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Aristote

 

«  La cité est au nombre des réalités qui existent naturellement, et (...) l'homme est par nature un animal politique. Et celui qui est sans cité, naturellement et non par suite des circonstances, est ou un être dégradé ou au-dessus de l'humanité. Il est comparable à l'homme traité ignominieusement par Homère de : Sans famille, sans loi, sans foyer, car, en même temps que naturellement apatride, il est aussi un brandon de discorde, et on peut le comparer à une pièce isolée au jeu de trictrac.

  Mais que l'homme soit un animal politique à un plus haut degré qu'une abeille quelconque ou tout autre animal vivant à l'état grégaire, cela est évident. La nature, en effet, selon nous, ne fait rien en vain ; et l'homme seul de tous les animaux, possède la parole. Or, tandis que la voix ne sert qu'à indiquer la joie et la peine, et appartient aux animaux également (car leur nature va jusqu'à éprouver les sensations de plaisir et de douleur, et à se les signifier les uns aux autres), le discours sert à exprimer l'utile et le nuisible, et, par suite aussi, le juste et l'injuste ; car c'est le caractère propre à l'homme par rapport aux autres animaux, d'être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste, et des autres notions morales, et c'est la communauté de ces sentiments qui engendre famille et cité ».

                              ARISTOTE. (330 av. J-C.) La Politique. I, 2. (Traduction Jules Tricot).

 

I)                   La Thèse : La cité est un fait de nature.

 

   Par là Aristote signifie que l'existence sociale ou politique est naturelle à l'homme. Cela signifie que :

 La cité n'est pas un état contre-nature. Aristote s'oppose ici à tous les penseurs qui affirment que l'homme est par nature insociable, rebelle à l'état civil, que celui-ci requiert pour s'instituer une sorte de dénaturation de l'homme. C'est par exemple le propre de la thèse freudienne. La vie civile, nous apprend Freud, exige des hommes des sacrifices qu'il ne leur est pas naturel de consentir. Elle requiert frustration, refoulement et sublimation des pulsions. Cf. Cours.

 Elle n'est pas un simple artifice que des êtres pressés par la nécessité inventent pour résoudre le problème de leur survie. Pour Rousseau, par exemple, la tendance à s'associer, la sociabilité n'est pas une tendance naturelle. L'association procède de la contrainte des besoins, des accidents de l'histoire, elle ne procède pas d'un mouvement naturel. Cette thèse qu'on peut appeler artificialiste ou conventionnaliste est celle d'un Protagoras, d'un Hobbes, d'un Rousseau.

 Pour Aristote au contraire, l'homme tend par nature à vivre en cité. En réalisant cette tendance, il accomplit sa nature, ce pour quoi il est fait. « Personne ne choisirait de posséder tous les biens de ce monde pour en jouir seul, car l'homme est un être politique et naturellement fait pour vivre en société » Ethique à Nicomaque. IX, 9,1169b, 16.18.

   Cette thèse établit que l'individu n'est pas en soi un être complet, un être achevé dont on peut poser l'existence antérieurement et extérieurement au social. A la différence de l'idéologie individualiste triomphante dans la thématique des « Droits de l'Homme » et dans nos Institutions, l'anthropologie aristotélicienne est anti-individualiste. L'individu est un être inachevé n'ayant pas de réalité hors de la totalité sociale au sein de laquelle il accomplit les fins de sa nature. « Sans famille, sans loi, sans foyer » il est « comme une pièce isolée au jeu de trictrac ».

 

II)                Les implications de la thèse.

 

   L'être qui par nature et non accidentellement (Ex : Les enfants sauvages ou les apatrides) existe hors d'une cité n'est pas un être humain.

Il est la négation de l'humanité :

Soit par défaut : C'est autre chose qu'un homme. Il faut entendre par là soit une bête soit une brute. Car s'il est incapable de vivre en cité, c'est qu'il est étranger aux fins que réalise la cité. Or celles-ci sont : d'une part le dépassement de la déficience native des individus rendu possible par l'association avec d'autres hommes ; (Grâce à la coopération, les hommes s'affranchissent de la tyrannie des besoins, ils accèdent à l'autosuffisance ; liberté refusée aux animaux condamnés à ne jamais connaître une condition libérée de l'aliénation des besoins vitaux) d'autre part l'accomplissement de la finalité proprement humaine de l'existence humaine. « Née du besoin de vivre, la cité existe pour être heureux » écrit Aristote. C'est dans la relation humaine que l'homme se sent exister comme un homme et peut déployer sa vertu propre : celle d'un être de raison voué à nouer avec les autres des rapports d'amitié et de justice. L'être vivant hors de la cité est comme la bête, un individu prisonnier de la servitude du besoin et comme la brute un individu soumis à la sauvagerie de ses impulsions. « C'est l'amitié qui porte les hommes à la vie sociale. Le but de l'Etat c'est le bonheur de la vie. Toutes ses institutions ont pour fin le bonheur. La cité est une association de familles et de bourgades pour jouir d'une vie parfaitement heureuse et indépendante. Mais bien vivre selon nous, c'est vivre heureux et vertueux ; il faut donc admettre en principe que les actions heureuses et vertueuses sont le but de la société politique et non pas seulement la vie commune ». La Politique. III, 5 ,14.

 

 Soit par excès : Celui qui peut se dispenser d'appartenir à une cité est un être autosuffisant et parfait. Autrement dit il ne s'agit pas d'un homme mais d'un dieu.

 

NB : Il peut arriver à l'homme de connaître la suffisance à soi et le bonheur des dieux. Telle est la caractéristique, pour les Anciens, de la vie contemplative, mais Aristote prend soin de préciser qu'une telle vie incarne un sommet rarement atteint et au niveau duquel on ne saurait se maintenir.

Cf. «  N'est-ce pas là vie trop haute pour être une vie d'homme ? Car ce n'est pas en tant qu'il est homme que l'homme vivra de la sorte mais en tant qu'il a en lui quelque chose de divin ; or autant ce quelque chose de divin l'emporte sur le composé, autant son activité l'emporte sur l'activité selon les autres vertus. Si c'est donc du divin que l'intellect au regard de l'homme, ce sera aussi une vie divine que la vie selon l'intellect au regard de la vie humaine » Ethique à Nicomaque X, 7,8.

Par ce propos, Aristote nous invite à faire le dieu (Dieu, l'homme doit penser : vie contemplative), mais aussi à faire l'homme (Mortel, l'homme doit agir avec ses semblables : vie active ou politique). L'idéal politique est notre vocation même si la vie théorétique incarne le sommet des genres de vie. Dans son Protreptique il écrit : « L'homme est né pour deux choses, pour penser et pour agir en dieu mortel qu'il est ».

 

III)             Fondement de la thèse.

  

  PB : Qu'est-ce qui permet d'affirmer que l'homme est un animal politique de manière beaucoup plus évidente que les animaux grégaires ?

  La réponse aristotélicienne articule deux arguments :

D'une part le philosophe prend acte d'un fait : l'homme est le seul animal qui parle.

D'autre part ce fait est interprété à la lumière d'un présupposé finaliste. « La nature ne fait rien en vain ». Tout ce qui est a sa raison d'être.

 

  PB : En quel sens peut-on dire que la finalité de la parole est politique et en quoi parole et existence politique sont-elles le propre de l'homme ?

N'observons-nous pas dans la nature des animaux vivant en groupe et ne disposent-ils pas tous de systèmes de communication ?

 

  L'analyse de la nature de la parole permet de souligner sa spécificité et d'établir le rapport des deux caractéristiques humaines : parler et vivre en société.

 

  Aristote commence par demander de ne pas confondre la voix (phônê) et la parole (logos).

