Flux pour
Articles
Commentaires

 

Cf; Commentaire.

 

   "Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est à présent, elle était bien différente.

 

  D’abord il y avait trois espèces d’hommes, et non deux, comme aujourd’hui : le mâle, la femelle et, outre ces deux-là, une troisième composée des deux autres ; le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. C’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, mâle et femelle, dont elle était formée ; aujourd’hui elle n’existe plus et c’est un nom décrié. De plus chaque homme était dans son ensemble de forme ronde, avec un dos et des flancs arrondis, quatre mains, autant de jambes, deux visages tout à fait pareils sur un cou rond, et sur ces deux visages opposés une seule tête, quatre oreilles, deux organes de la génération et tout le reste à l’avenant. Il marchait droit, comme à présent, dans le sens qu’il voulait, et, quand il se mettait à courir vite, il faisait comme les saltimbanques qui tournent en cercle en lançant leurs jambes en l’air ; s’appuyant sur leurs membres qui étaient au nombre de huit, ils tournaient rapidement sur eux-mêmes. Et ces trois espèces étaient ainsi conformées parce que le mâle tirait son origine du soleil, la femelle de la terre, l’espèce mixte de la lune, qui participe de l’un et de l’autre. Ils étaient sphériques et leur démarche aussi, parce qu’ils ressemblaient à leurs parents ; ils étaient aussi d’une force et d’une vigueur extraordinaires, et comme ils avaient de grands courages, ils attaquèrent les dieux, et ce qu’Homère dit d’Ephialte et d’Otos, on le dit d’eux, à savoir qu’ils tentèrent d’escalader le ciel pour combattre les dieux.

  Alors Zeus délibéra avec les autres dieux sur le parti à prendre. Le cas était embarrassant : ils ne pouvaient se décider à tuer les hommes et à détruire la race humaine à coups de tonnerre, comme ils avaient tué les géants ; car c’était anéantir les hommages et le culte que les hommes rendent aux dieux ; d’un autre côté, ils ne pouvaient non plus tolérer leur insolence. Enfin, Jupiter, ayant trouvé, non sans peine, un expédient, prit la parole : « Je crois, dit-il, tenir le moyen de conserver les hommes tout en mettant un terme à leur licence ; c’est de les rendre plus faibles. Je vais immédiatement les couper en deux l’un après l’autre ; nous obtiendrons ainsi le double résultat de les affaiblir et de tirer d’eux davantage, puisqu’ils seront plus nombreux. Ils marcheront droit sur leurs deux jambes. S’ils continuent à se montrer insolents et ne veulent pas se tenir en repos, je les couperai encore une fois en deux, et les réduirai à marcher sur une jambe à cloche-pied ».

 Ayant ainsi parlé, il coupa les hommes en deux, comme on coupe les alizes pour les sécher ou comme on coupe un œuf avec un cheveu ; et chaque fois qu’il en avait coupé un, il ordonnait à Apollon de retourner le visage et la moitié du cou du côté de la coupure, afin qu’en voyant sa coupure l’homme devînt plus modeste, et il lui commandait de guérir le reste. Apollon retournait donc le visage et, ramassant de partout la peau sur ce qu’on appelle à présent le ventre, comme on fait des bourses à courroie, il ne laissait qu’un orifice et liait la peau au milieu du ventre ; c’est ce qu’on appelle le nombril. Puis il polissait la plupart des plis et façonnait la poitrine avec un instrument pareil à celui dont les cordonniers se servent pour polir sur la forme les plis du cuir ; mais il laissait quelques plis, ceux qui sont au ventre même et au nombril, pour être un souvenir de l’antique châtiment.

 Or quand le corps eut été ainsi divisé, chacun, regrettant sa moitié, allait à elle ; et, s’embrassant et s’enlaçant les uns les autres avec le désir de se fondre ensemble, les hommes mouraient de faim et d’inaction, parce qu’ils ne voulaient rien faire les uns sans les autres ; et quand une moitié était morte et que l’autre survivait, celle-ci en cherchait une autre et s’enlaçait à elle, soit que ce fût une moitié de femme entière –ce qu’on appelle une femme aujourd’hui –soit que ce fût une moitié d’homme, et la race s’éteignait.

