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   Les livres de John Money, Peter Singer, Judith Butler, Donna Haraway, etc.  m’étaient tombés des mains, il les a lus jusqu’au bout de leurs aberrations. Performance admirable ! Rien que pour cela, Jean-François Braunstein mérite notre reconnaissance. D’où l’urgence de  lire cet ouvrage dont le premier mérite est de nous réconcilier avec la philosophie. On n’est donc pas condamné à subir inlassablement les ratiocinations d’intellectuels anglo-saxons dont on se demande comment ils ont pu depuis tant d’années dominer la scène médiatique et universitaire. Serait-ce le signe que le bon sens retrouve droit de cité ? Grâces soient rendues à notre auteur puisqu’il nous permet de l’espérer.

 

Retrouver la « décence ordinaire »

 

    « Théorie du genre, droits de l'animal et enthousiasme pour l'euthanasie puisent aux mêmes sources, d'amour, de bienveillance universelle, d'évitement de la douleur et du tragique. Pourtant, nous l'avons vu, ces bons sentiments conduisent aux pires aberrations. Si l'on pousse jusqu'au bout la logique des raisonnements des éminents universitaires que nous avons évoqués, on arrive à des conclusions qui sont non seulement absurdes mais abjectes. Si l'on accepte l’idée que le sexe biologique n'a pas d'importance et que le genre est « au choix », il sera difficile d'éviter la conséquence que notre corps est tout entier à la disposition de notre volonté et que nous pouvons décider de le transformer à l'envi. Si l'identité est également « au choix », il doit être possible à chacun de surfer d'un genre à l'autre. Si l'on pense que les « animaux non humains » doivent être traités de la même manière que les « animaux humains » que nous sommes censés être, la zoophilie et l'expérimentation sur les humains ont un bel avenir devant eux. S'il convient de légaliser l'euthanasie, pourquoi la limiter à tel ou tel type d'humains, mourants ou handicapés ? Pourquoi ne pas tuer aussi des enfants qui nous semblent « défectueux » ? Quant au déficit en organes pour les transplantations, il suffit de changer la définition de la mort et de nationaliser les cadavres pour que la question soit réglée. Les conséquences tirées par nos « gendéristes », « animalitaires » et « bioéthiciens » sont imparables, si l'on accepte leurs présupposés.

   Des discours sur l'amour et la tolérance, sur les animaux maltraités ou les mourants à soulager, auxquels chacun a immédiatement envie de souscrire, conduisent ainsi à des conclusions absurdes et choquantes. Face à de telles stupidités, on ne peut que se souvenir de la formule de George Orwell :  « il faut être un intellectuel pour croire une chose pareille : quelqu'un d'ordinaire ne pourrait jamais atteindre une telle jobardise ». Mais on peut aussi espérer, en suivant toujours Orwell, que de telles propositions choquent la « décence ordinaire » de tout être humain digne de ce nom : «  mon principal motif d'espoir » (Notes sur le nationalisme, Essais, articles, lettres, vol. III, Paris, Ivrea-Encyclopédie des nuisances, p. 476), ajoutait Orwell, tient au fait que «  les gens ordinaires sont toujours restés fidèles à leur code moral » (Lettre à Humphry House du 11 avril 1940. Ibid. Vol. I,  p. 663)

   Il convient donc de récuser les bases mêmes de ces raisonnements. Leur erreur commune est de penser que les questions morales sont analogues à des problèmes logiques ou juridiques, dans lesquels une solution et une seule s'impose. Les fameux « cas » de l'éthique analytique sont souvent distrayants, mais ne présentent aucun autre intérêt. La morale n'a pas affaire à des préférences ou à des plaisirs en général qu'il faudrait « maximiser », elle a affaire à des situations particulières et à des hommes réels, pour lesquelles certaines choses sont admissibles et d'autres ne le sont pas. Dans ces affaires il vaudrait mieux, en suivant Auguste Comte, s'appuyer sur les traditions de l'humanité, sur ces « morts qui nous gouvernent », plutôt que sur « l'abus de la logique déductive ». I1 est des choses qu'il ne doit même pas être possible d'envisager lorsqu'on est un être humain suffisamment civilisé. Comme le dit Anne Maclean, si on ne tue pas les bébés, c'est simplement « parce que cela ne se fait pas ». Essayer de démontrer le contraire est déjà criminel. Si on pratique l'infanticide, au moins pour l'instant et dans la plupart des cas, on éprouve un certain sentiment de gêne. Singer lui-même reconnaît que tuer sa mère atteinte d'Alzheimer n'est pas si simple que cela. La zoophilie se pratique sans doute, même si c'est moins souvent que ne l'affirme Singer, mais on n'a pas alors le sentiment d'avoir une relation amoureuse normale et on présente rarement l'animal à sa famille. C'est un beau jeu de l'esprit, ou une « performance » artistique, que de changer d'identité sexuelle à volonté, mais demander que la société se  reconstruise entièrement, de l'éducation au droit en passant par la médecine, pour satisfaire ces jeux sur les limites entre les sexes est une demande évidemment exorbitante. Se couper un bras valide n'est pas non plus une très bonne idée et l'on est choqué de voir que quelques médecins dévoyés puissent envisager de coopérer à de telles folies ». p. 377 à 380.

