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  "Le moyen dont se sert la nature pour mener à bien le développement de toutes ses dispositions est leur antagonisme dans la société, pour autant que celui-ci se révèle être cependant, en fin de compte, la cause d'un ordre légal de cette société.  

    J'entends ici par antagonisme l'insociable sociabilité des hommes, c'est-à-dire leur penchant à entrer en société, penchant lié toutefois à une répulsion générale à le faire, qui menace constamment de dissoudre cette société. Une telle disposition est très manifeste dans la nature humaine. L'homme possède une inclination à s'associer parce que, dans un tel état, il se sent davantage homme, c'est-à-dire qu'il sent le développement de ses dispositions naturelles. Mais il a aussi un grand penchant à se séparer (s'isoler) : en effet il trouve en même temps en lui ce caractère insociable qui le pousse à vouloir tout régler à sa guise ; par suite il s'attend à rencontrer des résistances de tous côtés, de même qu'il se sait lui-même enclin de son côté à résister aux autres.

 

   Or, c'est cette résistance qui éveille toutes les forces de l'homme, le porte à vaincre son penchant à la paresse et, sous l'impulsion de l'ambition, de la soif de dominer ou de la cupidité à se frayer une place parmi ses compagnons qu'il ne peut souffrir mais dont il ne peut se passer. Or c'est là que s'effectuent les premiers pas qui conduisent de la rudesse à la culture laquelle réside à proprement parler dans la valeur sociale de l'homme. C'est alors que se développent peu à peu tous les talents, que se forme le goût et que, par le progrès continu des Lumières, commence à s'établir un mode de pensée qui peut, avec le temps, transformer la grossière disposition au discernement moral en principe pratique déterminé et, finalement, convertir l'accord pathologiquement extorqué pour l'établissement d'une société en un tout moral (...)"

Quatrième Proposition. Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique.1784.

      Dans cette proposition, Kant affronte les questions suivantes :   Comment un être, dont la nature n'est au degré zéro de l'histoire qu'un ensemble de germes, peut-il développer toutes ses dispositions ? Accomplissement impossible à concevoir à l'échelle du temps individuel. La durée d'une vie humaine est bien trop courte pour être à la mesure de la tâche assignée par la nature. Celle-ci implique l'échelle du temps de l'histoire collective car il faut l'accumulation et le perfectionnement progressif des efforts des générations successives pour actualiser toutes les potentialités humaines.  La deuxième proposition l'a précisé : « Chez l'homme (en tant que seule créature raisonnable sur terre) les dispositions qui visent à l'usage de sa raison ne devraient être développées complètement que dans l'espèce mais non dans l'individu ».  Alors quel est le moteur de cette histoire de l'espèce humaine ? Les hommes développent-ils leurs capacités intellectuelles, techniques, morales, artistiques etc. en se donnant cet accomplissement comme but ? Considèrent-ils que cet effort correspond à leur devoir de sujet raisonnable et agissent-ils par bonne volonté ou bien les efforts qu'ils sont capables de déployer pour développer leurs talents procèdent-ils d'une autre source ?  Ce texte ne laisse aucune illusion sur ce qui motive les hommes.  Si leur volonté se déterminait par la représentation de leur devoir, leur histoire ne serait pas ce théâtre de bruit et de fureur qu'elle exhibe en permanence sur nos petits écrans ou dans les livres d'histoire.  En bon analyste du réel, Kant constate que le ressort de l'histoire humaine n'est pas l'exigence de la raison mais les prétentions de l'amour de soi. La lutte, le conflit, la concurrence des individus est au principe de l'aventure historique et culturelle.

   D'où l'énoncé de la célèbre thèse : C'est la dialectique du conflit et de la solidarité des égoïsmes qui, par une sorte de ruse de la nature, promeut le perfectionnement de l'homme et le conduit à sa destination morale.

   Kant rapporte l'antagonisme des hommes à un antagonisme inscrit dans la nature humaine. Celle-ci se caractérise par son insociable sociabilité.   Que faut-il entendre par ce magnifique oxymore ?   Que l'homme a :

  • D'une part un penchant naturel à rechercher la compagnie de ses semblables parce qu'il ne se sent exister humainement que dans et par la relation humaine. Il est, comme l'a analysé Aristote, un animal politique. Cf. Cours. Ses besoins ne sont pas exclusivement biologiques, ils sont aussi moraux : communiquer, échanger, aimer, nouer avec ses semblables des rapports d'amitié et de justice. Par là, autrui est l'horizon naturel de son existence. Son commerce est source de plaisir. L'homme vit en société par désir de l'autre et pas seulement par intérêt. Son humanité se confond avec sa socialité. Cf. Le songe de Carazan ou l'éloge de la sociabilité.
  • D'autre part il a tendance à privilégier son moi et à en faire un foyer d'insubordination à la loi commune. Il vise son intérêt particulier auquel il n'hésite pas, parfois, à sacrifier l'intérêt général. Il veut vivre avec les autres mais il veut les soumettre à sa loi. C'est sa radicale insociabilité.

