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  La conscience est un pouvoir de représentation permettant à l'homme d'avoir la connaissance des choses et de lui-même. Il sait qu'elles existent et il a la connaissance immédiate de sa propre existence ainsi que de ses états et de ses actes. Le terme signifie étymologiquement « avec la connaissance de ». La conscience est un savoir accompagnant la vie, les pensées et les actes d'une personne. C'est même, si l'on en croit Locke, la conscience de soi qui fonde la possibilité de se savoir une seule et même personne tout au long de sa vie. En ce sens il semble y avoir une équivalence entre la conscience de soi et la connaissance de soi.

 

  Pourtant suffit-il de s'apercevoir, de se donner la représentation de soi-même pour prétendre avoir une véritable connaissance de soi ?

La notion de connaissance connote en effet l'idée d'un savoir obéissant à une exigence de lucidité et d'objectivité. Connaître en ce sens consiste à déjouer les puissances trompeuses promptes à abuser l'esprit dans sa recherche de la vérité. La notion connote aussi celle d'un effort d'intelligibilité. Connaître consiste à rendre raison des choses par l'intelligence des causes, celles-ci n'étant jamais données mais découvertes par un exigeant travail de recherche.

  Si l'on donne à la notion de connaissance, son sens fort, il ne va donc plus du tout de soi que la conscience de soi soit une connaissance de soi. Le doute s'impose, par ailleurs, car nous faisons souvent l'expérience de l'opacité de notre être. Nous sommes tristes mais nous ne comprenons pas pourquoi, nous sommes traversés par un désir mais il nous étonne. Nous soupçonnons, dans telle situation, qu'il y a en nous quantité de choses dont nous ignorons l'existence et nous découvrons parfois dans la stupéfaction, l'écart existant entre l'image que nous nous faisons de nous-mêmes et celle que les autres nous renvoient. Pire, nous nous surprenons à nous mentir et à mentir aux autres comme s'il était impossible d'assumer certaines dimensions de notre être. Et il faut souvent la médiation d'autrui ou de certaines épreuves pour nous dessiller et comprendre que nous ne sommes pas ce que nous avions l'illusion d'être. 

Il apparaît donc que la conscience de soi, qui est une condition nécessaire de la connaissance de soi, n'en est pas une condition suffisante. La question est alors de savoir pourquoi il en est ainsi. Qu'est-ce qui expose la conscience de soi à l'illusion et la condamne souvent à être une méconnaissance de soi ?

   Pour autant, le terme de connaissance est-il approprié pour désigner l'opération permettant de se saisir dans son identité humaine et dans son identité personnelle ? Car le propre d'un sujet est de ne pas avoir la consistance et la permanence des objets. Si la connaissance implique des procédures d'objectivation, n'est-elle pas par principe condamnée à manquer l'identité d'un sujet ? Et qu'est-ce que le sujet ou le moi en dehors de la conscience qu'il a de lui-même ? Une fiction peut-être comme le montre Hume, auquel cas la conscience de soi n'aurait pas d'objet et si elle en a un, elle est disqualifiée par la réflexion précédente dans toute prétention à l'objectivité.

  Alors faut-il renoncer à la connaissance de soi-même ou bien faut-il comprendre que l'identité humaine et l'identité personnelle sont plus un projet qu'une donnée ; une décision qu'un être ; une destinée qu'un destin? Si c'est bien ainsi qu'il faut interpréter le « connais-toi toi-même » socratique, cela signifie que seule la conscience d'être un esprit ou une liberté est une véritable connaissance de soi. Mais cette connaissance est une tâche à assumer, non le savoir objectif d'un supposé objet.

 

I)                   La conscience de soi est une connaissance immédiate de soi-même et du monde.

 

  La conscience est la modalité d'existence de l'être humain. Dès que la conscience s'éveille c'est le monde qui surgit avec moi et autrui situés en lui. Impossible d'échapper au savoir de sa propre existence, à l'intuition de ses états et de ses actes. Je fais tel geste et même si c'est sous une forme confuse j'en ai conscience. Je m'ennuie dans ce cours et je le sais. Certes la conscience peut être vague, engluée dans les automatismes, reste que dès qu'il y a conscience il y a connaissance. Il y a même sentiment d'être une seule et même personne tout au long de sa vie car étant toujours présent par la conscience à moi-même, je vis la multiplicité et la diversité de mes états comme miens.

  La conscience est donc une forme immédiate de connaissance or une connaissance immédiate peut-elle être une véritable connaissance ? Sous sa forme spontanée, la conscience n'est-elle pas exposée au préjugé, à l'illusion, à la naïveté, aux pièges des fausses évidences ? Platon a pointé dans l'allégorie de la caverne les risques d'un rapport au réel non médiatisé par la réflexion et l'ascèse de notre part sensible. Le danger est toujours de confondre l'apparence des choses avec les choses elles-mêmes.  

