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David Hume. 1711.1776. Portrait par Ramsay.

 

   C'est ce que soutient l'empirisme. L'empirisme s'oppose au rationalisme dogmatique selon lequel : « Toute connaissance certaine vient de principes irrécusables, a priori, évidents, dont elle est la conséquence et d'eux seuls, les sens ne pouvant fournir qu'une vue confuse et provisoire de la vérité » Lalande. Vocabulaire de la philosophie.

 

1)      Analyse de l'empirisme.

 

  « Nom générique de toutes les doctrines philosophiques, selon lesquelles la connaissance humaine dérive toute entière directement ou indirectement de l'expérience sensible, y compris les principes rationnels de la connaissance et qui n'attribuent à l'esprit aucune activité propre ». Lalande.Ibid.

 

  Locke (1632.1704), Hume (1711.1776), J.S. Mill (1806.1873) sont des empiristes. Newton se revendique empiriste.

 

  L'empirisme est avant tout une critique de l'innéisme. Locke soutient qu' « il n'y a rien dans l'entendement qui n'ait d'abord été dans les sens ». Il n'y a pas d'idées ou de principes innés. L'esprit est une table rase, une cire vierge sur lequel viennent s'imprimer les données de l'expérience. Nos idées sont le reflet de nos impressions sensibles. L'ordre que nous mettons dans les phénomènes ne procède pas de principes a priori ("a priori" signifie : qui est antérieur à l'expérience. S'oppose à "a posteriori" : qui découle de l'expérience), il est le reflet dans notre esprit de ce que l'expérience nous montre. La répétition des mêmes expériences fait, avec l'habitude, naître les idées d'identité, de ressemblance et toutes les généralisations nécessaires à la connaissance.

 

  Cf. La célèbre analyse que Hume fait du principe de causalité. C'est de l'expérience, affirme Hume, que nous tirons l'idée qu'un phénomène A est cause d'un phénomène B. Le rapport causal est un rapport chronologique. Nous constatons une conjonction constante entre deux phénomènes et c'est l'habitude, l'accoutumance qui nous détermine à attendre l'un quand paraît l'autre. La prétention qui est la nôtre d'énoncer une relation nécessaire entre A et B n'a aucune validité rationnelle. En réalité il s'agit d'une impression subjective produite par l'expérience réitérée d'une succession dans le temps. Car en toute rigueur, que cette succession ait été observée un grand nombre de fois dans mon expérience passée me permet seulement de dire qu'il est probable qu'elle sera observable demain, cela ne me permet pas de dire qu'il est nécessaire qu'il en soit ainsi.

 

  Ex : Je m'attends lorsque je mets une casserole d'eau sur le feu  à ce que l'eau bouille parce que j'ai l'expérience de la conjonction constante de l'échauffement et de l'ébullition. L'habitude de cette conjonction suscite le sentiment d'un rapport nécessaire mais  cette nécessité n'est pas rationnellement fondée car « l'expérience nous apprend bien que quelque chose est de telle ou telle manière mais non point que cela ne peut être autrement » (Kant). L'expérience ne donne à voir que du contingent et du particulier ; elle ne permet pas de formuler des rapports nécessaires et universels.

 

  Il s'ensuit que l'empirisme ruine la prétention de la science à formuler des propositions universelles et nécessaires en ce qui concerne les faits. Or seules l'universalité et la nécessité d'un énoncé lui confèrent la certitude. L'empirisme conduit donc au relativisme et au scepticisme.

 

  On appelle positivisme logique, l'option empiriste en matière scientifique. Selon cette théorie de la connaissance la science se réduit à une description scrupuleuse du réel permettant un bon système de prédictions. La méthode consiste à relier une observation à la suivante, au moyen de formules appropriées, en évitant de recourir à des variables imaginaires ou à des observations non vérifiées. La science ne peut énoncer que des relations probables c'est-à-dire des relations susceptibles d'être confirmées par des observations répétées, elle ne peut pas formuler des relations nécessaires et universelles.

 

2)      Les difficultés de l'empirisme. L'alternative kantienne : le criticisme.

