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Voltaire par Quentin de la Tour. www.ac-strasbourg.fr 

 

   La notion de vertu connote celle de force et de qualité morale. Pour les Grecs, l'homme vertueux est l'homme qui accomplit son humanité dans son excellence. Le vice au contraire renvoie à l'idée de faiblesse, de défaut moral. La question est de savoir ce qu'il en est de la tolérance sous le rapport de la force ou de la faiblesse morale. On entend par tolérance une attitude consistant à accepter des croyances, des conduites que l'on n'approuve pas. Dans l'idée de tolérance il y a à la fois l'idée d'une acceptation et celle d'une réprobation. D'où les problèmes :

  Si ce qui est réprouvé l'est en raison, la vertu humaine ne consiste-t-elle pas à le dénoncer et à le combattre ? Il nous semble que la vocation de l'homme est de lutter contre l'erreur et le mal moral, non de s'en accommoder. Inversement, si ce qui est réprouvé a sa légitimité, il n'y a pas à le tolérer mais à le respecter. Qu'est-ce donc qui peut conduire les hommes à s'accommoder de l'inacceptable ou bien à avoir une attitude condescendante là où le respect serait de rigueur ? Ne faut-il pas admettre que ce sont des principes peu honorables rejetant la tolérance du côté du vice ?

  (Méthode : Ces questions annoncent la thèse : La tolérance participe davantage du vice que de la vertu.)

  Pour autant (Méthode: Ce connecteur logique annonce le renversement dialectique et donc l'antithèse : la tolérance participe de la vertu) l'horreur de l'intolérance, les drames du fanatisme, dévoilent la face glorieuse de la tolérance. L'expérience montre en effet que si le fanatisme met le monde à feu et à sang, les sociétés fondées sur l'institutionnalisation des principes de la tolérance sont des havres de paix et de civilisation. Quels sont donc ces principes et pourquoi la tolérance en ce sens, témoigne-t-elle de la force de l'esprit non de sa faiblesse ?

  Reste que (Méthode : Cette expression annonce ici le dépassement de l'apparente contradiction) lorsque la tolérance se fonde sur des principes positifs, sommes-nous autorisés à parler de tolérance ? Le mot respect n'est-il pas le mot approprié ? Au fond il se peut que la tolérance soit reçue comme une vertu lorsqu'elle est autre chose que ce que le mot désigne, autrement dit à la faveur d'une confusion ne résistant pas au travail de la réflexion. Car lorsque le mot est approprié, la tolérance semble moins témoigner de la force de l'esprit que de son consentement à sa propre faiblesse. Alors ? La tolérance peut-elle jamais être une grande vertu ?

 

 

 

 

I)                   La tolérance est un vice.

 

   A) Tolérance : masque de l'intolérance.

 

  Seuls sont en situation de tolérer ceux qui sont en situation d'interdire. Les majorités tolèrent les minorités, pas l'inverse. Elles s'abstiennent de sanctionner des opinions ou des conduites qu'elles condamnent pourtant.

  PB : S'il va de soi que ce blâme est parfois légitime, cette attitude fait problème lorsqu'elle vise une manière de penser ou d'agir dont le seul tort est d'être différente.

Par exemple, y a-t-il sens à dire que les Edits de tolérance au XVI° siècle témoignent de la vertu des catholiques ? Non, car ceux-ci condescendent à admettre sur le territoire français le culte protestant, ils ne reconnaissent pas le droit des protestants à la liberté de croyance. Le tort de la tolérance est ici d'offrir comme un don gracieux de la charité ce qui est un dû, en vertu du principe de justice. Elle cache sous une façade de tolérance une intolérance foncière consistant à refuser à l'autre un droit égal à la liberté de penser et à la détermination autonome de sa conduite. Cf. Cours sur la tolérance

 

B) Tolérance : expression de l'impuissance.

 

  On tolère souvent ce que l'on n'a pas le pouvoir d'empêcher. Tolérance vient du latin tolero : endurer ; supporter ; souffrir patiemment.

  Ex : L'Etat tolère l'usage du haschich pourtant prohibé par la loi.

       Le citoyen des quartiers où sévit la délinquance tolère la dégradation des locaux ; le bruit la nuit ;

       les incivilités quotidiennes.

       La femme battue ; l'enfant martyr tolèrent les sévices aussi longtemps qu'ils n'ont pas le pouvoir

       qu'il en soit autrement.

  En ce sens Sade pouvait dire que « la tolérance est la vertu des faibles ». La faiblesse, l'impuissance ne sont pas des motifs de vertu.

 

C) Tolérance : expression de l'indulgence.

