<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
		>
<channel>
	<title>Commentaires sur : Les opérations de la raison.</title>
	<atom:link href="http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/</link>
	<description>Cours de philosophie</description>
	<lastBuildDate>Fri, 10 Feb 2012 20:42:23 +0000</lastBuildDate>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
	<item>
		<title>Par : Jean-Paul Conchon</title>
		<link>http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/comment-page-1/#comment-3716</link>
		<dc:creator>Jean-Paul Conchon</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 17:49:03 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/#comment-3716</guid>
		<description>Merci pour les précisions et la référence proposée.
jpc</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour les précisions et la référence proposée.<br />
jpc</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Simone MANON</title>
		<link>http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/comment-page-1/#comment-3715</link>
		<dc:creator>Simone MANON</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 12:36:35 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/#comment-3715</guid>
		<description>Attention: Il n&#039;y a pour l&#039;homme que des intuitions sensibles, point d&#039;intuitions intellectuelles. Dans une intuition intellectuelle, l&#039;esprit se donnerait lui-même l&#039;objet qu&#039;il voit. Or un tel mode de connaissance n&#039;appartient qu&#039;à l&#039;Etre suprême. L&#039;intuition humaine suppose qu&#039;un objet est donné qui affecte notre esprit. &quot;C&#039;est donc au moyen de la sensiblité que des objets nous sont donnés, et seule elle fournit des intuitions&quot; écrit Kant.
Ce qui ne signifie pas que toutes les intuitions soient empiriques, comme il a été dit précédemment. Le concept d&#039;espace n&#039;est en effet ni empirique (il n&#039;est pas formé à partir de l&#039;expérience puique toute expérience extérieure le suppose), ni conceptuel (on ne peut se représenter qu&#039;un seul et même espace, en jeu dans chaque perception d&#039;objet donné en lui. Il ne saurait donc être construit à partir des éléments qu&#039;il organise).
Pour ce qui est de la distinction que Kant opère entre &quot;une exposition métaphysique&quot; et &quot;une exposition transcendantale&quot;, il suffit de bien saisir les définitions qu&#039;il donne des notions employées.
Une exposition est une représentation claire de ce qui appartient à un concept. Elle est dite métaphysique &quot;quand elle contient ce qui présente le concept comme donné a priori&quot;. Elle est transcendantale lorsqu&#039;elle est &quot;celle d&#039;un concept comme constituant un principe à partir duquel la possibilité d&#039;autres connaissances synthétiques a priori peut être aperçue&quot;
Voyez les analyses de Michel Fichant sur ce point: « il revient à l’exposition métaphysique de montrer d’abord en quoi le concept d’espace est a priori, en un sens où est appelé « métaphysique » ce qui est indépendant de l’expérience ; en fait, l’exposition métaphysique établit davantage en inscrivant l’espace à sa place dans une topique des représentations : car non seulement le concept d’espace n’est pas empirique mais a priori, mais il ne s’agit pas du tout, au sens strict, d’un concept, c’est-à-dire d’une représentation générale et discursive – il est donc intuition.
La thèse de Kant sur l’espace tient donc en un énoncé, et elle est acquise par la seule exposition métaphysique : l’espace est une intuition pure. Une intuition est pour Kant une représentation (Vorstellung), et précisément une représentation immédiate et singulière : immédiate en ce qu’elle réfère à son objet sans intermédiaire, sans détours, singulière en ce que son objet est unique. Ces deux déterminations sont connexes, puisque a contrario un concept est toujours une représentation universelle, qui vaut d’une multitude indéterminée d’objets, et médiatisée, puisqu’elle désigne ces objets par l’entremise d’une caractéristique commune, nota communis. Le concept n’atteint jamais l’individu comme tel, qui ne peut qu’être objet d’intuition.
