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Opinion

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  Platon distingue dans l'allégorie de la caverne, deux types de connaissance : La connaissance sensible ou doxique et la connaissance intelligible. Nous traduisons le terme grec doxa par opinion.

PB : Qu'est-ce qu'une opinion ?

  On entend par là, une affirmation n'ayant pas été soumise à un examen critique. Elle est reçue pour vraie sans que l'esprit se soit préoccupé sérieusement de savoir si cet énoncé est vrai ou faux. Toutes nos idées premières sont en ce sens des opinions, c'est-à-dire des préjugés, des « a priori », des idées toutes faites. On les croit vraies mais on ne sait pas si on a raison de le croire.

  Cf. Descartes : " Il y a déjà quelque temps que je me suis aperçu que, dès mes premières années, j'avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j'ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain ; de façon qu'il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie de me défaire de toutes les opinions que j'avais reçues en ma créance, et commencer tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences ".Méditations métaphysiques. I. 1641.

 

Paradoxes 

 

1) Une opinion étant une croyance non examinée, on peut dire, en toute rigueur, qu'elle constitue un  impensé. Or, c'est cet impensé que les hommes considèrent d'ordinaire comme leur pensée, de surcroît leur pensée personnelle! Ils revendiquent comme "leur", ce qui, en réalité, est l'écho en eux de tout ce qui n'est pas eux puisque, comme l'écrit Descartes : " un même homme, avec son même esprit, étant nourri dès son enfance entre des Français ou des Allemands, devient différent de ce qu'il serait, s'il avait toujours vécu entre des chinois ou des cannibales" Discours de la méthode II.1637.

2) Si une opinion est une croyance, c'est-à-dire une affirmation non fondée en raison, pour celui qui l'énonce, elle est  un énoncé théoriquement faible. Or, bien que théoriquement faible, elle a  une force étonnante;  l'expérience montrant que les hommes sont capables de mourir ou de tuer pour défendre leurs opinions.

 

  La question est donc de savoir ce qui fait la force des opinions. D'où tirent-elles leur prestige ?

 

De la force des habitudes ou de l'ouï-dire. Nous sommes ainsi faits que ce qui est consacré par la coutume nous paraît receler une vérité. « C'est vrai puisqu'on l'a toujours dit ». Or les coutumes sont multiples et diverses dans le temps et dans l'espace. D'où l'extraordinaire relativité des opinions humaines. "Plaisante justice, s'écriait Pascal, qu'une rivière borne! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà". Pensée 294 B.

 

Du prestige du nombre. Nous sommes ainsi faits que les idées partagées par le plus grand nombre nous paraissent avoir force de vérité. Magie du nombre et pourtant les grandes erreurs furent des erreurs collectives. Ex : Galilée. A bien y réfléchir on devrait se méfier de telles idées car comme l'écrit Descartes : " Il ne servirait à rien de compter les voix pour suivre l'opinion qui a le plus de partisans car s'il s'agit d'une question difficile, il est plus sage de croire que sur ce point la vérité n'a pu être découverte que par peu de gens et non par beaucoup ". Règles pour la direction de l'esprit, 1628.  Gandhi faisait ainsi remarquer : " Ce n'est pas parce qu'une erreur est partagée par le plus grand nombre qu'elle devient une vérité " et Rousseau conseillait : « Prenez toujours le contre-pied de l'usage et vous ferez presque toujours bien"  Emile ou de l'éducation.II. 1762

 

De la paresse et de la lâcheté. Peu d'hommes appliquent la devise des Lumières : "Aie le courage de te servir de ton propre entendement"  Kant . Qu'est-ce que les lumières?"; car les hommes fuient l'effort et n'aiment pas remettre en cause les idées qu'ils ont intérêt à croire vraies.  D'où leur propension à rester sous la tutelle de certaines pensées convenues, celles-ci n'étant jamais que celles des tuteurs auxquels ils sont depuis l'enfance inféodés. Il faut du courage pour sortir de la minorité intellectuelle et morale et accéder à la majorité. L'autonomie rationnelle coûte très cher en efforts et la plupart des hommes sont trop heureux de s'en dispenser.

 

De leur utilité. Avant d'être un être de raison soucieux de chercher la vérité de manière désintéressée, nous sommes des êtres sensibles. Nous avons des désirs, des intérêts, des passions et nous avons tendance à croire vrai ce qui satisfait cette dimension de notre être. Les opinions doivent l'essentiel de leur force à leur absence d'innocence. Elles sont l'expression de la servitude de l'esprit  s'exerçant au service d'autres exigences que les siennes. Ainsi,  paraît vrai ce qu'il nous est utile de croire tel, en fonction de nos besoins ou intérêts ; paraît vrai ce qu'il nous est agréable de croire tel, en fonction de nos désirs. En ce sens, toutes nos erreurs sont des illusions. Une illusion, en effet, n'est pas une simple erreur, c'est une erreur dans la motivation de laquelle, la satisfaction d'un désir ou d'un besoin est déterminante. L'esprit prend une fiction pour une réalité car il est le jouet de quelque chose en lui qui l'abuse. Il ne voit pas  que l'utile  et l'agréable sont une chose, le vrai une autre. Et la confusion des ordres se fait invariablement au détriment des exigences intellectuelles. Pour parler métaphoriquement, on peut dire que les "valeurs de l'esprit" sont subverties par "les valeurs du corps". C'est pourquoi Platon souligne qu'on ne peut pas " sortir de la caverne " sans affranchir les yeux de l'esprit de ce qui, dans notre condition d'esprit incarné, projette de l'ombre. D'où la nécessité d'une ascèse.

