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   Exposition du 2 juillet au 21 août 2016 à l'Espace Muséal Château-Mairie à Tourrettes-sur-Loup. (Place Maximin Escalier)

   Exposition du 9 juillet au 25 juillet 2016 à la Galerie Bogéna à St Paul de Vence (777 route de la Colle)

 

   La peinture aussi peut être contrapuntique. Il suffisait pour réussir cette polyphonie de réunir ces deux femmes artistes dans une exposition commune.

  La main de l’une vibre des secousses telluriques du chaudron matriciel, celle de l’autre traverse l’apparence de la matérialité pour célébrer l’espace comme champ de forces volatilisant les corps dans un tourbillon d’ondes.

  A leur manière, chacune nous confronte à l’énigme de la matière. L’une en assume la consistance, l’autre la purifie de son épaisseur, convertissant la masse en pure énergie, libérant le corps des entraves de la pesanteur.

   Deux rapports à la matière exprimant, de toute évidence deux profils existentiels. L’une nous rattache à notre part obscure avec ses rêves et ses cauchemars, ses angoisses et ses espérances, l’autre nous communique sa joie d’épouser la transparence de l’air dans la jubilation du corps délié.

  D’un côté, la gravité d’une peinture faisant écho aux ambivalences de la psyché humaine aux prises avec son daïmon, de l’autre, la légèreté de la grâce dans l’ivresse du mouvement.

  L’une rend visible la métamorphose des forces souterraines dans des concrétions ayant la couleur de nos obsessions et de nos attentes, l’autre libère le corps des limites de la forme, restaurant les forces dans leur jeu inchoatif.

 

Sophie Rocco.

 

   Si la vocation artistique est l’obsession d’un faire en lieu et place d’un dire ; si elle est l’engagement total d’une personne dans les réussites et les échecs d’un corps à corps avec un matériau, alors il faut dire que, quoique son auteur s’en défende, l’œuvre de Sophie Rocco témoigne bien d’une vocation. Impossible de regarder une toile sans sentir :

  • la nécessité impérieuse du geste créateur,
  • l’unicité de l’intuition originelle commandant les tentatives toujours recommencées d’en interroger l’énigme,
  • le combat d’une artiste jouant, dans son expression, une part essentielle de sa vie et sa quête d’un salut.

   La puissance d’émotion des toiles de Sophie Rocco procède d’une intuition exhibant une inquiétude partagée. Certains la réduiront à une certaine manière de faire écho à l’horreur du monde avec ses marées noires, ses exodes, ses foules ployant sous le poids d’un destin inexorable. De fait, toute grande intuition spirituelle s’arrache sur un fond de colère, de révolte et notre artiste ne fait pas exception à la règle. Mais on reste en deçà de l’originalité de l’œuvre tant qu’on s’en tient à ce lieu commun. Non point qu’il s’agisse de nier la souffrance muette donnant à sa main la violence avec laquelle elle attaque la toile, se débat avec elle dans une lutte sans merci. Mais là n’est pas l’essentiel. Si Sophie Rocco fait vraiment œuvre, c’est par la singularité d’une intuition se dramatisant comme métaphore cosmogonique.

   Car qu’est-ce que cette matière picturale dont elle empâte la toile, qu’elle racle avec la rage destructrice de la fascination de la table rase, qu’elle malaxe ensuite comme le potier mélangeant pigment, fibre, sable, que…. les entrailles de la terre, au moment magique où du chaos va émerger la forme, comme une apparition jamais désengluée du magma d’où elle cherche à s’extraire ?

  C’est, cet instant de gestation cosmique qui hante notre artiste. Recommencer l’opération démiurgique, rivaliser avec elle avec cette hubris des êtres investis de pouvoirs médiumniques. Ce qu’elle capte, bien plus que la difficulté d’être, est le mystère des apparitions. Dans chacune de ses productions, on assiste à une épiphanie. Celle des ombres peuplant la mémoire des vivants, celle des anges  habitant parmi nous, témoins silencieux de nos élans vers l’ailleurs, celle des oiseaux, chiffres d’une liberté triomphant des puissances de l’ombre. Même quand elle peint une Pietà, Sophie Rocco interroge encore le mystère des profondeurs  terrestres faisant surgir de l’épaisseur de la matière, empâtements blancs, gris, ocre, le foyer de la rédemption.

