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  « Quiconque boit de cette eau, lui répondit Jésus, aura soif à nouveau ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusque dans la vie éternelle » Jean, 4, 13, 14.

  Joyeux Noël à tous.

 

 

   Le temps des réjouissances est à nouveau au rendez-vous et avec les vacances, l'occasion de s'arrêter d'être hors de soi dans l'occupation quotidienne.  Pour quoi faire  me direz-vous? Pour vivre bien sûr et parce que la question de la vraie vie est chose de première importance, pour interroger le sens de son désir et l’orienter vers un bien plus consistant que ceux auxquels le divertissement condamne les hommes pour leur misère et celle du monde.

   Mais est-ce absolument possible sans le don de la foi ? Quel est le véritable objet de notre désir ? Les philosophes, qui savent si bien dénoncer le divertissement, sont-ils aussi habiles qu’ils le prétendent pour nous en sauver ? Non, répond Pascal. Il n’y a qu’un seul souverain bien, qui n’est ni le plaisir comme le veulent les épicuriens, ni la vertu comme le disent les stoïciens, ni la science, ni l’ataraxie, issue du doute comme l’affirment les dogmatiques et les sceptiques. Dieu seul est le bien véritable et seule la religion chrétienne éclaire l’humanité sur le mystère de sa condition.

   Heureux les humbles et les élus pour qui Noël est la bonne nouvelle du sens et du salut…  

 

 

   « Seconde partie. Que l’homme sans la foi ne peut connaître le vrai bien, ni la justice. — Tous les hommes recherchent d’être heureux; cela est sans exception ; quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que les uns vont à la guerre, et que les autres n’y vont pas, est ce même désir, qui est dans tous les deux, accompagné de différentes vues. La volonté [ne] fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre.

   Et cependant, depuis un si grand nombre d’années, jamais personne, sans la foi, n’est arrivé à ce point où tous visent continuellement. Tous se plaignent : princes, sujets; nobles, roturiers ; vieux, jeunes ; forts, faibles ; savants, ignorants ; sains, malades ; de tous pays, de tous les temps, de tous âges et de toutes conditions.

   Une épreuve si longue, si continuelle et si uniforme, devrait bien nous convaincre de notre impuissance d’arriver au bien par nos efforts ; mais l’exemple nous instruit peu. Il n’est jamais si parfaitement semblable, qu’il n’y ait quelque délicate différence; et c’est de là que nous attendons que notre attente ne sera pas déçue en cette occasion comme en l’autre. Et ainsi, le présent ne nous satisfaisant jamais, l’expérience nous pipe, et de malheur en malheur, nous mène jusqu’à la mort, qui en est un comble éternel.

   Qu’est-ce donc que nous crie celte avidité et cette impuissance, sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide, et qu’il essaye inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant des choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables, parce que le gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu même?

   Lui seul est son véritable bien ; et depuis qu’il l’a quitté c’est une chose étrange, qu’il n’y a rien dans la nature qui n’ait été capable de loi en tenir la place : astres, ciel, terre, éléments, plantes, choux, poireaux, animaux, insectes, veaux, serpents, fièvre, peste, guerre, famine, vices, adultère, inceste. Et depuis qu’il a perdu le vrai bien, tout également peut lui paraitre tel, jusqu’à sa destruction propre, quoique si contraire à Dieu, à la raison et à la nature tout ensemble.

   Les uns le cherchent dans l’autorité, les autres dans les curiosités et dans les sciences, les autres dans les voluptés. D’autres qui en ont en effet plus approché, ont considéré qu’il est nécessaire que le bien universel, que tous les hommes désirent, ne soit dans aucune des choses particulières qui ne peuvent être possédées que par un seul, et qui, étant partagées, affligent plus leur possesseur, par le manque de la partie qu’il n’[a] pas, qu’elles ne le contentent par la jouissance de celle qu’elles lui apportent. Ils ont compris que le vrai bien devait être tel que tous pussent le posséder à la fois, sans diminution et sans envie, et que personne ne le pût perdre contre son gré. Et leur raison est que ce désir étant naturel à l’homme, puisqu’il est nécessairement dans tous, et qu’il ne peut pas ne le pas avoir, ils en concluent.... »

          Pascal, Pensées, B 425.

 

   Misérable désir humain qui, dans sa misère, même témoigne de sa grandeur ! Il porte la marque en creux de l’infini qui pourrait le combler mais, dans l’ignorance où il se trouve de sa nature véritable, l’imagination, maîtresse d’erreur et de fausseté, l’égare dans de vaines quêtes. Comment pourrait-il trouver sa satisfaction dans des objets que, seul son fantasme, affecte de l’infinité et de la perfection d’un ordre étranger à son horizon ? Nous sommes expulsés de la plénitude d’une première nature ayant laissé en nous sa nostalgie et d’autant plus acharnés à la retrouver que sa trace est vive et sa proximité lointaine. Ardeur et malheur d’une âme dont la soif ne semble pas pouvoir être étanchée.