 

Du prestige de l'autorité. Nous sommes ainsi faits que nous recevons comme vraies, les idées portées par ceux qui font autorité à nos yeux. " Le Pape, le Prophète, le Savant etc. a dit ". Puisque ces personnages prestigieux l'ont dit, c'est vrai. Tel est l'argument d'autorité que certains, à bout de justifications, assènent comme critère de la vérité. Or, qui ne voit que tant que l'esprit n'a pas examiné si un énoncé est vrai ou faux, il le croit vrai, il ne sait pas s'il a raison de le croire. Il le croit vrai parce qu'il fait confiance à l'autorité de celui qui le lui a transmis. Par exemple, les collégiens reçoivent pour vrai le savoir de Newton. Ils ont confiance dans la science de ce génie et dans leur professeur. Mais ce qui est science pour Newton n'est que croyance pour eux. Ils sont incapables de fonder en raison ce qu'ils récitent. Si on s'amusait à leur enseigner des bêtises, ils les recevraient pour des vérités. Cette observation permet de comprendre qu'une opinion peut être vraie ou « droite » (dans le langage de Platon) sans cesser d'être une opinion. Il s'ensuit que ce qui fait le caractère doxique d'une affirmation, ce n'est pas son contenu, qui peut avoir une valeur de vérité, c'est le rapport que celui qui la formule entretient avec elle. Il est incapable de la fonder rationnellement.

  Il faut donc tracer une frontière radicale entre l'opinion et la science. Il n'y a pas de continuité de l'une à l'autre, la rupture est totale. " La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive sur un point particulier de légitimer l'opinion, c'est toujours pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion, de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort ". Bachelard. Formation de l'esprit scientifique.1938.

 

 Cf. Tocqueville: Nécessité et souveraineté de l'opinion à l'âge démocratique. Texte et explication.

 Cf. Pour distinguer la simple erreur de l'illusion.

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41 Réponses à “Opinion”

  1. chamberien dit :

    Lorsque Bachelard dit que l’opinion a « en droit, toujours tort »; il est sens compter que l’opignion est necessaire à toutes reflexions.
    Si pour un scientifique; il fallait passer à l’examen critique toutes les formules mathématiques ou physique, la science n’avancerait pas. On est obligé d’avoir des opignions pour pouvoir faire un travail de reflexion. Est ce dans ce cas, que l’on peut légitimer l’opinion? Ou alors c’est autre chose.
    Ma question se reportant à: « S’il lui arrive sur un point particulier de légitimer l’opinion… »
    Ou alors; est ce que je confond ici, une connaissance scientifique; et l' »affirmation » dont vous relatez dans la phrase qui suit votre problématique (?) car une affirmation peut être une connaissance.

  2. Simone MANON dit :

    Le propos de Bachelard ne signifie pas qu’il soit possible d’échapper totalement à l’opinion. L’expression importante est « en droit », c’est-à-dire en théorie (opposable à en fait). En tant qu’elle est une opinion, une affirmation est étrangère à l’ordre du savoir ou de la raison, elle se fonde sur des raisons qui ne sont pas des raisons. J’ai énoncé dans le cours ces fondements. Elle ne peut donc théoriquement revendiquer le statut du savoir. De ce point de vue, elle est « en tort ».
    Cela ne préjuge pas de la fausseté ou de la vérité de son contenu. Une opinion peut « en fait » être vraie ou selon la formule de Platon, droite. Cela ne l’empêche pas d’être une opinion. Tous les jours les hommes énoncent des idées qui sont des vérités de raison pour le savant mais qui ne sont pour eux que des opinions car ils ne peuvent pas les fonder rationnellement.
    Vous devez donc comprendre que ce qui fait le caractère doxique d’un énoncé, ce n’est pas son contenu, c’est le type de rapport que l’esprit entretient avec lui.

  3. yakess dit :

    dire de l’oppinion qu’elle est iutile ce serai une abberation dans la mesure ou la premiere maniere de connaitre est tout d’abord celle quins’oppere par les sens et les traité d’obstacle a la sciece serait une erreure gravissisme

  4. Simone MANON dit :

    D’abord il serait utile d’apprendre à écrire correctement.
    Ensuite il serait judicieux de lire correctement. Où est-il question de l’inutilité de l’opinion?
    Enfin, il conviendrait de faire l’effort de penser, c’est-à-dire de rompre avec la doxa (ou opinion), pour comprendre le propos de Bachelard.
    Ce à quoi je vous invite de toute urgence.

