
La conscience est un pouvoir de représentation. « Avoir conscience qu'il y a une personne dans la pièce » ; « être conscient de ma joie » signifie que j'ai la connaissance d'une présence dans l'espace ou de mon état moral. Je m'en aperçois ; je me les représente. La conscience est une expérience de présence à soi, aux autres et aux choses enveloppant une connaissance d'elle-même. L'étymologie en témoigne. Le mot est formé de science et de cum (avec). La conscience est un savoir accompagnant ma pensée, mes actions, mon être au monde.
Etrange pouvoir que ce pouvoir de représentation. Car qu'est-ce qui le rend possible ? Prenons avec Alain, l'exemple du dormeur. Il est en situation d'inconscience. Il n'a plus conscience qu'il y a un monde et qu'il y est présent. Il fait partie d'un ensemble dont il ne se distingue pas. Sa condition se caractérise par l'absence de toute forme d'écart entre lui et le monde, entre lui et lui-même. Aussi est-il immergé dans le monde à la manière des choses, sous une forme massive et opaque. Maintenant efforçons-nous de saisir le moment du retour à la conscience. Le dormeur se réveille, il rompt la totalité dans laquelle il était englué, il se sépare de lui-même et du monde, et cette opération de division, de séparation lui permet de se donner la représentation de sa chambre, de son lit, de son corps allongé dans son lit, de son désir de dormir encore un peu.
« Dans le sommeil, je suis tout mais je n'en sais rien. La conscience suppose réflexion et division. La conscience n'est pas immédiate. Je pense et puis je pense que je pense, par quoi je distingue Sujet et Objet, Moi et le monde, Moi et ma sensation, Moi et mon sentiment, Moi et mon idée » Alain. Manuscrits inédits 1928.
La conscience est ce par quoi il peut y avoir un sujet qui se représente et un objet représenté. Par elle s'opère la scission Sujet/ Objet. Le sujet doué de conscience se pose comme un sujet, un Je, en face d'objets. Il n'est pas dans le monde (chose parmi les choses) il fait face au monde et tout ce qui constitue ce monde : moi, autrui, les choses se met à exister comme un objet de représentation.
Il s'ensuit que :
- l'immédiat échappe à l'expérience humaine. Dès lors que s'opère la scission sujet-objet, la chose est à distance et médiatisée par une représentation. Elle est visée par la conscience qui essaie de se l'approprier symboliquement à travers des signes. La faculté symbolique est substantiellement liée au fait de conscience.
- la temporalisation est une dimension fondamentale de notre expérience. A chaque instant présent j'ai conscience de moi-même mais la division que la conscience introduit en moi fait retomber au passé tout ce que je ne suis déjà plus et projette dans l'avenir ce que je ne suis pas encore. La conscience est mémoire et projet.
- le monde est jugé. Se représenter ne consiste jamais à se donner de manière neutre le spectacle de quoi que ce soit. Avec la conscience il y a toujours une reprise critique de ce qui est. Le monde est dévoilé en fonction de valeurs esthétiques, morales, intellectuelles etc. J'ai conscience de ce que j'écris et je juge que c'est vrai ou c'est faux, j'ai conscience de ta présence en face de moi, et je me dis que tu es beau aujourd'hui, j'ai conscience de la décision qui vient d'être prise politiquement et je juge que c'est juste ou injuste. « La conscience est toujours implicitement morale. Et l'immoralité consiste toujours à ne point vouloir penser qu'on pense et à ajourner le jugement intérieur » Alain Définitions.
Avouons qu'il y a dans le fait de conscience un mystère. Comment ce morceau de matière que je suis peut-il sortir de lui, se tenir à distance d'une réalité qu'il est aussi, pour se mettre à exister dans le double statut de sujet de la représentation et d'objet représenté ?
Méditer le fait de conscience revient ainsi à méditer notre expérience la plus familière et pourtant la plus étonnante.
Les questions que je vais affronter dans ce chapitre sont les suivantes :
- De toute évidence, la conscience confère à l'existence humaine des caractéristiques spécifiques. Lesquelles ?
- Comment rendre intelligible le fait de conscience ? La conscience est-elle un être, une substance comme l'analyse Descartes ou bien est-elle un acte, une intentionnalité comme la décrivent les phénoménologues ? (Husserl, Merleau-Ponty)
- Comment penser l'expérience humaine du corps ? Faut-il dire que j'ai un corps ou que je suis mon corps, que le corps est un corps sujet ou un corps objet ? Est-il possible de sortir de l'ambiguïté qui fait que je suis mon corps tout en l'ayant ?
- La conscience est-elle transparente à elle-même comme l'analyse Descartes ou bien faut-il avec Freud soupçonner qu'il y a dans notre expérience psychique, une part d'ombre récusant le projet moral d'une souveraineté exigible de la conscience ?
- Dire Je, Moi, revient à présupposer une unité et une identité personnelle. Qu'en est-il de cette prétention ? Qu'est-ce que l'identité ? Une donnée ou une construction ? Une réalité ou une fiction ? Un être ou un devoir-être ?
BIBLIOGRAPHIE:
Descartes: Discours de la méthode.
Méditations métaphysiques.
Nietzsche: Le gai savoir.
Bergson: L'énergie spirituelle.
Freud: Essais de psychanalyse.
Nouvelles conférences de psychanalyse.
Métapsychologie.
Alain: Eléments de philosophie.
Sartre: L'Etre et le Néant.
Merleau-Ponty: Sens et non-sens.
L'oeil et l'esprit
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Merci Simone pour cette première leçon de philo, j’en avais grand besoin et ai lu ce billet avec attention… Je vais tous les jours en lire un petit peu… Je reconnais en toi la clarté et la magie du verbe… La pensée aussi et la démarche toute philosophique et tellement intéressante… Je te donne mon blog d’histoire géo avec seulement conseils, devoirs et propositions de correction… histgeotriomphe.canalblog.com Je mets aussi un lien sur mes blogs vers le tien !! bises Agnès
Bonjour,
J’ai depuis quelques jours un problème que je n’arrive pas à résoudre.
Observant mon chat dormir pendant je travaillais, cette interrogation s’est imposée à moi :
puisque l’animal est sur le mode de la chose, qu’il n’a pas de pouvoir de représentation, est ce que cela veut dire qu’il ne differencie pas l’instant où il est éveillé de celui où il dort ? Si j’ai bien compris, l’homme endormi n’a pas conscience de dormir pourtant il sait qu’il a dormi au moment du reveil. Mais alors, qu’en est il de l’animal ? N’y a t-il vraiment aucune difference pour lui entre l’état éveillé de celui d’endormi ? Je serai ravie de comprendre…
Merci et bonnes vacances !
