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Obligation ou devoir.

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Table de la loi. www.ado.justice.gouv.fr  

  

   La notion d'obligation est synonyme de devoir et prend sens dans le domaine moral et juridique. Ex : Respecter la personne humaine est une obligation morale. Payer ses impôts est une obligation juridique.

    Etre obligé consiste à se sentir tenu d'obéir à une loi s'imposant à nous avec une sorte de nécessité objective.

 

Par son caractère impératif, l'obligation témoigne qu'il y a dans le sujet une résistance à son injonction. En effet, il n'y a pas lieu de prescrire ce qui correspond à une inclination naturelle.

 

Ex : Si le respect allait de soi, il ne serait pas nécessaire d'en faire l'objet d'un devoir.

 

Par sa forme même, l'obligation indique qu'elle contrarie un penchant, c'est pourquoi elle peut être vécue comme une contrainte. La confusion est d'ailleurs permanente dans la manière courante de parler. La formule : « Je suis obligé de faire cela » est la plupart du temps employée dans le sens de : « je suis contraint de faire cela ».

 

Et pourtant l'obligation n'est pas la contrainte.

 

La contrainte est exclusive de la liberté. Une contrainte est une force s'imposant de l'extérieur à la volonté et la niant dans son pouvoir de liberté ou d'autodétermination.

 

Or, si dans l'obligation le sujet se sent contrarié dans son penchant naturel, il ne s'ensuit pas que la loi qui oblige soit vécue comme une contrainte extérieure. Se sentir obligé consiste au contraire à consentir à la légitimité de l'ordre donné. Résistance et consentement, telles sont les caractéristiques de l'expérience de l'obligation. D'une part la loi semble s'imposer de haut comme si elle avait un caractère de transcendance, d'autre part elle rencontre un écho dans l'intériorité.

 

PB : Comment comprendre un tel vécu ? Comment articuler la dimension de transcendance avec le consentement intérieur ? D'où vient que l'homme fasse une telle expérience ?

 

  La réponse à cette question ne va pas de soi. Ce qui se joue en elle n'est rien moins que toute une conception de la nature humaine.

 

I) La thèse religieuse.

 

   Elle voit dans la transcendance de la loi, la transcendance de Dieu.

 

L'homme est un sujet moral parce que Dieu l'a rendu capable de recevoir sa loi. Ainsi Moïse recueille les Dix Paroles que Dieu lui révèle sur le Sinaï. A travers lui, Dieu s'adresse à son peuple, lui signifiant qu'il  ne se tiendra debout qu'autant qu'il obéira à la loi divine, lui sera fidèle et pensera sa liberté comme réponse à l'extériorité de l'appel duTrès Haut.

 

Cette thèse fait de la religion, le fondement de la morale.

 

  PB : Cette manière de rendre intelligible l'expérience morale pose deux grands problèmes.

 

   D'une part, elle conduit à admettre que seul un croyant peut être moral. Ce qui est injurieux pour tous ceux qui, bien qu'incroyants, témoignent dans leur conduite d'un très haut niveau d'exigence morale. "Un athée peut être vertueux, aussi sûrement qu'un croyant peut ne pas l'être" écrivait Pierre Bayle. (1647.1706).

 

   D'autre part, elle interdit de penser la liberté comme autonomie. En la définissant comme réponse à l'extériorité d'un appel, elle la consacre comme hétéronomie.

 

 

 II) La thèse sociologique.

 

   Elle voit dans la transcendance de la loi, la transcendance de la société.

 

« Le devoir, c'est la société en tant qu'elle nous impose des règles, qu'elle assigne des bornes à notre conduite » écrit le sociologue Emile Durkheim. « Quand ma conscience parle, c'est la société qui parle en moi ».

 

  On ne doit pas sous-estimer la force de cette thèse, car le devenir moral de l'homme est compromis sans l'inscription de l'enfant dans une famille, une collectivité, normant sa conduite par voie d'imitation et d'éducation. La morale sociale, les moeurs tiennent d'ailleurs lieu, chez nombre d'individus, de morale tout court.

 

  PB : Cependant, lorsque cette morale prescrit la lapidation de la femme adultère, la condamnation à mort de l'apostat (morale islamique intégriste) ou l'interdiction, non pas de voler mais de se faire prendre en flagrant délit de vol (morale lacédémonienne), elle ne paraît guère morale.