   Alors Zeus, touché de pitié, imagine un autre expédient ; il transpose les organes de la génération sur le devant ; jusqu’alors ils les portaient derrière, et ils engendraient et enfantaient non point les uns dans les autres, mais sur la terre, comme les cigales. Il plaça donc les organes sur le devant et par là fit que les hommes engendrèrent les uns dans les autres, c’est-à-dire le mâle dans la femelle. Cette disposition était à deux fins : si l’étreinte avait lieu entre un homme et une femme, ils enfanteraient pour perpétuer la race, et, si elle avait lieu entre un mâle et un mâle, la satiété les séparerait pour un temps, ils se mettraient au travail et pourvoiraient à tous les besoins de l’existence. C’est de ce moment que date l’amour inné des hommes les uns pour les autres : l’amour recompose l’antique nature, s’efforce de fondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine".

                                                                                       Platon.  Le Banquet. Traduction E. Chambry, 189d. 193d.

 

Questions pour vous approprier les significations:

 

Le désir est-il l'essence de l'homme?

 

En quel sens, le désir est-il pour Platon un manque d'être?

 

Quelle est la finalité du désir? Est-ce sa satisfaction c'est-à-dire le plaisir?

 

Comparez cette analyse avec la conception freudienne de la nature humaine.    Comment se formule la différence?  

 

Partager :

Pin It! Share on Google+ Share on LinkedIn

37 Réponses à “Le mythe de l’androgyne: texte de Platon”

  1. Joanna dit :

    En lisant le texte, j’ai trouvé un problème: plutôt lexical que philosophique. Je trouve Zeus et Jupiter dans le même texte: or Zeus est un nom du panthéon grec, et Jupiter un nom du panthéon romain. Je ne crois pas-peut être que je me trompe- que Platon ait eu connaissance du terme Jupiter romain. Soit c’est une erreur de traduction , soit une erreur chronologique de ma part.

  2. Simone MANON dit :

    Vous avez raison Joanna. Il faut lire Zeus mais recopiant la traduction Chambry, j’ai décidé d’être fidèle à la traduction.

  3. Véronique dit :

    Bonjour,

    Dans ce sujet vous posez la question «Le désir est-il l’essence de l’homme», mais j’ai un problème avec la définition exacte du mot « essence ». Pour moi l’essence est ce qui détermine fondamentalement une chose, ce qui fait qu’elle est ce qu’elle est. Mais une chose peut être déterminée par plusieurs caractéristiques et si l’une d’entre elles manquait, la chose ne serait plus ce qu’elle est.
    Donc pouvez-vous me dire s’il vous plaît, si lorsqu’on parle d’essence, on évoque «la totalité des caractéristiques qui définissent une chose» ou bien «LA caractéristique fondamentale ET PRINCIPALE qui définit une chose», ou bien «une (parmi d’autres) des caractéristiques qui définissent une chose» ?
    Si je prends l’exemple d’une montre : l’essence de la montre est de donner l’heure, mais celle de l’horloge aussi. Ce qui les distingue l’une de l’autre c’est que la montre est portée par l’homme et le suit dans ses déplacements tandis que l’horloge reste chez lui.
    Donc, dans cet exemple, ma question serait : ces trois affirmations sont-elles vraies ou bien n’y en a-t-il qu’une de vraie ?
    1) L’essence de la montre est de donner l’heure.
    2) L’essence de la montre est d’être portée par l’homme.
    3) L’essence de la montre est de donner l’heure ET d’être portée par l’homme.

    Merci beaucoup et bonnes fêtes de fin d’année !

  4. Simone MANON dit :

    Appartient à l’essence d’une chose l’ensemble des propriétés sans lesquelles elle ne serait plus ce qu’elle est. Vous restituez vous-même la définition du mot « essence » au début de votre message. A partir de là je ne vois pas ce qui vous fait difficulté. Un instrument indiquant l’heure sans être portatif serait-il une montre?

  5. Véronique dit :

    Ce qui me fait difficulté c’est que je ne suis plus élève depuis longtemps, et je ne suis jamais sûre de mes vagues connaissances. La question « le désir est-il l’essence de l’homme » m’a troublée parce qu’il me paraissait très improbable que l’homme puisse être défini par une seule caractéristique. Partant de là, j’ai mis en doute ma définition du mot essence.

    J’ai l’intention de m’inscrire en fac de philo (par le télé-enseignement) à la rentrée 2009 et en attendant j’ai décidé de revoir le programme de terminale. C’est comme ça que j’ai découvert votre passionnant blog dans lequel je suis plongée depuis une quinzaine de jours et dont je ne sors que lorsque j’y suis vraiment contrainte.

