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Monet. Londres. Le parlement. Effet de soleil dans le brouillard. 1904 

 

Le terme politique vient du grec: « polis » signifiant la cité.

 

1)      Définition.

 

  Elle est, dans son sens noble, l’activité qui s’occupe de la chose publique, de l’organisation de la cité (ses institutions, son armée, sa police, sa justice, sa diplomatie, ses finances, son économie etc.)

  Avoir le souci de la chose commune devrait être le propre de chaque homme en tant qu’il n’est pas un esclave. Ainsi est-elle, pour les Grecs, une activité libérale à laquelle chaque citoyen doit prendre part, chacun étant tour à tour appelé à commander et à obéir. (Ce qui exclut dans les faits, les enfants, les femmes et les esclaves, condition  permettant à  la cité grecque d’être une communauté d’êtres libres et égaux).

  La politique au sens noble requiert pour s’exercer, de disposer du pouvoir politique. (Pouvoir d’Etat dans toutes les sociétés qui ne sont plus, comme la cité grecque, une démocratie directe et une communauté où les charges publiques sont des obligations devant être assumées à tour de rôle ou par tirage au sort). En ce sens la politique perd de sa noblesse et devient d’une manière connotée péjorativement, l’art de conquérir, d’exercer et de se maintenir au pouvoir.

 

 

2)      Problématisation.

 

La politique est-elle une science ou un art ?

Comment penser les rapports de la politique et de la morale ?

 

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19 Réponses à “Présentation du chapitre XVIII: la politique.”

  1. Baudouin dit :

    je voudrais savoir pourquoi aucun cours sur la politique en classe de Terminale ne fait état de la définition de la politique selon Hannah Arendt dans son ouvrage de 50-55 Qu’est ce que la politique? En effet si la politique représente « les affaires de la cité » comme le dit la définition usuelle, elle est tout donc elle ne représente plus rien.. La pensée de Arendt propose l’assimilation de la politique à un état de commencement (l’homme politique est au commencement de quelque chose) mais aussi d’expression de sa singularité sur la voie publique. Quoi qu’il en soit cette re-définition limite ainsi les champs d’exercice de la politique et redonne ainsi un sens à ce terme en faisant de sa déf. usuelle une déf. désormais obsolète…

  2. Simone MANON dit :

    Il y a probablement des professeurs de philosophie qui présentent la pensée politique de H. Arendt. S’ils ne sont pas nombreux, c’est sans doute parce que la pensée de Arendt revendique une rupture radicale avec les analyses traditionnelles de la philosophie politique accusées de penser la politique selon des principes et des fins extérieurs au champ politique.
    Sa conception est intéressante mais trop singulière pour être approfondie en classe terminale où il ne s’agit que d’une initiation à la philosophie. Il faut commencer par le commencement, car comment est-il possible de comprendre une critique de la tradition intellectuelle si l’on ignore en quoi consiste cette tradition?
    Par ailleurs il ne suffit pas qu’un auteur propose une nouvelle définition de quoi que ce soit pour que la définition traditionnelle devienne obsolète.

  3. carole dit :

    Bonjour ,
    je voudrais connaitre les oppositions qu’il y’a entre la philosophie et la politique. MERCI

  4. Simone MANON dit :

    Répondre à votre question exigerait des développements qu’il n’est pas question de faire ici et je suppose que votre professeur attend de vous un effort personnel.
    Vous devez partir des définitions et établir les distinctions. Vous avez des cours sur ce blog propres à vous éclairer.
    Par exemple, la théorie ne doit-elle pas être distinguée de la pratique?
    Quel est le champ de la philosophie? Est-ce le même que celui de la politique? etc.

