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    « Europe » ; j'ai essayé de dessiner ton visage ; j'ai interrogé la nature des gisements de sens et de valeurs dont tu as fait ton miel. Je n'ai pas hésité à dire qu'il s'est passé sur ce petit cap du continent asiatique, quelque chose de prodigieux qu'il faut appeler la culture ou la civilisation européenne. J'ai parlé d'exception européenne et pointé dans ce qui la distingue de toutes les autres ères culturelles, une différence qualitative à défaut d'assumer haut et fort l'expression si politiquement incorrecte de supériorité culturelle. 

 

 
 Sortie de la clôture ethnocentrique, ouverture à l'universel, identité excentrique, tension entre une barbarie menaçante et un idéal civilisationnel à conquérir, rapport critique à soi-même, conscience aiguë de l'historicité de l'aventure humaine et de sa nécessaire contribution au travail du négatif ; tels sont, résumés, quelques uns des traits distinctifs de la culture européenne. Avouons que tout cela n'est pas rien et qu'il est important de se réapproprier la signification de l'européanité.
 
   Et pourtant au terme de cette patiente recension de notre spécificité, je ne me sens pas confirmée dans le sentiment d'une légitime estime du monde auquel j'appartiens. Je me sens au contraire profondément mélancolique, comme si ma description était une sorte d'hommage posthume ; une manière de réfléchir une réalité ayant existé mais ayant cessé d'être vivante. J'ai grand-peur que les nombreux ouvrages consacrés à la célébration de la culture européenne soient un symptôme de son crépuscule car ce n'est jamais à l'aube ou à midi que la chouette de Minerve prend son envol disait Hegel et Rousseau soulignait qu'on ne parle jamais autant d'une vertu que lorsqu'elle est devenue exotique.  
 Pourquoi ce malaise ? La lucidité n'exige-t-elle pas de reconnaître que cet homme pétri d'humanités grecques et romaines, soucieux de sculpter son être selon l'idéal de la sagesse et de la beauté morale ; de se sentir partie prenante d'une aventure collective d'auto-institution de l'humanité par elle-même, sans ignorer les limites de sa finitude, était aussi rare hier qu'aujourd'hui? Ainsi nul doute que la culture comme tâche infinie ne fait pas bon ménage avec la culture de masse. Elle doit se défaire de son essence aristocratique pour prendre consistance démocratique et certains voudraient nous faire croire que ce n'est pas nécessairement trahir le rêve des Lumières que de veiller à le concilier avec les contraintes du réel.    Argument, comme on sait, ressassé à l'infini par nos nouvelles "élites", mais il ne me convainc pas. Impossible de faire taire la petite voix me disant qu'il est une manière de se rassurer à bon compte. Car, soyons sérieux, ce qui fait une civilisation c'est moins la manière dont les hommes massivement se conduisent que la manière dont ils ont appris qu'ils doivent se conduire. Un monde socio-historique se reconnaît à la nature des valeurs qu'il proclame, à l'exemplarité des modèles portés par les autorités habilitées à instituer l'individu et le social, à sa façon spécifique de se projeter dans l'existence. Or sur ce point, il est vain de nier que les choses ont profondément changé. La métamorphose de l'école que j'ai vu s'opérer lentement au cours de ma carrière et dont j'ai observé comme « un précipité » au sens chimique, l'année dernière interdit de se crever les yeux agréablement.  
 Le projet européen s'est épuisé non pas par la fatalité de ses échecs mais par l'effet pervers de ses réussites et, osons le dire, par l'émergence de nouvelles élites étrangères à ses exigences. La paix relative qu'il a offerte à ses bénéficiaires, la prospérité qu'il a garantie, les libertés dont il a permis de jouir depuis un demi siècle ont installé l'humanité européenne dans une condition de relâchement peu propice à l'accomplissement de sa tâche. Kant l'avait prophétisé. La satisfaction des besoins humains, l'effacement des menaces concrètes auxquelles l'homme a été séculairement exposé, la facilité sont pour l'humanité, conçue comme projet moral, un risque de mort. Et de fait l'heure est au contentement de soi, à la fête, aux complaisances narcissiques et à la convivialité. Il n'est pas à la différenciation des ordres et en particulier à celle de l'abîme séparant la jubilation de la participation festive à l'austérité parfois douloureuse des conquêtes du savoir et de l'autonomie intellectuelle et morale. 
 