    Excusez-moi si mes interventions ne sont pas pertinentes mais j’ai 45 ans, ma terminale est très loin derrière moi et je n’ai sans doute plus l’habitude de me poser les bonnes questions. Merci pour votre patience.

  6. Marie dit :

    Bonsoir,
    Suite à la lecture de ce texte je m’interroge sur plusieurs point: le mot androgyne utilisé par Platon peut-il être remplacé aujourd’hui par notre mot hermaphrodite?
    De plus la séparation de cet espèce androgyne aurait provoqué le manque de l’autre, la recherche de l’âme soeur mais quand est-il pour les deux autres espèces que sont la femme et l’homme?
    Les réponses sautent peut-être aux yeux mais il semble que ma vue soit troublée.

  7. Simone MANON dit :

    Mes excuses à Véronique que je ne voulais pas blesser. Tous mes voeux pour votre projet.
    L’androgynie est en effet comme l’hermaphrodisme le fait de participer des deux sexes.
    La réponse à votre deuxième question saute au yeux comme vous le dîtes. Platon pense l’expérience d’eros et celle-ci inclut l’homosexualité autant que l’hétérosexualité. Seuls des préjugés qu’il serait bon de dépasser peuvent vous donner le sentiment que votre « vue est troublée ».

  8. James dit :

    Bonjour,

    Je me demandais si la sentence « l’amour est aveugle » était bien de Platon. Je n’en trouve pas trace dans Le banquet!

  9. Simone MANON dit :

    On fait dire aux auteurs bien des choses mais on ne trouve pas, à ma connaissance, la formule telle quelle dans le texte platonicien. Pour le vérifier il faudrait relire tous les textes où Platon parle de l’amour. Ce que je n’ai pas le temps de faire.

  10. maritan claude dit :

    Bravo pour la présentation de votre site et pour vos commentaires. Psychanalyste, je trouve que ce texte de Platon aborde, bien plus que l’origine du désir, la question de la découverte de la différence des sexes telle qu’elle advient pour chaque enfant autour de 2 ans, 2 ans et demi (concomitante avec l’usage de la ârole). Avec la perte d’une illusion narcissique de complétude du jour même de cette découverte : et cela pour les garçons, autant que pour les filles (la question de l’envie du pénis est bien dépassée depuis Maria Torok, et coté masculin c’est alors complexe : nostalgie, fascination pour les filles et leur plaisir sexuel de 9 pour 1 -dixit Tirésias… mais rien n’a changé depuis, fascination pour leur ventre qui enfante etc).
    Courtoisement,
    CM

  11. […] beaucoup plus subtil et poétique avec une histoire pareille, à travers le thème du double, le mythe de l’androgyne (cf la citation appuyée du Banquet de Platon au coeur du spectacle) et de l’ambiguité […]

  12. Nansi dit :

    Bonsoir,
    Il y a un point que j’ai du mal à cerner sur ce texte : Platon distingue trois espèces d’hommes : les hommes, les femmes, et l’espèce androgyne.
    De ce fait, dèls lors que Zeus se donna la peine de scinder en deux chacune de ces espèces, chaque moitié désiré son autre moitié : est-ce juste d’établir le constat suivant :
    *pour l’espèce androgyne : la moitié femme réclamait sa moitié homme d’où l’hétérosexualité.
    *pour l’espèce homme et l’espèce femme : la moitié homme réclamant sa moitié homme et la moitié femme réclamant sa moitié femme, cela conduit-il bien à l’homosexualité ?
    Merci pour blog, il est vraiment bien fait

  13. Simone MANON dit :

    Oui, c’est ainsi qu’il faut comprendre. Voyez le commentaire pour bien saisir la richesse de ce texte.
    Bien à vous.

  14. Youssef dit :

    Bonjour,

    Je suis un étudiant marocain. Aspirant à enrichir ma connaissance en philosophie, j’ai décidé d’entreprendre un programme de lecture. J’ai donc décidé de commencer par la base fondatrice qui est la philosophie Grec avant de passer (plus tard) à la philosophie médiévale. Je trouve donc que votre site est très intéressant puisqu’il propose l’analyse des extraits « charniers » de la philosophie helléniste (j’ai particulièrement apprécié votre explication du texte d’Epicure).