  5. Saadia dit :

    peut on supposer que si on tient une opinion qu’elle nous tient ?

  6. Simone MANON dit :

    Oui mais l’important est de saisir la différence entre tenir à une opinion que l’on sait n’être qu’une opinion (dans ce cas, on en n’ignore pas les faiblesses, ce qui implique l’absence de dogmatisme et l’esprit de tolérance) et tenir à son opinion dans l’ignorance de sa nature. Ce qui est le propre du monde doxique. Il ne se connaît pas comme tel et brille par son dogmatisme et son fanatisme. Il est le signe de l’aliénation de l’esprit dans toutes les figures qui ont été suggérées dans ce cours.

  7. Gabs dit :

    Peut on vivre sans opinion ?
    L’expérience sceptique constitue-t-elle une réponse à cette question ?

  8. Simone MANON dit :

    Beau sujet de dissertation. Il faut vous empresser de réfléchir à la question.

  9. Jean Jacques dit :

    Cette interessante reflexion sur l’opinion m’expose à une limite à laquelle se heurtent mes pensées depuis belle lurette:
    Même si mes affirmations sont soumises à l’examen critique dans une démarche de recherche de la Vérité, que la raison préside à l’analyse de mes affirmations, qu’elles s’avèrent fondées au sens de la logique, que je les soumette aussi à l’examen critique d’un regard extérieur pertinent, comment puis-je être sûr, au fond du fond, que l’ensemble de ma pensée ne soit pas une croyance dans laquelle je suis aussi prisonnier ? En quelque sorte une deuxième caverne contenant la première caverne de Platon ?

  10. Simone MANON dit :

    Vous soulevez une question récurrente dans l’histoire de la pensée.
    Comment puis-je être assuré de la rectitude de la raison?
    Dans l’expérience courante, la pensée rationnelle s’assure d’elle-même par l’accord des autres. La confirmation intersubjective me sauve de la singularité logique. Cf.l’article: http://www.philolog.fr/kant-lethique-de-la-pensee/ ou http://www.philolog.fr/penser-par-soi-seul-est-ce-penser-librement/
    Mais en dernière analyse, comment pouvons-nous être assuré de ne pas délirer collectivement? La raison peut-elle se fonder elle-même?
    La réponse est non.
    Voilà pourquoi Descartes a besoin du Dieu vérace. Si on veut en faire l’économie, il faut dire qu’on ne sort du scepticisme que par un acte de foi de la raison en elle-même, ce que l’on peut dire autrement: par une forme de révélation consusbstantielle à l’expérience philosophique.
    Quelle que soit la solution, il faut admettre un irrationnel au fondement de la rationalité.
    Bien à vous.

  11. Jean Jacques LACROIX dit :

    Bonjour Madame MANON,
    Merci pour votre réponse. Admettre un irrationnel au fondement de la rationalité me semble bien être en effet ce à quoi conduit le raisonnement.
    Pour autant l’argument me semble dangereux: Le croyant pourrait arguer que puisque finalement la raison procède d’une croyance dans le coeur même de ses fondements, autant faire l’économie de la raison ce qui me semble-t-il conduit directement au fanatisme.
    Cordialement

  12. Simone MANON dit :

    Bonjour Jean-Jacques
    Ce n’est pas parce qu’une vérité peut être instrumentalisée à des fins étrangères à la rigueur intellectuelle qu’elle cesse d’être une vérité. Là où l’exigeante école sceptique a échoué, c’est la raison qui échoue. Mais ce n’est pas parce qu’il y a une limite à l’exercice de la raison qu’il faut renoncer à l’exercer, c’est-à-dire à construire sur des axiomes (au sens de postulat) le savoir scientifique et à réfléchir philosophiquement.
    Voyez la première citation de Lagneau à la fin de l’article: http://www.philolog.fr/le-scepticisme-est-il-un-destin/
    Bien à vous.

  13. Simon dit :

    Je me permets de prolonger quelque peu la question de chamberien. Dans les faits, un scientifique ne fait pas l’examen critique de tous les savoirs qu’il mobilise (sinon la science n’avancerait pas ou très peu). Autrement dit, il n’avère pas comme des vérités tous ces savoirs, mais se contente d’en constater « l’éfficacité » dans la construction de sa propre théorie. Est-ce que par conséquent on ne pourrait pas dire en forçant un peu le trait que la science est étrangère au processus de conquête de la vérité? Qu’elle n’est motivée que par l’éfficacité (technique ou théoriQque)? A l’inverse, est-ce que le fait que la philosophie n’avance pas mais aille pour ainsi dire de désaste en désastre n’est pas ce qui fait sa noblesse, puisque cela prouve à tout le moins que les philosophes témoignent du souci d’avérer des vérités comme vérités?
    Bien à vous

  14. Simone MANON dit :

    Pour ce qui est de la nécessité d’accepter des opinions, aussi bien pour l’homme commun que pour le savant, voyez le cours mis en lien sur Tocqueville
    Ce n’est pas parce que le savant fait progresser les savoirs sur fond d’énoncés scientifiques établis par ses prédécesseurs que vous êtes autorisé à affirmer que la science est étrangère au processus de conquête de vérité. S’il y a une opinion totalement infondée, c’est bien celle-ci. Simplement la démarche du savant est une chose, celle du philosophe une autre. Voyez dans le répertoire la brève mise en point: science et philosophie.
    Bonnes vacances.