 

  On tolère souvent parce que l'on fait preuve d'une grande compréhension à l'égard des faiblesses et des vices des hommes. Il y a dans cette facilité à accepter les fautes des autres, sans doute beaucoup de commisération pour notre misérable condition mais aussi un brin de complaisance. Cette motivation est très ambiguë. Qualité des grandes âmes, souvent sévères avec elles-mêmes mais indulgentes aux autres ; elle peut aussi caractériser des êtres peu exigeants, enclins à flatter chez les autres les vices qu'ils s'autorisent.

  « Qu'est-ce que la tolérance ? disait Voltaire ; c'est l'apanage de l'humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesse et d'erreur. Pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c'est la première loi de la nature ». Dictionnaire philosophique.

 

D) Tolérance : expression de la lâcheté.

 

  Ne pas tolérer c'est toujours prendre parti, s'engager, combattre ce que l'on condamne et cela ne va pas sans risque. Ne pas tolérer la délinquance c'est, dans certains quartiers s'exposer aux représailles. Ne pas tolérer l'intolérance musulmane, c'est pour les intellectuels musulmans et les autres prendre le risque d'une fatwa appelant les fidèles à les assassiner.

  Cela demande du courage or le courage n'est pas la chose du monde la mieux partagée. Beaucoup ferment les yeux par peur, pour ne pas s'exposer aux dangers qu'implique la lutte contre l'intolérable. Ex : Munich en 1938.

 

E) Tolérance : expression de l'indifférence.

 

  Lorsque l'on a perdu le sens des différences, lorsque l'inertie spirituelle fait que pour les hommes, tout se vaut, on se croit tolérant là où en réalité on est indifférent. Etrange tolérance qui ne coûte rien et qui est vidée de toute substance puisque seul peut se sentir tenu de tolérer des convictions différentes des siennes, celui qui en a de fermes. Cf. Cours sur la tolérance 

 

Conclusion transition :

 

  Si c'est l'intolérance, l'impuissance, la lâcheté ou l'indifférence qui fondent une attitude tolérante, il n'y a guère de sens à la célébrer. Si c'est la compréhension, le pardon, elle nous redevient sympathique mais où tracer la frontière la séparant de la complaisance voire de la complicité ? Il y a beaucoup de vertu dans la personne magnanime mais enfin, la tolérance consiste dans le premier cas à nier le droit des autres et dans les autres à s'accommoder de ce qui fait injure à l'humanité, l'erreur dans les paroles, la faute dans les conduites et cela fait problème. Alors comment comprendre que la tolérance puisse jouir d'un tel prestige et que contrairement à notre première analyse elle puisse revêtir le visage de la vertu ? Suffit-il de dire qu'elle permet aux hommes de vivre en paix ? Mais que vaut une paix si c'est la paix de la peur, de la lâcheté et de la démission spirituelle ? C'est ailleurs qu'il faut chercher et il semble bien que la tolérance se soit imposée comme une vertu parce qu'elle est le contraire de l'intolérance et là, pas d'ambiguïté possible, c'est bien le pire des vices.

 

II) La tolérance est une vertu.

 

A) Analyse du fanatisme ou de l'intolérance.

 

  L'étymologie nous rappelle que le mot vient de « fanum » : le temple. On appelait « fanaticus » les prêtres de certaines divinités (Isis, Cybèle, Bellone) qui entraient dans une sorte de délire sacré, pendant lequel ils faisaient couler leur sang. Par extension on appelle fanatique, toute personne animée d'un zèle aveugle, d'un enthousiasme proprement délirant pour une idée, une cause à laquelle elle adhère sans recul. D'où une manière de s'investir totalement, d'être possédé par une certitude au point d'y perdre toute forme de liberté et conséquemment toute capacité de reconnaître l'altérité en tant que telle.

  Le fanatisme procède d'un rapport perverti à la vérité. Le fanatique ne cesse de s'en réclamer mais il ne va pas au vrai par arguments et démonstrations. Son adhésion est affective, émotionnelle. D'où la violence de sa conviction. Elle relève d'une logique passionnelle dont les effets sont redoutables. Elle interdit toute possibilité d'échange serein avec l'autre. Celui-ci a tort par principe dès lors qu'il ne partage pas la même croyance, et comme on ne peut pas se sentir possesseur de la vérité sans vouloir l'imposer aux autres, la violence de la conviction débouche sur la violence tout court. La St Barthélemy ou rien. Le sacrifice de l'autre ou le sacrifice de soi. Le XX° siècle a payé un lourd tribut à la folie meurtrière du fanatisme et le renouveau du fanatisme religieux en ce début de XXI° siècle n'invite pas à l'optimisme. A la différence des démarches rationnelles les engagements passionnels ont le redoutable avantage d'être contagieux. Ils se constituent alors en force sociale capable d'investir le pouvoir d'Etat afin de disposer des moyens de s'exercer comme entreprise de domination des personnes et des consciences. (Propagande ; conditionnement ; terreur).