  La voix est expressive, aussi la rencontre-t-on chez les animaux. Elle permet d'exprimer ses affects, son plaisir, sa peine et de les communiquer. Comme les hommes, les animaux ont une expérience sensible et la manifestent mais chez l'homme la parole déborde cette fonction purement expressive et communicative. Parler ne se limite pas à produire des sons mais à articuler des sons doués de sens à l'intérieur d'une proposition. Or toute proposition est un jugement.

  Ainsi l'homme ne dit pas seulement : « Aïe !» ; mais « cela est un mal ». Il affirme quelque chose de quelque chose, il juge et juger consiste à prendre position sur la vérité, la légitimité ou non d'une relation posée par l'esprit. C'est dire que seul un être pensant peut parler au sens précis. Ce que les Grecs soulignent avec la notion de « logos », puisque « logos » signifie à la fois parole et raison, discours sensé.

  Il y a plus. Tous les jugements mettent en jeu des valeurs témoignant que l'existence humaine ne se déploie pas dans la seule sphère de l'immédiat et du subjectif mais aussi dans celle de l'objectif et du « communément jugé ». Les notions de bien et de mal, d'utile et de nuisible, de juste et d'injuste ne prétendent pas valoir subjectivement mais s'exposer à l'épreuve de la communication universelle. Par exemple lorsqu'on invoque la vérité, on se réfère à une valeur qui, en droit, doit pouvoir faire l'accord des esprits. Il en est de même pour la justice. Si la vérité est la norme du discours, la justice est celle des rapports sociaux.  Lorsque je dis « cette conduite est juste », je parle donc à l'autre de quelque chose concernant notre vie en commun. Et en faisant amitié par l'esprit, il est possible d'échanger nos divers points de vue sur la question.

  Ainsi la parole permet-elle de débattre des valeurs de la communauté, ce qui est proprement l'enjeu de ce que nous appelons l'activité politique. Au parlement ou sur la place du marché, les hommes s'adressent la parole et s'entretiennent de ce qui intéresse leur être-ensemble.

   Il s'ensuit que la parole est d'essence politique et réciproquement la politique d'essence langagière ou dialogique.

  L'espace politique est le lieu où chacun peut exprimer sa conception de l'utile, du bien, du juste. Il est l'espace du débat, au moyen duquel, une pluralité d'êtres différents et égaux peut réaliser les accords nécessaires à la vie en commun.

 

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131 Réponses à “L’homme est par nature un animal politique. Aristote”

  1. mendy dit :

    je trouve ce site excellent trés intéressant et enrichissant merci de nous faire partager votre savoir cela m’a vraiment aidé

  2. fantômette dit :

    page très interressante dans la mesure où avant de donner les reponses aux élèves, elle nous permet surtout de bien cerner le texte avec des questions de reflexion… merci

  3. Julia dit :

    Merci beaucoup pour ces axes!

  4. melissa dit :

    c’est vraiment interessant car c’est trés bien expliqué, trés complet.
    Ca m’a beaucoup aidé pour mon commentaire, ca m’a aidé pour mieux comprendre le texte
    vraiment merci pour toutes vos explications

  5. nany dit :

    enfin des réflexions sur la philo un peu poussée et structurées! merci..

  6. Florian dit :

    Merci de nous faire partager vos lumières! Ca m’a beaucoup aidé merci encore!

  7. julie dit :

    C’est vraiment top! J’ai réussi à vraiment comprendre le texte !! Merci beaucoup!

  8. bonjour à tous!
    J’ai juste une question: Comment est que l’homme est un annimal politique?
    Qu’est ce que le philosophe a voulu dire?

    a bientôt

  9. Simone MANON dit :

    Je ne vois pas l’intérêt de réécrire le cours qui explicite cette signification. Donnez-vous simplement la peine de le comprendre.

  10. FREMIOT dit :

    Bonjour,
    J’ai mon premier devoir de philo sur  » l’homme, animal politique  » d’Aristote..
    Le problème est que je ne comprend pas trop ce texte et je doit repondre à trois questions:
    Quelle phrase illustre le thèse de l’auter
    A partir des différents sens du mot « polis », chercher quels différents sens on peut donner à la définition d’Aristote
    Quels sont les êtres qui peuvent ce passer de cité? Pourquoi sont ils soit en dessous soit au dessus de l’homme ?
    J’ai vraiment besoin de vos réponses et explications rapidement !!
    Merci beaucoup par avance

  11. Simone MANON dit :

    Je suis désolée Morgane. Ce blog n’est pas destiné à faire le travail à votre place. Le texte d’Aristote est commenté dans ce cours. Il vous suffit de vous donner la peine de comprendre.

  12. FREMIOT dit :

    Je sais bien que vous n’allez pas me faire mon travail et heureusement. Mais j’ai beau lire le texte et votre site je n’y arrive toujours pas, j’aimerai des explications ou des éléments pour comprendre et pouvoir faire mon devoir.

  13. Simone MANON dit :

    Je ne pourrais que répéter les significations qu’explicite le commentaire. C’est donc inutile.

  14. AL dit :

    Je vous remercie d’avoir publié ce cours en ligne. C’est un bon complément à mon propre cours.
    Et en réponse aux autres commentaires, c’est facilement compréhensible si on s’en donne la peine.

  15. Simone MANON dit :

    Merci pour cette mise au point, fort utile si j’en crois le nombre de commentaires que je n’accepte pas mais qui toujours demandent de réexpliquer ce qui l’est déjà clairement. De la part d’un lycéen, j’espère que ce sera plus convaincant que lorsque c’est moi qui le précise.

  16. Madziarski chloé dit :

    Bonjour,
    je suis étudiante en lettres supérieures au lycée militaire d’aix en provence, ma premiere année d’hypokhagne se passe avec quelques difficultés, le niveau prepa est autre que celui du lycée, et je souhaitais juste vous remercier, vos explications m’ont été bénéfiques.
    Merci a vous pour le temps que vous avez du y accorder.

  17. DIALLO Lin dit Moussa dit :

    bjr j’ais besoin d’une breve sur la pensée sociopolitique de platon et aristote dans le XXI siecle avt J C.merci et c’est urgent.

  18. Simone MANON dit :

    Il faut donc vous dépêcher de vous mettre au travail. Ce n’est pas en prenant les autres pour des larbins qu’on accroît ses propres lumières.

  19. marie dit :

    Merci, ce cours peut etre un bon complément à un cours de philo politique, et à une réflexion personnelle.

  20. thierry dit :

    votre site est excellent.

  21. wodia dit :

    vous êtes excellent mais qu’a voulu dire l’auteur en affirmant que l’homme est par nature un animal politique

  22. Simone MANON dit :

    C’est expliqué en long, en large et en travers.

  23. abdfall dit :

    Bonjour,
    Vous assimilez la pensée de Rousseau à celle de Hobbes et l’interprétez comme une expression de la thèse conventionaliste ou artificialiste de la sociabilité humaine. Il n’est pas évident de lire cela dans le « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes » où il semble qu’au contraire Rousseau se réfère à l’état de nature pour évoquer une sensibilité originaire à la sociabilité qu’il appelle « la pitié » et qu’il croit découvrir chez le sauvage. La civilisation est donc selon lui une sociabilité dénaturée par l’inégalité qui éloigne tojours plus les hommes de leur propre nature. Ne faudrait-il pas rapprocher Rousseau d’Aristote quant à l’idée de l’existence d’une sociabilité naturelle, même si l’un et l’autre n’y mettent pas le même contenu ?