    En réalité, dans le texte de Platon, ce dernier estime que:
    -Les hommes symbolisent le Soleil
    -Les femmes symbolisent la Terre
    -Les androgynes symbolisent la Lune

    J’aimerai savoir qu’elle est la « symbolique cachée » de ces assignations. Est-ce que les hommes représentent la force vitale  » rayonnante » et conquérante qui « éclaire » la Terre obscure et faible (du fait de leur caractère tellurique, les femmes seraient soumises aux « appétits » du corps)?

  15. Simone MANON dit :

    Bonsoir
    Il ne faut pas parler de « symbolique cachée », seulement de symbolique. Un symbole est un objet concret renvoyant à des significations abstraites. Certains sont universels mais les symboles sont aussi surdéterminés culturellement.
    Le soleil s’oppose à la terre comme la principe actif s’oppose au principe passif, la lumière à l’obscurité, le principe spirituel au principe matériel, la responsabilité à l’orgiasme, le haut au bas.
    Rares sont les cultures qui n’ont pas dévalorisé le principe féminin par rapport au principe masculin. Il y a là une caractéristique de l’imaginaire anthropologique contre lequel il est difficile de lutter.
    Bien à vous.

  16. kathekonta dit :

    bonsoir,
    Platon offre une dimension ; polymorphe est l’humain.
    La vie étant faite d’autre chose que de livre, le mythe reste une possibilité
    N’y d’hommes n’y de femmes n’y de troisième sexe, juste le bien ou le mal moral
    Du coup les vagues ont toujours existé, freud a inventé le surf
    n’ayant aucune notion de philo, je suis probablement comme le poivrot qui pose problème dans une fête.
    Votre avis comptera pour moi.
    merci

  17. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Pas vraiment comme le poivrot dans une fête mais à coup sûr comme une parole non soucieuse d’interroger son sens dans un espace où cette préoccupation est essentielle.
    Si vous voulez dire que le monde dans sa présence est toujours déjà là, que rien n’est nouveau sous le soleil et que les grandes paroles, mythologiques ou philosophiques ont pour vocation d’en questionner le sens, alors vous avez raison.
    Mais l’image du surf dans ce qu’elle connote de superficialité n’est peut-être pas très pertinente. Les penseurs et les poètes ne sont grands et donc féconds qu’autant qu’ils s’efforcent de sonder la vague en profondeur, non simplement de glisser à sa surface.
    Bien à vous.

  18. Kouamé Kamagaté dit :

    bonjour,je suis un étudiant ivoirien,je voudrais savoir ce que Empédocle voudrait dire quand il parle de SEPARATION ONTOLOGIQUE,DE L’AMIIE ET DE LA HAINE

  19. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Comme tous les présocratiques, Empédocle propose une conception de l’Etre et une cosmogonie.
    Les deux principes de l’attraction (l’amour) et de la répulsion (la haine) sont, selon lui, au principe de tout ce qui se produit dans l’Etre.
    L’attraction et la division se trouvent au cœur du drame qui régit le cosmos ; les éléments, les êtres et les choses sont tour à tour unis par l’Amour et séparés par la Haine, d’où ce passage central de l’œuvre d’Empédocle:
    « L’Amour et la Haine de même qu’ils étaient auparavant, de même ils seront, et jamais, je pense,
    Le temps infini ne sera vide de ce couple.
    Je parlerai du double processus des choses: car tantôt l’Un grandit, demeurant seul,
    A partir du Multiple, tantôt au contraire il se divise et de l’Un naît le Multiple.
    De ce qui est mortel il y a donc double naissance et double destruction :
    L’union de toutes choses provoque la naissance et la destruction
    Et, d’autre part, ce qui est formé s’envole en tous sens lorsque les éléments se séparent.
    Et ces éléments ne cessent jamais leur continuel échange,
    Tantôt tout s’unifie grâce à l’Amour,
    Tantôt, à nouveau, chaque élément se sépare, emporté par la force hostile de la Haine.
    Ainsi, dans la mesure où ils ont le pouvoir de venir à l’Un à partir du Multiple
    Et, à nouveau, quand l’Un se dissout et que le Multiple en naît,
    Dans cette mesure ils viennent à l’être et n’ont pas de vie immuable.
    Mais, dans la mesure où ils ne cessent jamais leur perpétuel échange,
    Dans cette mesure ils demeurent toujours immuables selon le cycle (fragments16-17). »

    Le devenir et le cours du Monde expriment donc ce en quoi l’Un se divise et se réconcilie, les individus étant l’enjeu de ce drame universel.
    Bien à vous.