  On comprend que confrontés aux effets délétères du fanatisme, les hommes en aient appelé à la tolérance. La question est alors de savoir quels sont les principes qui la constituent comme attitude positive, difficile, morale au sens fort du terme.

 

B) La vertu de tolérance.

 

1) Analyse de la notion de vertu

 

  « Vertu, disait Alain, n'est assurément pas renoncement par impuissance mais plutôt renoncement par puissance...Ce qui est vertu est pouvoir de soi sur soi ».

  Lorsqu'elle n'est pas vidée de sa substance, la tolérance est effort sur soi-même. Il n'est pas naturel pour un homme d'admettre ce qui dans les termes de sa conviction, est une erreur ou une faute. Cela suppose la capacité de relativiser son point de vue, de suspendre ce qu'il y a de potentiellement violent dans les croyances.

   Il y a là une conquête qui, tant à l'échelle des individus qu' à celui des collectivités requiert des sociétés ouvertes où un espace de délibération publique permet à chacun de prendre la mesure de la pluralité humaine et de découvrir qu'elle n'est pas illégitime par principe. Il est difficile d'obtenir des hommes cette force d'âme sans instruction publique et sans liberté politique. Cette vertu est donc liée à un haut niveau de civilisation.

  En effet, ce qui permet d'en faire l'enjeu d'un devoir, ce sont deux grands principes dont on va comprendre qu'ils ne vont pas de soi. Les hommes ont dû lutter pour les faire reconnaître, et dans certains espaces culturels ils n'ont pas encore d'effectivité.

 

2) Les principes fondateurs de la vertu de tolérance.

 

a) Premier principe.

 

  C'est celui de l'égale dignité des personnes et l'affirmation que la liberté est leur droit naturel. Sous réserve qu'une liberté n'empiète pas sur l'exercice d'une autre liberté (= l'intolérable) chacun doit être garanti dans l'expression de sa liberté. Ce principe constitutionnel nous fait obligation, non pas de respecter les convictions et les conduites des autres, mais de les admettre au nom du respect dû à la personne humaine. Tel est le principe fondateur de l'Etat de droit. Avec cette construction juridique, conquise de haute lutte, l'association politique cesse d'être assise sur des contenus dogmatiques ayant prétention à la vérité. Le lieu du pouvoir est agnostique. L'Etat doit être séparé de toute église prétendant être dans le secret des dieux ou de tout parti revendiquant une science du sens de l'histoire ou du bien public (comme ce fut le cas du parti communiste en Union Soviétique). L'Etat de droit revendique son incompétence en matière de vérité. La loi, le bien public sont à définir par les membres du corps politique, tous étant (selon certains critères) des citoyens. La fonction de l'Etat de droit est de garantir l'exercice des libertés de sujets « égaux en droit ». Il est donc par définition un Etat laïc et dans un tel Etat la pluralité des croyances est reconnue comme un droit. Il s'ensuit que les uns et les autres n'ont pas à tolérer la diversité des croyances, ils ont à se conformer à la loi leur faisant obligation de respecter la liberté des autres. Cf. Cours sur la tolérance 

 

b) Le second principe.

 

  Il tient aux difficultés touchant à l'idée de vérité.

  S'il était possible de la dévoiler dans sa transparence, notre vocation serait de la transmettre, de la faire respecter et  non d'accepter ce qui errerait loin d'elle. Mais voilà, on ne désire que ce qui nous manque et l'on ne cherche que ce que l'on n'a pas trouvé. Platon le signifie clairement en nommant, dans l'allégorie de la caverne, un terme de la connaissance qui n'est qu'un idéal. Nous interrogeons en vue de contempler le soleil dans sa clarté, mais notre finitude nous condamne à toujours projeter de l'ombre. Ne serait-ce que parce que le sujet de la connaissance n'est pas un pur esprit. Il porte les stigmates d'une particularité empirique dont il ne peut jamais réaliser intégralement l'ascèse.

  D'où la nécessité de « penser en se mettant à la place de tout autre » comme l'écrit Kant. C'est dire que la pluralité des points de vue est nécessaire pour ne pas être prisonnier d'une vue partiale et donc d'une vue erronée. Interdire cette pluralité, refuser le débat en faisant taire les opinions différentes, ériger une particularité en universel, c'est faire de l'étroitesse d'esprit une vertu, c'est se condamner soi-même et condamner tout un peuple à l'aliénation. En ce sens, l'intolérance est l'aveu de l'ignorance, la disponibilité à l'objection critique de l'autre, celui de l'intelligence. L'amoureux de la vérité sait qu'il a besoin de l'autre pour s'assurer de la rectitude de son jugement. D'une part, parce que seul l'autre peut nous assurer que nous ne délirons pas, d'autre part parce que si vérité il peut y avoir, elle doit pouvoir être reconnue par un autre sujet pensant. Seul l'accord des raisons peut nous assurer que nous sommes dans la raison. Lorsque l'on a besoin de recourir à la violence pour faire triompher une idée, lorsque l'on se dérobe aux exigences de l'argumentation ou de la démonstration, c'est que cette idée n'a pas de fondement rationnel.