  Toutes ses réussites mettent en scène une tension niant l’opacité et l’inertie du matériau. Elle a l’art de rendre sensible le moment décisif où opère la métamorphose de l’informe. Moment crucial, indistinctement cosmique et spirituel, si l’on en croit ce qu’elle dit de sa pratique : « il faut qu’arrive l’accident qui emmène ailleurs. Je dois gagner, je dois lutter pour sauver la toile… et moi. Je perds la toile, je la retrouve ; je sais que je la perds quand il y a une raideur, une absence d’équilibre ».

  La force de chacune des toiles semble se recueillir en ce point-limite où l’on assiste à une éclosion ayant la couleur d’une victoire sur le vertige de la dissolution. Avènement miraculeux diffusant souterrainement sur toute la surface du tableau le risque d’un effondrement toujours possible. Les ténèbres guettent inlassablement comme une menace surmontée mais jamais supprimée et c’est sans doute leur échec momentané qui donne aux toiles de Sophie Rocco ce mouvement intime faisant leur rayonnement et leur pouvoir de séduction.  Tout se passe comme si le matériau prenait vie au rythme des formes émergeant péniblement mais triomphalement.

  Aucune n’est résolument figurative. Ce sont des émergences allusives, en équilibre instable. Elles tiennent du rêve ou du cauchemar plus que de l’univers des vivants visibles. On sent qu’elles pourraient s’évanouir ou, au contraire poursuivre leur travail de gestation dans une victoire moins éphémère. Toutes exhibent une étrangeté et une familiarité. Elles dessinent le paysage de l’intériorité humaine dans ses désespoirs et ses aspirations, dans sa protestation contre la misère de notre condition ou dans ses espérances indomptables. Leur présence s’impose comme un remords dans les corps ballotés par les tragédies de l’histoire ou comme la grâce d’une visitation dans les silhouettes, les visages monumentaux interpellant notre désir de commune présence.

   Les toiles de Sophie Rocco ne sont jamais plus abouties que dans ce versant lumineux de l’œuvre. Quelle que soit la nature du fond d’où elles surgissent, sombre ou blanc, épais ou non, ses formes nous font signe comme des revenants ou des éclaireurs,  passagers du silence, réveillant dans nos âmes engourdies le souvenir de leur lot de rêves. Elles produisent des effets de captation, par leur manière d’imposer un face-à-face muet subvertissant le cours familier des choses. Miroir de notre propre hébétude, elles font effraction dans notre intériorité pour l’inviter à retrouver les promesses de l’aube. La lumière pâle ou éclatante qu’elles diffusent redonne des ailes à nos élans, comble notre attente de l’autre, de l’ange, de l’être transfiguré par la magie du désir. Par la maîtrise de la dynamique du fond et de la forme, par le jeu des couleurs, nous est transmise cette part de merveilleux, de rébellion, de bienfaisance dont René Char disait qu’elle est la vie véritable.

   Car toute réussite artistique est rencontre d’une offrande et d’une attente. D’un côté le don de l’artiste comme une prière, de l’autre la gratitude de ceux qui se sentent habités par les mêmes obsessions. Peu importe que les toiles de Sophie Rocco nous confrontent bien davantage au silence de l’art  qu’elles ne nous inscrivent dans une communauté de paroles. Rançon du parti pris matiériste. Chez elle, la matière est surtout accumulation de limon, alluvions, laves souterraines s’essayant aux premiers jaillissements de lumière. Elle n’est jamais stabilisation dans un espace ordonné, accueillant au séjour humain.

   Ce qui n’empêche pas son monde d’être saturé d’émergences humaines. Têtes, corps tribus, personnages forment une partie substantielle de l’œuvre.

   Mais ses têtes ne se dégagent jamais complétement des fonds ocre, lie de vin, blancs, gris ou noirs d’où elles sourdent. Sauf exception, elles sont simplement esquissées, et lorsqu’elles tendent vers une figuration plus réaliste, elles restent fermées sur elles-mêmes, recueillies dans une méditation solitaire sur l’énigme de l’être. La douceur des couleurs (blanc, jaune) leur donne parfois une sorte de paix mais même figurés, leurs yeux ne sont pas ouverts sur la lumière du jour. La plupart du temps leur effacement ou leur brouillage domine quand ils ne prennent pas la forme de cavités inquiétantes faisant écho à des bouches donnant l’impression de laisser échapper un cri. On n’est jamais vraiment en présence du visage humain dans sa capacité de rayonner et de déjouer fermement l’opacité de la matière. Même apaisés, ils restent énigmatiques voire fantomatiques comme le sont la plupart de ses silhouettes.