  15. Ninoon. dit :

    Que pouvez-vous donc dire à propos de la justification d’une opinion?

  16. Simone MANON dit :

    Qu’il faut vous dépêcher de vous mettre au travail pour affronter la question par votre propre effort et pour apprendre les règles de la politesse.
    Bien à vous

  17. Alexandre dit :

    Selon certains philosophes l’opinion n’est pas fondée sur le raisonnement et donne l’apparence du savoir. La notion d’opinion est avant tout une croyance non fondée, non? Donc peut’on ne pas suivre ses opinions?

  18. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il ne faut pas dire: « selon certains philosophes » comme si l’opinion pouvait être autre chose que ce que la communauté pensante analyse sous ce mot. Le relativisme est ici déplacé.
    Pour ce qui est de votre question, vous avez tout ce qu’il faut sur ce blog pour affronter le problème de manière réfléchie.
    …. Pour apprendre aussi les règles de la politesse.
    Bon travail.

  19. Samuel Bitton dit :

    Bonsoir ! Tout d’abord je tiens à vous dire qu’étant en terminale ES, ce site m’est très utile ! Mais voilà, le sujet d’une de mes dissertations est : la vérité doit elle quelque chose à l’opinion ?
    Comme c’est ma première dissertation, je ne sais pas vraiment comment orienter mon plan. Pourtant j’ai plein d’idées mais je n’arrive pas à les regrouper. Si vous pouviez m’éclairer…

  20. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Désolée, ce site n’est pas un site d’aide aux devoirs.
    Vous avez tout ce qu’il faut dans les cours pour éclairer votre lanterne. Il suffit de vous donner la peine de les exploiter.
    Bon travail.

  21. Ryan dit :

    Merci pour ce travail qui m’a permis d’être éclairé sur certains points primordiaux de mon début d’année de Terminale. Merci encore.

  22. Marin dit :

    Qu’y a-t-il de respectable dans l’opinion ?

  23. Simone MANON dit :

    Avant toute autre chose, il faut vous empresser d’apprendre les règles de la politesse.
    Bien à vous.

  24. Jules dit :

    Bonjour je suis élève de terminale et votre dissertation ma aider a éclaircir de quelques points mais il me reste toujours une question qui est de savoir si malgré le fait que les opinions ont une force certaines ne sont-elles tout de même pas discutables ?
    et plus une opinion aura de force moins serra-t-elle discutable ou inversement ?
    j’espère une réponse de votre part qui pourra je l’espère m’aider a comprendre le chapitre sur le quelle travaille actuellement
    Jules

  25. Simone MANON dit :

    Bonjour
    D’abord j’attire votre attention sur la nécessité de corriger votre expression. Ex: m’a aidé à éclaircir; une force certaine; elle sera; à comprendre; lequel.
    Ensuite qui dit force de persuasion ne dit pas force théorique.
    On dirait que vous n’avez pas compris l’essentiel, à savoir que, par définition, une opinion est discutable.
    Il vous faut de toute urgence revoir le cours pour l’assimiler correctement.
    Bon travail.

  26. Rose dit :

    Bonjour Mme Manon. Je me permets de laisser un commentaire pour obtenir une réponse.
    Mon professeur de philosophie m’a donné un sujet à faire qui est : Qu’est-ce qu’une opinion tordue ?
    J’ai donc expliqué ce qu’était l’opinion en générale, et ses forces comme vous l’avez fait ci-dessus. Mes recherches sur « opinion tordue » en philosophie ne m’ont amené à rien.
    Finalement après être tombée sur opinion droite (que Platon emploie) je me suis dit que l’opinion tordue serait alors le contraire de l’opinion droite (terme que je ne connaissais pas).
    Mais je reste toutefois bloquée. A part parler de l’opinion droite qui serait vraie mais juste par hasard pour à la fin dire que la tordue est son contraire, je ne vois pas comment procéder.
    Auriez-vous une piste ? Avez-vous déjà entendu parler d’opinion tordue ?
    Je comprendrais que vous n’ayez pas le temps de répondre, d’autant plus que vous auriez l’impression de faire tant soit peu mon devoir, mais j’aimerai vraiment savoir si l’association de ces deux mot vous parle.
    Merci à vous

