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  Photos de Digital Vision. www.fotosearch.fr 

 

 

  

  Maintenant représente toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance.

 

 

  Figure toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent ni bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête; la lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux et au dessus desquelles ils font voir leurs merveilles. Figure toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d'hommes et d'animaux, en pierre en bois et en toute espèce de matière; naturellement parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.

 Voilà, s'écria Glaucon, un étrange tableau et d'étranges prisonniers.

 

 

  Ils nous ressemblent; et d'abord, penses-tu que dans une telle situation ils n'aient jamais vu autre chose d'eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ? 

 Et comment, observa Glaucon, s'ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie

  Et pour les objets qui défilent, n'en est-il pas de même ?

 Sans contredit.

  Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble ne penses-tu pas qu'ils prendraient pour des objets réels les ombres qu'ils verraient ?

 Il y a nécessité.

  Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l'un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l'ombre qui passerait devant eux ?

 Non, par Zeus !

  Assurément de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués. Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements, il souffrira et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? Si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige à force de questions, à dire ce que c'est ? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ? Et si on le force à regarder la lumière elle même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés? N'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'on lui montre?

 Assurément !

  Et si on l'arrache de sa caverne par force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu'on ne le lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences? Et lorsqu'il sera parvenu à la lumière, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies ?

 Il ne le pourra pas, du moins dès l'abord.

  Il aura je pense besoin d'habitude pour voir les objets de la région supérieure. D'abord, ce seront les ombres qu'il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après cela, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui même, que pendant le jour le soleil et sa lumière. A la fin j'imagine, ce sera le soleil - non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit - mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu'il pourra voir et contempler tel qu'il est.

 Nécessairement !

  Après cela, il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c'est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d'une certaine manière est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne. Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l'on y professe, et de ceux qui furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu'il se réjouira du changement et plaindra ces derniers?

 Si, certes.

  Et s'ils se décernaient entre eux louanges et honneurs, s'ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l'oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu'il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants? Ou bien comme ce héros d'Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions de vivre comme il vivait ?

 Je suis de ton avis, dit Glaucon, il préfèrera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon là.

  Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil? Et s'il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux ne se soient remis (or l'accoutumance à l'obscurité demandera un temps assez long), n'apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu'étant allé là-haut, il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ? 

 

                                         Platon. La République, Livre VII.

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69 Réponses à “Allégorie de la caverne”

  1. Simone MANON dit :

    Bonjour Bernard
    Je suppose que vous avez lu les articles expliquant le premier tableau, en particulier ceux concernant le déchiffrement de l’image de la caverne et celle des chaînes.
    Ce sont des images très riches renvoyant à plusieurs significations. L’inscription dans un contexte social avec la particularité de sa culture, de sa langue, et l’arbitraire de ses conventions est en effet une des dimensions du conditionnement mental dont les membres d’un groupe n’ont d’ordinaire pas conscience.
    J’attire votre attention sur le fait que cette réalité n’est pas propre à une évolution historique, elle est le propre de la condition humaine en tant que l’homme est un animal social et que l’humanité a toujours été éclatée en une multiplicité et une diversité de cultures.
    Bien à vous.

  2. FOURNIER dit :

    Bonjour,
    Je vis depuis des années dans la plaine de Messara, en Crète, où Platon s’est rendu pour y lire les Lois de Gortyne ( Gnosus) et où il a eu l’occasion d’aller dans le labyrinthe qui l’a inspiré pour l’Allégorie de la caverne, tout comme pour la rédaction des « LOIS), tout comme pour le mythe de l’Atlantide , voire même « la République »…. vous trouverez par ce lien des éléments et informations qui ne sont plus discutables, vérifiables sur place, et même reprises sur des chaînes de télévision comme ARTE en ce moment même : http://messaraberceaudelhumanit.unblog.fr/
    Michel FOURNIER Messara

  3. FOURNIER dit :

    Un complément……. ce documentaire « Museum Secrets Ethens » a été diffusé au Canada par « National Geographic » l’an dernier….
    L’ensemble est TRES intéressant car il rétabli ou établi de nouvelles « vérités » sur le passé… à partir de la 16ème minute, on parle du Labyrinthe de Gortyne, en présence d’un archéologue de renommée internationale… et vous pourrez m’y voir….

    http://www.dailymotion.com/video/xot4pk_museum-secrets-athenes_webcam

    Michel FOURNIER Messara

  4. Simone MANON dit :

    Merci pour ces informations.
    Bien à vous.