En outre, et toujours pour rappeler les données élémentaires et bien connues, Kant professe qu’il n’y a pour nous hommes, für uns Menschen, d’intuition que sensible, c’est-à-dire par la donnée de l’objet affectant la réceptivité de l’esprit : il n’y a pour nous d’intuitus que derivativus, par opposition à ce que la connaissance métaphysique de Dieu lui réserve comme intuitus originarius, c’est-à-dire comme une intuition qui se donne à elle-même l’objet en lui conférant l’existence.
L’exposition métaphysique conduit à son terme l’analyse de la représentation de l’espace sans faire appel à la relation de l’espace à la géométrie. C’est à l’exposition transcendantale qu’il revient d’exploiter en un second moment cette relation. Est dite transcendantale, en ce sens particulier, non plus la mise en évidence directe de ce qu’il y a d’a priori dans la connaissance, mais la connaissance indirecte de ce même a priori comme condition de possibilité d’autres connaissances a priori. Ce rapport de conditionnement est parcouru dans l’exposition transcendantale selon un procédé analytique, qui va du conditionné à sa condition. Le conditionné, c’est la géométrie, qui est une science qui établit de façon synthétique, quoique a priori, les propriétés de l’espace. La condition qui le rend possible, c’est que l’espace soit lui-même une intuition pure : pure, pour que la science de ses propriétés soit a priori et ne se fonde pas sur l’expérience, mais intuition pour que cette science procède synthétiquement à une extension nécessaire de connaissance, et ne se borne pas à un enchaînement logique de concepts. Il est clair que, sauf à tomber dans un cercle, cette dérivation du conditionné n’est effective que si la condition, l’intuition pure, peut être atteinte préalablement et directement, ce pourquoi elle ne peut pas contenir déjà en elle-même les « propriétés de l’espace » que détermine la Géométrie ».
Michel Fichant. espace esthétique et espace géométrique chez Kant: http://www.google.fr/#q=Kant+exposition+transcendantale+et+exposition+m%C3%A9taphysique+du+concept+d%27espace&amp;hl=fr&amp;rlz=1W1GPCK_fr&amp;ei=A3dNTKmoE46UjAf73ZnYDA&amp;start=10&amp;sa=N&amp;fp=b1b36e2803616cd7</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Attention: Il n&#8217;y a pour l&#8217;homme que des intuitions sensibles, point d&#8217;intuitions intellectuelles. Dans une intuition intellectuelle, l&#8217;esprit se donnerait lui-même l&#8217;objet qu&#8217;il voit. Or un tel mode de connaissance n&#8217;appartient qu&#8217;à l&#8217;Etre suprême. L&#8217;intuition humaine suppose qu&#8217;un objet est donné qui affecte notre esprit. &laquo;&nbsp;C&#8217;est donc au moyen de la sensiblité que des objets nous sont donnés, et seule elle fournit des intuitions&nbsp;&raquo; écrit Kant.<br />
Ce qui ne signifie pas que toutes les intuitions soient empiriques, comme il a été dit précédemment. Le concept d&#8217;espace n&#8217;est en effet ni empirique (il n&#8217;est pas formé à partir de l&#8217;expérience puique toute expérience extérieure le suppose), ni conceptuel (on ne peut se représenter qu&#8217;un seul et même espace, en jeu dans chaque perception d&#8217;objet donné en lui. Il ne saurait donc être construit à partir des éléments qu&#8217;il organise).<br />
Pour ce qui est de la distinction que Kant opère entre &laquo;&nbsp;une exposition métaphysique&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;une exposition transcendantale&nbsp;&raquo;, il suffit de bien saisir les définitions qu&#8217;il donne des notions employées.<br />
Une exposition est une représentation claire de ce qui appartient à un concept. Elle est dite métaphysique &laquo;&nbsp;quand elle contient ce qui présente le concept comme donné a priori&nbsp;&raquo;. Elle est transcendantale lorsqu&#8217;elle est &laquo;&nbsp;celle d&#8217;un concept comme constituant un principe à partir duquel la possibilité d&#8217;autres connaissances synthétiques a priori peut être aperçue&nbsp;&raquo;<br />
