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«  L'âme c'est ce qui refuse le corps. Par exemple, ce qui refuse de fuir quand le corps tremble, ce qui refuse de frapper quand le corps s'irrite, ce qui refuse de boire quand le corps a soif, ce qui refuse de prendre quand le corps désire, ce qui refuse d'abandonner quand le corps a horreur. Ces refus sont des faits de l'homme. Le total refus est la sainteté ; l'examen avant de suivre est la sagesse ; et cette force de refus, c'est l'âme. Le fou n'a aucune force de refus ; il n'a plus d'âme. On dit aussi qu'il n'a plus de conscience, et c'est vrai. Qui cède absolument à son corps, soit pour frapper, soit pour fuir, soit seulement pour parler, ne sait plus ce qu'il fait ni ce qu'il dit. On ne prend conscience que par opposition de soi à soi. Exemple : Alexandre à la traversée d'un désert reçoit un casque plein d'eau ; il remercie et le verse par terre devant toute l'armée. Magnanimité ; âme, c'est-à-dire grande âme. Il n'y a point d'âme vile, mais seulement un manque d'âme. Ce beau mot ne désigne nullement un être, mais toujours une action. »   Alain. Définitions, 1953

 

Introduction :

 

   Définir c'est fixer le contenu d'une notion, déterminer la nature ou l'essence de ce dont on parle. La définition est une opération fondamentale de la pensée tant il est vrai, selon Alain lui-même, que philosopher consiste peut-être seulement à savoir ce que l'on dit et si ce que l'on dit est vrai. Or, on parle souvent d'âme.

 

   « L'homme c'est l'âme » disait Socrate et nos institutions fondent l'égalité en droits et en dignité des hommes sur la conscience ou la raison.

 

   Ame, conscience, raison, l'usage ne distingue pas nécessairement les significations. Alain non plus. Par exemple, l'équivalence âme-conscience est établie lorsqu'il procède à une reprise de sa première définition : « le fou n'a aucune force de refus ; il n'a plus d'âme. On dit aussi qu'il n'a plus de conscience, et c'est vrai »  lit-on.

 

   Sans doute, le philosophe athée que fut Alain n'ignore-t-il pas les réticences que le mot âme peut susciter chez ceux qui récusent toute option religieuse ; mais s'il ne répugne pas à employer le mot , il ne se dispense pas d'en interroger le sens.  Que faut-il entendre par « âme » ? «  Ce beau mot » précise-t-il. Qu'est-ce qui nous conduit à en admettre le principe ?

 

   Telles sont les questions que Alain affronte dans ce texte dont le ton est très dogmatique. Son élucidation s'étaie sur la seule observation du réel. Alain ne prétend pas définir l'âme dans sa nature, il se contente de la décrire dans ses manifestations.   Et si la description exige de recourir au dualisme de l'âme et du corps, c'est que la part mécanique n'épuise pas la réalité humaine et qu'aux antipodes de l'animalité, l'humanité fait signe dans le monde comme ce qui la refuse. « Dire qu'il faut séparer l'âme du corps, remarque Alain dans  Histoire de mes pensées , c'est la même chose que de dire qu'il faut séparer l'homme de l'animal »

 

    Le dualisme n'est donc qu'une manière de mettre en mots ce que le courageux, le tempérant, le saint, le sage, le magnanime ou, a contrario, le fou révèlent par leur conduite.

 

   En quoi consistent donc ces profils humains et pourquoi, à bien les observer, est-il impossible de faire l'économie de l'idée d'âme ?

 

   L'argumentation se déploie en trois moments :

 

   1. «  l'âme ....faits de l'homme » : définition de l'âme et illustration.

 

   2. «  le total refus ....dit » : qualité variable de l'âme selon sa force de résistance aux mouvements passionnels. Absolue chez le saint, raisonnée chez le sage, inexistante chez le fou.

 

   3. reprise de la définition initiale et nouvel éclaircissement. L'âme n'existe qu'en acte, elle n'est pas un être ou une substance.

 

                      1)      Première partie : analyse.

 

     La première proposition énonce la définition qu'il convient de donner de l'âme :

 

« L'âme c'est ce qui refuse le corps ». Telle est l'affirmation qui revient comme un leitmotiv et que le développement va décliner dans de multiples exemples. Alain ne dit pas : « l'âme c'est ce qui doit refuser le corps »  comme s'il y avait là un impératif moral. Il dit : l'âme, c'est cela même qui refuse le corps, précisant par la suite que «  ces refus sont des faits de l'homme ».

 

   La perspective est donc descriptive, non normative même si l'enjeu moral de l'analyse est explicite.

 

   En effet, « un fait » c'est ce qui se constate, s'observe, une des grandes vertus de l'esprit étant de savoir en prendre acte. Or, il suffit d'être attentif à la conduite des hommes pour découvrir que dans de nombreuses expériences, ils se vivent comme un terrain où s'affrontent des principes contradictoires.

 

   Alain commence par pointer ces situations où l'homme est déchiré entre ces deux postulations opposées. J'ai soif mais je sais que boire aggraverait mon état, j'ai peur mais je ne dois pas abandonner cet enfant menacé par les flammes de l'incendie, je sens la colère monter en moi mais je dois rester calme, je suis profondément amoureux mais l'être qui suscite mon désir est la femme de mon ami, j'éprouve une répulsion pour cet ivrogne malodorant mais il a besoin de mon aide.