  27. Simone MANON dit :

    Bonjour
    L’expression « opinion tordue » n’a pas de sens spécifiquement philosophique.
    C’est bien de penser à la thématique platonicienne de l’opinion droite mais on ne peut pas dire que son contraire soit l’opinion tordue, c’est simplement l’opinion dont le contenu n’a pas de vérité intrinsèque.
    Il me semble qu’il faut partir de l’usage commun de l’expression. Quand on accuse quelqu’un d’avoir une opinion tordue, ou un esprit tordu, on l’accuse de bizarrerie. On pointe l’absence de cohérence, de clarté de ses propos. Ceux-ci contreviennent à ce que l’on pense communément. Son discours est extravagant, fou, pervers, tortueux, compliqué etc.
    Votre sujet me semble donc moins engager une réflexion sur la différence entre un savoir fondé en raison et des croyances non examinées qu’une réflexion sur la différence entre des opinions partagées par le plus grand nombre ou en accord avec le sens commun et des opinions relevant de la bizarrerie, d’une singularité logique excluant celui qui les profère de la communauté du sens.
    Mais ce que je dis ici ne doit pas être reçu comme parole d’évangile. Je me demande bien ce que votre professeur a dans la tête en vous donnant ce sujet.
    Bien à vous.

  28. Martial Doche dit :

    Madame, bravo pour ce site, heureusement que vous êtes là. Il y a tellement de profs blasés. Surtout ne supprimez pas ce site sans nous prévenir bien à l’avance qu’on puisse tout imprimer !!! A bientôt

  29. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message.
    Bien à vous.

  30. […] I would add a few extra elements to this definition: It usually involves a violation of someone else’s boundaries: information told in confidence, information shared against someone else’s wishes, etc.It’s rarely positiveIt usually affords a sense of moral superiority at another person’s expense. The One Skill – Leo Babauta.pdf. Échec. La philosophie appliquée au coaching. » Opinion. […]

  31. Distic dit :

    Bonjour Madame,
    J’espère que vous m’excuserez de vous déranger (encore une fois), mais je me permets d’interroger quelque peu votre condamnation univoque de l’opinion. Il me semble que vous connaissez et que vous appréciez la pensée d’Arendt. Or elle s’attache particulièrement à réhabiliter l’opinion. Pour elle, l’opposition de l’opinion et de la connaissance est caractéristique du conflit du philosophe et de la polis.

    Si j’attire votre attention sur ce sujet, c’est parce que dans la pensée de cet auteur, la préférence accordée à la connaissance et la condamnation de l’opinion s’opposent à la politique car elles sont ennemies de la pluralité (la connaissance tente d’ordonner le multiple à l’un) et parce que la raison comporte une certaine violence (les démonstrations contraignent la raison). En d’autres termes, accorder la première place à la connaissance, c’est légitimer le gouvernement par les experts (« ceux qui savent ») du peuple supposé ignorant.

    D’où ma question : n’y a-t-il vraiment rien à dire pour sauver l’opinion, quoique ce soit sans doute faire un pas en dehors de la philosophie ?

  32. Simone MANON dit :

    Bonjour
    J’ai beaucoup d’admiration pour l’œuvre de Hannah Arendt mais cela ne signifie pas que je souscris à toutes ses analyses.
    Par exemple, je ne la suis pas dans la définition arbitraire qu’elle donne de la politique et son obstination à refuser le titre de philosophe m’a toujours paru suspecte. Parce qu’enfin épingler dans la philosophie en général et dans la philosophie platonicienne en particulier un despotisme de la raison, une tentation solipsiste, une menace pour la liberté démocratique, etc. ne me semble pas légitime.
    La lecture, souvent très stimulante qu’elle fait des philosophes est davantage, à mes yeux, un faire valoir de sa propre pensée qu’une manière de leur être fidèle. Son procès du platonisme n’est pas totalement étranger à l’immense déception d’une disciple et amante à l’endroit de la figure du Philosophe,(Heidegger), compromis politiquement avec le nazisme.
    Cela dit, reconnaître que sur la scène sociale l’opinion est souveraine, que dans l’espace public la parole du philosophe n’a aucun privilège, que la délibération démocratique met en jeu la pluralité humaine, que les convictions morales et politiques ne sont pas démontrables, autrement dit qu’il n’y a pas de science du bien public, est affaire de constatation.
    Mais cela n’autorise pas à disqualifier l’idée rationnellement fondée au nom de son supposé despotisme, ni à accuser le philosophe de se dérober à l’exigence de la responsabilité pour le monde.
    Voilà pourquoi la grande figure de Socrate est sauvée par Arendt. Pourtant s’il est vrai que le père de la philosophie revendique son inscience, il est non moins vrai qu’il incarne le principe du salut par la critique des opinions et leur dépassement possible par l’exercice de la raison. Il ne me semble pas qu’il y ait là une véritable réhabilitation de l’opinion, seulement une exhortation à penser (philosopher) pour la déstabiliser et déjouer son potentiel de violence. Elle est et demeure une énoncé théoriquement faible, redoutable par l’emprise qu’elle a sur les consciences dont elle révèle souvent l’aliénation.