  5. nihi dit :

    Bonjour,
    j’aimerais savoir en quoi l’action politique vise l’efficacité…? Merci

  6. Simone MANON dit :

    Est efficace, l’action couronnée de succès. Si l’objectif politique est la conquête et l’exercice du pouvoir, la réussite est de parvenir à investir le pouvoir d’Etat et à s’y maintenir durablement et il va de soi que si l’acteur politique échoue dans cette entreprise, il aura manqué son but.
    Mais on aspire à conquérir et à exercer le pouvoir pour réaliser certaines fins: la sécurité, la prospérité collective, l’incarnation d’une certaine idée de la justice. Là encore, l’objectif est de réussir, de vaincre les résistances que le réel oppose à la volonté des hommes (sous la forme des volontés hostiles, des revirements de la fortune ou des contraintes diverses et variées )
    Machiavel soutient que la réussite est le seul critère d’appréciation de l’action politique. Je développe sa thèse dans le cours sur morale et politique. Veuillez vous y reporter.

  7. nihi dit :

    Merci beaucoup pour votre réponse…. j’ai lu votre cours sur la moral et la politique, qui au passage est très clair, et je me suis demandée si la politique pouvez avoir comme visée la morale car l’efficacité selon moi ne peut pas etre la seule visée de l’action politique…. en fait quelle sont les autres visée d’une action polique? et pensez vous qu’il faille séparer l’efficacité d’une action politique quand celle ci est faite dans le but d’etablir un équilibre entre l’Etat et les citoyens et celle faite dans le but d’exercer son pouvoir sur les citoyens? car je comprend qu’une action politique doit etre efficace mais je n’arrive pas a comprendre pourquoi elle ne devrait pas l’etre…?

  8. Simone MANON dit :

    Votre propos me semble confus.
    Je ne sais pas ce que c’est que « la morale ».
    J’ai expliqué dans le cours précédent qu’il ne faut pas confondre la morale et la politique même s’il est possible de les articuler de telle ou telle manière. J’ai aussi précisé dans ma réponse les diverses fins du politique: la liberté, la sécurité, la prospérité, la justice.
    Vos deux dernières phrases sont pour moi inintelligibles. Je ne peux donc pas vous répondre.
    Bien à vous.

  9. ouassila dit :

    Excusez-moi pour le message précédant (« Bonjour »). J’ai eu un léger problème technique.

    J’ai une dissertation à faire et je dois vous avouer être un peu perdue. Le sujet est « l’homme a-t-il besoin d’un maître? » Je ne sais comment l’aborder, s’il faut se limiter à une conception politique du maître, vers quelles lectures dois-je m’orienter… Aussi, est-il possible que vous m’aiguilliez en m’indiquant plusieurs axes de réflexion afin que je puisse problématiser le sujet.

    Cordialement.

  10. Simone MANON dit :

    Je n’interviens pas Ouassila dans le travail des élèves.
    Il faut lire le petit texte de Kant: Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. Vous disposez de quelques commentaires de ce texte sur ce blog.
    Voyez aussi http://www.philolog.fr/peut-on-forcer-quelquun-a-etre-libre/ pour ouvrir le champ de la réflexion.
    Bon travail.

  11. ouassila dit :

    Merci pour votre réponse.

    Je comprends tout à fait votre réticence (le mot est peu être trop fort), d’autant plus que mon message laisse entendre que je n’ai pas encore vraiment réfléchi au sujet. Mais ce n’est pas le cas : j’ai un plan, même s’il me paraît un peu bancal. Est-il possible alors que vous m’indiquiez comment affiner mon raisonnement ?

    Par ailleurs, je tenais à dissiper un malentendu : mon travail ne s’inscrit pas dans un projet scolaire. J’ai récemment adhéré à un groupe de discussion philosophique. Nous nous réunissons une fois par semaine, l’un d’entre nous disserte sur un sujet, puis nous débattons. C’est d’ailleurs une amie, membre de ce groupe, qui m’a conseillé votre site.

    Pour en revenir au plan :
    I. Le besoin étant une condition d’existence de l’homme, un moyen pour réaliser ses propres fins, l’homme n’a pas besoin de maître dans le sens où il réalise lui même ses propres fins.
    II. Cette réalisation a des limites que seul un maître peut dépasser.
    III. Nous avons pour habitude de ne pas faire de troisième partie, ou plutôt, celui qui présente son raisonnement se contente d’un plan binaire. Nous construisons la partie de synthèse ensemble.

    Cordialement.