  Par exemple, pour ce qui concerne notre question, est-il possible pour un sujet d'entretenir avec lui un rapport soucieux  d'objectivité ? N'est-il pas beaucoup trop intéressé à construire une image gratifiante de lui-même pour être le meilleur placé pour se connaître ? Ce soupçon invite à poser la question du statut de l'introspection et à comprendre que sans la distance de l'extériorité et de l'objectivité, il est vain de prétendre à une connaissance objective de quoi que ce soit. Or dans le cas de la connaissance de soi, il est impossible de disjoindre le sujet et l'objet de la connaissance.

  De même, peut-il entrevoir que ce moi qu'il a conscience d'être est peut-être introuvable dès lors qu'on se mêle de le chercher sérieusement ? Chacun parle, en effet, spontanément de lui comme s'il était un être ayant une consistance et une permanence propres. Et les illusions intimistes sont monnaie courante. On invoque un « moi profond », qui serait à retrouver derrière les multiples visages que chacun est pour chacun comme si la personne était quelque chose en dehors des rôles sociaux qu'elle incarne, des actes qui la révèlent ou des métamorphoses qu'elle subit.  Or la réflexion pascalienne sur le moi nous affranchit de cette naïveté. Le moi est inassignable car tout ce qui le caractérise dans sa singularité concrète est multiple, divers et périssable.

  Alors pourquoi ne peut-on pas établir l'équivalence de la conscience de soi et de la connaissance de soi ?

 

II)                Une connaissance non médiatisée n'est pas une véritable connaissance. La conscience de soi est méconnaissance de soi.

 

  Ce développement exige d'exploiter les thèmes suivants :

 

  Pascal et sa critique de l'intérêt ou de l'amour-propre. 

 

  Pascal souligne combien la conscience immédiate est investie par des affects, des désirs, des intérêts sensibles. Ses représentations sont construites sur d'autres exigences que le souci de la vérité. D'où les images de soi que chacun construit à son avantage et l'hostilité à l'égard de tous ceux qui dérangent Narcisse dans ses aveuglements.

   Cf. Pensée B82 « Notre propre intérêt est encore un merveilleux instrument pour nous crever les yeux agréablement. Il n'est pas permis au plus équitable homme du monde d'être juge en sa propre cause ».

 Pensée B 100 : « La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considérer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu'il aime ne soit plein de défauts et de misères : il veut être grand, et il se voit petit ; il veut être heureux, et il se voit misérable; il veut être parfait, et il se voit plein d'imperfections ; il veut être l'objet de l'amour et de l'estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris. Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu'il soit possible de s'imaginer; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait de l'anéantir, et, ne pouvant la détruire en elle-même, il la détruit, autant qu'il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres; c'est-à-dire qu'il met tout son soin à couvrir ses défauts et aux autres et à soi-même, et qu'il ne peut souffrir qu'on les lui fasse voir, ni qu'on les voie. C'est sans doute un mal que d'être plein de défauts mais c'est encore un plus grand mal que d'en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c'est ajouter encore celui d'une illusion volontaire ».

 

 Sartre et la thématique de la mauvaise foi. 

 

  Mensonge à soi et mensonge aux autres car il est difficile d'assumer les multiples responsabilités qui nous incombent tant dans notre facticité que dans notre transcendance. Notre liberté nous angoisse et nous expose sans cesse à nous défausser d'une certaine vérité de nous-mêmes parce qu'elle nous dérange. Rien n'est plus inaccessible à l'homme que la sincérité puisqu'il n'existe pas dans l'identité de soi avec soi et l'authenticité n'est pas la vertu la mieux partagée. Il y faut un courage qui fait la plupart du temps défaut. Ici, il est intéressant de pointer cette tendance si courante du sujet à s'identifier à son rôle social. On pense bien sûr à l'analyse sartrienne du garçon de café. Il joue avec un tel sérieux son rôle qu'il se prend pour un garçon de café, qu'il confond sa personne avec son personnage. Et l'on observe que lorsque le rôle est gratifiant, la personne a l'impression de "n'être plus rien" lorsqu'elle en est dépossédée. Drame des disqualifications, de la retraite. "Dans toute carrière publique, une fois que l'on a construit son personnage et que le bruit qu'il fait  revient à son auteur et lui enseigne ce qu'il paraît, celui-ci joue son personnage ou plutôt son personnage le joue" Valéry Mélanges.

 

 Freud et le thème de l'inconscient. 

 

  S'il est vrai, comme l'analyse Freud, que notre psychisme est pour l'essentiel inconscient, il est clair que la conscience de soi ne peut pas être le moyen de se connaître.

  « Le moi en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe en dehors de sa conscience dans sa vie psychique ». Freud montre que la lucidité est barrée par principe car ce qu'il appelle inconscient, c'est l'écart entre le sens que chacun donne consciemment à ses faits et gestes et le sens que ces mêmes faits et gestes ont dans l'interprétation analytique. Seule la médiation d'un analyste permet au sujet de nouer un rapport plus lucide avec lui-même.

 

 Descartes et le thème de l'opacité de l'union de l'âme et du corps, les phénoménologues et le thème de l'opacité du corps.

