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" Telle qu'elle nous est imposée, notre vie est trop lourde, elle nous inflige trop de peines, de déceptions, de tâches insolubles. Pour la supporter nous ne pouvons nous passer de sédatifs. (...) Ils sont peut-être de trois espèces : d'abord de fortes diversions, qui nous permettent de considérer notre misère comme peu de choses, puis des satisfactions substitutives qui l'amoindrissent ; enfin des stupéfiants qui nous y rendent insensibles. L'un ou l'autre de ces moyens nous est indispensable. C'est aux diversions que songe Voltaire quand il formule dans Candide, en guise d'envoi, le conseil de cultiver son jardin ; et c'est encore une diversion que le travail scientifique.

 

       Les satisfactions substitutives, celles par exemple que nous offre l'art, sont des illusions au regard de la réalité ; mais elles n'en sont pas moins psychiquement efficaces, grâce au rôle assumé par l'imagination dans la vie de l'âme. Les stupéfiants, eux, influent sur notre organisme, en modifient le chimisme. Il n'est guère facile de déterminer le rôle qu'occupe la religion dans cette série. Il nous faut reprendre les choses de plus loin.

    La question du but de la vie humaine a été posée d'innombrables fois ; elle n'a encore jamais reçu de réponse satisfaisante. Peut-être n'en comporte-t-elle aucune. Maint de ces esprits « interrogeants » qui l'ont posé ont ajouté : s'il était avéré que la vie n'eût aucun but, elle perdrait à nos yeux toute valeur. Mais cette menace n'y change rien, il semble qu'on ait plutôt le droit d'écarter la question. Elle nous semble avoir pour origine cet orgueil humain dont nous connaissons déjà tant d'autres manifestations. On ne parle jamais du but de la vie des animaux, sinon pour les considérer comme destinés à servir l'homme. Mais ce point de vue lui aussi est insoutenable, car nombreux sont les animaux dont l'homme ne sait que faire - sauf les décrire, les classer et les étudier - et des multitudes d'espèces se sont d'ailleurs soustraites à cette utilisation par le fait qu'elles ont vécu et disparu avant même que l'homme ne les ait aperçues. Il n'est décidément que la religion pour savoir répondre à la question du but de la vie. On ne se trompera guère en concluant que l'idée d'assigner un but à la vie n'existe qu'en fonction du système religieux.

    Aussi nous faut-il remplacer la question précédente par cette autre, moins ambitieuse : quels sont les desseins et les objectifs vitaux trahis par la conduite des hommes, que demandent-ils à la vie, et à quoi tendent-ils ? On n'a guère de chance de se tromper en répondant : ils tendent au bonheur ; les hommes veulent être heureux et le rester. Cette aspiration a deux faces, un but négatif et un but positif : d'un côté éviter douleur et privation de joie, de l'autre rechercher de fortes jouissances. En un sens plus étroit, le terme « bonheur » signifie seulement que le second but a été atteint. En corrélation avec cette dualité de buts, l'activité des hommes peut prendre deux directions, selon qu'ils cherchent - de manière prépondérante ou de manière exclusive - à réaliser l'un ou l'autre.

   On le voit, c'est simplement le principe du plaisir qui détermine le but de la vie, qui gouverne dès l'origine les opérations de l'appareil psychique ; aucun doute ne peut subsister quant à son utilité, et pourtant l'univers entier - le macrocosme aussi bien que le microcosme - cherche querelle à son programme. Celui-ci est absolument irréalisable ; tout l'ordre de l'univers s'y oppose ; on serait tenté de dire qu'il n'est point entré dans le plan de la « Création » que l'homme soit « heureux ». Ce qu'on nomme bonheur, au sens le plus strict, résulte d'une satisfaction plutôt soudaine de besoins ayant atteint une haute tension, et n'est possible de par sa nature que sous forme de phénomène épisodique. Toute persistance d'une situation qu'a fait désirer le principe du plaisir n'engendre qu'un bien-être assez tiède ; nous sommes ainsi faits que le contraste est capable de nous dispenser une jouissance intense, alors que l'état lui-même ne nous en procure que très peu. Ainsi nos facultés de bonheur sont limitées par notre constitution. Or, il nous est beaucoup moins difficile de faire l'expérience du malheur. La souffrance nous menace de trois côtés : dans notre propre corps qui, destiné à la déchéance et à la dissolution, ne peut même se passer de ces signaux d'alarme que constituent la douleur et l'angoisse ; du côté du monde extérieur, lequel dispose de forces invincibles et inexorables pour s'acharner contre nous et nous anéantir ; la troisième menace enfin provient de nos rapports avec les autres êtres humains. La souffrance issue de cette source nous est plus dure peut-être que toute autre ; nous sommes enclins à la considérer comme un accessoire en quelque sorte superflu, bien qu'elle n'appartienne pas moins à notre sort et soit aussi inévitable que celles dont l'origine est autre.