  5. steph dit :

    cette allégorie est parfaitement d’actualité…. regardez tous ces gens esclaves de la consommation, de la finance (et des crédits qu’ils contractent et les rendent esclaves), des médias (qui vivent d’après ce qu’ils voient à la télé) etc… etc…

    quand on propose à ces gens de changer ce système et de devenir libres… ils font machine arrière parce-que terrorisés pâr le changement et la perte des minables petits acquis de l’existence….

    quant à vous, si vous vous libérez, on vous taxe de fou furieux ou de sociopathe…

    choisissez …esclaves ou libres

  6. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Tout ce qui est excessif est insignifiant.
    Par ailleurs, il est faux de présenter l’alternative existentielle d’une manière aussi manichéenne (esclaves ou libres) et de croire qu’il y a une solution radicale aux maux de l’humanité (croire qu’il suffit de changer de système. On ne sait d’ailleurs pas ce que recouvre votre usage du mot système).
    La sagesse incline à comprendre que la liberté positive n’existe pas, elle consiste seulement dans un effort toujours recommencé de libération, à commencer par la libération de ses affects et de ses illusions.
    Voyez bien que Platon souligne l’échec existentiel de l’effort philosophique. La vérité, la liberté sont des quêtes que l’on ne peut prétendre achever dans leur perfection.
    Bien à vous.

  7. Lesly dit :

    Bonsoir,
    « Tout ce qui est excessif est insignifiant » écrivez-vous. N’est-ce pas un peu excessif comme jugement?…
    Blague à part, je découvre ce blog avec plaisir (et je salue déjà votre courage pour avoir entrepris ce travail) Je m’apprête à le parcourir un peu avant de commenter à nouveau.
    (Je vous mets un lien vers mon blog, bien que je ne l’entretienne plus depuis près d’un an; c’est un peu moins que l’âge de mon fils. Eh oui, un enfant, c’est chronophage…).
    Bien à vous

  8. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Ce célèbre jugement a été prononcé par Talleyrand. J’aurais dû le préciser, non point qu’il ait besoin d’être cautionné par une quelconque autorité, mais par honnêteté intellectuelle. Je sais bien que l’époque est peu réceptive aux vérités de raison, mais pour peu qu’on décode correctement la notion d’insignifiance dans le sens pertinent ici, ce jugement est d’une grande vérité.
    Merci pour le lien.
    Bien à vous.

  9. leslie dit :

    Madame,
    Tout d’abord, un grand merci pour votre générosité intellectuelle dont vous faites preuve par le biais de votre blog et de vos nombreux articles.
    Je lis beaucoup ceci, depuis une petite année et je m’intéresse aujourd’hui à votre commentaire sur l’allégorie.
    Essayant, par mes petits moyens, de me remettre à l’exercice du commentaire de texte je n’ai su parvenir à la même problématique que vous. Mon esprit s’est en effet arrêtê sur ce problème: l’entreprise philosophique est-elle vaine ? N’est ce pas sans espoir de vouloir guérir un homme de ses illusions et de ces ombres dans lesquelles il baigne depuis toujours ?
    Platon nous montre en effet qu un tel projet n’est pas aisé, facile mais que c’est précisément cette difficulté qui donne une raison d’être à la sagesse et à l’amour que l’on doit avoir pour elle.
    Suis-je, à vos yeux, complètement à côté de la plaque ?
    En vous remerciant d’avance,
    Leslie.

  10. Simone MANON dit :

    Bonjour
    J’avoue ne pas savoir à quoi vous faîtes allusion lorsque vous évoquez « ma » problématique.

