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 « Tous les hommes louent le passé et blâment le présent, et souvent sans raison. Ils sont tellement férus de ce qui a existé autrefois, que non seulement ils vantent le temps qu'ils ne connaissent  que par les écrivains du passé, mais, que, devenus vieux, on les entend prôner encore ce qu’ils se souviennent d'avoir vu dans leur jeunesse. Leur opinion est le plus souvent erronée, et pour diverses raisons.

   La première, c'est qu'on ne connaît jamais la vérité tout entière sur le passé. On cache le plus souvent les événements qui déshonoreraient un siècle; et quant à ceux qui sont faits  pour l'honorer, on les amplifie, on les raconte en termes pompeux et emphatiques. La plupart des écrivains se laissent si bien subjuguer par le succès des vainqueurs, que, pour rendre leurs triomphes plus éclatants, non seulement ils exagèrent leurs succès mais la résistance même des ennemis vaincus ; en sorte que les descendants des uns et des autres ne peuvent s’empêcher de s’émerveiller devant de tels hommes, de les louer et de les aimer.

   La seconde raison, c’est que les hommes ne haïssent que par crainte ou par envie, deux mobiles qui meurent avec les événements passés, lesquels ne peuvent inspirer ni l’une ni l’autre. Mais il n’en est pas ainsi des événements où nous sommes nous-mêmes acteurs, ou qui se passent sous nos yeux : la connaissance que nous en avons est entière; rien ne nous en est dérobé. Ce que nous y apercevons de bien est tellement mêlé de choses qui nous déplaisent, que nous sommes portés à le juger plus sévèrement que le passé, quoique souvent le présent mérite réellement plus de louanges et d’admiration. Je ne parle point des œuvres de l’art dont l’éclat est tel que le temps ne peut guère rien ôter ni ajouter à leur gloire, mais seulement de la vie et des mœurs des hommes qui ne laissent point des témoignages aussi illustres.

   Je répéterai donc que rien n’est plus général que l’habitude de louer le passé et de dénigrer le présent. Mais il n’est pas vrai que cette habitude trompe toujours. En effet, il faut bien quelquefois que nos jugements s’accordent avec la vérité, puisque, selon la loi des choses humaines, tantôt elles progressent et tantôt elles déclinent. On voit, par exemple, une ville, un État, recevoir une Constitution des mains d’un législateur, dont la virtù leur fait faire pendant quelque temps des progrès vers la perfection : quiconque vit alors dans cet État et donne plus d’éloges au temps passé qu’au présent, se trompe certainement; et la raison de son erreur se trouve dans les causes que nous avons indiquées. Mais s’il vit dans cette même république ou dans ce même État à l’époque où celui-ci décline, alors il ne se trompe plus.

   En réfléchissant sur la marche des choses humaines, j’estime que le monde demeure dans le même état où il a été de tout temps; qu’il y a toujours la même somme de bien, la même somme de mal; mais que ce mal et ce bien ne font que parcourir les divers lieux, les diverses contrées. D’après ce que nous connaissons des anciens empires, on les a tous vus déchoir les uns après les autres à mesure que s’altéraient leurs mœurs. Mais le monde était toujours le même. Il ne différait qu’en ceci : à savoir que la virtù qui avait commencé à fleurir en Assyrie émigra ensuite en Médie, et de là en Perse puis s’en vint loger en Italie, dans Rome; et si nul empire n'a succédé à celui de Rome pour conserver la somme de tant de biens, du moins l’a-t-on vue se partager entre celles des nations qui vivaient selon la bonne virtù. Tel fut l’empire des Francs, celui des Turcs, celui du Soudan d’Égypte, aujourd’hui les peuples d'Allemagne; et avant eux, ces fameux Arabes qui firent de si grandes choses, et conquirent le monde entier après avoir détruit l’Empire romain en Orient. Les peuples de ces différents pays, qui ont remplacé les Romains après les avoir détruits, ont possédé ou possèdent encore les qualités que l’on regrette et qu’on peut louer de juste louange. Ceux qui, nés dans ce pays louent le passé plus que le présent, peuvent bien être dans l’erreur. Mais quiconque est né en Italie et en Grèce, et qui n’est pas devenu ou ultramontain en Italie, ou Turc en Grèce, celui-là a raison de blâmer le temps présent et de louer le temps passé. Les siècles passés leur offrent des sujets d’admiration, et celui où ils vivent ne leur présente rien qui les dédommage de leur extrême misère, et de l’infamie d’un siècle où ils ne voient ni religion, ni lois, ni discipline militaire, et où règnent des vices de toute espèce; et ces vices sont d’autant plus exécrables qu’ils se montrent chez ceux qui siègent pro tribunali, qui commandent à tous, et qui veulent être adorés.