    L'impuissance humaine à se passer des autres n'a donc d'égal que l'impuissance à vivre en harmonie avec ses compagnons ; cette insociable sociabilité rendant intelligibles ces deux faits apparemment contradictoires :

  • D'une part les hommes ne vivent pas dans un état de dispersion. Ce qui en toute rigueur serait un état de nature. Cf.Cours. Rousseau.
  • D'autre part l'état social n'est pas un Etat de droit.

  Le conflit, les guerres, la rivalité sociale sont la loi d'une relation où les égoïsmes ne se renoncent pas.  Cette observation fonde une nouvelle interrogation : Faut-il déplorer un tel fait et prendre en horreur, à la manière de Rousseau, la vie en société et le développement de la civilisation ?  Faut-il regretter la vie des bergers d'Arcadie ?   Les poètes chantent le mythe de cet âge d'or où la vie s'écoule dans l'innocence de l'ignorance et le bonheur paisible de l'homme non encore advenu à lui-même. Il arrive ainsi, dans les périodes convulsives de l'histoire, que la conscience commune rejoigne le poète et rêve d'un impossible retour à cet état idyllique (qui bien sûr n'existe que dans les rêves). L'intérêt de cette quatrième proposition consiste à montrer que malgré toutes les raisons qui la fondent, cette nostalgie est illégitime. Elle revient à regretter une existence qui perdrait sa dignité en perdant son caractère moral (il n'y a de moralité que par liberté et raison) et dénaturerait la création en la privant de l'être par lequel elle s'accomplit sous sa forme la plus noble. En l'homme la nature s'accomplit comme nature raisonnable. Kant fait de l'humanité et de sa destination éthique le sens de la création. Sans lui, cette dernière n'aurait pas de valeur. C'est dire sa dignité. Sans doute la nature a-t-elle pris des risques en dotant l'homme de la raison et de la liberté mais c'est un risque inhérent à la liberté. L'homme est libre de choisir la loi de l'égoïsme ou celle de la raison. L'égoïsme est l'immoralité et seul l'homme en est responsable. Et pourtant, ce qui est condamnable moralement, n'est pas vain car à bien observer les choses humaines, on s'aperçoit que les passions et les conflits qu'elles engendrent sont facteurs de progrès. On leur doit « le passage de la rudesse à la culture » autrement dit le processus de la civilisation. Kant nomme les passions tissant le lien social. Par où il souligne que celui-ci n'est pas un lien moral. En termes kantiens, c'est un lien pathologique. (Il a sa source dans la sensibilité, le passif non dans la raison, celle-ci impliquant liberté, effort de se rendre indépendant des inclinations sensibles).     Il en pointe trois :

  • L'appétit des honneurs. (Ambition, goût d'exister à son avantage dans le regard des autres ; amour-propre au sens rousseauiste).
  • L'appétit de pouvoir. (Soif de domination).
  • L'appétit des richesses. (Cupidité).

    On ne peut pas dire que ces trois concupiscences constituent des principes de conduite, éthiquement honorables, et pourtant il ne semble pas y avoir de ressorts plus puissants pour amener les hommes à se dépasser. Que ne ferait-on pas pour être honoré, dominer ou posséder !   En mettant en concurrence les hommes, les passions les stimulent, les sortent d'une paresse fatale à leur nature dans la mesure où celle-ci n'est pas une donnée mais une conquête. Contraints par la force de leurs besoins et de leurs appétits à cultiver leurs aptitudes, à discipliner leurs penchants, les hommes promeuvent à leur insu le développement de la civilisation. Celle-ci leur est « pathologiquement extorquée », elle n'est pas visée moralement. Ce qui est extorqué est, en effet, ce qui est obtenu de quelqu'un à l'insu de sa volonté.

   Ex : Songeons à la patience, au travail, à la domestication des désirs qui est en jeu dans la passion de capitaliser. Max Weber a souligné l'ascétisme des pionniers du capitalisme, leur sens de l'économie, leur éthique du travail et du sacrifice.  Songeons à la discipline, à l'acharnement au travail, aux qualités intellectuelles et morales requis pour jouir du prestige et des avantages des élites. Etc.  En promouvant l'exercice des talents, les passions assurent l'épanouissement de la culture. Les connaissances, les techniques, les arts se développent et en retour polissent l'homme :

  • Les beaux-arts le raffinent et éduquent son goût.
  • Les techniques le libèrent progressivement des tâches aliénantes l'orientant vers des activités requérant plus d'habileté, d'initiatives intellectuelles, de savoir-faire.
  • La conquête des savoirs change sa mentalité en faisant reculer les superstitions.