 

   Tout homme a l'expérience de ce genre de débat interne et c'est pour en rendre compte que toute une tradition a distingué l'âme du corps. Distinction théorique tant il est vrai que nous sommes indistinctement psychique et somatique. Concevoir «  le vrai homme » disait le grand théoricien de la séparation anthropologique que fut Descartes, c'est concevoir les deux substances comme une seule.

 

   Et pourtant l'unité de mon être semble éclater dans les expériences précédemment évoquées. Comment, si je ne participais pas de deux dimensions hétérogènes, pourrais-je être à la fois celui qui a soif et celui qui s'interdit de boire ; celui qui s'irrite et celui qui garde son sang-froid ? Il y a là une étrangeté typique de l'humanité. De fait, sous l'empire de la soif l'animal boit, sous l'empire de la peur il fuit. On ne peut pas supposer dans le comportement animal une force d'opposition aux penchants corporels, aux lois de la nature. C'est pourquoi on dit de l'homme qu'il n'est pas un animal comme les autres. Il est bien aussi un animal, entendons, et c'est ce que connote la notion de corps, il est bien soumis aux mécanismes corporels. Le manque détermine le besoin, la soif ou la faim, l'excitation corporelle le désir, la décharge d'adrénaline la peur, mais ces états sont ce que Descartes appelle des passions de l'âme. Mon âme pâtit avec mon corps et est déterminée par lui à certaines actions. Le corps incarne donc le poids du passif, un passif sans spiritualité ni moralité, définissant chez l'animal ou l'enfant la totalité du comportement. Déterminés par les impulsions, les pulsions, le mécanisme corporel, l'enfant ou l'animal sont privés de liberté.

 

   Ainsi en est-il aussi du poltron qui, submergé par la peur, fuit à toutes jambes ou du colérique qui, sous l'empire de la colère, ne « sait ce qu'il fait ni ce qu'il dit ».

 

   Le courageux, au contraire, met en œuvre une force qui domine la peur, contrôle le tremblement corporel et s'avance fermement au devant du danger. On dit de cette force qu'elle est la « force d'âme » et si l'on parle d'âme c'est pour deux raisons. D'une part il est difficile de dériver du corps une action qui en suspend la dynamique, d'autre part c'est toujours au nom d'exigences spirituelles et morales qu'on s'oppose ou refuse.

 

    Ex : si un homme décide de dire non au besoin de manger en faisant la grève de la faim, c'est pour revendiquer le respect des droits fondamentaux de l'homme. (Liberté d'expression, d'association, de presse etc.)

 

   Si un résistant décide de dire non au désir de vivre en se suicidant c'est, parce que, n'étant pas certain de résister à la torture, il ne veut pas prendre le risque de trahir les membres de son réseau. Il ne veut pas être mis en situation d'avoir honte de lui-même.

 

                                2)  Deuxième partie : analyse.

  

     La suite du texte va montrer que du saint au fou en passant par le sage, ce qui fait la différence, c'est le degré de la résistance aux penchants naturels ou aux mouvements passionnels ; c'est le déploiement ou non de la « force d'âme »   «Le total refus est la sainteté» écrit Alain.

 

      La sainteté est un idéal religieux. Elle est l'état vers lequel tend celui qui cherche à s'élever jusqu'à la perfection divine. « La sainteté est en Dieu une incompatibilité essentielle avec tout péché, avec tout défaut, avec toute imperfection d'entendement et de volonté «  dit Bossuet. Et l'on sait qu'avec St Paul, le corps est précisément ce qui éloigne l'homme de cette perfection divine. En tant que siège des concupiscences (de la chair, des biens et des richesses, du pouvoir) il est pointé comme ce qui voue l'homme au péché et à la mort.

 

   Les jouissances sensibles sont donc condamnées non pas en tant que jouissances mais en tant que leur séduction détourne l'homme de Dieu. D'où le vœu de chasteté, de pauvreté, d'humilité de celui qui, par sa conduite, porte témoignage d'une vie consacrée au service des vertus divines. Vie ascétique, vie d'amour, vie de bonté où l'on a l'impression que tout ce qui fait la faiblesse de la nature humaine est surmonté. Il semble qu'arrivé à un certain niveau de perfectionnement moral le saint soit celui qui fasse par inclination ce que l'homme moral fait par volonté. Voila pourquoi on a défini la sainteté comme le propre de «  celui qui veut et fait le bien par l'excellence même de sa nature, innée ou acquise, et non pas en dominant ses mauvais penchants. » (Lalande).

 

  La question est de savoir si une telle pureté des dispositions de la volonté est à la portée de l'humaine condition. L'exemple de la tentation de St Antoine permet d'en douter et justifie pleinement la définition d'Alain. Le philosophe suit ici la leçon de Kant. Parlant de l'homme, celui-ci écrit : « son état moral, quand il peut y atteindre est la vertu, c'est-à-dire la disposition au bien en lutte (contre le mal) et non la sainteté, en prétendue possession d'une pureté parfaite des dispositions de la volonté ».

 

   Ce qu'Alain définit, ensuite, comme sagesse est donc plus accessible à l'humaine condition.

 

   C'est dit-il « l'examen avant de suivre ». « Suivre » c'est consentir à quelque chose, c'est aller dans le sens de .... On comprend que ce quelque chose est le penchant corporel ou le mouvement passionnel puisque le philosophe examine dans ce passage les différents degrés de la force de refus. La sagesse ne nous enjoint pas, par principe, de refuser tout ce qui a sa source dans le corps, mais de faire preuve de libre arbitre et de suivre ou de consentir selon les situations.