Claire
Claire, il faut être plus rigoureuse dans l’usage des concepts. Le chat est sur le mode de l’en soi. (opposable au pour soi). La chose s’oppose à la personne. Etre sur le mode de l’en soi ne signifie pas absence de capacité de représentation. Pensez-vous que la souris, l’oiseau ou votre présence à côté de votre chat n’ont aucune existence pour lui? Ce qui lui manque c’est la conscience de soi, la conscience réflexive, (ou conscience au second degré puisque c’est la conscience de la conscience). Celle-ci requiert la capacité de se séparer d’avec soi-même et d’avec le monde pour être comme un spectateur de soi-même et du monde. En ce sens, le chat ne peut pas avoir la conscience du temps. Sa conscience est une conscience engluée dans l’immédiat. Il est au présent, un présent étroitement limité en avant et en arrière.
Bonnes vacances à vous aussi.
Bonjour Madame,
Elève en terminale S à Orléans, je découvre avec plaisir votre blog que je trouve très clair et particulièrement aidant.
Je souhaiterais avoir une précision, concernant la distinction conceptuelle que l’on peut faire entre la conscience (en tant que conscience réfléchie) et la pensée. Qu’est ce qui différencie ces deux termes ?
Merci de vos précisions et bonne continuation!
Merci pour votre aimable appréciation. J’espère qu’en complément de votre cours ce blog vous aidera à passer le bac dans de bonnes conditions.
La conscience (ou l’esprit) est une faculté humaine. On distingue la conscience spontanée et la conscience réfléchie. L’une est conscience immédiate de quelque chose, l’autre est conscience de la conscience, retour de la conscience sur elle-même pour prendre conscience de ses contenus, de la nature de ses opérations, pour se clarifier et se juger. La conscience réfléchie est donc la pensée qui se pense elle-même. Mais la pensée qui est toujours réflexion peut s’appliquer à d’autres objets. Penser le désir, la technique, l’art etc. c’est penser autre chose que sa propre conscience. Reste qu’il y faut toujours un retour de l’esprit sur lui-même car concernant les objets en question, on a des idées toutes faites, ce qu’on appelle des opinions et il convient de les réfléchir pour examiner leur sens, leur valeur et leur fondement.
Oui, je pense que ce blog et vos articles pertinents me seront très utiles, en complément de mon cours bien sûr!
Merci encore pour votre démarche, c’est toujours avec curiosité et désir que je m’intéresse à la philosophie, 3 toutes petites heures d’ouverture d’esprit par semaine dans ma série scientifique !
@ bientôt!
Je trouve que l’on comprend mieux la conscience en la comparant à la vision. La vision est une faculté, mais elle ne doit pas être confondue avec les objets vus sous prétexte que voir, c’est voir quelque chose.
Le sommeil, c’est un peu comme de fermer les yeux. La faculté de voir n’a pas disparu. On voit quand même du noir. Dans le sommeil profond , en effet, plus de sujet et d’objet, plus de connaissanceS. Mais le sommeil est-il équivalent à un néant ? Il reste, il me semble, une sensation diffuse, sourde, non objectivable, mais bien réelle, au point qu’au réveil, nous n’avons pas l’impression d’un abîme, d’un rien entre hier et maintenant.
Par conscience, tout le monde entend « connaissance de ». S’il y a connaissance, il y a de la pensée (ou concepts). On peut aussi s’apercevoir que bien des choses peuvent être perçus par les sens, « enregistrés » si je puis dire, sans en avoir « connaissance ». Ne serait-ce, par exemple, que ce qui n’est pas regardé, mais qui est dans notre champ de vision et peut revenir en mémoire.
La conscience se caractérise par son intentionnalité, soit. Mais celle-ci n’est pas épuisée par le rapport théorique ou conceptuel au monde voire par le rapport conscient. En témoigne l’analyse des petites perceptions par Leibniz; Le bruit de la vague que nous percevons est constitué de celui de chaque gouttelette d’eau que nous n’identifions pas consciemment
Par ailleurs personne n’a jamais dit qu’il faut confondre l’acte de voir avec la chose vue.
Bonjour madamme Manon. je suis Camerounaise en classe de terminale litteraire. Je suis très émue consernant votre cours la conscience et l’inconscient . Ma préocupation est au niveau de l’incompréhension des termes: » etrange pouvoir que ce pouvoir de representation ». « je pense et puis je pense que je pense ». je vous souhaite beaucoup de courage dans votre talent de professeur . que Dieu vous benisse
L’expression signifie qu’il n’est pas facile de comprendre comment ce petit morceau de matière que nous sommes dispose de la possibilité de se mettre à distance de lui-même pour se représenter. Certes cette distanciation est rendue possible par le langage qui intercale entre le monde et nous, entre nous et nous-même le signe, reste que la capacité symbolique est aussi mystérieuse que la conscience qui en est l’effet et le principe.
Bon courage pour vos études.
bonjour, merci pour ce site comme les autres le disent votre site est particulierement bien tout est bien expliqué , en tout cas je comprends mieux avec votre site qu’avec mon professeur je suis en terminal ES et votre site ma donner goût à la philosophie .
merci .
Bonjour madame,
Je suis actuellement en terminale L et mon professeur m’a donné ce sujet :
La conscience de soi peut-elle couvrir un manque d’être ?
Et je ne vois pas de quelle manière aborder ce sujet, un plan oui non mais, certes, mais, un manque d’être, qu’est ce qu’un manque d’être ? Au sein d’une société ? un trouble intérieur profond ?
Vos cours sont géniaux, merci de les rendre si accessible
Ce sujet vous invite à réfléchir sur ce que l’on entend par « soi », autrement dit il engage une réflexion sur le « pour soi ». Thème hégelien, thème sartrien de la conscience comme néant, décompression de l’être autrement dit comme travail du négatif. Voyez le cours sur l’ambiguïté de la condition humaine et celui sur l’identité. Bon courage.
Merci d’avoir répondu aussi rapidement, mais je vous avouerai que je nage complètement dans cette notion de conscience comme néant et travail du négatif je ne vois pas les liens avec le manque d’être et leur apport positif ou négatif à celui ci.