 

  On a déjà souligné les difficultés de l'empirisme au niveau de l'observation des faits. Il suppose que l'objet s'imprime sur un esprit passif or la plus simple perception montre qu'il n'en est rien. L'objet est moins donné que construit. La perception est, comme l'établit Descartes dans l'analyse du morceau de cire, une opération de l'entendement qui synthétise dans l'unité et l'identité d'un objet une multiplicité et une diversité d'impressions sensibles. Je ne vois pas la cire, « je juge que je vois de la cire » dit Descartes.

 

  Ce qui est vrai de la perception, de l'observation des faits,  l'est a fortiori de l'activité théoricienne. En prétendant la fonder sur la seule expérience, l'empirisme remet en cause son caractère rationnel et conduit au scepticisme. Or la physique de Newton n'est-elle pas un désaveu d'un tel scepticisme ?  Kant interroge les conditions de possibilité de la science telle qu'elle vient de donner sa mesure avec le génie de Newton. Elle a un double caractère expérimental et mathématique. Elle établit des lois dont la forme nécessaire et universelle s'énonce dans des formules mathématiques. Comment cela serait-il possible si l'expérience était le fondement de la connaissance ? Ne faut-il pas substituer à l'option empiriste, l'option rationaliste consistant à admettre que la théorie suppose l'intervention de principes internes à l'esprit, principes organisant l'expérience mais ne découlant pas d'elle ?

 

  Telle est l'analyse que Kant propose de la causalité. Ce que l'expérience fournit ce sont les éléments liés par la relation causale, non la relation elle-même. Celle-ci est une catégorie de l'entendement posant que « tout ce qui arrive suppose quelque chose dont il résulte suivant une règle ». Sans ce principe, dit Kant, nous serions dans l'impossibilité de connaître quoi que ce soit et le réel serait inintelligible pour nous. L'esprit donne la règle selon laquelle nous mettons en ordre le divers donné dans l'expérience. Loin d'être dérivée de l'expérience, la causalité est la condition de l'expérience, le cadre a priori sans lequel « les intuitions sensibles seraient aveugles » c'est-à-dire désordonnées et confuses. Réciproquement sans les intuitions sensibles, les catégories seraient « vides » puisqu'elles n'auraient rien à relier.

 

  Il s'ensuit que l'expérience fournit la matière de la connaissance mais  sa forme dérive de l'esprit. L'expérience est donc un mélange de réceptivité (passivité) et de spontanéité (activité) de l'esprit. Sans une matière l'esprit n'aurait rien à connaître. L'expérience est donc bien l'origine de toute connaissance possible mais elle n'en est pas le fondement car la forme qui est appliquée à cette matière relève de la spontanéité de l'esprit.

 

  Les principes de l'esprit mis en œuvre dans la connaissance sont dits transcendantaux. Est transcendantal, au sens kantien, ce qui est antérieur à l'expérience (a priori) indépendant d'elle mais ne trouve à s'appliquer qu'en elle. Comme tel, le transcendantal est la condition de toute expérience possible.

 

3)      Les implications de la thèse kantienne.

 

a) La distinction du penser et du connaître.

 

  La connaissance (la science) exige que l'activité de l'esprit (la mise en forme) s'applique à des objets donnés dans l'expérience (ce qui est objet d'intuition sensible). Un concept (par exemple : Dieu, l'âme, la liberté, le monde comme totalité) auquel ne correspond aucune intuition sensible est bien une pensée mais ce n'est pas une connaissance. Il s'ensuit qu'on ne peut rien connaître au-delà de l'expérience. (Erreur de la théologie rationnelle ou de la psychologie rationnelle).

En revanche ce qu'on ne peut connaître, il est permis de le penser, de nous en faire une Idée. « J'entends par Idée, écrit Kant, un concept rationnel, nécessaire auquel ne peut correspondre aucun objet donné dans les sens ».

Il va de soi que le penser ne peut prétendre à aucune vérité objective. Nous pouvons penser l'âme, la liberté, Dieu, nous ne pouvons pas en élaborer une connaissance.