    Il faut d’abord prendre acte du fait. Ce qui ne requiert pas d’être sorti de la cuisse de Jupiter. N’importe qui peut faire cette constatation à partir du moment où il veut bien s’arrêter cinq minutes de s’agiter  et prendre le temps de réfléchir son expérience la plus familière. Chacun, dans le secret de son cœur, sait plus ou moins confusément, que le monde n’est pas à la hauteur de ses attentes, qu’il veut plus qu’il ne peut et que le réel est en déficit des valeurs dont il éprouve l’exigence.

   La difficulté n’est donc pas de s’entendre sur le fait. Elle commence dès lors qu’il s’agit de l’interpréter et c’est sans doute en elle qu’il faut chercher le ressort de l’effort de penser. Affronter l’énigme du sphinx, introduire  un peu de lumière au cœur de l’obscurité, voilà la grande affaire du vivant qui n’est pas un simple animal. Il veut comprendre, fût-ce pour comprendre qu’il ne comprend pas. Mais pour consentir à cette évidence il faudrait un peu d’humilité or l’humilité n’est pas la vertu majeure d’un être en proie à diverses concupiscences, en particulier à celle qui domine chez les penseurs et les savants : cette libido sciendi, à l’origine de la chute d’une créature orgueilleuse prétendant trouver en soi les principes de la vérité et du bien. (Pascal suit ici St Augustin dans sa distinction des trois concupiscences : la libido sentiendi, la libido dominandi et la libido sciendi.)

    Car est-il possible de rendre raison de la condition tragique des hommes et de savoir si le tragique est notre destin ou l’enfant maudit de notre déraison ? Sommes-nous condamnés au malheur existentiel ou bien est-il possible de promouvoir dans la paix et la joie la rédemption d’une condition marquée au sceau du déchirement, de la contradiction, de l’échec et de la souffrance ?

    L’intérêt de la pensée pascalienne consiste à soutenir qu’il y a bien un dépassement possible du tragique existentiel mais ce n’est pas à la philosophie qu’il faut s’en remettre pour l’accomplir.

   Au contraire, il n’a de cesse de dénoncer l’impuissance des sagesses à donner ce qu’elles promettent.

   Elles prétendent garantir une compréhension de ce que nous sommes, or c’est un leurre. Monstre incompréhensible nous demeurons, en dernière analyse, pour les philosophes puisqu’ils ne voient les uns et les autres qu’un côté des choses. Epictète voit la grandeur mais il méconnaît la misère, Montaigne voit la misère mais il est aveugle à la grandeur. Ce n’est pas qu’ils aient tort absolument, mais ils n’ont pas raison car leur erreur consiste à ne pas suivre une autre vérité que la leur. (Cf. Entretien avec M de Saci) Seule la vraie religion peut unir les contraires en assignant la misère à la nature déchue et la grandeur à la grâce. Aussi la sagesse de Dieu commence-t-elle par mettre en garde contre les faux prophètes :

    « […] N’attendez, dit-elle, ni vérité, ni consolation des hommes. Je suis celle qui vous ai formés, et qui puis seule vous apprendre qui vous êtes. J’ai créé l’homme saint, innocent, parfait ; je l’ai rempli de lumière et d’intelligence ; je lui ai communiqué ma gloire et mes merveilles. L’œil de l’homme voyait alors la majesté de Dieu. Il n’était pas alors dans les ténèbres qui l’aveuglent, ni dans la mortalité et dans les misères qui l’affligent […] C’est en vain, ô hommes, que vous cherchez dans vous-mêmes le remède à vos misères. Toutes vos lumières ne peuvent arriver qu’à connaître que ce n’est pas en vous-mêmes que vous trouverez ni la vérité ni le bien. Les philosophes vous l’ont promis et ils n’ont pu le faire. Ils ne savent ni quelle est votre véritable bien, ni quel est votre véritable état […] » Pensées, B 430.

   Brunschvicg note que Pascal avait d’abord écrit à la suite de ce paragraphe : « Je suis la seule qui peut vous apprendre ces choses, et je les enseigne à ceux qui m’écoutent. Les livres que j’ai mis entre les mains des hommes les découvrent bien nettement ; mais je n’ai pas voulu que cette connaissance fût si ouverte. J’apprends aux hommes ce qui peut les rendre heureux. Pourquoi refusez-vous de m’ouïr ? Ne cherchez pas la satisfaction dans la terre, n’espérez rien des hommes ; votre bien n’est qu’en Dieu, et la souveraine félicité consiste à connaître Dieu, à s’unir à lui pour jamais dans l’éternité. Votre devoir est de l’aimer de tout votre cœur. Ils vous a créés […] » Léon Brunschvicg, Blaise Pascal, Pensées et opuscules, Hachette, p. 524.