  La tolérance se fonde ici sur la conviction que le progrès des Lumières n'est rendu possible que par l'échange, la communication des idées, le dialogue entre elles. « Mais penserions-nous beaucoup, et penserions-nous bien, si nous ne pensions pas pour ainsi dire en commun avec d'autres, qui nous font part de leurs pensées et auxquels nous communiquons les nôtres ? Aussi bien, l'on peut dire que cette puissance extérieure, l'Etat qui enlève aux hommes la liberté de communiquer publiquement leurs pensées leur enlève la liberté de penser» Kant,  Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ? 1790.

  La tolérance se fonde ainsi sur l'extrême lucidité de l'esprit qui connaît son impuissance à démontrer de manière absolue son savoir. En effet, tous nos discours, même les plus rigoureux reposent sur des principes hypothétiques et nous ne parvenons pas dans tous les domaines à produire des énoncés capables de faire l'accord des esprits. Max Weber a montré que c'est le cas des discours portant sur les valeurs. Celles-ci procédant d'une décision, d'un choix de l'esprit, il y a en ce domaine de l'indécidable rationnellement. Dès lors chacun n'est-il pas de droit, autorisé à être fidèle à son choix lorsque celui-ci n'est pas le signe de la bêtise ou de la bassesse ?

 

Transition -dépassement.

 

  Au terme de cette seconde analyse il apparaît que l'esprit de tolérance ne découle pas des faiblesses de la nature humaine. Il fait au contraire resplendir sa force. Car le respect du droit naturel de tout homme à la liberté et l'implacable lucidité dans le rapport à la vérité sont des conquêtes de soi sur soi. L'un et l'autre impliquent une ascèse de ce qu'il y a de pire en nous : la tendance à refuser aux autres une liberté que l'on revendique pour soi ; la tendance à surestimer les pouvoirs de notre humaine condition. Il semble donc que la conclusion s'impose : la tolérance est bien une grande vertu.

  Pourtant quelque chose fait problème dans cette réponse. Car, à bien y réfléchir ce que nous venons d'analyser sous le mot de la tolérance, est-ce bien ce que le mot indique ?

  Par exemple, est-il exact de dire que le républicain tolère le fait que son voisin aille au temple plutôt qu'à la mosquée, à l'église ou à la synagogue, qu'il ait une religion plutôt qu'il n'en ait pas ? Si les mots ont un sens il faut répondre non. Il ne tolère pas, il respecte comme un droit protégé par la constitution, la liberté de culte de ses concitoyens. Le mot adéquat ici n'est pas tolérance, c'est respect. Faut-il voir dans cette confusion sémantique le symptôme de l'indigence morale des hommes qui, à défaut d'être capables de respecter se font une gloire de tolérer ? Dans ce cas, il se peut que la tolérance soit l'hommage que le vice rend à la vertu.

  De même si c'est la lucidité quant à l'impuissance de la raison humaine à nouer un rapport de transparence avec le vrai qui fonde l'ouverture à l'autre, le sens du dialogue, la conviction que « la pluralité est la loi de la terre » (Hannah Arendt), y a-t-il sens à parler de tolérance ? Tolérer c'est réprouver ce que l'on accepte. Or tant que l'on a affaire à une telle réception du propos de l'autre, il est inexact de dire que l'on est ouvert au dialogue avec lui. L'écoute de l'autre requiert au contraire modestie à son propre égard et conviction que son interlocuteur est un sujet pensant aussi habilité que soi à viser la vérité. Là encore le mot approprié n'est pas tolérance mais respect de l'autre comme être de raison.

  Il s'ensuit que la tolérance relève de la vertu  lorsqu'elle est autre chose que ce que le mot désigne. Car respecter c'est, en toute rigueur, autre chose que tolérer. Le respect est un sentiment heureux. Il implique l'estime, que l'on ressent en présence d'une valeur. Il conduit à lui témoigner de la considération. La liberté, la dignité de la personne humaine, sa capacité à raisonner appartiennent bien au registre des valeurs exigeant une certaine forme d'égard. Elles se respectent, elles ne se tolèrent pas sans qu'on leur fasse injure. Par conséquent, se contenter de tolérer ce que l'on a à respecter n'est guère respectable. Et si on le respecte vraiment, il est impropre de parler de tolérance.