 

   De plus, si l'on devait réduire la morale à la morale sociale, il faudrait faire le deuil d'une morale définissable en termes universels et on ne comprendrait pas au nom de quoi des hommes pourraient critiquer, dénoncer comme illégitimes les lois sociales. Or cette condamnation est un fait. Dans toutes les sociétés des voix s'élèvent pour condamner les pseudo valeurs collectives. Ce n'est pas toujours au nom de valeurs universalisables en droit, mais c'est parfois le cas. La réduction de la morale à la morale sociale pose donc plus de problèmes qu'elle n'en résout.

 

   Bien qu'en partie déterminée par les conditions sociales d'existence, la conscience semble donc disposer d'une marge d'autonomie patente dans la critique qu'elle peut faire des normes sociales selon lesquelles elle a été éduquée.

 

 III)  La thèse psychanalytique.

 

 Elle est une manière de décliner la thèse précédente.

 

La conscience morale, nous apprend Freud, est un effet de surface du surmoi et celui-ci résulte de l'introjection des interdits parentaux et sociaux. La conscience n'étant pas une instance originaire mais dérivée, il va de soi que le freudisme ne peut pas penser la liberté comme autonomie.

 

  PB : Cette thèse a sa cohérence, mais le cours a montré les problèmes qu'elle pose.

 

  IV) La thèse kantienne.

 

 Elle a les faveurs d'un philosophe rationaliste, car elle a le mérite de permettre l'intelligibilité des deux points problématiques de l'expérience décrite : d'une part le caractère transcendant de la loi, d'autre part sa dimension intérieure. Par ailleurs, elle nous permet de penser la liberté comme autonomie.

 

L'interprétation kantienne propose un schéma dualiste. Le dualisme de la nature et de la raison, de l'être sensible et de l'être intelligible.

 

Qu'est-ce que la transcendance et l'intériorité de la loi ? C'est la transcendance et l'intériorité de la raison en chacun de nous.

 

En effet, la représentation de la loi morale est « un fait de la raison ».

 

« Deux choses me remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi » écrit Kant. Critique de la raison pratique.1788.

 

   Comme l'ordre cosmique est régi par une législation naturelle, l'ordre humain peut et doit être régi par la loi morale car, en tant qu'il est une raison, l'homme a le devoir et donc le pouvoir d'être le législateur de son monde. Il peut et il doit instituer le règne des fins, c'est-à-dire un monde où l'homme traitera « l'humanité aussi bien dans sa propre personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, jamais simplement comme un moyen ». Fondements de la métaphysique des mœurs.1785.

 

   Mais cette loi rencontre de la résistance en chacun de nous car nous ne sommes pas qu'un être de raison. Nous sommes aussi un être sensible. De ce point de vue, nous ignorons l'exigence morale et ne connaissons qu'une seule loi : la loi de la nature nous poussant à rechercher la satisfaction de nos inclinations naturelles. En tant que nous sommes nature, nous sommes déterminés à viser l'accomplissement de nos désirs, besoins, intérêts mais ceux-ci rencontrent parfois la loi morale comme ce qui les contrarie.

 

   D'où cette étrange expérience où quelque chose en moi résiste, et quelque chose d'autre se reconnaît dans l'injonction. C'est que je suis à la fois celui qui se donne la loi et celui qui lui est soumis. En obéissant à la loi morale, je n'obéis qu'à moi-même et fait resplendir la liberté  comme autonomie rationnelle. Je découvre ainsi que si j'appartiens, par ma dimension sensible, à l'ordre empirique, j'appartiens par ma raison à un ordre métaphysique me faisant obligation de me rendre indépendant des inclinations naturelles.

 

  L'expérience de l'obligation morale est paradoxalement expérience de liberté.

 

Cf.  « Par le devoir, l'homme sait donc qu'il n'est pas seulement ce qu'il s'apparaît, c'est-à-dire une partie du monde sensible, un fragment du déterminisme universel, mais qu'il est aussi une chose en soi, une source de ses propres déterminations » E. Bréhier Histoire de la philosophie, T II.

 

Il s'ensuit que :
  • Seul un être imparfait dont la nature n'est pas en accord avec la liberté ou la raison peut faire l'expérience de l'obligation. Dieu n'a pas d'obligation.
  • Seul un être libre peut se sentir des obligations. L'animal ou l'enfant ne se sentent pas obligés.
   