Voyez les analyses de Michel Fichant sur ce point: « il revient à l’exposition métaphysique de montrer d’abord en quoi le concept d’espace est a priori, en un sens où est appelé « métaphysique » ce qui est indépendant de l’expérience ; en fait, l’exposition métaphysique établit davantage en inscrivant l’espace à sa place dans une topique des représentations : car non seulement le concept d’espace n’est pas empirique mais a priori, mais il ne s’agit pas du tout, au sens strict, d’un concept, c’est-à-dire d’une représentation générale et discursive – il est donc intuition.<br />
La thèse de Kant sur l’espace tient donc en un énoncé, et elle est acquise par la seule exposition métaphysique : l’espace est une intuition pure. Une intuition est pour Kant une représentation (Vorstellung), et précisément une représentation immédiate et singulière : immédiate en ce qu’elle réfère à son objet sans intermédiaire, sans détours, singulière en ce que son objet est unique. Ces deux déterminations sont connexes, puisque a contrario un concept est toujours une représentation universelle, qui vaut d’une multitude indéterminée d’objets, et médiatisée, puisqu’elle désigne ces objets par l’entremise d’une caractéristique commune, nota communis. Le concept n’atteint jamais l’individu comme tel, qui ne peut qu’être objet d’intuition.<br />
En outre, et toujours pour rappeler les données élémentaires et bien connues, Kant professe qu’il n’y a pour nous hommes, für uns Menschen, d’intuition que sensible, c’est-à-dire par la donnée de l’objet affectant la réceptivité de l’esprit : il n’y a pour nous d’intuitus que derivativus, par opposition à ce que la connaissance métaphysique de Dieu lui réserve comme intuitus originarius, c’est-à-dire comme une intuition qui se donne à elle-même l’objet en lui conférant l’existence.<br />
L’exposition métaphysique conduit à son terme l’analyse de la représentation de l’espace sans faire appel à la relation de l’espace à la géométrie. C’est à l’exposition transcendantale qu’il revient d’exploiter en un second moment cette relation. Est dite transcendantale, en ce sens particulier, non plus la mise en évidence directe de ce qu’il y a d’a priori dans la connaissance, mais la connaissance indirecte de ce même a priori comme condition de possibilité d’autres connaissances a priori. Ce rapport de conditionnement est parcouru dans l’exposition transcendantale selon un procédé analytique, qui va du conditionné à sa condition. Le conditionné, c’est la géométrie, qui est une science qui établit de façon synthétique, quoique a priori, les propriétés de l’espace. La condition qui le rend possible, c’est que l’espace soit lui-même une intuition pure : pure, pour que la science de ses propriétés soit a priori et ne se fonde pas sur l’expérience, mais intuition pour que cette science procède synthétiquement à une extension nécessaire de connaissance, et ne se borne pas à un enchaînement logique de concepts. Il est clair que, sauf à tomber dans un cercle, cette dérivation du conditionné n’est effective que si la condition, l’intuition pure, peut être atteinte préalablement et directement, ce pourquoi elle ne peut pas contenir déjà en elle-même les « propriétés de l’espace » que détermine la Géométrie ».<br />
Michel Fichant. espace esthétique et espace géométrique chez Kant: <a href="http://www.google.fr/#q=Kant+exposition+transcendantale+et+exposition+m%C3%A9taphysique+du+concept+d%27espace&#038;hl=fr&#038;rlz=1W1GPCK_fr&#038;ei=A3dNTKmoE46UjAf73ZnYDA&#038;start=10&#038;sa=N&#038;fp=b1b36e2803616cd7" rel="nofollow">http://www.google.fr/#q=Kant+exposition+transcendantale+et+exposition+m%C3%A9taphysique+du+concept+d%27espace&#038;hl=fr&#038;rlz=1W1GPCK_fr&#038;ei=A3dNTKmoE46UjAf73ZnYDA&#038;start=10&#038;sa=N&#038;fp=b1b36e2803616cd7</a></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Jean-Paul Conchon</title>
		<link>http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/comment-page-1/#comment-3714</link>
		<dc:creator>Jean-Paul Conchon</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 11:34:21 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/#comment-3714</guid>
		<description>Merci pour votre réponse rapide et développée.