    PS: On peut pointer les apories de la conception platonicienne de la dialectique, définir avec Habermas la nécessité d’un agir communicationnel sans mettre en accusation la philosophie. http://www.philolog.fr/la-guerre-des-dieux-ou-lunite-et-la-paix-par-le-logos-max-weber-et-benoit-xvi/
    http://www.philolog.fr/nature-et-souverainete-de-lopinion-dans-la-societe-democratique-tocqueville-explication/
    Bien à vous.

  33. Distic dit :

    Merci beaucoup pour votre réponse, et surtout pour m’avoir indiqué deux beaux textes que vous avez écrits.

  34. Hypatie dit :

    Mourir pour des idées, l’idée est excellente.
    Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue,
    Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante,
    En hurlant à la mort me sont tombés dessus.

    Georges Brassens

  35. Jefsey dit :

    Chère Madame,
    D’abord merci pour ce site de référence vers lequel je me retourne volontiers pour reprendre pied dans l’épistémé raisonnable après mes explorations réticulaires de l’hyperréalité – ce qui jouxte mon domaine professionnel et de recherche (réseaux, liens, interliens, hyperliens, bots et cobotique, etc.). Où je vois que la grande question à venir est celle de la démonstration de l’existence de l’homme et donc de la nature de ses droits. Un des problèmes que je rencontre est celui du mnème : c’est à dire de l’ensemble de ses traces mnémoniques de toute nature et de toutes volontés qui permettent d’en reconstruire d’en simuler, d’en modéliser (à lui et à nous, en particulier par les cellules miroir) le/la « ???? ». Ce « ???? » qui va être sous-jacent à sa personnalité et va influencer son ordre de prise en compte de ses possibles. Le substrat de ses habitus, mais aussi des choses qu’il s’est ménagées pour s’obliger, pour se remémorer, pour sa cohérence (de pensée ou entélechique) etc., etc. avec le/laquel(le) nous voulons pouvoir être en empathie pour le comprendre. Quel mot la philosophie a-t-elle trouvé pour ce référentiel inconscient que chacun se construit pour canaliser à l’avance son Libre-Arbitre : nos décisions sont (hors réflexion/conflexion) réflexes, basées sur ce « ???? ». Je dirais que le mnème de quelque chose est la transcription mnémonique de son « stème » (la stamina, l’etoffe) au sens de ἵστημι : histemi ce qui donc va se tenir sous l’épistème (ou l’epistème est ce qui tient/l’entéléchie du système ?), qui va soutenir la compréhension par le savoir correct (connaissance réfléchie). Ceci permetrait une toplogie des stèmes aidant une simplification des modélisations en diktyologie (scence des réseaux), en informatique, en droit, en économie, etc.
    En vous remerciant de votre aide.

  36. Simone MANON dit :

    Bonjour Monsieur
    Si vous voulez dire que la personnalité humaine intègre des données organiques, psychologiques inconscientes, des traces mnésiques de son histoire, qui interviennent dans la construction de sa pensée et son profil moral, je peux suivre un discours qui gagnerait à moins se payer de mots.
    Mais je ne vois guère ce que signifie « démontrer l’existence de l’homme ». Une existence se constate, se rencontre, elle ne se démontre pas. Les droits sont attachés à une définition de l’homme impliquant un parti pris métaphysique, non à l’homme comme fait ou donnée empirique.
    Et je ne peux que noter la contradiction entre l’idée du libre arbitre et l’affirmation selon laquelle « nos décisions sont réflexes »
    Je me sens donc complétement désarmée pour répondre à votre question. Les philosophes disent simplement qu’il y a toute une part de passif, d’inconscient dans ce qui fait un homme et que sa vocation consiste à en prendre conscience, même si c’est partiellement afin de se réapproprier la maîtrise de sa pensée et de son être. Tâche difficile, infinie, nécessitant une rigoureuse formation intellectuelle et morale. Ce qui est aujourd’hui le dernier des soucis politiques avec les conséquences dramatiques que l’on sait.
    Bien à vous.

  37. Eve dit :

    Bonjour Madame,

    Merci pour votre travail considérable, aussi utile pour les étudiants que pour les enseignants débutants. Y a t-il un ou plusieurs philosophes qui accordent une réelle valeur aux opinions ? Si oui dans quel ouvrage ? Avec mes remerciements anticipés. Eve

  38. jefsey dit :

    Chère Madame,

    je vous remercie tout d’abord de votre réponse. J’en mesure la difficulté de rédaction dans la mesure où nos deux approches se situent manifestement de part et d’autre ce ce que l’on appelle de plus en plus la « singularité techno-logique », c’est-à-dire le moment où nous avons découvert de façon expérimentale (puisque nous utilisions la raison mathématique pour étudier la raison humaine) que la réalité par son polylectisme maillé dépasse la raison (du moins si elle est seulement dialectique). Vous m’accusez de me payer de mots, c’est justement mon problème : les mots d’avant – la non-résolution du problème des n-corps, la physique quantique, la relativité, et le théorème d’incomplétude, etc. – n’ont pas la capacité (sans être complétés ou étendus) de traiter la banalité d’aujourd’hui. Que nous rencontrons tous et dans laquelle baignent les jeunes apprenants et vieux chercheurs que vous éclairez.

