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Alexis de Tocqueville.1805.1859. Portrait par Théodore Chasseriau. 1850. Musée des châteaux de Versailles et Trianon.

 

  Tocqueville définit la démocratie non point comme une forme de gouvernement mais comme un état social caractérisé par "l'égalité des conditions". Elle recèle le risque du despotisme lorsque la passion de l'égalité conçue comme égalitarisme et non comme égalité en droit des personnes l'emporte sur le goût de la liberté. Seul un libéralisme vigilant peut sauver la démocratie de sa tentation liberticide.

 

  «  Je ne sais que deux manières de faire régner l'égalité dans le monde politique : il faut donner des droits à chaque citoyen, ou n'en donner à personne.

    Pour les peuples qui sont parvenus au même état social que les Anglo-Américains, il est donc très difficile d'apercevoir un terme moyen entre la souveraineté de tous et le pouvoir absolu d'un seul.

    Il ne faut point se dissimuler que l'état social que je viens de décrire ne se prête presque aussi facilement à l'une et à l'autre de ses deux conséquences.

    Il y a en effet une passion mâle et légitime pour l'égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands ; mais il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l'égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l'égalité dans la servitude à l'inégalité dans la liberté. Ce n'est pas que les peuples dont l'état social est démocratique méprisent naturellement la liberté ; ils ont au contraire un goût instinctif pour elle. Mais la liberté n'est pas l'objet principal et continu de leur désir ; ce qu'ils aiment d'un amour éternel c'est l'égalité ; ils s'élancent vers la liberté par impulsion rapide et par efforts soudains, et, s'ils manquent le but, ils se résignent ; mais rien ne saurait les satisfaire sans l'égalité, et ils consentiraient plutôt à périr qu'à la perdre.

  D'un autre côté, quand les citoyens sont tous à peu près égaux, il leur devient difficile de défendre leur indépendance contre les agressions du pouvoir. Aucun d'entre eux n'étant assez fort pour lutter seul avec avantage, il n'y a que la combinaison des forces de tous qui puisse garantir la liberté. Or, une pareille combinaison ne se rencontre pas toujours.

  Les peuples peuvent donc tirer deux grandes conséquences politiques du même état social : ces conséquences diffèrent prodigieusement entre elles, mais elles sortent toutes deux du même fait »

                    Tocqueville. De la Démocratie en Amérique. I, I, §III

 

 

« Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté; livrés à eux-mêmes, ils la cherchent, ils l'aiment, et ils ne voient qu'avec douleur qu'on les en écarte. Mais ils ont pour l'égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible; ils veulent l'égalité dans la liberté, et, s'ils ne peuvent l'obtenir, ils la veulent encore dans l'esclavage. Ils souffriront la pauvreté, l'asservissement, la barbarie, mais ils ne souffriront pas l'aristocratie »

                    Tocqueville. De la Démocratie en Amérique. II.I. §1

 

 

 

   « Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.

   Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?

   C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

   Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

   J'ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques- unes des formes extérieures de la liberté, et qu'il ne lui serait pas impossible de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple.

   Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d'être conduits et l'envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l'un ni l'autre de ces instincts contraires, ils s'efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d'être en tutelle, en songeant qu'il ont eux- mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu'on l'attache, parce qu'il voit que ce n'est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.

   Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.

   Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m'importe bien moins que l'obéissance.

 Je ne nierai pas cependant qu'une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentré tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d'un homme ou d'un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.

   Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l'oppression qu'il fait subir aux individus est quelquefois plus grande; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu'on le gêne et qu'on le réduit à l'impuissance, peut encore se figurer qu'en obéissant il ne se soumet qu'à lui-même, et que c'est à l'une de ses volontés qu'il sacrifie toutes les autres.

   Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d'elle, les forces et les droits qu'on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l'Etat, mais profitent à l'Etat lui- même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu'ils ont fait au public de leur indépendance.

   Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c'est donc diminuer le mal que l'extrême centralisation peut produire, mais ce n'est pas le détruire.

   Je vois bien que, de cette manière, on conserve l'intervention individuelle dans les plus importantes affaires; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L'on oublie que c'est surtout dans le détail qu'il est dangereux d'asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu'on pût jamais être assuré de l'une sans posséder l'autre.