 Deux auteurs que j'ai beaucoup fréquentés cet été ont apporté de l'eau à mon moulin.
 
 D'abord Castoriadis et la sévérité du jugement qu'il porte sur ce qu'il appelle « le délabrement de l'Occident ». Son constat est accablant. Il dépeint un Occidental qui, à la différence du Grec ou du Romain d'hier, (l'actualité permet d'ajouter : du Chinois d'aujourd'hui), qui se voulaient tels qu'ils se projetaient, a cessé de se vouloir lui-même.
  Je ne suis pas notre auteur dans les causes qu'il assigne à ce phénomène car son surmoi marxiste, omniprésent même dans le rigoureux procès qu'il instruit du monde communiste, le conduit nécessairement à stigmatiser le monde capitaliste et libéral. Or que l'individu soit une institution sociale ne signifie pas que la société fondée sur le principe des droits de la personne humaine soit une société  impuissante à produire un individu capable de la reproduire et de la faire fonctionner. Ni l'idéologie individualiste au sens de Louis Dumont, ni l'organisation capitaliste et libérale ne sont condamnées à inventer un Narcisse occupé surtout à se célébrer et à perdre tout véritable sens critique. Reste que si les raisons sont moins convenues que celles invoquées par Castoriadis, les faits sont là. Remplaçons le mot « capitalisme » par « société moderne » et le constat s'impose :
 
 « Le capitalisme n'a pu fonctionner que parce qu'il a hérité d'une série de types anthropologiques qu'il n'a pas créés et n'aurait pas pu créer lui-même: des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres et wébériens, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont un minimum de conscience professionnelle, etc. Ces types ne surgissent pas et ne peuvent pas surgir d'eux-mêmes, ils ont été créés dans des périodes historiques antérieures, par référence à des valeurs alors consacrées et incontestables: l'honnêteté, le service de l'État, la transmission du savoir, la belle ouvrage, etc. Or nous vivons dans des sociétés où ces valeurs sont, de notoriété publique, devenues dérisoires, où seuls comptent la quantité d'argent que vous avez empochée, peu importe comment, ou le nombre de fois où vous êtes apparu à la télévision. Le seul type anthropologique créé par le capitalisme, et qui lui était indispensable au départ pour s'instaurer, était l'entrepreneur schumpétérien: personne passionnée par la création de cette nouvelle institution historique, l'entreprise, et par son élargissement constant moyennant l'introduction de nouveaux complexes techniques et de nouvelles méthodes de pénétration du marché. Or même ce type est détruit par l'évolution actuelle; pour ce qui est de la production, l'entrepreneur est remplacé par une bureaucratie managériale; pour ce qui est de faire de l'argent, les spéculations à la Bourse, les OPA, les intermédiations financières rapportent beaucoup plus que les activités « entrepreneuriales ».
   En même temps donc qu'on assiste, moyennant la privatisation, au délabrement croissant de l'espace public, on constate la destruction des types anthropologiques qui ont conditionné l'existence même du système » Le délabrement de l'Occident 1995, dans La montée de l'insignifiance.
 
  Si je ne vois pas en quoi la faute est imputable à l'économie de marché et à une organisation politique et économique fondée sur le principe de la liberté, en revanche j'ai peine à croire que cela n'ait pas  à voir avec l'éducation, au sein de la famille et de l'école et fait nouveau par rapport aux autres époques, à la puissance d'impact sur les consciences de l'univers médiatique. Comment un véritable projet d'autonomie individuelle et collective pourrait-il s'effectuer sans une solide formation intellectuelle et morale ? C'est la culture au sens de la dimension spirituelle et morale d'une société qui est en jeu, non les formes concrètes, techniques, économiques et politiques qui la reflètent plus qu'elles ne la déterminent. Or l'école, pas plus que la famille n'a résisté à la subversion des rôles et des valeurs traditionnels initiée par les forces nihilistes de la modernité.
 
