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Solitude

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 La pensée est tellement chez elle dans l'élément du même que je  n'ai jamais eu de  peine à reconnaître en tout homme, un membre de la famille humaine. L'expressivité du corps humain, la parole suffisent pour fonder la certitude d'être en présence d'un alter ego.

  Mais qu'en est-il de l'altérité? Est-elle accessible à ce qui est différent d'elle, est-elle communicable ou bien nous condamne-t-elle, les uns les autres, à une solitude indépassable?

 

  Malaise de la pensée confrontée à ce qui la met en échec.....Tu n'es pas moi et je ne saurai jamais, au sein de ma propre expérience, ce que c'est, qu'être toi. Comment se mettre dans la peau de la différence, de l'étrangeté?

  Je me suis toujours demandé ce que c'est, qu'être un homme, moi qui suis une femme, ce que c'est, qu'être un malade mental, moi qui suis à peu près "normale". J'ai été hypnotisée par des personnages d'exception comme Jésus, Gandhi et dans un genre opposé Hitler, Staline mais je suis toujours revenue bredouille de ma quête.

  Certes nous communiquons par les mots et ceux-ci ayant des significations communes, nous avons le sentiment de nous rencontrer, de nous comprendre. Mais les expériences auxquelles correspondent ces mots, quelles sont-elles?

  J'ai lu, tellement lu, pour voyager dans l'étrangeté, pour aller à la rencontre d'autres formes d'expériences, pour essayer de sortir de moi et me mettre à l'écoute de ce qui n'est pas moi. J'ai eu l'impression de pouvoir suivre Sade dans ses perversions, l'adorateur de Moloch dans ses horribles sacrifices, Ste Thérèse d'Avila dans son mysticisme, comme s'il fallait admettre avec Montaigne que "chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition" Essais LIII§II. Mais je n'ai jamais pu faire taire un soupçon tenace de malentendu. Car à quoi ai-je eu vraiment accès? A l'altérité de l'autre ou seulement à une réduction de l'autre au même?

  Aussi, lorsque j'ai découvert ce jugement de Proust, ai-je eu le sentiment qu'il était plus proche de la réalité que tous les rêves d'une supposée communication :   "L'homme est l'être qui ne peut pas sortir de soi, qui ne connaît les autres qu'en soi, et en disant le contraire ment" La Fugitive.

  Alors, il m'a semblé que la lecture de cette  nouvelle de Guy de Maupassant, si belle et si terrifiante, était une façon d'ouvrir le débat.

 

  " C'était après un dîner d'hommes. On avait été fort gai. Un d'eux, un vieil ami me dit :

 « Veux-tu remonter à pied l'avenue des Champs-Élysées ? »

   Et nous voilà partis, suivant à pas lents la longue promenade, sous les arbres à peine vêtus de feuilles encore. Aucun bruit, que cette rumeur confuse et continue que fait Paris. Un vent frais nous passait sur le visage, et la légion des étoiles semait sur le ciel noir une poudre d'or.

   Mon compagnon me dit :

  « Je ne sais pourquoi, je respire mieux ici, la nuit, que partout ailleurs. Il me semble que ma pensée s'y élargit. J'ai, par moments, ces espèces de lueurs dans l'esprit qui font croire, pendant une seconde, qu'on va découvrir le divin secret des choses. Puis la fenêtre se referme. C'est fini. »

   De temps en temps, nous voyions glisser deux ombres le long des massifs, nous passions devant un banc où deux êtres, assis côte à côte, ne faisaient qu'une tâche noire.

   Mon voisin murmura :

   Pauvres gens ! Ce n'est pas du dégoût qu'ils m'inspirent, mais une immense pitié. Parmi tous les mystères de la vie humaine, il en est un que j'ai pénétré : notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude. Ceux-là, ces amoureux des bancs en plein air, cherchent, comme nous, comme toutes les créatures, à faire cesser leur isolement, rien que pendant une minute au moins ; mais ils demeurent, ils demeureront toujours seuls ; et nous aussi.

   On s'en aperçoit plus ou moins, voilà tout.

   Depuis quelque temps j'endure cet abominable supplice d'avoir compris, d'avoir découvert l'affreuse solitude où je vis, et je sais que rien ne peut la faire cesser, rien, entends-tu ? Quoi que nous tentions, quoi que nous fassions, quels que soient l'élan de nos cœurs, l'appel de nos lèvres et l'étreinte de nos bras, nous sommes toujours seuls.

