Comment se repérer dans ce blog ?
19 Oct 2007 par Simone MANON
L’ordre des publications est structuré par la conduite du cours dispensé pendant l’année. Celui-ci obéit à un programme officiel comportant un ensemble de notions. Chaque notion est inscrite sous un thème. Ceux-ci- sont au nombre de cinq : Le sujet ; la culture ; la raison et le réel ; la politique ; la morale.
Par exemple : Le sujet inclut une réflexion sur la conscience et l’inconscient, le désir, autrui, l’existence et le temps, la perception. La culture inclut : nature et culture, le langage, l’art, la technique, la religion, le travail, l’histoire. La raison et le réel inclut : théorie et expérience, la démonstration, l’interprétation, le vivant, la matière et l’esprit, la vérité. La politique inclut : la société et l’Etat, la justice et le droit. La morale inclut : la morale, la liberté, le devoir et le bonheur.
Le blog comportera des chapitres, chacun renvoyant à une notion et à un thème. Chaque chapitre comporte une présentation. Un cours a de nombreuses ramifications puisqu’il s’étaye sur des textes et donne lieu à des dissertations. Textes, dissertations, notions définies dans un répertoire appartiennent donc à des chapitres qui sont indiqués.
Pour permettre la familiarisation avec les concepts philosophiques je propose des questions traitées ou non sous forme de dissertation. Là aussi le chapitre est indiqué.
Des dissertations et des explications de texte, épreuves types du baccalauréat supposent des méthodes. On peut donc se reporter aux cours de méthodologie.
Et puis, je me permets des illustrations et des récréations parce que l’intérêt d’un blog est aussi d’ouvrir un espace de liberté.
Je tiens beaucoup aux illustrations dans la mesure où les belles choses ne sont pas que les belles pensées. Ce sont aussi les œuvres d’art comme cette éblouissante Ecole d’Athènes. Je ferai mon miel de tout ce qui pourra réjouir l’âme et les yeux de ceux auxquels je m’adresse.
NB: On pourra lire la légende et connaître la provenance des images en positionnant la souris sur chacune d’elles.
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Enfin de l’ entendement bel et bon sur le fond et la forme ! Bravo pour la clarté et l’ impeccabilité de l’ ensemble . Amicale , sororale , affectueuse et admirative Joyce .
Je vais tenter de vous proposer une synthèse- partiale évidemment – de ce que j’ai lu (passionnément) dans votre blog.
1. Impression d’une suite d’expériences des nons-sens du monde. Face à l’anti-logique du monde : vos propositions de son intelligibilité – par ce qui nous est donné à comprendre et qui repose sur vos structures et vos moments de signification particulière – me semblent importantes La diffraction du sens (mais aussi votre tentative (kantienne ?) de l’unir) se produit sur divers plans et approches qui donnent corps à l’adverse en inversant le sens congestionnel du réel (il faudrait développer mais je condense au maxi pour ne pas vous larder de blablabla).
2. Il n’y a pas de place à une psychologisation de la philosophie chez vous et c’est important (là encore il faudrait développer).
3. D’autre part l’homme n’y est plus roi : il est renversé – envahisseur finalement envahissant mais vaincu. Vos angles d’attaque (si l’on excepte le cours-cours, bénédiction pour vos élèves) sont peut-être décidés en raison même de l’interdit et de l’angoisse que suscitent les hommes en leur pouvoir. A ce qu’ils violent, la philosophe que vous êtes oppose le contredit d’une autre loi : la vôtre. On sent que vous voulez être par vous-même : et le monde que vous déployez (cf. Brasiliation) procède d’un désespoir-défi.
4. Votre travail prendre forme ou plutôt prend fond au milieu du monde (au sens lage) où votre réflexion est jetée (non : dressée). C’est par le choix du ou de ses fonds qu’en consiste le défi. Vous dites notre condition factuelle. Nous croyons en changer mais le change ne fait pas parti du monde dont les hommes croient au mieux « sortir » par l’épreuve de l’esprit. Il n’empêche. Quel que soit le » fond » en ses tournures retorses ou non, l’être dans sa prétention est toujours aussi vide de lui-même. Contour rien que contour.
5. C’est pourquoi les êtres debout dont vous appelez en filigrane l’existence et à l’existence sont des figures infiniment plus étranges et plus fantastiques que des monstres. Leur » vide » ne dément-il de fait l’idée même de projet ? Si je pousse votre pensée dans sa logique jusqu’au bout existe-t-il encore des actions qui se produisent afin de les mettre chacun en rapport avec les autres ?
6. Enfin dans votre recherche vous ouvrez par la bande à une question essentielle : à quelle temporalité appartiennent-ils, à quelle temporalité appartenons-nous encore ?
(Je « gauchis » un peu dans le noir votre recherche, mais c’est là ce que vous soulevez peut-être même à votre insu : il arrive au (à la ) philosophe que sa pensée dépasse sa pensée (Deleuze et Maldiney – ce dernier étant pour moi un grand philosophe trop méconnu – ont a dit des trucs pas mal là-dessus.
Cordialement.
Continuez.
Merci de vos encouragements.
Mais qu’entendez-vous par monstre? La chimère ou le tératome? Ni dans un cas, ni dans l’autre je ne pourrai vous suivre. Certes, j’ai essayé de hisser l’homme au niveau d’une subjectivité transcendantale. Je l’ai dépouillé d’une psychologie et d’une temporalité car je me suis efforcée de l’élever à ce qu’il a d’universellement humain. Mais je n’ai jamais dit que l’universel abstrait n’est pas ce qui se singularise sous forme concrète. Au fond je tente d’être fidèle à la leçon de mes maîtres et j’ai appris de Merleau-Ponty que: »le philosophe est l’homme qui s’éveille et qui parle, et l’homme contient silencieusement les paradoxes de la philosophie, parce que, pour être tout à fait homme, il faut être un peu plus et un peu moins qu’un homme » Eloge de la philosophie
Chère manon,
bien sûr vous reportez à la version corrigée par J. Couturier. J’écris toujours dans l’intensité et je ne rabote pas. Un seul regret : que le mot passionnément aît sauté dans la bonne version.
Mon amitié et vous prie de m’excuser pour les fautes.
Bonjour, j’orai aimer commenter le texte:
« L’âme, c’est ce qui refuse le corps.Par exempl,ce qui refuse de fuir quand le corps tremble,ce qui refuse de frapper quand le corps s’irrite,ce qui refuse de boire quand le corps a soif,ce qui refuse de prendre quand le corps désire,ce qui refuse d’abandonner quand le corps a horreur. Ces refus sont des faits de l’homme. Le refus total est la sainteté;l’examen avant de suivre est la sagesse,et cette force de refus, c’est l’âme.Le fou n’a aucune force de refus;il n’a plus d’âme.On dit aussi qu’il n’a plus de conscience,et c’est vrai.Qui cède absolument à son corps, soit pour frapper, soit pour fuir,soit seulement pour parler,ne sait plus ce qu’il fait ni ce qu’il dit.On prend conscience que par opposition de soi à soi.Exemple:Alexandre à la traversée du désert reçoit un casque plein d’eau;il remercie et le verse par terre devant toute l’armée.Magnanimité;âme, c’est à dire grande âme.Ce beau mot ne désigne nullement un être,mais toujours une action. »(ALAIN)
Je n’arrive pas a trouver la these..et un plan discutable. Merci de me repondre.