 

b) La distinction du phénomène et du noumène.

 

  Les phénomènes sont les choses telles que nous les connaissons c'est-à-dire telles que nous les informons par la structure de notre esprit. Il faut distinguer le réel phénoménal et le réel tel qu'il est en soi indépendamment de notre manière de le connaître. Celui-ci est un x inconnaissable. Mais ce que nous ne pouvons connaître, il est permis de le penser. Etymologiquement les noumènes sont les choses pensées.

Il n'y a pour nous de connaissance que du phénoménal, nous ne pouvons savoir ce qu'est le réel en soi, mais à condition de ne pas nous contredire nous pouvons le penser.

Ex:  Dans la mesure où le savant organise le réel par la catégorie de causalité ou de déterminisme, le réel est pour la connaissance scientifique un réel déterminé. Cela n'interdit pas de penser que l'homme est libre. Mais alors la liberté n'est pas conçue comme une capacité phénoménale, elle l'est comme une capacité nouménale exigée à titre de « postulat de la raison pratique ».

 

c) La révolution copernicienne.

 

  Par cette analyse Kant dit qu'il a réalisé en théorie de la connaissance, une véritable révolution copernicienne. Comme Copernic a substitué l'héliocentrisme au géocentrisme, il faut substituer l'option idéaliste à l'option réaliste en matière de théorie de la connaissance.

Le réalisme consiste à croire que la connaissance saisit le réel tel qu'il est en soi. Or toute connaissance met en rapport un sujet et un objet et c'est moins le sujet qui gravite autour de l'objet que l'inverse. C'est le réel ou l'objet qui gravite autour de l'esprit ou du sujet. En conséquence, la connaissance scientifique ne peut pas prétendre à l'objectivité si l'on entend par là ce que l'épistémologie appelle « l'objectivité forte » c'est-à-dire la conformité ou la fidélité des énoncés à l'objet. Elle doit se contenter de revendiquer une objectivité définie comme accord de tous les esprits, comme intersubjectivité. Ce que l'épistémologie appelle « l'objectivité faible ».

De fait, si la démarche scientifique neutralise la subjectivité empirique, elle ne neutralise pas toute forme de subjectivité. Les catégories de l'esprit sont à rapporter au sujet rationnel. Un tel sujet étant  universel, il  peut élaborer des énoncés capables de faire l'accord des esprits. Cela ne l'empêche pas d'être une subjectivité. (Pour la distinguer de la subjectivité empirique on parle de subjectivité transcendantale).

Le réel scientifique est un réel construit par la subjectivité transcendantale. La question reste donc posée de savoir si cette construction rationnelle est adéquate au réel en soi. Le physicien Léon Brillouin par exemple, propose de dire que « la science est l'image du réel dans l'esprit de l'homme » et  Max Planck demande d'admettre les trois propositions suivantes :

  • Il existe un monde indépendant de nous.
  • Ce monde ne nous est pas directement accessible.
  • Nous imaginons des modèles simplifiés qui nous servent de représentation physique de ce monde inaccessible ».

 

NB : L'idéalisme est mis en question par les savants qui avec B. d'Espagnat argumentent en faveur d'un réalisme ouvert. Ils objectent que si la science met en jeu un sujet, celui-ci est contraint de réformer ses catégories dans son dialogue avec le réel. Par exemple, l'espace-temps courbe de l'astro- physique n'est pas l'espace que Kant définissait comme une forme a priori de la sensibilité puisque celui-ci était l'espace euclidien. Au fond tout se passe comme si le réel était « un réel voilé » (métaphore proposée par B. d' Espagnat) que la science approche peu à peu dans son effort de dévoilement. L'option réaliste objecte aussi que si la science ne saisissait pas le réel, les réussites techniques fondées sur cette science relèveraient du miracle. « Argument du non-miracle de Hilary Putman ». 1975.

 

TEXTES.