 

  Etre l'union d'une âme et d'un corps (Descartes) ou être un corps (phénoménologie) c'est vivre d'une vie qui n'est pas transparente à l'entendement. J'ai bien conscience de ma déprime (passion de l'âme) mais sa genèse, les causes qui l'expliquent me demeurent inconnues. Ainsi en est-il chaque fois que mes états ne procèdent pas de l'initiative de ma pensée. Je subis dans la confusion mes états d'âme. Ma seule liberté consiste à me disposer d'une manière raisonnable à leur endroit. Ce que Descartes appelle « faire un bon usage des passions de l'âme». Idem pour ce qui se passe dans mon corps. Pour l'essentiel je l'ignore. J'ai bien conscience de mon corps mais je suis privé de la connaissance de sa vie propre.

 

 Spinoza et le thème du rapport imaginaire à soi-même.

 

  Les hommes ont conscience de leurs actes mais ils ignorent les causes qui les déterminent. Seule la connaissance rationnelle, peut déraciner les préjugés en permettant une connaissance adéquate. L'objectivité, la vérité d'une connaissance sont des conquêtes non des données immédiates.

 

 Sartre et le thème de la nécessaire médiation d'autrui.

 

  Sans la distance que me donne sur moi-même le regard de l'autre, je ne suis guère en situation de rompre l'intimité de moi avec moi afin de me voir comme une conscience peut me voir. Le regard d'autrui en me chosifiant me met en demeure d'advenir à la dimension de la conscience, celle-ci ne s'actualisant que comme mouvement de division, d'écart de soi à soi.

 

 Le thème de la nécessaire médiation des épreuves et du temps.

 

  On peut jouer en imagination quantité de personnages. Celui du héros ou au contraire celui du poltron. On peut rêver disposer d'une liberté sans limites. Seule l'épreuve de la réalité nous permettra de prendre la mesure de notre courage ou de notre lâcheté et de la marge de manoeuvre de notre liberté. Par exemple, je pensais dans les temps heureux de la santé que dans la maladie implacable je demanderais à en finir et je découvre que je lutte pour sauver un ultime éclair de vie ; je pensais que la peur de mourir me rendrait lâche et je me découvre courageux. Je me croyais capable de soulever des montagnes et je m'aperçois que je baisse les bras à la première difficulté.

  Cf. St Exupéry dans Terre des hommes: « La terre nous en apprend plus long sur nous-mêmes que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle. Mais pour l'atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot ou une charrue. Le paysan dans son labour arrache peu à peu quelque secret à la nature, et la vérité qu'il dégage est universelle. De même l'avion, l'outil des lignes aériennes, mêle l'homme à tous les vieux problèmes » et bien sûr à celui, ici, des conditions concrètes de la connaissance de soi.

  Sartre a dit cela aussi, d'une manière terrible pour tous les hommes qui, au lieu de se faire être, se contentent de se rêver. « L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie. D'après ceci, nous pouvons comprendre pourquoi notre doctrine fait horreur à un certain nombre de gens. Car souvent ils n'ont qu'une seule manière de supporter leur misère, c'est de penser : « Les circonstances ont été contre moi, je valais mieux que ce que j'ai été ; bien sûr, je n'ai pas eu de grand amour, ou de grande amitié mais c'est parce que je n'ai pas rencontré un homme ou une femme qui en fusse digne (...) Or, en réalité, pour l'existentialiste, il n'y a pas de possibilité d'amour autre que celle qui se manifeste dans un amour (...) Un homme s'engage dans sa vie, dessine sa figure et en dehors de cette figure il n'y a rien » L'existentialisme est un humanisme. 1946.

 

III)             Vanité d'une connaissance de soi qui n'est pas conscience de la distance séparant le sujet de toutes ses expressions provisoires et inaccomplies.

 

  La connaissance de soi est donc une entreprise qui excède les possibilités de la conscience de soi immédiate. Elle requiert de nombreuses médiations et est, au fond, toujours inachevée puisque l'identité d'un sujet n'est pas fixée une fois pour toutes. Elle se construit, se remanie continuellement en fonction des leçons de l'expérience et d'un projet d'existence. L'homme existe et il n'est que ce qu'il se fait, enseigne l'existentialisme. Il s'ensuit qu'on ne peut parler de l'être d'un homme qu'au passé. Oui, il a été ceci ou cela mais impossible de dire ce qu'il est, puisque tant qu'il vit, il peut toujours surprendre et se vouloir autre que ce qu'il fut jusque là. Telle est la condition du pour soi, c'est-à-dire de l'être impuissant à être dans la clôture et la plénitude de l'en soi.

