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René Girard 

 

Le désir mimétique peut être une bonne illustration de ce que nous avons analysé avec Spinoza sous l'expression de nécessité passionnelle.

 

  L'auteur part du constat que la nature n'a pas fixé les objets de nos désirs, cette indétermination conduisant souvent les hommes à s'en remettre aux autres pour élire tel ou tel objet. Il est ainsi amené à dénoncer une double illusion :

  • L'illusion subjectiviste consistant à penser que nos désirs se fondent dans notre spontanéité.
  • L'illusion objectiviste consistant à croire que ce sont les qualités intrinsèques de l'objet qui font sa séduction.

   Il montre qu'il y a un triangle du désir. Le sujet ne désire pas de manière autonome, il ne va pas en ligne droite à l'objet de son désir car entre lui et l'objet, il y a autrui ; de telle sorte que ce qu'il désire c'est ce que désire l'autre. Le désir est mimétique. Il est l'imitation du désir de l'autre.

   Ex: Dans Le Rouge et le Noir Stendhal décrit un Mr de Rénal désireux de faire de Julien Sorel le précepteur de ses enfants, non point parce qu'il apprécie la culture de Julien mais parce qu'il imagine que son grand rival, Valenod le désire aussi.

  Ex: La publicité met en scène des objets susceptibles de flatter le désir du consommateur. Or ce ne sont pas les propriétés intrinsèques de l'objet qu'elle montre, c'est le désir de ceux qui suscitent le mimétisme, Zidane pour telle marque de chaussures ; Estelle Hallyday pour tel parfum.

   René Girard distingue la médiation externe et la médiation interne.

 Dans la médiation externe, l'imitateur et son modèle ne sont pas de même niveau, tant social que moral. C'est soit, un être imaginaire comme Amadis de Gaule, le modèle héroïque de Don Quichotte, soit un Dieu pour ceux qui imitent le Christ, soit le roi, ou l'aristocrate pour le manant. Le modèle est alors un objet d'admiration avec lequel l'imitateur ne peut jamais entrer en concurrence.

   Dans la médiation interne, en revanche, le modèle et l'imitateur sont de condition équivalente. Cette situation est celle des sociétés démocratiques. Or, si ce qui fait la séduction de telle femme à mes yeux, c'est d'être désirée par un homme que j'imite parce qu'il revêt pour moi un certain prestige, il n'est pas exclu que mon modèle puisse m'empêcher de posséder l'objet de mon désir en se l'appropriant. On a alors la rivalité mimétique dont les effets pervers sont la haine, la jalousie ou l'envie. En effet, remarque finement René Girard : « Seul l'être qui nous empêche de satisfaire un désir qu'il nous a lui-même suggéré est vraiment objet de haine. Celui qui hait se hait d'abord lui-même en raison de l'admiration secrète que recèle sa haine ».

   Comprendre que les hommes sont dans des rapports de rivalité mimétique revient ainsi à prendre conscience que plus une société devient égalitaire plus elle suscite l'envie entre ses membres car la moindre différence inégalement valorisée peut la susciter. Tocqueville a bien décrit dans son livre De la Démocratie en Amérique (1835 et 1840) ce poison de l'âge démocratique. Quand il n'y a plus de monarque ou de Dieu à imiter, les hommes deviennent les uns pour les autres des dieux et l'envie devient la vérité de leurs relations.

   Si la rivalité mimétique peut parfois être bénéfique en ce qu'elle suscite l'émulation, on découvre qu'elle peut être au principe de passions négatives (la haine, l'envie, nous diminuent, elles ne nous augmentent pas, elles nous rendent tristes, non joyeux) et surtout elle conduit les hommes à désirer des objets qui peuvent ne pas correspondre à la nécessité de leur nature. Pensons à toutes ces personnes dont les choix scolaires, sportifs, professionnels, amoureux, vestimentaires etc. procèdent non de la nécessité de leur nature mais de ce que la mode ou des êtres prestigieux valorisent.