Bob
Il se trouve que ce texte est commenté dans ce blog sous le titre: un exemple d’explication de texte. Mais il va de soi que je n’ai pas ouvert un blog pour que les élèves se croient dispensés de fournir l’effort personnel sans lequel on ne peut conquérir aucune compétence. Utilisez mon commentaire comme une aide, non comme une invitation à la paresse ou à la facilité.
Chère madame Manon je trouve enfin le temps de jetter un coup oeil à votre blog. Je retrouve avec nostalgie mon année de philo de terminale. Merci pour votre cours sur l’épistémologie qui m’a sauvé en médecine! Avec vous je regrette que le cours sur le langage ait été supprimé du programme de terminale, il serait bien utile pour vos élèves qui choisissent de faire médecine à Grenoble!
Cordialement
Alice
Chère Madame,
Comme vous me l’avez proposé, j’ai transmis vos coordonnées à Hélène.
C’est la 1ère fois que je consulte » un blog » … c’est curieux … j’y reviendrai certainement.
Amicalement.
Chère Madame Manon,
C’est par hasard (en cherchant à me souvenir de ce qu’Aristote dit de l’homme qui vit hors de la cité…) que je viens de « tomber » sur votre blog. J’en remercie Google et je tiens à vous dire que vos propos sont toujours aussi lumineux pour moi.
Cordialement,
Ada Smaniotto.
bonjour madame
je voulais savoir si vous autorisiez que l’on vous rendent des copies tapées à l’ordinateur.
merci d’avance pour votre reponse
Oui. Mais à titre exceptionnel car vous devez apprendre à écrire correctement.
Bonjour,
J’ai découvert votre site il y a quelques mois un peu par hasard.
Je trouve votre travail remarquable même si en tant que professeur de sciences physiques je ne sois pas très qualifié pour juger le fond.
Cela m’a donné envie de mettre la barre un peu plus haut et de proposer à mes élèves qualquechose de ce type.
Questions:
Quel est l’apport constaté pour vos élèves ?
Qu’en avez vous retiré à titre personnel ?
Quel outil utilisez vous pour le produire ?
Merci et bon courage pour la suite
Merci pour votre sympathique commentaire.
Pour ce qui est de votre première question je ne suis pas en état de vous répondre avec précision. L’intérêt était de faire le cours sans se préoccuper de la prise de notes puisque les élèves disposent du cours écrit correctement et peuvent donc rectifier et compléter leurs notes. Je ne suis pas sûre que cet aspect fonctionne bien. Mes classes sont cette année très hétérogènes. Il y a certainement beaucoup d’élèves qui ne vont pas sur le blog et comme je n’ai pas été directive pour la prise de notes, je crains le pire pour eux.
L’intérêt était aussi de diminuer le nombre des photocopies étant donné qu’il était question de restriction budgétaire sur ce point.
Je ferai le bilan après les résultats au bac. Bilan qui sera difficile car d’autres paramètres doivent être pris en considération comme le niveau des classes.
A titre personnel il faut dire que je n’ai pas eu le temps de faire autre chose. Si j’avais imaginé le travail que cela impliquait, sans doute ne me serais-je pas embarquée dans cette aventure. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas fermer ce blog car ne sachant pas faire les choses à moitié, si je continue, je me prépare une nouvelle année de bagne.
Mais c’est intéressant intellectuellement, pour le travail d’écriture, pour les lectures qu’il faut faire ou refaire, etc.
Pour l’outil j’ai la chance d’être aidée par un de mes anciens élèves qui a aujourd’hui une entreprise d’informatique. C’est lui qui a choisi WordPress et si vous avez des questions à lui poser je suis sûre qu’il vous répondra avec précision. Il est très compétent. Vous pouvez utiliser ce canal. Il a accès à l’administration du site.
Avec tous mes voeux pour la fin de l’année.
Bravo pour ce site et toutes les analyses claires et pénétrantes. Je m’apprête à animer un café philo en banlieue parisienne et je sens que je vais puiser largement chez vous.
Merci
Je suis très sensible à l’appréciation d’une collègue. Si ce blog peut vous être utile vous m’en voyez ravie.
Tous mes voeux pour que ce café philo soit un espace où se défont les préjugés et s’éprouve le bonheur de penser.
Merci pour votre réponse.
Pour être complet, mes questions avaient pour toile de fond mon expérience passée en matière de site pédagogique.
Il y a 3 ans, pour diminuer moi aussi le nombre de photocopies et pour que chaque élève ait à sa disposition un cours propre et de bon niveau, je me suis lancé dans la création d’un site web assez ambitieux.
Malgré toute ma bonne volonté , il fut loin de ce que j’avais projeté . Il n’en constituait pas moins un bon outil.
Du point de vue des élèves, ce ne fut pas le cas. Avoir à imprimer les documents supplémentaires à partir de mon site fut ressenti comme une source d’injustice pour les « malheureux » ne pouvant avoir accès à internet (Nota il y plusieurs dizaines de PC en accès libre au lycée)
De plus beaucoup élèves ont trouvé désagréable de ne pas être obligés de copier en classe mais d’être obliger de participer à des activités de recherches et donc de réfléchir !!!
Après avoir arrêté par dépit pendant 2 ans , j’ai repris cette année avec une formule très allégée. http://perso.numericable.fr/frsugnot/
Je compte l’étoffer un peu l’an prochain avec des éléments supplémentaires destinés aux élèves les plus curieux. C’est très difficile à admettre lorsque l’on est pédagogue tant il y a de pessimisme et de renoncement dans cette maxime réaliste mais plus les années passent plus je pense qu’ « on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif ». Je mets donc une bonne part de mon énergie en classe pour assoiffer les plus réticents. Pas évident à moins de monter sur la table, raconter toujours plus d’anecdotes. Le côté « ONFRAY » ne me plait pas. Il y a trop de condescendance pour moi dans cette attitude de ceux qui ont été formés par les meilleurs, avec rigueur à renier ce qui leur a permis de s’élever.
De toutes façons, je ne compte pas laisser la possibilité aux élèves, aux parents, aux internautes de me poser des questions, de me faire part de leur remarques.
Ce peut être intéressant mais cela est trop énergivore.
Pour finir, ce qui m’intéresse aujourd’hui dans la publicité qu’oblige le site web est cette promesse que je me fais de ne pas me laisser aller, en proposant un enseignement dont la qualité du contenu n’est pas en cause.
Bon courage pour la suite et encore merci pour la clarté et la richesse de ce que vous avez mis sur votre site. Il y a vraiment matière à penser…
Je constate que nous avons la même expérience. Moi aussi j’ai été mise en cause au début de l’année dans une réunion de parents-professeurs pour l’ouverture de ce site. Coupable d’injustice bien sûr … alors que les deux seuls élèves, dans la classe concernée, ne disposant pas d’internet étaient pris en charge par un copain ou à défaut était prévenus que je leur ferais des tirages.
Ce matin il y en a même un qui a mis sur le compte du blog le fait qu’il n’a pas pu prendre de notes en cours! … La mauvaise foi n’a pas de limite pour certains.
J’avoue que cette expérience est nouvelle pour moi car dans l’ensemble de ma carrière, j’ai été un professeur heureux m’adressant à des élèves attentifs et soucieux, pour un certain nombre d’entre eux, de conquérir l’excellence.
Je suis très heureuse de lire le jugement que vous portez sur Onfray.
La mode est au café philo plus qu’à une formation philosophique rigoureuse. L’excellence intellectuelle a un parfum de nostalgie aristocratique et, comme Tocqueville a si bien su l’analyser, c’est insupportable à l’âge démocratique.