  La vraie connaissance de soi n'est donc pas connaissance de ce que l'on est passivement. Certes, une personne intègre de nombreuses données empiriques qu'elle n'a pas choisies. Elle est un homme ou une femme, un blanc ou un noir, un tempérament apathique ou nerveux etc. Il ne s'agit pas de nier qu'il y a des éléments reçus dans l'identité d'un homme. Mais prétendre réduire son être à sa dimension de passivité, c'est s'identifier par sa facticité. Or, on se demande bien ce que peut être un "moi" en dehors de ce qui assure sa continuité, c'est-à-dire en dehors de la conscience qu'il a de lui-même. Un mythe dit Hume et Montaigne, fin analyste de l'expérience humaine avoue: "Je ne peins pas l'être, je peins le passage".  C'est dire que toute réification de soi dans l'invocation d'un prétendu être qui serait donné hors de la décision de le faire exister de telle ou telle manière est une stratégie de mauvaise foi. Il n'y a pas de sujet hors de l'opération par lequel il se pose, pas d'identité personnelle hors d'un processus d'identification. Le moi n'est pas un objet qui, hors de soi, serait à connaître, c'est un sujet ne prenant consistance que par le mouvement de nier tout ce en quoi il ne peut pas se reconnaître. C'est dire qu'il n'a pas d'être parce que son être c'est la liberté.

 

 Conclusion :

  La conscience de soi n'est pas spontanément une connaissance de soi. Il faut, pour prétendre à une connaissance, quelle qu'elle soit, s'affranchir de tout ce qui aveugle car la lucidité et le souci de la vérité sont des conquêtes. Il y faut aussi de nombreuses médiations.

  Mais il convient de ne pas se tromper sur le sens d'une authentique connaissance de soi. Ce ne peut pas être une connaissance de type scientifique car un sujet ne peut pas être objectivé sans être nié. Se connaître revient donc, en dernière analyse, à se réfléchir dans sa dignité de sujet et pour cette opération la conscience suffit, à condition de préciser que cette conscience ne peut pas être la conscience spontanée. Pour qu'un sujet, une conscience ou une liberté puisse faire l'expérience pure de son être, l'ascèse d'une méditation métaphysique est nécessaire. Descartes a donné la mesure d'un tel exercice réflexif.

  Et cette méditation a ceci de singulier qu'elle est moins dévoilement d'une essence qu'assignation à une tâche spirituelle et morale.

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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74 Réponses à “La conscience de soi est-elle une connaissance de soi?”

  1. Gaëlle dit :

    Bonjour,
    Je me permet de vous écrire à nouveau à propos d’une phrase qui m’a interpellée:
    « dans le cas de la connaissance de soi, il est impossible de disjoindre le sujet et l’objet de la connaissance. »
    J’aurais cru que justement, la conscience permettait une prise de recul, qu’elle autorisait à se prendre soi-même pour objet. Cela n’est donc pas possible dès lors que l’on se trouve dans le champ de la CONNAISSANCE de soi?

  2. Simone MANON dit :

    Je pense que vous comprenez mal l’expression. Elle signifie que dans la connaissance de soi, le sujet est à la fois le sujet qui connaît et l’objet qui est à connaître. Ce qui permet de se prendre soi-même comme objet de connaissance est effectivement la capacité de recul de la conscience mais il est difficile de se saisir soi-même dans une pure relation d’extériorité et d’objectivité comme il convient de le faire pour que la connaissance ait une valeur de vérité. Le sujet a trop d’intérêts engagés dans les résultats de cette connaissance, d’où sa difficulté voire son impossibilité à faire preuve d’objectivité.

  3. Gaëlle dit :

    Merci pour votre réponse. Je comprends mieux à présent.

  4. oumal dit :

    bonjour professeur il y a une question qui sonne fort a mes oreilles sans que je ne puisse trouver une reponse a celle ci.coment un jugement objectif est il possible,compte tenu de la subjectivité inhérente à la nature humaine?

  5. Simone MANON dit :

    L’objectivité n’est pas une donnée, c’est une conquête. Le jugement immédiat est un préjugé, non un véritable jugement. Celui-ci requiert une éthique du jugement impliquant une ascèse des affects et une méthode. Vous pouvez consulter la première règle de la méthode dans le cours sur les règles de la méthode formulées par Descartes (chapitre: la raison) et le thème de l’objectivité dans le cours sur la vérité. Vous pourrez ainsi nourrir votre réflexion sur la difficulté d’être objectif. En tout cas un jugement objectif sur sa propre personne est certainement la chose la plus difficile à réaliser. De nombreuses médiations sont nécessaires pour s’en approcher mais l’illusion guette toujours car un sujet a trop d’intérêts engagés dans cette opération, l’amour propre étant sans doute l’obstacle le plus radical.

  6. DUPUY dit :

    je vous ai envoyé un commentaire et mon adresse parait sur votre site c’est fort désagréable

  7. Simone MANON dit :

    Un homme sage évite de faire ce qui lui déplaît. Veillez donc à ne pas faire des commentaires ou à poser des questions.

  8. tadé dit :

    bonjour professeur,je ne comprends pas comment un homme doué de connaissances pourrait avoir une conscience défaillante dans la mésure ou la conscience est un pouvoir de représentation permettant à l’homme d’avoir la connaissance des choses et de lui meme.