  24. Simone MANON dit :

    Vous pointez une vraie ambiguïté de la pensée de Rousseau. Pour éclaircir les choses, vous pouvez vous reporter à la très profonde analyse que fait de cette question Robert Derathé dans « Rousseau et la science politique de son temps » III° partie, § III

    « Telle est la conclusion à laquelle Rousseau est arrivé dans le Discours sur l’origine de l’inégalité : « On voit, dit-il, au peu de soin qu’a pris la nature de rapprocher les hommes par des besoins naturels et de leur faciliter l’usage de la parole, combien elle a peu préparé leur sociabilité, et combien elle a peu mis du sien dans tout ce qu’ils ont fait pour en établir les liens » On sera sans doute surpris, après avoir lu ce texte, de trouver dans la Profession de foi du vicaire savoyard l’affirmation suivante : « Si, comme on n’en peut douter, l’homme est sociable par sa nature, ou du moins fait pour le devenir, il ne peut l’être que par d’autres sentiments innés, relatifs à son espèce; car, à ne considérer que le besoin physique, il doit certainement disperser les hommes au lieu de les rapprocher »
    Faut-il donc admettre qu’il y a eu chez Rousseau un revirement, et qu’après avoir rejeté le principe de la sociabilité naturelle, notre auteur s’en déclare finalement partisan? En réalité, comme souvent chez Rousseau, la contradiction n’est qu’apparente, et la notion de « perfectibilité » ou de « faculté virtuelle » lui permet de rester d’accord avec lui-même. La sociabilité, selon Rousseau, est un sentiment inné, tout comme la raison est une faculté innée. Mais l’une et l’autre n’existent chez l’homme naturel qu’ « en puissance », car leur développement est lié à des conditions qui ne se trouvent réunies que dans le milieu social. Il faut à l’homme des connaissances pour « devenir » sociable, et il ne peut les acquérir que par un commerce constant avec ses semblables. « Les affections sociales ne se développent en nous qu’avec nos lumières », écrit Rousseau dans l’Essai sur l’origine des langues. La sociabilité sera donc comme nulle chez un être qui, en raison de son isolement même, est « privé de toute sorte de lumière ». Or, tel est le cas de l’ « homme sauvage » d’après le Discours sur l’inégalité. Sortant des mains de la nature, l’homme n’est sociable qu’ « en puissance », il est seulement « fait pour le devenir » et ne le deviendra effectivement qu’après avoir vécu en société. Quoique naturelle dans son principe, la sociabilité ne se manifeste donc que tardivement au cours de l’évolution humaine, et n’apparaît sous sa forme achevée qu’au terme d’une longue suite de progrès. Elle n’est pas le motif qui fait sortir les hommes de l’état de nature, puisque son développement est postérieur à l’établissement des sociétés. Ceux qui la placent à l’origine de la vie sociale prennent une fois de plus l’effet pour la cause. S’il en est ainsi, c’est qu’ils se trompent sur la vraie nature de la sociabilité. Le primitif se suffit à lui-même, il se passe aisément de l’assistance de ses semblables, il n’éprouve aucun désir de la vie en société qu’il est d’ailleurs absolument incapable de concevoir. Tant qu’il vit dans l’isolement, il n’aspire aucunement à la vie sociale, il n’en sent nullement le besoin. Sous sa forme primitive, la sociabilité se ramène pour Rousseau au sentiment de la pitié, qu’il a si longuement décrit dans le Discours sur l’inégalité, et sur lequel il insiste de nouveau dans l’Émile. Si l’on se reporte au quatrième livre de l’Émile, on s’aperçoit en effet que la pitié que Rousseau avait tout d’abord opposée à la sociabilité en devient le fondement ou plutôt en tient lieu. « C’est la faiblesse de l’homme qui le rend sociable, ce sont nos misères communes qui portent nos cœurs à l’humanité… Il suit de là que nous nous attachons à nos semblables moins par le sentiment de leurs plaisirs que par celui de leurs peines; car nous y voyons bien mieux l’identité de notre nature et les garants de leur attachement pour nous. Si nos besoins communs nous unissent par intérêt, nos misères communes nous unissent par affection » Dans ce texte, Rousseau insiste sur le caractère humain de la pitié : c’est par elle que nous prenons conscience de l’identité de nature qui nous unit aux autres hommes. On voit donc que Rousseau finit par faire à son tour de l’identité de nature le véritable fondement de la sociabilité.
    Cela ne veut pas dire cependant qu’il se rallie dans l’Émile à la conception qu’il avait combattue dans le Manuscrit de Genève, car lorsque Rousseau parle de l’identité de notre nature, il entend surtout par là notre qualité d’être sensible, « qualité qui est commune à la bête et à l’homme ». Vrin, 1988, p. 148.149.150.

  25. Kris dit :

    L’animal politique est la bête des révélations de Jean. Tandis que l’église catholique romaine est la prostituée écarlate. C’est du moins l’avis de la watchtower. Qu’aurais pensé Socrate ou Kant de ceci ? Je vous laisse en juger et vous souhaite bon vent…

  26. Simone MANON dit :

    Ils auraient sans doute pensé, comme ils n’ont cessé de le dire, que le plus grand problème que l’humanité a à résoudre est celui de l’éducation. Seule une solide formation intellectuelle peut protéger les esprits du délire et encore ce n’est pas sûr…

  27. stéphanie dit :

    trop bien cette page merci de nous aider à comprendre le fondement de la thèse d’aristote

  28. Derouard dit :

    Que permet la possession du langage articulé?

  29. Simone MANON dit :

    D’une part lorsque l’on demande quelque chose, on ne se dispense pas d’une formule de politesse; d’autre part il y a suffisamment de cours sur ce blog, à commencer par l’explication précédente, pour répondre par votre propre effort à cette question.

  30. ismène dit :

    j avais une comparaison à faire entre les théories de Hobbes et de Aristote. Cette page m’a permis d’étayer plus mes idées et de pouvoir mettre à nu ces différentes théories un peu controversées…

  31. ismael dit :

    bonsoir!je voudrai juste avoir la definition d un animal politique puisque je n arrive vraiment pas a trouver la bonne reponse comme je suis un debutant en philo..merci!

  32. Simone MANON dit :

    Ce n’est pas parce qu’on est un débutant qu’on ne peut pas comprendre une explication. Simplement il faut attentivement s’efforcer de la suivre. La réponse à votre question est dans les élucidations du texte. Le propos étant clair, je ne vois pas l’intérêt de le répéter.
    Bonne appropriation des significations.

  33. ondoua fidèle dit :

    peut-on dire avec Aristote que la société est vraiment naturelle. la polis est-est egale à la société chez lui?

  34. Simone MANON dit :

    Il me semble que l’article est explicite sur cette question.
    Il vous suffit de le lire attentivement.

  35. Dwi dit :

    Merci beaucoup pour votre site et pour les cours et compléments de Philosophie dont vous nous faites part, ils me sont très utiles. Bonne soirée

  36. POSTIT dit :

    bonjour, j’ai trouvé votre cours particulièrement interessant et qui m’a permis de bien saisir l’animal politique d’aristote. Cependant dans la genese de la cité une chose m’échappe: la cité construite en suivant le modèle familial est-elle « bonne » selon Aristote? il semble dire que la cité est constituée d’un ensemble de famille, et que suivant le modèle de l’organisation familiale au début les cités étaient dirigées par des rois. En gros, est-ce que la cité est une sorte de reproduction à une échelle plus importante de la famille, ou les familles ne sont-elles que des parties des cités?
    J’espère avoir réussi à exprimer de façon à peu près compréhensible mon problème ce qui n’est jamais évident en philosophie.
    merci en tous cas pour cet article riche d’enseignements.