    Dans tous les cas, il s'agit bien d'une véritable transformation qui, en faisant sortir l'homme de sa grossièreté originaire le prépare à devenir ce qu'il est : non pas seulement un être sensible à qui la nature parvient malgré lui à extorquer des qualités humaines mais un être raisonnable, capable de poursuivre par l'initiative de la liberté de son vouloir les fins de sa nature. Kant signifie par là que la civilisation de l'homme n'est pas synonyme de sa moralisation. C'est qu'à l'inverse de la civilisation, il est impossible de concevoir la moralité comme une vertu pathologiquement extorquée. L'analyse de l'action morale a clairement établi que seul le principe du vouloir la détermine, et nul ne peut passivement agir par respect pour le devoir. Cf. Cours. En revanche il est permis d'espérer que la civilisation prépare le moment de la conversion morale des hommes.  Ce thème est explicité dans la Septième Proposition : «  Nous sommes hautement cultivés par l'art et par la science ; nous sommes civilisés, au point d'en être accablés pour ce qui est de la politesse et des bienséances sociales de tous ordres ; mais de là à nous tenir pour moralisés, il s'en faut encore de beaucoup. Si en effet l'idée de la moralité appartient bien à la culture, en revanche l'usage de cette idée, qui aboutit seulement à une apparence de moralité dans la bienséance extérieure, constitue seulement la civilisation » Kant.      

 NB : Cette analyse kantienne doit être mobilisée pour traiter un sujet tel que : « Est-ce un devoir d'être cultivé ? ».

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55 Réponses à “L’insociable sociabilité humaine. Kant.”

  1. Marion T dit :

    Merci pour ce cours qui m’a permit de comprendre d’avantage ce texte, me la fait voire d’une autre facon et m’a conduit à apprécier la pensée de Kant.
    Le cours est précis et clair a la fois merci encore.

  2. Sandra Rodrigues dit :

    BOnjour. Merci pour cette très bonne analyse! Je suis en prépa économique à Paris et je tiens à vous remercier car votre texte m’a permis de comprendre en 20 minutes à peine ce que je n’avais pas compris en 3h de Philo.
    Encore Merci!

  3. Jacob-Champeau dit :

    Je souscris entièrement à ce qu’a écrit cette étudiante de prépa. Votre cours est lumineux et a apporté une aide précieuse à mon fils qui peinait sur ce sujet. Merci pour votre générosité dont je mesure d’autant plus la valeur que je suis enseignante…et bravo pour votre persévérance : mettre tous ses cours en ligne, c’est un travail de titan!

  4. Simone MANON dit :

    Je suis particulièrement sensible à l’appréciation d’une collègue. Merci beaucoup pour ce sympathique message.

  5. Marine G. dit :

    Bonjour, j’ai mieux compris grace à votre explication mais j’aurais tout de même quelques questions si vous pouviez m’y répondre se serai géniale parce que j’ai du mal !
    J’aimerais savoir: – La thèse
    – Que signifie l’expression paradoxale : » insocialbe sociabilité » ?
    – Expliquer la phrase suivante: »la culture dont le fondement véritable est la valeur sociable de l’homme »
    – Les 3 grandes passions décrites par Kant et montrer comment elles sont responsables à la fois de la sociabilité et de l’insociabilité.

    Voilà j’aimerais juste savoir c 4 choses et vous me serez d’une grande aide parce que je suis vraiment pommé pour ces questions !
    merci d’avance !

  6. Simone MANON dit :

    Je suis désolée, je ne vois pas l’intérêt de recommencer à écrire mon cours. Les significations sont explicitées dans le cours. Par exemple je pose la question: que signifie ce magnifique oxymore, autrement dit que signifie l’expression insociable sociabilité? Les trois passions sont énoncées. Il suffit de vous donner la peine de comprendre les explications. Ce que personne ne peut faire à votre place.

  7. Adeline LC dit :

    Bonjour,
    Je n’ai pas compris la phrase « la culture dont le fondement véritable est la valeur sociale de l’homme » de Kant, Pourriez vous me l’expliquer svp ?

    Merci d’avance, A.

  8. Simone MANON dit :

    La culture, c’est le développement de toutes nos dispositions naturelles (le goût ou faculté de distinguer le beau du laid, l’intelligence ou l’aptitude à comprendre et à distinguer le vrai du faux), le milieu dans lequel l’homme peut accomplir sa destination politique et morale (instituer juridiquement le rapport de l’homme avec l’homme et faire son devoir). C’est par là que l’être humain appartient à un autre ordre que celui de l’animalité. Sa valeur humaine ou sa valeur sociale sont donc une seule et même chose.
    Puisque c’est dans la culture que s’accomplit l’humanité de l’homme, on peut dire que ce qui fonde (ce qui est au principe de; ce qui est la raison d’être de) la culture, ce sont les vertus sociales de l’humaine nature.
    Voilà pourquoi Kant considère que c’est un devoir moral de se cultiver.

  9. Adrien dit :

    Bonsoir, j’ai commenté moi même cependant je me trouve confronté à une difficulté: la discussion : je pensé parlé du travail aliénant ( sujet en train d’être vu en cours ) car quand Kant dit que c’est dans sa contradiction que l’homme progresse et atteint la morale, il est sous entendu que la raison suppose LE TRAVAIL. Cependant, je n’arrive pas a formuler mon probléme, serait ce possible d’avoir un coup de pouce ?

  10. Simone MANON dit :

    Désolée, je n’interviens pas dans le travail des élèves.
    Voyez la dissertation: est-ce un devoir d’être cultivé?Utilisez l’index pour trouver facilement l’article.

  11. Adrien dit :

    Pourtant mettre un corrigé de dissertation en ligne y participe !