   

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13 Réponses à “Jean-François Braunstein. La philosophie devenue folle.”

  1. younes dit :

    tellement çà !!

  2. Alain dit :

    Si le caractère fallacieux des raisonnements tenus repose sur le traitement analogue des questions morales à celui qui a cours pour les problèmes logiques et juridiques, ne serait-ce pas alors, au delà des cas d’espèce dont il est question, de la condamnation de l’utilisation impropre d’un style, celui de la philosophie analytique ?

  3. Christophe dit :

    Merci Madame pour votre site et pour cet article en particulier.

    j’ai été élève de M. J.F. Braunstein, il y a bien longtemps et je suis très heureux de voir qu’il s’efforce à présent d’analyser beaucoup de thèmes, de questions, pour lesquelles j’éprouve un certain inconfort intellectuel. Malgré mon souci de bienveillance, de respect des droits et libertés etc…, il y a “un je ne sais quoi” qui me chagrine ; j’ai cette impression d’assister à un grand délire où tout se confond, se mélange, faisant obstacle au discernement et à la rigueur de l’analyse. Bref je vais m’empresser de lire l’ouvrage en question.

    Encore merci pour votre travail.
    Bien à vous.

  4. Anonyme Analytique dit :

    La philosophie analytique, “rationisations d’intellectuels anglo-saxons” ? Ce mépris est incroyable. Je suis choquée. Merci pour les collègues qui étudient, enseignent et travaillent sur ces auteurs et dans cette tradition.

  5. Cécile Mouton dit :

    Bonjour,
    Ça fait plaisir de vous revoir poster ! C’est toujours aussi instructif et intelligent et plein de bon sens. Du coup, ça donne envie de lire les auteurs que vous citez. Pour ma part, j’ai adoré votre ancien post sur Nicolas Grimaldi et j’ai lu son livre l’Effervescence du vide que j’ai trouvé fabuleux. Votre post rejoint un peu ce que disait Grimaldi sur la crise de la culture et sur le fait que l’on fasse aujourd’hui “beaucoup de bruits” sur des sujets aussi sensibles et polémiques plutôt que de la réflexion basée sur la sagesse et le bon sens peut-être…Cela rejoint peut-être aussi à ce que l’historien des mentalités Thierry Wanegffelen théorise dans son livre intitulé Le Roseau pensant, Ruse de la modernité occidentale, le fait que les mentalités évoluent très vite, son dernier chapitre s’intitule “dans le tourbillon de la modernité”. Dans ce “tourbillon”, beaucoup de nouvelles normes s’imposent à une vitesse fulgurante (internet, les média,…). Je ne peux exposer sa théorie complexe en trois lignes sans prendre le très gros risque de la dénaturer davantage. Je ne peux que vous inciter à le lire. Je ressens en tout cas, dans mon quotidien, la pression des media, de la société (il faut se positionner très vite, sur n’importe quel sujet) qui s’exerce sur ma volonté de comprendre les choses, et je sais que j’ai besoin de temps, de confronter mes lectures, pour me faire à défaut d’une réflexion, une opinion (et pas une conviction). En tout cas, ce qui est dangereux à mon sens, c’est que du coup, les gens qui n’ont que peu de culture, ou peu d’expérience dans la réflexion, et qui ne savent pas exercer leur esprit critique la plupart du temps (je me compte au nombre de ces gens-là) peuvent cautionner ces théories puisqu’elles sont soutenues par des universitaires donc des intellectuels, des gens qui passent leur vie à exercer leur réflexion, infiniment plus intelligents que moi…
    A lire aussi le très beau livre d’Olivier Guez, La disparition de Josef Mengele, c’est une fiction, mais on sait que Josef Mengele était docteur en médecine et docteur en anthropologie…!
    Bien à vous, Cécile.

