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« Quel est le pouvoir de la fortune dans les affaires humaines, et comment on peut lui résister.
Cours de philosophie
4 Déc 2013 par Simone MANON

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« Quel est le pouvoir de la fortune dans les affaires humaines, et comment on peut lui résister.
23 Nov 2013 par Simone MANON

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Pour qui a soif de livres puissants, il ne faut pas manquer le dernier livre de Svetlana Alexievitch : La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement, remarquablement traduit du russe par Sophie Benech. Lecture choc, comme le fut il y a quelques années, celle de la Supplication. L’auteur mettait en œuvre dans ce texte la même méthode que dans celui-ci et dans tous les autres. Aller à la rencontre des gens, les interroger patiemment sur les choses de la vie, l’amour, la mort, l’enfance, la vieillesse, les rêves, les peines, les joies. Pendant des années, enregistrer des récits, les sélectionner, les tricoter et composer par ce moyen le tableau vivant d’un drame historique. Dans la Supplication, Svetlana Alexievitch s’attachait à restituer le drame de Tchernobyl, son horreur, à même le corps de ses victimes et le cynisme des gouvernants. Dans la fin de l’homme rouge, elle se fait l’écho du cataclysme vécu par les Russes pris dans la tourmente de la démiurgie soviétique et de l’effondrement de l’utopie communiste, le point d’orgue de cette tragédie étant marqué par la brève période d’euphorie, contemporaine des promesses de la perestroïka et de l’échec du putsch de Moscou d’août 1991.
2 Nov 2013 par Simone MANON

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« Tous les hommes louent le passé et blâment le présent, et souvent sans raison. Ils sont tellement férus de ce qui a existé autrefois, que non seulement ils vantent le temps qu’ils ne connaissent que par les écrivains du passé, mais, que, devenus vieux, on les entend prôner encore ce qu’ils se souviennent d’avoir vu dans leur jeunesse. Leur opinion est le plus souvent erronée, et pour diverses raisons.

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« Si on considère le respect qu’on a pour l’Antiquité, et, pour me borner à un seul exemple, le prix qu’on met souvent à de simples fragments de statue antique, qu’on est jaloux d’avoir auprès de soi, pour orner sa maison, les donner en modèles à des artistes qui s’efforcent de les imiter dans leurs ouvrages; si, d’un autre côté, l’on voit les merveilleux exemples que nous présente l’histoire des royaumes et des républiques anciennes; les prodiges de sagesse et de vertu opérés par des rois, des capitaines, des citoyens, des législateurs qui se sont sacrifiés pour leur patrie; si on les voit, dis-je, plus admirés qu’imités, ou même tellement délaissés qu’il ne reste pas la moindre trace de cette antique vertu, on ne peut qu’être à la fois aussi étrangement surpris que profondément affecté.
24 Sep 2013 par Simone MANON
Le hasard des lectures fait bien les choses. Il me semble que ce texte peut être d’une grande utilité pour les étudiants ayant le thème de la parole au concours. Je le mets donc à leur disposition et je leur conseille, lorsqu’ils en auront le temps de se plonger dans la lecture ou la relecture des Misérables. Lecture de longue haleine mais quel bonheur ! Hugo poète a construit dans ce roman des figures archétypales de la bonté, de la méchanceté, du misérable, du révolté, etc. Ce passage sur l’intérêt sociologique et historique de l’argot est d’une grande profondeur.
29 Août 2013 par Simone MANON

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On me pose souvent la question : qu’est-ce que la philosophie ? – A quoi sert-elle ? Dans la mesure où un chapitre de mon blog est destiné à élucider ces questions, je supprime d’ordinaire ces messages. Mais ils sont, sans doute, le signe, que certains internautes sont en quête d’un cours synthétique comblant une curiosité bien légitime : celle du lycéen n’ayant jamais fait de philosophie ou celle de l’honnête homme ayant parfois des doutes sur l’intérêt d’une discipline trop souvent galvaudée sur la scène publique. Car la philosophie est à la mode mais il n’est pas sûr que ceux qui en assurent le succès médiatique en soient les plus fidèles serviteurs.
Reste que, comme le montre la fréquentation des grands philosophes, rien n’est plus problématique que la réponse à une telle question. Cela tient au fait que la définition de la philosophie est en jeu dans le questionnement et la pratique philosophiques eux-mêmes. Chaque auteur incarne l’intentionnalité philosophique à sa manière, en réactualise la nature et les fins de telle sorte qu’il peut être intéressant d’en décrire les variantes. Mais ce n’est pas mon objectif dans cet article où je cherche avant tout à saisir l’intentionnalité philosophique elle-même dans ce qu’elle a de plus essentiel. D’où ce cours où je défends une certaine IDEE de la philosophie, celle que Platon attribue à Socrate et qui inspire la plupart des cours du premier chapitre de ce blog. Cette IDEE peut être discutée par tous ceux qui, de l’intérieur de la philosophie, sont conduits à la problématiser, mais il me semble qu’on ne peut pas, sans contradiction, disqualifier radicalement la posture socratique et se prétendre philosophe.
9 Août 2013 par Simone MANON

« Le journaliste qui n’est ni trop bête ni trop imbu de lui-même pour regarder les choses en face le sait bien : ce qu’il fait est moralement indéfendable. Il est tel l’escroc qui se nourrit de la vanité des autres, de leur ignorance ou de leur solitude ; il gagne leur confiance et les trahit sans remords. Tout comme la veuve crédule qui se réveille un beau matin pour constater que le charmant jeune homme s’est envolé avec ses économies, celui qui consent à devenir le sujet d’une œuvre écrite de non-fiction paie au prix fort la leçon qu’il reçoit le jour de la parution de l’article ou du livre. Suivant leur personnalité, les journalistes trouvent à leur traîtrise différentes justifications. Les plus pompeux parlent de liberté d’expression et du « droit du public à savoir », les moins talentueux parlent d’art, et les minables marmonnent qu’il faut bien gagner sa vie.
25 Juin 2013 par Simone MANON

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Il ne revendique pas la gloire des héros :« Mon mouvement naturel, dans toutes les situations périlleuses, a toujours été de les esquiver, et ce n’est pas seulement dans cette circonstance, qu’on a pu, peut-être à bon droit, accusé mon irrésolution, reproche qu’on a si souvent adressé dans un autre siècle à mon maître vénéré, Erasme de Rotterdam ». Le monde d’hier. Souvenirs d’un européen. Traduction : Jean-Paul Zimmermann, Les Belles Lettres, 2013, p. 241. Continuez à lire »
14 Mai 2013 par Simone MANON

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J’ai de la peine à comprendre les réserves de la critique à l’égard du film que Margarethe Von Trotta consacre à Hannah Arendt. Parce qu’enfin, ce n’est pas rien de parvenir à mettre en scène le travail de la pensée. J’étais tellement convaincue de l’impossibilité de la tâche que je suis allée voir ce film à reculons. Or, quelle erreur c’eût été de se priver d’un tel moment !

Elle revendique haut et fort ne pas être une artiste à message et pourtant quelle éloquence dans ce qu’elle donne à voir ! Œuvre saisissante que la Fondation Maeght met en scène dans la diversité de ses matériaux, terre, acier, plâtre, résine, bois ; dans la multiplicité de ses réussites, peinture, sculpture, vidéos, installation et ses diverses expressions dans le temps. Ce n’est pas une rétrospective mais on n’en est pas loin.