   Mais pour revenir à notre sujet, les hommes se trompent quand ils décident lequel vaut le mieux du présent ou du passé, attendu qu’ils n’ont pas une connaissance  aussi parfaite de l’un que de l’autre; le jugement que portent des vieillards sur ce qu’ils ont vu dans leur jeunesse, et qu’ils ont bien observé, bien connu, semblerait  n’être pas également sujet à erreur. Cette remarque serait juste si les hommes à toutes les époques de leur vie, conservaient la même force de jugement et les mêmes appétits ; mais ils changent ; et quoique les temps ne changent pas réellement, ils ne peuvent paraître les mêmes à des hommes qui ont d’autres appétits, d’autres plaisirs et une autre manière de voir. Nous perdons beaucoup de nos forces physiques en vieillissant ; et nous gagnons en jugement et en prudence ; ce qui nous paraissait supportable ou bon dans notre jeunesse, nous paraît mauvais et insupportable : nous devrions n’accuser de ce changement que notre jugement; nous en accusons les temps. D’ailleurs les désirs de l’homme sont insatiables : il est dans sa nature de vouloir et de pouvoir tout désirer, il n’est pas à sa portée de tout acquérir. Il en résulte pour lui un mécontentement habituel et le dégoût de ce qu’il possède; c’est ce qui lui fait blâmer le présent, louer le passé, désirer l’avenir, et  tout cela sans aucun motif raisonnable ».

    Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live, II, Avant-propos, trad. E. Barincou, la Pléiade, p. 509 à 512.

 

EXPLICATION.

 

     Ce n’est pas un moindre paradoxe, de la part d’un auteur proposant l’imitation de  la virtù des Anciens aux acteurs politiques de son époque, d’épingler la tendance si prégnante chez les hommes de louer le passé et de dénigrer le présent. Tendance repérable toujours et partout. « Tous les hommes louent le passé et blâment le présent, et souvent sans raison » écrit-il. Dès lors est-il légitime de le croire indemne de cette erreur ? Machiavel anticipe le soupçon que ses lecteurs sont en droit de nourrir à son égard : « J’ignore si je ne mériterai  pas d’être mis au nombre  de ceux qui se trompent, en élevant si haut dans ces discours les temps des anciens Romains, et en censurant ceux où nous vivons » (la Pléiade, p. 512).

   Qu’il éprouve le besoin de se justifier ne doit donc pas nous étonner car si son discours n’est que le symptôme de la propension si récurrente de la nature humaine à célébrer le passé et à condamner le présent, il ne fait qu’apporter une pièce de plus au dossier des illusions humaines. Or, il s’en faut de beaucoup que Machiavel se croit coupable des fautes qu’il reproche aux autres. Pour sa défense il doit donc dissiper les équivoques et faire comprendre que la lucidité d’un homme aux prises, dans son action et ses intérêts, avec les difficultés de son temps n’a rien à voir avec le rapport imaginaire que les vieillards entretiennent avec le présent, pas plus que la sagacité d’un interprète des récits historiques, nouant avec la représentation du passé un rapport aussi critique que celui qu’il met en œuvre avec celle du présent, n’est comparable à la confiance naïve que les amateurs d’histoires ont dans ces mêmes récits.

   D’où sa mise en garde dans ce texte contre l’emprise qu’exerce sur les esprits les représentations du passé. Et comme on ne convainc jamais mieux les hommes de leur erreur qu’en explicitant les mécanismes de la tromperie dont ils sont les jouets, Machiavel s’emploie à les mettre à jour dans une analyse donnant la mesure de sa finesse psychologique et de sa clairvoyance politique.

 

Les différentes raisons du rapport imaginaire des hommes à la différence des temps.

 

1) Raison intellectuelle et politique.

    « On ne connaît jamais la vérité tout entière sur le passé » dit-il.

   De fait, notre connaissance du passé est médiatisée par les récits des historiens et l’histoire est écrite par les vainqueurs. Avec une grande modernité, Machiavel affirme ici que l’histoire est instrumentalisée  à des fins étrangères à la vérité historique. Il n’hésite pas à dire qu’elle est au service des intérêts des dominants du moment. Il s’ensuit que les serviteurs des puissants sont enclins à passer sous silence ou à édulcorer ce qui est de nature à altérer la gloire de ces derniers. Machiavel pointe ici l’absence d’objectivité des récits historiques et invite à se méfier des témoignages des grands historiens du passé. Les faits ne sont pas traités avec l’impartialité qui serait requise pour en restituer les ambiguïtés. Les victoires sont magnifiées en exagérant le mérite des vainqueurs, au besoin en amplifiant la résistance des vaincus. Seul celui qui sait lire entre les lignes n’est pas dupe. Machiavel en donne la preuve dans le premier livre, au chapitre X, lorsqu’il fustige  la complaisance hypocrite des historiens à l’endroit de la tyrannie d’un César. «  Et que la gloire de ce César que les écrivains ont tant célébré ne nous en impose pas : ses adulateurs ont été séduits par sa fortune et intimidés par la longue durée de l’Empire qui s’est perpétué sous ce grand nom, et qui ne leur permettait pas de s’exprimer librement. Veut-on savoir ce que ces écrivains en eussent dit s’ils eussent été libres, qu’on lise ce qu’ils ont écrit sur Catilina […] Qu’on lise également les louanges dont ils comblent Brutus : faute de pouvoir condamner le tyran, – il est tout-puissant – ils célèbrent les ennemis de la tyrannie » la Pléiade, p. 407.408.