  12. Simone MANON dit :

    Tout mon blog fournit aux élèves des outils de réflexion, des explications leur permettant de s’approprier les significations, mais c’est sa seule vocation. Il ne les dispense pas de réfléchir par eux-mêmes et il n’est pas difficile pour un professeur de confondre un élève paresseux et malhonnête puisque le contenu de philolog est indexé en première page de google.

  13. Adrien dit :

    Oui, moi j’ai fais mon explication seul de A a Z . J’avais juste un souci pour ma discussion…

  14. noelly dit :

    merci pour ce commentaire.
    Il m’a permis de mieux cerner la pensée de kant sur l’insociable sociabilite.

  15. Jessica dit :

    Merci pour tous ces articles de philosophie. Ils sont intéressants, bien construits et très compréhensibles ! Ils aident beaucoup à comprendre les doctrines et pensées diverses.

  16. CHAMPETIER Romain dit :

    Bonjour madame,
    Je voudrais simplement avoir quelques précisions supplémentaires concernant la conception kantienne de la culture. J’aurais entre autre aimé que vous précisiez l’idée d’une culture « extorquée pathologiquement ». Qu’est-ce qui est extorqué ? Qui sont les victimes et les jouisseurs de cette extorsion ? Est-ce simplement l’idée d’instrumentalisation de l’entité « culture », non plus destinée à répondre à un perfectionnement désintéressé de la moralité, mais plutôt à promouvoir une domestication des passions, et indirectement le développement de la dite culture ?
    Cordialement

  17. Simone MANON dit :

    Bonsoir Romain.
    Le droit, la culture ou civilisation ne sont pas, pour Kant, ce que les hommes instituent librement (ou volontairement ou moralement) mais ce qui est obtenu d’eux par le jeu de leurs passions et leurs intérêts. D’où la célèbre expression: ils sont « extorqués pathologiquement ».
    Voyez l’article: est-ce un devoir de se cultiver? ou celui sur le droit et la morale pour vous approprier cette signification.
    Bon courage.

  18. CHAMPETIER Romain dit :

    Je vous remercie pour ces précisions indispensables à la compréhension de la philosophie kantienne. J’aimerais pourtant revenir sur un point : Kant considère-t-il de fait que les hommes puissent jamais être libre étant donné qu’ils sont prisonniers de leurs passions et intérêts narcissiques ? Kant conclut-il que l’avènement de l’état de droit, qui se déploie grâce au plan sous-jacent de la Nature s’exprimant sous couvert de l’insociable sociabilité humaine, est le pourvoyeur de la Liberté tant attendue ? Dans le cas échéant, comment justifier plusieurs siècles de sacrifices et de souffrances qui auraient conduit le genre humain vers l’horizon de la moralité et du droit ?
    Cordialement

  19. Simone MANON dit :

    Vous avez de nombreux cours sur Kant sur ce blog pour éclairer votre lanterne.
    Pour ce qui est de la liberté, Kant dit clairement que la terre n’a peut-être jamais porté un seul être moral, autrement dit un seul être se déterminant par la seule loi de la raison. Cf: l’opacité du sujet moral.
    Pour ce qui est de l’Etat de droit, il s’agit d’une Idée pure de la raison non d’un fait possible d’expérience. Cette idée peut et doit réguler l’action des hommes et en particulier des acteurs politiques afin de nous approcher de cet idéal mais prétendre le réaliser dans sa perfection n’est qu’un doux rêve dont les conséquences historiques ne peuvent être que désastreuses. Cf: la république comme idée pure de la raison.
    Kant insiste beaucoup sur les limites de l’espérance politique. Seule une intervention surnaturelle pourrait faire des hommes autre chose que ce qu’ils sont et ils ne seront jamais des anges. Ils sont des êtres sensibles avec les passions et les intérêts desquels il faut compter. Lisez le texte de Kant: le conflit des facultés. Il dit clairement que nous ne devons pas trop espérer des hommes, que leur civilisation est possible mais que le progrès moral (ne dépendant que d’eux) ne pouvant être pensé comme le résultat mécanique du conflit et de la solidarité des intérêts exigerait une nouvelle création de l’homme.
    Cf cette note de Kant: » Il est doux cependant d’imaginer des constitutions répondant aux exigences de la Raison (notamment au point de vue du droit mais il est téméraire de les proposer et coupable de soulever le peuple pour abolir ce qui présentement existe)…Espérer un jour, si tard que ce soit, l’achévement d’une création politique comme on l’envisage ici est un doux rêve; on peut toutefois non seulement penser qu’il est possible de s’en rapprocher toujours davantage, mais, dans la mesure où elle peut s’accorder avec la loi morale, c’est même un devoir non pas des citoyens, mais des chefs d’Etat d’y travailler »
    Kant dit même que l’achévement de l’histoire, la paix universelle serait pour l’humanité un risque de mort. Celle-ci développe ses aptitudes dans le risque, le conflit. Le perfectionnement de l’humaine nature se conçoit comme processus dynamique non comme réalité statique. D’où l’ambiguïté des jugements de notre philosophe sur la guerre.
    Bien à vous.