   La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l'usage de leur volonté. Elle éteint peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l'obéissance, qui n'est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n'empêchera pas qu'ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d'agir par eux-mêmes, et qu'ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l'humanité.

   J'ajoute qu'ils deviendront bientôt incapables d'exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu'ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s'agit-il du gouvernement de tout l'Etat, ils confient à ces citoyens d' immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d'élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s'étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu'ils remarquent ne tenait pas à la constitution du pays bien plus qu'à celle du corps électoral.

   Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l'habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l'on ne fera point croire qu'un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d'un peuple de serviteurs.

   Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m'a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l'imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s'étendre aux pieds d'un seul maître ».

 

                   Tocqueville. De la Démocratie en Amérique. II. IV.§VI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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42 Réponses à “Le despotisme démocratique. Tocqueville.”

  1. Valérie dit :

    Bonjour,
    En lisant le texte de Tocqueville une question m’est venue à l’esprit. D’après l’auteur l’égalité est chez l’homme « une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible ». Si cette valeur tient tant à coeur aux hommes comment peut-on expliquer le fait que la révolution française, pour ne prendre que cet exemple, ne se soit déroulée qu’il y a 220 ans, c’est-à-dire, à l’echelle humaine, hier ? Comment comprendre que les hommes n’aient pas cherché plutôt à se délester du joug d’une organisation sociale aussi inégalitaire que celle de l’Ancien Régime ? Bien que le mouvement des Lumières ne prenne réeelemnt son essor en France qu’à partir du XVIII siècle, les révendications portées par ce mouvement, comme la mise en place d’une socité plus égalitaire, sont déjà présentes dans les écrits d’auteurs humanistes de la Rennaissance. Si l’égalité est si importante pour les hommes comment comprendre qu’ils n’aient pas cherché plus tôt à la mettre en application ?

  2. Simone MANON dit :

    Votre question est très pertinente. Pour lui répondre, il faut comprendre que les hommes sont, en grande partie, le produit du monde auquel ils appartiennent. Or dans l’âge aristocratique « chaque caste a ses opinions, ses sentiments, ses droits, ses moeurs, son existence à part. Ainsi les hommes qui la composent ne ressemblent point à tous les autres; ils n’ont point la même manière de penser ni de sentir, et c’est à peine s’ils croient faire partie de la même humanité. Ils ne sauraient donc bien comprendre ce que les autres éprouvent, ni juger ceux-ci par eux-mêmes » Tocqueville
    Il s’ensuit que la passion de l’égalité ne peut se développer que dans un monde où l’on a supprimé les ordres, les castes et affirmer le principe de l’unité du genre humain. Ce qui est le propre de l’âge démocratique. Tous les hommes sont déclarés libres et égaux en qualité d’homme.
    Mais que l’autre soit mon semblable sur le plan moral ne signifie pas que j’aie nécessairement les mêmes aptitudes que lui. Ainsi que, également à lui, je puisse avoir accès à n’importe quelle profession ne signifie pas que j’en aie également à lui les capacités. Comme l’écrit Tocqueville, en parlant de l’âge démocratique:  » Ils ont détruit les privilèges gênants de quelques-uns de leur semblables; ils rencontrent la concurrence de tous. La borne a changé de forme plutôt que de place. Lorsque les hommes sont à peu près semblables et suivent une même route, il est bien difficile qu’aucun d’entre eux marche vite et perce à travers la foule uniforme qui l’environne et le presse.
    Cette opposition constante qui règne entre les instincts que fait naître l’égalité et les moyens qu’elle fournit pour les satisfaire tourmente et fatigue les âmes.
    On peut concevoir des hommes arrivés à un certain degré de liberté qui les satisfasse entièrement. Ils jouissent alors de leur indépendance sans inquiétude et sans ardeur. Mais les hommes ne fonderont jamais une égalité qui leur suffise.
    Un peuple a beau faire des efforts, il ne parviendra pas à rendre les conditions parfaitement égales dans son sein; et s’il avait le malheur d’arriver à ce nivellement absolu et complet, il resterait encore l’inégalité des intelligences, qui, venant directement de Dieu, échappera toujours aux lois.
    Quelque démocratique que soit l’état social et la constitution politique d’un peuple, on peut donc compter que chacun de ses citoyens apercevra toujours près de soi plusieurs points qui le dominent et l’on peut prévoir qu’il tournera obstinément ses regards de ce seul côté. Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l’oeil; quand tout est à peu près de niveau, les moindres le blessent. C’est pour cela que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande. »