Donc quand Kant poursuit avec les axiomes de la géométrie pure (son exemple : la ligne droite est la plus courte entre deux points). On retrouve le même discours. Le concept &quot;droit&quot; est de qualité, celui de &quot;court&quot; est de quantité, ce dernier est bien &quot;surajouté&quot;, on a donc à faire à un jugement synthétique. Mais pour effectuer cette synthèse il faut passer par l&#039;intuition, ici l&#039;intuition pure a priori de l&#039;espace (II§10 des Prolégomènes).
Ma difficulté provient d&#039;une distinction insuffisante dans mon esprit des différentes types d&#039;intuition : intuition sensible, intuition intellectuelle( d&#039;ailleurs là je suis toujours hésitant...) et intuition pure a priori des formes que sont l&#039;espace et le temps.
Concernant le temps et l&#039;espace. Je comprends qu&#039;ils soient a priori. Mais pour leur caractère d&#039;intuition?
Dans &quot;L&#039;exposition métaphysique du &quot;concept&quot; d&#039;espace&quot; Kant affirme que l&#039;espace est une intuition pure parce qu&#039;il est par essence un et que le divers est en lui. Ce n&#039;est donc pas un concept au sens strict mais la base de tous les concepts d&#039;espaces que nous élaborons, donc de tous les concepts géométriques. C&#039;est une intuition pure a priori qui permet la production de concepts géométriques. C&#039;est ça l&#039;idée?

Je poursuis mes interrogations (je ne sais pas si ce fil est le lieu approprié?) . Je ne comprends pas vraiment ce qu&#039;apporte &quot;L&#039;exposition transcendantale du concept d&#039;espace&quot; par rapport à &quot;l&#039;exposition métaphysique&quot;. Il me semble que le serpent se mord la queue. 
&quot;Or, comment peut-il exister dans l&#039;esprit une intuition externe qui précède les objets eux-mêmes et en laquelle les concepts de ceux-ci peuvent être déterminés a priori? A l&#039;évidence uniquement dans la mesure où elle réside dans le sujet en constituant la propriété formelle que celui-ci possède d&#039;être affecté par des objets et d&#039;en recevoir une représentation immédiate, c&#039;est à dire une intuition, donc uniquement en tant qu&#039;elle constitue la forme du sens externe en général.&quot;
Merci encore.