  6. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Merci pour ce sympathique message.
    Je vous suis sur la réussite du livre d’Olivier Guez.
    L’époque n’est en effet pas propice à la réflexion. Elle a trop le goût de la vitesse, de l’esbroufe, de la subversion.
    Reste qu’il est passionnant de méditer, avec le recul et l’ascèse des passions nécessaires à toute méditation, les puissants bouleversements qui la caractérisent. Je vous conseille aux Puf : les Révolutions du XXI° siècle, sous la direction de Yves Charles Zarka.
    Bien à vous.

  7. héritier de Bertrand Russell dit :

    Bonjour madame Manon,
    je suis tout aussi choqué qu’Anonyme analytique sur le mépris incroyable et le “littérarisme” de la philosophie en France. Vous méprisez complètement la grande révolution qui a réinventé la philosophie au XX ième siècle, celle de Russell et Wittgenstein, et avant que vous me rétorquiez que Wittgenstein a rejeté son Tractatus pour abandonner l’idée de système philosophique, le premier Wittgenstein a été un pionnier en recherches en logique et en linguistique. Ses découvertes fondamentales sont encore étudiées pour leur profondeur et sa méthode de la table de vérité fut une avancée primordiale. C’est pour ça que je n’étudie pas la philosophie en France pour me tourner vers des études scientifiques pour devenir mathématicien, logicien ou épistémologue. Je laisse ce que vous appelez de la philosophie pour les littérateurs comme vous. Ne vous méprenez pas, j’adore lire Sartre, Camus, de Beauvoir, Derrida, Marx, Nietzsche mais la vraie philo c’est une recherche de la vérité avant tout et elle ne se fait jamais dans le refus de l’argumentation déductive. Les philosophes ci-dessus ne déclarent pas qu’ils prouvent absolument ce qu’ils avancent, ils montrent juste les conditions nécessaires de certains postulats, qu’ils soient éthiques ou non.
    Pour le coup, ces déductions à partir de postulat sont purement mathématiques, on arrive à introduire un peu de certitude en philo ce qui est toujours une bonne chose. La raison prime complètement sur l’émotion si on veut vraiment faire le bien ou arriver à la vérité.
    Je suis conséquentialiste comme Camus et tout être vraiment raisonnable l’est, vous connaissez sûrement l’expérience de pensée du dilemme du tramway! Si vous dîtes qu’il vaut mieux laisser les deux personnes sur la voie mourir au lieu d’une seule, vous êtes complètement irrationnel et immoral
    Les expériences de pensée de Peter Singer sont géniales et interrogent directement nos illusions sur la morale. On a besoin de plus de philosophie analytique dans ce bas monde.
    Certes, les gender studies anglosaxones de certains sont très choquantes, cependant il est intéressant d’étudier quelle est le rôle de l’éducation dans la construction de l’identité sexuelle.
    Voila, merci d’avoir lu tout mon message si vous avez eu la force d’arriver ici, ce qui est admirable. Moi aussi parfois je me force à lire Le Figaro.
    Beau site, au passage, et excusez-moi si j’ai été véhément, je ne me prend pas à vous personnellement. Les philosophes continentaux sont absolument nécessaires, mais pas au prix d’un mépris de la philosophie analytique
    Bien à vous,
    un futur logicien

  8. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Personne n’a jamais dit qu’il faut nier le rôle de l’éducation dans la construction de l’identité sexuelle, ce qui n’autorise évidemment pas, dans une erreur symétrique, à nier le rôle du sexe biologique.
    Personne n’a jamais nié la fécondité de certaines expériences de pensée ce qui n’autorise pas à se donner n’importe quel postulat, du genre de ceux qu’affectionne le chantre de la libération animale.
    Dans sa tradition la plus solide, la philosophie repose sur un pari de la raison. Mais la raison philosophique n’est pas la raison sophistique. Conçue comme notre faculté commune, la raison ne s’épuise pas dans un usage purement instrumental, rendant possibles les argumentations les plus folles. Elle est la révélation de l’humanité à elle-même dans l’intelligence des limites de ses discours et la conscience de l’impossibilité de fonder de manière absolue l’expérience éthique. Ce n’est pas à quelqu’un qui se revendique de Wittgenstein qu’il faut apprendre cela.
    https://www.philolog.fr/socrate-ou-lexperience-philosophique-patocka/
    Mais être impuissant à fonder de manière absolue l’éthique ne consiste pas à ouvrir un boulevard aux argumentations les plus arbitraires. Impuissant à convaincre Calliclès des requêtes de la raison, Socrate continue son chemin dans la fidélité à lui-même et à notre humanité commune. Les sophistes lui ont fait boire la ciguë mais il reste vivant alors qu’on ne se souvient plus des noms des ratiocineurs de l’époque. Souhaitons que cela préfigure le destin des Peter Singer, Butler ou Haraway du moment.
    Bien à vous.