  37. Simone MANON dit :

    Vous posez une question essentielle: La famille, le village, la cité sont des communautés naturelles mais chaque communauté (genre) a une différence spécifique. (Toute définition, enseigne Aristote, doit préciser le genre proche et la différence spécifique).
    La différence spécifique de la cité n’est pas d’être extensivement plus englobante que les autres et de venir après les parties qu’elle intègre (par où il faut comprendre que ce qui est naturel n’est pas nécessairement originel).
    Elle se distingue des autres par la nature des liens qu’elle institue entre ses membres et par sa finalité.
    Une cité est une communauté de gens égaux (ce qui n’est pas le cas dans la famille) unis, non pas dans la poursuite d’une fin utilitaire (vivre au sens de survivre, s’entre-aider, satisfaire ses besoins) comme c’est la cas de la famille dont la finalité est domestique, mais en vue d’une fin éthique (le souverain bien c’est-à-dire l’actualisation de l’excellence humaine, ce que les Grecs appellent la vertu, le bien vivre ou la vie heureuse)
    Il y a donc une hétérogénéité radicale entre la cité et la famille.
    Voyez le passage sur Aristote dans le cours sur le lien social. https://www.philolog.fr/quest-ce-qui-fonde-le-lien-social/
    Voyez aussi la reprise que Rousseau fait de ce thème dans le deuxième chapitre du Livre I du Contrat social.https://www.philolog.fr/du-contrat-social-livre-i-rousseau-texte-et-explication/
    Bon courage.

  38. gervais dit :

    slt Mme
    tout d’abord merci pour ce doc. que vous avez publié il est d’une grande richesse. mais cependant j’ai une proccupation. si l’homme est effectivement un animal politique comme le pense Rousseau et donc appelé à vivre avec ses semblables d’où vient le fait que l’on assiste aujourd’hui à une recrudescence de violence chez l’homme. peut vivre réellement avec ses semblables vivre en paix dès lors que brule en lui la mechanceté?

  39. Simone MANON dit :

    D’abord Gervais, il vous faut faire preuve d’un minimum de rigueur. Cette thèse est d’Aristote non de Rousseau, précision d’autant plus importante que pour Rousseau la sociabilité n’est pas une tendance naturelle!
    Ensuite soyez attentif à ne pas vous faire le porte-parole des idées toutes faites. Avez-vous une connaissance de l’état des sociétés antérieures pour parler d’une « recrudescence de la violence ».
    Il y a des poches de violence, de l’incivilité, de la délinquance, c’est un fait. Mais qu’en était-il hier?
    Enfin, s’il y avait sans doute moins de « sauvageons », c’est parce que dans la famille, dans l’école et dans la société en général, les conditions d’une éducation de la jeunesse étaient davantage réunies.
    Car ce n’est pas parce que vous disposez de l’intelligence pour faire des mathématiques que vous êtes d’emblée un mathématicien.
    Ce n’est pas parce que vous êtes un animal social ou politique que vous avez d’emblée les vertus morales nécessaires à « la vie bonne ». Il faut une éducation. En termes aristotéliciens, il faut que la partie irrationnelle de l’âme soit rendue docile aux exigences de la partie rationnelle, ce qui passe par l’exercice des vertus dans un processus éducatif.
    En espérant avoir clarifié les choses.

  40. regis dit :

    Madame,
    Quelle piste me proposeriez vous pour traiter la personne porteuse de handicap pour parler de l’homme comme être politique ?
    Il me semble qu’au siecle d’Aristote l’individus naissant handicapé n’avait pas de légitimité à vivre, qu’il était trés souvent abandonné car ne correspondant pas à la gloire de l’être humain cheminant proche des divins…
    Aussi aujourd’hui la reconnaissance de la citoyenneté pour tous individus m’interroge. N’il y a-t-il pas une incapacité ou impossibilité de combler ce vide de reconnaissance de l’individu handicapé comme étant à part entiere un animal politique.
    Que me connseilleriez vous de lire ?
    Merci

  41. Simone MANON dit :

    Bonjour Régis
    L’exposition des enfants handicapés dans l’antiquité repose sur un certain nombre de superstitions (malédiction divine, signe d’une faute dont le corps social doit se purifier) et aussi sur des raisons socio-économiques.
    Si vous prenez la définition aristotélicienne de l’homme: vivant doté de parole ou de raison, elle s’étend à tout le genre humain même s’il ne va pas de soi de concilier l’essentialisme universaliste d’Aristote fondant un véritable humanisme (tous les hommes ont une identité d’essence: la parole, la raison) et son naturalisme inégalitariste conduisant à différencier les peuples (les Grecs et les Barbares) et les êtres humains ( les esclaves et les hommes libres, les hommes et les femmes etc.)

    Pour ce qui est de notre contexte culturel, l’homme est défini comme une personne. Catégorie morale et juridique opposable à celle de chose. Handicapé ou non; enfant ou adulte, homme ou femme, français ou étranger, malade ou en bonne santé, un homme est une personne égale à toute autre. A ce titre, il est titulaire des droits fondamentaux de la personne, dont les droits politiques.
    Pour ce qui est du handicap physique, la limite se trouve dans les difficultés matérielles d’exercice de ces droits, non dans un déni du statut de personne. Voilà pourquoi on s’efforce aujourd’hui (Cf. la loi handicap) d’aménager l’espace public et de manière générale d’être attentif aux conditions concrètes sans lesquelles les droits déclarés ne sont que de vaines déclarations.
    Pour ce qui est du handicap mental, c’est une autre histoire. Le débile profond, certains malades mentaux sont bien des personnes mais parce qu’ils sont privés de l’usage de leurs aptitudes mentales, ils sont juridiquement des mineurs. Ils ne peuvent donc pas exercer les droits de la personne, en vertu d’une limite morale et non pas seulement physique.
    Je ne peux pas vous conseiller un livre sur cette question car j’ai pour principe de ne conseiller que des ouvrages que j’ai lus or sur cette question je n’ai en tête aucun ouvrage de fond.
    Bien à vous.

  42. konta fatoumata dit :

    bonjour, je suis fatoumata en faisant des recherches je suis tombé sur votre site. au faite je voudrais bien que vous m’aidiez a comprendre ce sujet « l’homme est un inconnu » qu’en pensez vous? j’ai besoin de votre avis s’il vous plait je ne vous demande pas de le faire pour moi. merci!

  43. Simone MANON dit :

    Ce sujet, jeune personne, vous demande de vous interroger sur le caractère énigmatique de la nature humaine. Commencez par pointer les différentes signications auxquelles peut renvoyer le mot: « inconnu ».
    Vous avez quantité d’articles sur ce blog qui peuvent éclairer votre lanterne.
    Voyez par exemple: Faut-il se méfier de l’idée de nature humaine?
    Notre humanité d’Aristote aux neurosciences.
    Ambiguïté de la condition humaine.
    Freud et l’hypothèse de l’inconscient psychique. (Il est facile de les retrouver en utilisant l’index)
    Bon travail.

  44. amirou diallo dit :

    merci d’avoir écrit cet article. Sa lecture m’a permis d’avoir une bonne note en classe.

  45. Mikolaj dit :

    Bonjour Madame.

    Je tiens d’abord à vous remercier pour ce bel exposé auquel vous nous donnez l’accès.
    Néanmoins, une question me turlupine encore. Si celui qui n’est pas citoyen, n’est pas homme, peut il être considérer comme un être humain? Car en effet, si le propre de l’humanité est la parole, ne peut on pas considérer qu’un individu tant qu’il n’en est pas privé, n’est autre qu’un être humain? Et dans ce cas, ne peut on pas dire que tout homme, est un être humain, sans que le contraire soit vrai? J’ai cherché sur votre site et dans vos cours une réponse, mais n’en ai trouvé aucune. Je vous le demande donc ici : peut on dire que l’être humain précède l’homme? Et ne peut on pas alors dire, qu’il est également un animal politique dans cette mesure?
    Bien à vous,
    Mikolaj

  46. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Attention aux propos irréfléchis, Mikolaj.
    Voyez bien que la parole est une possibilité requérant un milieu social pour se développer. Hors d’un tel milieu aucune des caractéristiques définissant l’être humain ne peut s’actualiser (cf. l’exemple des enfants sauvages). Voyez le chapitre: nature-culture pour les approfondissements.
    Ontologiquement, l’homme se distingue aussi bien de la bête que des dieux. La compréhension de cette thèse d’Aristote vous amène à saisir la nature fondamentalement sociale de l’être humain.
    En espérant avoir clarifié les choses.