Je pense qu’il ne faut pas renoncer, ne serait-ce que pour l’honneur de l’esprit. Mais enfin cela ne dispense pas d’être réaliste. Vous avez parfaitement raison: « on ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif ».
C’est pourquoi le refondation de l’école est urgente. Réenseigner les fondamentaux, la rigueur, la discipline dès le plus jeune âge. Ne passer dans la classe supérieure que lorsqu’on a assimilé les savoirs qu’elle requiert. Bref revenir au bon sens. Cela évitera de condamner les correcteurs du baccalauréat à un mensonge institutionnel.
Nous exerçons un très beau métier. Il faut juste regretter qu’il ait été corrompu par les marchands de soupe.
Cordialement.
Je suis intéressée par votre expérience et aimerais donc vous rencontrer pour faire un article, rapidement. Etes-vous d’accord ?
Je suis disponible prochainement. A bientôt le plaisir de vous rencontrer.
Bonjour, entreprenant des recherches universitaires sur les effets sociaux des TIC après de nombreuses années d’exercice professionnel, j’ai découvert votre blog en associant dans Google des mots autour de neutralité et technique. C’est un réel plaisir de découvrir votre travail et la générosité de votre démarche qui à n’en point douter « élève » son lecteur.
Bravo et merci.
Merci pour ce sympathique message. Je suis bien curieuse de connaître les effets sociaux des TIC car je suis totalement ignare sur cette question. Si vous pouviez en quelques mots éclairer ma lanterne je vous en serais reconnaissante.
Avec mes meilleures pensées.
Avec plaisir. En voici un bref résumé :
La fusion de la machine de Türing et du téléphone de Graham Bell, en engendrant les techniques de l’information et de la communication, a créé un séisme numérique qui bouleverse nos sociétés. A tel point que certains auteurs évoquent un nouvel âge axial. La logique des marchés financiers aujourd’hui dominante, qui se nourrit des TIC, propage une culture de l’urgence dans toutes les sphères de la société. Ce renversement de notre rapport au temps favorise l’émergence d’un homme immédiat, réactif, sans passé ni perspectives.
Il n’y a pourtant aucune fatalité dans l’usage que nous faisons des techniques que nous inventons. La culture de l’urgence et des TIC peut être utilement décryptée, ses éléments contextuels analysés, de façon à séparer l’indispensable et l’inutile, la contrainte et le malléable. Ces travaux préalables sont de nature à permettre l’élaboration de mesures contribuant à mieux asservir les techniques à des projets véritablement humains et de réintroduire du sens commun dans nos sociétés, plutôt que de nous retrouver au service de nos instruments et de « processus-démiurges » dont nous sommes fondés à interroger la destination.
Et sur ce plan, il y a peut-être urgence !
Merci pour ces éclaircissements.
Je me permets de préciser pour mes élèves.
TIC signifie technologies de l’information et de la communication.
A ne pas confondre avec TOC: Trouble obsessionnel de comportement, ni avec Tic: Trouble du comportement caractérisé par un geste automatique et inadapté.
Mais à observer les comportements liés à l’usage du téléphone portable ou de l’internet (addiction), il est peut-être possible d’établir un rapport entre les deux registres….
Bonjour. Je n’ai pas trouvé sur le site d’adresse de courrier pour communiquer directement avec vous. Aussi, je me suis permis sans votre accord de mettre en avant votre expérimentation sur mon blogue :
http://embruns.net/logbook/2008/06/06.html#006558
J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur et je vous souhaite une prochaine année de bagne, car il me semblerait dommage d’arrêter ainsi. Nul doute que pas mal d’enseignants seraient curieux d’avoir votre retour d’expérience.
Bonjour, c’est avec un grand bonheur que je vient de découvrir votre blog. Je trouve votre démarche absolument fantastique, j’aurais tant aimé profiter d’un tel outil lors de mes cours de philosophie en terminale. Je n’ai que 22 ans, ce n’est donc pas si loin, mais de toute ma scolarité « pré-bac », la philosophie est la matière qui m’a le plus durablement marqué : elle m’a donné le goût de penser (chose que l’on n’oublie d’apprendre aux élèves je trouve), et en cela a influé tant sur mon approche des choses de la vie que sur ma façon d’étudier. En cela je trouve votre démarche extrement intéressante, dans le sens où le temps de cours n’est pas consacré à la prise de note mais au débat, je suis étonnée que vos élèves ne goûtent pas cette liberté. Comme je vous le disais plus haut, je pense que cela est sans doute du d’une part, comme vous le notez très justement à l’abaissement sans fin des exigences en matière scolaire, mais aussi au fait que durant toute notre scolarité on ne nous apprend pas à penser véritablement, à exercer notre sens critique, à s’interroger, à réflechir. Ces deux éléments ne sont peut etre pas déniés de lien à vrai dire. Enfin, une dernière qualité à mettre au crédit de votre démarche à mon sens, cela constitue un très bon avant goût de ce à quoi seront confrontés vos élèves qui iront à la fac. Cela leur apprend à faire preuve d’initiative, à se débrouiller par eux meme. Et sur ce point là aussi, il y a fort à faire en matière d’éducation, il n’y a qu’à voir les taux d’échec en première année de fac qui, à mon sens, sont en grande partie dû à l’immense fossé qui existe entre l’enseignement au lycée et l’enseignement à la fac, qui aboutit à ce que de nombreux étudiants soient littéralement perdus, ne comprenant ce que l’on attend d’eux.
Voilà, encore bravo pour ce blog et merci !
Bonsoir Laurent
J’ai consulté avec intérêt l’échange suscité par votre message concernant mon blog. Que veut dire la personne parlant de la capacité de disposer des notes du professeur pendant l’épreuve?
Je voudrais préciser que le préjugé selon lequel un élève de S est par définition antiphilo n’est pas du tout fondé. J’ai eu pendant ma longue expérience des classes de S merveilleuses. Des esprits curieux, rigoureux, réfléchis. Un vrai régal pour un professeur de philosophie avec des collections de notes entre 15 et 19 au bac.
Que chacun ait le souci de ne pas penser l’expérience universelle à partir de la sienne, nécessairement étroite. Et hommage à tous ces élèves de S qui aiment l’excellence.
Bonsoir Célia
Merci pour votre aimable message.
En réalité il n’y a pas eu beaucoup de débats dans mon cours parce qu’il faut faire comprendre les analyses des grands auteurs et que les élèves ne prennent pas volontiers la parole, dès lors qu’on porte la réflexion à un certain niveau. Je leur ai donné les outils intellectuels pour débattre. J’espère que désormais ils entreront dans le débat public avec le minimum de rigueur conceptuelle et de sens du problème qu’est censée apporter l’initiation philosophique. A défaut, l’échange renvoie surtout l’écho des opinions, des affrontements idéologiques ou des complaisances narcissiques. Ne pensez-vous pas que la tâche d’un professeur soit aussi de faire découvrir que le détour par la pensée des grands maîtres est la manière la plus féconde de s’approprier la sienne? Ne serait-ce que parce que cela cultive chez ceux qui jouent le jeu le sens du désintéressement et de la modestie.
Avec mes meilleures pensées.
Bonjour,
Vous dites qu’un de vos élèves vous a reproché de ne pouvoir prendre de notes. Est-ce parce que vous interdisez à vos élèves de prendre un stylo en main, de peur de les voir commencer leurs devoirs de maths ou de physique ? Il me semble au contraire, qu’il faudrait permettre aux élèves qui le désirent de prendre des notes complémentaires.