 

  Réciproquement, lorsque la tolérance renvoie à ce que le mot indique, comment la juger en dernière analyse ? Nous tolérons effectivement des incivilités, de l'illégalité, l'usage des drogues, l'absentéisme... Nous avons vu que c'est souvent par impuissance de les empêcher et cela participe du vice, mais pas toujours. Ce peut-être par indulgence bienveillante à l'égard des faiblesses d'une humanité dont nous sommes partie prenante et dont nous n'ignorons pas la face obscure. Ici la tolérance est charitable. Elle ne s'empresse pas de stigmatiser la petitesse humaine parce qu'elle garde confiance dans la capacité des hommes à devenir meilleurs. Confucius, par exemple, recommandait au sage d'être sévère avec lui-même, mais indulgent aux autres.

  Il y a dans cette bienveillance, une conscience de la misère de notre condition. Il est si difficile d'honorer l'idéal moral et intellectuel. Le sage sait que le désir d'accomplir notre humanité dans son excellence n'est pas la chose du monde la mieux partagée.  L'espace social dans lequel nous avons à vivre n'est pas un espace où coexistent des êtres s'efforçant d'élever leurs pensées et leurs actions au niveau des exigences de la raison. Sur le plan des idées, la cité réelle n'est pas la cité scientifique et sur le plan de l'action, elle n'est pas un aréopage de sages. Peu d'hommes font l'effort de penser mais tous ont des opinions. Tous les hommes distinguent un bien d'un mal, mais peu se préoccupent de s'assurer de la valeur morale de ce qu'ils définissent comme bien, peu se soucient d'incarner dans leur conduite l'exigence morale. Le subjectivisme, le relativisme des significations et des valeurs,  sont la loi de la cité réelle. Et il est vain de nier que certaines opinions, certaines actions font vraiment injure à l'être de raison. Mais à partir du moment où elles ne font injure qu'aux lumières ou à l'honneur de leurs auteurs, pourquoi faudrait-il les interdire ? Nous avons reconnu la liberté de tous les hommes, même celle d'être des ignorants ou des misérables sur le plan moral. Tant que leur liberté n'empiète pas sur celle des autres, ils ont droit au respect de leur liberté, ce qui ne signifie pas respect de leur ignorance ou de leur immoralité. En ce sens la tolérance se confond ici avec une sorte de civilité, de politesse élémentaire exigeant de chacun l'effort de reconnaître le droit de l'autre à être ce qu'il a choisi d'être. Elle est le minimum exigé pour que les hommes coexistent pacifiquement.

 

Conclusion générale :

 

  La tolérance est une vertu lorsqu'elle n'est pas ce que le mot implique. Elle usurpe, au fond, la grandeur morale du respect et s'il en est ainsi, c'est sans doute que la capacité de respecter est trop noble pour être naturelle à notre misérable condition. Les hommes sont si peu enclins à s'aimer et à se respecter que pour obtenir d'eux la reconnaissance réciproque de leurs droits fondamentaux, on a institué des lois les obligeant à une attitude tolérante. Sans doute est-ce mieux que rien mais reconnaissons que c'est un minimum.

  Lorsque la tolérance est bien ce que le mot indique, elle peut être autre chose qu'un vice, mais elle n'est pas davantage une grande vertu. Car tolérer ce qui fait injure à la raison c'est accepter de faire le deuil de l'idéal intellectuel et moral. Sagesse sans doute, mais sagesse mélancolique.

  Au terme de cette analyse on peut donc conclure que s'il arrive à la tolérance d'être une vertu, c'est une bien petite vertu puisque si le toléré est respectable, la tolérance est méprisable et si le toléré est méprisable, la tolérance est renoncement à l'excellence  humaine. De quelque côté qu'on l'envisage, la tolérance est la marque de la faiblesse humaine. 

  NB: On fait dire à Voltaire la formule suivante: "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dîtes monsieur, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire". En réalité Voltaire n'a jamais dit cela. Il semble que cette citation apocryphe soit une extrapolation du texte suivant : "J'aimais l'auteur du livre De l'Esprit.(Helvétius) Cet homme valait mieux que tous ses ennemis ensemble; mais je n'ai jamais approuvé ni les erreurs de son livre, ni les vérités triviales qu'il débite avec emphase. J'ai pris son parti hautement, quand des hommes absurdes l'ont condamné pour ces vérités mêmes". Questions sur l'Encyclopédie.

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29 Réponses à “La tolérance est-elle un vice ou une vertu?”