 L’idéalisation du passé procède donc en grande partie du conformisme politique des historiens et de la sujétion de ceux qui acceptent leur autorité intellectuelle, deux faiblesses qu’il est impossible d’imputer à Machiavel. C’est patent dans le fait qu’il n’hésite pas à critiquer Tite-Live, lorsque de concert avec Plutarque, celui-ci attribue la grandeur romaine à la fortune plutôt qu’à la virtù  des fondateurs et des  réformateurs des institutions ; ou bien quand il se permet de  faire l’apologie de la république à un moment où elle est vaincue par le retour des Médicis. Il ne craint pourtant pas de s’humilier en suppliant le prince de lui confier un rôle politique. Mais s’il s’autorise à transiger avec l’autorité lorsqu’il dépend d’elle pour agir, il ne s’autorise pas à lui sacrifier la vérité. « En entreprenant de défendre une cause contre laquelle tous les historiens se sont déclarés, je me charge peut-être d’une tâche si difficile et d’un fardeau si lourd, que je serai obligé de l’abandonner par impuissance ou de courir le risque d’en être accablé. Mais, quoi qu’il en soit, je pense et je penserai toujours que ce ne peut être un tort de défendre une opinion quelle qu’elle soit, du moment que c’est par la raison, et non par l’autorité et par la force » déclare-t-il dans le chapitre intitulé « Qu’un peuple est plus sage et plus constant qu’un prince ». la Pléiade, p. 502.

 

2) Raisons psychologiques.

    Elles se déclinent sous différentes formes qui, toutes, ont rapport à la dynamique du désir.

 a) La logique du désir est d’alimenter un sentiment d’insatisfaction, mobile du blâme du présent.

  L’argument est énoncé à la fin du chapitre : « Les désirs de l’homme sont insatiables : il est dans sa nature de vouloir et de pouvoir tout désirer, il n’est pas à sa portée de tout acquérir. Il en résulte pour lui un mécontentement habituel et le dégoût de ce qu’il possède; c’est ce qui lui fait blâmer le présent, louer le passé, désirer l’avenir, et  tout cela sans aucun motif raisonnable ».

    Ce thème de l’insatiabilité du désir revient souvent sous la plume de Machiavel. En témoigne ce célèbre passage des Discours, I, XXXVII : « Toutes les fois que les hommes sont privés de combattre par nécessité, ils combattent par ambition. Cette passion est si puissante qu’elle ne les abandonne jamais, à quelque rang qu’ils soient élevés. La raison, la voici : la nature a créé  l’homme tel qu’il peut désirer tout sans pouvoir tout obtenir ; ainsi le désir étant toujours supérieur à la faculté d’acquérir, il obtient le mécontentement de celui qu’il dépossède pour n’avoir lui-même que petit contentement de sa conquête. De là naît la diversité de la Fortune humaine. Partagés entre la cupidité de conquérir davantage  et la peur de perdre leur conquête, les citoyens passent des inimitiés aux guerres, et des guerres il s’ensuit la ruine de leur pays et le triomphe d’un autre » la Pléiade, p. 461.

   Qu’il s’agisse de rendre intelligibles la turbulence des sociétés politiques et l’historicité de leur aventure, la nature des affects travaillant les membres d’un corps politique, leurs luttes et leurs guerres, il faut toujours en revenir là. De nombreux philosophes font le même constat, mais les philosophes sont d’ordinaire des « amis de la sagesse », aussi prolongent-ils leur constat d’une leçon de sagesse afin de promouvoir les conditions morales du contentement. On pense par exemple à Rousseau proposant à Emile d’emprunter la route du bonheur c’est-à-dire de « diminuer l’excès des désirs sur les facultés, et (de) mettre en égalité parfaite la puissance et la volonté ». Emile, II, la Pléiade, IV, p. 304.

   Ce souci n’est pas celui de Machiavel. Il est un penseur de la réalité politique et celle-ci, pour le meilleur ou pour le pire, a une dimension agonistique. La préoccupation du théoricien de cette scène est d’en dévoiler les ressorts afin d’y intervenir efficacement, non de stigmatiser ou de tarir la source où elle s’alimente. Or celle-ci a à voir avec le désir. Désir de posséder, désir de dominer, désir de liberté etc.