   Ses personnages occupent parfois toute la toile, figés les uns à côté des autres dans une posture hiératique. Mouvement suspendu de pénitents ou de foules muettes et aveugles. Une grande solitude les enveloppe même si la splendeur de la matière picturale leur donne une présence glorieuse. Car la magie de notre artiste est de convertir par son traitement de la matière la face sombre de ses intuitions en chants de gloire.

  Et ceux-ci font retentir sans réserve leur mélodie dans les maternités ou les paternités. Toiles sereines où le blanc, le gris, le jaune clair, l’épaisseur du matériau confèrent à la toile une douceur infinie, celle d’une aurore affranchie des affres de l’individuation. Tendresse enveloppante de l’amour maternel, force protectrice de l’amour paternel libérant l’enfant pour une destinée de confiance. La plénitude ici s’expose sans réserve dans un hymne à la fête des cœurs.

   On ne peut s’empêcher de penser  en regardant ces toiles ainsi que celles consacrées aux gardiens des rêves que le geste créateur s’accomplit désormais, pour Sophie Rocco, dans une fonction résolument rédimante. Le privilège donné aux couleurs claires ou vives témoigne d’un apaisement absent des premières œuvres. La lumière omniprésente tient en respect, pour notre bonheur, le spectre des ombres et célèbre la joie des âmes réconciliées.

  L’exposition a choisi de présenter des œuvres témoins de cette sérénité conquise de haute lutte. L’onirisme est ici délesté de sa part de cauchemar, même lorsque les couleurs sombres dominent. L’usage de teintes pastel, bleues ou roses, les ocres où fonds et formes sont intimement mêlés, les touches jaunes et blanches des personnages éclairant l’obscurité caverneuse, ou les contrastes inverses font surgir un univers enchanté peuplé de fées, de shamans, de gardiens bienveillants ou bruissant du chœur de voix accompagnant le voyage de l’âme dans sa quête initiatique. Même le  silence se colore de rose ou irradie la masse noire d’une paix intérieure qui est aussi celle de la nymphe exhibant sa certitude de déployer bientôt ses ailes dans la transparence de l’air.

 

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Nathalie Deshairs.

 

    Si la peinture de Sophie Rocco laisse entrevoir le rêve fou d’une ascèse de la matière ou de l’envol dans un espace affranchi de la gravité, celle de Nathalie Deshairs l’accomplit avec l’évidence déconcertante d’une virtuose de l’évocation du passage de l’état lourd à l’état subtil.

   Et l’on sent qu’elle a une expérience intime de cette transmutation comme si, pour elle,  le mythe d’Hercule changé en hirondelle, n’était décidément pas un mythe mais une des possibilités du corps, trop méconnue des âmes asservies à l’attraction terrestre. Ses toiles s’imposent ainsi comme une réponse à l’interrogation du poète Valéry. Mais oui, affirme-t-elle, le mythe d’Hercule changé en hirondelle existe, mon talent est de transcrire picturalement ce miracle.

   Nul doute qu’elle traduit ici une expérience concrète de la danse. Celle du corps se sentant pousser des ailes dans l’euphorie du geste maîtrisé, du corps irradié par la rythmique cosmique, dilaté aux dimensions de l’univers. Elle a l’art de communiquer l’effacement des bornes de l’individuation, l’enchevêtrement du dedans et du dehors,  de la gauche et de la droite, du haut et du bas, de la surface et de la profondeur. Par quelle magie parvient-elle à obtenir ses effets de transparence et d’enivrement de la matière ?

   Elle peint essentiellement à l’huile. Tout commence par le dépôt sur la toile de différentes matières synthétiques, qu’elle recouvre, une fois la surface sèche, de couches d’huiles transparentes. La suite tient du savoir-faire alchimique, de la retenue ou de l’insistance du geste dans le ponçage des couches superposées afin de laisser apparaître la structure du fond, celle qui confère à l’ensemble ses lignes de forces, ses effets dynamiques, ses contrastes émouvants. La matière évanescente ne doit plus être que tournoiement d’énergie mêlant toutes choses dans la flamme de la transe.