  47. Michelle dit :

    Merci beaucoup pour cette explication qui me permet de faire l’introduction d’un devoir de psychologie sur les relations interpersonnelles ! Haa Pourquoi n’ai-je pas trouvé ce site avant le bac …

  48. […] l’homme est un animal social, il a besoin des autres pour s’accomplir: Cf. Aristote « Personne ne choisirait de posséder tous les biens de ce monde pour en jouir seul, car l’homme […]

  49. Fosse Fiona dit :

    Merci pour cet article qui suit parfaitement la structure du raisonnement d’Aristote.
    A tout hasard, je recherche ce texte dans sa version originale, donc en grec ancien.
    Après 2heures de recherches sur le net, je ne trouve pas satisfaction.
    Sauriez-vous où je pourrais trouver ce que je recherche?
    Bonne continuation pour votre site

  50. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Dans toute bibliothèque universitaire vous pourrez trouver ce que vous cherchez.
    Voyez les éditions Belles Lettres. Elles publient des textes bilingues.
    Bien à vous.

  51. Fifou dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet exposé très clair.
    J’ai cependant quelques questions;
    Je ne vois pas bien en quoi l’idéologie individualiste prétendrait que l’individu est complètement achevé de la société et n’en a pas besoin, à quels textes dois-je me référer?
    Ensuite, la justice (qui pourrait être perçue différement selon le « communément jugé » envisagé non?) est sensé être la norme des rapports sociaux, est-ce que selon Aristote, c’est le manque de justice qui est à l’origine de tous les conflits?
    Et est ce que la justice qui, si je comprends bien, résulterait d’une vision universelle du juste et de l’injuste dans une même cité, est ce que celle là peut être perçue très différement selon la société considérée? dans ce cas, est-ce que c’est cette perception différente de la norme des rapports sociaux qui pourrait entraîner des difficultés de cohabitations entre différentes sociétés?

    Merci.

  52. Fifou dit :

    *l’individu est complètement achévé SANS la société (correction de mon erreur)

  53. Simone MANON dit :

    Bonjour
    L’idéologie individualiste définit l’homme comme un sujet de droit c’est-à-dire comme une personne morale, un être de raison et de liberté. Or cette personne n’est pas donnée naturellement. Par exemple le raisonnement, l’intelligence ne peuvent pas se développer sans langage et donc sans inscription dans un milieu social.
    Vos questions suivantes sont très confuses.
    Ce que les hommes considèrent comme juste est variable, dans certaines limites, dans le temps et dans l’espace. Mais la stabilité du corps politique est tributaire du respect de l’opinion commune en matière de justice.
    Chaque peuple se définit par son histoire, sa tradition, sa géographie, sa démographie et donc par des intérêts particuliers pas nécessairement en harmonie avec ceux des autres. D’où la possibilité de conflits.
    Bien à vous.

  54. L’homme est foncièrement un animal politique mais aussi il reste à savoir si l’homme peut se réaliser seulement sur le plan politique.La plupart de nos politiciens ne pensent qu’à leurs propres intérets.Ils ne soucient pas de leur pays.Ils sont prets à faire tout pour accéder au pouvoir.Ne serait-ce pas une contradiction car la politique doit viser la bonne marche de la cité?

  55. Simone MANON dit :

    Votre propos ne dépassant pas le niveau de la plus plate doxa, je ne peux guère lui apporter de réponse.
    Voyez bien que la question de la sociabilité naturelle de l’homme, affirmée par Aristote, est en débat. Ni Hobbes, ni Freud par exemple ne soutiennent cette thèse. Le dogmatisme de votre première phrase est donc déplacé.
    L’accomplissement humain dans la cité est accomplissement éthique. Chez les anciens, on ne distingue pas la politique de l’éthique.
    Quant à votre jugement sur les politiques, il serait peut-être intéressant de se demander s’il est autre chose que la caisse de résonance des propagandes du moment.
    Bien à vous.

  56. Ali Hamadi Hassani dit :

    convaincu de cette affirmation d’Aristote: « l’homme est un animal politique », mais je me pose beaucoup de questions car si on jette un coup d’oeil sur le monde politique d’aujourd’hui, les gouvernants eux-même ne cherchent qu’à satisfaire leurs propres besoin. Cette satisfaction n’est pas un fait contre nature? Et si on est d’accord avec cette interrogation, puisque la politique est naturelle elle même, s’agit-il pas de dire que les politiciens sont les destructeurs de la nature?

  57. Simone MANON dit :

    Il me faut vous mettre en garde contre les idées toutes faites et les propos irréfléchis.
    D’abord, l’affirmation selon laquelle les gouvernants ne cherchent qu’à satisfaire leurs propres besoins est gratuite. Etes-vous fondé à procéder à une telle généralisation? Pouvez-vous méconnaître que tout pouvoir se maintient durablement grâce au consentement des populations concernées, ce qui signifie qu’elles y trouvent un intérêt? Cette affirmation relève donc du préjugé.
    Ensuite, voyez bien que rien n’est plus naturel que de tendre à la satisfaction de ses besoins.
    Enfin les perversions de l’exercice politique sont aussi naturelles que l’exercice légitime car la dimension irrationnelle est aussi constitutive de la nature humaine que sa dimension rationnelle.
    Je ne peux donc que vous inviter à un exercice plus rigoureux du jugement.
    Bien à vous.

  58. kouam dit :

    slt!!! professeur!!
    je suis frappé par la richesse de vos enseignements et c’est pourquoi je souhaiterai avoir votre point de vue sur la conception anthropologique de l’homme chez d’Aristote. comment perçoit-il l’homme? et quelles sont les grandes lignes de sa philosophie de l’homme? merci d’avance pour vos explications.

  59. Simone MANON dit :

    Désolée, ce blog n’a pas pour vocation de vous dispenser du travail le plus élémentaire.
    Il faut vous dépêcher de lire Aristote pour vous faire une idée de son anthropologie, anthropologie dont le texte commenté ici vous donne déjà quelques clés.
    Bon travail.

  60. kouam dit :

    Bonsoir Madame!!
    je suis un étudiant en philosophie premiere année au cameroun et je fais une recherche sur l’anthropologie d’Aristote. pour l’instant je suis bloqué dans mes recherches car je voudrais d’abord montré en tout début e mon travail qu’ Aristote en posant une anthropologie voudrais se démarquer de celle de son maitre à pensée qui est Platon. Donc en un mot je souhaiterai savoir ce qui oppose véritablement Platon et Aristote qu point de vue anthropologique. merci d’avance