 

    On ne peut pas, en effet, soupçonner l'idéal de la sagesse socratique, épicurienne, stoïcienne ou cartésienne d'être travaillé par des affects morbides. En particulier par la haine du corps, la haine des plaisirs, la haine de la vie terrestre au nom d'un royaume qui n'est pas de ce monde. Sans doute est-ce ce que Nietzsche soupçonnera, dans sa célèbre dénonciation du nihilisme. Ces affects morbides seraient, en dernière analyse, la vérité profonde du platonisme et du christianisme. Ils seraient l'un et l'autre l'expression d'un puissant ressentiment à l'endroit de la vie et au nom d'un néant (nihil : le royaume des cieux pour le Christ, le monde intelligible pour Platon) ils dresseraient la vie contre la vie. « Notion chrétienne de Dieu : Dieu dégénéré, en contradiction avec la vie au lieu d'en être la transfiguration et le oui éternel ! Avoir moyennant Dieu ouvert les hostilités contre la vie, la nature, la volonté de vie ! Dieu, la formule de chaque diffamation de l'ici-bas, de chaque mensonge de l'au-delà ! En Dieu le néant divinisé, la volonté de néant sanctifiée » Nietzsche (Antéchrist.ch 18).

 

    Il nous semble que l'idéal de la sagesse est au dessus de ce soupçon car elle enseigne simplement, par la voix de ses grands maîtres, à ne pas suivre aveuglément afin de rester libre. Or tant que le penchant corporel ou le mouvement passionnel détermine ma conduite, je ne le suis pas et l'expérience montre que je peux être enclin à faire ou à dire, ce que je ne ferais pas, ce que je ne dirais pas, si ma volonté était restée libre.

 

   « Je ne voulais pas cela »  «  Je ne l'ai pas fait exprès » se lamente trop tard celui qu'Alain va appeler le fou. A l'opposé, le sage fait de sa volonté raisonnable le maître de sa conduite. Il se réapproprie le gouvernement de son être car dans l'immédiat il en est dépossédé par tout ce qui agit en lui sans lui. L'impulsion est donc stoppée dans son dynamisme aveugle, jugée et suivie ou refusée selon les résultats de l'examen.

 

    Par exemple, ne pas succomber à la panique dans cette situation où le plus sûr moyen de se perdre est d'y céder ou au contraire fuir comme m'y portent mes jambes, parce que, dans ce cas, c'est la solution la plus raisonnable. Voila en quoi consiste la sagesse, manière d'agir réfléchie et volontaire.

 

    Elle dit oui ou non à la spontanéité sensible mais parce que pour dire oui, il faut suspendre le déterminisme naturel, il est juste de dire que même dans le consentement il y a déploiement de la force d'âme, force de refus.

 

   Cette force de refus est en revanche ce qui fait totalement défaut à celui qu'Alain appelle ici «  le fou ». Le terme n'a pas un sens psychiatrique. Alain reconduit le sens moral qui transparaît dans les expressions coutumières. « Il est devenu fou » dit-on parfois en parlant d'un homme qui, emporté par la colère ou la jalousie, a commis l'irréparable. Le terme connote donc déraison, soumission aux passions, comportement impulsif, irréfléchi.

 

    Qu'est-ce qui caractérise ce profil humain ? Là encore Alain justifie le sens commun. On dit que « le fou n'a plus d'âme, qu'il n'a plus de conscience et c'est vrai ». L'équivalence âme-conscience est ici affirmée. Faire preuve de conscience ou faire preuve d'âme, c'est une seule et même chose. Or le fou révèle par défaut que la conscience ou l'âme s'effectue comme distanciation, division, opposition de soi à soi. Avoir conscience de soi consiste à introduire un écart entre soi et soi afin de se représenter et de se juger.

 

   En effet «  la conscience est toujours implicitement morale »Alain. Me donner le spectacle de moi-même comme sujet en colère revient à me condamner dans cet affect dont le danger est de m'aveugler et de m'inciter à prononcer des paroles dont je dirai, lorsque « l'échauffement du sang » sera retombé, qu'elles ont dépassé ma pensée. En écrivant il n'a « plus d'âme » ou bien « qui cède absolument » le philosophe présuppose que  « le fou » à la différence de la personne aliénée, au sens psychiatrique, a la libre disposition de ses capacités psychiques, mais sous l'empire de l'emportement passionnel il n'en déploie pas les ressources.

 

   Car seul peut «  céder » celui qui peut résister. Et le fou cède "  absolument " c'est-à-dire sans réserve, sans cette distance de soi à soi que permet la conscience. Il incarne la figure de la totale passivité de l'âme, de son esclavage. Cette servitude est toujours pathétique et coupable. Coupable car, sauf cas pathologique, on attend de l'homme qu'il fasse preuve de ce qui définit son humanité.

 

                                     3) Troisième partie : analyse.

  

      La dernière partie propose, avec l'exemple d'Alexandre, de méditer ce qu'est la grandeur d'âme.

 

    A la traversée d'un désert, l'empereur, mourant de soif reçoit un casque plein d'eau. Boire, tel est son désir le plus naturel et le plus pressant. Or Alexandre ne boit pas. Il n'a pas l'indécence d'étancher sa soif devant son armée, tout autant assoiffée que lui. Il est empereur et seul peut être autorisé à gouverner celui qui se gouverne lui-même. Alexandre s'interdit de boire car il sait qu'on ne peut pas légitimement demander aux autres plus qu'on ne se demande à soi-même. Ainsi peut-il être conducteur d'hommes, ainsi peut-il obtenir d'eux le courage de marcher malgré les affres de la soif.

 

   Son geste force à la fois l'estime des soldats et l'estime qu'Alexandre peut avoir pour lui-même. Dans le déploiement de sa force d'âme, l'empereur fait resplendir les valeurs morales au nom desquelles s'effectue le refus.