   Je t'ai entraîné ce soir, à cette promenade, pour ne pas rentrer chez moi, parce que je souffre horriblement, maintenant, de la solitude de mon logement. A quoi cela me servira-t-il ? Je te parle, tu m'écoutes, et nous sommes seuls tous deux, côte à côte, mais seuls. Me comprends-tu ?

   Bienheureux les simples d'esprit, dit l'Ecriture. Ils ont l'illusion du bonheur. Ils ne sentent pas, ceux-là, notre misère solitaire, ils n'errent pas, comme moi, sans autre contact que celui des coudes, sans autre joie que l'égoïste satisfaction de comprendre, de voir, de deviner et de souffrir sans fin de la connaissance de notre éternel isolement.

   Tu me trouves un peu fou, n'est-ce pas ?

   Ecoute-moi. Depuis que j'ai senti la solitude de mon être, il me semble que je m'enfonce, chaque jour davantage, dans un souterrain sombre, dont je ne trouve pas les bords, dont je ne connais pas la fin, et qui n'a point de bout, peut-être ! J'y vais sans personne avec moi, sans personne autour de moi, sans personne de vivant faisant cette même route ténébreuse. Ce souterrain, c'est la vie. Parfois j'entends des bruits, des voix, des cris...Je m'avance à tâtons vers ces rumeurs confuses. Mais je ne sais jamais au juste d'où elles partent ; je ne rencontre jamais personne, je ne trouve jamais une autre main dans ce noir qui m'entoure. Me comprends-tu ?

  Quelques hommes ont parfois deviné cette souffrance atroce.

   Musset s'est écrié :

 Qui vient ? Qui m'appelle ? Personne.

       Je suis seul---C'est l'heure qui sonne.

      Ô solitude !--- Ô pauvreté !

   Mais, chez lui, ce n'était là qu'un doute passager, et non pas une certitude définitive, comme chez moi. Il était poète ; il peuplait la vie de fantômes, de rêves. Il n'était jamais vraiment seul.---Moi, je suis seul !

   Gustave Flaubert, un des grands malheureux de ce monde, parce qu'il était un des grand lucides, n'écrivit-il pas à une amie cette phrase désespérante : « Nous sommes tous dans un désert. Personne ne comprend personne. »

   Non, personne ne comprend personne, quoi qu'on pense, quoi qu'on dise, quoi qu'on tente. La terre sait-elle ce qui se passe dans ces étoiles que voilà, jetées comme une graine de feu à travers l'espace, si loin que nous apercevons seulement la clarté de quelques-unes, alors que l'innombrable armée des autres est perdue dans l'infini, si proches qu'elles forment peut-être un tout, comme les molécules d'un corps ?

   Eh bien, l'homme ne sait pas davantage ce qui se passe dans un autre homme. Nous sommes plus loin l'un de l'autre que ces astres, plus isolés surtout, parce que la pensée est insondable.

   Sais-tu quelque chose de plus affreux que ce constant frôlement des êtres que nous ne pouvons pénétrer ? Nous nous aimons les uns les autres comme si nous étions enchaînés, tout près, les bras tendus, sans parvenir à nous joindre. Un torturant besoin d'union nous travaille, mais tous nos efforts restent stériles, nos abandons inutiles, nos confidences infructueuses, nos étreintes impuissantes, nos caresses vaines. Quand nous voulons nous mêler nos élans de l'un vers l'autre ne font que nous heurter l'un à l'autre.

   Je ne me sens jamais plus seul que lorsque je livre mon cœur à quelque ami, parce que je comprends mieux alors l'infranchissable obstacle. Il est là, cet homme ; je vois ses yeux clairs sur moi ! Mais son âme, derrière eux, je ne la connais point. Il m'écoute. Que pense-t-il ? Oui, que pense-t-il ? Tu ne comprends pas ce tourment ? Il me hait peut-être ? Ou me méprise ? Ou se moque de moi ? Il réfléchit à ce que je dis, il me juge, il me raille, il me condamne, m'estime médiocre ou sot. Comment savoir ce qu'il pense ? Comment savoir s'il m'aime comme je l'aime ? Et ce qui s'agite dans cette petite tête ronde ? Quel mystère que la pensée inconnue d'un être, la pensée cachée et libre, que nous ne pouvons ni connaître, ni conduire, ni dominer, ni vaincre !

   Et moi, j'ai beau vouloir me donner tout entier, ouvrir toutes les portes de mon âme, je ne parviens point à me livrer. Je garde au fond, tout au fond, ce lieu secret du Moi où personne ne pénètre. Personne ne peut le découvrir, y entrer, parce que personne ne me ressemble, parce que personne ne comprend personne.