 

« Tout homme a conscience qu’il pense et que son esprit  s’applique, quand il pense à des idées qui sont en lui : il est donc hors de doute que les hommes ont dans leur esprit diverses idées telles que : blancheur, dureté, douceur, sucré, pensée, mouvement, homme, éléphant, ébriété et autre idées; tout d’abord, nous devons nous demander comment l’esprit y parvient ?

Je suppose donc que l’esprit est, comme nous disons, du papier blanc, vierge de tout caractère, sans aucune idée : comment se fait-il qu’il en soit ensuite garni ? d’où lui vient cette vaste provision que l’imagination humaine, toujours au travail et sans limites a peintes en elle avec une variété presque infinie? Je réponds d’un mot: de l’expérience. C’est sur elle que toute notre connaissance se fonde, c’est d’elle qu’elle dérive en définitive. Notre observation appliquée soit aux objets sensibles externes, soit aux opérations internes, perçues par nous et réfléchies sur nous-mêmes, voilà ce qui fournit nos entendements de tous les matériaux de la pensée. Voilà les deux sources de la connaissance d’où sourdent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement. »

Locke, Essai sur l’entendement humain, I,  1.

 

 

 « S’il y a une relation entre les objets qu’il nous importe de connaître parfaitement, c’est celle de la cause et de l’effet. C’est sur elle que se fondent tous nos raisonnements sur les questions de fait ou d’existence (...). La seule utilité immédiate de toutes les sciences est de nous enseigner comment nous pouvons contrôler et régler les événements futurs par leurs causes. Nos pensées et nos recherches s’emploient donc, à tout moment, autour de cette relation ; pourtant, les idées que nous formons à son sujet sont si imparfaites qu’il est impossible de donner une juste définition de la cause, sinon celle qu’on tire de ce qui lui est extérieur et étranger. Des objets semblables sont toujours en connexion avec des objets semblables. Cette conjonction, nous en avons l’expérience. D’accord avec cette expérience, nous pouvons donc définir une cause comme un objet suivi d’un autre et tel que tous les objets semblables au premier sont suivis d’objets semblables au second. Ou en d’autres termes, tel que, si le premier objet n’avait pas existé, le second n’aurait jamais existé. L’apparition de la cause conduit toujours l’esprit, par une transition coutumière, à l’idée de l’effet. Cette transition aussi, nous en avons l’expérience. Nous pouvons donc, conformément à cette expérience, former une autre définition de la cause et l’appeler un objet suivi d’un autre et dont l’apparition conduit toujours la pensée à l’idée de cet autre objet. (...)

J’ose affirmer, comme une proposition générale qui n’admet pas d’exception que la connaissance de cette relation ne s’obtient en aucun cas par des raisonnements a priori; mais qu’elle naît entièrement de l’expérience quand nous trouvons que des objets particuliers sont en conjonction constante l’un avec l’autre.»

Hume, Enquête sur l’entendement humain (section 7).

 

« Si toute notre connaissance débute avec l’expérience, cela ne prouve pas qu’elle dérive toute de l’expérience, car il se pourrait bien que même notre connaissance par expérience fût un composé de ce que nous recevons des impressions sensibles et de ce que notre pouvoir de connaître (simplement excité par des impressions sensibles) produit lui-même : addition que nous ne distinguons pas de la matière première jusqu’à ce que notre attention y ait été portée par un long exercice qui nous ait appris à l’en séparer. C’est donc au moins encore une question qui exige un examen plus approfondi et que l’on ne saurait résoudre du premier coup d’œil, que celle de savoir s’il y a une connaissance de ce genre, indépendante de l’expérience et même de toutes les impressions des sens. De telles connaissances sont appelées a priori et on les distingue des empiriques qui ont leur source a posteriori, à savoir dans l’expérience. (...) Par connaissances a priori nous entendrons désormais non point celles qui ne dérivent pas de telle ou de telle expérience, mais bien celles qui sont absolument indépendantes de toute expérience. A ces connaissances a priori sont opposées les connaissances empiriques ou celles qui ne sont possibles qu’a posteriori, c’est-à-dire par l’expérience. »

Kant, Préface de la Critique de la Raison pure.