  9. Simone MANON dit :

    Il ne suffit pas de pouvoir se représenter, encore faut-il que ces représentations aient une valeur de vérité or se représenter les choses sans projeter sur elles ses préjugés, ses aspirations inconscientes ou conscientes, bref ce qui nous en apprend plus sur le sujet qui se représente que sur l’objet représenté, est le chose du monde la plus difficile. Surtout si cette chose à connaître est soi-même. Si la représentation mentale était d’emblée adéquate pourquoi faudrait-il conquérir la science, l’élaborer méthodiquement, la remanier etc.?

  10. Oblomov dit :

    Bonjour Madame Manon,

    Je poste ma question dans la rubrique conscience, même si elle ne se rattache pas particulièrement au sujet ci-dessus.

    J’ai lu dernièrement le « Prométhée mal enchaîné » d’André Gide. Cela m’a passionné, mais je suis convaincu que ce texte contient beaucoup plus de chose que ce que j’ai pu y trouver. Certaines allusions, certains passages, certains raisonnement, ont du me dépasser.

    Savez vous où je pourrais me procurer une explication de la « thèse générale » du livre ?

    Sinon, et comme j’apprécie particulièrement vos cours, j’aurais voulu savoir si vous accepteriez de faire un commentaire de texte d’un passage qui, à mon sens, résume l’ensemble de la « thèse » de Gide ; cela me rendrait un immense service et m’apporterait une grande avancée sur le plan philosophique, mais peut-être aussi pourriez vous le poster sur ce blog au bénéfice de toute la population lycéenne, car ce texte est vraiment très intéressant. Si vous en avez le temps et l’envie, je peux vous envoyer par mail le passage en question.

    Merci.

  11. Simone MANON dit :

    Désolée, je ne peux pas vous donner satisfaction car je n’en ai pas le temps.

  12. Davoux dit :

    Bonsoir Madame,
    Je suis actuellement en Terminale S et mon professeur m’a donné le sujet suivant :
    La conscience permet-elle une meilleure connaissance ?
    Les pistes à développer seraient : le moyen de la conscience pour parvenir à une nouvelle connaissance (=> le doute) ainsi que les différentes connaissances (du monde, de soi…)

    Néanmoins je n’arrive pas à voir où tout cela doit aboutir… Pourriez vous m’éclairer ?

    Merci de rendre accessible tous ces cours j’espère qu’en les lisant je comprendrais certains sujet encore obscurs pour moi aujourd’hui.

  13. Simone MANON dit :

    « Meilleur » connote l’idée d’une comparaison. Ce qui est meilleur est ce qui l’emporte sur quelque chose d’autre dans un ordre donné. Pour que votre question devienne sensée, il faudrait préciser: meilleure par rapport à quoi? A défaut ce sujet est inintelligible.

  14. Davoux dit :

    La meilleure connaissance est celle dont on ne peut douter : c’est la certitude.
    Est ce que cela rend le sujet plus compréhensible ?

  15. Simone MANON dit :

    Non dans la mesure où la conscience est la condition de n’importe quelle forme de connaissance.

  16. Davoux dit :

    Que dois-je faire alors ? Je suis perdu !

  17. Simone MANON dit :

    Je suis désolée. Vous avez sans doute mal compris l’énoncé du sujet lorsque votre professeur l’a formulé.

  18. Magali dit :

    Bonjour,
    je voudrais savoir si la thèse de Sartre sur la nécessité de la médiation d’autrui afin d’accéder à la cs de soi et celle de Hegel à ce même sujet se rejoignent ou si il existe des des différences.
    Merci

  19. Simone MANON dit :

    Chaque philosophie est singulière mais en gros sur ce thème les convergences sont grandes entre les deux auteurs puisque Sartre emprunte les concepts hégeliens de négativité, de conflit des consciences, de désir de reconnaissance etc.

  20. Lu dit :

    Bonjour Madame,
    J’ai lu dans un essai de Le Clézio quelques points de vue sur la conscience de soi. Il insiste sur le caractère double de la conscience de soi, c’est-à-dire le soi observant et le soi observé. cette relation sujet-objet suscite le recul éternel dans la profondeur de la conscience. Il le prend comme un état de schizophrénie. Je voudrais savoir cette idée de recul de la conscience est premièrement posée par qui et est-ce qu’elle est plutot désespérante parce que ce recul signifie l’impossibilité de saisir le vrai soi?
    Merci.

  21. Simone MANON dit :

    Voyez, Lu, le chapitre: présentation du cours: conscience, inconscient, sujet.
    Vous découvrirez que ce que, selon votre propos, Le Clézio définit comme un état de schizophrénie est constitutif du fait normal de conscience.
    La scission sujet/objet n’est « posée » par personne puisqu’il ne s’agit pas d’une thèse mais ce que nous révèle la description de notre expérience de la conscience.
    Ce qui doit vous conduire à comprendre que l’idée d’un « vrai soi » n’est souvent qu’un fantasme.
    Qu’est-ce que le moi? interrogent les philosophes. La question est affrontée sur ce blog. Le cours vous permettra de comprendre combien la réponse est problématique. https://www.philolog.fr/identite-i-le-probleme-metaphysique/
    Bon courage.