Jean-Paul</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour votre réponse rapide et développée.<br />
Donc quand Kant poursuit avec les axiomes de la géométrie pure (son exemple : la ligne droite est la plus courte entre deux points). On retrouve le même discours. Le concept &laquo;&nbsp;droit&nbsp;&raquo; est de qualité, celui de &laquo;&nbsp;court&nbsp;&raquo; est de quantité, ce dernier est bien &laquo;&nbsp;surajouté&nbsp;&raquo;, on a donc à faire à un jugement synthétique. Mais pour effectuer cette synthèse il faut passer par l&#8217;intuition, ici l&#8217;intuition pure a priori de l&#8217;espace (II§10 des Prolégomènes).<br />
Ma difficulté provient d&#8217;une distinction insuffisante dans mon esprit des différentes types d&#8217;intuition : intuition sensible, intuition intellectuelle( d&#8217;ailleurs là je suis toujours hésitant&#8230;) et intuition pure a priori des formes que sont l&#8217;espace et le temps.<br />
Concernant le temps et l&#8217;espace. Je comprends qu&#8217;ils soient a priori. Mais pour leur caractère d&#8217;intuition?<br />
Dans &laquo;&nbsp;L&#8217;exposition métaphysique du &laquo;&nbsp;concept&nbsp;&raquo; d&#8217;espace&nbsp;&raquo; Kant affirme que l&#8217;espace est une intuition pure parce qu&#8217;il est par essence un et que le divers est en lui. Ce n&#8217;est donc pas un concept au sens strict mais la base de tous les concepts d&#8217;espaces que nous élaborons, donc de tous les concepts géométriques. C&#8217;est une intuition pure a priori qui permet la production de concepts géométriques. C&#8217;est ça l&#8217;idée?</p>
<p>Je poursuis mes interrogations (je ne sais pas si ce fil est le lieu approprié?) . Je ne comprends pas vraiment ce qu&#8217;apporte &laquo;&nbsp;L&#8217;exposition transcendantale du concept d&#8217;espace&nbsp;&raquo; par rapport à &laquo;&nbsp;l&#8217;exposition métaphysique&nbsp;&raquo;. Il me semble que le serpent se mord la queue.<br />
&laquo;&nbsp;Or, comment peut-il exister dans l&#8217;esprit une intuition externe qui précède les objets eux-mêmes et en laquelle les concepts de ceux-ci peuvent être déterminés a priori? A l&#8217;évidence uniquement dans la mesure où elle réside dans le sujet en constituant la propriété formelle que celui-ci possède d&#8217;être affecté par des objets et d&#8217;en recevoir une représentation immédiate, c&#8217;est à dire une intuition, donc uniquement en tant qu&#8217;elle constitue la forme du sens externe en général.&nbsp;&raquo;<br />
Merci encore.<br />
Jean-Paul</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Simone MANON</title>
		<link>http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/comment-page-1/#comment-3713</link>
		<dc:creator>Simone MANON</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 07:28:20 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/#comment-3713</guid>
		<description>Non, votre propos n&#039;est pas confus mais ce qui vous fait difficulté n&#039;est pas de compréhension aisée. La Critique de la raison pure est une oeuvre exigeante avec laquelle il faut se familiariser.
La thématique des intuitions pures est centrale dans la théorie kantienne de la connaissance. Sa conception intuitionniste et non purement logique des mathématiques aussi. Il montre que contrairement à la logique, tout n’est pas affaire seulement de forme ou de concept en mathématiques. Il faut toujours une intuition. La raison mathématique n’est ni pure raison, ni pure sensibilité. Ainsi pour démontrer les propriétés de la figure, on ne peut se contenter de déduire ce qui est contenu dans le concept de figure. (Auquel cas on aurait affaire à un jugement analytique). Mais la figure mathématique n’est pas pour autant purement sensible car on ne saisit pas ses propriétés en se contentant de la regarder.  Cf. Seconde préface à la CRP: &quot;Le premier qui démontra le triangle isocèle (qu’il s’appelât Thalès ou comme l’on voudra) eut une révélation ; car il trouva qu’il ne devait pas suivre pas à pas ce qu’il voyait dans la figure, ni s’attacher au simple concept de cette figure comme si cela devait lui en apprendre les propriétés, mais qu’il lui fallait réaliser (ou construire) cette figure, au moyen de ce qu’il y pensait et s’y représentait lui-même a priori par concepts (ie par construction), et que, pour savoir sûrement quoi que ce soit a priori, il ne devait attribuer aux choses que ce qui résulterait nécessairement de ce que lui-même y avait mis, conformément à son concept&quot;.