  C'est un truisme de pointer la démission généralisée des autorités parentales, pédagogiques, étatiques. Ni la famille, ni l'école n'ont le souci, comme la Cité grecque, d'être une éducatrice de l'Humanité ou comme l'Eglise de rappeler les idéaux de la Cité de Dieu. Des deux grandes sources ayant éduqué l'Europe, il ne reste plus que quelques vagues souvenirs dilués dans un catéchisme enfermant chacun dans la bonne conscience de son innocence et dans l'oubli de la transcendance. Est-ce au profit de davantage d'autonomie pour ceux qui doivent être "élevés" ? Certes pas. Ce qui domine, c'est la désorientation, l'anomie, le laissez-aller et l'angoisse constitutive d'une existence où le seul mot d'ordre est « éclatez-vous » et tirez votre épingle du jeu. D'où par exemple, le privilège de la méthodologie dans l'enseignement philosophique  sur la profondeur des contenus. Ce n'est pas rentable de former au vrai doute, à l'inquiétude philosophique. Il faut surtout apprendre à  bricoler un plan en trois parties avec des idées toutes faites pour chacune. Ce n'est pas un moindre paradoxe d'observer que les moyennes de l'épreuve de philosophie sont bien meilleures aujourd'hui qu'à l'époque où les élèves lisaient. A quoi bon faire le long détour comme le proposait Platon! On se fait l'écho des opinions les plus éculées, de préférence au goût des critiques convenues des approbateurs du système  et le tour est joué.
 
  Dans son texte sur La crise des sociétés occidentales écrit en 1982, qu'on peut lire dans La montée de l'insignifiance, Castoriadis souligne le rapport de cette crise avec le système éducatif. Que dirait-il aujourd'hui, vingt six ans plus tard !
 
 «  Le système éducatif occidental est entré, depuis une vingtaine d'années, dans une phase de désagrégation accélérée. Il subit une crise des contenus: qu'est-ce qui est transmis, et qu'est-ce qui doit être transmis, et d'après quels critères? Soit: une crise des « programmes » et une crise de ce en vue de quoi ces programmes sont définis. Il connaît aussi une crise de la relation éducative: le type traditionnel de l'autorité indiscutée s'est effondré, et des types nouveaux - le maître-copain, par exemple - n'arrivent ni à se définir, ni à s'affirmer, ni à se propager. Mais toutes ces observations demeureraient encore abstraites si on ne les reliait pas à la manifestation la plus flagrante et la plus aveuglante de la crise du système éducatif, celle que personne n'ose même mentionner. Ni élèves ni maîtres ne s'intéressent plus à ce qui se passe à l'école comme telle, l'éducation n'est plus investie comme éducation par les participants. Elle est devenue corvée gagne-pain pour les éducateurs, astreinte ennuyeuse pour les élèves dont elle a cessé d'être la seule ouverture extra-familiale, et qui n'ont pas l'âge (ni la structure psychique) requis pour y voir un investissement instrumental (dont d'ailleurs la rentabilité devient de plus en plus problématique). En général, il s'agit d'obtenir un «papier » permettant d'exercer un métier (si l'on trouve du travail). [...]
   Le système éducatif classique était nourri, « par le haut », par la culture vivante de son époque. C'est toujours le cas du système éducatif contemporain - pour son malheur. La culture contemporaine devient, de plus en plus, un mélange d'imposture « moderniste » et de muséisme .Il y a belle lurette que le « modernisme »  est devenu une vieillerie, cultivée pour elle-même, et reposant souvent sur de simples plagiats qui ne sont admis que grâce au néo-analphabétisme du public (il en va ainsi, notamment, de l'admiration professée par le public parisien «cultivé», depuis quelques années, pour des mises en scène qui répètent, en les diluant, les inventions de 1920). La culture passée n'est plus vivante dans une tradition, mais objet de savoir muséique et de curiosités mondaines et touristiques régulées par les modes. Sur ce plan, et pour banale qu'elle soit, la qualification d'alexandrinisme s'impose (et commence même à être insultante pour Alexandrie); d'autant plus que, dans le domaine de la réflexion lui-même, l'histoire, le commentaire et l'interprétation se substituent progressivement à la pensée créatrice ».
 