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13 Réponses à “Obligation ou devoir.”

  1. Justine dit :

    Si je comprends bien, l’obligation est donc différent de la contrainte en ce sens que « se sentir obligé » signifie que je sens que je dois faire une chose car elle est en quelque sorte pleine de bon sens et je peux la faire car je suis un être libre de choisir. C’est donc pour cela que l’on peut rattacher l’obligation à la morale?

  2. Simone MANON dit :

    Vous semblez découvrir une signification élémentaire faisant l’objet d’un cours de terminale. Permettez-moi de m’étonner dans la mesure où vous êtes en classe préparatoire.
    Il est impossible de réfléchir sur la morale et sur le droit (deux domaines où l’on parle d’obligations) sans la maîtrise du sens de cette notion.
    Je vous conseille donc de faire une fiche précise sur ce thème. Voyez l’article mis en lien: liberté-obligation: texte de Kant. Ainsi que les articles distinguant le sentiment du respect de l’obligation du respect pour clarifier les choses.
    Bien à vous.

  3. […] » Obligation ou devoir […]

  4. Augustin Frayard dit :

    Bonjour Madame,

    Je travaille actuellement sur la question du désir et du devoir, je crois avoir compris ce que Kant entend par Devoir, en revanche, la morale Spinoziste m’échappe complètement. S’il n’y a pas chez lui de devoir à proprement parler, d’action répondant à une norme transcendante, et s’il n’y a pas de négativité dans l’être, autrement dit, si le bien est uniquement affirmation positive de soi, que devient l’action morale? L’oubli de soi, inévitable quand on partage la souffrance de quelqu’un, est-il une passion triste à rejeter? Et si c’est le cas, que devient la relation aux autres dans ce contexte? Trouve-t-on dans sa philosophie des textes portant sur la possibilité, ou l’obligation, d’une bonne conduite à l’égard d’autrui?

    Je vous remercie
    et vous souhaite une excellente année 2015.

  5. Simone MANON dit :

    Bonjour
    L’éthique spinoziste fait en effet l’économie de l’idée d’obligation ou de devoir car Spinoza récuse le principe du libre arbitre et de la raison conçue comme une instance morale capable de dominer les passions. L’essence de l’être humain est le désir de persévérer dans son être, conatus d’autoconservation, puissance d’agir qui éprouve de la joie lorsqu’elle est augmentée, de la tristesse lorsqu’elle est diminuée. Pas de dualisme chez Spinoza entre le corps et l’âme, la raison et la nature. C’est une philosophie de l’immanence, la capacité de comprendre l’ordre des choses rationnellement permettant de distinguer un désir actif d’un désir passif, la liberté de la servitude, les relations humaines positives des relations négatives. Car celui qui déploie sa puissance de comprendre coextensive aux affects de joie a une idée adéquate de ce qui l’augmente et recherche son utile propre. Or rien n’est plus utile à l’homme que l’homme. C’est dans la concorde, l’échange, l’amour, l’amitié, l’estime des autres et de soi-même, dans l’union avec les autres que les hommes accroissent leur puissance d’agir. Les passions haineuses ne sont pas seulement des passions tristes. Elles révèlent que l’homme n’a pas l’intelligence de son véritable intérêt dans la mesure où, dès lors que les hommes vivent sous la conduite de la raison, il y a harmonie entre l’utile propre de chacun et l’utile commun.

    Voyez ce passage de l’Ethique :

    « C’est dans la seule mesure où les hommes vivent sous la conduite de la Raison qu’ils s’accordent toujours nécessairement par nature.

    Démonstration : En tant que les hommes sont tourmentés par des affects qui sont des passions, ils peuvent être différents par nature et contraires les uns des autres. Mais les hommes sont actifs dans la seule mesure où ils vivent sous la conduite de la Raison ; aussi, tout ce qui suit de la nature humaine en tant qu’elle se définit par la Raison, doit être compris par la seule nature humaine, comme par sa cause prochaine. Mais puisque chacun, par les lois de sa nature, désire ce qu’il juge être un bien et s’efforce d’écarter ce qu’il juge être un mal ; puisqu’en outre ce que nous jugeons être bien ou mal par le commandement de la Raison est nécessairement bien ou mal, les hommes, en tant qu’ils vivent sous la conduite de la Raison, et dans cette mesure seulement, accomplissent nécessairement les actions qui sont nécessairement bonnes pour la nature humaine, et donc pour chaque homme, c’est-à-dire ce qui s’accorde avec la nature de tout homme ; et par suite, les hommes également s’accordent toujours nécessairement entre eux, en tant qu’ils vivent sous la conduite de la Raison. (…)