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68 Réponses à “L’expérience est-elle le fondement de la connaissance? Le criticisme kantien.”

  1. Simone MANON dit :

    Réponse à Serigne
    Bonsoir
    D’abord permettez-moi d’attirer votre attention sur la nécessité de corriger votre expression.
    Ex: je vous prie – je vous supplierais – tarauder – sûrement – intentionnel.
    Quand on sollicite un service on dit SVP et merci d’avance.

    Pour répondre à votre question: Ne suffit-il pas de prendre conscience que le réel n’est pour nous que le réel réfracté par la structure de notre esprit pour ne pas prétendre le connaître tel qu’il est indépendamment de la manière dont nous l’informons?
    Ne suffit-il pas de prendre conscience que l’image que la science construit du réel varie selon les instruments qu’elle utilise et selon les théories en vigueur pour ne pas lui attribuer de portée ontologique?
    Ne suffit-il pas d’être conscient que le réel est différent pour la chauve-souris qui dispose de récepteurs aux ultrasons et pour nous qui en sommes privés pour distinguer le phénomène du réel tel qu’il est en soi?
    Et pour que quelque chose apparaisse aux uns et aux autres, ne faut-il pas postuler l’existence de ce quelque chose?
    Bien à vous.

  2. Serigne dit :

    Bonjour
    Tout d’abord je vous remercie de votre réponse mais j’avoue que la chose est toujours problématique pour moi :
    Et je vous serais bien reconnaissant d’apporter une réponse SVP à ce questionnement suivant :

    Prendre conscience que le Réel n’est pour moi que le réel réfracté par la structure de notre esprit suffit il pour prétendre que nous saisissons plus le réel tel qu’il est ,ou cela veut il simplement dire que nous saisissons du réel (donc de la chose en soi elle même ) que ce que notre appareil sensoriel est capable de percevoir ,de la même façon nous qui n’avons pas de récepteurs aux ultrasons ,nous ne percevons pas le monde comme les chauves souris ,ou encore de la même façon que l’existence de microbe peut nous être inconnu à l’œil nu mais qu’on la découvre avec un microscope que ce n’est donc pas une chose en soi qui nous serait inconnaissable ?
    Ne pourrions nous pas dire donc que ce que nous connaissons du monde est bien une partie de la chose en soi ,du monde tel quel ,et que ce soit la partie de la chose en soi que nous pouvons percevoir avec notre appareil sensoriel ou nos technologies scientifiques (microscopes ,télescopes etc….) et non une simple représentation de cette chose en soi ?

    Cela est d’autant plus probable,lorsqu’on sait que nos connaissances scientifiques ,nous permettent d’agir et de transformer le réel ,si ce que nous connaissons n’était pas la chose en soi mais une simple représentation comment cela pourrait il être possible ?
    Il me semble que ce que nous connaissons ,n’est pas une simple représentation du monde tel qu’il est ,mais la partie du monde tel qu’il est lui même que nos sens et nos outils technologiques nous permettent de percevoir
    Merci de votre disponibilité et d’avoir eu l’idée de ce blog

  3. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Voyez ce cours pour sortir de la confusion.
    http://www.philolog.fr/en-quoi-consiste-lobjectivite-scientifique/
    Bien à vous.

  4. Emmanuel dit :

    Chère Madame,

    D’abord, un grand merci pour vos articles.

    Je suis étonné de ne pas trouver d’articles concernant l’esthétique (peut-être ais-je mal cherché…). Mais je pense que les poètes sont les plus grands successeurs de Kant.

    Si un système est intelligible depuis les Présocratiques, Spinoza et Kant, d’autres voies existent pour connaitre le réel : le Beau (par définition irrationnel), l’amour, la religion…. notre désir de totalisation n’est-il alors voué à n’être qu’un tonneau de Danaïdes, toujours appelé à être rempli pour mieux se vider ensuite ?.. Alors, au lieu de penser le tout comme un système, n’est-on pas plutôt invité à le contempler comme nous l’invite Schelling ?

    Merci d’avance.