    Ne nous étonnons point que sous la pression de ces possibilités de souffrance, l'homme s'applique d'ordinaire à réduire ses prétentions au bonheur (un peu comme le fit le principe du plaisir en se transformant sous la pression du monde extérieur en ce principe plus modeste qu'est celui de réalité), et s'il s'estime heureux déjà d'avoir échappé au malheur et surmonté la souffrance ; si d'une façon très générale la tâche d'éviter la souffrance relègue à l'arrière-plan celle d'obtenir la jouissance. La réflexion nous apprend que l'on peut chercher à résoudre ce problème par des voies très diverses ; toutes ont été recommandées par les différentes écoles où l'on enseignait la sagesse ; et toutes ont été suivies par les hommes. La satisfaction illimitée de tous les besoins se propose à nous avec insistance comme le mode de vie le plus séduisant, mais l'adopter serait faire passer le plaisir avant la prudence, et la punition suivrait de près cette tentative. Les autres méthodes ayant pour principal objectif d'éviter la souffrance se différencient selon les sources respectives de déplaisir sur lesquelles se fixe surtout l'attention. Il en est d'extrêmes et de modérées, les unes sont unilatérales, d'autres s'attaquent à plusieurs points à la fois. L'isolement volontaire, l'éloignement d'autrui, constitue la mesure de protection la plus immédiate contre la souffrance née des contacts humains. Il est clair que le bonheur acquis grâce à cette mesure est celui du repos. Lorsqu'on redoute le monde extérieur, on ne peut s'en défendre que par l'éloignement sous une forme quelconque - du moins si l'on veut résoudre la difficulté. Il existe à la vérité un procédé différent et meilleur ; après s'être reconnu membre de la communauté humaine et armé de la technique forgée par la science, on passe à l'attaque de la nature qu'on soumet alors à sa volonté : on travaille avec tous au bonheur de tous. Mais les plus intéressantes mesures de protection contre la souffrance sont encore celles qui visent à influencer notre propre organisme. En fin de compte, toute souffrance n'est que sensation, n'existe qu'autant que nous l'éprouvons ; et nous ne l'éprouvons qu'en vertu de certaines dispositions de notre corps.

   La plus brutale mais aussi la plus efficace des méthodes destinées à exercer pareille influence corporelle est la méthode chimique, l'intoxication. Je crois que personne n'en pénètre le mécanisme, mais c'est un fait que, par leur présence dans le sang et les tissus, certaines substances étrangères au corps nous procurent des sensations agréables immédiates ; et qu'elles modifient aussi les conditions de notre sensibilité au point de nous rendre inaptes à toute sensation désagréable (...)L'action des stupéfiants est à ce point appréciée, et reconnue comme un tel bienfait dans la lutte pour assurer le bonheur ou éloigner la misère, que des individus et même des peuples entiers leur ont réservé une place permanente dans l'économie de leur libido. On ne leur doit pas seulement une jouissance immédiate mais aussi un degré d'indépendance ardemment souhaité à l'égard du monde extérieur. On sait bien qu'à l'aide du « briseur de soucis », l'on peut à chaque instant se soustraire au fardeau de la réalité et se réfugier dans un monde à soi qui réserve de meilleures conditions à la sensibilité. Mais on sait aussi que cette propriété des stupéfiants en constitue précisément le danger et la nocivité. Dans certaines circonstances ils sont responsables du gaspillage de grandes sommes d'énergie qui pourraient s'employer à l'amélioration du sort des humains ".