L’intuition est le mode par lequel la pensée se rapporte directement à des objets. Il n’y a donc intuition que si un objet nous est donné. Mais l’objet n’est pas nécessairement objet d’une intuition empirique, (nécessairement a posteriori), comme Kant l’établit en ce qui concerne l’espace et le temps. L’espace et le temps sont des formes a priori de la sensibilité ou des intuitions pures c’est-à-dire des façons propres à l’esprit humain de voir ou de percevoir les choses. Ce sont des cadres universels et nécessaires à l’intérieur desquels se situent les intuitions empiriques. Ils ne sont pas ce qui dérive de l&#039;expérience mais ce qui la rend possible. D&#039;une chose quelconque, avant de l&#039;avoir perçue, je sais qu&#039;elle aura trois dimensions, d&#039;un état d&#039;âme quelconque, même sans l&#039;avoir éprouvé, je sais qu&#039;il aura une certaine durée et qu&#039;il ne reviendra pas.
Puisque la géométrie a pour objet l’espace qui est une intuition pure, on comprend qu’elle puisse énoncer des jugements synthétiques a priori. Le caractère intuitif de l’espace explique que ces jugements soient synthétiques et puisque l’intuition est pure la synthèse est a priori.
Il s&#039;ensuit qu&#039;il n&#039;y a contradiction entre  &quot;intuition&quot; et &quot;a priori&quot; que pour les intuitions empiriques. Pour ce qui est des intuitions pures, elles sont, par définition, a priori.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Non, votre propos n&#8217;est pas confus mais ce qui vous fait difficulté n&#8217;est pas de compréhension aisée. La Critique de la raison pure est une oeuvre exigeante avec laquelle il faut se familiariser.<br />
La thématique des intuitions pures est centrale dans la théorie kantienne de la connaissance. Sa conception intuitionniste et non purement logique des mathématiques aussi. Il montre que contrairement à la logique, tout n’est pas affaire seulement de forme ou de concept en mathématiques. Il faut toujours une intuition. La raison mathématique n’est ni pure raison, ni pure sensibilité. Ainsi pour démontrer les propriétés de la figure, on ne peut se contenter de déduire ce qui est contenu dans le concept de figure. (Auquel cas on aurait affaire à un jugement analytique). Mais la figure mathématique n’est pas pour autant purement sensible car on ne saisit pas ses propriétés en se contentant de la regarder.  Cf. Seconde préface à la CRP: &laquo;&nbsp;Le premier qui démontra le triangle isocèle (qu’il s’appelât Thalès ou comme l’on voudra) eut une révélation ; car il trouva qu’il ne devait pas suivre pas à pas ce qu’il voyait dans la figure, ni s’attacher au simple concept de cette figure comme si cela devait lui en apprendre les propriétés, mais qu’il lui fallait réaliser (ou construire) cette figure, au moyen de ce qu’il y pensait et s’y représentait lui-même a priori par concepts (ie par construction), et que, pour savoir sûrement quoi que ce soit a priori, il ne devait attribuer aux choses que ce qui résulterait nécessairement de ce que lui-même y avait mis, conformément à son concept&nbsp;&raquo;.</p>
<p>L’intuition est le mode par lequel la pensée se rapporte directement à des objets. Il n’y a donc intuition que si un objet nous est donné. Mais l’objet n’est pas nécessairement objet d’une intuition empirique, (nécessairement a posteriori), comme Kant l’établit en ce qui concerne l’espace et le temps. L’espace et le temps sont des formes a priori de la sensibilité ou des intuitions pures c’est-à-dire des façons propres à l’esprit humain de voir ou de percevoir les choses. Ce sont des cadres universels et nécessaires à l’intérieur desquels se situent les intuitions empiriques. Ils ne sont pas ce qui dérive de l&#8217;expérience mais ce qui la rend possible. D&#8217;une chose quelconque, avant de l&#8217;avoir perçue, je sais qu&#8217;elle aura trois dimensions, d&#8217;un état d&#8217;âme quelconque, même sans l&#8217;avoir éprouvé, je sais qu&#8217;il aura une certaine durée et qu&#8217;il ne reviendra pas.<br />
Puisque la géométrie a pour objet l’espace qui est une intuition pure, on comprend qu’elle puisse énoncer des jugements synthétiques a priori. Le caractère intuitif de l’espace explique que ces jugements soient synthétiques et puisque l’intuition est pure la synthèse est a priori.<br />
Il s&#8217;ensuit qu&#8217;il n&#8217;y a contradiction entre  &laquo;&nbsp;intuition&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;a priori&nbsp;&raquo; que pour les intuitions empiriques. Pour ce qui est des intuitions pures, elles sont, par définition, a priori.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Jean-Paul Conchon</title>
		<link>http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/comment-page-1/#comment-3709</link>
		<dc:creator>Jean-Paul Conchon</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 21:21:37 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.philolog.fr/les-operations-de-la-raison/#comment-3709</guid>
		<description>Bonjour,
D&#039;abord merci pour le travail que vous partagez sur votre site. 