  3. sarah dit :

    Bonsoir ,

    Plusieurs points dans ce texte m’intriguent:
    Je ne comprend pas bien comment Tocqueville justifie cette indifférence de tous les citoyens les uns envers les autres dans le cadre du despotisme démocratique ( ex: « il est à coté d’eux; mais il ne les voient pas.. »)
    Lorsque l’auteur mentionne notre besoin d’être conduits, s’agit-il d’une sorte de paresse du citoyen qui préfère déléguer?
    Je ne suis pas sûre de bien saisir la phrase suivante: « chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple , qui tient le bout de la chaîne. »
    Enfin, comment, selon vous, peut-on en arriver à préférer l’égalité à la liberté?
    Merci!

  4. Simone MANON dit :

    Bonjour
    1) A la différence de l’ordre aristocratique dans lequel les hommes coexistent dans d’étroits rapports de dépendance réciproque, l’ordre démocratique a rendu les hommes indépendants les uns des autres. C’est en ce sens qu’on peut dire qu’ils sont les uns à côté des autres. Ce sont des individus séparés les uns des autres dont l’indépendance est protégée par la loi.
    2) L’homme démocratique se replie sur la sphère privée. Il vaque à ses affaires et s’en remet à ses représentants politiques pour qu’ils s’occupent de la chose publique. Il se déleste de plus en plus sur le souverain de la responsabilité de conduire sa vie. Il attend des pouvoirs publics que sa sécurité, son bonheur, sa prospérité soient assurés. Peu importe qu’il soit asservi dès lors que le pouvoir qui l’asservit est celui du peuple et que tous y sont soumis. C’est que rien ne lui importe davantage que l’égalité des conditions. S’il faut des lois liberticides pour cela, peu importe.
    « il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté ». Tocqueville a bien vu que la vérité des relations humaines dans la société démocratique est l’envie et la haine de tout ce qui incarne une supériorité. Immédiatement celle-ci est vécue comme la résurgence d’une certaine forme d’aristocratie; il faut donc la laminer pour être égaux, même si c’est dans la médiocrité. D’où la nécessité de supprimer la liberté permettant aux hommes de déployer leurs talents et donc de faire surgir des hiérarchies.
    Bien à vous

  5. yameogo fabrice dit :

    salut
    je souhaite avoir un peu de clarté sur le despotisme éclairé,existe t-il de nos jours?

  6. Simone MANON dit :

    Le despotisme éclairé a été défendu au 18° siècle par les philosophes des Lumières. Il s’agissait de penser une souveraineté politique incarnée par un monarque absolu mais au service des idéaux de la raison. Voilà pourquoi Catherine de Russie ou Frédéric de Prusse, par exemple, s’entouraient de philosophes pour les conseiller; (Voltaire, Diderot)
    Il y a encore de nos jours de nombreux despotismes de par le monde mais l’expression despostisme éclairé ne fait plus illusion pour personne. La formule a au moins le mérite d’apparaître d’emblée comme un oxymore.

  7. jonathan dit :

    bonjour, je souhaiterais avoir quelques renseignements vis-à-vis du libre arbitre cher Tocqueville.
    merci !

  8. Simone MANON dit :

    Il vous suffit pour cela d’avoir la curiosité de vous reporter aux cours sur la liberté. En particulier: liberté: le problème métaphysique.
    Bonne lecture.

  9. jonathan dit :

    Merci ! J’ai par ailleurs une petite question , je voudrais savoir si vous pouviez me donner quelques points brefs pour la réfutation de ce texte.
    merci d’avance !

  10. Simone MANON dit :

    Je n’ai pas pour objectif de dispenser les élèves de réfléchir par eux-mêmes. C’est à vous de voir si le propos de Tocqueville est problématique.
    Au travail!