  20. Fanny dit :

    Notre prof de philosophie nous a conseillé se site ainsi que deux autres, mais c’est exclusivement celui la qui m’a servit car en plus des cours qui sont compréensible par nous les éleves, le site est très clair et on ne s’y pert pas (somaire, etc…) ! Un grand merci pour vos cours qui m’ont éclairé ( tous ceux que j’ai lu ne m’ont pas servi mais me serviront pour plus tard, je pense) et aider.
    Soit dit en passant, merci aussi pour la compréension du texte de Kant qui est assez complexe, mais intéressant une fois compris.

  21. Simone MANON dit :

    Votre message est bien sympathique Fanny mais enfin vous n’êtes pas dispensée d’un minimum de correction de l’expression. Il vous faudra vraiment surmonter cette faiblesse si vous ne voulez pas compromettre votre réussite scolaire et professionnelle. Suivez mon conseil. Réapprenez les règles élémentaires de la grammaire et vérifiez l’orthographe des mots en utilisant régulièrement le dictionnaire.
    Ex: « nous a conseillé »: a conseillé qui? nous> conseillés.
    m’ont éclairé: ont éclairé qui? Moi Fanny > éclairée.
    m’a servit> m’a servi
    Dans ces cas et dans d’autres, vous ne maîtrisez pas la règle de l’accord du participe passé conjugué avec le verbe avoir. Revoyez la règle.

    on s’y pert> on s’y perd (verbe perdre et non pertre)
    compréhension, compréhensible> dictionnaire

    Cet effort vous servira pour toute votre vie car l’expression est souvent un motif de sélection dans le monde du travail.
    Bien à vous.

  22. Chloe.H dit :

    Bonjour , je souhaite remercier la personne ayant crée ce site. Quel travail !! Il m’a vraiment permis de beaucoup mieux cerner le texte ( que je n’avais pas compris ) mais il reste certains points a éclaircir comme : l’auteur fait-il un éloge cynique des qualités d’insociabilté de l’Homme ou bien est-ce un jugement amoral ?
    D’autre part , les défauts de l’Homme apparaissent-ils comme dépassables dans ce texte ?

    Merci d’avance pour la lumiere que vous m’apporterez grâce a vos connaissances sur le sujet .

  23. Simone MANON dit :

    Non, Chloe, Kant ne fait pas un éloge cynique de l’insociabilité. Il analyse avec beaucoup de réalisme ce qu’il en est de la nature humaine et il établit que ce qui peut être condamné moralement a néanmoins des effets bénéfiques sur le développement de la civilisation.
    On n’éradique pas la nature, en revanche il est permis d’espérer que la civilisation de l’homme permette sa moralisation. Mais l’effort moral engage la liberté des individus et rien ne garantit qu’ils en fassent un usage moral.
    Il y a beaucoup de cours sur Kant sur ce blog. Vous pouvez vous y reporter.Voyez aussi:est-ce un devoir d’être cultivé?
    Bien à vous.

  24. Alexandre.P dit :

    Bonjour Madame Manon,

    Avant tout, merci d’avoir éclairé ma lanterne sur ce texte car je ne comprenais pas cette théorie. Il se trouve que j’ai une question à vous poser, mon professeur de Philosophie nous a posé cette question en cours : « Selon quel modèle l’insociabilité et la sociabilité sont-elles présentées dans ce texte ? « . J’ai beau chercher je ne vois pas ce qu’il nous demande de trouver dans cette Proposition.
    Merci d’avance pour votre réponse, veuillez agréer l’expression de mes sentiments les pus distingués,

    Alexandre

  25. Simone MANON dit :

    Sauf exception, je n’interviens pas dans le travail des élèves, Alexandre.
    Pour répondre à votre question demandez-vous si la sociabilité et l’insociabilité ne doivent pas être rapportées à deux dimensions différentes de l’humaine nature.
    Bien à vous.

  26. I'mSoHeavy! dit :

    Quel aurait été le sort des hommes sans la tendance à l’insociabilité ?
    Pouvez vous m’éclairer sur cette question… SVP

  27. Simone MANON dit :

    Belle question qu’il faut vous dépêcher de méditer.
    D’une certaine manière la proposition kantienne ci-dessus expliquée fournit les arguments essentiels. Il vous suffit de faire l’effort de les comprendre.
    Bon travail.

  28. AudreyM dit :

    Merci beaucoup pour ces éclairements! Très bien rédigé, agréable à lire ! En terminale, j’ai compris facilement en 30 minutes, au lieu de m’acharner sur le cours de mon prof. Merci!

  29. jean paul basani dit :

    j’apressi ctte histoire car ses sont deboone idée philosophique
    mrci et courage à tous ceux qui contribue à cet oeuvre

  30. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je suppose que la langue française ne vous est pas familière, aussi ai-je passé ce message pour vous aider dans la conquête de la maîtrise de l’expression.
    Permettez-moi de reformuler votre message:
    « J’apprécie ce cours (ou cette analyse) car ce sont des idées philosophiques pertinentes.
    Merci et tous mes encouragements à ceux qui contribuent à cette oeuvre ».
    Bien à vous.

