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Rembrandt. 1606.1669. Le philosophe en méditation. 1632.

 

   Qu’est-ce que la philosophie?

   Je n’ai jamais rien trouvé de mieux pour rendre intelligible le sens de l’aventure philosophique que de méditer le célèbre texte platonicien : l’allégorie de la caverne (Extrait de La République.) Il nous permet de comprendre ce que penser veut dire et pourquoi il est urgent d’initier l’effort de penser.

 

  Pourquoi commencer par là? Parce que dans ma propre expérience, la rencontre avec ce texte a été déterminante. Platon m’a ouvert les yeux sur la profondeur de l’aliénation de l’esprit avant l’éveil philosophique. Mon vœu le plus cher, lorsque patiemment je déchiffre les images en cours, est de permettre à d’autres d’avoir cette révélation.

   Car il s’agit d’affronter les questions suivantes:

  • Qu’est-ce que penser? En quoi penser n’est-ce pas opiner?
  • Qu’est-ce qui distingue la rhétorique philosophique de la rhétorique sophistique?
  • Aristote définit la philosophie comme une activité libérale. Que faut-il entendre par là?
  • Qu’est-ce qui distingue la philosophie de la mythologie?
  • Qu’est-ce qui la distingue de la science au sens moderne?
  • Etymologiquement philosophie signifie amour de la sagesse. Comment s’articule dans l’idée de sagesse la dimension théorique et la dimension pratique de la philosophie?
  • Est-il possible d’accomplir parfaitement le projet philosophique ou bien la conception platonicienne de la dialectique est-elle aporétique et la quête philosophique vouée à un échec existentiel?
  • Qu’est-ce qui fait la valeur de la philosophie?
  • Quels sont ses enjeux? N’est-ce pas fondamentalement la conquête de la liberté?
  • La tradition philosophique occidentale fait de Socrate « le Père de la philosophie ». Qui était Socrate?

 

 

BIBLIOGRAPHIE:

 

IDEE DE PHILOSOPHIE:

 

Platon: Gorgias

Protagoras

La République

Théétète

Descartes : Le discours de la méthode

Méditations métaphysiques

Les Principes de la philosophie.

Kant: Qu’est-ce que les lumières ?

Critique de la Raison pure

Alain: Eléments de philosophie

Châtelet: Une histoire de la raison

Vernant : Mythe et pensée chez les grecs

Merleau-Ponty: Eloge de la philosophie

Hadot : Qu’est-ce que la philosophie antique ?

Hersch: L’étonnement philosophique

Vialatoux : L’intention philosophique

Jaspers: Introduction à la philosophie

Alquié : Signification de la philosophie

De Romilly : Les grands sophistes dans l’Athènes de Périclès

Foucault: Le courage de la vérité

Deleuze. Guattari : Qu’est-ce que la philosophie ?

 

MYTHOLOGIE :

 

Grimal : La mythologie grecque

Hamilton: La mythologie

Détienne : L’invention de la mythologie

Vernant : L’Univers, les Dieux, les Hommes

Lecourt : Prométhée, Faust, Frankenstein

Shelley: Frankenstein

 

 

 

Autour de ce Sujet :

  1. Présentation du chapitre IX: L'art.
  2. Présentation du chapitre XV : L'histoire.
  3. Présentation du chapitre VIII: La technique.
  4. Présentation du chapitre XXI: La liberté.
  5. Présentation du chapitre XVI: la vérité.

118 Réponses à “Présentation du Chapitre I. La philosophie.”

  1. Simone MANON dit :

    Puisse votre enthousiasme ne pas faiblir. Tous mes voeux pour cette année d’initiation à la philosophie.