C’est mon ancien professeur qui m’avait parlé de ce site, je ne regrette vraiment pas d’y avoir passé mon après midi à scruter chacun de vos articles sur le sujet qui m’ont apportés une précieuse aide.
Merci à vous.
Ce thème sartrien est en effet difficile. Avez-vous lu le commentaire du texte de Hegel dans « ambiguïté de la condition humaine »? Il vous permet de vous approprier les concepts de pour soi et d’en soi et de comprendre que par la conscience l’homme ne cesse de nier ce qu’il est sur le mode du donné pour se faire exister comme il se projette. La conscience est néantisante. Elle est un mouvement, un acte, non un être. C’est en ce sens qu’on peut dire que le pour soi n’a pas la plénitude d’être de l’en soi, que la conscience est ce par quoi le néant peut venir au monde. Ce qui est une autre manière de dire que le pour soi est une liberté s’efforçant de s’inventer et aspirant à être en soi ce qu’elle est pour soi. Rêve impossible bien sûr…
Merci de cette explication, j’avais bien lu le cours à plusieurs reprise mais je suis maintenant éclairé, merci de votre aide si précieuse, bonne fin de week end à vous.
Bonjour,
votre blog est très instructif, mais pourquoi n’a t-on aucune information sur la conscience morale ? J’ai une dissertation à faire qui a comme sujet ‘la conscience morale n’est-elle que le résultat de l’éducation? », mais je ne trouve rien nul part. Pouvez-vous m’éclairer un peu s’il-vous-plaît ? Je vous remercie d’avance et vous souhaite une bonne continuation.
Si, il y a de nombreux cours sur la moralité sur ce blog. Commencez par la notion d’obligation dans le chapitre bonheur et moralité. Les choses commenceront à s’éclairer pour vous.
Bon courage.
Je suis heureux d’assister à la réouverture de ce blog.
E
Bonjour Madame, votre blog est intéressant et plus facile à comprendre qu’un cours de philosophie . Vos explications sont toutes fois claires et précises, elles ne sont pas floues. J’ai un léger problème , je m’appelle Emmanuelle, je suis actuellement en classe de Terminale ES, étant bonne élève en général, j’éprouve des difficultés à comprendre mes cours de philo c’est peut-être à cause du prof ou autre je ne sais pas mais je ne comprends rien. Cela ne m’aide pas vraiment à comprendre le sujet de la dissertation quand j’en ai à faire à la maison . J’ai du mal à utiliser mon cours , à chercher dans mon cours, à quoi mettre dans ma copie . Je cherche de l’aide d’un professeur ou d’un autre élève pouvant m’aider à progresser, à savoir comprendre mes sujets de dissertation et autre . Le bac étant maintenant pour la philosophie dans environ 2 mois :S
Merci
cordialement
Quelle est votre question?
Vous pouvez consulter les méthodes, les cours sur ce blog si vous avez l’impression de mieux comprendre. Cela devrait vous permettre de vous approprier les exigences de la discipline.
Bon courage.
merci mais j’aimerais des conseils pour comprendre mon cours . Pour les révisions du bac je compte me faire des fiches de révisions mais je ne sais pas comment m’y prendre , pouvez vous me donner quelques conseils s’il vous plait ?
Cordialement
La compréhension est un acte personnel. Nul ne peut de l’extérieur se substituer à l’effort individuel. Vous devez assimiler les définitions des notions. Il suffit de connaître la langue pour s’approprier une signification. Ensuite il convient de saisir les problèmes que telle ou telle notion pose. Le cours les explicite d’ordinaire en mobilisant les grandes analyses d’auteur.
Sur vos fiches vous devez faire figurer les définitions, les termes du débat suscité par telle notion et les éléments d’élucidation que les grands auteurs en ont proposés.
Ainsi serez-vous armée pour réfléchir par vous-même sur une question donnée.
Merci pour ces conseils très utiles
Cordialement
Bonjour,
Je suis actuellement en révisions pour mon baccalauréat, section ES. Je revois le doute carthésien et je me demande si ma pensée est exacte : ce que Descartes semble attendre, selon moi, ce sont des preuves à chaque certitude qu’il remet en questions. Cependant, je me demande si le simple fait de remettre ses certitudes en questions n’amènerait pas une élévation de l’esprit de celui qui entreprend d’appliquer cette méthode.
Merci pour votre aide !
Vous avez un cours sur le cogito cartésien. Il suffit de vous y reporter.
Bon courage.
donc peut-on dire que l’inconscient se trouve dans la conscience. Soyez plus précise dans votre explicitation. j’attends votre réponse avec impatience.
Je me suis permise de corriger vos fautes tant votre expression est incorrecte. Il faudrait faire un effort pour en soigner la qualité.
Vous vous êtes contenté de lire la présentation du chapitre Conscience-inconscient-sujet. Une présentation de la problématique d’ensemble n’explicite rien. Il faut vous reporter à chacun des cours que cette présentation introduit. Il suffit de cliquer dans la colonne de droite sur le chapitre concerné et vous verrez défiler le titre de chacun des cours. (ou bien allez dans la table des matière).
Il y a un cours sur ce que Freud théorise sous le nom d’inconscient. Prenez la peine de l’assimiler et vous comprendrez qu’il n’y a aucun sens à dire que l’inconscient se trouve dans la conscience.
Bonjour,
J’ai lu en classe le paragraphe 8 de La Conscience et la Vie de Bergson et je n’ai pas vraiment compris la thèse qu’il dévellope. J’ai donc quelque question à vous poser :
– Quelle est la différence entre spontanné et automatique : dans le dictionnaire ces deux mots sont synonymes et j’ai pourtant essayé de trouvé un détail les différanciant je ne vois pas.
– Lorsque l’on fait un geste ne sommes nous pas toujours conscient de l’avoir fait ? Même si c’est un réflexe je sais que je l’ai fait, alors pourquoi dit-il que notre consience s’enfuit au fur et à mesure de notre expérience. Cela veut-il dire que plus l’on refait quelque chose nous sommes de moins en moins conscient de ce que l’on fait ?
– Je ne comprend pas non plus ce que re présente une crise intérieure pour Bergson : est-ce un traumatisme ou une prise de conscience ?
– Pourquoi Bergson associe-t’il le choix à une création ? (Fin du paragraphe)
– Pour Bergson ne sommes nous conscient que lorsque nous devons effectué des choix ?