  20. […] Banquet, de Platon (c’est dire si l’idée est neuve !). Vous ne suivez pas : relisez le texte là. C’est dire que les femmes ne sauraient se réaliser sans l’aval, le regard, le soutien, […]

  21. juliette dit :

    Bonjour,
    Pourriez-vous me dire qui est l’auteur de cette traduction du Banquet ?

    Merci beaucoup.

  22. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je l’ai indiqué au bas du texte.
    C’était un oubli de ma part. Merci de me permettre d’ajouter cette précision.
    Bien à vous.

  23. houda dit :

    est ce qu’on peut dire ici que les mals faits provoqués par les hommes ainsi que le déordre qui régne dans la terre peuvent etre vus comme une révolution menée par la race humaine contre les dieux pour etre divisés ainsi?

  24. Simone MANON dit :

    Bonjour
    D’abord, lorsqu’on s’adresse à quelqu’un on respecte quelques règles élémentaires de politesse.
    Ensuite, la correction de l’expression est un prérequis dans n’importe quel exercice. La vôtre doit vraiment être améliorée. Par ex: les maux et non les « mals ».
    Enfin, l’école forme les esprits aux exigences de la raison humaine pour les arracher à ce genre de délire de l’imagination.
    Les mythes ne doivent pas être reçus à la lettre de ce qu’ils racontent mais doivent être interprétés en mobilisant les ressources de la raison universelle.
    La croyance à laquelle vous faîtes écho nous en apprend plus sur l’imaginaire humain que sur la réalité.
    Bien à vous.

  25. Clémence dit :

    Bonjour,
    Je n’arrive pas à répondre à ces questions que je me pose concernant ce texte :
    Que cherche à montrer Aristophane avec ce mythe ? Dit-il que le désir de l’être aimé est naturel ? Et enfin, l’amour est-il vu comme une souffrance ?
    Cela fait quelques jours que je suis penchée sur ce texte et que ces problèmes passent et repassent dans ma tête, sans que j’arrive à les résoudre.
    Si vous arriviez à éclairer ma lecture, je vous en serais sincèrement reconnaissante,
    Merci d’avance pour ceci, et merci pour votre site, qui est très bien organisé et agréable à visiter.
    Clémence.

  26. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il me semble que l’explication répond clairement à vos questions, il vous suffit de vous donner la peine de comprendre l’analyse.
    Pour vous aider:
    -dès lors que la punition est accomplie, n’est-il pas nécessaire que le mutilé tende vers ce qui le guérirait?
    -Le manque est-il un état agréable?
    -L’autre peut-il combler notre attente? Ne lui demande-t-on pas ce qu’il ne peut pas donner? Que s’ensuit-il quant au bonheur?
    Bien à vous.

  27. Angba amon gisele dit :

    Bonjour, d.abord je voudrais vous remercier pour votre disponibilité. Je suis etudiante en licence1 en philosophie, j.aimerai que vous m.expliquiez la dialectique de platon. Merci

  28. Simone MANON dit :

    Bonjour
    La dialectique est, chez Platon, la méthode de la science.
    Dans l’allégorie de la ligne qui expose sa théorie de la connaissance, comme dans l’allégorie de la caverne, elle définit la voie d’accès à l’intelligible pour un esprit qui est passé par la propédeutique mathématique.
    Elle est l’art du dialogue élevé à la dignité d’un procédé de réflexion.
    Dans un dialogue:
    1) on engage la discussion à propos d’un énoncé faisant problème parce que les interlocuteurs ont des jugements opposés ou contradictoires sur une question donnée. Ce genre de jugement caractérise le doxique ou sphère des opinions.
    2) dans un dialogue on procède par question et réponse. Autrement dit on examine la valeur de l’énoncé de départ afin de distinguer le vrai du faux. Le présupposé d’une telle démarche est que les interlocuteurs ont le souci de dégager la vérité et qu’ils sont capables de s’affranchir des passions qui les aveuglent en libérant grâce au débat les ressources de leur raison.
    3) dans un vrai dialogue on est censé dépasser le conflit des opinions et parvenir sur une question à une vérité faisant l’accord des esprits.