  22. Lu dit :

    Merci beaucoup professeur.

  23. Co dit :

    Bonjour Madame,

    je suis actuellement en terminale ES et apprends donc juste à philosopher. Je m’adresse à vous car mon professeur de philosophie m’a récemment donné le sujet suivant:
    « Faut-il prendre conscience de soi? »
    J’ai déjà quelques idées et noms de philosophes à citer mais je reste cependant dans le flou… Pourriez-vous m’éclairer?

    Merci

  24. Simone MANON dit :

    Désolée, jeune personne, je n’interviens pas dans le travail des élèves.
    J’attire seulement votre attention sur la nécessité d’analyser les expressions « faut-il » et « prendre » pour saisir les enjeux du sujet.
    Bon courage.

  25. clement benard dit :

    Bonjour Madame
    Je découvre aujourd’hui votre site et le parcours avec avidité .
    Je compte bien y revenir souvent et réfléchir avec votre aide sur tout ces sujets qu’il est parfois si mal aisé de cerner tout seul.
    Je cherchais une aide et je suis sur de l’avoir trouvée.
    Merci beaucoup pour votre travail généreux et ô combien précieux.

    Bernard Clément qui a découvert la philo sur le tard et aimerait bien revenir en terminale

  26. Simone MANON dit :

    Merci Bernard pour ce sympathique commentaire.
    Soyez bien convaincu qu’il n’est jamais trop tard pour philosopher.
    Bien à vous.

  27. Mona dit :

    Bonsoir Madame,
    Faut-il alors faire l’effort d’être conscient ?

  28. Simone MANON dit :

    Beau sujet qu’il faut vous dépêcher d’approfondir Mona.
    Bon travail.

  29. Lucas dit :

    Bonjour,
    je cherche dans votre blog l’article le plus indiqué à m’aider dans ma dissertation sur le sujet « Être conscient de soi, est-ce être maître de soi ? »

    Merci d’avance.

  30. Simone MANON dit :

    Désolée, Lucas. Il n’y a pas de cours strictement axés sur cette problématique.
    Vous devez expliciter pourquoi ce qui est une condition nécessaire de la maîtrise de soi, à savoir la conscience de soi, n’en est pas une condition suffisante.
    L’article que vous venez de lire fournit déjà des arguments.
    Voyez l’article sur le sac de peau.
    Approfondissez la question des passions.Un passage de ce commentaire peut vous éclairer https://www.philolog.fr/descartes-changer-ses-desirs-plutot-que-lordre-du-monde/
    Bon courage.

  31. Khouzeimi dit :

    Bonjour Simone,

    Vraiment, votre site est magnifique. Je viens de le découvrir. Je l’ai beaucoup admiré. Je serai l’un de ses visiteurs assidus. Il nous présente simplement l’explication des notions philosophiques que nous considérons déjà difficiles à comprendre. Je vous remercie votre tous vos efforts sur ce site. Je suis un étudiant étranger. Je fais des études en France. Malheureusement, j’ai pas reçu de bonnes bases pour bien comprendre le français, c’est pourquoi je trouve de difficultés à comprendre quelques notions. Comme j’étudie les correspondances au XVIIIe siècle, je trouve parfois des difficultés à comprendre toutes les idées incluses dans les lettres. à propos de la question conscience de soi, pourriez-vous m’expliquer qu’est-ce que ça veut dire la conscience de soi comme épistolier?
    Merci d’avance de votre réponse.

  32. Simone MANON dit :

    Bonjour
    La conscience (c’est-à-dire la connaissance) qu’un sujet a de ses états affectifs, de ses pensées et de ses actes n’a pas la même spontanéité dans les relations épistolaires que sous sa forme immédiate. Elle est conduite par le travail de l’écriture, par la nature de la relation entre les personnes, par la finalité de l’échange (son enjeu est-il pragmatique, littéraire ou d’une autre nature?) à se modifier, s’approfondir (lorsqu’elle prend la forme d’un examen de conscience sous le regard de l’autre), à se travestir (est-il possible d’être sincère dès lors qu’on reconnaît avec Sartre la duplicité constitutive du pour-soi?).
    Bref, l’échange ne la laisse pas inchangée. Il peut tout aussi bien l’arracher à la complaisance à soi si les protagonistes sont animés par le souci de la vérité qu’entretenir cette complaisance si leur intention est de se faire valoir réciproquement aux yeux de l’autre et à ses propres yeux.
    Bien à vous.