Je sais que je pose de nombreuses question mais je suis curieuse de nature et comprendre la philosophie est un vrai défi ! Je vous remercie donc par avance de répondre à toutes ces question.
Bravo pour votre site qui est très constructif à mon goût !
Non, spontané n’est pas synonyme d’automatique. Le mot peut parfois être employé dans le sens d’irréfléchi mais dans son sens propre il signifie: « ce qui se produit par l’initiative propre de l’agent » (sponte sua). C’est donc ce qui n’est pas déterminé par une cause extérieure à l’action de l’agent, ce qui relève de sa liberté. Dans le texte bergsonien, l’action automatique est opposée à l’action spontanée. Cf. « Qu’arrive-t-il quand une de nos actions cesse d’être spontanée pour devenir automatique? La conscience s’en retire » écrit l’auteur.
La conscience est coextensive à la vie pour autant que celle-ci n’est pas engluée dans le déterminisme de la matière, et elle se déploie dans le temps. La conscience est donc mémoire et anticipation de l’avenir selon les définitions de Bergson. Mais dans l’habitude, dans les automatismes, l’action s’opère en nous, sans l’intervention de la conscience parce qu’elle est devenue mécanique.
Observez le phénomène sur vous-même comme le propose Bergson. Lorsque vous écrivez un mot, vous ne pensez plus à la manière dont il faut vous y prendre pour tracer chacune des lettres. Le mouvement de votre main est automatique, ce qu’il n’était pas au moment où vous avez appris à écrire. En revanche, vous devez réfléchir au sens du propos de l’auteur, vous représenter plusieurs sens possibles et vous décidez pour l’un à l’exclusion des autres. Vous hésitez, vous êtes confrontée à un choix. A ce moment votre conscience est à son plus haut degré d’intensité.
Voilà pourquoi il faut distinguer la conscience endormie et la conscience éveillée. La conscience n’est jamais aussi vive, aussi présente à l’activité, que lorsque l’action n’est pas automatique, qu’il faut prendre une décision, choisir telle possibilité plutôt que telle autre. Ce que connote l’idée de crise, d’hésitation, de choix dans le texte. Mais qui dit initiative d’un agent, hésitation, choix, dit liberté. Notre conscience est d’autant plus intense que nous exerçons davantage cette liberté. En ce sens l’acte conscient est l’acte vraiment spontané et celui-ci est l’acte proprement créateur ou l’acte libre. Comme tel, il est imprévisible.
Bergson lie donc les notions de conscience, de spontanéité, de liberté, d’imprévisibilité et de création. Il disait que: « nous sommes libres quand nos actes émanent de notre personnalité entière, quand ils l’expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable ressemblance qu’on trouve parfois entre l’œuvre et l’artiste »
Merci beaucoup pour votre réponse !
En prévision d’un futur contrôle je voudrais vous demander ce qu’il faut mettre dans la partie critique (es-ce notre avis ou plutôt ce que les autres philosophes ont en pensé ?) d’un commentaire de texte. De plus je me demandais si dans la partien analyse on doit faire un plan avec des parties et des sous-parties dans cette partie. Dans ce texte resortent deux grandes idées :
– action spontannée (avec conscience)/action automatique (sans conscience)
– choix —> conscience
Si on devait faire des parties dans la partie analyse elles seraient sur ces thèmes. Qu’en pensez-vous ?
La thèse d’un auteur est-elle la question que celui se pose ou le développement que celui-fait pour répondre à cette question ?
Merci d’avance pour votre réponse.
PS : Pensez qu’une analyse linéaire est plus indiquée pour ce texte qu’une analyse par thème ou le contraire ?
Pour la méthode de l’explication de texte, voyez le cours de méthode sur ce blog. Vous avez dans le colonne de droite une rubrique: méthodologie.
Vous devez toujours dégager le thème, les questions que l’auteur s’est posé à propos de ce thème et sa thèse, c’est-à-dire la manière dont il élucide sa problématique.
Une explication linéaire est bien adaptée à ce texte.
L’important est d’abord de comprendre avec précision et profondeur ce que dit l’auteur. L’explicitation du sens doit être l’essentiel de votre travail. Il se peut que vous ayez une objection à lui faire, étayée ou pas par une thèse philosophique, mais tous les textes ne se prêtent pas aisément à la discussion. Remarquez combien Bergson évite tout dogmatisme dans ce texte. Sa perspective est descriptive et ses interprétations sont prudentes. D’où l’usage de questions pour amener les idées, l’emploi du verbe sembler, le recours au « si … « alors » ».
Merci
Excusez moi de vous déranger encore un fois mais je n’ai aucune idée de quoi mettre dans la partie critique de mon commentaire sur ce texte. Je sais comment je dois faire (j’ai lu la méthode) Mais je ne trouve pas d’argument ou d’auteurs ou de thèse à lui opposé.
Merci de votre répondre.
Si vous avez étudié Freud, vous pouvez l’utiliser pour discuter l’assimilation bergsonienne de la conscience et de la liberté. Mais si vous ignorez les analyses freudiennes dispensez-vous de la partie critique.
Je ne peux pas me passé de partie critique étant donné que le prof veut qu’on en fasse une ; son plan est :
-patie analyse
-partie critique
Si vous pouviez me donner des pistes vous me seriez d’une grande aide n’ayant jamais étudié Freud.
Je suis désolée Morgane, je ne donne pas de cours particulier.
Vous avez des cours sur Freud et sur la liberté sur ce blog. Il suffit de vous y reporter.
Merci pour votre aide
Est-il erroné d’assimiler le « je » à l’âme et le « moi » au corps?
Oui, il est absolument erroné de faire cette assimilation. Pour vous éclairer, voyez le cours sur l’identité: le problème métaphysique sur ce blog et le texte de Kant dans le cours intitulé: ambiguité de la condition humaine.
Bonjour! merci une fois de plus pour votre générosité et votre disponibilité permanente de nous aider à penser. j’ai la préoccupation de savoir si nous pouvons considérer que l’animal est inconscient? si oui peut-on rapprocher l’inconscience de l’animal à celle de l’homme?
Il ne faut pas confondre inconscient et inconscience. Le cours sur Freud le précise.
Il y a bien une conscience animale, simplement elle diffère profondément de celle de l’homme dans la mesure où elle est déterminée par le besoin et a donc une amplitude limitée. S’il y a un inconscient animal, c’est la même chose.
