différentes et conséquemment engagent des morales et des politiques fondamentalement différentes.

    PS: Pour le statut du “Je” dans le kantisme; voyez l’analyse du texte kantien dans ce cours: https://www.philolog.fr/ambiguite-de-la-condition-humaine/
    Bien à vous.

  43. Sophie dit :

    Un immense merci pour vos éclaircissements, vraiment! Ma difficulté de compréhension, je m’en rends mieux compte en vous lisant, est que nous avons abordé ces auteurs parfois avec plusieurs enseignants qui se sont contredits ou ont manqué de nuances. Aussi, votre site est vraiment une aide considérable pour des étudiants en philo car vos formulations sont beaucoup plus lumineuses que dans nos cours, nous n’avons d’ailleurs même pas de syllabi clairs et il faut réécrire à l’arrachée des phrases parfois très alambiquées!

  44. André Kamta Sabang dit :

    Bonsoir Madame et merci pour ce que vous faites pour aider la communauté scientifique.
    J’ai une préoccupation. j’aimerai savoir si l’inconscient psychique est compatible avec l’idée de volonté. Merci.

  45. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Tout dépend de le définition que vous donnez de la volonté. Il va de soi que si vous entendez par là le pouvoir autonome de se déterminer à agir en fonction de motifs ou de raisons, il est difficile d’en concilier la possibilité avec l’hypothèse freudienne. L’idée d’un inconscient psychique le remet sérieusement en question dans la mesure où elle récuse le principe d’une autonomie de l’entendement et celui du libre arbitre. En revanche, si vous définissez la volonté comme un désir dominant, il n’y a pas de problème.
    Bien à vous.

  46. Kamta Sabang André dit :

    Merci Madame. Je souhaite avoir de vous d’autres précisions s’il vous plaît. je veux savoir, lorsque le désir est dominant peut-on parler de passion? Si oui quelle relation établir entre passion et insconscient psychique? Le passionné est-il privé de l’autonomie de l’entendement?
    Merci.

  47. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Un désir peut avoir plus de force qu’un autre sans pour autant se développer sous la forme d’une passion au sens fort du terme.
    https://www.philolog.fr/desir-et-volonte/
    https://www.philolog.fr/liberte-et-necessite-spinoza/
    Lorsque c’est le cas, alors même les théoriciens du libre arbitre et de l’autonomie possible du jugement par rapport aux affects en soulignent le danger. Le propre du phénomène passionnel, au sens fort, est d’aveugler l’exercice de l’entendement et de supprimer la liberté de la volonté. Voilà pourquoi la maîtrise des passions est si difficile pour un Descartes. Il en pointe les limites en soulignant qu’il y faut une véritable “industrie” et que l’important est surtout d’en empêcher le développement quand il est encore temps. Car le propre d’une passion installée est de supprimer les conditions de possibilité de sa maîtrise.
    Pour ce qui est du rapport entre inconscient psychique et vie affective ou passionnelle, il me semble qu’il vous suffit de connaître les principes élémentaires du freudisme pour le saisir.
    https://www.philolog.fr/freud-ou-lhypothese-dun-inconscient-psychique/
    Bien à vous.

  48. sabeur dit :

    bonjour madame
    je voudrai savoir s’il vous plait les différences entre Etat ,justice et droit .
    je suis perdu.
    merci

  49. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous avez sur ce site des chapitres concernant les trois notions qui vous semblent obscures. Il vous suffit de consulter les cours pour éclairer votre lanterne.
    Bon travail.

  50. prof_doc dit :

    Bonjour,

    Quel bonheur (chap V…) que votre site !
    Merci !

    Cordialement,

    Alain

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