  61. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je constate que vous ne vous êtes guère donné la peine de lire l’auteur dont vous prétendez exposer l’anthropologie! Ce n’est pas ainsi que l’on forme sa pensée ou que l’on se cultive. Voici quelques pistes:
    L’exégèse de la pensée d’Aristote rencontre des difficultés pour expliciter l’anthropologie aristotélicienne. En effet, il y a une évolution du début de son enseignement où il est sous l’influence de l’idéalisme platonicien à la fin où il est en possession de sa conception hylémorphique.
    Je vous conseille de lire l’introduction du commentaire de Gauthier et Jolif de l’éthique à Nicomaque, (tome I). Ces auteurs distinguent trois périodes: la phase idéaliste, la phase instrumentiste, la phase hylémorphique bien qu’ils soulignent que la morale d’Aristote n’est pas élaborée sur des fondements hylémorphiques.
    Tant qu’il est platonicien, Aristote souscrit à l’idée de la transcendance de l’âme, à son immortalité, et au dualisme de l’âme et du corps. Mais dès qu’il rompt avec la doctrine platonicienne des Idées, l’idée de l’immortalité de l’âme fait problème car cette affirmation trouve son fondement dans l’apparentement de l’âme aux Idées éternelles.
    Dans sa phase instrumentiste, Aristote maintient le principe d’une hiérarchie entre l’âme et le corps. L’âme a une supériorité sur le corps, son instrument, mais elle ne lui assure plus aucune transcendance et l’idée de son immortalité est expressément niée. Dans l’éthique à Nicomaque, l’âme est conçue comme le principe de la vie présent dans tous les vivants. Aristote biologiste doit distinguer l’âme nutritive (commune à tous les êtres vivants), l’âme sensitive (commune aux animaux et aux hommes) et l’âme rationnelle (spécifique à l’homme). Pour l’âme rationnelle, il la divise en âme rationnelle et âme irrationnelle, la première possédant la raison et surtout l’exerçant, l’autre (partie désirante) étant irrationnelle dans son essence mais susceptible d’obéissance à la raison (par formation du caractère, cf. l’idée de vertu comme habitude) et donc pouvant être dite rationnelle par participation à la raison.
    Cette analyse est très différente de la conception platonicienne tripartite de l’âme telle qu’elle est figurée dans l’image du sac de peau.
    Pour la thèse caractéristique de l’aristotélisme, à savoir l’hylémorphisme et les problèmes que pose la conception de l’intellect dans l’application à l’homme de cette théorie hylémorphiste, je suppose que vous en avez connaissance ou si ce n’est pas le cas, il faut vous dépêcher de vous mettre au travail.
    Bien à vous.

  62. Donsam dit :

    J’aimerais savoir juste ce qui a poussé aristote à dire que l’homme est un animal politique?veut-il de l’inachevement de l’homme à la naissance?

  63. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Comme tout grand penseur, Aristote observe la réalité, ici la réalité humaine, et il s’efforce de la rendre intelligible.
    Que l’homme ne soit pas un animal solitaire mais un être qui vit en groupe est de l’ordre du fait, qu’il parle et raisonne aussi.
    Aristote part de là et il s’efforce de rendre raison de cette donnée d’observation.
    Bien à vous.

  64. Fréderic dit :

    salut professeur!
    j’aimerais savoir les limites qu’on peut approcher à l’anthropologie d’Aristote
    merci!

  65. Simone MANON dit :

    Désolé, Frédéric, votre question est inintelligible.
    Bien à vous.

  66. Juliette RENARD dit :

    Madame,

    C’est avec joie qu’en tapant sur google Aristote je suis tombé sur votre blog qui encore une fois me rend grand service. Et oui même dans mes études en Ressources humaines ou j’ai enfin trouvé ma place, je me vois avoir recours à la philosophie.

    En esperant que tout aille au mieux pour vous et en vous remerciant encore de votre enseignement.

    Bien à vous

    Juliette

  67. Simone MANON dit :

    Bonjour Juliette
    C’est un plaisir d’avoir un petit signe de vous et de découvrir que vous avez trouvé votre voie.
    Tous mes voeux d’accomplissement dans cette formation.
    En ce qui me concerne tout va bien, et comme vous l’observez, je continue à alimenter mon blog.
    Avec mon meilleur souvenir.

  68. je suis CONSOLE Gloria etudiante en science politique,j’aimerais savoir comment et pourquoi Aristote a dire que l’hommme est un animal politique?veut-il de l’innachement de l’homme a la naissance?

  69. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous posez la même question que Donsam. Voyez la réponse que je lui ai faîte.

    PS: inachèvement s’écrit ainsi. Aristote « ne veut » rien. Il observe les faits et il en rend raison. Etiez-vous « achevée » à votre naissance? Saviez-vous marcher, parler, penser, vous conduire moralement etc. ? Tout cela pour souligner le caractère peu réfléchi de la manière dont vous posez, l’un comme l’autre, la question.
    Bien à vous.

  70. bonsoir Madame,j’ai un devoir sur la philosophie politique.pouvez vous m’aider s’il vous plait?
    choix d’un philosophe
    1)-sa conception de l’homme( anthropologie politique propose)
    2)-sa conception de la cite,de la societe(sociologie politique)
    3)-sa vision de l’etat et pouvoir
    4)la politique est fonde sur la morale
    5)-Le regime politique
    Alors votre reponse va me servir pour rediger ce devoir.merci

  71. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Ma réponse sera rapide: il faut vous dépêcher de vous mettre au travail!
    Bon courage.

  72. Jeanne Leclerc dit :

    Bonjour,
    Aristote pense donc le l’homme est sociable, mais dans quelle mesure cette thèse est essentielle dans la pensée politique ? Je n’arrive pas à bien saisir, pouvez-vous m’éclaircir ?
    Merci

  73. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Cette thèse est importante parce qu’elle apporte une réponse à la question de savoir ce qui est fondement du lien social (Cf. https://www.philolog.fr/quest-ce-qui-fonde-le-lien-social/) et une manière de concevoir la morale et la politique. https://www.philolog.fr/aristote-vertu-et-plaisir/#more-3492
    Bien à vous.

  74. Cyril Morcrette dit :

    Bonsoir professeur,

    Si j’ai bien saisi ce que vouliez signifier dans votre exposé, Aristote considère que d’une part l’homme est animal, et que d’autre part il est par nature à la fois un être social et un être doué de parole et que par conséquent, la cité c’est à dire la vie en société est un fait nécessaire et que « le but de l’Etat c’est le bonheur de la vie ». L’homme serait donc un animal politique puisqu’au moyen de la parole qui le caractérise, il échangerait avec ses semblables ses jugements portés sur sa conception de notions telles que la justice ou la vertu et que, en voie de conséquence, les hommes s’accorderaient sur ce qui est bien comme sur ce qui est mal et dirigeraient le fonctionnement politique de la cité vers la recherche de ces bien définis par une opinion commune ou majoritaire. Ainsi l’homme est un animal politique car il juge en société et dirige le fonctionnement de la cité vers ce jugement qui lui semble être le meilleur. Je m’excuse pour la longueur de mon message, peut-être n’ai-je pas tout compris, mais voici ma question :

    L’homme étant un animal c’est à dire un être vivant animé par des désirs et des passions, son jugement ne risque t-il pas d’être dirigé vers la satisfaction de ses désirs plutôt que vers « l’intérêt général » ? Et le jugement commun sur lequel s’appuie le fonctionnement politique de la cité ne risque t-il pas d’être faussé par les intérêts de chaque individu traduits dans des erreurs de jugement volontaires tant qu’individuelles, ce jugement commun ne risque t-il pas d’être erroné et de ne servir que ceux qui sont les plus puissants, c’est à dire ceux qui persuadent le mieux ? La politique et le jugement sur lequel s’appuie le fonctionnement de la cité ne devraient-ils pas n’être laissés comme disait Platon uniquement au philosophe ou au sage, à ceux qui comme vous le dites, vivent par l’intellect plutôt qu’à des « animaux politiques » dévoyés dans leur multitude par leur propre nature bestiale ?

    Merci à vous.