 

      Faut-il en conclure qu'il y a des grandes âmes par nature ?

 

  C'est ce que suggère Descartes lorsqu'il dit : « il est aisé de croire que toutes les âmes que Dieu met en nos corps ne sont pas également nobles et fortes. »(Passions de l'âme. art 161)

 

    Ainsi distingue-t-il «  les âmes nobles » et les «  âmes vulgaires » «  Il me semble, écrit-il à la princesse Elisabeth en Mai 1645, que la différence qui est entre les plus grandes âmes et celles qui sont basses et vulgaires, consiste, principalement, en ce que les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses, que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes ; au lieu que les autres ont des raisonnements si forts et si puissants que, bien qu'elles aient aussi des passions, et même souvent de plus violentes que celles du commun, leur raison demeure néanmoins toujours la maîtresse, et fait que les afflictions même leur servent et contribuent à la parfaite félicité dont elles jouissent en cette vie. »

 

    Le tort de Descartes, selon Alain, est de substantialiser l'âme, d'en faire un être et de croire qu'il y a des âmes  grandes ou petites par nature. S'il en était ainsi, il faudrait renoncer à dire que les hommes sont égaux en dignité et d'une certaine manière atténuer la responsabilité de « l'âme vulgaire ». Il faudrait croire, comme le fait avec complaisance l'opinion, «  qu'il ne serait pas donné à tout le monde »  de faire preuve de maîtrise de soi. Alain dénonce cette erreur.

 

    L'âme est toujours noble en ce qu'elle est le principe du jugement moral et tous les hommes sont égaux par cette conscience ou âme qui les définit comme hommes. Tous les hommes en tant qu'hommes disposent de cette force de refus mais tous n'en font pas le même usage. Il y a ceux qui l'exercent avec courage et ceux qui, par lâcheté, manquent d'âme.  On n'a pas une nature de lâche ou de courageux mais on fait preuve de courage ou de lâcheté. Et cela ne va pas sans une éducation de la volonté, sans exercice spirituel et moral car la vertu n'est pas un effet de la nature, elle est une conquête de la volonté raisonnable et réfléchie.

 

    Tel est le sens de la dernière proposition. « L'âme ne désigne nullement un être, mais toujours une action ». Alain le précise dans la phrase précédente : «  il n'y a point d'âme vile mais seulement un manque d'âme. »

 

 Conclusion :

 

   Décrire l'expérience morale ou décrire le fait de conscience, c'est une seule et même chose. Etre une conscience ou une âme c'est porter en soi des exigences spirituelles et morales permettant de tracer, dans le monde, la frontière entre l'animalité et l'humanité.

 

   « La moralité consiste à se savoir esprit et, à ce titre, obligé absolument car noblesse oblige » disait Alain. Le philosophe part de là et s'en tient à l'intelligence de cette expérience humaine. Ainsi est-il conduit à distinguer, à la manière cartésienne, ce qui, en nous, doit être rapporté au corps et ce qui doit l'être à l'âme.

 

    En dernière analyse, la question est de savoir si cette distinction est pertinente ou bien si elle relève d'un rapport imaginaire à soi-même. Tel sera le soupçon de ceux qu'on a précisément appelé «  les philosophes du soupçon ». Le dualisme qu'on trouve dans presque toutes les grandes philosophies rationalistes leur paraîtra naïf. Ils ébranleront la croyance selon laquelle l'âme est une instance  autonome, une faculté proprement humaine que l'éducation développe mais qu'elle ne produit pas car elle serait une virtualité propre à l'humaine nature.

 

   Avec Nietzsche l'âme ou conscience morale sera soupçonnée d'être l'effet en nous d'affects morbides,

 

   Avec Foucault d'être le résultat de stratégies sociales de pouvoir, acharnées à discipliner et à réprimer l'énergie désirante.

 

   Dans l'interprétation de cette force de refus que tout homme découvre en soi et à laquelle on donne le beau nom d'âme ce qui se joue, c'est donc une certaine conception de l'homme et de sa vocation.

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39 Réponses à “"L’âme c’est ce qui refuse le corps" Alain”

  1. culo dit :

    merciiii beaucoup !!!! je rame depuis 2 jours a essayé de chercher une correction ,une aide pour faire ce commentaire de texte !!!!! =) vous etes des chefs!

  2. Simone MANON dit :

    Je dois vous avouer que ce message me donne un furieux désir de fermer ce blog car il va de soi qu’il ne suffira jamais de trouver du prêt à penser pour être capable d’apprendre à penser par soi-même. J’espère que votre professeur aura lui aussi l’idée de chercher sur internet afin de pouvoir juger votre copie et lui attribuer un zéro ou une note honorable. Que vous « ramiez » pour chercher une « correction » plutôt que pour comprendre par vous-même est déjà une assez bonne indication sur votre profil intellectuel et moral.

  3. Florian dit :

    Je pense Mme Manon que vous ne devez pas fermer ce blog pour ce genre de personne. Internet est un outil formidable, mais bien sur, comme pour tout, il y a des dérives. C’est dommage, c’est vrai, mais bon…

    Mais je pense qu’avec un nom comme il a donné en pseudo et ce qu’il a dit, je pense qu’il vous cherche un peu, vous ne pensez pas ?