  12. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Dans la mesure où vous n’êtes pas un élève qui sera noté par un professeur, je n’ai pas à avoir les mêmes scrupules.
    Votre plan ne me paraît pas pertinent à plus d’un titre.
    D’abord d’un point de vue formel, il n’est pas possible d’engager une discussion philosophique sans procéder à une analyse rigoureuse des concepts en jeu dans l’énoncé.
    Ex: Qu’est-ce qu’un maître? Un despote c’est-à-dire un tyran privant celui qu’il domine de sa liberté ou un guide permettant à la liberté de ses disciples de prendre possession d’elle-même et d’être effective?
    Ex: Qu’entend-on par besoin? Le mot connote l’idée de nécessité vitale, d’une tendance demandant à être impérativement satisfaite. > si l’homme a besoin d’un maître, qu’est-ce que cela signifie quant à sa nature? La nécessaire hétéronomie est-elle une étape du développement humain ou caractérise-t-elle l’humaine nature? etc.

    Du point de vue du fond, votre première partie n’a pas de pertinence, d’une part parce qu’on ne peut dire du besoin qu’il est à la fois une condition d’existence et un moyen (confusion notionnelle), d’autre part parce qu’il est faux de dire que l’homme n’a pas besoin des autres pour réaliser ses propres fins. (Pensez à votre petit déjeuner, à la sécurité dont vous jouissez. Ne les devez-vous qu’à vous-même?)
    Votre affirmation en II contredit l’affirmation I. Ayez bien présent à l’esprit que la contradiction est le suicide de la pensée.

    Un conseil: il faut formuler les problèmes impliqués dans cet énoncé avec rigueur. C’est la condition pour pouvoir affronter la question de manière pertinente.
    Pour vous aider voyez: http://www.philolog.fr/lobeissance-est-elle-necessairement-exclusive-de-la-liberte/
    Bien à vous.

  13. ouassila dit :

    Merci de vos conseils. Je dois avouer que je manque de connaissance, et de méthodologie. Votre site m’est alors d’une aide précieuse. Je l’ai découvert il y a 2 jours, et depuis je consacre tout mon temps à la lecture de vos articles. Aussi, je tiens vous à remercier de nous faire partager vos connaissances.

    Si j’ai bien saisi vos explications, le sujet nous invite à nous demander si cette nécessaire hétéronomie est relative ou absolue, dans le sens où soit le besoin d’un maître est un moment de l’existence de l’homme dans sa conquête de la liberté, soit l’homme est par nature un être dépendant.

  14. Simone MANON dit :

    Oui, c’est en gros la problématique.
    PS: Parlez seulement d’hétéronomie car si vous dîtes « nécessaire hétérénomie », il va de soi qu’elle est absolue.
    Lisez absolument la sixième et la septième proposition de Idée d’une histoire universelle de Kant. Un point essentiel de votre question y est traité.
    Bon travail

  15. ouassila dit :

    Encore merci pour tous vos conseils. C’est un vrai plaisir de vous lire, et surtout de voir qu’il y a encore dans ce monde des personnes qui partagent sans rien attendre en retour.

    Après m’être imprégnée de certains de vos articles, je me suis lancée dans la lecture de Kant. Grâce à vos cours, j’ai pu mieux saisir la pensée kantienne (même si j’ai du commettre plusieurs erreurs d’interprétations).

    J’ai néanmoins une dernière chose à vous demander : lorsqu’on s’interroge sur l’hétéronomie comme relative ou absolue, n’exclut-on pas le fait que l’homme peut s’autodéterminer rationnellement et en ce sens être autonome (cette autonomie trouvant ses limites dans les contraintes du réel) ?

    Merci encore pour tout, Cordialement.