   L’homme est un être désirant et sans cette énergie désirante, il n’y aurait pas de vitalité tant de l’existence individuelle que de l’existence politique. C’est elle qui donne la clé des conduites humaines, quelles que soient les formes sous lesquelles elles se déclinent. Car celles-ci ont de multiples visages, les individus se singularisant par la position qu’ils occupent dans les rapports sociaux immanents à la société  à laquelle ils appartiennent, ou par la différence de leurs physiologies, elles-mêmes tributaires de leur âge ou d’autres contingences, etc.  La vitalité de la jeunesse n’est pas comparable à celle de la vieillesse, les désirs ou les humeurs des Grands ne sont pas les désirs et les humeurs du peuple. Comme tout esprit soucieux de dire « la vérité effective » des choses, Machiavel est très attentif à ces différences concrètes et son analyse dans ce texte en témoigne.

   Mais dans le passage concerné ici, l’analyse est abstraite. Le désir, apprend-on, est en excès par rapport aux possibilités humaines de le satisfaire. Nous désirons plus qu’il n’est possible d’acquérir les objets de notre convoitise. Le désir, comme faculté de tendre vers la possession d’un objet que nous nous représentons comme source de plaisir, est sans limite. En revanche nos capacités effectives de nous approprier cet objet sont limitées par l’ordre des choses (l’idéal fantasmé n’a pas de réalité hors de l’imaginaire), par la présence et les désirs des autres, par les caprices de la fortune etc. Bref, nous voulons plus que nous ne pouvons et dans cet écart se loge un mécontentement affectant aussi bien les hommes favoris du sort que les autres. Quelle que soit la condition concrète de l’existant, le désir a donc toujours rendez-vous avec l’insatisfaction. Par une nécessité interne à sa fantaisie, les jouissances présentes ont quelque chose de décevant en comparaison des jouissances fantasmées.  D’où « le dégoût » de ce que l’on possède et le refuge dans des temps imaginaires où l’on se donne des satisfactions substitutives.

   Qu’il y ait là matière à dénoncer un aspect maléfique du désir, nul doute pour ce passionné de l’action politique. Il ne s’ensuit pas pour autant qu’il soit toujours déraisonnable de condamner le présent. « Il n’est pas vrai que cette habitude trompe toujours, écrit-il. En effet, il faut bien quelquefois que nos jugements s’accordent avec la vérité, puisque, selon la loi des choses humaines, tantôt elles progressent et tantôt elles déclinent. On voit, par exemple, une ville, un État, recevoir une Constitution des mains d’un législateur, dont la virtù leur fait faire pendant quelque temps des progrès vers la perfection : quiconque vit alors dans cet État et donne plus d’éloges au temps passé qu’au présent, se trompe certainement; et la raison de son erreur se trouve dans les causes que nous avons indiquées. Mais s’il vit dans cette même république ou dans ce même État à l’époque où celui-ci décline, alors il ne se trompe plus ». Le dénigrement du présent n’est donc pas toujours imputable à la fantasmagorie désirante.  Il peut être fondé en raison. Les choses humaines sont en effet soumises au changement perpétuel. Elles croissent et dégénèrent en vertu d’une nécessité qui, pour n’être pas inéluctable, n’en est pas moins ce que l’histoire des Etats donne à voir. Il s’ensuit que l’appréciation du présent doit varier selon l’époque où l’on vit,  et si pour les uns elle est un effet de l’imagination, pour d’autres, elle est un signe de clairvoyance indexée sur l’observation de la réalité historique. Manière de faire entendre que le procès que notre auteur instruit de la Florence de son époque ne relève pas de l’imaginaire mais d’une connaissance éclairée de la différence des temps.

   Il ne faut donc pas condamner, par principe les contempteurs des temps présents. Il arrive qu’ils soient lucides. Cependant s’il est vrai que le blâme du présent est parfois justifié, il est souvent erroné et cette erreur est si répandue qu’elle met sans doute en jeu d’autres mécanismes de duperie.  Qu’est-ce donc qui, en dehors de la caractéristique générale du désir venant d’être énoncée, intervient aussi pour abuser l’esprit dans son jugement sur la différence des temps ?

b) Les mobiles du blâme sont des affects de déplaisir et seuls les objets du présent ont le pouvoir de les susciter.

   Avec cet argument, Machiavel révèle une finesse psychologique qui, à mes yeux, est au principe du plaisir qu’on prend à le lire. Il n’a pas son pareil pour décrire les mouvements de l’âme dans leur versatilité, leur face obscure ou glorieuse. Il n’est pas exagéré de dire que son intelligence politique procède en grande partie de son intelligence psychologique.