  4. Une élève de terminal dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec Floriant pour dire qu’il ne faut pas prêter attention à ce genre de propos. Il est vrai qu’un corrigé est une solution facile pour les élèves les plus paresseux mais cette explication de texte est aussi très utile pour comprendre en quoi consiste une explication et pour prendre conscience d’aspect que l’on n’a pas forcement vu lors de notre propre analyse.
    Il m’a était très utile pour éviter un gros contre-sens sur les idées d’Alain à propos de la religion. Alors, je vous dis « merci ».

  5. anna dit :

    bonjour
    je n’arrive pas à comprendre la phrase »ces refus sont des faits de l’homme », malgré vos explications, pourriez vous me l’expliquer svp.
    Merci de votre compréhension.

  6. Simone MANON dit :

    Refuser de boire lorsqu’on a soif parce qu’on sait que boire aggraverait son état de santé, refuser de frapper lorsqu’on est en colère parce que l’exigence morale interdit de céder à la violence sont des comportements humains observables. Ce sont donc des faits et ces faits sont typiques de l’homme. On n’observe rien de tel chez l’animal.

  7. anna dit :

    bonjour
    merci de votre réponse, je comprends mieux maintenant.

  8. David dit :

    Il y a quelques heures, j’étais en DS de Philosophie et je suis tombé sur ce même texte.

    Il y a une analyse que j’ai faite et que je pensais être pertinente mais je ne la retrouve pas dans votre commentaire et donc, j’ai peur d’être tombé dans un hors-sujet, voire dans une analyse complètement fausse.

    Alain énonce que l’âme est le refus de frapper et de fuir. Or, ce même philosophe déclare en fin de texte que l’âme est toujours une action. N’est-ce pas un paradoxe? Frapper et s’enfuir en courant = actions? Alors, si l’âme est le REFUS d’exéctuer ces actions mais que l’âme elle-même est une action… Euh… Paradoxe, non?

    Merci de votre aide.

  9. Simone MANON dit :

    Ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas une idée fondamentale du texte que vous avez nécessairement raté votre explication. Mais il est clair que vous voyez des paradoxes où il n’y en a pas.
    L’idée d’action prend sens ici par rapport à celle d’être. J’ai explicité le sens de cette idée. Alain remet en cause la substantialisation cartésienne de la conscience. Il va de soi que sans un solide cours sur la conscience, il vous était difficile de saisir l’enjeu du propos de l’auteur.
    Etudiez le commentaire pour comprendre de quoi il retourne.

  10. Maria dit :

    Bonjour. Grâce à ce commentaire, j’ai pu comprend les aspects du texte et éviter le contre-sens. Seulement, je m’interroge sur un point (un peu stupide il faut l’avouer).
    Notre prof de philo nous a donner les méthodes pour réalisé le commentaire d’un texte, et d’après mes notes il faut « degager, trouver le postulat du texte ». Pourriez-vous me dire où il se trouve ici ? Histoire que je me fasse une idée de ce que c’est..
    Merci d’avance

  11. Simone MANON dit :

    Je ne suis pas sûre de la pertinence de vos notes. L’objet de l’exercice est de dégager le thème, la thèse et la problématique du texte. A la rigueur on a pu vous dire: dégagez les enjeux du texte. Mais « postulat », c’est plutôt problématique. Un postulat est une proposition indémontrée et indémontrable que l’on nous demande d’admettre. Un texte n’implique pas nécessairement un postulat s’il problématise ses propres présupposés.
    Ici Alain part de la constatation d’un certain nombre de faits et il cherche à les rendre intelligibles. Formuler un énoncé correspondant à un fait observable n’est pas synonyme d’énoncer un postulat. Mais il est bien vrai qu’en un certain sens, tout effort d’intelligibilité, par la construction des concepts qu’il opère nous demande d’en admettre la pertinence. C’est le cas ici du concept d’âme requérant de postuler le dualisme de l’âme et du corps.

  12. marionTS2 dit :

    Bonjour,
    J’ai ce texte a étudié pour les vacances prochains, mon prof me demande de faire une analyse ainsi qu’une critique de ce texte. Mais je ne comprend pas bien comment faire la critique, je pense avoir bien assimilée le texte mais le critiquer me semble difficile.
    Je suis plutôt d’accord avec les propos de l’auteur, donc comment puis-je faire une critique sans que je paraphrase le texte ?
    Pouvez vous me donner quelque conseil afin d’effectuer cette critique ou un plan car c’est mon premier devoir et je commence a stressée beaucoup.. :$

    merci de votre réponse, je suis un peu perdue.

  13. Simone MANON dit :

    D’abord il me faut attirer votre attention sur l’incorrection de votre expression. Veillez à vous relire et à corriger vos fautes dans le devoir que vous rendrez à votre professeur.
    Ma conclusion esquisse les éléments d’une critique de l’analyse d’Alain. Si votre professeur attend de vous des objections, c’est certainement parce que dans son cours il a procédé à une problématisation du présupposé dualiste (c’est-à-dire de la séparation anthropologique de l’âme et du corps). A défaut, je ne pense pas qu’un élève qui commence son initiation à la philosophie puisse sérieusement discuter le propos du texte.

  14. LD dit :

    C’est incroyable de voir comment l’intérêt pour la philosophie peut varier suivant ce que l’on lit, écoute. Merci d’avoir remis mon jugement en cause.

  15. Valentin dit :

    Bonjour,
    J’aurais une question non pas en rapport avec cet article mais en rapport avec un point de mon cours de TS sur la conscience morale. J’ai chercher un article s’en rapprochant un maximum mais je n’ai malheureusement pas trouvé … Je me lance donc ici, étant donné que c’est suite à la lecture d’un texte d’Alain que cette question m’est venue.