   C'est ce que Rousseau appelait la plus intime des aliénations. Il la décrivait comme le propre de l'homme civil dont le centre de gravité n'est plus, comme ce serait le cas d'un sauvage, en lui mais hors de lui dans le regard des autres. Cette servitude universelle est le propre du social car dès lors qu'il vit avec d'autres hommes, l'homme se compare aux autres, envie ce qui incarne du prestige (la richesse, le savoir, la beauté, le talent etc.) et l'amour propre qui est l'amour de soi dans le regard des autres se substitue à l'innocence de l'amour de soi. (L'amour de soi est la tendance à persévérer dans l'être et à rechercher ce qui nous satisfait).

NB : C'est là le thème de la corruption de la nature humaine par le social, thème ayant rendu Rousseau célèbre au prix de regrettables malentendus.

 

 

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35 Réponses à “Le désir mimétique. René Girard.”

  1. GG dit :

    Ce petit commentaire pour vous remercier de mettre en ligne ces cours de philosophie (clairs, concis, pédagogiques). Cet article en particulier m’a vraiment aidé ! Bref, merci.

  2. MANON priscillia dit :

    ce commentaire était très instructif et très complet ,merci.

  3. En effet, le vaniteux romantique que je suis voudrais se persuader que mon désir de Clémentine est inscrit dans la nature de Clémentine ou au contraire, et cela revient au même, qu’il émane de ma personne, comme d’une source divine. Et on remarquera que désirer à partir de soi ou de l’autre, c’est parail comme le rappelle Simone Manon, ou plutôt, c’est équivalent. C’est l’illusion d’autonomie qui dissimule l’obsession de l’autre, qui serait une attitude moderne par excellence.

  4. Jean-Pierre Castel dit :

    Rebonjour,
    Bonjour,
    J’admire René Girard et ai beaucoup lu à son sujet, mais je ne comprends toujours pas à quoi sa théorie du désir s’applique et à quoi elle ne s’applique pas. Autrement dit René Girard refuse-t-il toute autonomie du désir, ou veut-il simplement dire que, dans nos sociétés démocratiques, le désir est de plus en plus mimétique, que la pathologie du désir mimétique s’étend ? La réponse se limite-t-elle à distinguer les désirs qui s’éteignent une fois satisfaits, comme la faim, de ceux qui sont inextinguibles, comme l’envie ? Ou qu’il n’y a pas d’amour désintéressé, au sens où quand j’aime quelqu’un je désire en fait qu’il m’aime: c’est alors bien une relation triangulaire, mais où j’occupe deux sommets du triangle?
    Merci à vous

  5. Simone MANON dit :

    L’analyse de René Girard s’applique au désir en tant que tel. L’être humain est un être social et l’intersubjectivité est plus originaire que la subjectivité. Il s’ensuit que le sujet se construit dans des relations aux autres qu’il imite. D’où le mimétisme du désir. Il n’y a pas d’autonomie du désir car entre le sujet du désir et son objet il y a l’autre, le médiateur, interne ou externe selon la structure sociale dans laquelle un homme vit.
    La distinction désir/besoin n’a pas de pertinence car les besoins aussi sont sociaux. Dans ce que je vis comme besoin, le mimétisme joue aussi.
    Par ailleurs que l’amour aspire à la réciprocité ne l’empêche pas d’être mimétique mais c’est une autre signification.

  6. Manon dit :

    Bonjour,
    Je ne suis pas sure d’avoir saisi tout ce qui se passe sur ce site: le titre de cette page est « Le désir mimétique. René Girard » Cela signifie-t-il que ce qui est écrit dans cette page a été écrit par René Girard?

  7. Simone MANON dit :

    Ce qui est écrit est un cours présentant la thèse de René Girard, le grand analyste du désir mimétique.

  8. Catherine Vanderslyen dit :

    Je vous remercie pour ce commentaire. Je rédige un mémoire au sujet de la jalousie dans Othello en ce moment et ce que vous avez écrit pour commenter la pensée de R. Girard m’a permis d’y voir plus clair.

  9. Simone MANON dit :

    Je suppose que vous connaissez le très beau livre de René Girard sur Shakespeare: les feux de l’envie. Il y a une beau chapitre sur Othello.