  11. sara dit :

    Bonsoir,

    Tocqueville entrevoit dans son texte différentes caractéristiques des sociétés modernes.
    Ses analyses se sont elles révélées pertinentes?
    et quel est le danger possible pour la société si l’Etat se charge d’assurer son bonheur?

  12. Simone MANON dit :

    Je suppose, Sara, que vous posez ici les questions auxquelles votre professeur vous a demandé de répondre. Je ne servirais guère votre intérêt si je vous dispensais de répondre par votre propre effort. Vous avez sur ce blog de nombreux articles pour éclairer votre lanterne. En tapant Tocqueville dans l’index, vous les verrez apparaître.
    Voyez aussi les cours: http://www.philolog.fr/reflexions-sur-la-liberte-au-sens-politique/; http://www.philolog.fr/lobscur-objet-du-besoin-humain-ou-les-apories-du-bonheur-national-brut/
    Bon travail.

  13. sara dit :

    Pas exactement, non, mais ces liens sont tout de même intéressants, même si ne répondent pas exactement à ma question. Merci quand même, et bonne soirée.

  14. Iman dit :

    Bonjour,
    Par rapport à ce que dit Tocqueville : « que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre? »
    Il veut dire par la que, l’autorité va jusqu’à leur enlever la pensée? Mon interprétation est-elle bonne?

  15. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Votre compréhension du propos est pour le moins superficielle et irréfléchie.
    Réfléchissez: est-il possible « d’enlever » la faculté de pensée à qui que ce soit? Une telle affirmation est-elle sensée?
    Vous avez beaucoup d’articles sur ce blog consacrés à Tocqueville pour éclairer votre lanterne.
    Vous devez expliciter pourquoi l’état social démocratique incline les hommes à la démission intellectuelle et morale.
    Bon travail.

  16. Anne-Sophie dit :

    Bonjour,

    Je viens de m’intéresser à ce fameux texte de Tocqueville et me heurte à quelques difficultés, ainsi vous serais-je extrêmement reconnaissante si vous pouviez m’éclairer.

    A vrai dire, je dois avouer que j’ai du mal à saisir la finalité de ce texte. Au fur et à mesure de ma lecture, mes interprétations se mêlent et s’entremêlent, à tel point que ma réflexion s’en retrouve contrariée et que je ne comprends plus. Permettez-moi donc de vous poser quelques questions qui peuvent vous sembler bien idiotes…

    Tout d’abord, l’individualisme dont parle Tocqueville, d’où provient-elle? De la passion pour l’égalité ou autre? Je ne vois pas trop de lien de cause à effet précis…
    Puis, à propos de cette passion pour l’égalité, en quoi peut-elle provenir de la liberté offerte par la démocratie? Certes, il y a une égalité des passions, mais comment peut-elle se transformer en passion pour l’égalité? Tocqueville pense-t-il à un exemple particulier ou émet-il une simple hypothèse?
    Quant à la « douce » tyrannie qu’il évoque, en quoi découle-t-elle de la passion pour l’égalité? Je pensais qu’elle s’emparait simplement du pouvoir du faire que l’individu, finalement, pense garder sa liberté en votant pour un souverain et, individualiste, ne prête pas attention à l’action que cette tyrannie exerce.
    Enfin, la question qui me démange le plus durant ma lecture: est-ce que, finalement, Tocqueville critique la démocratie dans ce texte? J’aurais songé que oui, à la manière dont il présente les risques d’un despotisme, mais il me semble qu’il défendait la démocratie…

    Merci d’avoir pris le temps de me lire et de m’éclairer,
    Bonne soirée.

  17. Simone MANON dit :

    Bonjour Anne-Sophie
    Vos questions témoignant d’une grande confusion et d’une ignorance de la pensée de Tocqueville, je ne peux guère que vous conseiller la lecture de « La démocratie en Amérique ».
    Il y a, par ailleurs, de nombreux articles concernant cet auteur sur ce blog. En tapant Tocqueville dans l’index vous les trouverez facilement.
    Mais commencez par lire celui qui est intitulé: « En quoi consiste la liberté politique? » et aussi: celui portant sur le thème du bonheur national brut.http://www.philolog.fr/lobscur-objet-du-besoin-humain-ou-les-apories-du-bonheur-national-brut/
    Bon courage.