  1. Halil dit :

    je trouve votre cours très passionant mais il y a une question qui me viens a l’esprit : peut t-on tout supporter??? n’y a t-il pas de limites qui peuvent dépendre du caractère des individus, de l’éducation … ???? je serais ravi si vous me réponder sur mon adresse e-mail merci

  2. Simone MANON dit :

    Non, on ne peut pas tout supporter.
    Le support a des limites tant biologiques (un organisme peut réagir brutalement à une substance), que sociologiques (on parle de seuil de tolérance d’une société à la délinquance par exemple), que morales.
    Le philosophe ne peut se prononcer que sur le support moral. Ses limites sont ce qui a été pointé sous la dénomination: l’intolérable. On ne doit pas tolérer ce qui porte gravement atteinte aux valeurs fondamentales de la raison. Il faut le combattre par la parole publique lorsque cela est encore possible, par la résistance lorsque l’intolérance est en situation d’investir le pouvoir d’Etat.
    Remarquez que je dis : »on ne doit pas ». Je formule un impératif moral. La première partie de la dissertation montre que l’on peut tolérer l’intolérable par indulgence coupable, par lâcheté, par faiblesse etc. Ce que vous appelez: « les limites dépendant du caractère, de l’éducation » sont incluses dans cette première analyse.

  3. Selyne Ferrero dit :

    Je retrouve avec un sourire cette dissertation, la 1ere que vous nous aviez posée! Ah, quel résultat catastrophique ça avait été!

  4. Rodriguez matthieu dit :

    Nombreux sont ceux qui devraient lire avec attention cette analyse de la tolérance. En effet, dans notre ère postmoderne, nous entendons partout cette injonction :  » On ne doit pas juger !  » Or, si penser c’est juger et juger c’est comparer, il est un devoir pour le sujet pensant de défendre les valeurs auxquelles il tient.

    Il faut certes du courage pour tenir tête à la meute des « indifférents » et des violents mais ceci est la condition sine qua nun à la survie spirituelle et morale de l’être humain.

  5. Simone MANON dit :

    Entiérement d’accord avec vous. Mais il y a pire que les « indifférents », ce sont les bien-pensants du politiquement correct. Voyez l’article sur la régression anthropologique. Muray a bien vu qu’on peut aussi les appeler « les matons de Panurge ».
    Bien à vous.

  6. Rodriguez matthieu dit :

    En relisant votre dissertation, une question me vient à l’esprit : vous écrivez :  » La femme battue, l’enfant martyr tolèrent les sévices aussi longtemps qu’ils n’ont pas le pouvoir qu’il en soit autrement ».

    Peut-on légitimement parler ici de tolérance ? Certes, ils subissent ; et cet état de fait marque leur impuissance. Mais je ne crois pas qu’ici le terme de tolérance soit approprié.

  7. Simone MANON dit :

    Nous ne décidons pas arbitrairement du sens des mots. Le langage est un fait social et le propre des concepts linguistiques est d’être équivoques, polysémiques. Le concept de tolérance n’échappe pas à la règle. Etymologiquement le terme connote l’idée d’endurer, de patiemment souffrir, de supporter quelque chose. Un organisme tolère un médicament. C’est ce sens du mot que pointe Rabaut St Etienne, lorsqu’il vient demander à l’Assemblée nationale le respect de la liberté de conscience pour les protestants et non la tolérance.
    « Mais, Messieurs, ce n’est pas même la tolérance que je réclame ; c’est la liberté. La Tolérance ! Le support ! Le pardon ! La clémence ! Idées souverainement injustes envers les dissidents, tant qu’il sera vrai que la différence de religion, que la différence d’opinion n’est pas un crime. La Tolérance ! Je demande qu’il soit proscrit à son tour, et il le sera, ce mot injuste qui ne nous présente que comme des Citoyens dignes de pitié, comme des coupables auxquels on pardonne … », 23 août 1789.

  8. Rodriguez matthieu dit :

    Merci pour cette réponse. La verité ne pointe pas son nez dans la solitude et il est bon de me retrouver face à un interlocuteur comme vous.

    Passez une bonne journée.

  9. Philippe Martinez dit :

    Bonjour,
    Il me semble que vous ne rendez-pas justice à la tolérance. Ce terme n’exprimerait-il pas un aspect de la nature humaine?Il pourrait décrire un état psychique ambivalent, de deux convictions contradictoires, du type 1), je suis convaincu d’avoir raison, et 2)je suis convaincu que je suis faillible et que je peux faire erreur. Si je respecte sans restriction l’opinion contraire à la mienne, je contredis 1), dans un sens je ne me respecte pas moi-même. Si je ne tiens pas compte de 2), là encore, je contredis une conviction fondamentale. Peut-être je ne me suis pas donné tous les moyens de savoir si j’ai raison ou tort pour augmenter ma conviction(dans ce cas je suis paresseux) mais de toute manière, l’ambivalence est structurelle et persistera à un certain degré. La tolérance rend compte d’un aspect de la nature humaine, que vous appelez « faiblesse », mais qui est plutot une imperfection naturelle. de toute manière une « petite vertu » est une vertu, et les femmes de petite vertu sont bien sympathiques!