  2. ALLAIN Bernard dit :

    Madame,
    Merci pour votre cours et pour l’invitation à réfléchir et à dialoguer que vous nous offrez.
    Dans le « discours de la méthode » Descartes nous expose sa méthode pour conduire sa pensée vers la recherche de la vérité. cette méthode est contestable. La raison peut-elle faire abstraction de la tradition? Je découvre différents courants de pensée, ce qui sous-entend différentes méthodes possibles pour conduire une pensée personnelle. Cependant la raison par nature impose des règles à la pensée. Peut-on dire que malgré la diversités des courants de pensée, il existe nécessairement une méthode propre à la philosophie qui n’est pas celle des sciences expérimentales ou autres sciences? Merci pour l’attention que vous accorderez à ma question. Bernard

  3. Simone MANON dit :

    Lorsqu’on affirme quelque chose, il faut le justifier. En quoi la méthode cartésienne pour bien conduire sa raison est-elle contestable?
    C’est un des grands enjeux de la réflexion philosophique de soumettre la tradition à l’examen rationnel et ce n’est pas parce que la tradition occidentale (inaugurée par les prophètes juifs et les philosophes grecs) a ceci de singulier qu’elle est la tradition de la remise en question de la tradition qu’on peut accuser sa démarche d’être l’expression d’un particularisme culturel. Elle est le propre de la raison dans sa dimension universalisable.
    Oui, il y a une méthode philosophique. Elle consiste toujours pour l’esprit à faire retour sur ses contenus de pensée pour en interroger le sens, le fondement et la valeur.

  4. ALLAIN Bernard dit :

    merci de votre réponse.
    Le philosophe est donc un « questionneur- chercheur » perpétuel obéissant aux règles universelles de la raison. L’histoire de la philosophie révèle cependant les différentes théories des philosophes relatives aux rapports de l’homme au monde, à autrui, à Dieu. Ces différences d’approche du sens de l’existence sont-elles liées au contexte de l’époque où se situe chaque philosophe ou est-ce un engagement du sujet pensant avec sa personnalité et sa sensibilité propre qui conduit les philosophes à des points de vue différents. Par exemple, du « Cogito’ infère sa propre existence et l’existence de l’être le plus parfait qui est Dieu. Au contraire, Nietzsche au 20ème siècle construit une philosophie de l’athéisme. Deux philosophes appliquant une méthode philosophique universelle, élaborent des théories contradictoires. La distinction entre méthode, théorie et engagement personnel est-elle pertinente? Merci de me lire. Bernard

  5. Simone MANON dit :

    Chaque philosophie est singulière pour de multiples raisons. Celles que vous indiquez ont leur importance. L’activité de la pensée n’est pas désincarnée. Elle porte la marque d’une époque avec les problèmes qu’on se pose, la langue dans laquelle on s’exprime, les préoccupations dominantes. Elle n’est pas non plus indépendante d’une idiosyncrasie personnelle. Cependant elle n’est philosophique qu’autant qu’elle n’est pas réductible à ces déterminations historiques et personnelles. La pluralité des philosophies tient surtout au fait que l’objet de la réflexion philosophique est le problématique. Les questions qu’elle affronte ne peuvent pas recevoir de réponses univoques. Leur élucidation met en jeu des présupposés, des choix moraux, des partis-pris métaphysiques de telle sorte que toutes les philosophies, dans la perspective qui est la leur ont leur cohérence et leur validité. Voilà pourquoi, il n’y a guère de sens, à mes yeux de parler de théories contradictoires.

  6. ALLAIN Bernard dit :

    Madame,
    Merci pour votre réponse qui m’éclaire. Des points de vue sont différents. Après avoir adopté un point de vue réfléchi, soumis à la critique de sa raison, chaque philosophe peut rendre compte de sa pensée de façon cohérente, raisonnée ce qui l’oblige à une confrontation à d’autres conclusions qui sont aussi argumentées selon les lois de la raison. N’est-ce pas un moyen de progresser, d’enrichir sa pensée et de devenir libre et tolérant? C’est un chemin qui passe par l’écoute de l’autre et le dialogue pour se faire un jugement personnel, trouver sa vérité? Je cherche toujours à comprendre. Merci encore de guider ma pensée.
    Bernard

  7. Simone MANON dit :

    Ce qu’il y a de passionnant dans l’exercice de la pensée philosophique est en effet de nous mettre en situation de nous excentrer par rapport à la particularité de notre être empirique et de nous inscrire dans la République des esprits où chacun peut faire l’expérience de l’existence d’un bien commun qu’on l’appelle la vérité (sur le plan théorique) ou la justice (sur le plan pratique).
    Qu’il y ait là une possibilité infinie de progrès, nul doute. Mais aussi de paix pour une pluralité humaine qui, en-deçà de l’ouverture aux exigences de la raison, se condamne à la clôture des passions partisanes et à la violence.