Bonjour chère Simone,
A l’occasion des trente ans de la mort de J. Lacan, je me suis penché avec un vif intérêt sur la lecture des articles de ce chapitre et je dois une nouvelle fois saluer la saveur inaltérable de vos publications.
Merci mille fois,
Pierre
Bonjour Pierre
Vous êtes vraiment trop généreux mais puisqu’aujourd’hui est pour moi un jour de fête, je reçois votre message avec un grand plaisir.
Bien à vous.
Merci Simone pour cette intro qui clarifie tellement de choses!
Grâce à cela le cours dense mais nébuleux de mon professeur paraît soudainement plus clair…
Merci beaucoup!
[…] https://www.philolog.fr/la-conscience/ […]
Bonjour, je suis en Terminale S, et en ce début d’année, nous avons abordé la question de l’essence et de l’apparence. Notre professeur nous a présenté ces deux notions grâce à des exemples très simples:
– « Cette maison est jaune, et celle là est bleue » : Dans cette expression, nous désignons l’apparence des objets, c’est à dire les façons dont les objets se présentent à moi (la vue, le sensible). Nous avons recours à la description (et à la comparaison) pour définir l’objet, ceci est donc une forme de connaissance.
-« La maison est verte »: l’article défini « la » désigne « la maison en général ». Dès lors, le sujet prend un autre sens. On ne peut plus dire que la maison est verte car toutes les maisons ne sont pas vertes. La couleur verte n’est donc pas une propriété essentielle pour définir ce qu’est une maison.
Pour définir l’idée de maison, je dois utiliser sa définition, car celle-ci s’intéresse à la fonction : « une maison est un espace fermé est indispensable à l’homme. Il définit son chez soi, en opposition à l’espace naturel.
Donc, ces exemples sont peut-être faciles, voire enfantins, mais lorsque nous abordons la question de l’essence chez l’Homme (l’Être), je suis perdue. Pourriez-vous m’expliquer la véritable différence entre l’essence et l’apparence, chez l’être humain ? Tout ceci, en rapport avec les notions de « conscience » et de « sujet » ?
Je vous remercie d’avance,
cordialement.
Il me semble, Clémence, qu’il est plus fécond de vous approprier les définitions des notions plutôt que d’être obnubilée par des exemples censés vous faciliter la tâche.
L’essence est, au sens métaphysique, ce qui constitue la nature d’un être, ce qui assure sa permanence. Le mot, proche ici de substance, s’oppose à accident.
Au sens logique, l’essence d’un être est l’ensemble des propriétés qui font qu’il est ce qu’il est. L’enjeu de la définition est de formuler ces propriétés.
L’apparence est ce qui se présente de la chose immédiatement aux sens et à l’esprit.
Or ce que sont les choses dans ce qui définit leur essence n’apparaît pas nécessairement sous forme sensible et immédiate. Voilà pourquoi la notion d’apparence est connotée péjorativement. Les apparences sont accusées d’être trompeuses (Cf. Platon et le procès de la connaissance sensible)
Il me semble que votre exercice consiste à réfléchir sur l’essence de l’homme. Ce qui n’est pas une mince affaire car tout un mouvement de la pensée contemporaine (par exemple l’existentialisme) consiste à dire que l’homme n’a pas d’essence, qu’il est une liberté, une existence c’est-à-dire « un être qui n’est d’abord rien et qui ne sera que ce qu’il se sera fait ».
En tout cas, quelle que soit la nature de votre exercice, il va de soi que si vous définissez l’homme par la conscience, ou par sa capacité à se poser comme un sujet, ou comme une liberté, il est clair que ces caractéristiques ne s’offrent pas à une approche purement sensible. Elles ne peuvent être saisies que par une opération de l’esprit.
Voyez les cours: ambiguïté de la condition humaine. https://www.philolog.fr/ambiguite-de-la-condition-humaine/
L’essence de l’homme c’est l’existence.https://www.philolog.fr/lessence-de-lhomme-cest-lexistence-heidegger/
En espérant avoir clarifié les choses.
Bonjour,
Tout me semble plus clair désormais, et je comprends mieux l’enchaînement de mon cours.
Je vous remercie.
Bonne journée
Au fait jai retenu que la conscience est le fait d’être capable de refléchir, d’apercevoir le monde et ce qu’il contient , et enfin c’est aussi le fait de pouvoir interragir avec les mondes
Bonjour Madame,
J’aimerais savoir si on pouvait voir un rapport entre le cas du Dr Jekyll et Mr Hyde et l’expression d’une conscience qui peut parfois être duale; qu’en pensez vous ?
Bonjour Céline
Comme vous parlez de conscience et non de psychisme, la métaphore du double ou la dualité: conscience/inconscient, illustrées par l’ouvrage de Stevenson, ne me paraissent pas opératoires.
Qu’entendez-vous d’ailleurs par conscience duale? S’agit-il de la division interne à la prise de conscience? ou bien du déchirement entre des postulations opposées? Tant que ces ambiguïtés demeurent des faits de conscience, la référence à Jekyll et Hyde est problématique dans la mesure où, si mes souvenirs sont bons, l’homme du jour ne coexiste pas avec celui de la nuit sous les espèces de la conscience.
Bien à vous.
Bonjour chère professeure,
j’ai lu dans un texte l’expression: « conscience sans liberté ». Pourriez vous m’éclaircir sur la signification ? 🙂
Cordialement
Désolée, Romain, on ne peut pas expliciter le sens d’une expression sortie de son contexte.
Bien à vous.
Bonjour, tout d’abord merci beaucoup de ce cours très constructif. J’aimerais savoir si, pour avoir compris le cours sur la conscience il faut être capable de savoir répondre aux questions posées à la fin ? Je n’ai jamais pris de cours de philosophie, je m’y suis mise il y a peu de temps donc certaine base me semble encore très floue.
Cordialement.
Bonjour Alice
Le chapitre sur la conscience est très fourni sur ce blog. Il permet effectivement de maîtriser le traitement des questions qui sont annoncées, questions faisant partie des problématiques auxquelles les élèves sont censés être sensibilisés au cours d’une année d’initiation.
Bien à vous.
Bonjour Madame,
Je souhaiterais savoir s’il existe un quelconque rapport entre la notion de sujet et la notion de conscience ? J’avoue que pour moi cela est très floue, voire incompréhensif.