    Quant à la forme: j’ai l’impression que vous confondez problématique et problème ou question. Car votre affirmation: l’entreprise philosophique est-elle vaine? est une simple question. Ce serait un problème si vous en précisiez les données.
    Ex: S’il est vrai que notre particularité empirique (nos sens, notre inscription spatiale et temporelle dans le monde, nos désirs, nos intérêts et nos passions, notre conditionnement culturel, etc.) entrave un rapport de transparence de l’esprit avec le vrai, ne faut-il pas admettre l’échec existentiel de la quête philosophique?
    Une problématique est un ensemble de problèmes qui s’articulent avec cohérence et précisent le sens d’une question. Elle ne peut donc pas se formuler sous la forme d’une seule proposition.

    Quant au fond: l’allégorie met en scène la quête philosophique dans ses étapes, ses difficultés, mais aussi sa réussite puisque le prisonnier libéré parvient jusqu’au terme du chemin de la connaissance. L’ascension philosophique s’accomplit comme contemplation du soleil c’est-à-dire saisie intuitive de l’idée suprême, du principe qui est au-delà de l’essence en dignité et en puissance et que Platon appelle l’Idée du Bien.

    Ce qui ne signifie pas que Platon ne voie pas l’impossibilité existentielle de cette réussite. Il la pointe avec le thème du corps tombeau de l’âme. http://www.philolog.fr/en-quel-sens-peut-on-dire-que-le-corps-est-le-tombeau-de-lame-platon/
    Reste que l’impossibilité d’accomplir dans sa perfection une quête ne revient pas à la disqualifier radicalement. Le chemin est aussi important, voire plus essentiel que ce qui le rendrait inutile. Il s’agit peut-être de comprendre que la liberté ne prend sens que comme entreprise de libération, que la vie de l’esprit se déploie comme travail du négatif c’est-à-dire comme effort de nier tout ce qui le nie. Et cela est éminemment positif. C’est ce qui nous sauve de la bêtise et de la bassesse.
    Cf. http://www.philolog.fr/pourquoi-philosopher/
    Bien à vous.

  11. Leslie dit :

    Merci beaucoup pour vos lumières ! Il semblerait en effet que je confonde ou n’aille pas assez loin, faute de m’exercer plus souvent, je vais donc persévérer.
    Bien à vous.

  12. Joséphine dit :

    Bonjour Madame,
    je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, j’ai passé mon bac en 2010 au lycée Vaugelas, j’étais partie la première moitié de l’année en Sardaigne.
    Vous étiez mon professeur de philosophie, j’ai appris beaucoup de choses grâce à vous et je m’en souviens encore aujourd’hui.
    Je passe le concours de professeurs des écoles cette année et nous étudions l’Allégorie de la caverne pour mieux comprendre notre futur métier. Le texte de Platon me parait aujourd’hui beaucoup plus évident qu’auparavant.
    Je tenais à vous le faire savoir et à vous remercier pour tout ce que vous nous avez appris. Toutes ces choses qui nous servent et qui se comprennent mieux avec le temps et l’expérience.
    J’espère que vous allez bien.

    Cordialement,
    Joséphine Guyenot

  13. Simone MANON dit :

    Bonjour Joséphine
    C’est toujours un grand plaisir d’avoir des nouvelles de ses anciennes élèves. Je vous remercie pour ce sympathique message et vous souhaite de vous épanouir dans le beau métier que vous avez choisi.
    L’allégorie platonicienne est en effet d’une richesse infinie et s’il est vrai que la caverne est notre condition immédiate, pour certains hélas, elle est l’horizon. Puissiez-vous, dans une période si lourde de menaces, en ébranler un peu les murs comme j’ai essayé de le faire toute ma vie.
    Avec mon bon souvenir.

  14. Brand dit :

    Bonjour,
    Malgré la lecture de vos articles concernant l’allégorie de la caverne, je ne vois pas à quoi correspond le moment métaphorique où le sujet distingue « les images des hommes et des objets qui se reflètent dans les eaux ».
    Pourriez-vous m’éclairer s’il-vous-plaît ?
    Bien à vous.