  8. ALLAIN Bernard dit :

    J’apprécie votre pensée et la façon dont vous l’exprimez. je travaille sur la question : la philosophie requiert-elle une méthode? J’ai envie de dire que la philosophie est une méthode par définition, puisque la définition de « méthode » c’est d’après le larousse: marche rationnelle de l’esprit pour arriver à la connaissance ou à la démonstration de la vérité. Plus qu’une méthode c’est d’une attitude ou disposition de l’esprit qui nous permet de nous « excentrer par rapport à la particularité du moi. je médite sur l’expérience de Descartes qui du doute radical est arrivé à la certitude, l’évidence: je doute, je pense, j’existe. La méthode de Kant est-elle très diff »érente de celle de Descartes? C’est toujours le sujet qui doute et qui s’interroge sur la possibilité de la connaissance. C’est toujours une prise de distance pour mieux appréhender la vérité. Descartes, comme Kant ont une pensée critique, un à priori de doute et un souci de vérification. merci de me lire. Bernard.

  9. Simone MANON dit :

    Votre sujet est un sujet difficile requérant des définitions opératoires de ce qu’il faut entendre par philosophie.
    La démarche critique est consubstantielle à la philosophie mais le criticisme kantien est une chose, le doute cartésien une autre. Il faut élaborer la problématique en prenant une définition précise de la notion de méthode (Cf. Lalande: « on appelle méthode un programme réglant d’avance une suite d’opérations à accomplir et signalant certains errements à éviter, en vue d’atteindre un résultat déterminé »).
    Toute dissertation impliquant un mouvement dialectique, il faut vous poser la question: si la démarche philosophique ne peut se réduire à l’usage d’une méthode, que requiert-t-elle?
    Bon courage.

  10. ALLAIN Bernard dit :

    Merci pour vos lumières.
    Le mot « Philosophie a en effet plusieurs sens: pour les grecs, c’était la quête de la sagesse, la recherche permanente d’un art de vivre, mais aussi un questionnement permanent pour progresser dans la connaissance de la vérité sur soi, sur l’autre, sur le monde. Chercher un sens à la vie et apprendre à bien vivre selon les lois de la nature.
    Dans l’occident chrétien, les catégories de la philosophie grecque ont été réutilisée dans un sens nouveau, une orientation nouvelle pour exprimer le mystère chrétien, la philosophie était au service de la Théologie avec Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin. La métaphysique occupait une place importante. La philosophie conduisait naturellement à la vraie sagesse qui était donnée par l’engagement de la foi en Dieu Trinité.
    Après Descartes et Kant, la philosophie a pris son autonomie par rapport à la théologie. Il me semble que l’homme seul est devenu le sujet et l’objet de la réflexion philosophique. L’homme doué de raison, doit construire seul sa connaissance de lui même, de l’autre, du monde, par un questionnement permanent, une remise en question des opinions reçues, un esprit de critique. Cela s’est traduit par la construction intellectuelle de grands systèmes de pensée, peut-être des idéologies. La philosophie est devenue révolutionnaire, engagée politiquement pour une transformation de la société avec Marx, en particulier. Il me faut encore découvrir la phénoménologie qui a été un renouveau de la pensée philosophique. Difficile pour moi de formuler des définitions claires de la Philosophie sinon dire qu’elle est quête de sagesse, recherche de la vérité par une pensée rationnelle et critique, l’apprentissage d’une pensée logique et rationnelle pour arriver à des affirmations universellement admises, et aussi art de vivre avec les autres et avec soi-même. vaste programme qui dépasse de beaucoup l’application d’une recette toute faite, prête à l’emploi. Je n’en suis qu’au début de ma réflexion. Vais-je m’en sortir?
    merci encore. Bernard

  11. Simone MANON dit :

    Mais bien sûr! Il suffit de persévérer dans l’effort. Les lumières sont la récompense du travail et de la curiosité.
    Tous mes voeux de réussite de votre projet.