J&#039;ai un problème avec la notion d&#039;intuition et, en particulier, son usage par Kant. Cela rejoint votre §3a où vous affirmez la priorité et l&#039;importance de l&#039;intuition : &quot;L&#039;esprit déploie ses longues chaînes de raison mais chaque moment de déduction est l&#039;objet d&#039;intuition&quot;. Kant dans la CRP pour montrer que les jugements mathématiques sont a priori et aussi synthétiques dit : &quot;Il faut recourir à l&#039;intuition qui seule permet la synthèse&quot;. Dans son exemple arithmétique pour passer de &quot;5+7&quot; à &quot;12&quot;, il dit que dans le concept de somme &quot;5+7&quot; celui de &quot;12&quot; n&#039;est pas et qu&#039;il faut &quot;sortir du concept et le dépasser en recourant à l&#039;intuition&quot; ce qui nous donne donc bien un jugement synthétique. Mais intuition et a priori ne sont-ils pas contradictoire? Ou bien est-ce que cette intuition se déploie dans l&#039;espace et le temps qui sont les formes a priori de la sensibilité?  
En espérant ne pas être excessivement confus. 
Jean-Paul</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,<br />
D&#8217;abord merci pour le travail que vous partagez sur votre site.<br />
J&#8217;ai un problème avec la notion d&#8217;intuition et, en particulier, son usage par Kant. Cela rejoint votre §3a où vous affirmez la priorité et l&#8217;importance de l&#8217;intuition : &laquo;&nbsp;L&#8217;esprit déploie ses longues chaînes de raison mais chaque moment de déduction est l&#8217;objet d&#8217;intuition&nbsp;&raquo;. Kant dans la CRP pour montrer que les jugements mathématiques sont a priori et aussi synthétiques dit : &laquo;&nbsp;Il faut recourir à l&#8217;intuition qui seule permet la synthèse&nbsp;&raquo;. Dans son exemple arithmétique pour passer de &laquo;&nbsp;5+7&#8243; à &laquo;&nbsp;12&#8243;, il dit que dans le concept de somme &laquo;&nbsp;5+7&#8243; celui de &laquo;&nbsp;12&#8243; n&#8217;est pas et qu&#8217;il faut &laquo;&nbsp;sortir du concept et le dépasser en recourant à l&#8217;intuition&nbsp;&raquo; ce qui nous donne donc bien un jugement synthétique. Mais intuition et a priori ne sont-ils pas contradictoire? Ou bien est-ce que cette intuition se déploie dans l&#8217;espace et le temps qui sont les formes a priori de la sensibilité?<br />
En espérant ne pas être excessivement confus.<br />
Jean-Paul</p>
]]></content:encoded>
	</item>
</channel>
</rss>

<!-- Performance optimized by W3 Total Cache. Learn more: http://www.w3-edge.com/wordpress-plugins/

Minified using disk: basic
Page Caching using disk: enhanced
Database Caching 2/12 queries in 0.007 seconds using memcached
Object Caching 347/349 objects using memcached

Served from: www.philolog.fr @ 2012-02-11 07:27:51 -->