 

   Le grand thème pascalien est donc cette idée que la philosophie doit être mise hors jeu, tant pour nous éclairer sur le mystère de notre condition que pour apporter un remède à nos maux. Certes elle s’est toujours prévalue d’incarner une voie d’intelligibilité et de salut, mais c’est une illusion.

    En témoignent tous ses discours sur le souverain bien. Quoi de plus familier aux sagesses antiques que la méditation sur ce qu’il faut entendre par le souverain bien et quoi de plus aporétiques que leurs leçons ?

   Tout ce que font les hommes, ils le font en effet en vue de ce qu’ils tiennent pour le souverain bien. L’expression désigne le bien suprême, celui au-dessus duquel il n’y a rien de supérieur, ce que nous visons comme une fin en soi, ce qui n’est donc pas le moyen de quelque chose d’autre mais la fin dont tout le reste est le moyen. Aristote disait que sur son nom tout le monde est d’accord. C’est le bonheur. Mais qu’est-ce qui peut rendre les hommes heureux ? Le drame humain ne consiste-t-il pas à fantasmer des promesses de bonheur dans des objets dont l’inconsistance a tôt fait de renvoyer le désir à sa vanité ?

    Ainsi, Pascal note dans le fragment B 462, intitulé, « Recherche du vrai bien – Le commun des hommes met le bien dans la fortune et dans les biens du dehors, ou au moins dans le divertissement. Les philosophes ont montré la vanité de tout cela, et l’ont mis là où ils l’ont pu ».

    Et c’est là que le bât blesse. Certes ils ont bien le mérite de faire passer de l’ordre de l’extériorité à celui de l’intériorité (Cf. Les trois ordres)  mais ils s’arrêtent en chemin car il n’appartient pas à la nature de s’élever jusqu’au véritable objet d’amour. Il y faut le secours de Dieu qui éclaire le cœur et le comble de joie par sa grâce.

    Cela n’indique-t-il pas que la question du souverain bien passe la portée de la raison selon la formule du fragment B 79 :

   « Mais peut-être que ce sujet passe la portée de la raison. Examinons donc ses inventions sur les choses de sa force. S’il y a quelque chose où son intérêt propre ait dû la faire appliquer de son plus sérieux, c’est à la recherche du souverain bien. Voyons donc où ces âmes fortes et clairvoyantes l’ont placé, et si elles en sont d’accord.

  L’un dit que le souverain bien est en la vertu, l’autre le met en la volupté; l’un en la nature, l’autre en la vérité. Félix qui potuit rerum cognoscere causas (« Heureux qui a pu connaître la cause des choses » Virgile, Géorgiques, II, 489, cité par Montaigne, III, 10), l’autre en l’ignorance totale, l’autre, en l’indolence, d’autres à résister aux apparences, l’autre à n’admirer rien, nihil mirari prope res una quae possit facere et servare beatum («  Ne s’étonner de rien, à peu près la seule chose qui puisse donner et conserver le bonheur » D’après Horace, Epitre, I, VI, 1, cité aussi par Montaigne dans l’Apologie.), et les vrais pyrrhoniens en leur ataraxie, doute et suspension perpétuelle; et d’autres, plus sages, qu’on ne le peut trouver non pas même par souhait. Nous voilà bien payés […] »

 

   L’ironie pascalienne donne ici sa mesure. Quoi de plus tentant en effet que de faire éclater la vanité d’une discipline pleine de contradictions ? Et pourtant n’a-t-elle pas la noblesse d’une activité s’exerçant dans les limites de l’ordre naturel ? Car l’exaltation d’un ordre surnaturel conduit à abandonner à leur triste destin tous ceux que la grâce n’a pas touchés.

   Suffit-il pour s'en consoler d'imputer cette misère au péché du monde ou d’invoquer un Dieu caché, un Dieu ne se montrant qu’à ceux dont le cœur n’est pas endurci? Que Pascal me pardonne mais je ne suis pas certaine que cela soit bien charitable.

   « […] Dieu a voulu racheter les hommes, et ouvrir le salut à ceux qui le cherchaient. Mais les hommes s’en rendent si indignes qu’il est juste que Dieu refuse à quelques-uns, à cause de leur endurcissement, ce qu’il accorde aux autres par une miséricorde qui ne leur est pas due. S’il eût voulu surmonter l’obstination des plus endurcis, il l’eût pu, en se découvrant si manifestement à eux qu’ils n’eussent pu douter de la vérité de son essence, comme il paraîtra au dernier jour avec un tel éclat de foudres et un tel renversement de la nature, que les morts ressusciteront, et les plus aveugles le verront.