  15. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Pour bien comprendre l’allégorie de la caverne, il faut lire l’allégorie de la ligne qui se trouve à la fin du livre VI de la République, juste avant sa reprise dans l’allégorie de la caverne au début du livre VII.
    « Prends donc une ligne coupée en deux segments inégaux, l’un représentant le genre visible, l’autre le genre intelligible, et coupe de nouveau chaque segment suivant la même proportion; tu auras alors, en classant les divisions obtenues d’après leur degré relatif de clarté ou d’obscurité, dans le monde visible, un premier segment, celui des images – j’appelle images d’abord les ombres, ensuite les reflets que l’on voit dans les eaux, ou à la surface des corps opaques, polis ou brillants et toutes les représentations semblables… Pose maintenant que le second segment correspond aux objets que ces images représentent, j’entends les animaux qui nous entourent, les plantes et tous les ouvrages de l’art »

    Platon nous demande de diviser une ligne ( AC) en deux segments (AB et BC) dont la fonction est de distinguer sur le plan de l’être, (on dit plan ontologique), le monde sensible et le monde intelligible et sur le plan de la connaissance (plan gnoséologique ou épistémologique)le domaine de l’opinion et celui de la science.

    Il divise à nouveau le segment AB en deux segments, AD et DB renvoyant à la distinction entre l’imagination, l’illusion qui ne saisit que des reflets des objets sensibles, des ombres et la croyance qui porte sur les objets sensibles eux-mêmes (les êtres vivants, les artefacts, l’ensemble des choses matérielles). Au niveau de la perception du sensible, il ne peut y avoir que de la croyance et non du savoir ou de la science car les objets de la perception, ayant pas par eux-mêmes leur raison d’être, nous ne pouvons qu’avoir foi en eux.
    Platon n’accorde pas beaucoup d’importance à cette hiérarchie à l’intérieur du visible (ou des degrés de la connaissance sensible).Il veut simplement établir que le reflet est à l’objet perçu (AD/DB) ce que le visible est à l’intelligible (AB/BC), ce que les objets mathématiques sont aux Idées pures (BE/EC).
    Car il divise aussi le second segment en deux : BE et EC symbolisant les objets mathématiques, objets de la connaissance hypothético-déductive ou dianoia, et les Idées ou Formes, objets de la dialectique ou intuition, vision de l’intelligence.
    Bien à vous.

  16. Mallory dit :

    Bonjour Simone,
    merci pour vos partages.
    Est-ce selon vous une allégorie pertinente :
    Le thème du film « Matrix » est-il une métaphore de « l’allégorie de la caverne » ?
    Le héros du film, Néo, à le choix entre :
    -la pilule rouge qui lui fera connaitre la vérité et rompre avec le monde des apparences en payant le prix de l’insécurité, du danger, de l’isolement…
    -la pilule bleu qui lui fera oublié son expérience et le renverra dans son monde d’illusion.

    Bien à vous

  17. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Ce film a donné lieu à de multiples interprétations philosophiques. Voyez: http://livre.fnac.com/a5920996/Elie-During-Matrix-machine-philosophique
    Il faut faire attention aux simplifications abusives. Platon n’a jamais prétendu qu’il était possible de rompre radicalement avec la caverne, c’est-à-dire d’avoir un rapport de transparence avec la vérité. Bref il n’y a pas, pour l’humanité, de « pilule rouge » incarnant une voie de salut. Il invite seulement à nouer un rapport critique avec nos représentations, idée profonde, peu spectaculaire, bien difficile à porter à l’écran.
    Il y a pléthore d’analyses de ce film sur internet. Je préfère vous y renvoyer.
    Bien à vous.

  18. Didier Paget dit :

    Merci madame Manon pour ce texte et les explications qui suivent .
    Un fidèle lecteur !

  19. Cedric Duciel dit :

    Bonjour,
    Je relis ce fameux passage et je me dis : mon Dieu ce que je le trouvais triste et obscur en terminale – comme je le trouve lumineux et réconfortant aujourd’hui. J’adore les deux derniers paragraphes même si le drame qu’ils décrivent n’a jamais paru plus irrémédiable.
    Merci

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