Merci d’avance pour vos explications
Cordialement,
Thomas
Bonjour
La conscience est ce qui permet à un être de se poser comme un sujet par rapport à des objets.
Les deux notions engagent des problématiques diverses mais se rencontrent nécessairement.
Par exemple: peut-on substantialiser la conscience? Idem pour le sujet.Voyez sur ce blog le cours sur l’identité.
Tout cela s’éclairera, je suppose, avec le cours de votre professeur.
Bien à vous.
Bonjour,
J’ai eu un cours sur le sujet, le conscient et la conscience. Et j’ai une question de dissertation, c’est: Peut on avoir peur de soi meme ?
Or je ne comprends pas le rapport avec le cours de la conscience, l’insconscience et le sujet.
Pourriez vous m’aidez ?
Bien a vous.
Bonjour
Désolée, je n’interviens pas dans le travail des élèves.
Voyez la dissertation: sur ce blog : la conscience de soi est-elle une connaissance de soi? Peut-être éclairera-t-elle un peu votre lanterne.
Bonne réflexion.
Bonsoir
J’ai une question qui reste sans réponse même après avoir lu votre cours: La conscience fait-elle de moi un sujet libre? D’après ce que j’ai compris, je pense que nous sommes dans l’illusion d’une liberté de conscience. Pourriez vous me donner votre opinion sur le sujet?
Merci d’avance.
Bonjour,
Travaillant actuellement sur Kant et la représentation, j’aimerais trouver quelques informations qui puissent m’aider à mieux comprendre sa philosophie ô combien ardue… Mais votre site est vaste et j’avoue avoir du mal à m’y retrouver parfaitement. Auriez-vous quelque chose à ce sujet qui puisse éclairer ma compréhension ?
Cordialement.
Bonjour Océane
Le « pour connaître Kant » chez Bordas de Georges Pascal est limpide. Vous pouvez le lire avec intérêt.
En ce qui concerne mon blog, vous disposez d’un index.
En tapant Kant, vous verrez apparaître tous les articles où il est question de cet auteur.
Bien à vous.
Réponse à Raiton.
C’est un beau sujet de réflexion que vous avez à traiter.
Il faut le faire par votre propre effort.
La philosophie ne consiste pas à énoncer des opinions mais à expliciter les problèmes et à les affronter avec rigueur.
Quel est ici le problème? > suffit-il de disposer d’une conscience pour prétendre être libre?
Bon courage.
Bonjour professeurs,
Je relisais mon cours de philosophie sur sujet, conscience et inconscient, quand une question me traversa l’esprit : les questions « qui suis-je ? » et « suis-je celui que je pense être ? » sont-elles similaires ? En effet, je ne sais pas si la démarche de réflexion est la même.
Merci d’avance pour vos éclaircissements.
Johanna
Bonjour
Oui, les deux questions se rencontrent puisque je ne puis avoir des doutes sur la représentation que je me fais de moi-même que si je m’interroge sur ce que je suis.
Bien à vous.
Bonjour
j’ai un problème, je ne comprends pas la philosophie surtout les thèmes.En effet j’ai des difficultés à argumenter dans la dissertations et l’explication de texte.Que me conseillerez vous que je réussisse?
Bonjour
Nul ne peut se mettre à la place d’un autre pour comprendre. Il m’est donc bien difficile de vous répondre. Je ne puis que vous conseiller de ne pas vous décourager. Le travail patient, précis, méthodique finit toujours par porter ses fruits. Assimilez régulièrement le cours, faîtes les lectures conseillées et vous devriez progresser. Demandez aussi à votre professeur de vous aider.
Bon courage.
Bonjour
premierment,j’apprecie bien vos travails et sujets,ses structures linguistiques étaient tres utiles pour moi,Je ne sais pas combien de merci je vais vous donner.
existe-il un subconscience collective qui liee tout les subconscients de peuple en seul espirit ou univers surnaturel?
merci bcp d’avance
Bonjour
D’abord, permettez-moi d’attirer votre attention sur la nécessité de soigner la correction de l’expression. Ex: vos travaux – premièrement – esprit – tous les subconscients, etc.
Pour ce qui est de votre question, il faudrait savoir ce que vous entendez par subconscient, terme pour le moins obscur et croire en l’existence du surnaturel.
Peut-être voulez-vous parler de ce que Herder appelait « l’esprit d’un peuple » (le génie national), de ce que Durkheim théorisait sous l’idée de « conscience collective » ou dans un autre sens de ce que Jung appelait « l’inconscient collectif ».
Voyez ce que ces auteurs entendent par là.
Bien à vous.
Pourquoi peut on dire que la conscience n’est rien que le dehors d’elle même ?
C’est un beau sujet de dissertation que votre professeur vous a donné. Il faut vous dépêcher de vous mettre au travail!
Bon courage.
Bonjour,
J’aimerais savoir si vous pourriez m’éclairer sur quelques sujets concernant la conscience : pouvons nous dire que la conscience est une chose matérielle/immatérielle ?
Bonjour
Si on définit la conscience par ses opérations (celle de se représenter, de juger etc.), et si l’on prend acte qu’une opération mentale n’est pas étalée dans l’espace et n’a pas de visibilité, cette faculté est immatérielle.
Mais ce qui rend possible ces opérations, à savoir le cerveau ou le système neuronal, est bien matériel.
Il faut approfondir cette distinction pour traiter votre sujet.
Bien à vous.
Bonjour, votre site est très intéressant, j’ai appris beaucoup de choses. Je voulais savoir si vous pouviez me renseigner ou me donner des idées sur un sujet qui me cause problème car je n’ai pas envie de tricher. Le sujet est le suivant : Peut on ne pas savoir ce que l’on fait ?
Merci, bonne journée.
Bonjour
Désolée, je n’interviens pas dans le travail des élèves. Personne ne peut réfléchir à votre place et si l’on vous donne un sujet de dissertation, c’est précisément pour vous y exercer.
Bon travail.
Apres avoir bien etudié votre cours j’ai finalement réussi ! Merci quand meme !