  10. Thomas dit :

    Bonjour,
    Je me présente, je suis éducateur spécialisé et j’accompagne des enfants ainsi que des ados qui sont atteints de troubles du comportement et/ou de déficiences mentales légères. Ces jeunes ont pour la plupart vécu des situations familiales extrêmes. Au sein de mon institution, j’effectue un travail qui prône l’importance de prendre en considération le désir de ces jeunes. J’ai été chercher les réponses à mes interrogations sur ce sujet dans L’Ethique de Spinoza, chez Misrahi ainsi que du côté d’auteurs liés au secteur de l’éducation spécialisé. Je viens maintenant de découvrir le désir triangulaire chez Girard en lisant Mensonge romantique et vérité romanesque. Ce dernier introduit une dimension complémentaire à mon travail car il remet en question la nature spontanée et autonome du désir.
    Ma question porte sur les différents types de médiations. En tant qu’éducateur (travaillant avec le public dont il est question ici) je fais la supposition que les relations que nous entretenons avec les bénéficiaires peuvent susciter des médiations et je m’interroge sur la nature de celles-ci : sont-elles externes, internes ou peuvent-elles être l’une ou l’autre selon la relation. Exemple : un éducateur aime la mythologie et il transmet ce désir de savoir à un jeune. Admettons que le jeune entreprenne une série de lectures et arrive peu à peu à rattraper les connaissances de son modèle. L’éducateur (médiateur) peut alors réagir de différentes manières : il peut se sentir menacé par ce jeune qui commence à l’égaler sur son terrain. Dans ce cas, il y aurait rivalité mimétique ; ou il peut au contraire être heureux de constater l’engouement ainsi que les progrès du jeune. Cette réaction de la part de l’éducateur n’engendrerait pas de rivalité (les choses sont plus compliquées encore car il faudrait également analyser la manière dont le jeune perçoit les événements). Nomme-t-on le type de médiation en fonction de ce que l’on constate dans le réel ? ou la médiation est-elle externe ou interne en fonction de la possibilité ou de l’impossibilité qu’il y ait rivalité ? Les médiations entre éducateurs et jeunes sont bien entendu d’un autre ordre que celle de Don Quichotte envers Amadis car la distance (dans la relation éducative) qui nous sépare est moindre. De plus, ces éventuelles médiations ne sont pas figées dans le temps. La temporalité joue t’elle un rôle essentiel dans les médiations ? Une médiation externe peut-elle devenir interne avec le temps ?
    Entre les bénéficiaires, je fais l’hypothèse qu’en introduisant des statuts symboliques au sein de l’institution (exemple : les ceintures de comportement développées par F. Oury), nous pourrions réduire les risques de rivalités mimétiques. Il s’agit dès lors d’introduire une différentiation à la fois symbolique et effective entre les bénéficiaires ainsi qu’un rite de passage pour accéder à un autre statut (tout cela sous le regard de la loi qui fait tiers). A votre avis, dans ce cas de figure, est-il possible que certaines des médiations qui ont lieu entre les bénéficiaires soient également de type externe ? Je ne suis pas au clair avec la pensée de Girard et je me permets de solliciter votre opinion par rapport à ce que je viens d’exposer. Je vous remercie d’avance.
    Thomas.

  11. Simone MANON dit :

    Ce qui distingue la médiation externe de la médiation interne est clairement précisé par René Girard. « Nous parlerons de médiation externe lorsque la distance est suffisante pour que les deux sphères de possibles dont le médiateur et le sujet occupent chacun le centre ne soient pas en contact. Nous parlerons de médiation interne lorsque cette même distance est assez réduite pour que les deux sphères pénètrent plus ou moins l’une dans l’autre »
    Je ne me sens guère autorisée à apporter une réponse pertinente à vos questions. Néanmoins l’exemple que vous proposez me suggère les réflexions suivantes.
    Le savoir (ici la connaissance mythologique) est un bien qui s’augmente de se partager, surtout du côté de l’éducateur. Je ne peux pas imaginer un véritable éducateur entrant dans une rivalité mimétique avec celui qu’il instruit.
    Si tel était le cas il faudrait s’interroger sur le profil moral de l’éducateur et lui retirer toute forme de légitimité. Pour celui qui est éduqué, c’est une autre histoire.
    Il me semble que vous pourriez consulter avec intérêt l’article suivant: http://www.arm.asso.fr/offres/file_inline_src/57/57_P_161_2.pdf

  12. Thomas dit :

    Je vous remercie pour l’intérêt que vous avez porté à ma question et je lirai avec attention l’article que vous m’avez conseillé.
    La question du désir me semble essentielle et trop souvent négligée au sein d’institutions comme la mienne au profit d’une politique centrée davantage sur les besoins.

