Flux pour
Articles
Commentaires

ruine de de la chapelle de Champlieu. picasaweb.google.com

 

   La religion est le culte rendu à la divinité.

  Elle repose sur un corps de doctrines, objet de foi qu’on appelle des dogmes. Ce sont des contenus spirituels auxquels le croyant adhère sans les remettre en question car en eux le divin s’est révélé ; que cette révélation soit de tradition collective, d’autorité scripturaire ou d’intuition personnelle. Chaque religion a donc son orthodoxie.

  Chacune a aussi sa liturgie. Elle définit un certain nombre de cérémonies, de rites et de manières de se conduire. (Orthopraxie).

  Comme telle, elle est une institution sociale.

  Cf. Durkheim : « Une religion est un système solidaire de croyances (dogmes) et de pratiques (rites) relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent ».

PB :

  • A quoi renvoie la distinction de la religion naturelle et des religions positives?
  • La religion et la science sont-elles incompatibles?
  • La foi religieuse est-elle sans raison?.
  • Qu’est-ce que le sentiment religieux?
  • Le sentiment religieux implique-t-il  la croyance au divin?
  • Qu’est-ce qui fonde l’importance de la religion dans la vie des hommes?
  • Pourquoi  la philosophie instruit-elle souvent le procès de la religion? 

 

Autour de ce Sujet :

  1. Quel est le rôle de la religion? Freud.
  2. La science est-elle incompatible avec la religion?
  3. Présentation du chapitre VIII: La technique.
  4. Présentation du chapitre XVI: la vérité.
  5. Présentation du chapitre III. Autrui.

25 Réponses à “Présentation du chapitre X : la religion.”

  1. gregory dit :

    Je ne souhaite pas directement vous interroger sur la religion mais puisqu’il va être question de croyance dans ma question et qu’il me semble que vous n’avez pas mis en ligne le cour sur le sujet qui m’intéresse je profite de cette présentation sur la religion pour vous poser ma question.
    N’ayant pas abandonné mon Master d’histoire et archéologie (spécialisé en égyptologie) mais étant en plein marasme, je me suis tourné vers Descarte (Discours de la Méthode) et mon cours de terminal sur la croyance et la vérité. Il m’apparait aujourd’hui clairement que je suis en pleine crise de scepticisme, je ne vois pour en sortir qu’une solution me confronter à ceux qui défendent le scepticisme pour voir si je trouve en moi quelques une de leur motivation ou de leur objectifs (ont-ils seulement pris la peine d’écrire les raisons pour lesquelles ils ont cessés de chercher la vérité, ce qui serai peut être un non-sens), j’aurai aussi besoin de savoir s’il existe quelques philosophes qui pensent qu’il ne faille pas passer par une « croyance en  » pour atteindre la vérité. Je me sens vraiment perdu et avant de laisser mourrir la flamme qui est en moi j’aimerai utiliser le peu de raison qu’il me reste pour ne pas la perdre complètement. Merci d’avance

  2. Simone MANON dit :

    Il me semble que la foi, la philosophie, la science sont, dans ce qu’elles ont de meilleur, du doute surmonté. Comment ne pas faire l’expérience du doute lorsqu’on n’est pas un esprit somnolent?
    Mais « on ne sort du doute que par un acte de foi » (Lagneau). Pour le philosophe non sceptique, foi en l’esprit, qui bien qu’étant impuissant à assurer totalement sa démarche, s’efforce de distinguer le vrai du faux et accomplit, au moins pour son honneur de sujet pensant, l’oeuvre des lumières. S’affranchir des tutelles, se méfier de la puissance aveuglante des affects et des intérêts, s’interdire une résolution un peu trop commode des antinomies, bref rendre un culte à la lucidité.
    Je crois que cet effort est héroïque même s’il y a peu de personnes sur la scène sociale pour comprendre cet héroïsme. L’éthique de la pensée a à voir avec le sens de la dignité humaine mais comme vous pouvez l’observer souvent les hommes se préoccupent davantage de revendiquer le respect de leur dignité que de s’efforcer d’être dignes.
    Je mettrai bientôt en ligne un cours sur la vérité et quelques précisions sur le scepticisme. Il ne vous comblera pas car je ne fais qu’examiner les critères du vrai en montrant qu’aucun n’est parfait.
    Néanmoins je souhaite vous mettre en garde contre une conception erronée du scepticisme. Ne croyez pas que le vrai sceptique soit un homme ayant renoncé à chercher la vérité. C’est au contraire parce qu’il la recherche avec un amour presque intégriste qu’il se condamne à la voir reculer à mesure qu’il avance dans sa quête.