Sur le sujet de la conscience, vous pensez qu’il est bien de parler de Hannah Arendt » la banalité du mal » ?
merci
Bonjour
Réponse à Lea (1)
Je vous souhaite d’avoir bien analysé les différents sens de l’expression: « ne pas savoir ce que l’on fait ». Car rêve, automatismes mis à part, tout sujet a conscience de ses actes lorsqu’il agit, même si c’est sous forme vague et confuse. La question est néanmoins de savoir si cette conscience enveloppe celle des raisons (causes et intentions)de son acte, de ses conséquences possibles, de son impact sur les autres ou sur le cours des événements, de ses modalités d’exécution (technique#hasard, mécanisme#réflexion) etc.?
Réponse à Lea (2)
Pour le thème de la banalité du mal voyez :https://www.philolog.fr/le-mal-radical-kant-arendt-a-propos-du-film-hannah-arendt-de-m-von-trotta/
Bien à vous.
Oui oui c’est ce que j’ai fait ! En tout cas merci ! 🙂
Merci beaucoup !!!!
Bonjour Madame.
Est-il aberrant de penser que la formule « L’esprit / la conscience s’approprie (ou essaie ) symboliquement le réel » qui revient plusieurs fois sur votre (précieux) site a (au moins) un air de famille avec l’aphorisme freudien : « là où est le ça, le je doit advenir » ? Que cherche –t-on à faire faire à l’enfant qui malaxe sa pâte à modeler chez le psy que de tenter de lui faire exprimer, élaborer,appareiller, mettre en forme, en symboles, son « réel » afin qu’il se l’approprie ? ou suis-je dans une grande confusion ? Merci.
Bonjour Dominique
L’expression « s’approprier symboliquement le réel » renvoie à des opérations très différentes selon qu’il s’agit d’une appropriation philosophique, scientifique, poétique, doxique, fantasmatique, du réel, etc.
La formule de Freud a un sens très précis même si l’effort prescrit met en jeu des processus symboliques. Il s’agit d’advenir dans sa dimension de personne consciente et responsable, ce qui est l’enjeu de la civilisation, grâce à des procédures de sublimation des pulsions et de prise de conscience rendue possible par la connaissance (en particulier celle qu’apporte le freudisme).
https://www.philolog.fr/admettre-lhypothese-dun-insconscient-psychique-est-ce-denier-a-lhomme-toute-responsabilite/
https://www.philolog.fr/nature-humaine-et-civilisation-freud/
En ce qui concerne le psy, il est censé aider une personne à résoudre ses problèmes en lui permettant de se réapproprier la maîtrise de sa vie. Là encore cela passe par une mise en sens, c’est-à-dire par des procédures de symbolisation.
Vous n’êtes donc pas dans la confusion, seulement dans l’imprécision.
Bien à vous.
Bonjour S. MANON,
Tout d’abord je tenais à vous remercier de mettre à disposition tout ce travail, toutes ces réflexions, c’est vraiment très riche. Il faudra que je prenne le temps de tout parcourir. En ce moment, les questions qui m’intéressent sont celles qui touchent à la conscience, à la notion de sujet, finalement à ce « sentiment de l’existence » : sentir/savoir que les choses existent et d’un même mouvement se sentir/ se savoir exister à la fois distinctement en même temps que relié au « milieu extérieur ». J’ai bien sur déjà trouver un certain nombre d’articles intéressant qui traitent de ces questions dans votre blog, et j’avais notamment repéré un passage illustrant la conscience par ce jeu de l’enfant qui fait des ricochets, il se voit/se sait agir sur le milieu… je crois que c’est une approche phénoménologique (Husserl ou Heidegger?), je ne retrouve plus ce passage, pourriez-vous m’éclairer.
Par ailleurs, j’ai de la peine à trouver des philosophes qui traitent de ces questions en s’appuyant clairement sur les données de la science (notamment la biologie, la neurologie bien sur ou encore l’éthologie comparée), il est par exemple extrêmement instructif de voir comment se comporte un dauphin devant un miroir, comment sont comportement, ses jeux, dénotent clairement que lui aussi est « pris » dans une dimension de conscience… Ou encore par des approches qu’on pourrait dire onto-génétique (genèse du sujet, type développement du psychisme des psychanalystes) ou phylogénétique (développement de la psyché à travers l’histoire des espèces)… Ces approches me paraissent essentielles pour comprendre le sujet humain et sa conscience, pourtant je ne trouve rien de vraiment concluant… Avez vous des pistes ?
Enfin tout éclairage de votre part serait très bien venu et je suis ouvert à tout échange futur. J’espère que mes questions sont assez claires… je vous remercie encore !!
Aurélien
Bonjour
Pour votre première question voyez https://www.philolog.fr/ambiguite-de-la-condition-humaine/
Pour le reste, la bibliographie est immense pour chacune des disciplines. Google vous donnera des tas de références.
Bien à vous.
Un grand merci pour votre réponse… Effectivement j’ai trouvé énormément de matière dans la page que vous m’avez indiquée. Eclaircir, essayer de définir la conscience, c’est un vaste programme, inépuisable en fait… le sujet qui tente de se retourner sur lui même, de se « réfléchir » lui-même, plus qu’un dédoublement c’est une mise en abîme… un peu vertigineux…
Ps: le concept « propriété émergente » me parait être un levier particulièrement pertinent pour conceptualiser la conscience (je fais référence à la « méthode » Edgard Morin, sa théorie de la « complexité »)… Enfin, je ne vous embête pas davantage, ici ce n’est peut-être pas un lieu de débat et il ne faudrait pas abuser de votre disponibilité…
(Ps2: ce doit être extrêmement instructif de dialoguer en direct avec vous, c’est envisageable? vous donnez des conférence publique ? (je ne suis plus étudiant depuis quelques années maintenant, mais il y’a un certain nombre de questions qui me préoccupent et que je continue à étudier).
Bien à vous
..re bonjour,
svp auriez vous un bon dictionnaire de la philosophie à me conseiller?
encore merci!
Bonjour
Oui le concept d’émergence est opératoire pour de nombreuses neurosciences. Mais il faut être des spécialistes de disciplines pointues.
Je ne donne pas de conférences et ce blog est le seul canal où l’on peut me poser des questions.
Pour ce qui est d’un dictionnaire: le Lalande est un incontournable mais j’aime beaucoup aussi le Morfaux.
Bien à vous.