   Par cette analyse, il me semble que Castoriadis a l'intelligence d'une mutation culturelle profonde et comme le pressentiment que l'explication socio-économique de type marxiste a cessé d'être opératoire. Il y va d'un thème qui lui est cher, à savoir de l'institution imaginaire de la société et de l'individu.     Or l'institution actuelle ne laisse pas d'être proprement étonnante.  
  Fini le souci grec formulé par Périclès dans son Oraison funèbre : «  Nous cultivons le beau dans la simplicité, et les choses de l'esprit sans manquer de fermeté ». Thucydide. La Guerre du Péloponnèse, II, 37-41. Traduction Jacqueline de Romilly.     Fini le souci chrétien de résister au démon qui ne vient pas de l'autre mais qui habite en soi.  
  Le péché originel est une blague. "Tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil" et le Désir peut faire Loi.
 En ce sens, le monde moderne n'a pas de précédent. (selon la formule de Péguy). Il faut donc la sagacité d'un esprit résistant pour en dévoiler le caractère inédit. C'est pourquoi il me paraît judicieux de clore cette réflexion sur l'Europe par une présentation de la pensée de Philippe Muray; ce qui sera l'objet du prochain article.  
   Infatigable vitupérateur d'un monde qui ne sait plus s'étonner de ses extravagances, il a le mérite de faire rire, de ce rire altier, salutaire, dénué de toute méchanceté qui est la marque de la liberté intellectuelle et morale.
 Mais surtout, avec le regard distancié et sans complaisance qu'il pose sur un monde dont il a l'art de faire apparaître le dérisoire et le comique, il est bon de dire que se poursuit le travail des Lumières et resplendit toujours et encore la vertu fondamentale de l'esprit européen.
 
 
 
 

  

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12 Réponses à “"Le délabrement de l'Occident". Cornelius Castoriadis.”

  1. Gautier dit :

    Belle lecture,merci pour la présentation de Castoriadis.
    Votre critique de l’enseignement rejoint celle d’Arendt,toujours pertinente.

    Je vous conseille vivement Jean-Claude Michéa et Christopher Lasch,pour comprendre pourquoi,selon ses auteurs,la faute est imputable au libéralisme,dont l’économie de marché n’est qu’un versant.Pas le libéralisme couplé de principes moraux tel qu’il semble avoir été pensé par certains,celui qui se développe dès le 18è siècle,et dont on connaît aujourd’hui une version cohérente avec lui-même,dont le fondement axiologique neutre est à l’origine de la « régression anthropologique »(enfin un professeur de philosophie qui l’intègre à ses réflexions).
    Cordialement.

  2. Simone MANON dit :

    Merci pour cette suggestion.

  3. CHAMPETIER Romain dit :

    Bonjour madame,
    J’aimerais avoir quelques précisions concernant deux références philosophiques que vous avez évoqué dans votre propos :
    – Tout d’abord, pourriez-vous expliciter davantage l’idée de Hegel lorsqu’il évoque la « chouette de Minerve » ? Pourriez-vous faire de même avec Rousseau ?
    – Enfin, comme vous le comprendrez certainement, l’année de terminale est une année courte, et , n’ayant pas assez de temps pour éplucher toutes les informations, références et pistes de réflexion qui figurent sur votre blog (j’aimerais sincèrement m’y consacrer pleinement !), j’aurais aimé que vous résumiez très brièvement la thèse de Castoriadis afin de me rendre intelligible les grandes idées qu’il développe.
    Je vous remercie par avance
    Cordialement

  4. Simone MANON dit :

    Je dois encore vous mettre en garde, Romain, contre l’erreur consistant à croire qu’on peut maîtriser une pensée avec un résumé. Le propre d’une grande pensée est précisément qu’elle ne se résume pas, elle s’approprie patiemment par la lecture des textes et leurs commentaires par des personnes compétentes. J’ai toujours précisé à mes élèves que la plus pathétique manière d’afficher son ignorance est de convoquer un auteur qu’on n’a jamais lu et étudié. Cela ne peut faire illusion qu’aux ignorants.