  10. Simone MANON dit :

    Je ne peux pas du tout vous suivre sur l’idée que la tolérance est « un aspect de la nature humaine ». Même si elle est une petite vertu, une vertu implique un travail de soi sur soi. Et de fait, la tolérance n’est pas du tout une tendance naturelle, elle a dû être conquise de haute lutte sur le plan politique et sur le plan moral, elle implique un effort.
    Par ailleurs tout ce qui flatte la faiblesse humaine est en effet sympathique à tous ceux qui se satisfont de cette faiblesse.
    Enfin, la référence aux « femmes de petite vertu » opère un glissement du sens de la notion de vertu peu compatible avec les exigences de la rigueur argumentative.

  11. Philippe Martinez dit :

    Merci de m’avoir répondu.
    Merci pour votre site très intéressant.
    Je voulais juste dire que la tolérance vient du fait que l’homme est ainsi fait qu’il peut croire deux choses incompatibles. Elle apparait quand l’homme, par ouverture d’esprit, reconnait ce fait et l’incite à adopter une position de compromis.
    Je reconnait qu’il est difficle de dire que la tolérance est un aspect de la nature humaine, parce que devant cette contradiction on peut choisir d’autres voies que la tolérance (l’indifférence ou le fanatisme), mais ma deuxième formulation me semble juste, elle »rend compte »d’un aspect de la nature humaine, qui est cette possibilité de croire deux choses contraditoires, et de l’assumer. Quand à la vertu, je pensait qu’elle ne se définissait pas par rapport aux efforts qu’elle nécessite, mais par sa conformité à un principe moral.
    Je m’excuse pour les « femmes de petite vertu », je ne voulais pas être sérieux.

  12. Simone MANON dit :

    Voyez l’analyse notionnelle de l’idée de vertu dans le répertoire.

  13. Matthieu Rodriguez dit :

    Je viens de relire pour la xième fois votre dissertation et j’aimerais savoir si il ne serait pas intéressant d’analyser cette question sous l’éclairage de la notion de virtu chez Machiavel.

    Bien que cette analyse ne changerait rien à la conclusion de ce devoir, il serait amusant de montrer à quel point une tolérance « sirupeuse » peut permettre de se maintenir au pouvoir afin de contrer les effets de la fortuna, comme l’écrit Machiavel dans le Prince.

  14. Simone MANON dit :

    La vertu de l’homme politique est de savoir tirer parti des circonstances et de déjouer les pièges de la fortune. Dans certaines situations il peut en effet jouer de la tolérance pour servir ses desseins.

  15. Alban DOUSSET dit :

    Merci pour cet essai très intéressant.
    Extrait de Wikipédia sur la tolérance :
    « La tolérance sociale est la capacité d’acceptation d’une personne ou d’un groupe devant ce qui n’est pas similaire à ses valeurs morales ou les normes établies par la société.  »
    Dissociée du respect :
    « Le respect suppose que l’on comprenne et partage les valeurs d’une personne ou d’une idée dont l’autorité ou la valeur agit sur nous. Par le respect, nous jugeons favorablement quelque chose ou quelqu’un; en revanche, par la tolérance, nous essayons de supporter quelque chose ou quelqu’un indépendamment du jugement que nous lui portons : nous pouvons haïr ou mépriser ce que nous tolérons, l’accepter à contre cœur. »
    Admettez-vous cette différenciation ?
    Selon vous, ne peut-on pas admettre que la tolérance est le respect de la différence indépendamment de notre jugement ?
    Que notre jugement est (du fait notre nature) limité, imparfait et propice à évoluer ?
    Que la tolérance est une vertu qui prend en compte cette perspective ?

  16. Simone MANON dit :

    Dans le cours sur la tolérance auquel je renvoie souvent dans cet article j’ai procédé à une analyse approfondie de la distinction: tolérance-respect. Elle rejoint les propos que vous citez.
    Parce qu’enfin la différence n’est pas en soi respectable. Elle peut incarner des valeurs méprisables en raison. Mais la cité réelle n’étant pas la république des volontés raisonnables, il nous faut souvent tolérer ce qu’il n’est pas possible de respecter.
    Voilà pourquoi l’appréciation de la tolérance est difficile. Si ce qu’elle tolère est respectable en soi, elle est méprisable. Si ce n’est pas le cas, c’est une petite vertu dans la mesure où elle signifie renoncement à l’excellence morale pour tous, acceptation de la misère morale et intellectuelle des hommes.
    Bien à vous.

  17. Samuel dit :

    Bonjour Madame,
    Quel rapport faites vous entre la tolérance et la question homosexuelle ?