  33. Khouzeimi dit :

    Bonjour Simone,
    Merci beaucoup de votre réponse rapide. Vraiment, j’ai commencé à comprendre. Mais veuillez m’expliquer quels sont les moyens qu’on peut suivre dans un dialogue épistolaire d’une certaine durée pour montrer qu’un épistolier a conscience en soi. Quels sont les points sur lesquels on doit concentrer, quels sont les signes q’il faut mettre en valeur pour montrer cette conscience en soi. Vraiment j’ai besoin de savoir ça, car ça me gêne dans mes lectures des lettres.

    Merci d’avance de votre réponse
    Avec mes sentiments évoués.

  34. Bonjour,

     » soi-même comme un autre  » pour reprendre un titre de Paul Ricoeur.
    Le grand A de l’altérité, le grand A du Dieu de l’Autre ou le grand A de son athéisme ? le grand A c’est aussi le corps, dit Lacan. Comme vous l’indiquez avec justesse, l’écrit (sauf par temps de colère ?) nous permet déjà d’établir une première distance par rapport à notre propos envers l’Autre auquel -je- s’adresse. le petit a, objet du désir n’hypothèque-t’il pas le grand A de l’altérité ?
    Une meilleure connaissance de notre inconscient ne peut pas s’établir sans un travail avec l’Autre et ainsi, nous permettre de tenter de cheminer avec une meilleure conscience du je : « le théâtre du je » et « le théâtre du corps » de Joyce Macdougal m’ont personnellement aidé à mieux percevoir aussi ce théâtre du somatique qui hypothèque aussi bien le rapport à l’Autre que le rapport à soi via la maladie.
     » je est un autre  » de Rimbaud reprit par Lacan  » l’inconscient, c’est le discours de l’Autre « 

  35. Simone MANON dit :

    Bonjour Khouzeimi
    Je ne peux répondre à votre question car je n’en comprends pas le sens. Peut-être devez-vous étudier des procédés littéraires en jeu dans des lettres.
    Attention: l’expression conscience en soi est dénuée de sens. Il est question dans notre échange de conscience de soi.
    Bien à vous.

  36. Khouzeimi dit :

    Bonjour Simone,

    Merci beaucoup de votre intérêt de me bien diriger. Je vais approfondir ma lecture pour bien comprendre. Juste une dernière prière à vous demander: pourriez-vous me dire deux ou trois références bien ciblées qui peuvent bien m’aider à bien comprendre cette question, à savoir la conscience de soi dans le domaine de l’échange.

    Merci encore une fois pour votre compréhension.
    avec mes sentiments dévoués

  37. Simone MANON dit :

    Bonjour Khouzeimi
    Je suis désolée. N’ayant jamais travaillé le thème qui est l’objet de votre étude, je n’ai pas de références à vous suggérer.
    Bien à vous.

  38. Khouzeimi dit :

    Bonjour Simone,

    Merci beaucoup de votre réponse.
    Avec mes sentiments dévoués.

  39. Leïla A. dit :

    Bonjour Madame,
    Je viens de commencer la philosophie cette année, et notre professeur nous a vivement conseillé votre site pour trouver des compléments à son cours et notamment des éléments de méthodes pour la dissertation car nous avons pas eu le temps de l’étudier avec elle.
    J’ai lu vos différents posts pour essayer de mieux de comprendre et j’admets que cela m’a beaucoup aidé. Mon sujet de dissertation s’intitule « Faut-il se méfier des données de notre conscience » pouvez vous juste m’aidez à définir le terme de « données de notre conscience ». Notre professeur nous a affirmé que ce sujet était très ressemblant au vôtre, mais j’ai du mal à trouver les similitudes..
    Merci d’avance

  40. Simone MANON dit :

    Bonjour Leila
    Vous avez dû constater, si vous avez lu quelques commentaires que je n’interviens pas dans le travail des élèves.
    Les données de la conscience sont ses représentations et ses vécus immédiats (ses sensations, ses perceptions, ses émotions, ses sentiments etc), la manière dont elle se projette vers le monde et a l’intuition d’elle-même antérieurement à la reprise critique.
    Vous devez examiner si ces données sont fiables, autrement dit si elles nous renseignent correctement sur la nature du monde et sur la nôtre.
    Bon travail.

  41. Simon dit :

    Bonsoir Simone,
    Je découvre ce soir la précieuse aide qu’est votre blog et tient a vous remercier car il est vraiment explicite et aide plus d’un a comprendre entre les lignes des cours de philo.
    J’aimerais avoir votre avis sur une methode efficace de comprendre ce qui est pour nous une nouvelle matiere. Auriez-vous des recommandations à me faire ? Des suggestions ?
    Avec mes sincères salutations.

  42. Simone MANON dit :

    Bonjour Simon
    Il m’est bien difficile de vous répondre dans la mesure où l’acte de comprendre est un acte personnel. Chacun a ses rythmes, ses difficultés propres, son aisance ou non. L’appropriation des significations exige de ne pas les survoler, de faire l’effort de les formuler avec ses propres mots, d’avoir la patience de les approfondir. La fonction des cours est de rendre, par leur clarté et leur précision, la compréhension plus aisée. Chaque cours s’appuie sur des textes qu’il faut lire avec attention. Pour toutes les opérations intellectuelles, l’attention, la rigueur, la précision sont essentielles.
    Bien à vous.