  3. panier dit :

    Bonjour, je parcours votre site, je lis, je découvre, il me donne à réfléchir et en même temps j’ai l’esprit « brouiller » de ne plus savoir par où commencer?
    « La religion apaise t-elle l’esprit? » voilà ce que je suis venue « éclaircir » sur votre site, mais par où doit-on commencer pour essayer de répondre à cette question!?
    Merci de m’accompagner sur cette réflexion …
    bonne soirée

  4. Simone MANON dit :

    Il faut commencer par l’analyse des notions. En particulier celle d’apaiser. De bien voir qu’il s’agit d’apaiser l’esprit. Que faut-il entendre par là? La dimension intellectuelle ou la dimension affective de la personne? A partir de là il faut réfléchir par vous-même.
    Bon courage.

  5. panier dit :

    Merci de m’avoir fait part de votre réflexion.
    Mon raisonnement sur cette question est accès sur la dimension affective, je ne vois pas comment la religion pourrait apaiser la dimension intellectuelle de la personne, je ne lui accorde pas ce rôle.
    Je suis d’accord qu’elle apaise l »affect, ce que je retrouve dans le texte de Freud,mais l’intellect j’ai du mal à trouver les idées sur cette partie….?? Auriez-vous un conseil?
    Merci

  6. Simone MANON dit :

    Il faut vous demander ce que peut bien signifier « apaiser » pour un intellect. Dans le cours: « foi et savoir » vous pouvez trouver matière à étayer cette dimension de la problématique. Mais c’est à vous d’affronter la question en vous la posant vraiment.

  7. Hélène L. dit :

    En tant que vieille routarde de la philosophie je serais tentée de répondre ceci à notre étudiant et à ceux qui passant par là se reconnaitraient à travers lui.

    La philosophie qu’on vous apprend à l’école est une base de concepts, qui si vous en avez le sens vous aideront à progresser durant votre existence vers des sphéres de conscience sans cesse repoussée par l’homme. On ne peut plus faire d’astro physique ni de biologie ni aucune science sans avoir derrière le support philosophique requis. L’envergure intellectuelle passe par la gymnastique philosophique réguliére et celà peut donner quelques crampes et vertiges.

    Dans votre vie qui vous attend après les études et tout celà, vous rencontrerez peut être d’autres philosophies telles que bouddhiste ou occulte, qui empruntent à ce que vous aurez appris mais qui améneront une autre vision de la conscience sur ces thémes.

    De plus l’expérience mettra vos dogmes à l’épreuve en bien des occasions. Car si la sagesse et sa quête vous animent ce n’est pas le cas de la majorité du vulgaire et des shémes de vie moderne.

    Inevitablement le doute sera de la partie en maintes occasions.

    Le doute est une crampe de l’intellect. Il indique le plus souvent un nouveau concept qui émerge dans l’esprit, voir l’aube d’une nouvelle prise de conscience, il faut que ce concept prenne sa place et s’articule avec les autres dans les rouages de la conscience. Cette progression est parfois délicate car le doute peut conduire à la folie, comme le vouloir savoir à tout prix ce qui ne peut être su.