  31. Firas dit :

    Nous vous remercions pour tous les cours que vous mettez à notre disposition.
    Dans cet essai Kant déclare que le moyen par lequel l’espèce humaine est en mesure de quitter cet état de « folie », de « méchanceté et de soif de destruction puériles » est grâce à l’établissement d’une Société des Nations cosmopoilte. Celle-ci sera dans une certaine mesure capable d’effacer les égoïsmes nationaux. Ce dessein achevé, l’Humanité atteindrait son plus haut degré de progrès selon lui. Néanmoins ne sommes-nous pas face à une contradiction puisque Kant estime que notre espèce doit être en perpétuelle évolution ?
    Cordialement.

  32. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Permettez-moi d’attirer votre attention sur la confusion de votre propos.
    Si finalité de l’histoire humaine, il y a, comme Kant nous demande de l’espérer, ce n’est pas celle qui consiste à devenir autre que ce que l’on est. L’insociabilité est une tendance naturelle, au même titre que la sociabilité, c’est-à-dire un trait de la nature humaine. On n’éradique pas la nature. On ne peut que la discipliner, la développer, la civiliser ou la cultiver ( Voyez que Kant distingue clairement l’idée de civilisation et celle de moralisation).
    Il montre que le processus par lequel l’humanité développe les dispositions de sa nature ne doit rien à un projet conscient et volontaire mais tout au conflit et à la solidarité des égoïsmes. D’où le recours à l’idée d’un dessein de la nature ou d’une providence divine.
    Ce dessein doit conduire à l’institution, tant sur la scène intérieure qu’extérieure, d’un Etat administrant le droit universellement. Mais cet état qui doit garantir la paix ne doit pas abolir le danger. Il y a ici une antinomie. L’humanité vise un état de perfection, état statique, cité de Dieu mais cet état serait pour elle la mort. Car pour se dépasser, pour accomplir les dispositions de sa nature, il faut un aiguillon. Cet aiguillon, c’est celui des passions, ( appétit de domination, ambition, cupidité ), principe d’immoralité mais principe de dynamisme.
    Cf. Philonenko:  » Ce danger qui doit subsister signifie notre impuissance à passer d’une histoire dialectique à une histoire méta-dialectique qui serait la cité de Dieu… Il s’ensuit que si l’on peut dans le rêve de la raison penser une histoire méta-dialectique ou infra-dialectique, l’Idée de l’humanité comme mouvement dialectique infini est celle de l’humanité non pas triomphante mais militante ».
    Bien à vous.

  33. sylvain dit :

    Bonjour , fiche de lecture tres interessante.

    Je viens de lire les deux ouvrages majeurs de Francis Fukuyama . ( la fin de l histoire ; l orgine du premier homme ). Ce type la est simplement brillant , je suis tres impressionne par la puissance de ses idées qui fait de lui selon moi un penseur total ( macroéconomie, philosophie, psychologie, sociologie, sciences politiques). Ses ouvrages concernent davantage des thèmes de sciences politiques . Il tente d expliquer( tres brillamment ) que la démocratie libérale est la fin de l Histoire ( avec un grand H c est a dire a comprendre plutôt comme la fin des idéologies plutôt que la fin des événements ) . Sa thèse que je résumé ainsi est que le développement économique implique la maitrise de la physique qui permet a la fois la conquête économique et le progres ( comprendre comme la maitrise les innovations et la science en général, rôle des innovations chez Schumpeter…. ). Or , selon lui toujours , il ne peut y avoir de cyclicité dans le progrès a moins d effacer la mémoire collective dans une catastrophe exogène comme un accident nucléaire ou une météorite . Ainsi l homme ne peut pas consciemment revenir a un état de la société moins evolue pour la simple raison qu un autre état ou une autre société s en servirait comme instrument de puissance et donc de domination sur l autre.Se pose maintenant la question de savoir quel est l environnement politique qui permet au progrès et aux innovations de mieux s épanouir . Par des exemples empiriques ( urss, chute des dictatures Amérique latine, développement et évolution politique du Japon et de la Corée du sud apres une phase autoritaire …) , le progrès et la maitrise de la science ne peuvent s exercer que dans un environnement laissant la place aux libertés individuelles permettant la créativité et l imagination . Ainsi sont réunies de manière assez remarquable trois briques d idées : la science , le développement économique , la démocratie libérale . Quel est donc le rapport avec votre papier ????? Pour Fukuyama , l établissement de la démocratie libérale a pour corrolaire l abaissement du thymos platonicien au profit des deux sources de l âme restantes le désir et la raison ( calcul coût / avantage ). Qu est ce que le thymos pour lui ? Dans une perspective kantienne et/ou hégélienne il affirme que c est le besoin de reconnaissance propre a la nature humaine ( qui prend conscience de soi a travers le regard des autres ). Besoin qui n est pas guide par une reconnaissance matérielle mais par une reconnaissance extra materielle ( gloire , courage ). Il rejoint ainsi la vue nietzchienne selon laquelle dans la Societe moderns il n y aurait plus d Hommes courageux. Que pensez vous de cette these de l abaissement de thymos dans la Societe moderne ( et donc des ideaux au profit d une realite materielle ),qui est au Coeur de la nature intrinseque de l homme ainsi que vous l avez ecrit par d autres mots avec votre exemple kantien?