  75. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Définir, pour Aristote, c’est toujours énoncer le genre proche (l’homme appartient au genre animal) et la différence spécifique (l’homme est un animal qui parle, un animal rationnel ou un animal social). Ces trois attributs de l’homme: parler, penser, vivre en société sont réciproquables.
    Le naturalisme aristotélicien étant un finalisme (la nature ne fait rien en vain), on est conduit à se demander: quelle est la fin d’un être capable de parler, de penser et de vivre en société? Accomplir sa nature dans son excellence, autrement dit conquérir la vertu. Les vertus intellectuelles et les vertus du caractère ou vertus morales. https://www.philolog.fr/aristote-le-bonheur-est-une-activite-de-lame-selon-la-vertu-dans-une-vie-achevee/#more-3485
    Celles-ci permettent à l’homme de nouer des rapports d’amitié et de justice dans une communauté d’égaux (la cité) dont la finalité n’est pas, comme celles de ces autres communautés que sont la famille et le village, de pourvoir aux besoins de l’existence. La finalité de la cité est la vie bonne et heureuse.
    https://www.philolog.fr/quest-ce-qui-fonde-le-lien-social/
    Autant dire que la politique ne se distingue pas fondamentalement de la morale et que la fonction des législateurs est d’éduquer par des lois à la vertu. https://www.philolog.fr/aristote-vertu-et-plaisir/#more-3492
    La question, à ce niveau, est de savoir quel est le régime politique le plus habilité à remplir cette fonction? Est-ce la démocratie?
    Le mot signifie surtout, dans le monde antique, une corruption du régime républicain dans lequel la souveraineté s’exerce en vue de l’intérêt commun. La démocratie en est la perversion parce qu’elle est le gouvernement d’une partie du corps social (les pauvres, le plus grand nombre) contre une autre partie ( les riches ou la minorité). Voyez la fin de ce cours: https://www.philolog.fr/le-contrat-rousseauiste-a-lepreuve-de-la-theorie-et-non-des-faits/
    Si l’on entend par démocratie, le régime où c’est l’ensemble des égaux qui détient la souveraineté, Aristote y est plutôt favorable au motif que la masse prise en corps est supérieure aux individus, même les meilleurs.
    « Mais la conception, suivant laquelle on doit confier le pouvoir souverain à la multitude plutôt qu’à une élite restreinte, peut sembler apporter une solution, défendable dans une certaine mesure et sans doute répondant à la vérité. La multitude, en effet, composée d’individus qui pris séparément, sont gens sans valeur, est néanmoins susceptible, prise en corps, de se montrer supérieure à l’élite (…) non pas à titre individuel, mais à titre collectif : c’est ainsi que les repas où les convives apportent leur écot sont meilleurs que ceux dont les frais sont supportés par un seul ». Aristote. Politique III, 11.

    Bien à vous

  76. […] » L'homme est par nature un animal politique. Aristote […]

  77. andriamifidisoa alin michel dit :

    Si excellence texte. Je me sens à l aise à lire et à re-lire le texte et les comm. J’ai initié à la philosophie pendant 3 ans. J’ai voulu approfondir mais …. ! j’ai pas la « chance ». Je crois que la pensée d’Aristote reste la base de la Philo de T Hobbes J Locke JJ Rousseau et surtout E Kant sur ‘insociable sociabilité ». Merci infiniment ! bonne continuation! je suis heureux de trouver ce site Merci Merci Simone MANON

  78. jules dit :

    doit etre resté un sauvage moi,rien compris au politique là encore…
    ceci dit j ai appris à lire et ça semble ne pas s’oublier en plus…Le fait d’etre l’animal politique que nous devenons est-il une obligation,un contrat social, une liberté ?
    j ai d’autres questions mais je vous les dirais pas car je ne suis pas un obsédétextuel.
    merci pour le texte.

  79. Simone MANON dit :

    Bonsoir
    La question que vous posez montre que vous ne comprenez pas ce que dit Aristote. Il établit que l’homme est un animal qui parle, un animal rationnel ou un animal social. Ces trois attributs de l’homme: parler, penser, vivre en société sont réciproquables.
    L’homme est social ou politique par NATURE, non par obligation ou par contrat.
    Bien à vous.

  80. James Favaud dit :

    Bonsoir, merci pour ce document, c’est vraiment interessant. J’ai une question, bon, j’aimerais savoir à travers les idées d’ Aristote sur l’homme, qu’est ce qu’on peut critiquer de façon positive et negative sur l’aspect humain que parle Aristote???

    Merci

  81. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il faut procéder à cette analyse par votre propre effort. Ce qui vous permettra de vous approprier la thèse aristotélicienne.
    Vous pouvez trouver dans cet article de quoi alimenter votre réflexion. https://www.philolog.fr/quest-ce-qui-fonde-le-lien-social/
    Voyez aussi les articles indiqués plus haut dans ma réponse à Cyril.
    Bon travail.

  82. Richard Caillon dit :

    Bonjour et merci mille fois pour ce site.
    Je porte un intérêt tout particulier au philosophe Humaniste comme Sarte ou Heidegger mais mes notions de philosophie restent je l’avoue sommaire. J’abuse sans doute de votre altruisme mais pourriez vous me donner des pistes pour cerner ces auteurs? Bien sur dans un but d’initiation et de curiosité, ce qui ne dispense en rien du plaisir de la découverte.
    Bien à vous
    Richard

  83. Simone MANON dit :

    Bonsoir
    Vous pouvez déjà lire les quelques articles concernant ces auteurs sur ce blog. En tapant chacun des noms dans l’index, ceux-ci seront indiqués.
    Vous découvrirez qu’il ne va pas de soi de parler de l’humanisme de Heidegger. Il est en effet un grand critique de l’humanisme classique.
    Vous trouverez facilement sur la toile des commentaires de la lettre sur l’humanisme (Heidegger) ou de la conférence de Sartre: l’existentialisme est un humanisme.
    Bien à vous.

  84. Tim Hétu dit :

    Bonjour,
    une question me vient à l’esprit suite à la lecture de votre ouvrage. Serait-il vrai de dire que Aristote ne croit pas au fait que les conflits soit les fondements du vivre-ensemble étant donné qu’il croit que l’homme est de nature non individualiste et cherche à être en groupe?

    merci,
    Tim

  85. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous ne posez pas le problème correctement. Personne n’a jamais dit que le conflit est au fondement du lien social. Voyez le cours sur ce thème.https://www.philolog.fr/quest-ce-qui-fonde-le-lien-social/
    En revanche le conflit social est conçu par un Machiavel ou par la pensée libérale comme moteur de la transformation des institutions, garant de la liberté, facteur de progrès.
    On peut défendre le parti pris individualiste et néanmoins faire de la sociabilité une tendance naturelle,(Kant).https://www.philolog.fr/linsociable-sociabilite-humaine-kant/
    Par ailleurs, l’analyse des régimes politiques chez Aristote ne fait pas l’impasse sur la réalité des conflits possibles internes à une société.
    Pour toutes ces raisons la manière dont vous posez votre question n’a guère de pertinence.
    Bien à vous.

  86. kiim dit :

    Bonsoir Madame Simone MANON !
    Avant toutes choses, permettez-moi de vous remercie de ce que vous faites. Je ne connaissais pas du tout ce blog mais comme on dit si tu cherches tu trouves et en cherchant je suis tombé sur vous. C’est la première fois que je passe trois heures à lire sur internet et cela est grâce à vous. Je suis un débutant en philosophie et c’est pourquoi je me tourne vers vous et pour cela j’ai une question à vous poser et j’aimerais connaître votre réponse. Ma question est: Quel conseil me donnerez-vous pour mieux commence la philosophie ? Je vous souhaite une bonne soirée et que le tout-puissant vous garde.