   Que remarque-t-il ici ?  Que le jugement des hommes est déterminé par leurs affects. Nous ne blâmons pas ce qui nous donne du plaisir mais seulement ce qui nous déplaît. Or les affects de plaisir ou de déplaisir ne sont pas produits par des objets ou des événements appartenant au passé mais par des objets dont nous avons une expérience actuelle. Si certains êtres, si certaines choses  ne faisaient pas réellement obstacle à notre désir, s'ils ne heurtaient pas notre manière de voir, ils ne nous affecteraient pas et ne susciteraient pas notre haine.  Celle-ci est la vérité intime de notre appréciation négative des choses et les relations entre les hommes étant ce qu'elles sont, l'envie et la crainte en sont le creuset. Ainsi, c’est notre rivalité effective avec des personnes plus favorisées que nous, par leur position sociale ou par les hasards de la vie, qui excite notre envie ou si nous sommes dans la position d’être enviés, c’est la crainte d’être dépossédés par les démunis de nos biens ou de notre prestige qui déclenche notre haine. Des affects réellement éprouvés sont tributaires de la présence effective des objets qui les produisent, objets dont le coefficient d'adversité ne se définit pas abstraitement mais relativement à   la manière dont nous sommes situés concrètement dans le corps politique. Par cette allusion à ces affects, si déterminants dans notre rapport positif ou négatif à une réalité donnée, Machiavel souligne que la situation de chacun est une situation d’intérêts, la concurrence des intérêts étant riche pourvoyeuse d’affects de déplaisir. Bien avant Marx, notre auteur retient de l’histoire romaine une leçon qui est administrée en permanence par le récit de Tite-Live. Dès qu’une société se développe, qu’elle s’éloigne de la pauvreté et de l’égalité originelles, elle se divise en groupes d’intérêts opposés ou en classes antagonistes comme l’illustre la lutte incessante de la noblesse et de la plèbe à Rome.

   De ce point de vue, il faut admettre que les situations passées sont délestées de la composante passionnelle des situations présentes. Le récit historique les fait revivre, mais le lecteur n’est pas lié affectivement aux événements et aux personnages  qui en sont les acteurs. Il est comme un spectateur, relativement extérieur aux événements relatés. Elles sont, par l'effet de la distance induite par le récit et par le temps, comme désubstantialisées de leur charge affective. Au fond, elles sont pour nous abstraites, et comme telles, elles n’ont pas le pouvoir de nous affecter avec la même puissance que les situations présentes. « Les hommes ne haïssent que par crainte ou par envie, deux mobiles qui meurent avec les événements passés, lesquels ne peuvent inspirer ni l’une ni l’autre » affirme Machiavel. Il signifie par là que, quelle que soit la force de notre identification aux acteurs du passé, la connaissance du passé n’est pas source d’affects déplaisants, seule l’épreuve du présent l’est.

   Et celle-ci n’est pas avare de ce genre de vécus. Est-ce à dire que le présent est nécessairement mauvais ? Non bien sûr, comme on l’a déjà compris. Mais il est impossible d’échapper au tranchant du déplaisir dans le présent car à chaque moment du temps, affirme Machiavel, il y a toujours la même somme de bien et de mal. Aucune institution, aucun changement, aussi positif soit-il, n’est sans inconvénient. Tout bien considéré d’un certain point de vue se paie d’un mal, envisagé sous un autre angle de telle sorte que, pour notre auteur, il n’y a pas de sens à parler de progrès historique. Par exemple, la désunion de la plèbe et du Sénat à Rome fit de Rome une république turbulente, livrée à des désordres qu’on peut légitimement déplorer, mais cet inconvénient eut comme contrepartie un avantage. « Je soutiens à ceux qui condamnent les querelles du Sénat et du peuple qu’ils condamnent ce qui fut le principe de la liberté, et qu’ils sont beaucoup plus frappés des cris et du bruit qu’elles occasionnaient sur la place publique que des bons effets qu’elles produisaient » Discours, I, IV, la Pléiade, p. 390.

   Pour illustrer cette conception de l’histoire que Kant qualifie d’abdéritique, on peut prendre des exemples contemporains.  Les conquêtes de la médecine sont un bien mais elles vont de pair avec la surpopulation ou le drame humain que représente la déchéance de l’extrême vieillesse. Les conquêtes techniques ont accru les possibilités humaines mais elles vont de pair avec la pollution, etc.

   Impossible donc de justifier l’idée d’un progrès historique pour Machiavel. Tout au plus peut-on observer que le temps est le théâtre de déplacements du bien et du mal en divers lieux. Par exemple, la virtù qui fit la grandeur de la Rome antique, et avant elle d’autres contrées, a migré au cours de l’histoire dans d’autres Etats.