    Scolie : Ce que nous venons de montrer, l’expérience elle-même l’atteste chaque jour par tant de témoignages lumineux que presque tous disent : l’homme est un Dieu pour l’homme. Mais il arrive rarement que les hommes vivent sous la conduite de la Raison ; avec eux les choses sont telles que la plupart se jalousent et se nuisent les uns les autres. Et pourtant ils ne peuvent mener une vie solitaire, et pour la plupart d’entre eux convient cette définition de l’homme comme animal politique ; car les choses sont telles que de la société commune des hommes naissent beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. (…) [Les hommes [expérimentent] qu’ils peuvent se procurer par une aide mutuelle ce dont ils ont besoin et qu’ils ne peuvent éviter les dangers qui les menacent de partout que par l’union de leurs forces.» (Ethique, IV, 35 et scolie)

    PS: Si vous tapez Spinoza dans l’index vous découvrirez différents articles sur cet auteur. En particulier: http://www.philolog.fr/eloge-du-plaisir-spinoza/
    Peut-être, ces articles vous aideront-ils à mieux comprendre cette grande philosophie.

    Que 2015 soit, pour vous aussi, une bonne année conforme à vos espérances.

  6. Augustin Frayard dit :

    Madame, merci infiniment,
    c’est en effet beaucoup plus clair!
    AF

  7. Augustin Frayard dit :

    Madame
    Je me permets de revenir vers vous car j’ai soudain le sentiment que m’échappe le sens de mon propre travail. L’intitulé Désir et Devoir me demande de réfléchir à leur relation, ce que j’ai fait par écrit. Je résume pour faire simple : J’ai pensé à les opposer avec Kant (la morale du devoir exclut l’amoralité des désirs et avec eux le bonheur), puis j’ai déplacé la perspective avec Spinoza (J’ai substitué la vertu au devoir, et le Désir aux désirs pour montrer que la vertu consiste certes à se libérer de ses désirs mais non à renoncer à la Joie d’être vertueux > connaissance adéquate du Désir > compréhension de sa nécessité propre). Mais à présent, je me pose deux questions.
    1) A-t-on le droit de remplacer le mot « devoir » présent dans l’intitulé par le mot vertu, alors que ce mot n’a rien à voir avec le devoir puisqu’il désigne soit la puissance, soit la prudence ?
    2) Faire une troisième partie sur l’utilitarisme, n’est-ce pas passer de deux thèses très fortes à une thèse relativement faible ?
    J’espère ne pas trop vous en demander.
    Merci encore!
    AF

  8. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je suis très embarrassée pour vous répondre car je ne vois pas quelle est la problématique (en avez-vous élaboré une ?) que vous cherchez à élucider et il me semble que le kantisme n’est pas mieux compris que le spinozisme.
    Il est impropre de dire que la morale du devoir exclut l’amoralité des désirs et avec eux le bonheur.http://www.philolog.fr/est-ce-un-devoir-de-rechercher-le-bonheur/
    Kant signifie seulement qu’il y a une hétérogénéité entre l’ordre de la raison et celui de la sensibilité. La loi morale a sa source dans la raison et suppose la liberté pour être incarnée dans la conduite. Cette loi ne condamne pas par principe les inclinations naturelles ou les désirs. Elle demande seulement :
    1) de ne pas les placer à la racine du vouloir. Tant que ce qui détermine le vouloir est un « mobile pathologique » (en termes kantiens une détermination de la volonté par la sensibilité) l’action n’a pas de valeur morale. C’est la pureté de l’intention morale autrement dit la volonté d’agir par pur respect pour la loi qui fait la valeur morale d’une action.
    2) de se demander si l’on peut universaliser la maxime de son action. Cf. Ces deux formules de l’impératif catégorique :
    « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle »
    « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature »
    La maxime est le principe subjectif de l’action. Dans ses buts, dans ses contenus, l’action a nécessairement à voir avec les désirs. Ce n’est pas ce qui juge moralement l’acte, c’est seulement le principe selon lequel le sujet agit. Puis-je oui ou non l’universaliser ? Il s’ensuit que je puis satisfaire quantité de désirs sans être condamnable moralement.
    Voyez l’analyse kantienne du souverain bien. http://www.philolog.fr/la-morale-kantienne-rigorisme-et-formalisme/ Celui-ci articule le bonheur et la moralité. Il nous semble, dit Kant, que la moralité est ce qui devrait nous rendre digne d’être heureux. Le fait qu’il n’en soit pas ainsi nous indigne et fonde l’espérance religieuse en un monde où les bons seront récompensés et les méchants punis.
    NB: Une telle opposition de concepts n’appelle-t-elle pas une réflexion sur l’idée d’un penchant au mal? http://www.philolog.fr/peut-on-vouloir-le-mal/