 

            FREUD : Malaise dans la civilisation. (1929).(Traduction :Ch. et J. Odier)

 

 

 

Idées générales :

 

 

   Le principe du plaisir détermine le but de la vie mais, par notre constitution même, nous ne sommes pas faits pour être heureux.

   L'expérience à laquelle renvoie la notion de bonheur résulte d'un effet de contraste entre un état de tension douloureuse lié à l'excitation d'une pulsion ou d'un besoin et son apaisement. Par nature son intensité est tributaire de sa brièveté. Un bonheur durable est une contradiction dans les termes. Freud cite en note le propos, un peu « exagéré » reconnaît-il, de Goethe « Rien n'est plus difficile à supporter qu'une série de beaux jours ».

  Freud pointe « les trois sources d'où découle la souffrance humaine : la puissance écrasante de la nature, la caducité de notre propre corps, et l'insuffisance des mesures destinées à régler les rapports des hommes entre eux, que ce soit au sein de la famille, de l'Etat ou de la société ».

   Il énumère les divers moyens que les hommes mettent en œuvre pour résoudre le problème de la difficulté d'être. Il en distingue trois :

-« de fortes diversions ». Freud pense ici à toutes les activités par lesquelles les hommes se détournent de penser à leur misère et tire plaisir de leurs occupations. Il rejoint ici l'analyse pascalienne du divertissement.Cf. Cours. Le travail professionnel, le travail intellectuel appartiennent à cette catégorie.

- « des satisfactions substitutives ». Freud englobe sous cette dénomination les satisfactions que donnent l'art et la religion. Ce sont « des illusions au regard de la réalité ; mais elles n'en sont pas moins psychiquement efficaces ».

  - la toxicomanie.

    Un bonheur positif étant impossible, les sagesses ont exploré des moyens de conquérir un "bonheur assez tiède", "le bonheur de la quiétude" par la maîtrise des désirs. "Cette maîtrise, ce sont les instances psychiques supérieures, soumises au principe de réalité, qui l'exercent. Ceci ne signifie nullement qu'on ait renoncé à toute satisfaction, mais qu'on s'est garanti contre la souffrance en ceci que l'insatisfaction des instincts tenus en bride n'est plus ressentie aussi douloureusement que celle des instincts non inhibés. En revanche, il s'ensuit une diminuation indéniable des possibilités de jouissance. La joie de satisfaire, un instinct resté sauvage, non domestiqué par le Moi, est incomparablement plus intense que celle d'assouvir un instinct dompté. Le caractère irrésistible des impulsions perverses, et peut-être l'attrait du fruit défendu en général, trouvent là leur explication économique".

 

            Ainsi s'éclaire un thème déjà rencontré dans la réflexion sur "nature et civilisation".Cf. Cours. "Le barbare il faut bien l'avouer n'a pas de peine à bien se porter tandis que pour le civilisé c'est là une lourde tâche".

 

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20 Réponses à “"Il n'est point entré dans le plan de la "Création" que l'homme soit "heureux".Freud.”

  1. Rachid dit :

    Bonjour Madame,
    Avec ce texte on se retrouve avec des illusions en moins. Merci beaucoup.

  2. Simone MANON dit :

    Certes, mais il faut garder son esprit critique, Rachid.
    Par exemple je ne suis pas du tout convaincue que les satisfactions du délinquant soient plus intenses que celles des jeunes gens s’accomplissant dans leurs études, dans un art, dans un sport ou dans des relations humaines chaleureuses et respectueuses. Je suis frappée par la tristesse de leurs visages lorsqu’à l’occasion de faits divers tragiques, ils s’affichent sur nos écrans de télévision.
    Bien à vous.

  3. Rachid dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec vous. Si la délinquance devenait la référence dans la société, la vie serait un enfer. Une fois encore, merci.

  4. Damien dit :

    La délinquance c’est l’étape avant de trouver sa voie non. C’est une étape pour certains. La majorité je crois en tous cas.

  5. Simone MANON dit :

    Vous avez tort d’entretenir cette illusion.
    Heureusement que la délinquance n’est pas une étape pour la majorité des jeunes gens!
    Ce qui ne signifie pas qu’il soit impossible pour ceux qui qui ont été tentés par cette impasse de pouvoir en sortir.
    Bien à vous.

