Liberté: le problème métaphysique.

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Au sens métaphysique, la liberté s’oppose au déterminisme.

 

  Ce qui est déterminé est l’effet nécessaire de conditions antécédentes. Le nécessaire qualifie ce qui ne pourrait pas ne pas être ou être autrement qu’il est.

  Pour que la liberté soit possible, il faut donc admettre de la contingence. On la définit métaphysiquement comme libre-arbitre.

  « Le libre-arbitre consiste à faire une chose ou à ne la faire pas sans qu’aucune force extérieure nous y contraigne » écrit Descartes dans les Méditations métaphysiques 1641.1642.

  Il est un pouvoir de se déterminer à agir indépendamment de toute détermination.

  Il est pour Descartes, le propre de l’esprit ou de la substance pensante. Alors que toutes les opérations de la matière procèdent des lois des mouvements matériels et sont rigoureusement déterminées, la pensée se caractérise par sa spontanéité et la libre disposition d’elle-même.

  Le libre-arbitre est une des merveilles du monde, la marque du créateur sur la créature, le fondement de la responsabilité et ce qui confère aux actions humaines leur dimension morale. Il est pour Descartes une évidence. « Il est si évident que nous avons une volonté libre, qui peut donner son consentement ou ne pas le donner quand bon lui semble que cela peut être compté pour une de nos plus communes notions » Les principes de la philosophie. 1644.

 

  Pour illustrer cette idée du libre-arbitre, on attribue à Buridan (1300.1358) une expérience de pensée (qui est sans doute une légende puisqu’on n’en trouve pas  trace dans son œuvre). Il s’agit du célèbre exemple de l’âne. Supposons un âne ayant également faim et soif et plaçons le entre un picotin d’avoine et un seau d’eau. Le pauvre âne est condamné à mourir de faim et de soif car les forces le déterminant dans un sens ou dans un autre étant égales, s’équilibrent. L’animal, n’étant pas doté d’une âme, est privé du pouvoir dont celle-ci dispose, d’initier un mouvement, de se déterminer indépendamment de toute détermination.

  Le libre-arbitre est donc un pur pouvoir de choix susceptible de s’exercer dans la totale indifférence. Voilà pourquoi la liberté se définit métaphysiquement comme liberté d’indifférence.

 

  Le principe du libre-arbitre revient à admettre que si aucun motif raisonnable ou mobile affectif n’inclinait l’homme dans une direction, il pourrait néanmoins se déterminer dans un sens ou dans un autre, par sa seule spontanéité. (Gide met en scène cette conception d’un acte libre qu’il appelle « un acte gratuit«   dans Les Caves du Vatican avec le personnage de Lafcadio). Il signifie aussi que, quand bien même un sujet aurait des raisons de choisir ceci plutôt que cela, ces raisons ne le détermineraient pas. Par exemple, il est possible de discerner par l’exercice de son entendement le meilleur et néanmoins, de se déterminer au pire par le pouvoir de sa volonté.(Cf. Ovide; « Je vois le meilleur et je l’approuve mais je fais le pire » ) L’homme n’est pas, comme l’animal ou la chose déterminé, il a la capacité de se déterminer.

 

  L’affirmation du libre-arbitre est un parti-pris métaphysique.

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Autour de ce Sujet :

  1. Liberté/déterminisme: la question épineuse.
  2. Déterminisme et liberté. Kant.
  3. Identité: I) le problème métaphysique.
  4. La liberté d’indifférence est-elle une vraie liberté?
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