Concernant les sections S dont je suis issu. La matière est nouvelle, le coefficient au BAC est faible, et on ne la retrouvera plus post-BAC. Autant de raisons de ne pas s’y intéresser. Pourtant votre expérience vous montre que ce n’est pas forcémment vrai. En réalité, tout étudiant arrivant en terminale se demande à quoi va ressembler cette nouvelle matière. Si d’aventure lors des premiers cours le professeur n’arrive pas à intéresser les elèves à la nouvelle matière (ce qui fut mon cas), il ne feront aucun effort pour s’y intéresser plus. Au contraire, si vous parvenez à les intéresser, et sachant que les meilleurs élèves se trouvent dans ces sections, je pense qu’il est effectivement possible d’obtenir un bon résultat.
(en réponse à Thierry Venin et à notre hôte)
En effet, beaucoup s’accordent à penser que l’apparition des susnommés TIC change assez dramaticalement la façon dont nous interragissons, modelons et appréhendons le monde. Mais cela est-il uniquement réifié par cette culture de l’instant que vous mentionnez ? Ne peux t-on voir l’apparition de ces outils aussi comme une formidable opportunité d’évolution? En effet, l’apparition de ces TICs — et plus particulièrement les possibilités de mémoire et de communication globalisé qu’ils permettent — porte en elle les germes de la culture de l’immédiat, elle ne saurait se résumer à ça. Si l’on considère l’invention de l’écriture, qui a permis la planification et une augmentation des capacités de mémoire des sociétés, et ce faisant permis la société bureaucratique, on ne saurait affirmer que ce fut la son seul effet.
Je vous invite à regarder une intervention de Michel Serres sur le sujet qui porte un regard optimiste sur ces évolutions :
http://www.inria.fr/40ans/forum/video.fr.php (vidéo 4, ou retranscription écrite)
bien à vous.
Merci pour cette intervention et le renseignement.
Bonjour Etienne et merci à notre hôte d’héberger ce débat.
Michel Serres est effectivement généralement passionnant. Ma thèse (sous tendue par 25 ans d’activité professionnelle dans les TIC) est qu’il n’y a pas lieu à optimisme ou pessimisme mais à vigilance démocratique.
Les hommes et les femmes souffrent de plus en plus dans des organisations désorientées. Il y a probablement urgence à réintroduire (un peu) de temps long et à calmer le jeu quand c’est possible (cela ne l’est hélàs pas toujours).
Le fait que le stress au travail devienne un débat de société – et les TIC sont sous-jacents – est certainement une bonne chose.
Le peu de maîtrise assumée par les pouvoirs démocratiques sur les techno-sciences est préoccupant (voir les travaux de Nicole Aubert, Edgar Morin et d’autres).
Mon projet est de parvenir à séparer l’idéologie positiviste qui accompagne trop souvent les TIC, séparer les vraies contraintes des fausses pour que l’homme au travail reprenne la main.
Meilleurs sentiments,
Thierry
Oops + les passionnants et très actuels ouvrages de Jacques Ellul (notamment « Le Bluff technologique »
Bonjour madame,
j’ai une qustion est-ce que vous avez des informations sur le don et le contre-don?
Il me semble que l’Essai contre le don de Pascal Séverac pourrait vous intéresser. Je n’ai lu que la présentation qu’en propose le site: la vie des idées qui est en lien sur ce blog.
Bonjour Madame,
Je viens de découvrir votre blog et je tenais à vous informer que je l’ai ajouté à mes favoris. Je suis une mère de famille de 54 ans et j’ai un métier bien éloigné du votre. Cependant, il se trouve que je m’intéresse beaucoup à la philosophie. J’ai tout simplement envie d’apprendre, de me cultiver, et de trouver, peut-être, une réponse à toutes mes interrogations sur le sens de la vie. Je dois bien l’avouer, je ne sais pas trop comment m’y prendre, le sujet étant tellement vaste. J’ai recherché du côté des universités populaires mais elles ne sont pas très actives dans ma région (Nord-Pas de Calais). Certains cours sont donnés à l’université d’Arras, mais en semaine. Rien en fin de journée ou le week-end. Grâce à votre blog, j’ai déjà, me semble t’il, un bon point de départ et je tenais à vous en remercier. Vous réalisez un travail formidable, désintéressé, et je ne doute pas que vous soyez « une passionnée ». J’espère que vos élèves apprécie la chance qu’ils ont.
Bien cordialement.
JD
Merci Madame pour ce sympathique commentaire. Il ajoute quelque chose à la luminosité de la lumière qui baigne aujourd’hui le paysage méditerranéen. Vous avez compris que ce blog est essentiellement celui d’un professeur, c’est-à-dire d’un éveilleur des consciences et d’un passeur. Mettre à la portée de tout le monde des significations que l’on ne s’approprie pas en un jour, telle a été ma préoccupation pédagogique constante. Ces cours de philosophie n’apporteront pas un sens à votre vie mais ils vous permettront d’en construire un patiemment en étant fécondée par de grandes paroles qui font la richesse de la civilisation.
Dans un monde si soucieux d’évacuer la question du sens, si infantile et si peu critique dès lors qu’il ne s’agit pas des critiques convenues, il est bon de fréquenter les grands auteurs, non pas pour éteindre l’inquiétude d’un chercheur de sens mais pour s’assurer que c’est là le sel de l’humanité.
En espérant répondre à vos attentes, bon courage pour votre parcours philosophique.
Bien à vous.
Professeur Manon,
tout d’abord merci pour ce site vraiment extraordinaire. Néanmoins je suis un inconditionnel du support papier, aussi, avez vous en projet de mettre le contenu au format PDF? Ou sinon, pourquoi ne pas éditer un livre?
Je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations les plus respectueuses
Irving BOITTIAUX
Je suis très sensible à votre jugement et vous en remercie.
Pour votre suggestion de mettre le contenu de mon blog en format PDF, je vais y réfléchir.
Quant à un manuel, à quoi bon? Il y en a déjà tant!
Ne voyez pas dans cette remarque une condamnation des livres; je vis au milieu d’eux et ne peux respirer dans des espaces désertés par leurs souffles; n’y voyez pas non plus une condamnation de la propriété intellectuelle; il m’est arrivé d’écrire un ouvrage sur Platon et de toucher des droits d’auteur. Mais j’ai une réelle jouissance à faire circuler gratuitement mon modeste cours.
En ce sens internet me paraît un média merveilleux. Il donne consistance à ce qui constitue la vertu fondamentale de la philosophie c’est-à-dire l’amour désintéressé du savoir. J’aurais aimé, étudiante, disposer de telles possibilités plutôt que d’ être contrainte d’attendre les horaires d’ouverture de bibliothèques n’ayant pas toujours les ouvrages que je cherchais. Grâce à la toile, on peut habiter une campagne reculée et écouter les leçons du Collège de France, se tenir au courant de la recherche et dialoguer avec des personnes dont les lumières sont bien supérieures aux siennes. C’est une chance inestimable.
J’aime savoir que des personnes, privées d’un éveil philosophique, pour des raisons diverses et variées, peuvent, grâce à mon blog, faire le parcours d’un élève de terminale et commencer à rattraper le temps perdu.
C’est aussi une manière de payer ma dette à la République.
Rendre ce que l’on vous a donné, en l’augmentant de votre petit talent, n’est-ce pas l’offrande la plus pieuse qui soit?