  34. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Fukuyama a bien su exploiter la thèse hégelienne à la mode Kojève et certaines intuitions nietzschéennes. Son succès a été mondial en 92 et l’on a beaucoup commenté.
    Depuis sa lecture pessimiste du mouvement historique s’est approfondie. Et de fait comment ne pas être sensible à la dérive nihiliste des démocraties libérales ? Cela a-t-il à voir avec l’effondrement de l’ardeur thymique et conséquemment avec le dégoût que ne peut manquer de susciter une humanité dont l’horizon est la satisfaction des besoins matériels, la relative sécurité et la reconnaissance de la personne, abstraction faite de sa valeur concrète? Je ne sais pas.
    Je ne trouve pas qu’en France surtout, le thymos soit si anémié que cela. Il me semble jouer à plein régime dans la haine, l’envie et la jalousie qui s’exhibent chaque jour sans vergogne et dans lesquelles Tocqueville voyait les effets pervers de la démocratie. Philisppe d’Iribarne a bien analysé cette étrangeté française. https://www.philolog.fr/le-desir-de-reconnaissance-est-un-desir-desclave-nietzsche/ et Fukuyama ne méconnaît pas la menace qu’incarne la passion égalitariste pour la démocratie.
    Si l’ardeur thymique ne peut pas se satisfaire par les voies ouvertes par l’économie de marché et la tolérance des hommes à certaines hiérarchies, l’ennui, le dégoût sont au rendez-vous et comme Baudelaire l’a bien vu, l’ennui enfante souvent la cruauté, et toujours les compensations orgiaques.
    Avec les vrais dangers croîtront à nouveau les ressorts de la vertu humaine qui sont toujours liés à une idée juste de ce qui fait la dignité humaine. Et il n’a jamais suffi pour être digne d’être un membre de l’espèce humaine, c’est-à-dire un animal soucieux de satisfaire des besoins et de vaquer tranquillement à ses affaires privées.
    Comme on n’éradique pas la nature humaine et son fonds passionnel, nul doute que l’histoire nous réserve des surprises. La régression anthropologique telle que l’a stigmatisée Philippe Muray, ne peut pas en être le dernier acte.https://www.philolog.fr/la-regression-anthropologique-philippe-muray/
    Bien à vous.

  35. sylvain dit :

    Si je peux me permettre une reflexion, je pense que la politique est le lieu par essence de la manifestation de l humeur thymique . L idee de l interet général propre a chaque politicien a pour corrolaire une volonte de toute puissance . On juge un politicien sur sa capacité de donner ( comprendre de la croissance economique) comme autrefois un chef tribal aurait donne la capacité de survivre à son groupe. Ainsi l ame du politicien est intrinsequement faite de deraison laissant la part belle au thymos. Or , et c est la l apport de fukuyama dans ce ce que j en ai compris, la democratie liberale moderne borde le pouvoir que ce soit de facon organique ( souvenons nous de la phrase de Montesquieu selon laquelle le pouvoir limite le pouvoir) en creeant des instances constitutionnelles ( tribunal de kalrshrue en allemagne, cour supreme aux usa , prerogatives du conseil constitutionnel francais qui ne font qu augmenter , ce qui aurait provoquer le courroux du general de gaulle avec son gouvernement des juges ) . Phenomene d autant plus amplifié par la matrice economique qui fait la part belle au fonctionnement supraetatique ( marches financiers , organisations internationales type Omc …). L impuissance à realiser les missions d interet general ne sont que le symbole de l affaiblissement du thymos en France ….ou ailleurs dans le milieu politique . Ce qui suscite un desinteret croissant pour ne pas dire une haine parfois profonde de l etat et de la politique voire meme ce qui explique une recomposition des stratifications sociales vers des groupes ou existent justement ce thymos ( fondamentalisme religieux pour l identite collective ou groupes sur l identite sexuelle pour l identite individuelles ). Car si le thymos a disparu de l ame des politiciens allant dans le sens d une regression anthropologique que vous avez mentionnee, il n est pas pres pour autant de disparaitre de l ame humaine.

  36. Simone MANON dit :

    Permettez-moi de ne pas rebondir sur votre propos car un certain nombre de vos affirmations ne me paraissent pas fondées (en particulier les premières propositions de votre message) et d’autres me demeurent inintelligibles.
    Bien à vous.

  37. Alex dit :

    Bonjour,
    J’ai lu votre cours, et j’admire beaucoup votre engagement, cette « ambition que de mettre à la portée du plus grand nombre les leçons qui m’ont permis de devenir plus libre. » J’ai actuellement une Explication de texte sur Kant et cette « insociable sociabilité », et je dois dire que votre cours m’a vraiment aidé pour bien cerner les enjeux du texte qui ne sont d’ailleurs pas des plus simples que j’ai étudié jusqu’à présent ! Je vous adresse donc ce message pour vous féliciter, au nom de moi mais aussi au nom de tous ces passeurs anonymes qui lisent et relisent vos cours.
    En espérant que ce petit message, bien que perçu sûrement comme une rengaine parmi tant d’autres, vous expose ma gratitude pour votre prodigieux labeur.
    Bonne continuation.