    L’opposition du Désir aux désirs, chez Spinoza, ne me semble pas pertinente. Le conatus d’autoconservation s’expérimente dans la diversité des désirs qui sont les nôtres. Il n’y a pas de sens à dire que l’éthique spinoziste nous invite à nous libérer des désirs. Elle nous invite au contraire à accomplir nos désirs pour autant qu’ils ne sont pas des désirs passifs nous égarant dans la compréhension de notre utile propre.

    Il n’y a guère de sens à substituer la notion de vertu à celle de devoir. Les Grecs parlent beaucoup de vertu mais ils ignorent l’idée d’un devoir au sens kantien. La vertu est, pour eux, d’accomplir sa nature dans son excellence. Pour Kant la vertu est de faire son devoir.http://www.philolog.fr/morale-antique-morale-moderne/
    Voyez bien que Guyau disait de Spinoza qu’il est « un métaphysicien de l’utilitarisme ».
    Bien à vous.

  9. Augustin Frayard dit :

    Madame
    Merci pour toutes ces précisions, mon résumé était maladroit, j’avais bien une problématique et je crois avoir compris Kant. Vous me faites prendre conscience que chaque mot compte et qu’une formulation trop libre pourrait me coûter cher à l’examen.
    Pour Spinoza, vous avez raison, j’aurais dû distinguer désirs actifs et passifs et ne pas opposer désirs à Désir.
    S’agissant du devoir et de la vertu, là encore, j’avais lu votre cours sur les morales antique et moderne. Le sens de ma question était : traiter correctement l’intitulé « Désir et Devoir », est-ce s’interdire d’aborder les philosophies antiques, ou la philosophie de Spinoza, justement parce qu’elles ignorent l’idée de devoir? Ma problématique était : A quelles conditions peut se concevoir une autre relation que celle qui prend la forme d’une soumission pure et simple du désir à la raison?
    Merci infiniment et pardonnez-moi de vous solliciter encore,
    c’est mon dernier message!!!

  10. Augustin Frayard dit :

    PS > … soumission pure et simple du désir à la raison > j’entends dans le cadre d’une réflexion sur la moralité.

  11. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je comprends mieux maintenant. Les Anciens et Spinoza permettent en effet de comprendre la vie vertueuse comme accomplissement de la nature humaine. Il n’y a pas chez eux, comme chez Kant, l’idée chrétienne d’une nature déchue qui doit être relevée par l’obéissance à une loi transcendante, fût-elle intérieure.
    Je pense que le beau livre de Jean-Marie Guyau aurait pu être exploité: Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction (Allia,1884,2008).
    Bien à vous

  12. Augustin Frayard dit :

    Merci de me faire découvrir cet auteur. J’ai lu qu’il avait
    fini ses jours à Menton, à côté de chez moi. Menton est une jolie petite ville que vous connaissez certainement si vous êtes familière de Saint Paul. Le musée Cocteau, la place aux trois clochers et les petits voiliers, c’est si joli quand la ville est déserte.
    Merci encore
    AF

  13. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Oui, je connais bien Menton car la région est mon pays de prédilection.
    Vous pouvez lire sur mon blog un extrait du texte de Jean-Marie Guyau portant sur le thème de l’expérience anticipée de la mort dans certaines maladies. http://www.philolog.fr/experience-de-la-mort-au-coeur-de-la-vie-jean-marie-guyau/
    Bien à vous

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