  9. Froidefond Lucas dit :

    Bonjour,
    Tout d’abord je ne peux que vous remercier du travail fourni sur ce blog qui m’est d’une grande utilité pour moi qui découvre la philosophie.

    Mais la, je me trouve bien embarrassé avec ce texte et les échanges qui ont eu lieu dans l’espace commentaires. J’ai commencé a découvrir la philosophie a deux endroits, sur votre blog et sur une chaine YouTube qui propose des videos ou sont développées des thèses philosophiques ou des conseils méthodologiques pour le bac. Cette chaine YouTube penche largement en faveur de ce que vous semblez ne pas aimer (l’utilitarisme, Peter Singer etc…) J’ai bien vu qu’il y avait de grande différence entre la philosophie que vous faites ici et celle que véhicule cette chaine YouTube. Je ne sais pas si ce que je vais dire est vraiment sensé mais je ne sais pas a qui faire confiance. La rigueur semble être commune au deux parti (ou peut être pas, difficile de juger pour un néophyte qui a plutôt l’habitude de considérer avec respect les philosophes qu’il rencontre) mais il faut bien que l’un soit plus raisonnable que l’autre et j’ai tendance à pencher en votre faveur tant les conclusions de ces philosophes sont parfois aberrantes et aussi parce que les articles de ce blog sont (et ça c’est indéniable) beaucoup plus complet. Pourtant, il n’est pas impossible qu’ils aient raison, d’autant que la philosophie nous amène parfois à accepter des choses qui vont à l’encontre de notre intuition. J’avoue être un peu perdu, et je profite donc des discutions plus haut pour en parler.
    Bien à vous.

  10. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il m’est difficile de vous répondre car je ne sais pas ce que propose Youtube.
    Mes cours s’inscrivent dans une tradition philosophique inaugurée par Socrate. Il s’agit fondamentalement de comprendre que penser n’est pas opiner, d’où la nécessité de procéder à l’examen critique des opinions sur une question donnée, sans pour autant réduire la raison à un usage purement instrumental s’épuisant dans une analyse logique du langage.
    Avec Socrate, l’expérience philosophique met en jeu une révélation de la raison à elle-même qui fait qu’on ne peut pas énoncer des postulats dont l’arbitraire n’est pas un arbitraire défini : celui de notre raison commune ou de ce que Descartes appelle le bon sens. https://www.philolog.fr/socrate-ou-lexperience-philosophique-patocka/
    Ainsi si la philosophie analytique mérite toute notre estime dans certaines de ses productions, on n’est pas tenu de consentir aux idées folles que développent certains de ses représentants. Par exemple est-il possible de suivre Peter Singer lorsqu’il dénonce la hiérarchie que nous avons établie, depuis des millénaires, entre l’homme et l’animal ? Celle-ci n’est-elle pas ontologiquement fondée dès lors qu’on se réfléchit soi-même dans l’ambiguïté de notre nature comme cet animal qui refuse d’être un simple animal ainsi que l’attestent les cultures, les normes morales et juridiques, etc.? Même la science montre que l’homme n’est pas un animal comme un autre.
    Tout énoncé prétendant brouiller la frontière entre l’un et l’autre relève donc de la pure idéologie non d’une réflexion philosophique sérieuse.

    Le succès des esprits dérangés n’est ni innocent, ni inoffensif. Car à force d’être nourris de ce genre de discours, les hommes risquent bien d’oublier jusqu’au souvenir d’eux-mêmes. Pascal et Montaigne ont dit cela de manière magistrale. Cf. Pensées, Brunschvicg, 6: “Comme on se gâte l’esprit , on se gâte aussi le sentiment. On se forme l’esprit par les conversations. On se gâte l’esprit et le sentiment par les conversations. Ainsi les bonnes ou les mauvaises le forment ou le gâtent. Il importe donc de bien savoir choisir, pour se le former et non point le gâter; et on ne peut faire ce choix, si on ne l’a déjà formé et point gâté. Ainsi cela fait un cercle, d’où sont bienheureux ceux qui sortent”.
    Voyez mon échange avec Abernathy: https://www.philolog.fr/joyeuses-fetes/
    Bien à vous.