    Pour info. : Si la question de la violence dans les institutions (scolaires et autres) vous intéresse, j’ai trouvé très instructif le livre de F. Dubet : « Le déclin de l’instituion » aux éditions du Seuil (2002).

  13. Simone MANON dit :

    Merci pour votre suggestion.

  14. jean-pierre castel dit :

    En réaction à la question de Thomas,
    La relation normale (idéale) du maître à l’élève relève typiquement de la médiation externe selon René Girard. Mais bien sûr elle peut évoluer avec le temps et se transformer en rivalité mimétique. Une lecture très intéressante à ce sujet est le livre « La genèse du désir », de JM Oughourlian, un neuropsychiâtre qui a développé, avec René Girard, une traduction psychiâtrique de la théorie du désir mimétique, confirmée d’après lui par la théorie des neurones miroirs.

  15. isabelle dit :

    Bonjour,
    la théorie du désir mimétique me semble toucher très juste. Cependant je constate qu’il nous arrive d’éprouver du désir pour un objet qui n’est pas un objet de désir pour les autres. Par exemple nous pouvons éprouver du désir pour une personne qui n’est nullement désirée par les autres et dont nous seul semblons déceler des qualités attrayantes. Il peut même nous arriver d’éprouver de la honte vis-à-vis des autres pour cette raison et par exemple de ne pas entamer une relation avec la personne car nous ne nous sentirions pas capable d’assumer notre choix face aux autres. Qu’en est-il de ce désir?

  16. Simone MANON dit :

    Je serais bien en peine de répondre à votre question Isabelle.
    Mais je ne prends pas de risque en précisant que le mystère du désir n’est pas épuisé par l’analyse de René Girard. Qu’est-ce qui fait la séduction d’une personne aux yeux d’une autre? Sans doute de multiples facteurs parmi lesquels il faut compter sa capacité de susciter la réminiscence d’attachements enfantins, de figurer l’ailleurs rêvé, (Souvenons-nous du « Tu es la ressemblance » d’Eluard à la femme aimée), d’incarner des qualités réelles etc.
    Néanmoins, dans l’expérience que vous décrivez le sentiment de honte semble attester la souveraineté de la présence d’autrui dans le rapport du sujet à l’objet de son désir.

  17. Ben van BAARS dit :

    La théorie de René Girard m’accompagne depuis 1978, rencontrant dans le foyer éducatif que je dirigeais, de multiples situations qui mettaient en scène le phénomène du Bouc émissaire et les résultats de la violence mimétique des jeunes et des adultes.
    La théorie de l’attachement m’est apparue progressivement comme une autre dominante dans la vie des jeunes filles reçues dans le foyer, ayant un comportement anti-social, selon le terme de Winnicot, et souffrant de pertes douloureuses dès leur prime enfance.
    Rapprocher les deux me semble une piste féconde dont il doit être possible de faire la synthèse. Ma question : avez-vous connaissance de recherches dans ce sens?

  18. Simone MANON dit :

    Je suis désolée, je suis totalement ignorante sur ce que vous me demandez.
    Mais en tapant Winnicott et René Girard sur google, vous devriez trouver quelque chose si une telle recherche a été entreprise.
    Bien à vous.

  19. Basbous dit :

    La théorie de Girard concernant le désir mimétique a supprimé chez moi la croyance en l’autonomie du désir même chez les bébés. Je suis bel et bien persuadée que mes désires (et les nôtres) ne sont jamais spontanés et linéaires; je cherche à chaque fois, désirant être comment ou avoir quelque chose, qui suscite mon désire triangulaire et je trouve souvent la réponse et mon médiateur. Un médiateur qui peut être externe ou interne, physique ou métaphysique. Il est en grande partie un rival.