    Dans l’antique initiation on prévenait le discipline des dangers qui égarent la conscience. Il est recommandé quand la conscience se brouille de la sorte de la mettre au repos quelques temps avec des activités frivoles. Le concept prends ainsi le temps de se placer et quand l’intellect y revient c’est de suite avec une vision plus clair.

    Apprendre à se connaitre passe par apprendre à connaitre les régles subtiles de l’équilibre de la conscience. Et la vision est plus clair et la conscience plus paisible quand philosophie science et religion sont en adéquation.

  8. jean-pierre castel dit :

    Bonjour,

    La définition proposée en introduction de ce chapitre n’est-elle pas très marquée par notre vision occidentale, imprégnée de tradition judéo-chrétienne (sur la difficulté à définir le concept de religion, cf. Symbolique et Sacré, de Camille Tarot; sur sa genèse, cf. Quand le christianisme a changé le monde, de Maurice Sachot, qui montre comment le premier concept de religion a été dégagé par les Romains, puis transformé, subverti par les chrétiens, qui, avec Tertullien et Lactance, ont fait basculer son étymologie de religere –observer avec scrupule- à religare -relier)?

    Je préfère la définition proposée par René Girard, pour qui la religion est d’abord affaire de rituels, le premier d’entre eux étant le sacrifice, dont la fonction est de tenir à distance la violence (cf. la théorie du bouc émissaire dans La violence et le sacré, de René Girard).

    Dans la suite de René Girard, Jean-Pierre Dupuy a pu dire (dans La marque du sacré) que la religion « contient » la violence, au double sens du mot contenir : le sacrifice, acte violent, est contenu dans la religion dont il est même l’élément fondateur, mais son but est de prévenir, de contenir au deuxième sens de ce mot, d’autres formes de violence.

    Le monothéisme, en inventant une nouvelle catégorie de vérité, la vérité révélée, unique, universelle, irréfutable, a introduit une nouvelle forme de violence, la violence dite couramment religieuse, en fait une violence spécifiquement monothéiste. Les civilisations non-monothéistes ne connaissaient en effet pas ce type de violence : ils ne détruisaient pas les dieux de leurs ennemis (ils préféraient également faire de leurs prisonniers des esclaves plutôt que de les passer par l’anathème  l’anathème était l’extermination, prescrite par l’Ancien Testament, de toute forme de vie attachée aux personnes considérées comme « idolâtres »: hommes, femmes, enfants, et même bétail). Les trois religions monothéistes se refusent à reconnaître cette violence dont elles sont porteuses, de peur de remettre en cause leur dogme fondateur, la vérité révélée.

    Je développe dans mon livre Le déni de la violence monothéiste (L’Harmattan) l’idée que cette reconnaissance, la levée de ce déni, constitue pourtant un préalable, une première étape sur le chemin de la tolérance.
    Vous pouvez vous en faire une idée: http://books.google.fr/books?id=p_2zOjEAaW0C&printsec=frontcover&dq=le+d%C3%A9ni+de+la+violence+monoth%C3%A9iste&source=bl&ots=5y_p8-qJPz&sig=OXVtnTGbR09VBfFEwf0Efpzl4oc&hl=fr&ei=HyHuTNuePMG6hAfN2qSoDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CDMQ6AEwBA#v=onepage&q=le%20d%C3%A9ni%20de%20la%20violence%20monoth%C3%A9iste&f=false