  12. Xavier dit :

    Bonjour,
    Je souhaitais juste vous remercier pour cette immense source de contenus pédagogiques qui rend abordable et compréhensibles certains aspects et principes philosophiques.
    Je m’y intéresse depuis peu, je ne saurais dire pour quelle raison mais l’important est de s’y intéresser non ? :)
    J’ai lu presque par hasard « l’apologie de Socrate ». Je l’ai lu et relu avant de passer à Criton, tout aussi fluide (merci la dialectique) et enrichissant. Très vite j’ai cherché à comprendre le contexte dans lequel évoluaient Socrate et Platon, ce qui m’a poussé à me plonger dans la Grèce Antique. Il est particulièrement difficile de tout retenir tellement les successions d’évènements et de personnages sont importantes mais cela a eu le mérite de m’apporter une vue macroscopique des ces siècles. J’en ai également profité pour lire le dernier livre de Jacqueline de Romilly « De la grandeur de l’homme » qui effectue entre autres un superbe parallèle entre cette époque et la notre.
    Puis je suis tombé sur votre formidable blog, sur lequel je reviens souvent pour lire et relire vos billets, vos explications, etc.
    J’ai bien conscience de n’être qu’au début d’un début de connaissance et je ne doute pas que toutes les informations que vous mettez aussi clairement à disposition me seront d’une très grande utilité.
    Donc merci encore et les très sincères voeux pour 2011.

  13. Simone MANON dit :

    Merveilleuse curiosité humaine unissant les hommes dans l’amour de biens s’augmentant de se partager! Soif inapaisable conférant à la vie son éternelle jeunesse.
    Que 2011 consacre pour vous cette inestimable chance. Sans savoir comment, ni pourquoi, vous avez percé le secret de la vie libre et heureuse.
    Merci de m’associer à votre plaisir d’apprendre.

  14. Jacxorne Arné dit :

    En lisant vos réflexions sur la définition de la philosophie, je rencontre mes propres opinions sur l’origine du terme philosopher: il consiste, en effet, en une libération de l’être ou de l’individu qui décide de percer les mystères de l’inconnu ou qui refuse d’accepter les réalités devenues fades et sans inspiration. L’allégorie de la caverne de Platon nous permet de découvrir le philosophe et de comprendre ses démarches: il se démarque tout simplement des réalités quotidiennes à la recherche de la vérité au risque de se faire accuser par ses semblables.

  15. Simone MANON dit :

    La philosophie ne fait pas bon ménage avec les opinions. Celles qui portent sur sa nature ne font pas exception à la règle!

  16. walden dit :

    Madame bonjour,
    Je vous remercie pour votre très intéressant blog.
    Vous avez indiqué, ci-dessus, l’étymologie de la philosophie, c’est-à-dire « amour de la sagesse ». Pourriez vous, s’il vous plaît, nous éclairer sur ce que vous entendez par « amour » et par « sagesse »?

  17. Simone MANON dit :

    Bonsoir
    Le philosophe est l’amoureux de la sagesse, dit-on traditionnellement. L’explicitation du sens de cette formule demanderait de longs développements que je ne vais pas faire ici. Il y a de nombreux cours sur ce blog centrés sur cette idée.
    Désirer, selon l’analyse platonicienne, c’est aspirer à posséder ce que l’on n’a pas. Le désir ou l’amour est le signe d’un manque. Il s’ensuit que le philosophe n’est pas un sage. Il tend vers une perfection qui lui fait défaut. En ce sens il est indigent mais à la différence des autres hommes, il en a conscience et s’efforce donc de conquérir le bien dont il sait être privé.
    La sagesse, c’est d’abord la science, la connaissance théorique. La recherche de la vérité est une fin en soi pour le philosophe. Ce qui définit la dimension contemplative de la philosophie.
    Mais si l’homme est né pour connaître, en tant qu’il a un intellect, il a aussi à agir, à bien se conduire. En ce sens, la sagesse est un art de vivre en conformité avec la vérité et les exigences supérieures de l’esprit (une éthique ). Les Grecs la définissaient comme la méthode de la vie bonne et heureuse.
    Cette méthode implique la science (par exemple, Socrate enseignait que « la vertu est science, la méchanceté est ignorance), c’est pourquoi la dimension théorique et la dimension pratique sont inséparables dans l’idéal philosophique.
    En espérant avoir clarifié les choses.
    Bien à vous.

  18. [...] Qui plus est, elle n’a pas que couché l’itinéraire de son cours sur le Web, elle s’engage dans la conversation, comme en fait foi le billet où elle présente le chapitre I*. [...]

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