    Alain nous dit dans sa définition de la Conscience que celle-ci est « toujours implicitement morale » et que c’est l’homme qui est faillible s’il décidait de ne pas l’écouter.
    Cependant, s’il on en croit Sartre, l’homme se construit de « A à Z » (pour faire court) sans aucun déterminisme, faisant qu’il est responsable de ce qu’il devient.
    De plus, le bain de culture dans lequel baigne l’homme durant son évolution influe forcément sur ce qu’il deviendra.
    Imaginons alors deux individus venant de cultures différentes et s’étant construit totalement différemment. Les valeurs morales qu’on leur aura inculqué seront forcément légèrement différentes. Le « contenu » sur lequel leur conscience morale respective se baseront pour les juger seront alors forcément différent, de façon aussi infiniment légère soit-il.
    Poussons maintenant ce raisonnement aux extrêmes. Imaginons un homme ayant subit une éducation dans un monde d’immoralité totale. Sa conscience morale se basera alors sur des données erronées pour juger ses actes. Ainsi, il aura beau interroger celle-ci, cet homme ne pourra ne pas agir immoralement.

    Il semble donc claire que, si je n’ai pas fait d’erreurs, la conscience morale n’est pas infaillible comme l’affirme Alain.
    Bien entendu je ne poste pas ce commentaire pour simplement affirmer ceci.
    Si je poste c’est enfait par ce que je me demandais si justement je n’avais pas commis d’erreur de raisonnements, si je n’avais pas fait de confusions dérangeantes?
    En effet, les valeurs morales sur lesquelles se base la conscience morale selon Alain ou Kant sont-elles bien celles en chacun de nous inculqués par la société, notre éducation, ect … ou est-ce que se sont des valeurs morales universelles?
    Et si se sont des valeures morales universelles dont on parle lorsque l’on évoque la conscience morale, comment est-il possible qu’elles soient encrés en chacun de nous comme cela le supposerait-il (si jugement il y a selon ces valeurs, elles doivent forcément avoir été intégré). En effet, cela n’irait-il pas à l’encontre de l’existentialisme de Sartre?

    Je suis conscient que se n’est pas du tout le bon endroit pour poser ces questions mais encore une fois je n’en ai pas trouvé de meilleur.
    Merci d’avance et bonne journée Madame Manon !

  16. Simone MANON dit :

    Qu’il s’agisse d’Alain ou de Sartre la conscience est définie comme un pouvoir de se représenter (conscience psychologique) et de juger (conscience morale). Voyez la présentation du cours sur la conscience. Ni l’un ni l’autre ne la réduisent à n’être que le reflet des normes sociales car elle est ce par quoi l’homme témoigne de sa liberté et de sa capacité d’inventer un monde aux couleurs de la l’humanité. Celle-ci fait signe dans le souci de savoir si ce que l’on dit ou ce que l’on fait peut être universalisé. (Cf Sartre dans l’existentialisme est un humanisme: « l’homme qui s’engage et qui se rend compte qu’il est non seulement celui qu’il choisit d’être, mais encore un législateur choisissant en même temps que soi l’humanité entière, ne saurait échapper au sentiment de sa totale et profonde respon­sabilité ».
    En ce sens on peut dire de l’un et l’autre qu’ils sont kantiens.
    Inutile de poser la question de l’origine d’un tel pouvoir. C’est un fait conférant à l’existence humaine ses caractères spécifiques.

  17. Valentin dit :

    Bonjour, et merci pour cette réponse !
    Cependant je ne comprends toujours pas comment la conscience morale peut nous juger. J’ai en effet dut confondre la conscience et la consccience morale dans ma question initiale.
    Parlons donc uniquement de la conscience morale, tel que la définit Kant par exemple :

    « Tout homme a une conscience et se trouve observé, menacé, de manière générale tenu en respect (respect lié à la crainte) par un juge intérieur et cette puissance qui veille en lui sur les lois n’est pas quelque chose de forgé (arbitrairement) par lui-même, mais elle est inhérente à son être. Elle le suit comme son ombre quand il pense lui échapper. Il peut sans doute par des plaisirs ou des distractions s’étourdir ou s’endormir, mais il ne saurait éviter parfois de revenir à soi ou de se réveiller, dès lors qu’il en perçoit la voix terrible. Il est bien possible à l’homme de tomber dans la plus extrême abjection (1) où il ne se soucie plus de cette voix, mais il ne peut jamais éviter de l’entendre. », Kant.

    Si celle-ci nous « juge », ne faut-il pas qu’elle se base sur des critères précis? Mais c’est critères sont-ils alors « inné » en chacun de nous, sont-ils universels ou alors sont-se ceux inculqués par la culture?

    Merci à vous d’avoir pris le temps de me répondre.
    Bonne journée !

  18. Simone MANON dit :

    Juger en terme moral consiste à porter une appréciation sur ce qui est en fonction de ce qui devrait être et que la conscience est capable de se représenter. L’exigence morale (ou dans le langage de Kant la voix du devoir) inhérente à la conscience ne se définit pas par un contenu mais par sa forme: la forme de l’universalité. Celle-ci est toujours critique par rapport aux conditionnements culturels ou aux caprices personnels.
    Voilà pourquoi on ne peut pas plus dire que les critères au nom desquels on juge sont innés (la capacité de juger doit être développée) qu’ils sont culturels. Kant les qualifie de transcendantaux pour signifier qu’ils ne découlent pas de l’expérience mais sont condition de l’expérience.