  9. Simone MANON dit :

    Merci de nous donner une suggestion de lecture.
    Pour ce qui est de la définition de la notion de religion, vous avez raison, elle ne va pas de soi. Angelo Grelich insiste sur la difficulté de ce concept dans ses prolégomènes à une histoire des religions dans l’Histoire des religions, bibliothèque de la Pléiade. Il écrit, en guise d’avertissement: « Le concept de « religion» s’est formé (et l’on peut dire qu’il continue de se former) tout au long de l’histoire de la civilisation occidentale. Il et important de rappeler qu’aucune langue des peuples primitifs, aucune des civilisations supérieures archaïques, ni même le grec et le latin plus proches de nous, ne possèdent un terme correspondant à ce concept qui s’est historiquement défini à une époque et dans un milieu particuliers. (On remarquera que le mot « religion» dérive directement du latin religio — et combien de définitions de la religion ont-elles pris, comme point de départ, l’une ou l’autre des étymologies présumées du mot latin, relegere ou religare! Mais le mot latin n’avait pas l’acception moderne de « religion »; il n’indiquait qu’un ensemble d’observances, de mises en garde, de règles, d’interdictions, sans se référer, par exemple, ni à l’adoration de la divinité, ni aux traditions mythiques, ni aux célébrations des fêtes, ni à tant d’autres manifestations considérées de nos jours comme religieuses). Vouloir définir la « religion », c’est vouloir donner une signification bien précise à un terme forgé par nous-mêmes et que nous employons normalement dans les sens les plus vagues et les plus incertains. Il s’agit donc de trouver une définition fonctionnelle, de déterminer un concept qui puisse servir à des fins scientifiques, et non pas de formuler une définition basée sur les caractères immuables distinguant une chose d’une autre (c’est ainsi, par exemple, qu’on définit le bronze comme un alliage comprenant un pourcentage donné de cuivre et d’étain, et cette définition est valable indépendamment de toute époque historique et de toute situation culturelle). Il ne faut pas oublier qu’il y a à peine plus d’un siècle, on affirmait encore de certains peuples primitifs qu’ils étaient « ignorants de tout ce qui ressemble à une religion», tout en décrivant leurs rites, leurs croyances en des êtres imaginaires, etc.; et cela parce que l’on donnait encore au mot « religion» un sens qui dépendait trop étroitement de l’expérience religieuse chrétienne, alors que nous utilisons aujourd’hui le même terme dans une acception considérablement élargie »
    Bien à vous.

  10. Swan dit :

    Bonjour,
    Un petit commentaire sur l’ensemble sur site. Il est formidable! Un grand bravo pour votre dévouement ainsi que pour votre patience car il est vraiment très complet et je ne doute pas que sa réalisation n’a pas été une mince affaire. Si on ajoute a cela les commentaires complètement déplacés et ridicules qu’envoient certains … On remarque vraiment que vous avez fait de la philosophie une « passion ».
    Dans tous les cas, pour ma part je suis en terminale L, et ce site me permet d’appronfondir ma culture philosophique et mes cours losqu’un passage m’échappe. Donc un grand merci et une bonne continuation.
    Zia.

  11. Simone MANON dit :

    Merci pour votre enthousiasme et bonne poursuite d’études.

  12. jean-pierre castel dit :

    Bonjour,
    Je me permets de revenir sur la question que je posais ci-dessus : « la nouvelle catégorie de vérité apparue avec le monothéisme, à savoir la vérité révélée, d’origine divine, universelle, irréfutable, a-t-elle engendré une violence spécifique et a verrouillé l’accès à la tolérance ».

    Cette notion de la vérité révélée comme une nouvelle catégorie de vérité a été proposée par Jan Assmann dans le Prix du monothéisme, où il l’oppose à d’autres catégories de vérité : les vérités d’expérience, les vérités historiques, les vérités logiques. Je l’ai reprise dans l’essai dont je parle ci-dessus. Je serais heureux de savoir si d’autres auteurs ont développée ce concept de catégories de vérité, dans un sens comparable.