  18. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Pour répondre à votre question, il faudrait savoir ce que vous entendez par l’expression « la question homosexuelle ».
    Si l’on considère que la préférence sexuelle est affaire de liberté personnelle, l’homosexualité est moins à tolérer qu’à respecter dans la mesure où le principe de la liberté est un principe cardinal de nos institutions. Ce qui n’engage pas la nécessité morale de subvertir les règles traditionnelles et le sens des mots comme c’est le cas avec le principe du mariage pour tous.
    Bien à vous.

  19. Samuel dit :

    Si l’homosexualité est respectable, elle est morale. Devrait-on encore être réticent à l’égard du mariage homosexuel?

  20. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je vous ai répondu dans la précipitation et c’est souvent coûteux pour la précision conceptuelle. Mais celle-ci ne fait pas défaut dans l’article où il est bien précisé que respecter la liberté du sujet de droit ne signifie pas, par principe, respecter la manière dont il exerce sa liberté. Ce qui est respectable, sans ambiguïté, c’est la liberté faisant signe dans le choix des hommes dès lors qu’il ne menace pas la liberté des autres.
    Cela vaut pour le choix sexuel comme pour d’autres choix.
    Il n’y a pas de sens à qualifier une pratique sexuelle, quelle qu’elle soit, de morale.
    Reconnaître le droit de tout un chacun d’avoir la sexualité qui lui convient est une chose, s’interroger sur la définition du mot mariage et sur les fondements de l’institution familiale en est une autre.
    Bien à vous.

  21. Samuel dit :

    Bonjour
    Je vous cite :  »Il n’y a pas de sens à qualifier une pratique sexuelle, quelle qu’elle soit de morale »

    Peut-on mettre sur un même pied d’égalité la pédophilie, la prostitution, la bestialité la nécrophilie …. d’une part et la sexualité entre époux fidèles homme-femme (moyen de satisfaction des besoins sexuels mutuels et de procréation) d’autre part ? La raison approuve que les premiers soient qualifiés de déviance et que le second soit qualifié de moral. Non ?

  22. Simone MANON dit :

    Bonjour
    On clarifierait les débats si on évitait un certain nombre de confusions.
    Par exemple, il ne faut pas confondre moral et normal (le normal étant la norme du plus grand nombre) ou ce qui est passé dans les mœurs avec la moralité et ce n’est pas parce qu’une fonction est étrangère en elle-même à la moralité qu’elle ne peut pas s’accomplir de manière perverse ou pathologique.
    Peut-être n’est-il pas ici inutile de rappeler l’avertissement kantien: « la majesté du devoir n’a rien à faire avec la jouissance de la vie »
    Bien à vous.

  23. boukaka lepetit dit :

    bonjour j’ai aimé votre explication alors j’aimerais savoir est-ce qu’on parler parler ou dénoncer les vices ou les vertus de la tolérance dans un état où règne la dictature et la gabegie du pouvoir?

  24. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Tout dépend du périmètre de tolérance du dictateur. Dans un tel régime le pensée n’est pas libre et il suffit qu’un propos déplaise au détenteur du pouvoir pour avoir des ennuis.
    Il faut donc avancer masqué afin de contourner la censure et de travailler sous des formes rusées à la libéralisation des esprits.
    Bien à vous.

  25. Philippe Marquette dit :

    Chère Madame,
    Excellente page de philosophie Ô combien d’actualité. Tout ou presque est dit à ce sujet, où est la frontière entre la tolérance et le laxisme, cela reste toujours flou, nous ne sommes pas dans une science exacte.
    Aristote disait : « La tolérance et l’apathie sont les dernières vertus d’une société mourante ».
    En sommes-nous arrivés là ? De nombreux signes laissent penser que oui. L’ordre moral dominant est devenu dictature de la pensée. Le débat est sans cesse occulté par des idées qui n’en sont pas et qui ne sont que des bribes idéologiques, l’idéologie étant là pour se substituer aux idées et aux opinions, de la même façon que les dogmes.
    Toujours est-il que c’est bien intéressant et tout à fait d’actualité.
    Bien cordialement à vous depuis les tropiques (sud-est asiatique) où l’hiver n’existe pas, pas plus que l’automne.

  26. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message.
    Bien à vous.

  27. […] » La tolérance est-elle un vice ou une vertu? La notion de vertu connote celle de force et de qualité morale. Pour les Grecs, l'homme vertueux est l'homme qui accomplit son humanité dans son excellence. Le vice au contraire renvoie à l'idée de faiblesse, de défaut moral. La question est de savoir ce qu'il en est de la tolérance sous le rapport de la force ou de la faiblesse morale. On entend par tolérance une attitude consistant à accepter des croyances, des conduites que l'on n'approuve pas. Si ce qui est réprouvé l'est en raison, la vertu humaine ne consiste-t-elle pas à le dénoncer et à le combattre ? […]

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