  87. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je suppose que vous avez un professeur dispensant des cours.
    Il vous faut donc faire l’effort de les assimiler et de les approfondir par la lecture des auteurs auxquels ils vous initient.
    Pour les devoirs, on vous donnera une méthode. Vous pouvez en trouver les règles sur ce blog en cliquant sur méthodologie dans la colonne de droite.
    Un travail rigoureux, régulier, est le meilleur conseil que je puis vous donner.
    Tous mes vœux de réussite dans votre formation.

  88. Marcel STE-MARIE dit :

    Paradoxal votre Aristote. D’une part, selon lui, l’être humain, faisant partie ( sans lui appartenir tout à fait, j’espère…) d’une POLIS d’où il tire le qualificatif de «politique» aurait une nature politique qui se comprend aisément dans l’avantage mutuel de la coopération, fruit d’un LOGOS collectif et forgé dans les temps passés ( donc en puissance pour chaque génération), lequel LOGOS s’exprime dans la langue grecque et les lois athéniennes, entre autres choses. D’autre part, [ et Aristote le voit-il clairement qui proclamera également l’être humain un animal doué de raison? ] cette libération des contraintes matérielles et le loisir qui en résulte pour l’individu dont le LOGOS individualisé en parole et en rationalité (en acte en chacun de nous), l’entraîne à critiquer l’injustice dont parfois son groupe matriciel (ville) se rend coupable à ses yeux, critique lui faisant risquer l’exclusion et même la mort, s’il s’entête à préférer ce qu’il croit être la justice à ce qu’il perçoit être la corruption ambiante. N’est-ce pas là le paradoxe du cas de Socrate, petit fils spirituel d’Aristote, qui meurt pour avoir préféré être un animal devenu rationnel plutôt qu’un animal strictement politique ou social, soumis à la loi mais pas à l’opinion? Ce maître n’hésite pas, contre l’avis du plus grand nombre, à choisir – en dernier ressort- le respect des lois de sa POLIS, Athènes, qui le condamnent pourtant à mourir. La difficile leçon de Socrate pointe-t-elle alors vers l’affirmation de la nature politique de l’animal humain qui doit être avant tout soumis et obéissant aux lois de la Cité, quelque imparfaites qu’elles soient ? Ou bien, plutôt, est-ce la leçon d’une conscience individuelle naissante dénonçant, même au prix de sa vie, l’imperfection de la vie sociale de son temps, prise en étau entre la rationalité passéiste incarnée dans les lois et la recherche de perfection des êtres vivants actuels, précurseurs des législations à venir ( liberté de culte, liberté académique, droits des femmes….)?

  89. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il y a bien dans la philosophie aristotélicienne une tension entre un essentialisme universaliste (tous les hommes ont une identité d’essence: le langage, la raison) et un naturalisme inégalitariste conduisant à distinguer l’homme de la femme, l’esclave de l’homme libre, le Grec du Barbare mais le texte ici analysé fonde un véritable humanisme.
    Il établit que tous les hommes sont doués de logos et invite, en creux, chaque animal rationnel à être en acte ce qu’il est en puissance. Il a à accomplir sa nature dans son excellence, ce qui est la définition grecque de la vertu. Ainsi doit-il assumer les fonctions qu’il partage avec les êtres de son genre (plantes et animaux), celles qui ont rapport au «vivre » mais en tant qu’il est porteur de raison, l’homme a à accomplir la tâche liée à sa différence spécifique. Il a à « bien vivre » c’est-à-dire à actualiser les vertus intellectuelles (dans la connaissance poursuivie comme une fin en soi= activité théorétique) et les vertus morales dans la vie privée et publique.
    En ce sens, il n’y a pas lieu « d’ethniciser » la nature humaine dans sa dimension rationnelle. Il s’ensuit qu’elle implique la fonction critique que Socrate a mis en œuvre au point d’en mourir même si, comme vous le notez avec justesse, lui aussi, ne sous-estime pas les devoirs que l’homme a à l’égard de la cité. On dirait aujourd’hui: travailler à la réformer mais en aucun cas la déstabiliser au risque du retour à ce que les Modernes appellent l’état de nature.
    Bien à vous.

  90. parfait ayissi dit :

    Bonjour et merci de votre analyse sur la naturalité de la politique chez Aristote. De tout de même des questions. Peut-on dire que cette conception de la naturalité lui vient de son maître Platon dans le sens où Platon ne conçoit pas une dichotomie entre ontologie, politique, psychologie et voit en la politique une technique ayant pour objet l’âme?
    Merci

  91. BESSANG JEAN BOSCO dit :

    Je suis un intellectuel, une chercheur, initiée à la philosophie à travers la pensée … J’ai appris, et j’accepte, que nous sommes appelés par d’autres et par … à ne pas produire une nouvelle injustice, ou encore comment parler de façon à … Ma position actuelle n’est pas entendue par ces détracteurs, … quel conseille me donniez vous professeur ?

  92. Simone MANON dit :

    Réponse à Parfait Ayissi.
    Oui, Platon est l’héritier de Platon sur de nombreux points même s’il instruit un procès de certaines thèses platoniciennes.
    Concernant la question de la nature politique de l’être humain, les deux philosophes sont surtout des Grecs c’est-à-dire des penseurs de la polis, totalité indistinctement éthique et politique.
    Bien à vous.

  93. Simone MANON dit :

    Réponse à Bessang Jean Bosco.
    Un professeur ne peut donner qu’un conseil. Clarifier sa pensée et être profondément convaincu que ce qui est justifié rationnellement peut être compris et accepté de tout être porteur de raison.
    Les illuminations ou les révélations n’ont guère leur place en philosophie. Celle-ci se fonde sur l’idée que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » et qu’on en manque lorsqu’on ne peut faire entendre ses idées.
    Bien à vous.

  94. Saint-Marc Pierre-François dit :

    Madame, je ne peux vous dire le plaisir que j’ai à lire vos articles de l’autre côté de l’océan. Merci mille fois donc, je vous supplie de continuer ce merveilleux travail qui m’apporte bien plus que je ne saurais l’exprimer.

  95. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message.
    Bien à vous.

  96. Gepi dit :

    Conjugaison : Partie III
    « Comme les hommes, les animaux ont une expérience sensible et la manifeste ».
    3ème pers. plur. Indic. Présent.

  97. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Merci de me permettre d’améliorer la qualité de mon site mais il me semble qu’on peut le faire avec plus de courtoisie.
    Bien à vous.

  98. Odal GOLD dit :

    L’homme est par nature un animal – tout simplement – même Aristote / pour dire.

    « Le Lai d’Aristote » (le lai est un petit poème narratif) est une scène épique qui renvoie à une légende.

    Aristote, philosophe, logicien et scientifique grec né en 384 av. J.-C., reprochait à son élève Alexandre le Grand de délaisser ses obligations de monarque pour l’amour d’une courtisane du nom de Phyllis.

    Agacée, celle-ci décide de se venger en séduisant le vieil homme. Elle se promet à lui dans la mesure où Aristote se laisserait chevaucher par elle.

    Aristote cède.

    « Forte de son succès, Phyllis court alors prévenir Alexandre le Grand, son complice, en chantant un lai d’amour. Ce dernier ne manquera pas de se moquer de son maître…

    >>> http://odalgold.blog4ever.com/la-courtisane-phyllis-dominant-aristote

  99. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Le rappel de ce Lai est intéressant à condition de bien préciser l’origine historique (XIIIème siècle), l’auteur (Henri d’Andeli) et les enjeux philosophiques. Cf. http://www.accordphilo.com/article-1954464.html
    Bien à vous.

  100. RIGOU-CHEMIN BENEDICTE dit :

    Madame, j’avais une autre traduction recopiée dans un livre, de l’extrait que vous avez inscrit en préambule de votre présentation. Pourriez-vous me dire dans quelle partie du Politique d’Aristote je peux le trouver.
    merci à vous.

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