  18. Véronique C. dit :

    Bonjour!
    Est ce qu’on peut dire que l’idée générale développée par Tocqueville est que le fait de se soumettre à un régime démocratique et donc à des lois établies et justes nous fait perdre notre liberté ?
    Si oui, ne peut-on rapprocher cette idée des lois injustes comme celles de Nuremberg par exemple? N’est -ce pas la même idée ici développée? Avec la différence que dans le régime démocratique les lois sont conformes à la morale mais elles nous font perdre notre liberté également.
    Merci d’avance de bien vouloir éclairer une élève perdu dans ce couloir sombre et intrigant qu’est la philosophie!

  19. Simone MANON dit :

    Non, Véronique, vous ne comprenez pas du tout. Votre propos est insensé.
    Y a-t-il sens à dire que des lois puissent être justes et liberticides en même temps? Est-il réfléchi de dire que des lois démocratiquement instituées sont nécessairement des lois morales?Tout cela témoigne d’une grande confusion.
    Commencez par consulter les articles que je recommande à Anne-Sophie dans le message qui précède le vôtre.
    Voyez bien que ce que Tocqueville appelle démocratie est un état social. Demandez-vous ce qui le caractérise et voyez en quoi il peut être le tombeau de la liberté plutôt que sa réalisation.
    Bon courage.

  20. Camille dit :

    Bonsoir ,
    Pouvez-vous m’en dire davantage sur le despotisme .
    J’ai beau chercher dans les dictionnaires et dans votre libelle je ne comprends pas davantage.
    Pour moi , du moins ce que j’en ai compris , le despotisme s’apparente a une force tyrannique .

  21. Simone MANON dit :

    Bonjour Camille
    Le despotisme est un régime politique dans lequel la souveraineté est détenue par un seul homme qui règne en maître. C’est donc un régime liberticide.
    Tocqueville établit que, paradoxalement, le régime démocratique dans lequel la souveraineté est détenue par le peuple n’est pas à l’abri de la tentation liberticide. Mus par la passion de l’égalité (confondue avec l’égalitarisme) les hommes peuvent décider majoritairement de supprimer des libertés génératrices d’inégalités. Ex: liberté d’expression sous la pression du « poliquement correct », liberté économique etc.
    Or il importe peu de savoir à quel despote nous sommes soumis (dictateur ou opinion populaire), le drame est d’être nié dans ses libertés fondamentales.
    Bien à vous.

  22. Mathilde dit :

    Bonjour,
    pensez vous que la pensée de Tocqueville peut s’appliquer à la démocratie que nous connaissons aujourd’hui ? La liberté de mener notre vie comme nous l’entendons (libre-arbitre) est plus que jamais revendiquée mais peut-être s’agit-il aussi d’un voile et subsiste en réalité un « despotisme » qui guide nos décisions les plus personnelles ?

    Merci pour votre blog.

  23. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Voyez bien que la perspective de Tocqueville est sociologique et politique, elle n’est pas psychologique comme votre propos le suggère.
    Oui les analyses de Tocqueville n’ont, hélas, rien perdu de leur pertinence.
    La liberté conquise politiquement ne signifie pas:
    – que les hommes se rendent effectivement libres sur le plan intellectuel et moral. Les opinions sont toujours souveraines. Cf.http://www.philolog.fr/nature-et-souverainete-de-lopinion-dans-la-societe-democratique-tocqueville-explication/
    -ou qu’elle ne soit pas menacée par la passion égalitariste particulièrement violente dans un pays comme la France.http://www.philolog.fr/reflexions-sur-la-liberte-au-sens-politique/
    Bien à vous.

  24. Marina dit :

    onjour,

    Pouvez-vous me dire davantage quels sont d`après Tocqueville les causes d`un état de servitude? Et quelle est la cominaison entre la centralisation du pouvoir et la souveraineté du peuple?
    Ce serait super si vous me pourriez donnez quelques idées clés.

    Merci d`avance.