  16. Simone MANON dit :

    L’autonomie intellectuelle et morale est une conquête, non une donnée. Elle est l’enjeu de l’effort philosophique mais il va de soi qu’elle est hors de portée de nombreuses personnes.
    Pour l’enfant qui n’a pas encore développé ses capacités mentales, qui n’a pas de maturité morale, elle n’a pas de sens. L’enfant est nécessairement hétéronome.
    Pour tous ceux qui n’exercent pas leur esprit critique, qui confondent opiner et penser, idem. L’exercice philosophique est difficile, il demande une formation très exigeante, il requiert du temps, il suppose d’authentiques intérêts spirituels or toutes ces conditions ne sont pas réunies dans la plupart des vies humaines. Par exemple ce que Socrate appelle « prendre soin de son âme » ne signifie rien pour de nombreuses personnes. Il s’ensuit que leur existence se déploie sous le signe de l’hétéronomie. La cité est donc constituée en grande partie d’individus inaptes à conduire leur vie sous la seule autorité de la raison et nécessite pour être viable des institutions politiques et juridiques soumettant les membres du corps politique à des lois communes garanties par une force publique. Les nécessités du politique et du juridique définissent un domaine d’hétéronomie.

    Relative signifiant qui dépend de…. vous comprenez qu’en parlant d’hétéronomie relative, on ne dit pas que l’hétéronomie est dans l’absolu le propre de l’humaine nature mais que la minorité intellectuelle et morale de la plupart des hommes la rend fatale. Voyez le cours sur morale et politique et morale et droit.
    Bien à vous.

  17. Pieters Elsa dit :

    Bonjour madame,
    Je profite d’un passage sur votre site pour vous remercier encore d’avoir laissé ouvert ce blog. Je suis actuellement en Khâgne ULM au lycée Champollion et il me paraît bon de revenir sur votre blog avant chaque dissertation pour clarifier des notions et pouvoir ainsi entamer une réflexion philosophique qui se fonde sur des bases solides.
    Le thème du concours cette année est « droit et politique ». Je regrette que la deuxième année de prépas littéraire doive suivre un programme précis car il nous oblige à nous concentrer uniquement sur notre objectif commun à savoir de passer le concours de la rue d’ULM. En ce qui concerne les cours de philosophie, l’année d’hypokhâgne a vraiment été pour moi épanouissante au vue de la diversité des thèmes abordés et je recommanderais cette première année à tous les étudiants de la section littéraire si ils pouvaient y avoir accès.
    Je dois dire que votre cours de terminal m’a permis d’acquérir une culture philosophique solide et ces premiers cours de philosophie ont été pour moi comme un éveil à tout ce qui nous entoure dans nos vies. Même si mes études aujourd’hui ne me prédestinent pas à devenir professeur de philosophie, cette matière ne me quittera plus dans mon quotidien. Je tenais avant tout à vous remercier d’avoir pris le rôle de Socrate et de m’avoir ouverte aux monde des idées. Si pour vous la caverne de Platon a été l’élément d’une prise de conscience de votre amour de la philosophie, pour moi, c’est vos cours qui ont joué ce rôle. Il m’a semblé nécessaire et juste de vous remercier pour cette dernière année de lycée qui a été un vrai  » feu d’artifice ».
    Je vous souhaite de bonnes fêtes
    Une de vos anciennes élève de terminale littéraire au lycée Vaugelas.
    Elsa PIETERS.

  18. Simone MANON dit :

    Bonjour Elsa
    C’est un grand plaisir d’avoir de vos nouvelles et de constater que vous vous épanouissez dans vos études. Je vous remercie de l’hommage que vous me rendez, mais sans fausse modestie, je crois sincèrement que ce qui est déterminant dans une vie, c’est la rencontre avec la philosophie. Un autre professeur, sous réserve qu’il n’ait pas été franchement incompétent, aurait produit le même déclic. Vous étiez mûre pour la réflexion philosophique et ce fut pour moi une chance de vous guider dans cette féconde aventure.
    J’espère que vous continuerez à lire et à approfondir votre pensée. Il n’y a rien de plus redoutable que la somnolence intellectuelle. Elle fait le lit de tant de désordres!
    Je suis heureuse de savoir que mon blog vous est toujours utile. Chaque année sa fréquentation double et j’en suis la première étonnée. Je continue à le fournir au gré de mes lectures et de mes intérêts du moment. Rien que pour le plaisir…
    Je vous souhaite un joyeux Noël. Tous mes voeux de bonheur et de réussite pour la nouvelle année.
    Avec mon bon souvenir.

  19. Mgr Saïd dit :

    Merci de tout coeur Madame pour la clarté de votre don gratuit et dévoué.

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