Avec mes meilleurs sentiments.
je veux que vous me donnez votre e-mail svp
Je suis désolée, je ne donne pas mon e-mail. Vous pouvez poser vos questions sur ce blog.
boujour madame je veux juste vous posez une question
Qu’es-ce que la philosophie? quel est sont importance? merci
La philosophie est étymologiquement l’amour du savoir et de la sagesse. Elle consiste, pour l’esprit, à se réapproprier la maîtrise des significations et des valeurs. Cela passe par la réflexion des significations et des valeurs convenues afin d’en interroger le sens, la valeur et la fondement. Elle s’accomplit donc comme réflexivité, effort de discerner le vrai du faux, le bien du mal, amour de la vérité, exercice critique et souci de mettre en accord sa pensée et son action.
Bonsoir Madame Manon,
Cette rencontre ce dimanche midi fut très agréable et bien que la philosophie soit pour moi un lointain souvenir de lycée , j’ai envie de partager avec vous un instant de gratuité.
Quand j’essaie d’expliquer à mon entourage le rôle de la science dans l’évolution celui-ci me répond que je manque de fantaisie.
Ne pas savoir d’où nous venons permet peut-être de ne pas avoir peur de l’endroit où nous allons?
Merci pour cet instant partagé.
Martine
Professeur Simone Manon,
Courtoisie m’oblige en premier lieu à vous adresser mes respectueuses et sincères salutations.
La philosophie , la recherche d’ une certaine sagesse, la recherche de la vérité. Et comme la vérité est toujours ailleurs, au- delà de nos barrières et de nos propres frontières, alors, pour moi, voyageur sans bagages , perdu entre la nostalgie d’être et la peur de mourir, je patiente sur le quai entre deux trains , celui qui qui m’a jetté hors du ventre maternel et celui qui me ramène au ventre de notre mère , la terre…
Professeur Simone , puisque c’est mon premier passage sur le site http://www.philolog.fr, je vous dédie ces mots.
Mes mots…
Mes mots ne ressemblent guère aux maux, mais ce sont des maux, des mots qui vous transportent hors de vous, hors de vos limites et de vos maux.
Mes mots ont rompus avec toutes les sagesses pour inventer une autre sagesse, pour dire ce que les autres maux sont incapables de dire, pour inventer d’autres univers que les mots ne peuvent décrire, ce sont des maux…
Respectueusement , M. Ahmed-Ouahbi( L’ Algérien).
Merci, chère collègue de donner des commentaires que peuvent piller allègrement nos élèves, merci, vraiment pour cette idée magnifique et enrichissante.
Cher collègue
Je comprends votre colère. Mais avouez qu’elle appelle un certain nombre d’objections.
D’abord nous avons tous dû pour nous cultiver et faire les devoirs que nos propres professeurs nous donnaient consulter des livres, réunir de l’information afin de nous approprier notre propre pouvoir de penser. De ce point de vue, Internet est un média comparable aux bibliothèques que nous fréquentions dans le passé. De nombreux sites de grande qualité alimentent le désir de lectures et sont plus féconds qu’une certaine vulgate veut bien le dire.
Par ailleurs, il y a toujours eu des élèves croyant qu’il suffit de recopier pour s’instruire. Ils s’exposent aujourd’hui comme hier à obtenir un zéro. Rien de nouveau sous le soleil. Vous savez très bien que les sites sont nombreux et que les élèves n’ont que l’embarras du choix. Aux professeurs d’être vigilants et à l’Institution de mettre en place, dans les emplois du temps, des plages réservées aux devoirs sur table, les seuls permettant de juger correctement les vraies compétences des élèves.
Bien cordialement.
Bravo Simone pour cette réponse, qui me brulait les lèvres (ou devrait-je dire le clavier) depuis que j’avais pris connaissance du commentaire de M. Rey !
Mme Manon,
J’ai trouvé votre blog en faisant quelques recherches pour mes cours de Philosophie morale, et c’est avec grand bonheur (et des souvenirs qui reviennent d’un coup!) que je retrouve vos propos si éclairants.
Je sens que je vais rester ici un petit moment….
Bien à vous,
Votre ancienne élève qui a gardé son goût pour le rose
Votre message est une bouffée de senteurs Sélyne. De délicieux souvenirs me reviennent de cette belle année passée ensemble. Mystérieuses réminiscences grâce à l’évocation d’une couleur… Six ans déjà, effacés par un petit signe…
Avec mon bon souvenir et tous mes voeux de réussite.
Bonjour Mme Manon, je voulais vous faire part d’une suggestion qui ne concerne que moi.
J’avais pensé à un petit plus pour votre blog de philo qui est déja fantastique.
Pourquoi ne pas faire une rubrique où tous vos articles seraient classés par philosophes ?
Je sais bien que dans certains articles vous parlez de plusieurs philosophes, ou même des fois d’aucuns, mais on pourrait faire un regroupement, non ?
De toute façon, vous décidez vous-même si oui ou non, ça vaut le coup de faire quelque chose comme ça.
Pouvez-vous me dire s’il vous plaît quels sont les ouvrages que vous faites lire à vos élèves sur l’ensemble de l’année ?
Merci et bonnes fêtes.
Pour chaque cours il y a des suggestions correspondant aux thèmes et au degré de difficulté de l’ouvrage. Par exemple pour idée de philosophie, ils ont eu à lire, l’apologie de Socrate, Gorgias, de Platon, Qu’est-ce que les Lumières? de Kant, Qu’est-ce que la philosophie antique de Pierre Hadot, Le discours de la méthode de Descartes pour idée de philosophie, le cogito, le désir et la technique. Etc.
Madame,
Je tenais simplement à vous remercier pour ce blog passionnant. En tant qu’élève de terminale S voulant s’orienter vers une prépa L je suis enchantée de pouvoir diversifier mes connaissances en philo, et puis il faut dire que j’aime beaucoup ça…
Je suis d’accord avec un des commentaires, dont je ne me rappelle plus l’auteur, qui vous demandait si vous accepteriez de transcrire vos écrits sous format pdf: il est tellement plus agréable de lire un feuille plutôt qu’un écran!
Encore merci,
Meyne
Un lecteur m’a déjà fait cette demande et j’avoue que, n’étant pas une technicienne, je n’ai pas donné suite à la suggestion. Je comprends votre réticence à lire sur écran et pourtant faire l’économie du papier n’est pas inintéressant sur le plan écologique. Je vais reconsidérer la question.
Tous mes voeux de réussite et d’épanouissement pour votre parcours intellectuel.
Attention aux idée reçues car l’utilisation d’internet a un coût important. D’après les calculs de Google même : dans les 0.2 secondes moyennes qu’il faut pour retourner la réponse à une requête, Google consomme 0.0003 kWh (indexation préalable du web comprise) d’énergie pour la traiter. C’est la consommation énergétique du corps humain en 10 secondes.
De plus, consommer du papier dans nos régions où la forêt avance est-il un véritable problème ?
http://googleblog.blogspot.com/2009/01/powering-google-search.html
(Ce message simplement pour le plaisir de commenter, n’y voyez pas une incitation à clore PhiloLog !)
Oui, j’ai découvert l’année dernière que ce que j’avais conçu comme une solution économique à la consommation ruineuse de photocopies n’en était pas une. Mais est-ce bien raisonnable de cumuler les deux coûts?
je trouve que ce que vous faite est trés bien vous montrer toute les fasette en’effet moi je trouve dommage que les gens ne font pas de philosophie pour les collégiens car en n’en aurait bien bessoin
Très chère madame Manon,
Suivant Ada et Sélyne, c’est à mon tour de découvrir avec bonheur votre blog qui me rappelle à une merveilleuse année de terminale, illuminée par la joie et la confiance trouvée dans nos rencontres. Bien plus qu’à une année isolée dans le temps, c’est à une vie entière qu’elles offriront leur écho, à la manière de ce dernier conseil que je porte toujours en moi six ans plus tard, « Il faut construire son être comme un artiste ». Je souhaite à vos nouveaux et futurs étudiants d’y être révélés à eux-mêmes autant que je suis sûre de l’avoir été, en douceur mais fermement, et vous adresse mes plus affectueux souvenirs. Bien à vous, Roxane.