    Voilà pourquoi Platon définit la dialectique comme la méthode permettant de s’élever du doxique ou de la connaissance sensible à la connaissance intelligible. La démarche d’interrogation mise en œuvre par l’esprit doit permettre de passer de l’ombre à la lumière et de saisir au terme de l’examen dialectique les Idées ou les Formes (dans une saisie intuitive), celles-ci étant, en théorie, unifiées dans l’idée suprême ou Idée du Bien, ou principe anhypothétique, que l’allégorie de la caverne symbolise par le soleil.

    Pour éclairer votre lanterne:
    1) il faut bien comprendre l’allégorie de la caverne. http://www.philolog.fr/explication-de-lallegorie-de-la-caverne/
    2) bien comprendre la nature de la démarche philosophique ou démarche dialectique. http://www.philolog.fr/pourquoi-philosopher/
    3) avoir une idée des problèmes que pose l’idée platonicienne de dialectique.http://www.philolog.fr/la-guerre-des-dieux-ou-lunite-et-la-paix-par-le-logos-max-weber-et-benoit-xvi/

    Bien à vous.

  29. sié palé dit :

    merci pour votre site. Svp, pouvez vous m’expliquer l’ontologie de platon dans ce mythe de l’androgyme?

  30. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous disposez d’un commentaire de ce mythe. Il vous suffit d’ouvrir le lien pour avoir les élucidations que vous souhaitez.
    Bon travail.

  31. kouame jean vincent dit :

    bonjour et merci pour votre site!j’aimerais savoir ce que dit Platon de l’Être dans son ouvrage le sophiste?

    merci!

  32. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il faut donc de toute urgence prendre la peine de lire le texte de Platon pour le savoir!
    Il n’y a pas pire imposture que de prétendre parler de ce que l’on ignore.
    Bon travail.

  33. […] Les archétypes masculin et féminins s’érigent en opposés pour installer la dramaturgie du couple et du désir, celui de la complétion androgyne dans l’amour hétérosexuel (cf Platon). […]

  34. NG dit :

    Bonjour
    Dès lors que la philosophie tend vers la vérité et a la raison pour moyen, en quoi est-il rationnel d’étudier des mythes ? Et encore plus si on dispose de faits historiques, de preuves étudiables et exploitables. (ex : la nature sociale de l’homme peut être expliquée par la nature-culture de l’homme, ou encore utiliser le fait que pendant le paléolithique, la collaboration et la solidarité étaient nécessaire à la survie).
    Pour ce texte, si ma prof’ de philo’ ne raconte pas de bêtises, le message est de montrer que « l’homme ne peut pas supporter la solitude sans souffrir », situé dans mon cours dans l’idée que l’homme n’est pas fait pour vivre seul, pour répondre à la problématique « la recherche du bonheur est-elle un idéal égoïste ? ». Avouez que pour montrer de façon rationnelle (la philosophie a la raison pour moyen) cette idée, il n’est pas nécessaire et même pas logique d’utiliser un mythe.
    Et les mythes étant des histoires inventées, la philosophie visant la vérité ne devrait elle plutôt les contredire que les utiliser ? Après je ne suis pas contre l’allégorie ou l’exemple, qui sont de bons moyen d’illustrer une idée, mais ne devraient pas être utilisés pour la justifier.
    Merci d’avance de votre réponse. Désolé pour le double post.
    NG

  35. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Avez-vous lu le commentaire?
    Platon recourt au mythe pour pointer les limites de la raison dans l’élucidation de certaines questions. Ici: quel est le sens du désir? Pourquoi désirons-nous? Peut-il être comblé? Etes- vous capable de répondre à ces questions positivement?
    Descartes remarquait: « il y a dans l’esprit des semences de vérité comme il y a dans le silex des semences de feu. Les philosophes les extraient par raison, les poètes par imagination »
    Je suis étonnée du propos de votre professeur car s’il y a un enseignement de ce mythe, c’est bien qu’autrui n’est pas ontologiquent l’objet du désir et que la relation amoureuse ne rime pas avec bonheur. Mais c’est une autre histoire.
    Bien à vous.

  36. Madeleine dit :

    Bonjour,

    Jésus lui aussi a parlé de cet androgyne qui a été divisé, dans l’évangile selon Thomas:

    « Lorsque vous étiez Un, vous avez été faits deux. » (Logion 11)

    *******

Laisser un commentaire