   Ce n’est pas en cette sorte qu’il a voulu paraître, dans son avènement de douceur; parce que tant d’hommes se rendant indignes de sa clémence, il a voulu les laisser dans la privation du bien qu’ils ne veulent pas. Il n’était donc pas juste qu’il parût d’une manière manifestement divine, et absolument capable de convaincre tous les hommes; mais il n’était pas juste aussi qu’il vînt d’une manière si cachée, qu’il ne pût être connu de ceux qui le chercheraient sincèrement. Il a voulu se rendre parfaitement connaissable à ceux-là; et ainsi, voulant paraître à découvert à ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et caché à ceux qui le fuient de tout leur cœur, il tempère sa connaissance, en sorte qu’il a donné des marques de soi visibles à ceux qui le cherchent, et non à ceux qui ne le cherchent pas. Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d’obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire » Pensées, B 430.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 Réponses à “Désir et souverain bien. Pascal”

  1. Aurélie dit :

    Le débat « part de l’homme-part de Dieu » dans le salut, en fonction d’une anthropologie plus ou moins négative est un grand débat….Pour ma part, ce qui me semble important, c’est l’aspect libérateur de l’affirmation de la primauté de la grâce. La foi n’est pas une oeuvre, la grâce de Dieu est quelque chose qui me précède et qui m’est donnée, de toutes manières, même si je n’arrive pas toujours à le voir, ou à le sentir….je peux avoir confiance. Noël me le dit, Dieu est venu sauver le monde. La grâce de Dieu est là, pour moi je n’ai pas besoin d’aller la chercher dans le ciel….des pratiques ou des idées.
    Comment et pourquoi je la reçois ? vaste débat !

  2. Simone MANON dit :

    Oui, comme vous le dîtes, il est grand le mystère de la foi.
    Pascal et Port-Royal voyaient dans la joie de l’âme, le signe le plus sûr de la grâce.
    Tous mes voeux de réussite dans la voie que vous avez choisie. Il y a tant d’âmes perdues ayant besoin de paroles fortes pour retrouver l’espérance et la possibilité de se tenir debout

  3. ANNE CHAUNIER dit :

    Le Seigneur-Amour serait-il aussi pourvoyeur de « chance » pour certains qui vivent leur foi dans la joie
    et de souffrance pour d’autres qui l’espèrent et l’attendent dans un doute aride, voire déchirant ?
    Il y aurait des « Aurélie » affirmant avec ardeur etre dans la joie, ayant reçu la grace, et les autres qui
    peuvent se demander pourquoi ils en sont privés ?
    « la joie de l’ame…serait le signe le plus sur de la grace » selon Pascal – et Port-Royal –
    Que dire alors de ceux dont la vie a porté témoignage et qui pourtant ont souffert de ce doute qui peut
    etre asséchant, voire destructeur ? (ex. Mère Teresa)
    Outre que si cette notion d’une Grace accordée est un adorable mystère, n’est-elle pas aussi une discrimination si injuste qu’elle contredit le parfait amour de Dieu pour ses créatures ?
    Il y aurait les « Aurélie » (commentaire ci-dessus) qui affirmeraient joyeusement la chance dont elles
    bénéficient et les autres voués à la torture de l’esprit qui demande et attend !
    Et que deviennent alors ces derniers, face à la mort qui les a pris comme par surprise, s’ils n’ont rien
    « reçu » avant que de disparaitre de cette terre ?
    Au regard de ces derniers, le credo de « Aurélie » a cette indécence que ressentent tous ceux à qui
    l’on affirme que « l’existence » du Divin Sauveur est vécue avec une évidence incontestable !
    Lorsqu’on a connu dans sa vie un temps de certitude dans la foi, on a pu l’affirmer ainsi, de façon
    finalement peu charitable pour l’autre; et on s’en souvient lorsqu’on vit le reflux de cette grace là, et
    qu’on ouvre grand les yeux et qu’on ressent le monde. La grace semble alors comme un temps
    d’immaturité…..Les « autres » sont devenus un « autre soi-meme ». Leur possible exclusion fait
    horreur. Si les hommes n’ont pas renié Dieu, Dieu se doit – dans sa bonté infinie – de les sauver.
    Il suffit d’ailleurs d’avoir vécu le grand départ d’etres chers « qui ne savaient pas » (pour reprendre
    leurs termes) pour se révolter contre un concept qui serait aussi exclusif : là aussi, le temps passé
    à vivre a fait son oeuvre d’épuration . Tous vos textes se recoupent Madame et se répondent.
    Bien à vous

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