  20. ulysse dit :

    Le désir est mimétique. Il est imitation du désir d’un autre. Or il me semble que dans bien des cas le désir de l’autre est épuisé par la possession. Celui qui possède une belle maison, qui a une carrière professionnelle brillante ou qui est en couple avec une séduisante femme a épuisé son désir par le simple fait qu’il possède tout cela. De quoi mon désir est-il alors l’imitation? Comment je peux désirer ce que l’autre ne désire plus?

  21. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Dans la rivalité mimétique, ce qui est déterminant ce n’est pas l’intériorité des consciences (par exemple l’exténuation secrète d’un désir pour celui qui l’a réalisé), c’est la position de prestige qu’un modèle revêt aux yeux de celui qui l’imite.
    Bien à vous.

  22. Stylistiquement vôtre dit :

    Bonjour,
    La découverte de Mensonge romantique vérité romanesque m’a poussé à lire Le Rouge et le noir. Mais sa lecture a surtout été jubilatoire, et aujourd’hui je me rend compte que le désir mimétique est partout. Je travaille dans le monde du luxe et de la mode, et sa théorie est plus qu’ailleurs présente : faire porter à telle personnalité tel sac est l’ultime moyen de susciter le désir, ça en devient effrayant même.
    Bien à vous

  23. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui, le désir mimétique est souverain dans les rapports humains.
    Un des grands enjeux de l’éveil philosophique est de nous libérer de son empire, d’abord en en prenant une claire conscience, ensuite en découvrant lucidement en quoi consiste notre utile propre.
    Bien à vous.

  24. […] parti neutre. René Girard : “Si l'Histoire a vraiment un sens, alors ce sens est redoutable” » Le désir mimétique. René Girard. Le désir mimétique peut être une bonne illustration de ce que nous avons analysé avec Spinoza […]

  25. […] Manon, « Le désir mimétique »,‎ […]

  26. […] Il ne s'agit pas tant de contester la légitimité de la science que d'en relativiser le sens et la portée. La sexualité. Il importe ainsi de distinguer la science comme domaine de production d'un savoir abstrait et partiel de la réalité, et le scientisme comme valorisation irréfléchie et naïve de la science au détriment des autres formes de savoir. Esther Perel: The secret to desire in a long-term relationship. Philosophie. » Le désir mimétique. René Girard. […]

  27. […] philosophiques ; ce ne sont pas non plus des concepts sociologiques ou anthropologiques reconnus. » Le désir mimétique. René Girard. Le désir mimétique peut être une bonne illustration de ce que nous avons analysé avec Spinoza […]

  28. sidali dit :

    Peut il exister un etre vivant et vivant dans une société bombarder et le terme n’est pas fort de toute part et du matin au soir par la puissance et redoutable de la stratigie publicitaire de se soustraire a l’envie mimétique?

  29. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je ne prends la peine de répondre qu’aux internautes témoignant de la plus élémentaire des politesses. C’est ce que vous devez vous empresser d’apprendre.
    Bien à vous.

  30. salfi dit :

    Bonjour,

    Si je m’appuie sur votre cours (excellent!) sur Spinoza il me semble que si le conatus exprime le désir de persévérer dans son être, il existerait donc un désir original, propre à chacun?
    Bien à vous

  31. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui, chaque mode de la substance étant une essence singulière, le désir des uns n’est pas celui des autres. L’important est que chacun ait l’intelligence de la singularité de son désir afin de déployer positivement son existence, ce qui ne va pas de soi tant, sous l’effet des affects, nous avons tendance à imaginer bon pour nous ce qui, en réalité, est mauvais.
    Bien à vous.

  32. Nicolas BB dit :

    Bonjour

    j’ai découvert récemment et accidentellement René Girard et ses théories et j’ ai depuis lu la violence et le sacré, et visionné sur internet quelques interviews/conférences données par René Girard.

    Si j’ai bien compris ses positions le désir mimétique vient plus ou moins rapidement en remplacement du désir ‘original’ . Pour schématiser l’amour que je porte à une femme est progressivement renforcé /remplacé par l’imitation du désir que cette femme génère chez un tiers référent (désir du tiers qui peut lui meme etre issu de mon désir originel amoureux) .