   Me comprends-tu, au moins en ce moment, toi ? Non, tu me juges fou ! tu m'examines, tu te gardes de moi ! Tu te demandes : « Qu'est-ce qu'il a, ce soir ? » Mais si tu parviens à saisir un jour, à bien deviner mon horrible et subtile souffrance, viens-t-en me dire seulement : Je t'ai compris ! et tu me rendras heureux, une seconde, peut-être.

   Ce sont les femmes qui me font encore le mieux apercevoir ma solitude.

   Misère ! misère ! Comme  j'ai souffert par elles, parce qu'elles m'ont donné souvent, plus souvent que les hommes, l'illusion de n'être pas seul !

   Quand on entre dans l'Amour, il semble qu'on s'élargit. Une félicité surhumaine vous envahit ! Sais-tu pourquoi ? Sais-tu d'où vient cette sensation d'immense bonheur ? C'est uniquement parce qu'on s'imagine n'être plus seul. L'isolement, l'abandon de l'être humain paraît cesser. Quelle erreur !

   Plus tourmentée encore que nous par cet éternel besoin d'amour qui ronge notre cœur solitaire, la femme est le grand mensonge du Rêve.

   Tu connais ces heures délicieuses passées face à face avec cet être à longs cheveux, aux traits charmeurs et dont le regard nous affole. Quel délire égare notre esprit ! Quelle illusion nous emporte !

   Elle et moi, nous n'allons plus faire qu'un, tout à l'heure, semble-t-il ? Mais ce tout à l'heure n'arrive jamais, et, après des semaines d'attente, d'espérance et de joie trompeuse, je me retrouve tout à coup, un jour, plus seul que je ne l'avais encore été.

 Après chaque baiser, après chaque étreinte, l'isolement s'agrandit. Et comme il est navrant, épouvantable !

   Un poète, M Sully Prudhomme, n'a-t-il pas écrit,

 Les caresses ne sont que d'inquiets transports

          Infructueux essais du pauvre amour qui tente

          L'impossible union des âmes par le corps...

  Et puis, adieu, C'est fini. C'est à peine si on reconnaît cette femme qui a été tout pour nous pendant un moment de la vie, et dont nous n'avons jamais connu la pensée intime et banale sans doute !

  Aux heures mêmes où il semblait que, dans un accord mystérieux des êtres, dans un complet emmêlement des désirs et de toutes les aspirations, on était descendu jusqu'au profond de son âme, un mot, un seul mot, parfois, nous révélait notre erreur, nous montrait, comme un éclair dans la nuit, le trou noir entre nous.

   Et pourtant, ce qu'il y a encore de meilleur au monde, c'est de passer un soir auprès d'une femme qu'on aime, sans parler, heureux presque complètement par la seule sensation de sa présence. Ne demandons pas plus, car jamais deux êtres ne se mêlent.

   Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec  personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit : « oui », quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.

  Me comprends-tu ?

  Nous avions remonté la longue avenue jusqu'à l'arc de triomphe de l'Etoile, puis nous étions redescendus jusqu'à la place de la Concorde, car il avait énoncé tout cela lentement, en ajoutant encore beaucoup d'autres choses dont je ne me souviens plus.

  Il s'arrêta et, brusquement, tendant le bras vers le haut obélisque de granit, debout sur le pavé de Paris et qui perdait, au milieu des étoiles, son long profil égyptien, monument exilé, portant au flanc l'histoire de son pays écrite en signes étranges, mon ami s'écria :

  « Tiens, nous sommes tous comme cette pierre. »

   Puis il me quitta sans ajouter un mot.

  Etait-il gris ? Etait-il fou ? Etait-il sage ? Je ne le sais pas encore. Parfois il me semble qu'il avait raison, parfois il me semble qu'il avait perdu l'esprit".

                                                                                                  Texte publié le 31.3.1884 

 

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16 Réponses à “Solitude”

  1. Maud dit :

    Magnifique, à se demander même si parler de la solitude n’est pas ce qui atténue le plus, l’espace d’un instant, ce sentiment parfois abyssal. Cela me fait me rappeler une phrase de Cioran que tu connais certainement : « Communication avec un absent, la lettre est un événement majeur de la solitude ».

    Maud

  2. Wargrinder dit :

    Magnifique texte ! J’ai rarement lu quelque chose d’aussi beau et triste à la fois. Merci beaucoup. Je me retrouve par rapport à tous ces questionnements.

  3. Cloé dit :

    Vous avez mentionné ce texte aujourd’hui en classe, curieuse je suis venue le lire sans vraiment savoir à quoi m’ attendre. Et en effet je ne m’ attendais pas à cela.
    Magnifique texte.