    Merci

  13. Simone MANON dit :

    Toutes les grandes philosophies impliquent une élucidation du concept de vérité.
    Pour ce qui est du lien : vérité/violence; vérité/tolérance, seuls des positions de pouvoir ou des militantismes révolutionnaires peuvent le vérifier. Ce n’est jamais le propre d’une catégorie qui, en soi est innocente; ne serait-ce que parce qu’il est possible de la décliner de manière très différente, voire antithétique.
    Bien à vous

  14. jean-pierre castel dit :

    Bonjour,
    Je me permets d’insister sur la question de la vérité révélée, je pense qu’ il ne s’agit en l’occurrence pas tant d’élucider le concept de vérité que d’inventer une nouvelle modalité de vérité, qu’il n’est guère possible de décliner ce concept de différentes manières, et qu’il n’est pas en soi innocent. Si je peux me permettre de reformuler ma question:
    - La notion de vérité révélée, unique, universelle, peut-elle se trouver ailleurs que dans le monothéisme ?
    - Son irréfutabilité n’est-elle pas de même nature que le critère de réfutabilité de Karl Popper ?
    - Son exclusivisme ne s’est-il pas concrétisé dans l’anathème hébraïque et dans le prosélytisme chrétien et musulman, censé sauver les âmes de ceux qui sont dans l’erreur?
    - Certes le monothéisme se décline sous un grand nombre de religions, mais le tronc commun à toutes n’est-il pas cette notion de vérité révélée?
    - Les peuples non monothéistes détruisaient-ils systématiquement les objets de culte des peuples dont ils faisaient la conquête ?
    - Existe-t-il des guerres de religion, c’est-à-dire des guerres où le prétexte affiché est la religion, quand l’un des protagonistes au moins n’est pas monothéiste ?
    - Les idéologies totalitaires du XXème siècle ne sont-elles pas filles de la prétention à détenir la vérité et à assurer le salut de l’humanité ?

    Pardonnez-moi le ton de ces questions, que vous trouverez sans doute polémique. J’ai essayé de les poser de la façon la plus objective possible .Mon but en les posant est au contraire de tester la consistance de ce qui constitue pour moi des hypothèses que je trouve certes vraisemblables, mais que j’aimerais tester.

    Merci d’avance.
    Meilleurs sentiments.

  15. Simone MANON dit :

    Je suis désolée, je n’ai pas le temps de répondre à vos questions qui demanderaient toutes des développements substantiels.
    Je vous conseille la lecture de Paul Valadier (vous connaissez, je n’en doute pas, ses analyses mais il est peut-être bon de les relire)dont l’érudition et l’intelligence nous prémunissent salutairement contre les académismes réducteurs. Cf. entre autres: http://www.cairn.info/revue-etudes-2003-6-page-755.htm
    « L’honnêteté intellectuelle voudrait aussi, non seulement qu’on ne joue pas à exalter de manière archaïque un polythéisme tolérant et pacifique (discours académique qui, à vrai dire, n’a guère de portée pratique), mais surtout qu’on prenne conscience des formes diverses du monothéisme. D’un côté, à l’inverse du polythéisme, le monothéisme met devant un Dieu qui se révèle et à qui l’on peut parler — à ce titre, ce Dieu noue une relation avec l’homme qui arrache aux envoûtements des divinités naturelles ou politiques ; il est donc porteur d’une liberté qu’ignore très généralement la référence à des puissances obscures ou à un sacré ensorcelant. De l’autre, et surtout, la tradition abrahamique monothéiste n’est pas une, car elle a fructifié dans des types de monothéisme impossibles à confondre. Ces monothéismes, entre autres, n’ont ni la même conception de la Loi révélée, ni la même idée de la fonction sociale et politique de cette Loi. Quel rapport cette Loi entretient-elle avec Dieu même ? Cette loi prétend-elle devenir la norme sociale une et dominante ? Appelle-t-elle une distinction de principe entre Cité de Dieu et cités des hommes, entre temporel et spirituel ? Donc, laisse-t-elle place à la consistance et à l’autonomie des lois humaines sans les absorber dans la loi divine ? Vise-t-elle la constitution d’une communauté unifiée sous cette Loi révélée comme exclusive des autres ? Et encore : quelle place fait-on à la liberté religieuse ou à la conscience de la personne ? Selon les réponses à ces questions, des figures sociales et politiques de la religion surgissent, qu’on doit se garder de confondre. Chacune d’entre elles, sans doute, est porteuse de violences virtuelles, mais on ne peut tout assimiler à une même volonté impérialiste dont serait coupable le monothéisme (que, paradoxalement, l’on ne doit pas conjuguer au singulier !). »