   Mais si la somme des biens et des maux est constante dans le temps, chacun n’est pas placé dans les mêmes conditions pour y être sensible. Seuls les acteurs historiques du présent sont enclins à en prendre la mesure car ils y sont concrètement confrontés. Ce n’est pas le cas de ceux qui se construisent une représentation de ce qui n’est plus. Leur image de la réalité passée est médiatisée par des historiens n’ayant pas été forcément soucieux de la restituer dans toutes ses facettes. Ou s'ils se souviennent d'un vécu passé, leur souvenir est sélectif. Leur connaissance est donc fragmentaire alors que les acteurs du présent en ont une connaissance plus précise. Machiavel dit « une connaissance entière », prétendant même que « rien ne nous en est dérobé ». Affirmation contestable car si l’on est mieux placé dans une situation présente pour s’en faire une idée approchante qu’on ne l’est par rapport au passé, il est faux de croire que la particularité de la manière dont on est situé en elle ne fait pas écran à une vue objective. Toute représentation est médiatisée et la subjectivité ou la partialité d’un regard sur le réel n’est pas le monopole des historiens. C’est aussi l’effet de la manière d’être inscrit ici et maintenant dans un contexte donné. Reste que si l’ambiguïté des faits, le mélange des biens et des maux, peuvent échapper à l’intelligence de ceux qui se font une image du passé, ils ne peuvent être insensibles à ceux qui les subissent dans le cadre des concurrences vécues du présent. Dans la représentation que nous nous faisons du présent, il est donc impossible de faire l’impasse sur ce qu'il comporte de déplaisant.  Aussi « Ce que nous y apercevons de bien est tellement mêlé de choses qui nous déplaisent, que nous sommes portés à le juger plus sévèrement que le passé, quoique souvent le présent mérite réellement plus de louanges et d’admiration ».

   Ce jugement, ajoute-t-il, souffre une exception pour ce qui est des œuvres d’art car il n’y a aucun sens à juger que les œuvres d’art du passé sont supérieures ou inférieures à celles du présent. La perfection artistique échappe au temps. Elle suscite l’admiration, bien longtemps après que les génies leur ayant donné naissance sont morts. Privilège de la beauté ; elle est transhistorique, transculturelle. Les belles œuvres du présent ne sont pas moins admirables  que celles du passé et inversement. Seules les actions et les mœurs des hommes sont exposées au blâme ou à la louange car elles sont soumises à l'action du temps, les chefs-d'œuvre de la virtù pouvant dégénérer dans un espace au point de ne plus être qu'un merveilleux souvenir exalté par les misères du présent. Il suffit d'évoquer l'histoire des Grecs et des Italiens pour savoir ce qu'il en est de la grandeur et de la décadence d'un peuple.

c) Le jugement sur la différence des temps est moins tributaire de la connaissance des uns et des autres que de la vitalité de ceux qui le prononcent.

   C’est patent si l’on prend acte qu’on ne peut faire grief aux vieillards de méconnaître ce qu’ils ont vécu. Ils n’ignorent pas ce que fut le temps passé puisqu’ils en ont été partie prenante pas plus qu’ils sont ignorants du présent dont ils sont les témoins. De là à penser que leur jugement a le privilège de l’expérience et d’une certaine sagesse, il n’y a qu’un pas.  L’homme âgé semble, par la vertu même de l’âge, plus sage que le jeune. Il nous paraît  plus autorisé que l’autre à « décider lequel vaut mieux du présent ou du passé ».

   Mais ce n’est là qu’une apparence ou une illusion. Il est vrai que les ans font d’ordinaire grandir « en jugement et en sagesse ». Celui qui a beaucoup vu, qui a beaucoup vécu en a tiré certaines leçons pour ce qui est de la conduite de sa vie, de la conscience de la vanité des choses humaines, de la naïveté de certaines illusions. Sagesse des nations, comme on dit, se  recueillant dans quelques formules proverbiales dont les vieillards sont prolixes. Mais cet enseignement est sans fécondité pour ce qui est d’éclairer le jugement sur la différence des temps.

   Pourquoi ? Parce que la force du jugement varie au cours de la vie au même rythme que la nature des appétits dont il dépend en partie. Fatigué par le poids de l’âge, le vieillard est sensible aujourd’hui à des maux qu’il percevait à peine dans sa jeunesse. Non point que le passé en fut exempt. Il faut toujours se souvenir que la proportion des biens et des maux est constante dans le temps. Mais ses désirs, ses plaisirs, ses intérêts du moment le rendaient imperméable à la morsure du négatif. L’essoufflement de sa vitalité l’expose au contraire, aujourd’hui, à en subir le poids.