    Emmanuel.

  5. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous disposez de tout un chapitre consacré à l’art.
    Il vous suffit de cliquer dans la colonne de droite sur le chapitre IX pour voir défiler tous les articles consacrés à ce thème.
    Il y a aussi une table des matières pour avoir une vue synoptique du contenu de mon site.
    Bien à vous.

  6. Camille R dit :

    Madame,
    Je ne sais pas bien si le lieu est approprié ; je voulais cependant vous exprimer mes sincères remerciements pour la précieuse source de connaissances et d’éclaircissements que votre blog constitue pour des étudiants avides de mieux appréhender les différentes problématiques que la philosophie met en jeu. Il est rare de trouver – sur internet – une exposition aussi claire, sérieuse, et fournie des différentes manières de réfléchir les sujets de philosophie, et la qualité est tout aussi précieuse lorsque vous développez les différents argumentaires philosophiques des auteurs.
    Ainsi, en vous remerciant pour votre engagement, votre sérieux, qui éclairent de jeunes consciences.
    Bien à vous.

  7. Simone MANON dit :

    Merci, Camille, pour cet aimable message.
    Tous mes vœux de réussite dans vos études.
    Bien à vous.

  8. soumaré dit :

    Bonjour Madame!
    Je travaille sur  » la vocation éthique de la métaphysique chez Kant  » comme sujet de mémoire. Et j’avoue que votre blog est très intéressant et profite bien aux étudiants.
    Bien des choses!

  9. Rose dit :

    Bonsoir Madame Manon,
    Je vous livre un message pour vous poser une question, en espérant que vous puissiez m’aider.
    Mon professeur de philosophie m’a donné le texte de Monsieur Locke (Essai sur l’entendement humain, I, 1.).
    Je me demandais si vous pensiez qu’il serait plus rigoureux de comparer son oeuvre à Monsieur Leibniz ou Monsieur Kant. Sachant que les deux ont réfuté ce que Locke avait énoncé sur les idées innées. Je pensais choisir Leibniz qui est un auteur du 17ème siècle plutôt que Kant qui est plus un auteur ayant écrit sa thèse près d’un siècle après. Mais peut être que je me trompe.
    Je ne sais pas vraiment si ce choix aura un lourd impact sur mon devoir mais je voudrai faire au mieux ! Excusez-moi de vous importuner avec ceci, merci d’avance pour votre réponse.
    Bonne soirée,
    Cordialement.

  10. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Une explication de texte exige d’expliquer l’auteur par lui-même. Quels sont les arguments qu’il déploie? Voilà ce que vous avez à établir avec rigueur. Qui discute-t-il? Il s’agit de Descartes.
    Vous pouvez utiliser Leibniz car dans ses Nouveaux essais sur l’entendement humain (1705), il critique Locke. Mais c’est une analyse du texte de Locke que vous avez à faire, non un exposé de la pensée de Leibniz.
    PS: Les conventions universitaires veulent qu’on dise: Kant ou Leibniz non Monsieur Kant ou Monsieur Leibniz.
    Bien à vous.

  11. tecera dit :

    bien que l’empirisme a été bien critiquer et mis en question, ne peut-on pas d’une manière ou d’une autre, valoriser cette doctrine qui à mon avis s’avère être le premier chemin par lequel on acquiert toutes nos connaissances?

  12. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Lorsque Kant avoue que « Hume l’a réveillé de son sommeil dogmatique », et lorsqu’il affirme que « toute connaissance commence avec l’expérience » ne valorise-t-il pas explicitement l’empirisme même s’il en souligne les limites?
    Bien à vous.