  43. pretty's dem yah dit :

    bonjour a tous alors je suis une élève de terminal L et c’est la premiere fois que je fais une disserte de philo donc je voulais savoir je suis sur la bonne voie concernant le devoir. Donc voici la question: La conscience de soi implique t-elle la connaissance de soi?
    Alors voici mon plan:
    I- la conscience psychologique
    a- conscience spontanée
    b-conscience réfléchie

    II- la conscience morale
    a- la honte
    b- le remord
    III-la connaissance de soi
    et la j’ai pas encore trouvée les 2 sous-parties
    Donc que pensez-vous de mon plan?
    Merci d’avance pour vous réponse ou remarque 🙂

  44. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je n’interviens pas dans le travail des élèves.
    Tout au plus puis-je vous dire qu’on ne voit pas quel est le problème que vous traitez. Or votre premier travail doit consister à élaborer la problématique. Ce plan est donc un hors sujet.
    Voyez le cours de méthode sur ce blog.https://www.philolog.fr/methodologie-de-la-dissertation-philosophique/
    Bon travail.

  45. Alexandra dit :

    Bonjour Madame,
    Je viens de lire cette dissertation très intéressante après avoir réfléchi sur la question de la représentation et de la connaissance de soi et j’ai pensé à quelque chose qui ne semble pas avoir été traité ici, je me permets donc de vous demander votre avis (je tiens à préciser que je n’ai que très peu de références en philosophie, je n’en pratique plus concrètement depuis le lycée – à part à travers des questionnements ponctuels comme celui-ci):
    Si la représentation que l’on a de nous-même est subjective, n’est-elle pas de ce fait profondément vraie puisque notre subjectivité fait partie de notre essence-même? J’ai un peu de mal à mettre des mots sur ce que je veux dire, mais je comparerais cela au procédé autobiographique: une autobiographie est fausse parce que les informations sont subjectives; cependant elle est profondément vraie puisque la subjectivité de l’auteur (ses sentiments, ses souvenirs un peu effacés, flous, etc…) est réelle, inhérente à l’auteur, c’est cela même qui est retranscrit: sa vie, son être… Je ne pense pas que ma formulation soit très claire mais, si vous comprenez, cela me ferait plaisir d’avoir votre retour, s’il vous plaît.

    Merci,
    Alexandra

  46. Simone MANON dit :

    Bonjour Alexandra
    Je comprends bien ce que vous voulez dire. Dans la mesure où une personne est un sujet donc une manière de se vivre de l’intérieur, un projet et des processus de subjectivation, on ne peut faire l’impasse, pour avoir une idée de son être, de la représentation subjective qu’il en élabore. Celle-ci est indissociable de son identité.
    Cependant il est problématique de parler de vérité sauf à donner au mot une extension qui engendre certaines confusions.
    La représentation subjective de soi-même peut être sincère, soucieuse d’authenticité ou d’originalité mais y a-t-il vraiment sens à dire qu’elle est vraie? La notion de vérité implique celle d’un accord (ou d’une conformité) entre la représentation et son objet.
    Et c’est là qu’il y a problème car je peux construire une représentation fantasmatique de moi-même. Cette représentation me dévoile dans ma subjectivité et mon identité (ce que vous voulez dire en disant qu’elle est vraie) mais ce dévoilement peut en apprendre plus sur le rapport imaginaire que j’entretiens avec moi-même que sur ce que je suis pour une approche lucide de mon identité.
    Bien à vous.

  47. pierrick dit :

    Bonjour,
    J’aurais une question à propos d’une phrase de Pascal que j’ai lu et qui semble plus ou moins se rattacher à cet article : dans Pensées, Pascal évoque la grandeur de l’homme qui est conscient, et il dit : « C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable ». Je ne parviens pas à percevoir la différence entre « se connaître misérable » et « connaître qu’on est misérable ».
    Merci beaucoup.

  48. pierrick dit :

    Bonjour,
    C’était bien le sens de ma question : même en relisant l’extrait maintes fois, je ne vois pas la différence entre les deux propositions de Pascal. Peut-être que je fais seulement une confusion grammaticale au niveau des pronoms, mais je ne vois pas la nuance qui est faite. Je sais simplement que l’homme se différencie des animaux et des autres êtres vivants par sa capacité de réflexivité, puisqu’il sait qu’il est conscient, mais je ne sais pas si c’est ce que Pascal laisse entendre ici.
    Merci.

  49. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Manifestement vous n’avez pas pris la peine de vous reporter au cours indiqué ! Vous ne mériteriez pas que je prenne celle de vous répondre.
    « C’est être grand que de connaître qu’on est misérable »= la connaissance de notre misère est le principe de notre grandeur.
    « C’est être misérable que de se connaître misérable »= notre misère n’est pas supprimée par la connaissance qu’on en prend, pire elle en est certainement aggravée.
    Bien à vous.

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