  38. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message.
    Tous mes vœux de réussite dans cette année d’initiation à la philosophie.
    Bien à vous.

  39. Kwen dit :

    Bonjour,
    Peut-on dans une explication, inverser des arguments, par exemple, dire que l’homme a d’abord tendance à s’isoler, mais aussi à se rapprocher (à l’opposé de ce qu’a écrit Kant) ?
    Merci d’avance.
    Kwen.

  40. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Ce qui compte, c’est surtout d’expliciter les significations.
    A quoi renvoie précisément chacune des deux tendances?
    Reste que le dernier chapitre du texte s’attache à développer les conséquences de l’insociabilité. Si votre exercice consiste à expliquer le texte, l’ordre des analyses est donc imposé par l’argumentation kantienne.
    Bien à vous.

  41. phil hooker dit :

    l’atruisme est le miroir de l’égoïsme
    L’égoïsme n’est ni un défaut ni une qualité.
    La vie, sous toutes ses formes, est l’aboutissement d’une évolution durant laquelle les premières cellules se sont adaptées à leur environnement où la seule loi était, et est encore, de survivre pour perpétuer l’espèce.
    On ne peut pas associer au fait naturel à ce que l’existence soit un combat perpétuel à : une tare, un défaut, ou bien à de l’égoïsme.
    La vie, forcément sociale par le fait qu’elle comporte plusieurs individus, est composée d’arrangements, qui ont pour seul but, de protéger l’individu durant son existence.
    Ainsi l’égoïsme devient une nécessité naturelle. On donne pour recevoir, on aime pour être aimé… et tout l’altruisme que l’on prête à l’espèce humaine, en particulier, n’est en fait que le miroir de l’égoïsme.

  42. Simone MANON dit :

    Bonjour
    L’esprit philosophique et le dogmatisme sont antinomiques.
    Quand on ne voit pas les problèmes de ce que l’on affirme, les certitudes sont conquises à peu de frais.
    Bien à vous.

  43. CINDEEL dit :

    Bonjour, votre cours ma beaucoup aidé à comprendre le sens du texte. Pouvez m’expliquer le sens de la phrase suivante s’il vous plaît :
    « c’est à ce moment qu’ont lieu les premiers pas de l’inculture à la culture »
    Merci beaucoup.

  44. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il me semble que le sens est explicite. Kant décrit le processus par lequel s’effectue le passage de la rudesse et grossièreté naturelles au développement culturel ou au progrès de la civilisation. Il vous suffit de suivre l’explication pour en comprendre les ressorts.
    Bien à vous.

  45. Alex dit :

    Bonjour Madame, pourriez vous m’expliquer ce que veut dire Kant par « source de la résistance que chacun doit nécessairement rencontrer à ses prétentions égoïstes » et « ne donnerait guère plus de valeur que n’en a leur troupeau domestique. » Merci.

  46. Simone MANON dit :

    Bonjour
    L’insociabilité fait que l’homme n’est pas spontanément enclin à se conduire de manière telle que la vie commune soit possible. Il faut donc poser des lois pour faire obstacle à la dimension égoïste et sauvage de la nature humaine. Kant montre que celles-ci ne sont pas posées par les hommes volontairement. Elles leur sont extorquées par leur insociable sociabilité. Il s’ensuit qu’elles rencontrent dans ce qui les a rendues nécessaires (le penchant égoïste) une résistance ou lui opposent une résistance. Tout dépend de quel côté vous vous placez. La loi résiste, fait barrage à la tendance insociable, celle-ci offre une résistance à la loi en étant tentée de lui désobéir.
    Ex: Le droit est un ordre de contrainte. Ceux qui ne veulent pas respecter la loi s’exposent à subir les sanctions prévues par la loi. Ce n’est pas de la bonne volonté des citoyens que l’on attend le respect de la loi mais de l’exercice d’une force publique capable de contraindre les volontés récalcitrantes.
    C’est la capacité morale qui donne à l’humanité sa valeur, son éminente dignité. Voilà pourquoi si les hommes ne la développaient pas, leur existence n’aurait pas plus de valeur que celle de l’animal.
    Bien à vous.

  47. Anais C dit :

    Bonjours, tout d’abord, je dois vous remercier pour votre cours qui m’a beaucoup éclairée. Mais je doute encore sur une notion. J’étudie ce livre et je ne comprends pas vraiment cette note  » une société administrant le droit universellement » (proposition V). Merci d’avance.

  48. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Une constitution civile juste est une constitution dont les lois sont légitimables par la raison. Or la raison est en nous la fonction de l’universel. Comme la formule de l’impératif moral est « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle », la formule du droit pourrait être: édicte des lois telles que leur principe puisse être érigé en loi universelle.
    Bien à vous.

  49. Camille Kour dit :

    Merci beaucoup pour l’exposé de cette théorie kantienne apparemment complexe. Je crois qu’avec ce que je viens de lire, je la comprend mieux et je pourrai travailler sur ça.

  50. Célia dit :

    Merci pour ces explications claires. Un gros plus, qui m’a poussée à poster ce commentaire, pour la petite note à la fin qui donne un exemple de sujet dans lequel ce texte pourrait être mobilisé.
    Bonne continuation.

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