    Il me semble qu’il y a trois manières de s’attaquer à ce problème. En tant que philosophe, en partant de l’Homme. En tant que scientifique, en partant de l’observation avec des théories réfutables. Ou en partant des prémisses premières, c’est à dire de manière architectonique. Nous discutons de la démarche philosophique depuis des siècles, la démarche scientifique semble être maintenant clairement acceptée. Ce n’est pas encore le cas de la démarche architectonique que j’explore et dont, de manière manifeste, le logos est trop complexe pour ne pas avoir besoin de la facilitation d’un savoir comment (techne) collectif étendus par les machines.

    L’idée principale à laquelle je me rattache et que j’appelle le principe de « Leibnitz/Chaitin » en raison de l’enchaînement de leurs réflexions à ce sujet est que « plus simple la prémisse, plus riche l’émergence ».

    A partir de là j’ajoute assez rapidement la remarque de Norbert Wiener : « l’homme a créé la machine à son image » que je complète par « et à sa convenance – le problème étant que c’est à la convenance de certains, et que nous avons à nous assurer que c’est à la convenance de chacun ». Ce qui fait toute ma démarche. Dans ce processus nous rencontrons rapidement un problème de taille : la machine à notre ressemblance s’en vient peu à peu à tellement nous ressembler, à la fois par ce que nous savons lui faire faire (intelligence artificielle) et par ce que nous découvrons sur nous-mêmes (fonctionnement du cerveau, et sociabilité humaine) qu’il devient de plus en plus difficile (en Droit, tout au moins), et donc en technologie des réseaux (adage « code is law ») de faire la différence entre ce qu’est un homme et ce que nous sommes en train de créer.

    C’est en ce sens que des gens comme Kurzweil ont de solides arguments pratiques pour le trans- et le posthumanisme, avec la capacité de Google pour en aider la documentation et la recherche. Sans parler de ce qui est lié au genre, au clonage, à la procréation artificielle qui est ce que nous discutons vraiment sans savoir encore si l’éducation artificielle est possible/souhaitable.

    Mon évaluation d’architectonicien scientifique est que le problème se pose en raison du manque de profondeur de la compréhension philosophique et juridique de l’homme. Notre solution de sortie devrait ne pas être le post-humain (qui n’apporterait que ce que nous avons déjà) mais le plus-humain (ce que nous ne savons pas encore sur nous-mêmes). L’animal social d’Aristote : nous savons fabriquer des sociétés artificielles plus complexes que la société humaine, ou les regarder en observant l’histoire d’un univers matériel de 15 milliards d’années. Un être pensant créé à notre image, nous y sommes. Par contre l’animalité est quelque chose que nous ne savons pas encore faire (on y vient ?).

    La question est donc là : l’homme se différencie-t-il par le degré de sa capacité face à la raison complexe (que nos machines vont dépasser, comme nos voitures roulent plus vite que nous ne courrons) ? par certaines qualités (un penseur animal) ? par la conjonction de ces capacités ? Ou par quelque chose d’autre ?

    Ma question est que je fais l’hypothèse qu’il se différencie par quelque chose d’autre : par la nature de son « interligence ». Un mot bien curieux qui est à la base de notre monde d’aujourd’hui faite d’inter/hyperliens.

    « inter legere » a donné dans le sens du brillant Cicéron, le sens français que nous lui connaissons. Dans le sens de l’historien Tite-Live, l’enchainement logique des faits et de leurs conséquences que lui donnent aussi les Anglo-saxons, que nous appelons renseignement et que j’identifie comme intellition (la capacité à percevoir par l’intelligence). Mais ce n’est que maintenant que nous en venons au sens de Virgile, de l’observateur des choses et de leurs liens, de la vie de la nature en bonne intelligence avec elle-même.

    Et la question devient que, si l’homme existe, en soi, et non comme un système qui va, que l’on peut créer, modifier et recréer, c’est en raison de ce qui interlie tout ce qui le compose de façon unique dans l’univers, indépendamment du temps qui n’est que le rythme de son accomplissement de microétat quantique en microétat quantique. Unicité de ce qui résulte de cette construction de lui-même qu’il a librement arbitrée. Par quoi il est son co-créateur ce qui va au-delà de la compréhension de l’ame des choses et des êtres.

    Mais qui ne se fait pas (nous le savons bien aujourd’hui) au moment où il fait. C’est au moment où il se réfléchit mûrement lui-même, décidant et façonnant ses habitus, souffrant sn éthique – pathemata mathemata -, pour la manière dont sa propre construction devra inconsciemment réagir dans l’instant.