  16. zawa dit :

    Bonjour,
    Vous serait-il possible de me donner des éléments bibliographiques sur l’interprétation philosophique ou herméneutique des 3 religions monothéistes ? Je connais celle de Nietzsche, mais j’aurais aimé élargir l’horizon…
    Je vous remercie pour votre site et je vous remercie par avance pour votre réponse.
    Cordialement
    Zawa

  17. Simone MANON dit :

    L’interprétation de Hegel mérite le détour. Mais pour une bibliographie plus accessible, je vous conseille:
    Daniel Sibony, Les trois Monothéismes – Juifs, Chrétiens, Musulmans entre leurs sources et leurs destins – (1992, Seuil, Points-Essais, 1997)
    R. Arnaldez, Trois Voies pour un seul Dieu, Albin Michel, Paris, 1983
    Jan Assmann, Le Dieu unique, Flammarion, Paris, 1991
    S. Breton, Unicité et monothéisme, Cerf, Paris, 1981
    A. Caquot, « La Religion d’Israël des origines à la captivité de Babylone », in H.-C. Puech, Histoire des religions, t. I, Encyclopédie de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1970
    H. Corbin, Le Paradoxe du monothéisme, L’Herne, Paris, 1981
    J. Ellul, Islam et judéo-christianisme, Puf, 2004. La subversion du christianisme, La Table ronde, 1984. Anarchie et christianisme, La Table ronde, 1988.
    Bonne lecture

  18. zawa dit :

    Bonjour,
    je vous remercie pour ces informations.
    Lorsque vous donnez un cours de philosophie à des terminales, sont-ils receptifs à votre enseignement ? Adaptez-vous beaucoup les philosophies de telle sorte qu’elles soient compréhensibles pour un jeune public, ou bien leur livrez-vous les textes sans trop de détour, de façon à ce qu’ils soient libres d’en tirer tout ce qu’ils peuvent en tirer ?
    Je donne des cours de philosophie pour particuliers, et si je note que les adolescents entendent souvent assez bien Nietzsche, Sartre ou Freud, c’est beaucoup plus difficile pour Hegel, Aristote ou Kant…Je regrette que l’université ne nous ait que peut appris la pédagogie de la philosophie, deux termes non contradictoires pour moi. Bien sûr, nous avons tous des souvenirs d’excellents profs, et c’est par mimétisme que nous essayons de mettre nos cours sur pied!

    En vous remerciant,
    Cordialement
    Zawa

  19. Simone MANON dit :

    Bonjour Zawa
    Ce blog reflète bien ce que fut mon enseignement. Je viens de prendre ma retraite et je la vis avec autant de bonheur que j’ai eu du plaisir à enseigner.
    Sauf exception, j’ai eu la chance de m’adresser à des élèves réceptifs pour qui l’enseignement de la philosophie a été une heureuse expérience.
    Je ne crois pas qu’il y ait une autre pédagogie de la philosophie que celle qui consiste à maîtriser par une formation de haut niveau la pensée des auteurs. Lorsqu’on a une familiarité avec un auteur, la transmission de sa pensée, même dans ce qu’elle a de plus difficile, ne pose pas problème.
    Je n’ai pas mis en ligne mon commentaire de certaines parties de l’éthique à Nicomaque, mais j’ai passé des années à étudier avec bonheur, pour les élèves et pour moi, Aristote.
    J’ai accordé une grande place à Kant (ainsi qu’en témoigne ce blog), qui me semble beaucoup plus facile à enseigner que Nietzsche. Ce dernier en effet implique une grande connaissance de la tradition philosophique, connaissance que les élèves de terminales n’ont pas, d’où le caractère périlleux de mettre la charrue avant les boeufs.
    Attention au mimétisme. Ce qui fait un excellent professeur de philosophie, c’est avant tout d’être lui-même et de témoigner par sa personne d’une passion pour la réflexion philosophique et d’une connaissance précise et approfondie de ce qu’il enseigne.