  25. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Avant toute chose j’attire votre attention sur l’incorrection de votre expression. QuelLES sont les causes, pourriez donneR, comBinaison.
    Pour ce qui est des questions auxquelles vous devez répondre, il faut réfléchir par vous-même.
    Demandez-vous:
    Quelle est la règle politique fondamentale de la démocratie?
    Pourquoi jointe à la passion de l’égalité, présente-t-elle un risque pour la liberté?
    Comment sauvegarder les libertés constitutionnelles contre les dangers des passions démocratiques?
    Bon travail.

  26. Adèle. L dit :

    Bonjour ,

    À la relecture de cet ouvrage de Tocqueville, nombre de questions me viennent à l’esprit . Je m’interroge en particulier sur une question qui a trait au danger ( ou non ) d’un Etat trop puissant . Notion de puissance entendue dans le sens de le capacité qu’à l’Etat à gérer les relations entre les individus , de sa capacité à édicter des normes par le biais de ses organes institutionnels , ces mêmes normes étant de plus en plus nombreuses et régissant des domaines de plus en plus variés et nouveaux à la fois .
    Cela n’a pas à être remis en cause puisque c’est un rôle inhérent à l’Etat lui-même.

    Ma réflexion porte donc sur l’adverbe d’intensité -trop -. Puisque Tocqueville lance un avertissement, il montre qu’aucune démocratie n’est à l’abri d’un despotisme  » doux et prévoyant  » pour reprendre ses termes .
    Ce despotisme qui commence à poindre lorsque les individus abandonnent leur liberté au profit d’une plus grande égalité garantie par un Etat fort. Autrement , c’est cet abandon volontaire qui mène vers le despotisme . D’ailleurs il peut l’y mener sans pour autant l’atteindre , être seulement asymptotique , bref . Pour pallier cette éventualité , je crois comprendre que l’auteur proposait de restaurer les corps intermédiaires , les corporations , ancrer la presse etc . En définitive en tissant des liens sociaux , ces pouvoirs intermédiaires jugulaient la toute-puissance de l’Etat . Je crois que l’on peut dire que tout cela n’est pas tombé en déshérence puisque les syndicats et la presse ont désormais un statut qui les protège tous deux et les avancés en ce sens se sont succédé .
    Ma problématique est la suivante : l’avertissement de Tocqueville est-il encore d’actualité ? Face à la montée de l’individualisme , de la peur d’autrui et de l’abstentionnisme ( qui je crois pose un problème de plus en plus prégnant , d’aucuns s’y noient par désintérêt affiché de la politique alors que l’homme selon Aristote et Arendt , entre autres, est « un animal politique » , il doit donc agir pour ses intérêts propres , est-ce à dire qu’il ne sait plus quels sont ses intérêts propres s’il déserte l’isoloir ou bien qu’il s’est abandonné à la pleine puissance de l’Etat ? Le paradoxe crucial étant à mon sens que l’Etat prenant en charge des domaines de plus en plus variés , le citoyen doit de fait, émettre un point de vue, avoir ses propres idées sur tel ou tel sujet qui l’intéresse , le plus souvent il en a , pourquoi ne les exprime t-il pas dans ce qu’il y a de plus concret en démocratie : le vote ? ) .
    Et justement Tocqueville nous rappelle les dangers d’une désaffection politique et sociale des citoyens qui conduit l’Etat à tirer les rênes de plus en plus solidement et qui l’érige encore davantage comme « le plus froid des monstres froids » . Ma question est donc la suivante , : la démocratie est-elle tombée malade de ses propres excès puisque seule la liberté exercée volontairement par les citoyens peut neutraliser le rôle « maternant » que joue l’Etat sur ses sujets ?

    Je tiens à vous remercier pour votre blog qui en plus d’être constructif , recèle d’analyses pertinentes à tout propos .

  27. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Non, le rôle de l’Etat n’est pas, par principe, d’intervenir dans tous les aspects de la vie des hommes. Pour la pensée libérale, sa souveraineté a des limites définies par les droits inaliénables de la liberté de l’individu. De ce point de vue, on ne peut que s’effrayer de la propension d’un Etat comme l’Etat français à intervenir massivement dans la sphère privée en promulguant des lois liberticides.
    Ex: Par hygiénisme, il se mêle d’interdire quantité de choses, de fumer par exemple ou de rouler sans ceinture, comme s’il se sentait tenu d’être responsable à la place de ceux qu’il dispense ainsi d’assumer leur responsabilité. Or la liberté ne va pas sans responsabilité.
    Il prétend réglementer la pensée avec les règles du politiquement correct, être maître de la définition du réel en traçant la frontière entre ce qui peut en être dit ou doit en être tu, etc.