    Ce qu’espèrent nos Californiens lsd-historiques dans leur cryonégsation posthume c’est l’espoir d’une résurection informatique par le portage de leur interligence sous un super-Linux qui leur assurera de vivre à jamais pour l' »interlité ». C’est cela qu’ils cherchent pour vaincre la mort par la technologie. Alors que d’autres la recherche et la donne pour vaincre leur technologie…

    Merci de votre écoute ! J’ai été long, mais je crois que c’est ce qui d’une manière ou d’une autre est au fond des têtes d’aujourd’hui, et qu’une philosophie nouvelle, se mettant au niveau des nouvelles technologies et du droit, de la politique et de la pensée complexes, se doit de considerer, en « libérant » enfin Aristote de Platon.

  39. Simone MANON dit :

    Réponse à Eve
    Chez Platon, dans le Ménon, vous trouverez le thème de l’opinion droite. Dans la mesure où peu d’hommes peuvent gravir le chemin de la connaissance, on comprend que l’opinion droite est incontournable pour donner une assise au pouvoir politique.

    Il y a chez Aristote une légitimité de l’opinion dans tous les domaines où les vérités nécessaires ne sont pas possibles. Cf. « Nous aurons suffisamment rempli notre tâche si nous donnons les éclaircissements que comporte la nature du sujet que nous traitons. C’est qu’en effet on ne doit pas chercher la même rigueur dans toutes les dis­cussions indifféremment, pas plus qu’on ne l’exige dans les productions de l’art. Les choses belles et les choses justes qui sont l’objet de la Poli­tique, donnent lieu à de telles divergences et à de telles incertitudes qu’on a pu croire qu’elles existaient seulement par convention et non par nature. Une pareille incertitude se présente aussi dans le cas des biens de la vie, en raison des dommages qui en découlent souvent: on a vu, en effet, des gens périr par leur richesse, et d’autres périr par leur courage. On doit donc se contenter, en traitant de pareils sujets et partant de pareils princi­pes, de montrer la vérité d’une façon grossière et approchée; et quand on parle de choses simplement constantes et qu’on part de principes égale­ment constants, on ne peut aboutir qu’à des conclusions de même carac­tère. C’est dans le même esprit, dès lors, que devront être accueillies les diverses vues que nous émettons: car il est d’un homme cultivé de ne chercher la rigueur pour chaque genre de choses que dans la mesure où la nature du sujet l’admet: il est évidemment à peu près aussi déraisonnable d’accepter d’un mathématicien des raisonnements probables que d’exiger d’un rhéteur des démonstrations proprement dites ». Éthique à Nicomaque, 1 094b 11-1 095a11, trad. Tricot.

    L’exigence démocratique est antinomique d’une condamnation radicale de l’opinion. D’où le procès qu’Hannah Arendt instruit du platonisme et de la philosophie en général accusés d’être un despotisme de la raison, une tentation solipsiste, une menace pour la liberté démocratique, etc.
    Cf. Sens commun et modernité chez Arendt par Anne Roviello.
    Cf. Aristote: Là où il y a débat, il n’y a pas science, aussi à défaut d’une science du bien public, la multitude est meilleure juge qu’une élite, les lumières limitées de chacun se corrigeant les unes les autres et donnant dans l’ensemble un meilleur résultat. « Mais la conception, suivant laquelle on doit confier le pouvoir souverain à la multitude plutôt qu’à une élite restreinte, peut sembler apporter une solution, défendable dans une certaine mesure et sans doute répondant à la vérité. La multitude, en effet, composée d’individus qui pris séparément, sont gens sans valeur, est néanmoins susceptible, prise en corps, de se montrer supérieure à l’élite (…) non pas à titre individuel, mais à titre collectif : c’est ainsi que les repas où les convives apportent leur écot sont meilleurs que ceux dont les frais sont supportés par un seul ». Aristote. Politique III, 11.

    Tocqueville a particulièrement souligné la souveraineté de l’opinion dans la démocratie. http://www.philolog.fr/nature-et-souverainete-de-lopinion-dans-la-societe-democratique-tocqueville-explication/

    L’éthique de la discussion théorisée par Habermas prend au sérieux les opinions.
    Bien à vous.

  40. Simone MANON dit :

    Réponse à Jefsey
    Permettez, Monsieur, que je ne rebondisse pas sur un propos qui se contente pour l’instant d’être programmatique. Seul l’avenir permettra de juger la fécondité ou la stérilité de ses promesses.
    Bien à vous.

  41. Jefsey dit :

    Chère Madame,
    je comprends très bien que la philo botte en touche faute de recul. Mais ne disons pas que le propos est programmatique : il est tellement présent et entier qu’il est au coeur de notre vie réelle. http://www.atlantico.fr/decryptage/et-facebook-live-etait-enorme-revolution-dont-nul-ne-peut-encore-imaginer-impact-michael-dandrieux-david-fayon-2780826.html En Droit ceci se perçoit entre autres par l’introduction du Temps relatif, et des conflits avec l’intention. Que de sujets de dissertations technosophiques en vue !
    Bien à vous.

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