  19. Valentin dit :

    Mais comment être capable de bien juger si notre expérience ne nous le permet pas. Imaginons qu’un homme soit élevé de façon à lui faire croire que ce qui est mal est en réalité « ce qui devrait être ». Et imaginons que l’expérience de cet homme ne lui permette pas de se rendre compte de cette supercherie. Il, ou plutôt sa conscience, serait alors persuader que chacun de ses actes, aussi immoraux soient-ils, sont universalisables.

    De même quelqu’un atteint de psychopathie a semble-t-il des problèmes de jugements, et ce malgrès le fait que son expérience ait put forger sa capacité à le faire.

    « La psychopathie est un trouble du comportement caractérisé par le déni de l’individualité d’autrui et un comportement généralement impulsif et antisocial pouvant aller jusqu’au crime. En psychologie, ce type de personnalité se caractérise par des conduites antisociales fondées sur des impulsions sans éprouver de culpabilité. »

    C’est en tout cas ce que peut laisser penser cette définition.

    En tout cas, je vous remerci, vous m’avais fortement éclairé.
    Je pense avoir bien mieux compris à présent. La conscience morale, la faculté à bien juger est une prédisposition qui se révèlera au fur à mesure de notre expérience dans la vie. Celle-ci sera capable de se baser sur les bases de notre culture mais aura également l’occasion de déterminer elle-même ce qui est bon ou pas par l’expérience. Je repense en effet à ce que disait ma prof de philo : comment peut-on définir l’injustice sans l’avoir subit? Cela doit être pareil avec la moral : comment savoir que quelque chose est immorale sans l’avoir commis? Auquel cas, on aura beau nous inculqué que le mensonge est morale, on s’appercevra bien si l’on se risque à celui-ci qu’il ne l’était pas.

  20. Simone MANON dit :

    Vous ne comprenez pas, Valentin, le recours à la notion d’expérience dans la définition kantienne du transcendantal. Ce serait beaucoup trop long à vous expliquer et peu judicieux à la veille d’un examen.
    Pour ce qui est de la conscience morale, il est important que vous compreniez que, dans la tradition rationaliste, elle n’est pas conçue comme le pur produit d’une éducation ou d’un milieu culturel. Cf. http://www.philolog.fr/obligation-ou-devoir/
    Elle est une faculté sui generis capable de déterminer les valeurs au nom desquelles elle juge. Chaque fois que vous vous efforcez de juger par vous-même, vous devez faire l’expérience (éprouver) que vous ne pouvez pas dire n’importe quoi et que les exigences que vous découvrez dans votre for intérieur sont partagées par ceux qui s’imposent le même exercice. D’où l’idée de l’universalité de certaines valeurs ou d’un sens commun. Ce que vous semblez entrevoir à la fin de votre message avec l’exemple du mensonge, exemple que Kant mobilise dans l’exposé de sa réflexion morale. (Cf. l’article sur la morale kantienne)
    Il va de soi que l’ exercice autonome de l’esprit est une conquête (c’est même l’enjeu de la réflexion philosophique) et qu’il est rendu impossible par la maladie mentale. Voilà pourquoi on parle d’aliénation.

  21. Valentin dit :

    Je pense avoir mieux compris grâce à ces dernières remarques et le cours conseillé.
    Merci à vous d’avoir pris le temps de me répondre, vous m’êtes d’une aide précieuse dans mes révisions ! (je m’en veut d’ailleurs de ne pas avoir découvert votre site plus tôt).
    Bonne soirée.

  22. Lily dit :

    Bonjour. J’ai quelques difficulés en philosophie cette année alors je m’entraine en travaillant sur des textes que je trouve sur internet.
    Voila en faite j’ai lu plusieurs fois votre texte et rien n’as faire je ne comprend pas la séries d’exemples au début et surtout  » l’âme c’est ce qui refuse le corp. » Je comprend tout les mots de la phrase mais la phrase par elle même me pose porblème. Désolé j’ai l’impression vraiment d’être de dessous de tout à vous embèter avec une phrase qui visiblement ne pose problème a personne. Mais si vous pouvez prendre quelques seconde pour me répondre et m’éclairer un minimum je vous serai vraiment reconnaissante.
    Merci beaucoup.

  23. Simone MANON dit :

    D’abord, Lily, je dois attirer votre attention sur l’incorrection de votre expression. (Ex: je comprends, le corps, la série, quelques secondes).
    Ensuite, vous devez prendre conscience que si une explication détaillée d’un texte ne vous éclaire pas, ce ne sont pas quelques lignes qui le pourront.
    Ce n’est pourtant pas difficile de comprendre que les hommes sont capables de s’interdire de boire alors même qu’ils ont soif. La soif est un état du corps. Le refus de boire une décision de la volonté, donc ce qu’il faut rapporter à autre chose que le corps (l’âme).
    Je ne vois pas ce qui peut faire difficulté à un élève qui comprend la langue.
    Désolée.

  24. Lily dit :

    Bonsoir.
    Désolé pour les fautes que j’ai pu faire ou que je ferai dans ce message.
    Merci pour votre réponse. Même si je perçois entre vos lignes un jugement de moi qui n’est pas justifié.
    Je pensais que c’était un site ou l’on pouvait poser des questions et être aidé (même si ce sont des questions qui vous semble simples). Sachez que rare sont les élèves excellent en toutes manières. Mon point faible est « la langue » ce qui peu justifier mes difficultés. Votre message ma décourager définitivement. Merci

  25. Océane dit :

    Madame,
    Y a-t-il un lien entre réflexivité et opposition de soi à soi?
    Cordialement,

  26. Simone MANON dit :

    Bonjour Océane
    La réflexivité suppose l’écart de soi à soi, la séparation. L’opposition si vous voulez car « qui ne se condamne pas ne se connaît pas » (Alain).
    Voyez http://www.philolog.fr/la-conscience/.
    Bien à vous.