  6. Christine dit :

    Bonjour je pense que ce que Damien disait, c’est que la majorité des jeunes délinquants ne le sont pas en puissance, c’est un étape avant de trouver leur voie, un moyen de s’affirmer à un âge difficile. Mais ce n’est certes pas une solution. Au mieux on perd des années, au pire on finit mal. CDT

  7. Benjamin dit :

    Bonjour Madame.

    Depuis que je parcours votre somptueux blog, j’ai plaisir à constater que vous faites preuve toujours d’objectivité dans les commentaires.
    Cependant, lorsque vous dites que vous n’êtes pas  » convaincue que les statisfactions du délinquant soient plus intense que celles des jeunes gens s’accomplissant dans leurs études, dans un art … « . Vous laissez transparaitre, me semble-t-il, un soupson de subjectivité.
    Alors effectivement, ces satisfactions ne semblent pas plus intense, mais ne sont-elles pas égales ?

    En effet, la  » quête du Bonheur  » impose un désir et son accomplissement. Si pour accomplir ce désir, l’individu utilise pour moyen la délinquance. A l’instant  » t  » de la réalisation du désir, l’individu connaitra un plaisir égal à celui qui le réalise par un autre biais tel l’art, les études ou le sport.

    Cela dit, même si le plaisir ou la satisfaction immédiate est de même intensité. Celui ci n’est pas chronique. Il s’en suit une prise de conscience ( autonome ou guidée ) une fois l’effet estompé.
    Et c’est à ce moment que l’on pourra estimer que le délinquant aura le sentiment d’une satisfaction amère.

    Donc effectivement, j’en arrive à une conclusion similaire à la votre. A ceci près que la satisfaction devient moindre car le remords s’installe une fois le plaisir disparu. C’est alors la Morale qui officie en aval.

    J’ajouterais, juste par soucis de clareté, que je ne cautionne évidemment pas la délinquance.

    Enfin, un grand merci pour votre travail. Excellente continuation.
    Bien à vous,

    Benjamin.

  8. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Dans la mesure où nous ne disposons pas d’un hédonomètre pour conférer aux appréciations une dimension objective, permettez que je ne rebondisse pas sur votre message.
    Par ailleurs, vous supposez l’existence d’une  » Morale » dont j’ignore en quoi elle consiste et dont il ne va pas du tout de soi qu’elle ait un rôle dans le vécu de certains délinquants.
    Bien à vous.

  9. francis decobecq dit :

    bojour j espere que vous passez des bonnes vacances l occasion de se ressourcer et de reflechir ou de penser penser est ce reflechir a me questionner en lisant votre blog et essayant dapprendr e ce que la philosophie ou a cultiver merci

  10. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Merci pour vos vœux de bonnes vacances.
    Pour les reste, votre propos manque d’intelligibilité car l’expression est trop incorrecte.
    Bien à vous.

  11. decobecq francis dit :

    bonjour merci de toujours me repondre j aurai voulu connaitre votre avis si reflechir c est penser je peux m interroger a la manière de socraet ici c est s interroger soi meme merci

  12. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui, la réflexion est la méthode de la pensée philosophique puisque penser consiste à interroger le sens, la valeur et le fondement de nos jugements. Ce qui suppose un retour de la pensée sur elle-même afin de s’assurer la maîtrise de ses opérations.
    Je vais mettre en ligne un cours sur l’idée de philosophie telle qu’elle est mise en œuvre sur ce blog. Je vous invite à le méditer.
    Bien à vous.

  13. francis decobecq dit :

    super et merci de développer ma pensée.
    bonjour à vous

  14. emmanuel dit :

