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Walden Pond (l'étang de Walden) http://simon-boston.over-blog.com/categorie-11492902.html

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« Comme je l’ai dit, je n’ai pas l’intention d’écrire une ode à la mélancolie, mais de m’enorgueillir de mes exploits, aussi vigoureusement  que Chanteclair le matin sur son perchoir, quand ce ne serait que pour éveiller mes voisins. […]

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      Courageuse  Cécile Ladjali dans son obstination à défendre la fréquentation des auteurs classiques dans des espaces supposés peu disponibles à leur lecture!  Le débat est récurrent depuis de nombreuses années… « Quelle littérature enseigner aujourd’hui ? » demande-t-on périodiquement.

   L’occasion de la réitération de la question cette année est l’ouverture du 33ème salon du livre à Paris.  Je ne sais pas si mon impression est  juste ou fausse,  mais il me semble que les journaux, pour une fois, donnent moins la parole aux démagogues de service, genre sociologues disciples de Bourdieu réduisant la culture classique à un phénomène de reproduction sociale, ou spécialistes de manuels « anti » tout ce que l’on veut. Et l’on est heureux d’entendre proclamer haut et fort la vertu des auteurs dénommés traditionnellement  « classiques »,  pour signifier qu’ils sont dignes d’être enseignés dans des classes. Et pourquoi ? Parce qu’ils ont le pouvoir d’ouvrir un monde commun, d’arracher de jeunes âmes à la vulgarité et à la médiocrité en faisant surgir une dimension de l’expérience humaine qui est celle de l’esprit universel. Et de telles œuvres, disait  Hannah Arendt,  se reconnaissent toujours à ce que leur mode d’apparaître dans l’espace public est celui de la beauté.  « Sans la beauté, c’est-à-dire sans la gloire radieuse, par laquelle une immortalité potentielle est rendue manifeste dans le monde humain, toute vie d’homme serait  futile, et nulle grandeur durable»  La crise de la culture, idées/Gallimard, p. 279.

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    Qu’en est-il de la philanthropie du point de vue d’une éthique de la vertu, qu’il s’agisse de celle de la générosité cartésienne ou de la joie spinoziste ? Est-elle si vertueuse qu’on se plaît à le croire ? Question irrévérencieuse pour beaucoup tant elle est communément appréciée. Et il est bien vrai qu’il vaut mieux être une personne secourable aux autres qu’indifférente à leurs maux. Mais il se peut que nous surestimions la valeur de la philanthropie. C’est en tout cas le soupçon d’Henri David Thoreau et je crois que les réserves de cet esprit indépendant à l’égard de la tendance philanthropique ont un fondement autrement plus solide que le simple goût du paradoxe qu’on lui a parfois, à juste titre, reproché.

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Wadjda+Photocall+69th+Venice+Film+Festival+PDiDqvP5Icsl

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   « Et ce n’est qu’une sauvage et triste superstition qui interdit de prendre du plaisir. Car, en quoi convient-il mieux d’apaiser la faim et la soif que de chasser la mélancolie? Tels sont mon argument et ma conviction.

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Kerouac. Image de Christine Hanrahan. http://www.pbase.com/image/132960409 

 

   Cf. La conférence de Claude Obadia : « De quoi l’hédonisme contemporain est-il le nom ? » ou son texte.

   Mon intention n’est pas de traiter la question sous forme dissertative, seulement d’énoncer une conviction que je n’ai pas construite en un jour. J’ai pour cela observé patiemment mes contemporains avec une curiosité bienveillante, je  me suis mise à l’écoute d’expériences humaines très différentes de la mienne grâce aux témoignages d’auteurs divers et multiples, et enfin j’ai aiguisé  ma réflexion par la fréquentation quotidienne des grands penseurs. Je ne prétends pas que cette conviction soit inébranlable. Penser, c’est savoir se remettre en question et rien n’est plus émouvant que d’avoir à rectifier une façon de comprendre, de l’élargir à un point de vue que l’on n’avait pas encore imaginé. J’avoue que, pour cette conviction comme pour les quelques autres que je peux avoir, j’ai toujours la secrète attente qu’on me montre que je me trompe ou que je le découvre par moi-même. Surtout lorsque le contenu de mon jugement n’est pas réjouissant, or il se trouve que c’est le cas ici.

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Picasso. Minotaure caressant du mufle la main d'une dormeuse. 1933

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      J’ai décidé de clore l’examen de la théorie aristotélicienne du plaisir avec ce magnifique texte. Pas une ride. La réflexion en impose ici par sa profondeur métaphysique, et sa pertinence existentielle. De toute évidence, il est vrai, aujourd’hui comme  hier et sans doute demain, que les hommes pensent aux plaisirs corporels lorsqu’ils évoquent « le plaisir ». Comme le dit Aristote dans un propos que j’ai déjà cité : « Mais les plaisirs corporels ont accaparé l’héritage du nom de plaisirs, parce que c’est vers eux que nous dirigeons le plus fréquemment notre course et qu’ils sont le partage de tout le monde ; et ainsi du fait qu’ils sont les seuls qui nous soient familiers, nous croyons que ce sont les seuls qui existent » Ethique à Nicomaque, VII, 14, 1153 b.

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  Joyeuses fêtes à tous et  tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année.

           Si j’ai choisi cet éloge de la vie et de ses plaisirs pour célèbrer Noël, ce n’est pas seulement parce que je traite en ce moment le thème du plaisir. C’est aussi et surtout parce que la sagesse de Montaigne nous enrichit d’une inestimable leçon de vie.

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    Hédonisme rationnel, ai-je dit, en parlant de l’eudémonisme aristotélicien. Manière de souligner que le thème du plaisir est central dans la réflexion éthique de notre philosophe. Quelques textes pour s’en convaincre :

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 «  La doctrine du plaisir doit au Stagirite un progrès capital qui tient à la proposition suivante : toute activité conforme à la nature humaine étant nécessairement accompagnée de plaisir, la valeur de nos plaisirs a pour mesure immédiate la valeur même de nos activités. Cette formule se rattache à tout l’ensemble d’un système : c’est ce qui en constitue la force et l’intérêt.

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   Pour bien comprendre la doctrine aristotélicienne du plaisir, il convient d’avoir une idée de son éthique.

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