  27. Océane dit :

    Je vous remercie pour cette aide précieuse.
    Bonne journée,

  28. Albi dit :

    Bonjour, je me demande si j’ai bien compris la phrase par opposition de soi a soi ?
    Est ce bien l’opposition de la conscience et de l’âme en ce qui concerne la personnalité du fou ?
    Cordialement.

  29. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Non, manifestement ce n’est pas compris.
    Voyez: http://www.philolog.fr/la-conscience/
    Bon travail.

  30. Mélinda dit :

    Bonjour,
    Quand vous dites  » « L’Homme c’est l’âme » disait Socrate (…) où la raison. », est-ce une thèse opposée à celle de l’auteur ?

  31. Simone MANON dit :

    Bonjour
    PS: ce n’est pas « où » mais « ou » la raison.

    Non, ce n’est pas une thèse opposée à celle de l’auteur, seulement un exemple de l’usage du mot « âme » dont Alain interroge le sens.
    Bonne explication.

  32. Neko dit :

    Bonjour,
    Je viens de finir mon explication de texte et dans le but de voir mes erreurs j’ai donc fait une petite recherche sur internet… Mon professeur de philosophie nous à dit qu’une bonne copie traitait le texte dans ses moindres détails et qu’un tres bonne copie se termine par un court commentaire de texte avant la conclusion bien sûr.
    Je viens donc vous demander si vous êtes d’accord sur ce point de vu et de plus si cela offre un gain de point au Bac, qui est évidemment l’objectif de la classe de Terminal.
    Merci,
    Neko.

  33. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Votre professeur est tout à fait fondé à souligner qu’une explication réussie est une explication ne laissant rien passer de la richesse du texte. Je suppose que ce que vous appelez « un court commentaire avant la conclusion » fait allusion aux possibles objections critiques si celles-ci n’ont pas été formulées dans le développement.
    Il faut avoir confiance en votre professeur, il est sûrement un correcteur du baccalauréat.
    Bonne initiation à la philosophie.

  34. Laurent dit :

    Bonjour,
    Je trouve qu’il est difficile de s’arrêter sur des définitions des termes en philosophie ; comme si chaque philosophe reprenait à son compte les mots, les concepts et les redéfinissait lui-même. Par exemple, comment définir âme, conscience, raison ? L’âme semblerait être définie ici, dans le texte d’Alain, comme « conscience morale », donc comme capacité à juger. Pour autant, chez Descartes, n’est-ce pas la raison qui exerce le jugement ? Est-ce que chez Descartes, âme, conscience et raison sont synonymes ? Par ailleurs, j’avais compris que le cogito ne relevait pas d’une déduction rationnelle, mais d’un sentiment d’exister, qu’il était le fruit de la conscience.
    De plus, dans le programme de terminale, il y a un chapitre sur la conscience, un chapitre sur la raison et un autre sur la morale. Est-ce judicieux de distinguer tous ces concepts ? N’en faut-il qu’un ?

  35. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui, tout philosophe se préoccupe de définir les termes de son discours car la précision conceptuelle est une condition de la rigueur de la pensée. On ne sait pas encore ce que l’on dit tant qu’on n’est pas attentif au langage. Si celui-ci comporte des mots différents, par exemple, conscience, âme, raison, c’est qu’il y a des différences de sens à saisir.
    Le travail analytique a pour fonction d’expliciter ces différences, ce qui vous amène à prendre la mesure de l’ambiguïté des choses.
    La conscience est une chose, la raison une autre et la morale encore une autre.
    Ce texte donne une bonne illustration de ce que l’on entend par une clarification conceptuelle.
    Vous avez des cours sur chacune des notions sur ce blog. Il serait bon de vous y reporter pour clarifier votre pensée.
    Bon travail.
    Bien à vous.

  36. Briançon dit :

    Bonjour Madame,
    Ces quelques lignes simplement pour vous remercier de la qualité et de l’importance de votre travail. Mes connaissances
    philosophiques sont  » squelettiques « , j’ai fait des études supérieures d’agronomie et m’intéresse à la philo. depuis la découverte de votre site, à l’âge de 76 ans.
    Merci encore. Surtout bon courage et que votre détermination, si grande, ne se laisse pas entamer par quelques
    adeptes du « copier-coller ».
    Cordialement

  37. Simone MANON dit :

    Merci, cher Monsieur, pour ce sympathique message.
    Tous mes vœux de bonheur dans cette retraite studieuse.
    Bien à vous.

  38. Jeanne dit :

    Chère Madame,
    Je suis actuellement en doctorat de philosophie antique et je me prépare également au Capes et à l’Agrégation.
    Je vous remercie pour ce blog qui m’aide sincèrement dans ma préparation.
    Vous me permettez d’approcher de plus près des textes et des problématiques que je n’aurais pas pensé à étudier ou que je n’aurais pas eu le temps de travailler en profondeur.
    Un grand merci donc pour les articles que vous nous proposez. Je ne peux qu’imaginer l’immense travail qui se cache derrière mais sachez que vous rendez ma préparation aux concours (si intense et si stressante) plus douce. Merci de partager votre savoir.
    Je vous souhaite une bonne continuation.
    Bien cordialement.

  39. Simone MANON dit :

    Merci Jeanne pour ce message qui me réjouit.
    Je vous souhaite beaucoup de courage pour l’épreuve que représente la préparation aux concours et surtout que votre effort soit couronné de succès.
    Bien à vous.

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