  Il y a du derviche tourneur dans les formes de Nathalie Deshairs. Elles participent d’une mystique plus que d’un onirisme. Eveil de l’âme dans l’abandon du corps aux turbulences de l’air avec ses tourbillons multipolaires abolissant les frontières de la terre et du ciel,  de l’esprit et de la matière, du même et de l’autre. Vertiges surmontés, basculements maîtrisés des silhouettes emportées dans la ronde planétaire. Temps suspendu de la participation des éléments au grand ballet cosmique, orchestré par le souffle divin. Le mouvement qu’exhibent les toiles rend visible une sorte de griserie où jouent les correspondances et s’exhibe la joie d’une communion avec l’univers.

Tête rhizome, tête bulbes essaimant ses ligaments dans une matière vaporeuse. Elle dessine un paysage dont on ne sait pas s’il s’agit d’une fantasmagorie ou de l’évocation des racines du ciel. La finesse du trait, le fondu des couleurs semblent immobiliser le temps dans une sorte d’extase exsudant la sève de sa jouissance dans le brouillage des limites et la démultiplication de l’être. Ô récompense, à la pointe du transport du corps dans le grand branle cosmique que cette syncope neuronale ouvrant les portes de l’éternité ! Le mouvement cristallise dans le silence de la méditation et la plénitude de l’élan réussi. Instant de grâce que l’on ne peut durablement retenir, image d’exception dans une œuvre haletante ne stabilisant jamais le mouvement.

   Celui, du torse par exemple, aux allures de tronc d’arbre dont les ramifications s’étendent à l’infini, liant toutes choses dans une sympathie universelle. Echange des forces, trouées de transparence au cœur de  masses. Celles-ci se volatilisent,  déchirent l’obscurité de leur éclats de lumière ou font vibrer le jour.

   Cette fête intense des corps déborde parfois toute mesure et explose dans des transparences colorées, rouges, jaunes, orangées, contrastant avec le privilège donné aux camaïeux de gris.

   Traces d’une hubris ou point de gloire surnaturel ?

« Ce corps, écrivait Valéry, dans ses éclats de vigueur, me propose une extrême pensée : de même que nous demandons à notre âme bien des choses pour lesquelles elle n’est pas faite, et que nous en exigeons qu’elle nous éclaire, qu’elle prophétise, qu’elle devine l’avenir, l’adjurant même de découvrir le Dieu – ainsi le corps qui est là veut atteindre à une possession entière de soi-même, et à un point de gloire surnaturel ! Mais il en est de lui comme de l’âme, pour laquelle le Dieu, et la sagesse, et la profondeur qui lui sont demandés, ne sont et ne peuvent être que des moments, des éclairs, des fragments d’un temps étranger, des bonds désespérés hors de sa forme » (L’âme et la danse)

   Ce sont bien ces débordements que donne à voir la peinture de Nathalie Deshairs. Mais il est sacrilège de parler de désespoir. Le marcheur, le danseur, le gymnaste savent d’expérience que les corps pesants, cloués au sol n’y entendent rien. Ils ignorent pour leur malheur que le salut s’amorce avec les pieds et s’actualise comme orgasme cérébral. Qu’importe sa brièveté à ceux qu’il inonde de plaisir !

   L’œuvre de Nathalie Deshairs rend sensible cette évidence. Elle chante le corps dans sa prodigieuse puissance d’envol et nous emporte dans une valse des ondes où opère la dématérialisation des masses.

« Ce que peut le Corps, personne jusqu’à présent ne l’a déterminé » prophétisait Spinoza, et Nietzsche s’étonnait que le corps soit si peu pour nous un objet d’émerveillement. Pourtant nos pensées les plus sublimes ne dépendent-elle pas de la machine cérébrale ? Ni l’un et l’autre n’avaient la sottise de les désolidariser.

« Qui a un corps apte au plus grand nombre d’actions, a un esprit dont la plus grande partie est éternelle » affirmait Spinoza et Nietzsche n’hésitait pas à dire que « l’âme n’est qu’un mot désignant une parcelle du corps ».

   Notre artiste ressuscite ces intuitions, revivifie en nous la mémoire des ressources inouïes du corps et nous invite à la gratitude. Mais elle va plus loin. Sur fond d’une intuition très moderne, elle fait éclater l’apparence de la matière, sa consistance pour la rendre à sa vérité ultime. Flux d’énergies, vagues ondulatoires, carmagnole des molécules, et au cœur du tumulte cosmique, l’âme, notre âme au faîte de la joie.