  4. yas dit :

    bonjour! je vous remercie! je travail sur mon memoir de maitrise!c,est l,etude du theme de la solitude dans l,etranger de Camus et la Nausee de Sartre! j,etais tres emue en lisqnt ce texte

  5. philarmor dit :

    Bonjour
    j’ai assisté samedi dernier à une conférence de Raphaël Enthoven sur « l’étrangeté dans l’oeuvre de sartre et Camus ». Je pense que celà peut intéresser Yas, l’intégralité de cette conférence peut être visionné sur ce lien : http://lalibertedelesprit.free.fr/spip.php?page=passes
    très cordialement

  6. Simone MANON dit :

    Merci pour l’information. Bien à vous.

  7. charline dit :

    Comment se nomme ce texte ?

  8. Simone MANON dit :

    Comme le titre de l’article l’indique: solitude.

  9. EP dit :

    très beau texte. Maupassant a peut-être Pascal en tête. La solitude, c’est la misère de l’homme, celle qu’il fuit dans le divertissement.

  10. Léo dit :

    N’est ce pas plutôt :
     » Parfois il me semble qu’il avait raison ; parfois il me semble qu’il avait perdu l’esprit.  »
    Ce qui clôturerait logiquement ce fabuleux texte.

  11. Simone MANON dit :

    Vous avez raison. Merci de me permettre de supprimer cette coquille.

  12. G.L dit :

    La solitude soulèvent des questions complexes, terrifiantes. Ma favorite est celle qui conduit à la recherche de Dieu, jusqu’à ce lieu profond, silencieux, dans lequel tout s’effondre, tout plonge et soudainement rejaillit sous une nouvelle forme; lieu du calme contre la lutte, de l’homme pour ou contre son absolu, son Dieu, son rien, son désir.

    D’où vient l’angoisse ? Elle a pour conséquence l’absence de l’autre. Il est ailleurs et peut être que je ne le reverrais plus. C’en est fini, l’espace et le temps nous éloigne. Je demeure nulle part, la mort est mon seul terme, le sien aussi. Mais si je ne pense plus, ou si je rigole de ma pensée, si je me rappelle les fourberies de mon imagination et que je me fie à ces instants inattendus où je ne raisonne plus, je me rappelle que la vérité est quelque chose au fond de moi, un espoir, une chose sentie, irrationnelle, hors de ma pensée, pour laquelle celle-ci n’est pas habilitée à débattre. C’est l’autre loin de moi qui la porte dans son regard, qui me la donne, il est seul à savoir qui je suis et ce que je veux. J’ai confiance car je doute.

    La solitude n’est peut-être qu’une illusion, la crainte que certains désirs qui nous tiennent à cœur ne soient pas exaucés. Finalement les rapports humains se réduisent à très peu de chose : aimer, être là. Nous avons tout. La pensée est une chute perpétuel par laquelle l’homme se relève, un gouffre dans lequel il découvre l’humilité.

    Tout le reste n’est que blabla. Avez-vous remarquez que les hommes ne sont jamais si proches les uns des autres que lorsqu’ils sont dans le vital. Un conflit vital crée des liens très forts.

    Levons nous mes amis, mangeons notre pain, bêchons la terre! Dans le délassement, quand la chair se repose, hors de la pensée, dans la question, écoutez ! Tandis que l’inculte regarde son chien et rit avec lui, le désespoir raisonne!

  13. Simone MANON dit :

    Votre propos me séduit dans ce qu’il a de pascalien. Il fait écho au dernier article que j’ai mis en ligne: désir et souverain bien chez Pascal.
    Bien à vous.

  14. WLQ dit :

    Bonjour! Je pense bien que l’illustration de votre article (si tenté qu’on puisse parler d’illustration, tant ce terme semble déprécier un peu la qualité de ce tableau) est de Hopper, mais j’aurais souhaité vous demander le nom de ce tableau. S’agit-il aussi de « solitude » ?

  15. Simone MANON dit :

    Pour connaître le nom de l’oeuvre, il faut positionner la souris sur l’image.
    Cette peinture s’intitule hôtel près d’une voie ferrée. Elle a été peinte en 1952 par Hopper et, comme l’ensemble de son oeuvre d’ailleurs, elle me semble donner la mesure de la solitude abyssale dans laquelle sont enfermés les personnages.

  16. WLQ dit :

    Oui vous avez parfaitement raison, Hopper représente toujours des êtres qui semblent désolidarisés, et en proie à des méditations douloureuses. Ses tableaux font une part moins triste aux paysages, mais l’homme, lui, est toujours seul. Très bel article en tout cas!

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