   L’enjeu de l’analyse est ici d’établir qu’il est impossible, en se fondant sur sa propre expérience, de « décider lequel vaut mieux du présent ou du passé ».  Le jeune est inapte à former un jugement pertinent car il n’a pas la connaissance du passé, le vieux l’est tout autant car il a changé et il impute au temps des changements qui sont surtout les siens. Le crédit que l’on attribue aux vieillards est donc mal venu. Il serait légitime « si les hommes à toutes les époques de leur vie, conservaient la même force de jugement et les mêmes appétits ; mais ils changent ; et quoique les temps ne changent pas réellement, ils ne peuvent paraître les mêmes à des hommes qui ont d’autres appétits, d’autres plaisirs et une autre manière de voir. Nous perdons beaucoup de nos forces physiques en vieillissant ; et nous gagnons en jugement et en prudence ; ce qui nous paraissait supportable ou bon dans notre jeunesse, nous paraît mauvais et insupportable : nous devrions n’accuser de ce changement que notre jugement; nous en accusons les temps ».

    Qu’il y ait là une charge contre la plainte d’un désir épuisé, n’en doutons pas. Le vieillard est hors-jeu pour ce qui est de son inscription dans le présent. Sa perte de vitalité est aussi perte du lien tissant le rapport de l’acteur politique à son temps. Il est « has been ». Ce n’est pas sur lui qu’il faut compter pour faire œuvre créatrice. Il est impuissant pour intervenir ici et maintenant sur la scène politique car l’œuvre politique est œuvre du désir et seuls les êtres qui ne sont pas encore désertés par sa vitalité peuvent, non seulement blâmer avec raison leur époque mais faire de ce blâme le ressort d'une action capable de transformer positivement les choses. L'œuvre politique est aussi l'œuvre d'une volonté rencontrant la fortune comme ce qui lui fournit l'occasion ou lui fait obstacle. Or, comme nous l'a appris Machiavel dans le Prince, «la fortune est femme, et il est nécessaire, si on veut la soumettre, de la battre et de la bousculer. Et l'on voit qu'elle se laisse vaincre plutôt par ceux qui agissent ainsi que par ceux qui procèdent avec froideur. C'est pourquoi toujours, étant femme, elle est l'amie des jeunes gens, parce qu'ils sont moins circonspects, ont plus de vigueur et la commandent avec plus d'audace». (§ XXV, trad. Thierry Ménissier).

   On peut donc conclure avec Claude Lefort que ce texte « instruit un procès général du conservatisme. Ce conservatisme qu'il dénonce, c'est, le conservatisme intellectuel fondé sur la soumission aux écrivains qu'on érige abusivement en garants de la vérité du passé; c'est le conservatisme de classe, fondé sur la soumission aux princes et à tous les pouvoirs vainqueurs ; c'est  le conservatisme de l'âge fondé sur le refus du changer et le mépris du temps que vit la jeune génération, – trois formes associées du conservatisme politique. Mais nous n'oublions pas qu'au centre de ce procès demeure la question de Rome. Aussi bien ne doutons-nous pas que pour faire entendre cette question Machiavel n'incite à déjouer le piège de l'idéalisation ; qu'il fasse de cette interrogation la propriété de ceux qui désirent savoir ce qui est et agir ici et maintenant. Nulle part, il n'a encore désigné aussi clairement, ses adversaires : ce sont ceux en qui se montrent tous les vices de la société moderne, « ceux qui siègent, pro tribunali, qui commandent à tous et veulent être adorés », ceux qui incarnent les pouvoirs vainqueurs du jour et attendent des écrivains qu'ils persuadent la postérité de leur gloire; et nulle part encore, il n’a désigné aussi clairement  ses interlocuteurs : ce sont ceux à qui leur jeunesse donne l'audace d'ouvrir les yeux sur le passé et le présent : avec eux il scelle un pacte contre les maîtres du pouvoir  et de l'illusion » Le travail de l’œuvre, Machiavel, Tel/Gallimard, 1986, p. 536.

Annexe : Je ne résiste pas au désir de faire lire, en supplément, ce texte d’un grand Italien, contemporain de Machiavel. On y découvrira une grande convergence de vues.

TEXTE DE CASTIGLIONE.

 

 « J'ai souvent considéré, non sans grand étonnement, d'où procède une erreur que l'on peut croire être propre et naturelle aux vieillards, parce qu'elle se voit communément chez ceux-ci : c'est que presque tous louent le temps passé et blâment le présent, en méprisant nos actions et nos manières de faire, et tout ce qu'ils ne faisaient point dans leur jeunesse. Ils affirment aussi que toute bonne coutume et toute bonne manière de vivre, toute vertu, et en somme toute chose, vont toujours de mal en pis.

   Et vraiment cela semble chose fort éloignée de la raison, et surprenante, que l'âge mûr, qui, par une longue expérience, a l'habitude de rendre, quant au reste, le jugement des hommes plus parfait, le corrompt tellement sur ce point qu'il ne s'aperçoit pas que si le monde allait toujours en empirant et que les pères fussent en général toujours meilleurs que les enfants, il y a longtemps que nous serions arrivés à cet ultime degré du mal qui ne peut plus empirer. Et pourtant nous voyons que ce défaut a toujours été particulier à la vieillesse, non seulement de notre temps, mais aussi dans le passé; cela est manifeste et connu par les écrits de nombreux auteurs très anciens et principalement des comiques, qui expriment mieux que les autres l'image de la vie humaine.