    Cordialement.

  20. zawa dit :

    Madame,
    en effet, il est certain qu’une grande connaissance de la tradition philosophique est l’a priori necessaire à un bon enseignement…et à un bon professeur bien sûr! Je vais tâcher d’approfondir encore et toujours cette connaissance, enfin de donner les meilleurs cours particuliers possibles…en attendant d’avoir enfin le CAPES ou l’agregation (car « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles »!)
    cordialement,
    Zawa

  21. Simone MANON dit :

    Tous mes voeux Zawa pour la réussite de vos projets.
    Bien à vous.

  22. Arnaud dit :

    bonjour,
    j’aimerai avoir votre avis sur le sujet « qui sauve une vie, sauve l’univers tout entier  » j’ai trouvé lors de mes recherches qu’il s’agissait d’un extrait d’un texte sacré de la religion juive. Doit on aborder le sujet sous un angle religieux ou plutôt sur la place du héros ?
    En vous remerciant
    Cordialement
    Arnaud

  23. Simone MANON dit :

    Bonjour
    A défaut de connaître le contexte dans lequel vous êtes invité à méditer cet énoncé, je ne peux guère vous éclairer.
    Si l’intention est de vous initier à la sagesse talmudique, il va de soi que vous avez à restituer les sens que les commentaires talmudiques ont dégagés.
    Si vous avez à procéder à une réflexion philosophique, votre travail consiste surtout à interroger le sens de cet énoncé, ses apories, sa pertinence.
    Ex: Que faut-il entendre par salut? Salut matériel ou spirituel?
    De quelle vie parle-t-on? Celle de la plante, de l’animal, de l’homme? de l’être menacé économiquement, socialement, politiquement, médicalement? etc.
    Est-il sensé de dire que le destin d’une seule vie engage celui de l’univers entier?
    Le propre de n’importe quelle vie n’est-il pas de se déployer au détriment d’autres vies? etc.
    Voilà quelques uns des problèmes que vous devez rencontrer.
    Bien à vous

  24. Pedro dit :

    Bonjour madame,
    je suis élève terminal S et il y a quelques jours j’ai recu de la part de mon professeur de philosophie une problematique traitant sur le sujet de la religion , cette problématique est celle-ci  » les religions ne sont-elles que des réactions aux malheurs de l’existence? »
    N’ayant pas commencé le chapitre de la religion et n’ayant aucunes notions sur ce sujet il m’est en ce moment assez compliqué de dégager certains axes qui pourraient m’aider à traiter cette problematique . Pourriez-vous m’orienter à la compréhension la plus partielle soit elle de ce sujet .
    cordialement

  25. Simone MANON dit :

    Bonjour Pédro
    J’attire d’abord votre attention sur une confusion patente dans votre propos: votre professeur a énoncé une question. Une question n’est pas une problématique. Celle-ci est un ensemble de problèmes articulés avec rigueur et précisant ce qui est en jeu dans une question.
    C’est à vous d’expliciter la problématique. Là est le principal enjeu de l’exercice qu’on appelle la dissertation.
    Pour le reste, je n’interviens pas dans le travail des élèves.
    Vous avez sur ce blog tout ce qu’il faut pour comprendre de quoi il retourne.
    Voyez les articles: quel est le rôle de la religion? La science est-elle incompatible avec la religion? ennui et superstition par exemple.
    Bon travail.

Laisser un commentaire

Switch to our mobile site