C’est un merveilleux métier, Roxane, que celui qui me permet de recevoir un aussi émouvant message. Je vous en remercie chaleureusement et vous souhaite ces joies discrètes et profondes de ceux qui vouent leur vie à ce que l’on peut appeler l’essentiel.
Avec mon affectueux souvenir.
Chère madame
Quel plaisir de découvrir par hasard votre blog en essayant de me rafraichir la mémoire sur le mythe de Promethee(préoccupation de mon fils sortant du bac blanc de philo)
Quelle chance ont vos elèves !
Pour moi c’est une reconciliation avec la philo 35 ans apres le bac et je vais dévorer le programme de terminale
Quel bel outil internet qui nous permet de si belles rencontres
Bonne soiree
Catherine
Merci madame pour ce message. Ce qu’il y a de merveilleux dans la réflexion philosophique, c’est qu’il n’est jamais ni trop tôt, ni trop tard pour s’y adonner. Elle réunit les générations dans le souci du sens et de la valeur, elle arrache l’échange à sa fonction purement utilitaire en l’ouvrant sur le monde commun d’une humanité à faire exister. J’espère que mon blog vous réconciliera vraiment avec la philosophie.
Bonjour Madame,
Merci pour ce blog très fourni, beau travail !
Ayant lu que vous livrez à notre réflexion un texte de Léo Strauss,philosophe, je vous propose ce document qui éclaire la nature et la fonction historique de cette personne qui s’est servi de Platon pour justifier les politiques de Carl Schmitt, autre « philosophe » assez spécial ..
http://www.solidariteetprogres.org/article878.html
Bonne lecture et s’il vous a intéressé , n’hésitez pas à proposer ce lien à vos lecteurs
Bonne soirée
Non Monsieur, je n’indiquerai pas ce lien qui offre une interprétation caricaturale d’un très grand commentateur des textes classiques. En revanche je recommande la lecture de l’oeuvre de Strauss et le magnifique texte de Allan Bloom: « l’amour et l’amitié ». Il ne faut jamais faire payer aux maîtres les fautes des élèves.
Bien à vous.
D’un lecteur, qui vous a trouvé par hasard…. Je cherchais des informations sur W. Jaeger, auteur d’un ouvrage célèbre sur l’éducation (Paideia).
Votre blog est intéressant et salutaire. Salutations fraternelles, d’un (ex philosophe) et sociologuue.
JPR
Bonjour,
Cela m’a fait très plaisir hier de retourner au lycée, et de vous revoir. Je retourne donc aujourd’hui sur votre blog, et j’ai pu trouver plein d’articles concernant le mal, qui vont pouvoir m’aider sur ce sujet.
Je voulais aussi vous informer que votre blog a désormais nombre d’émules parmi les étudiants étrangers. Je viens de conseiller votre blog à un ami suisse qui peinait sur le cogito cartésien et mon commentaire a reçu une avalanche de remerciements! Vous aurez encore une fois permis à des élèves de découvrir la philosophie…
Bonne fin de week-end
Mathilde
Plaisir partagé Mathilde. J’espère que vous pourrez faire votre miel des analyses que j’ai proposées sur la question du mal. Je sais le sérieux avec lequel vous travaillez et vous souhaite de trouver du bonheur à éclairer un peu une question aussi ténébreuse.
Avec tous mes voeux pour la poursuite de vos études.
Avant tout, je tenais vivement à vous remercier pour ce blog. Je me régale littéralement de la richesse de son contenu. Je salue tout particulièrement l’initiative généreuse que vous avez pris de mettre en ligne gratuitement tous ces textes, et ces commentaires.
C’est avec une grande joie que je me laisse emporter par vos articles, chaque fois que j’ai un peu de temps pour moi.
Et parce que je suis encore un novice en la matière, j’en appelle à vous pour un conseil : je me suis mis depuis quelques temps à lire Nietzsche, Freud, et plus rarement Pascal… et je me suis retrouvé quelque peu déprimé.
Ils sont d’une affligeante vérité, si bien qu’il me semble impossible de les contredire. Mais, malgré tout, poussé peut-être par le refus de voir ma désillusion grandir davantage, je nourris l’espoir de lire un jour un philosophe qui puisse m’apporter des réponses. Qu’on m’aide à dépasser Nietzsche !
Je vous remercie chaleureusement par avance.
Merci pour le sympathique jugement que vous portez sur mon site.
Mais comment répondre à votre question? Peut-être seulement en disant que, affligeante ou pas, la vérité est la vérité et qu’il n’y a rien de plus jouissif pour un esprit que d’en avoir l’intelligence. Vous en êtes seulement à la première étape, celle de la démystification et je ne nie pas qu’elle puisse être terriblement douloureuse. Mais, si vous vous analysez bien, vous devez reconnaître que la découverte de la vérité est toujours accompagnée d’un contentement intérieur, celui qui récompense la conviction d’accomplir la fonction supérieure de l’esprit ou tout simplement de ne plus être victime d’une illusion. Plus vous avancerez dans le travail de la la pensée, plus l’expérience positive l’emportera sur les souffrances générées par la désillusion. Spinoza soulignait que la connaissance nous détourne aussi bien de l’affliction que de la moquerie. « Ni rire, ni pleurer, disait-il, mais comprendre » et gagner par là la paix de l’âme.
La conquête de la lumière est notre dignité mais le tort est de croire qu’il y a des réponses offertes aux questions que nous nous posons. Pour ce qui est des questions existentielles, c’est à chacun de nous, avec courage, de construire ces réponses. Le sens de notre vie est celui que nous décidons de lui donner et s’il y a un auteur qui nous invite à nous réapproprier le pouvoir créateur des significations et des valeurs, c’est bien Nietzsche. Il n’est pas le théoricien du nihilisme pour le justifier, mais pour nous inviter à le dépasser. Au mois de mai, je publierai un papier sur ce thème.
Bien à vous.
Je me réjouis d’avance du papier que vous vous apprêtez à publier !
Même si j’ai le sentiment de les comprendre dans leurs grandes lignes, je suis convaincu que certaines notions de Nietzsche m’échappent (je ne parviens par exemple toujours pas à m’expliquer concrètement ce qu’est cette fameuse « volonté de puissance » par exemple).
J’ai peut-être une dernière question à vous poser. J’imagine que vous serez quelque peu en peine à y répondre, mais essayons tout de même :
Dans le monde que Nietzsche nous propose d’atteindre, sommes-nous amener à être seuls finalement ? J’ai du mal à concevoir qu’il y ait dans cet idéal de la place pour autrui, sinon peut-être pour de rares personnes.
Je pense que nous en sommes tous là avec la pensée nietzschéenne. Sa dimension critique de l’idéal ascétique, du platonisme, de la civilisation judéo-chrétienne est aisément compréhensible. En revanche les intuitions sur lesquelles repose cette critique, souvent d’une grande pertinence, le sont moins et surtout la forme de monde qui serait le corrélat des valeurs créées par le surhomme.