  13. emma sherif dit :

    Bonjour madame votre blog est une vraie source de recherche et je vous avoue que qu’il m’aide beaucoup et je vous en remercie pour ce sacrifie que vous faites pour les élèves,étudiant, etc. Grâceà votre article sur l’empirisme j’aicompris pas mal des choses ;néanmoins madame j’ai un petit souci avec la chose en soi. Je sollicite votre éclairage sur la conséquenceépistémologie de la connaissance de la chose en soi chez Descartes et chez Kant ? si je ne me trompe pas je pense que la conception de la chose en soi chez DESCARTES est appréhender de la manière chez KANT mais je sais qu’au sujet de la connaissance de la chose en soi ces deux auteurs divergent dans la mesure où chez Descartes on peut connaitre la chose en soi et par conséquent sur le plan épistémologique l’appréhension de la vérité dépend de l’existence de la double certitude qui chez Descartes renvoi a la certitude du « je » et de la certitude de Dieu ; par contre chez KANT les noumènes ne sont que pensées et par conséquence ne peuvent pas être saisies ce qui explique la raison pour laquelle Kant opine qu’on ne parviens à la vérité que par l’expérience .madame tout en m excusant si je vous ennui avec mes explication sans doute incertaines vue votre compétence j’aimerais que vous m’ aidiez à faire la synthèse entre ce deux auteurs au sujet de la conséquence épistémologique de la connaissance de la chose en soi chez. Faut-il pour parvenir à la vérité être un rationaliste dogmatique ou être tout simple empiriste ? Merci.

  14. Simone MANON dit :

    Bonjour
    On peut distinguer le réel en soi du réel sensible. Cette distinction a un sens dans le cartésianisme car le réel en soi est le réel qui est au-delà des apparences sensibles. C’est le réel pensé, celui-ci étant fidèle au réel en soi en vertu du principe de la véracité divine et de l’harmonie préétablie. Dieu a créé le monde avec les mêmes principes que ceux qu’il a mis en l’esprit humain. Une connaissance indexée sur les principes rationnels est donc une connaissance fidèle à la réalité des choses.
    C’est ce parti pris réaliste fondé sur une option métaphysique que récuse Kant. La raison est tout autant une médiation dans la saisie du réel que le sont les sens. Certes elle a le privilège de l’universalité mais rien n’autorise à admettre que le réel informé par la structure de notre esprit correspond au réel tel qu’il est indépendamment de notre manière de le connaître. D’où la distinction kantienne entre le phénomène et le noumène.
    Nous n’avons accès qu’à du phénoménal. Le réel en soi est un X inconnaissable mais il est permis de penser ce que nous ne pouvons connaître.
    PS: veillez à soigner votre expression.
    Bien à vous.

  15. Kabeya dit :

    Bonjour,

    Je vous remercie pour vos articles qui vulgarisent des notions et thèmes assez complexes de la philosophie!

    Si vous le pouvez, je voudrais vous demander des précisions techniques concernant le concept de « sujet transcendantal ». Quelle est la position de Husserl par rapport au sujet transcendantal? En quoi se distingue t-elle de celle de Kant?

    Je vous pose cette question car je suis en train de me casser les dents sur un texte assez technique là-dessus…. ce texte explique que pour Husserl contrairement à Kant, le sujet transcendantal est « objet de connaissance »:

    « Il ne se définit pas selon les conditions logiques, comme légiférant les conditions à priori du savoir scientifique, mais comme saisie immédiate, cogito ( non de la res cogitans): intentionnalité de la pensée, dans le mondain, le vécu. Le sujet transcendantal est alors ce pur savoir, qui par l’époché, a pu quitter toute compromission dans le sensible, et a attenint la radicalité qui fonde la connaissance » (Clouscard, Le modèle de l’épistémologie idéaliste: Husserl)
    A vous lire!