    Nos sociétés démocratiques ne sont plus régies par des rapports de classe, mais par des ‘monarques temporaires’ que l’on porte en exemple a en faire des leaders. Ces leaders éphémères sont souvent décrits comme charismatique mais sans savoir réellement ce que le charisme renferme. Ne pourrait on envisager que le charisme justement soit le fait que justement le remplacement du désir originel par le désir mimétique est controlé ou tout au moins ralenti? Ces leaders étant finalement les derniers dépositaires des désirs originels aux sources des désirs mimétiques des groupes sociaux qui les mettent en avant, les ‘royalisent’ avant de les bruler….et de les déifier.

    en tout cas merci pour votre site et vos explications.

  33. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous ne semblez pas comprendre correctement la thèse de Girard dans la mesure où vous présupposez le principe d’un « désir originel ». Il n’y a pas de désir originel. L’homme est un être social se construisant dans des rapports sociaux de telle sorte que l’intersubjectivité est fondatrice de la subjectivité. http://www.philolog.fr/intersubjectivite/
    Girard dénonce l’illusion subjectiviste et l’illusion objectiviste. Revoyez les quelques propositions explicatives de l’article.
    Bien à vous.

  34. Chloé dit :

    Bonjour Madame,

    Je dois faire une fiche de lecture sur la violence et le sacré mais je ne suis pas certaine d’avoir bien compris le mécanisme de base . J’ai donc essayé de l’expliquer.
    Pourriez vous me dire si mon explication n’est pas claire et quoi modifier?
    Merci beaucoup d’avance.

    Pour Réné Girard, le désir spontanée n’existe pas. Un homme, le modèle désire obtenir un objet . Or un autre homme admire le premier et souhaite donc l’imiter. Sans être conscient de ses réelles motivations (il ne désire pas spontanément l’objet), il croit désirer l’objet pour ce qu’il est. Si cet objet est à sa portée ,cet homme tente donc de s’emparer. Etant donné que l’homme et son modèle tentent tout deux de s’emparer du même objet, ils deviennent rivaux.Du fait de cette rivalité, les deux rivaux s’adressent réciproquement des actes de violence.La place occupée par ces individus dans la société ne les freine pas, puisqu’ils sont entièrement focalisés sur l’objet convoité. On parle ainsi d’effacement de l’ordre culturel au sein de la société.D’ autres membres de la communauté, admirateurs du premier sont contaminés par le désir mimétique de celui-ci et se mèlent au premier conflit. Comme un virus, le désir mimétique se transmet et la violence s’en suit.Ceci à telle point que la violence se difffuse à l’ensemble des membres de la communauté.Au paroxysme de cette crise de violence, toutes les différences semblent abolies entre les membres de la communauté. Pour éviter la destruction de celle-ci , les membres de la communauté , participant pourtant tous de cette violence, tentent de trouver un responsable.Ce responsable est la victime émissaire, émissaire, parce qu’elle va porter sur ses épaules la responsabilité des actes violents commis par toute sa communauté. Le choix de l’individu n’est pas dû au hasard. Les membres des la communauté choisissent un individu dépourvu d’allié pour éviter toutes représailles.L’ensemble de la commuanuté sera donc unanime quant à sa responsabilité.Elle va par conséquent se réunir toute entière pour frapper de sa violence le prétendu responsable et l’expulser de la communauté.En perpétrant le meurtre de ce dernier, la communauté sera convaincu d’avoir évacué la source de la violence.Cette conviction erronée et le sentiment d’unité face à un allié commun apaiseront les tensions de la communauté toute entière.Par conséquent l’ordre sera rétabli.

  35. Simone MANON dit :

    Bonjour
    C’est globalement compris.
    Evitez de dire que « le désir spontané n’existe pas ». L’idée consiste à comprendre que l’homme n’a pas de désir propre, autonome, qu’il y a un triangle mimétique à son principe, autrement dit que l’intersubjectivité est fondatrice de la subjectivité.
    Bien à vous.

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