    L’interventionnisme tous azimuts de l’Etat moderne confirme donc la prédiction de Tocqueville avec ces paradoxes que souligne Dominique Schnapper: « L’autonomie de l’individu consacrée par l’Etat providence se paie d’un développement d’un appareil administratif toujours plus lourd et plus minutieux qui enserre l’action des individus dans un nombre toujours accru de dispositions juridiques. C’est d’ailleurs le même paradoxe qu’on observe entre la recherche d’authenticité de l’homo democraticus et la massification des consommations et des pratiques »
    L’abstentionnisme a de nombreuses causes. Sans doute procède-t-il d’un sentiment d’impuissance politique, d’une défiance à l’égard d’une classe politique coupable de faire de la politique un métier ordonné à d’autres préoccupations que celles de servir l’intérêt commun, d’un repli sur les intérêts privés (comme si ceux-ci n’étaient pas menacés par certains types de pouvoir!), du ressentiment d’individus demandant à la démocratie plus qu’elle ne peut donner, etc.
    Quant à la démocratie, elle est en effet aujourd’hui minée par une profonde crise morale.
    Voyez le dernier livre de Dominique Schnapper dans lequel elle s’applique à en dégager le sens. http://www.philolog.fr/lesprit-democratique-des-lois-dominique-schnapper/#more-3695
    Bien à vous.

  28. Marine dit :

    Je suis tombée ici par hasard en m’intéressant à la pensée de Tocqueville.
    Je suis particulièrement écœurée de voir la manière avec laquelle vous répondez aux commentaires. Je n’ose même pas imaginé les remarques et les appréciations sur les copies.

  29. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Il faut donc de toute urgence vous dispenser de fréquenter mon blog!
    Bien à vous.

  30. junior dit :

    qu’entend Tocqueville par democratie ? ses intuitions sociologiques se sont elles confirmees?

  31. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Je ne prends la peine de répondre qu’aux internautes témoignant de la plus élémentaire des politesses. C’est ce qu’il faut vous empresser d’apprendre.
    Bon travail.

  32. Manon dit :

    Bonjour ,
    Je me permets de vous interroger sur la citation suivante  » ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres , plus que des rois et moins que des hommes ».

    Je suis actuellement entrain d e travailler mon cours sur Alexis de Tocquevillle composé dans l’ensemble de citation. Et je perçois mal ce que cela signifie.

    Je vous remercie par avance,
    Cordialement, Manon.

  33. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Tocqueville, dans ce texte, décrit les caractéristiques d’un système politique plaçant les citoyens dans une situation contradictoire :
    • d’une part ils ont la liberté de déposer leurs représentants. Comme tels, ils disposent du pouvoir souverain, autrement dit, ils sont plus que des rois car le pouvoir de ceux-ci était limité, en bas, par la loi coutumière, en haut, par la loi divine. La souveraineté populaire au contraire est absolue. (Ce n’est plus absolument vrai aujourd’hui dans la mesure où le conseil constitutionnel peut invalider une loi votée au parlement). Elle s’exerce au moment des élections de telle sorte que nul gouvernement n’est assuré d’être reconduit.
    • d’autre part ils sont soumis aux tracasseries d’un pouvoir administratif les entravant dans l’exercice de leurs libertés les plus infimes. La sollicitude gouvernementale les dispense d’exercer leur libre arbitre dans les petites choses de la vie où le simple bon sens serait bienvenu. Comme tels, ils sont infantilisés et donc considérés comme moins que des hommes dont la dignité la plus élémentaire consiste à ne pas être déchargé de la peine de penser et d’agir par eux-mêmes.(Voyez ma réponse du 28 mai 2014 pour des exemples contemporains du despotisme démocratique)
    Dans un cas, ils sont les jouets, les pantins du pouvoir qui exerce son empire sur la totalité de leur vie, dans l’autre ils en sont les maîtres.
    Tocqueville résume la monstruosité en parlant d’une constitution républicaine par la tête et ultra-monarchique dans toutes les autres parties.
    Bien à vous.