Nietzsche est un généalogiste et un archéologue et cette volonté de puissance dont il repère la force ou la faiblesse au principe de nos évaluations peut être conçue comme la force de vie; une vie qu’il nous demande de vouloir sans la travestir sous les mensonges qu’elle secrète pour se masquer sa propre incapacité à se supporter. Nietzsche était sensible à son caractère chaotique, cruel, désordonné, bref agonistique. Le déni, dans la construction d’idéaux consolateurs de cette réalité, lui faisait horreur. Fils d’un pasteur luthérien d’une très grande bienveillance à son égard (il a cinq ans lorsqu’il meurt), il dit dans Ecce homo avoir reçu de lui tout sauf l’essentiel: la vie, le grand oui à la vie. Et ce qui lui semble au principe de ce grand oui est d’ordre physiologique. Il parle des entrailles de l’esprit, de sa capacité digestive et il en appelle, contre le pessimisme, au sens tragique dont la grande santé grecque d’avant le socratisme a donné la mesure.
« Quels sens ont ces concepts mensongers, ces auxiliaires de la morale qu’on appelle « âme », « esprit », « libre-arbitre », « Dieu » sinon de pousser à la ruine physiologique de l’humanité…la ruine de l’équilibre, de la résistance aux instinct naturels, le désintéressement, en un mot voilà ce qu’on a appelé « morale » jusqu’à nos jours » Ecce Homo.
La foi dans l’idéal dit-il aussi, c’est la lâcheté. Vous avez donc raison de vous demander ce que peut être le rapport à autrui sans la capacité de limiter l’affirmation du moi (les instincts naturels), ce que traditionnellement on a appelé morale, altruisme, désintéressement.
Je trouve votre blog beau, complet, intelligent. Bravo!
La philosophie a longtemps fait partie de mon pain quotidien, mais j’ai remarqué la très grande difficulté qu’il y a à éveiller la réflexion et le sens critique, à donner envie de comprendre…
En lançant le blog « la perlimpinpinologie » (j’ai mis le lien en entête de ce mail), j’essaie une approche qui cherche à amener les jeunes (et les autres) à réfléchir en se distrayant.
C’est un projet auquel je crois vraiment.
J’aimerais vivement le faire partager.
Je serais ravi de toutes vos remarques.
Michel DALMAZZO
PS: Pardonnez-moi si ce mail n’a pas sa place. N’hésitez pas à le supprimer si c’est la cas.
Merci pour la générosité de votre appréciation. Je parlerai de votre blog à mes élèves et je le consulterai.
Avec ma sympathie pour une telle initiative.
Je vous remercie à mon tour.
Merci pour tous les retours/remarques que vous pourriez me faire.
Bravo pour ce site !
J’anime des émissions culturelles sur une radio, et je serais ravi que vous y participiez pour exposer, comme vous le faites remarquablement, des sujets ou des débats philosophiques.
Je vous laisse me répondre directement sur ma boite mail.
Merci
Je me répète, mais je viens de passer deux heures sur vos article et, même si je parle sans doute sous l’impulsion du moment, je crois que je suis tombé amoureux de votre site.
Mille mercis.
La réouverture de ce blog est-elle provisoire ? J’avoue avoir été quelque peu attristé en constatant la fermeture de philolog.
La plupart des sites de philosophie destinés aux lycéens sont payants. Certes leur visée n’est pas la même que la vôtre puisqu’il s’agit davantage chez eux de vendre une dissertation toute prête à des jeunes obèses du neurone, mais tout de même. La culture gratuite est chose trop rare; j’ai craint de voir ce site condamné à deux alternatives : fermer (suite à quelques pressions par exemple) ou devenir le privilège de riches personnes.
Je fais certainement fausse route, puisqu’à l’évidence rien de cela n’est encore arrivé. Bref.
Je vous renouvelle infiniment mes remerciements et mon admiration pour votre travail sur ce blog.
Je m’explique sur la fermeture dans grandeur et misère d’internet. Non sa réouverture n’est pas provisoire et j’espère que vous y trouverez encore de quoi satisfaire votre curiosité intellectuelle.
Avec mes meilleurs sentiments.
Bonjour,
tardivement piqué de dessin, la lecture obsessionnelle sur les techniques, l’histoire et le rapport de l’art à la spiritualité m’a fait tomber sur votre blog. La visite surfée dans la nuit noire m’avait enchanté. Mais le lendemain je me cassais les dents, comme ces autres condisciples, sur un panneau trop laconique pour qu’on n’imagine pas les sombres desseins d’une autorité jalouse. Viva! vous revoila! Nous sommes sauvés! La vraie étude peut commencer. A très bientôt.
Votre espiéglerie me ravit. Juste une petire précision: je préfère: en colère à jalouse.
Bien à vous.
Chère maîtresse des lieux,
Je ne peux m’empêcher de faire le lien entre l’intitulé de votre « blog » et le premier « métier » qu’a exercé Nietzsche.
Est ce fortuit? Auquel cas il y aurait une forme d’humour caché dans l’Internet.
Bravo pour votre blog qui est une source de récréation et de re-création de l’esprit.
Très cordialement.
Thierry Fassina
Dans philologie il y a, comme dans philosophie, l’idée d’amour et la sagesse philosophique est une certaine manière de se mettre à l’écoute du logos. Si l’on ajoute que Nietzsche est un philosophe que je pratique beaucoup, on peut admettre que le lien que vous pointez n’est pas fortuit.
Bien à vous.
Madame,
Je reviens vers vous pour une question des plus singulières (vous en conviendrez).
Je m’installe seul l’an prochain, avec un accès limité à internet. Aussi j’envisageais d’imprimer entièrement votre site pour pouvoir continuer à me réjouir de sa lecture.
Néanmoins, j’imagine que cela représente une grande quantité de papier !
Je vous serais donc reconnaissant de m’indiquer le nombre (si vous le pouvez) d’articles que vous avez publiés sur philolog, afin que je puisse me faire une idée de mon entreprise (si elle n’est pas déraisonnable).
Merci encore.
Il y a 279 articles représentant plus de 1000 pages. Je crois que l’entreprise est déraisonnable.
Bien à vous.
bonjour je découvre ton blog aujourd’hui,je suis impressionné par ton travail,toujours au top ma cousine.Guy
Bonjour Simone, j’ai taché de rechercher votre contact sur le site mais sans succès. Il est possible que je ne fasse pas bien la recherche. Je vous prie de bien vouloir me le communiquer sur le mail que j’inscris ci-dessus. J’anime le blog de philosophie, L’ACADEMOS. Je voudrais entrer en contact avec vous pour des échanges. Merci de bien vouloir me répondre. Félicitations pour le travail
Dès que je rentre de vacances, je prends contact avec vous.
Avec ma sympathie.
cette idée de blog est venue d’une jeune collègue lors d’un séminaire il ya quelques jours et je viens de découvrir le vôtre! Quel plaisir j’ai éprouvé ,je suis prof de philo depuis deux décennies , quel bail mais toujours j’ai eu des problèmes avec la méthodologie .Merci pour ce travail immense et bien fait, je m’abonne à ce blog à partir d’aujourd’hui.Bonne continuation et à bientôt!
Je viens de tomber sur votre site alors que j’effectuais certaines recherches. Je le trouve vraiment passionnant et enrichissant. Grâce à votre belle initiative mes facultés de réflexion et de perception dans le domaine philosophique seront grandement aiguisées. Puissiez vous veiller chère dame à ce que cet sanctuaire dédié aux grands maîtres de la pensée continue à subsister le plus longtemps possible.