  Je pense donc que les vieillards ont cette fausse opinion parce que les ans qui fuient emportent avec eux beaucoup de commodités, et entre autres enlèvent du sang une grande partie des esprits vitaux, ce qui altère la complexion, et les organes, par lesquels l'âme exerce ses vertus, s'affaiblissent. C'est pourquoi, dans cette saison de la vie, les douces fleurs de contentement tombent de nos cœurs, comme en automne les feuilles tombent des arbres, et à la place des sereines et claires pensées pénètre la nuageuse et trouble tristesse, accompagnée de mille calamités, de manière que non seulement le corps, mais aussi l'esprit est malade; il ne retient rien des plaisirs passés, sinon une tenace souvenance et l'image de ce temps si cher de l'âge tendre, dans lequel, quand nous nous y retrouvons, il nous semble que le ciel, la terre et toutes choses font fête et rient sous nos yeux, et dans notre pensée, comme dans un beau et plaisant jardin, fleurit le doux printemps de la liesse. Pour cette raison, peut-être serait-il utile, quand déjà, dans la froide saison, le soleil de notre vie commence à décliner vers l'occident en nous dépouillant de nos plaisirs, d'en perdre aussi en même temps la mémoire, et de trouver, comme disait Thémistocle, un art qui enseignât à oublier; car les sens de notre corps sont si fallacieux que souvent même ils trompent le jugement de l'esprit.

   Ce pourquoi il me semble que les vieillards sont dans la même condition que ceux qui, partant du port, ont les yeux fixés sur la terre, et il leur semble que le navire ne bouge pas et que la rive s'en va, alors qu'il en va tout au contraire; car le port, et pareillement le temps et les plaisirs, demeurent en leur état, et nous, fuyant avec la nef de la mortalité; nous nous en allons l'un après l'autre vers cette mer tempétueuse qui engloutit et dévore toute chose, et il ne nous est jamais plus permis de revenir à terre, mais, continuellement battus par des vents contraires, nous finissons par rompre notre vaisseau contre quelque écueil.

   Parce qu'il n'est donc plus apte à beaucoup de plaisirs, l'esprit du vieil homme ne peut plus les goûter; et de même que tous les vins, encore qu'ils soient bons et délicats, paraissent amers à ceux qui ont la fièvre, à cause de leur goût qui a été gâté par les vapeurs corrompues, de même, chez les vieilles gens, à cause de leur inaptitude, à laquelle pourtant ne manque pas le désir, les plaisirs semblent fades, froids et fort différents de ceux qu'ils se souviennent avoir éprouvés, bien que les plaisirs en soi soient les mêmes. C'est pourquoi, se sentant en être privés, ils se plaignent et blâment le temps présent comme mauvais, et ne perçoivent pas que cette mutation procède d'eux et non du temps. Au contraire, faisant revenir en leur mémoire les plaisirs passés, ils se souviennent aussi du temps où ils les ont eus, et pour cette cause ils le louent comme bon, parce qu'il semble qu'il apporte avec lui une odeur de ce qu'ils sentaient en lui quand il était présent.

   Car nos pensées effectivement ont en haine toutes les choses qui ont été compagnes de nos déplaisirs, et aiment celles qui ont été compagnes des plaisirs. Au moyen de quoi il advient qu'un amoureux prend parfois grand plaisir à voir une fenêtre, bien qu'elle soit fermée, parce qu'une fois il aura eu la faveur d'y contempler sa maîtresse; pareillement il aura plaisir à voir une bague, une lettre, un jardin, un autre lieu, ou quelque chose que ce soit, qui lui semble avoir été le témoin complice de ses plaisirs. Au contraire, souvent, une chambre bien décorée et belle sera abhorrée par celui qui y aura été emprisonné, ou qui y aura souffert quelque autre déplaisir. J'en ai connu certains qui jamais ne boiraient dans une coupe ressemblant à celle dans laquelle, quand ils étaient malades, ils avaient pris quelque médecine; car, de même que la fenêtre, ou l'anneau, ou la lettre, représente à l'un la douce mémoire qui lui est si agréable, parce qu'il lui semble qu'elle a été autrefois une part de ses plaisirs, de même il paraît à un autre que la chambre ou la coupe, avec le souvenir, ramène la maladie ou la prison. Je crois que pour cette même raison les vieillards sont amenés à louer le temps passé et à blâmer le présent ».

     Baldassar Castiglione, Le Livre du Courtisan, 1528, traduction Alain Pons, GF Flammarion, 1987, p. 105 à 107.

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Une Réponse à “Pourquoi les hommes ont-ils coutume de louer le passé et de blâmer le présent? Machiavel.”

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