    Bonjour , votre blog me séduit de plus en plus, n’ayant cependant aucune « formation » pour y être sensible.
    Le tout début de votre commentaire , ici, de Freud, fait à mes yeux, et peut-être seulement à mes yeux, problème : « le principe du plaisir détermine le but de la vie. » Et il m’apparait que cela génère tout ce qui suit. Mais est-ce un dogme freudien ? Dans ce cas, je m’en méfie comme de la peste. Est-ce un dogme universel ? Dans ce cas je suis mécréant. Cette affirmation ne peut-elle souffrir aucune discussion ? Serait-ce une vérité révélée ? Cela ressemble fort à du « politiquement correct », ce qui par nature, m’irrite. Ou n’est-ce qu’une hypothèse ? Elle me laisserait froidement sceptique, qui ne vois dans le plaisir qu’un ingrédient, pour favoriser tout autre chose que lui-même. Favoriser quoi ? Mon hypothèse serait exclusivement l’efficacité , sans rien de plus et sans se limiter à celle de l’humanité, qui n’est qu’un grain de sable, dans « l’univers », dont on ne peut nier l’existence. Mais peut-être que « déterminer le but de la vie », ne serait en soi qu’un ingrédient ? Ou qu’un ingrédient déterminerait-il, par nature, ce qu’il pimente ?

  15. Simone MANON dit :

    Bonjour
    J’attire votre attention sur une règle intellectuelle élémentaire. On ne peut discuter qu’un système de pensée que l’on s’est donné la peine d’étudier.
    Je vous renvoie donc à ce cours pour une initiation minimale à la théorie freudienne qui n’a rien à voir avec du « politiquement correct ».
    http://www.philolog.fr/freud-ou-lhypothese-dun-inconscient-psychique/
    Par ailleurs il y a sur ce blog tout un chapitre (XXV) sur la question du plaisir. Vous pouvez consulter quelques articles pour vous apercevoir qu’elle ne se liquide pas en quelques énoncés d’opinion.
    Bien à vous.

  16. emmanuel dit :

    Merci Madame Manon, pour votre petite semonce, que je méritais certainement. J’en retiens que la théorie freudienne mérite d’être étudiée, comme système de pensée. J’avoue que c’est une très grande surprise, pour moi, qui l’ai rangée comme voie de garage sans aucun doute passionante , comme toute mythologie

  17. Pape Yeku dit :

    A-t-on vraiment le droit d’écarter la question du sens de la vie pour privilégier le bonheur ? La réponse de Freud me parait intolérable parce qu’elle demande à l’Homme d’éluder l’impasse dans laquelle il se trouve pour la remplacer par une foi dans le bonheur. Au fond sa solution n’est pas plus honnête que celle de Pascal ! Enfin bon, j’ai vraiment la sensation de toucher aux limites de la connaissance humaine sur un problème trop important pour être résolu de cette façon…

  18. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je ne vois pas ce qui fonderait une obligation d’assigner un sens à la vie. Freud est un savant qui étudie les faits et il est juste d’observer que la tendance naturelle des hommes est de chercher le bonheur. Il est non moins vérifiable de dire que les hommes ont de la peine à être heureux.
    Rien ne vous autorise à conclure à une malhonnêteté de Freud, pas plus d’ailleurs à celle de Pascal, excepté des préjugés.
    Bien à vous.

  19. Pape Yeku dit :

    Une existence sans raison d’être est une absurdité, d’où la question : est ce que la recherche du bonheur n’est pas un sens aussi illusoire que l’est Dieu ? Bien sûr je parle en athée convaincu, pardonnez ma partialité, mais j’ai l’impression que tout les deux ne consistent qu’en un moyen de vivre malgré le problème et non en une solution. Tout bien considéré, imaginer Sisyphe heureux ne nous dit pas s’il doit continuer à porter sa pierre ou non, mais qu’il en a la possibilité. Après je me suis effectivement un peu emballé, Freud ne propose absolument pas d’abandonner la problématique en question, il dit seulement que nous ne pouvons pas faire autrement… C’est en ça que je doute que la recherche du bonheur relève d’autre chose que d’une croyance, non pas malhonnête, mais en tout cas loin d’être satisfaisante pour l’ambition d’un être conscient de lui même.

  20. Simone MANON dit :

    Bonsoir
     » Avec le bonheur nous avons tout ce qu’il nous faut » enseigne Epicure.
    Le bonheur est ce qui s’éprouve. En ce sens, il n’est ni une croyance, ni une illusion. Et l’absurdité de l’existence n’est pas ce qui interdit d’être heureux. Pour les Anciens la philosophie n’est rien d’autre que la méthode de la vie bonne et heureuse.
    Le penseur de l’absurde, Camus, sait aussi célébrer le bonheur.
    Bien à vous.

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