   

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9 Réponses à “Sophie Rocco et Nathalie Deshairs à la galerie Bogéna à St Paul de Vence et à Tourrettes-sur-Loup.”

  1. Gia dit :

    Bonsoir
    Que pensez-vous des croquis dont certains experts disent qu’ils ont été découverts récemment et qu’ils sont de Van Gogh? Quel est votre sentiment (hors connaissance des archives, vraies ou fausses) ?
    de Nice,
    Gia.

  2. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je pense que tout personne exprimant son « sentiment » en la matière, alors qu’elle manque de la connaissance précise des éléments permettant de formuler un jugement autorisé contrevient à la plus élémentaire éthique du jugement. Lorsqu’on n’a pas la connaissance sur une question donnée, la rigueur intellectuelle exige de suspendre son jugement. Telle est la règle que formule Descartes. Ne pas la respecter conduit à parler à tort et à travers.
    Je n’ai aucune compétence pour me prononcer sur la question que vous me posez.
    Bien à vous.

  3. Gia dit :

    Bonjour,
    Je comprends bien votre réponse pourtant il paraît évident qu’ici la connaissance précise des éléments ne suffit pas puisque les experts, aussi instruits les uns que les autres, ne sont pas d’accord. On pourrait ajouter que je jugement esthétique se passe la plupart du temps, c’est même ce qui le caractérise, de l’expertise. Après tout ne passons-nous pas notre temps à juger bonnes ou mauvaises, vraies ou fausses, les oeuvres qui nous sont proposées? Devant une oeuvre peinte, un oeil exercé comme le vôtre pourrait se prononcer. D’autres l’ont fait sans mauvais esprit, en amoureux de Van Gogh. Ils ont confiance en l’intelligence de leur regard.
    Cordialement
    Gia

  4. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui, un grand connaisseur de l’œuvre de Van Gogh a compétence pour juger mais on connaît des exemples de faussaires très talentueux (par exemple:Han van Meegeren) qui doivent rendre modestes et prudents les critiques d’art et les experts.
    Authentifier une œuvre est une chose, la juger belle en est une autre. Il me semble qu’il faut distinguer rigoureusement les opérations.
    Bien à vous.

  5. Gia dit :

    Bonjour,
    Mais pourquoi les distinguer?
    Quand je regarde les portraits dit de Van Gogh, je ne peux pas les juger en expert car je ne suis pas un expert, mais si je les estime laides ou maladroites, c’est que je n’y reconnais pas le génie de Van Gogh, sa griffe, sa force, son savoir-faire. C’est une manière subjective et intuitive (fondée sur le seul regard) de juger ces portraits in-authentiques. Ce type de jugement, purement esthétique, n’a-t-il aucune valeur pour et parmi les experts?
    On sait souvent d’expérience identifier un phénomène, une chose, une manière d’être à d’infimes petits détails. Encore une fois, l’oeil juge lui aussi. Les portraits sont très XXème siècle, n’est-ce pas évident pour un oeil du XXème siècle?
    Cordialement

  6. Gia dit :

    Pardon pour les coquilles

  7. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il faut les distinguer parce que je peux juger beau un faux tout autant que s’il était de la main du maître dès lors que le talent du faussaire brouille les cartes.
    Voyez toutes les polémiques qu’il y a eu autour des faux ou des vrais Vermeer.
    Bien à vous.

  8. Gia dit :

    Bonjour
    Je ne cherche pas à avoir le dernier mot, d’ailleurs vous pouvez zapper ce message si vous le souhaitez. Mais oui c’est juste, nous jugeons beaux des faux, et alors nous les prenons pour des vrais. Mais nous ne jugeons jamais laids des vrais. Rappelez-vous ce faux Raphaël récemment à Londres. Il était tellement moche, ça ne pouvait pas être Raphaël une seule seconde !
    Gia

  9. Gia dit :

    Illustration. Faut-il être un expert pour deviner lequel de ces deux Botticelli est un faux?
    http://rue89.nouvelobs.com/blog/blog-londres/2010/07/01/lequel-de-ces-deux-tableaux-est-un-faux-botticelli-157024

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