  34. Jeanne Hutin dit :

    Bonjour,
    Votre blog est génial. Dès que je sors de ma prépa lettre, je le lis en entier !
    (mon commentaire est relativement inutile mais je voulais vous faire part de ma reconnaissance)
    Bonne continuation !

  35. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message.
    Bon courage et tous mes vœux de réussite aux concours.

  36. Lou Perot dit :

    Bonjour,
    Je viens de me pencher sur la lecture de ce texte, j’ai remarqué que Tocqueville donne de nombreuses caractéristiques au sujet de la société moderne qu’il entrevoit et j’ai put observer que certaines de ses analyses se sont révélées pertinentes à l’heure actuelle mais je me demande à présent le danger que cela représente pour la société lorsque l’Etat se charge d’assurer son bonheur?
    Pourriez-vous éclairez ma lanterne?
    Bien à vous.

  37. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Y a -t-il plus grand péril pour la liberté et la dignité humaine que d’être dispensé de la responsabilité de penser et d’agir de manière autonome? Voyez cet article pour approfondir les choses: http://www.philolog.fr/reflexions-sur-la-liberte-au-sens-politique/
    Bien à vous.

  38. Marine dit :

    Bonjour,

    La démocratie que Tocqueville décrit dans le livre dont vous avez extrait ce passage est la démocratie moderne. Dit-il quelque chose de la démocratie de l’Athènes du 7°s ?
    D’après ce que je comprend ici, Tocqueville critique la démocratie sous l’acception qui fut la sienne depuis le développement de l’imaginaire capitaliste (je parle en termes castoriadiens). Imaginaire qui n’était pas du tout celui des démocrates de l’Antiquité, où, au contraire, il n’était pas question de délaisser son pouvoir de décision à une instance décisionnaire centrale.
    Ma question est simple : Tocqueville mentionne t’il la démocratie grecque antique ?

    Cordialement.

  39. Simone MANON dit :

    Bonjour
    La démocratie athénienne n’existe pas au VIIème siècle av. J.C. Elle est une réalité du Vème siècle procédant des réformes de Solon et de Clisthène au VIème.
    Tocqueville analyse la démocratie américaine, non la démocratie athénienne. Il le fait en sociologue et la définit moins comme un régime politique que comme un état social. Il faudrait relire son œuvre pour savoir s’il mentionne la démocratie athénienne. Je me souviens qu’il le fait dans le §15 du deuxième tome, pour préciser que si, à Athènes, tous les citoyens prenaient part aux affaires publiques, ceux-ci étaient peu nombreux, la plus grande partie des membres de la cité étant des esclaves remplissant les fonctions qu’assurent aujourd’hui le peuple et même la classe moyenne. Autrement dit, Athènes est essentiellement une république aristocratique.
    Voyez bien aussi que Tocqueville n’est pas un contempteur de la démocratie. Il en analyse les différents aspects et les dangers qu’elle fait peser comme c’est le cas de toute institution.
    Lisez le §5 du 1er tome, où il souligne l’importance des institutions communales en Amérique, puissant rempart contre les risques de despotisme démocratique.
    Bien à vous.

  40. Vincent dit :

    Bonjour,

    Je ne trouve pas le texte de Tocqueville, Le despotisme démocratique. Il n’est plus édité. Fait-il maintenant partie d’un autre ouvrage disponible?

    Merci

    Vincent

  41. Simone MANON dit :

    Bonjour
    « Le despotisme démocratique » n’est pas le titre d’un ouvrage de Tocqueville, c’est une thèse développée dans son grand livre intitulé « de la démocratie en Amérique » comme l’indiquent les références des textes cités.
    Bien à vous.

  42. […] Tocqueville l’appelait le “despotisme démocratique”. Au lieu de donner confiance, de fluidifier le fonctionnement de la Société, de libérer et de responsabiliser le citoyen, de dynamiser l’économie  et la politique c’est tout le contraire qui se produit. […]

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