  11. Térence dit :

    Dans cet article, vous présentez le livre “La philosophie devenue folle” de Jean-François Braunstein et vous semblez vous appuyer dessus pour légitimer les valeurs qui organisent votre identité. A ma connaissance, vous ne faites jamais place à votre subjectivité de manière aussi transparente qu’ici. On peut en déduire une première idée : ces valeurs vous font perdre raison—je ne dis pas qu’elles vous rendent folles, mais que, par leurs effets sur vous, la raison a été momentanément perdue en cours de route. C’est d’ailleurs ce que suggère aussi la lecture du livre au sujet de son auteur. A aucun moment il n’argumente ! Au mieux, il caricature et simplifie avec une très étonnante grossièreté et un excès infécond (même les étudiants de L1 faisant un effort intellectuel ne font pas cela) les thèses qu’il rejette. Et c’est à partir de ces thèses déformées de bout en bout qu’il prétend dézinguer Butler, Singer et consorts en employant systématiquement la même technique : la réduction à l’absurde. L’auteur se fait élève de “L’art d’avoir toujours raison” avec une mauvaise foi stupéfiante et un aveuglement inouï. A mon avis, on voit ici à l’œuvre un sujet qui se constitue et s’affirme par l’exclusion sommaire et impensée d’un ensemble de valeurs pour lui impossibles à envisager selon leurs raisons propres. Si seulement Braunstein s’était servi de son habileté à penser et de ses connaissances d’épistémologue et d’historien des sciences, le livre aurait de l’allure et ne serait pas ce vulgaire exercice réactionnaire. Tout cela est pour moi très embarrassant…

  12. Simone MANON dit :

    Bonjour
    L’enjeu du travail de Braunstein n’est pas de discuter les thèses de ces auteurs, c’est de les présenter. Ce qui, à mes yeux, est un préalable bien suffisant car fort éloquent.
    Bien à vous.

  13. Philippe Marquette dit :

    Bonjour Mme Manon,
    Bien qu’étant à 12000 km de la France, j’ai commandé, reçu et le le livre de Braunstein.
    J’ai relevé deux choses dans le livre au sujet des positions des présidents, Obama a fait installer des toilettes transgenre à la maison blanche, et Reagan a vivement pris position contre les thèses développées par les soutiens à l’euthanasie (p 304 et 305).
    Ronald Reagan qualifié d’antéchrist pour tout universitaire libéral anglo-saxon.
    Il écrivait notamment au sujet des nouveaux-nés : “il n’est pas question d’accepter un contrôle qualité pour voir si le nouveau-né n’est pas défectueux”. Ceci en réponse au prix Nobel de médecine Francis Crick qui proposait qu’un nouveau-né ne soit déclaré pleinement humain qu’après trois jours d’existence.
    Au Laos qui est le pays voisin de celui où je réside, un enfant ne reçoit son nom qu’après avoir vécu six mois, c’est une coutume qui est due à la forte mortalité infantile dans ce pays.
    On peut se faire euthanasier en Suisse et en Belgique, j’ai connu quelqu’un qui l’a fait étant en phase terminale de cancer. Ce qui veut dire que près de chez nous, une brèche a été ouverte au suicide assisté.
    La quasi-totalité du corps médical est contre l’euthanasie, c’est contraire au serment d’Hippocrate et un serment doit être respecté dans tous les cas.
    J’ai découvert en même temps ce qu’avait dit Orwell au sujet des gens ordinaires et des intellectuels.
    La morale, et je sais que c’est un sujet philosophique important, mais aussi sociétal, ne peut être élastique à ce point, c’est du moins ce que je pense, mais sans doute, je me trompe.
    Finalement, en tant que personne ordinaire, je n’adhère pas aux théories transgenre (bien qu’ayant eu une sœur homosexuelle), ni à la zoophilie (j’ai eu des chiens et j’en ai encore sans avoir de rapport sexuels avec eux, ni même y penser), j’ai eu trois enfants et il ne me serait pas venu à l’idée de les tuer. A ce sujet, dans une famille espagnole où j’ai des amis, le dernier né était trisomique. Peut-être que la société espagnole est plus humaine que la notre, mais tous leurs amis demandaient de ses nouvelles, j’ai fait sa connaissance et j’ai reçu une leçon de morale en même temps.
    Je considère ces thèses comme des déviances graves et leurs auteurs comme des déviants.
    Merci pour ce site.
    Bien cordialement.

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