    La chouette de Minerve est le symbole de la philosophie et Hegel montre que lorsqu’une formation de la réalité peut se réfléchir sous la forme du concept, c’est le signe que cette réalité a cessé d’être vivante. Le travail de la philosophie s’effectue donc dans des époques de décadence.
    Ex: Le platonisme se construit au moment où la cité grecque a cessé d’être une réalité politique.
    Rousseau établit que lorsqu’une vertu est vivante, autrement dit lorsqu’elle va de soi dans la conduite des hommes, on n’en parle pas.
    Ex: On parle beaucoup du respect de la personne humaine aujourd’hui mais ni en paroles, ni en conduites, les hommes ne se respectent vraiment.
    Bien à vous.

  5. CHAMPETIER Romain dit :

    Je vous remercie encore pour ces quelques explications !
    Cordialement

  6. CHAMPETIER Romain dit :

    Vous évoquez l’individualisme de Louis Dumont et le personnage contemporain du Narcisse, j’ajouterai en guise de référence connexe l’ouvrage de Gilles Lipovetsky, L’ère du vide, qui fustige l’image archétypal du néo-Narcisse post-moderne, individualiste, nombriliste mais terriblement angoissé à cause d’une quasi-absence de repères compensé par un rattachement désespéré au JE.
    Bien à vous

  7. Simone MANON dit :

    Attention Romain. Vous commettez un contre-sens dans votre lecture de l’analyse de Gilles Lipovetsky. Il ne s’agit ni chez Louis Dumont, ni chez Lipovetsky de « fustiger » comme vous le dîtes. Simplement d’analyser le régime de la modernité pour l’un, de la postmodernité pour l’autre.
    Les préjugés, jouent toujours des tours. Souvenez-vous de ce conseil.
    Cf. sur ce blog: l’article: la culture-monde.

    Bien à vous.

  8. CHAMPETIER Romain dit :

    En effet, l’utilisation du verbe « fustiger » paraît inappropriée. Gilles Lipovetsky constate seulement l’état actuel de la société et des individus qui la composent.
    Comme vous le disiez dans un autre commentaire concernant l’épistémologie de l’histoire, à 17 ans on a encore tout à apprendre !
    Merci pour votre patience et votre grande tolérance intellectuelle face à un néophyte aussi jeune que moi !
    Bien à vous

  9. Simone MANON dit :

    Il est vrai qu’à 17 ans on a tout à apprendre mais il y a si peu de jeunes qui en ont conscience!
    Aussi n’aiment-ils pas qu’un professeur épingle leurs erreurs.
    Lorsqu’un élève a compris que la sévérité pédagogique sert son intérêt et qu’il est curieux, toutes les espérances sont permises. Ces vertus sont les vôtres. Sauvegardez les. Elles vous mèneront loin.
    Tous mes voeux de brillante réussite pour le bac et la suite de vos études.

  10. CHAMPETIER Romain dit :

    Je nourris en moi-même une seule et unique croyance en rapport avec la vérité et l’accomplissement de soi : c’est par la critique modérée, sans aucune visée dominatrice et raisonnablement fondée que les esprits individurel et collectif se forment. C’est dans ce sens que j’adhère volontiers aux thèses d’un John Stuart Mill qui prêche l’idée de positivité des antagonismes dans le débat public (‘même si le concept de publicité n’était pas clairement établi à cette époque) ou encore à celles d’un Jurgen Habermas qui prône le bien-fondé de la démocratie délibérative.
    Que cela soit à l’échelle individuelle ou à l’échelle d’une nation, il me semble pertinent de pointer l’importance de la discussion et de la critique, sans laquelle nous assisterions probablement à un immobilisme latent. Partagez-vous cette vision des choses ?

  11. Simone MANON dit :

    Vous enfoncez des portes ouvertes, Romain. Excepté un fanatique religieux ou politique, y a -t-il une seule personne disposée à remettre en question la nécessité du pluralisme et de la dialectique dans l’espace public tant comme condition de possibilité du progrès des savoirs que de la réalité de la démocratie dans la conduite des affaires publiques?
    Cet accord théorique ne préjuge néanmoins pas de la consistance pratique de l’éthique de la communication. Il y faudrait l’ascèse des passions, une solide formation intellectuelle, un véritable amour de la vérité et du bien conçus comme horizon d’une recherche en commun et non comme possession partisane, ce qui est trop attendre de la majorité des hommes dans la cité.

  12. rouchdi chamcham dit :

    C’est à lire …

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