Bonjour,
J’aurais une question à laquelle je ne trouve pas réponse concernant la conscience. Chez Kant (dans son texte sur la connaissance de soi-même dans son Anthropologie d’un point de vue pragmatique), on voit que la conscience définit la condition humaine et qu’elle en est constitutive. Chez Marx, la conscience semble reléguée à un rôle moins important (cf Idéologie allemande), en tout cas pas originaire, mais du coup, comment compareriez-vous les anthropologies à l’oeuvre chez Kant et Marx? Si chez Marx l’essence de l’être humain c’est l’ensemble des rapports sociaux, peut-on dire que chez Kant l’essence de l’être humain c’est sa conscience? Je n’arrive pas à y voir clair, malgré la relecture des textes et des passages. On sait pourtant que Marx a été imprégné de l’idéalisme allemand (même si Kant occupe une place à part dans ce courant avec son idéalisme transcendental). Marx a sans doute une vision plus pratique et moins abstraite que Kant. Peut-on dire que Kant est plus individualiste que Marx? Pourtant Kant accorde aussi une importance capitale à la relation, que ce soit au niveau morale ou pour l’acquisition chez l’enfant du pouvoir de représentation du « Je » qui n’est pas inné et qui doit être amené par l’éducation. Dans le texte sur la connaissance de soi, le pouvoir de représentation du « je » semble assimilé à un concept de l’entendement et pourtant dans nos cours on nous dit que pour Kant, le sujet n’est pas un concept mais juste un « ça » qui pense et qui s’éprouve dans un sentiment. Concept, sentiment, conscience, essence, pouvez-vous me donner votre clef de lecture pour Kant en ce qui a trait à la conscience, au sentiment et à l’essence de l’homme chez lui dans la perspective d’une comparaison avec Marx?? Grand merci et bravo pour les contenus de ce site qui m’ont déjà aidé et éclairé plus d’une fois.
Bonjour
Il y a beaucoup de confusion dans vos propos. Par exemple, dire que le sujet kantien est « un ça » ne manque pas de sel!
L’anthropologie kantienne définit l’homme comme un être à la fois intelligible (participant d’une nature raisonnable) et sensible. Parti pris dualiste recouvrant l’opposition de l’ordre de la liberté (la raison) et du déterminisme (la sensibilité) ou de la raison et de la nature.
Kant est un philosophe de la liberté qui, pour être une possibilité nouménale de la condition humaine, n’en a pas moins une destination éthico-politique (instituer « le règne des fins »)
Marx est un penseur matérialiste disqualifiant le statut que l’idéalisme confère à la conscience ou à la raison. Les productions de l’esprit n’ont pas pour lui d’autonomie. Non seulement la conscience n’est pas une instance originaire, mais elle est, comme chez Freud, un épiphénomène. Vous devez connaître la célèbre affirmation: « Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. Dans la première façon (dans l’idéalisme) de considérer les choses, on part de la conscience comme étant l’individu vivant, dans la seconde façon, qui correspond à la vie réelle, on part des individus réels et vivants eux-mêmes et l’on considère la conscience uniquement comme leur conscience » L’Idéologie allemande, Première partie, B.
Marx est un philosophe d’une liberté conçue comme intelligence de la nécessité, non comme libre arbitre.
Les anthropologies kantienne et marxiste sont donc radicalement différentes et conséquemment engagent des morales et des politiques fondamentalement différentes.
PS: Pour le statut du « Je » dans le kantisme; voyez l’analyse du texte kantien dans ce cours: https://www.philolog.fr/ambiguite-de-la-condition-humaine/
Bien à vous.
Un immense merci pour vos éclaircissements, vraiment! Ma difficulté de compréhension, je m’en rends mieux compte en vous lisant, est que nous avons abordé ces auteurs parfois avec plusieurs enseignants qui se sont contredits ou ont manqué de nuances. Aussi, votre site est vraiment une aide considérable pour des étudiants en philo car vos formulations sont beaucoup plus lumineuses que dans nos cours, nous n’avons d’ailleurs même pas de syllabi clairs et il faut réécrire à l’arrachée des phrases parfois très alambiquées!
Bonsoir Madame et merci pour ce que vous faites pour aider la communauté scientifique.
J’ai une préoccupation. j’aimerai savoir si l’inconscient psychique est compatible avec l’idée de volonté. Merci.
Bonjour
Tout dépend de le définition que vous donnez de la volonté. Il va de soi que si vous entendez par là le pouvoir autonome de se déterminer à agir en fonction de motifs ou de raisons, il est difficile d’en concilier la possibilité avec l’hypothèse freudienne. L’idée d’un inconscient psychique le remet sérieusement en question dans la mesure où elle récuse le principe d’une autonomie de l’entendement et celui du libre arbitre. En revanche, si vous définissez la volonté comme un désir dominant, il n’y a pas de problème.
Bien à vous.
Merci Madame. Je souhaite avoir de vous d’autres précisions s’il vous plaît. je veux savoir, lorsque le désir est dominant peut-on parler de passion? Si oui quelle relation établir entre passion et insconscient psychique? Le passionné est-il privé de l’autonomie de l’entendement?
Merci.
Bonjour
Un désir peut avoir plus de force qu’un autre sans pour autant se développer sous la forme d’une passion au sens fort du terme.
https://www.philolog.fr/desir-et-volonte/
https://www.philolog.fr/liberte-et-necessite-spinoza/
Lorsque c’est le cas, alors même les théoriciens du libre arbitre et de l’autonomie possible du jugement par rapport aux affects en soulignent le danger. Le propre du phénomène passionnel, au sens fort, est d’aveugler l’exercice de l’entendement et de supprimer la liberté de la volonté. Voilà pourquoi la maîtrise des passions est si difficile pour un Descartes. Il en pointe les limites en soulignant qu’il y faut une véritable « industrie » et que l’important est surtout d’en empêcher le développement quand il est encore temps. Car le propre d’une passion installée est de supprimer les conditions de possibilité de sa maîtrise.
Pour ce qui est du rapport entre inconscient psychique et vie affective ou passionnelle, il me semble qu’il vous suffit de connaître les principes élémentaires du freudisme pour le saisir.
https://www.philolog.fr/freud-ou-lhypothese-dun-inconscient-psychique/
Bien à vous.
bonjour madame
je voudrai savoir s’il vous plait les différences entre Etat ,justice et droit .
je suis perdu.
merci
Bonjour
Vous avez sur ce site des chapitres concernant les trois notions qui vous semblent obscures. Il vous suffit de consulter les cours pour éclairer votre lanterne.
Bon travail.
Bonjour,
Quel bonheur (chap V…) que votre site !
Merci !
Cordialement,
Alain