Merci pour ce sympathique message. C’est un grand hommage à la philosophie que de considérer qu’elle mérite un sanctuaire. J’ai toujours pensé que le temple de l’avenir, temple universel, devrait être dédié à ces grands serviteurs de l’humanité que sont les philosophes et les savants. On pourrait aussi y ajouter les techniciens ayant changé notre vie et pourtant injustement inconnus.
Salut à toi chère collègue,
Je viens de découvrir ton blog grâce à une utilisatrice du mien qui me signalait que nous avions choisi tous deux le tableau de Raphaël. Je constate aussi que tu as pris beaucoup d’avance 🙂
Dès la rentrée, je donne cette adresse à mes élèves afin de soutenir ton action de diffusion de la réflexion philosophique.
Je rêve quelquefois à la fédération de nos essais séparés de sites philosophiques, mais c’est une autre histoire…
Mais il ne faut pas te contenter de rêver. Le site de philosophie de l’académie de Grenoble est une initiative collégiale, je crois, à laquelle tu peux peut-être participer si tu te manifestes.
En ce qui me concerne, ce fut une initiative déterminée par l’annonce d’une restriction budgétaire en matière de photocopies. Comme j’étais très papivore, le blog m’a paru une solution intéressante. Je n’avais seulement pas prévu que c’est une somme de travail considérable.
Cordialement
Bonjour Madame ,
Tout d’abord felicitation pour votre site ,je le trouve tres instructif et j’y ai moi meme trouvé beaucoup d’interet.
Mais j’aurai voulu ,si vous trouvez le temps de me repondre ,vous demander quelques conseils et idées de plan pour rediger une dissertation.
Le sujet est le suivant : Peut on perdre la conscience ?
J’ai bien une idée de plan en tete qui serai
1 L’homme peut perdre la conscience
L’exemple du sommeil ou du reve
Peut perdre la conscience car il a assimilé certains gestes quotidiens
L’activité psychique debordant sur l’activité consciente selon Leibniz
Nous pouvons perdre la conscience morale (Rousseau)
2 L’homme ne perd pas radicalement la conscience
La conscience reflechie reprend toujours le dessus : Le fait de se souvenir d’un reve ( voir Kant et le rapport au temps)
La conscience psychologique selon Descartes :avoir conscience c’est penser (mais la je ne suis pas sûr du tout …)
Voila j’aurai aussi voulu placer Freud et l’inconscient + Pascal mais je ne vois pas ou.
Que me conseilleriez vous de faire ? Merci d’avance .
Si vous avez bien pratiqué mon blog vous avez dû observer que je n’interviens pas dans le travail des élèves. Je leur fournis des outils de réflexion mais c’est à eux de savoir les utiliser.
Bon courage.
merci beaucoup de touts les information.
Madame, grâce à vous, j’ai pu retrouver Bergson et découvrir quel fut cet immense ce penseur et quelle demeure la profondeur de sa pensée morale peu souvent connue par nous les étudiants noirs africains.
Les deux sources de la morale, morale close et ouverte est une véritable source de connaissance;
pour notre Unité d’enseignement consacrée à Kant et Bergson, vous m’avez apporté assez et j’espere bien entretenir une bonne relation intellectuelle avec vous.
Université de yaoundé 1
Cameroun
Plaisir et espérance partagés.
Bien à vous.
Madame, je suis complètement novice sur les règles, fonctionnalité et raisonnement de la philosophie. J’aime néanmoins débattre. Philosopher en fait ! Je me suis laissé écrire cette phrase : « La grandeur de l’homme nait quand celui qui la regarde ce sent grandir. » Je ne sais pas si je l’ai inventé ou si je l’ai gardé dans une mémoire caché. Je en sais pas si celle-ci est cohérente. Et je m’interrogeais sur la manière dont elle pouvait être interprété.
Si vous aviez un peu de temps pour me l’expliquer ou pour me dire que cela n’en vaut pas la peine.
Merci
juan
« La grandeur de l’homme naît quand celui qui la regarde se sent grandir ». Belle formule dont je propose l’interprétation suivante: Ce qui fait la noblesse, la valeur de l’homme n’est ni extérieur ni antérieur à la relation intersubjective. Naître, c’est en effet venir à l’existence et le propos dit que la condition d’existence de la grandeur est tributaire d’une condition faisant intervenir l’autre.
On peut donc comprendre que la grandeur n’existe que reconnue par un autre. Elle n’est pas ce que l’on peut s’attribuer de manière autonome.
Et cette reconnaissance n’est pas d’ordre purement théorique. Elle est contemporaine d’une expérience d’ordre existentiel, psychologique ou moral. La rencontre de la grandeur humaine s’éprouve dans un vécu: celui consistant à se sentir augmenté, enrichi, grandi soi-même.
La grandeur humaine a des effets créateurs tels que sa contemplation engendre une augmentation de l’être des autres. Cette transformation positive de ceux avec qui elle est en rapport est la condition de sa reconnaissance dans les deux sens du mot: identifier et éprouver de la gratitude.
Il me semble que cette phrase énonce une profonde vérité. N’est-il pas vrai que le grand penseur, le grand artiste, le grand législateur est celui qui nous permet de devenir meilleur?
C’est génial !
J’adore votre métier.
Merci.
» N’est-il pas vrai que le grand penseur, le grand artiste, le grand législateur est celui qui nous permet de devenir meilleur? »
– Le grand penseur, le grand artiste, le grand législateur, par qui est-il jugé grand ? Et a cela, sa grandeur a t’elle sa vrai « valeur » ?
– Doit on comparer « la grandeur de l’ homme » et « avoir cet homme comme modèle » ?
– La grandeur naît quand celui qui la regarde … « Celui qui la regarde » ne peut-il être la même personne ? L’homme ne peut il pas se juger grandissant, lorsque’ en accomplissant des choses, il se sent grandir? (A ses yeux?)
C’est peut être pas très clair tous ça ?
Merci
Juan
Il est vrai que votre propos manque de clarté mais la clarté, la rigueur et la profondeur de la pensée sont des conquêtes, non des données.
1) La phrase que vous m’avez demandé de commenter dit que la grandeur d’un être est ce qui est reconnue par celui qui se sent grandi à son contact. Il s’ensuit que c’est celui-là même qui est la mesure de cette grandeur (c’est lui qui juge).
2) Vous voyez bien que ce jugement dépendant d’une personne, la question se pose de savoir si celle-ci ne peut pas se tromper et conférer une valeur à un être qui n’en a pas objectivement. Cela arrive car le jugement humain manque souvent de rectitude. L’expérience montre que des hommes peuvent se sentir grandis par des êtres qui les diminuent en flattant ce qu’il y a de misérable en eux. Pensons à Hitler, à Staline, à Ben Laden par exemple. Ce sont des grands hommes pour leurs disciples, pourtant pour la communauté des gens raisonnables, ce sont des êtres malfaisants qui détruisent au lieu de créer, qui mutilent au lieu d’augmenter.
3) Il me semble qu’on ne peut pas reconnaître une valeur en une personne sans se sentir tenu d’essayer de lui ressembler. Mais il faut préciser que la vraie grandeur fonctionne beaucoup moins comme un modèle à imiter que comme un exemple à suivre. Chacun, en effet, doit devenir ce qu’il est le seul à pouvoir être puisque la singularité est la vérité de l’existence humaine.
4) Enfin il y a plusieurs manières de se sentir grandir et en particulier celle que vous indiquez. Faire et en faisant se faire. Dans l’action réussie, chacun a dû surmonter ses faiblesses, aussi se sent-il « meilleur » à proportion de ses réussites.