  16. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Quand on veut comprendre la thèse d’un auteur, il faut le lire. Ici lire l’essai de Husserl intitulé « Kant et l’idée de la philosophie transcendantale »
    Cela vous permettra de comprendre la pertinence du propos de votre commentateur.
    Husserl critique le présupposé kantien du rapport sujet/objet où les deux instances sont pensées séparément alors que la découverte de la conscience comme conscience intentionnelle exige une critique plus radicale (en termes husserliens une réduction) que celle de Kant. Ce dernier a conçu le sujet transcendantal comme un ensemble fini de principes a priori rendant possible la connaissance et l’objet comme le corrélat de cette activité formelle.
    La réduction phénoménologique telle que Husserl la met en œuvre permet au moi pur ou à l’ego transcendantal (#moi empirique) de se saisir dans une auto-évidence, une transparence comme activité intentionnelle, condition de toute expérience possible, de toute signification. Par l’épochè, notre rapport au monde se dévoile. Ce n’est pas celui d’un pur cogito à la manière cartésienne, c’est celui d’un ego-cogito-cogitatum ( un moi- qui pense- un objet pensé).
    La conscience et le monde ne sont plus séparables. Mais ce moi pur n’est pas un moi substantiel comme chez Descartes. Sur ce point Husserl est kantien:
    Dans Ideen, il écrit: le moi pur « est absolument dépourvu de composantes eidétiques et n’a même aucun contenu qu’on puisse expliciter ; il est en soi et pour soi indescriptible : moi pur et rien de plus ».
    Par la mise entre parenthèse du monde objectif, par la suspension de toute adhésion naïve à l’égard de ce monde et donc aussi bien de celui de la science (dont Kant serait resté prisonnier), la conscience peut s’assumer comme objet et en même temps comme subjectivité concrète et absolue.
    Bien à vous.

  17. Kabeya dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre retour de balle!

    Comprendre Husserl ne fait pas parti de mon programme. 🙂
    Mais c’est si gentiment proposé que je vais peut-être y réfléchir…

    Je bloquais sur un certain jargon philosophique contenu dans l’ouvrage « l’être et le code ». Cela m’empêchait de comprendre la démarche de l’auteur. Toutefois vos explications suffiront amplement quant à mes objectifs. Elles viennent de mettre un coup de tournevis là où il fallait.

    D’ailleurs Clouscard dans le chapitre « De la critique de l’épistémologie bourgeoise à la raison dialectique » fait davantage une critique politique du « néo-kantisme » (concept qu’il ne réduit pas à l’école de Marbourg) qu’un commentaire simplement philosophique. Husserl est en quelque sorte l’os à ronger de cette critique avec un axe politique fort dans la section « le modèle de l’épistémologie idéaliste: Husserl ». C’est en cherchant par mots clés des explicitations notionnelles que j’ai finis par attérir sur votre blog.

    Grâce à votre commentaire je comprends donc beaucoup mieux cette section là. C’est-à-dire en gros pourquoi l’auteur affirme que Husserl fournit le modèle épistémologique idéaliste de la bourgeoisie, en particulier dans les sciences de l’homme:

    « les techniques opérationnelles de ce modèle épistémologique sont: le formalisme, l’intuition, la tautologie, la méthodologie empirique, la donation du sens par l’anté-prédicatif ». L’égo transcendental s’arroge le pouvoir de décision épistémologique. Ce privilège ne serait que le mérite de l’ascèse qu’est le passage du moi concret au sujet de la connaissance. Alors serait valable l’intuition, pouvoir du savoir, qui peut connaître la nature des choses, leur sens. »

    La démarche et le contenu de cet ouvrage ayant stupéfait Sartre, H.Lefebvre, Jankélévitch, Desanti, je me suis dis qu’il fallait que je fasse un effort de recherche philosophique minimal. J

    J’ai été encouragé à le lire et je vous encourage également à mon tour. C’est une vraie « somme ». Il parait que c’est plus costaud que « critique de la raison dialectique » et que la deuxième partie intitulée « La génétique du sujet: l’accession à l’entendement (Du cri à la logique des propositions) » fait partie « des plus belles pages de la philosophie française ».

    Je me garderais d’être juge de cette matière là car je ne passionne pas de l’histoire de la philosophie. Je suis géographe de formation.

    En guise de remerciement, si vous le désirer je peux vous fournir l’introduction du bouquin par mail. Et vous pourrez juger par vous même de la substance conceptuelle produite dans ce livre qui enthousiasmait alors Sartre, Janké, etc.

    Bien à vous

  18. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je vous remercie pour votre généreuse proposition mais il y a trop de grands auteurs à lire ou à relire ….
    Bien à vous.

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