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Fernand Léger. Le mécanicien. 1920. Musée des beaux-arts du Canada. Ottawa. 

 

Il faut souligner la valeur morale, existentielle et sociale du travail.

  Dans la mesure où l’on peut lui reconnaître une valeur, le travail peut faire l’objet d’une obligation morale, sociale et si l’on est croyant religieuse.

 

 A)    Dimension morale.

 

  -Travailler consiste à prendre en charge le fardeau de l’humanité. La nécessité biologique et sociale du travail fonde le devoir d’assumer, selon ses capacités, sa part de la contrainte. On y conquiert au moins la dignité de celui qui ne s’en remet pas au travail des autres exclusivement pour satisfaire ses besoins. « Celui qui ne travaillera pas ne mangera pas » disent les Ecritures.

  D’où l’humiliation de ceux qui sont exclus, par la raréfaction du travail et non par leur manquement moral, du processus de la production des biens et des services. Avant même la tragédie de l’exclusion sociale propre à une société où l’homme fait société avec l’homme essentiellement sous la forme des relations économiques, il y a le drame de celui qui est condamné à dépendre de la sueur des autres pour assurer sa subsistance. Il y a là le principe d’une culpabilité dont souffrent sans doute les consciences morales les plus délicates. D’où la demande, légitime moralement à défaut d’être toujours efficace économiquement, d’un partage du travail.

   – Travailler éduque, humanise en imposant de mobiliser son attention et son énergie dans l’effort. Le travail instruit par la résistance des matériaux qu’il façonne. Il apprend la patience, la modestie, la ténacité. Tout effort méthodique finalisé doit en effet surmonter des obstacles, remettre l’ouvrage sur le métier, trouver des solutions nouvelles, ne pas se décourager dans l’échec. Le travail est une école de courage et de lucidité car seul celui qui ne fait rien peut ignorer les contraintes du réel et nourrir des illusions sur lui-même.

  Cf. St Exupéry dans Terre des hommes: « La terre nous en apprend plus long sur nous-mêmes que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. Mais pour l’atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot ou une charrue. Le paysan dans son labour arrache peu à peu quelque secret à la nature, et la vérité qu’il dégage est universelle. De même l’avion, l’outil des lignes aériennes, mêle l’homme à tous les vieux problèmes ».

   – Le travail développe les vertus de la sociabilité en inscrivant la personne dans le réseau des solidarités sociales. Il peut être le vecteur du sens des responsabilités, de la rigueur, de la générosité, d’une conscience professionnelle exigeante permettant à celui qui s’efforce de faire le mieux qu’il peut de gagner sa propre estime et celle des autres.

   – Alain n’hésite pas à dire qu’il est une école de vertus. En mobilisant l’esprit dans la tâche à effectuer, il met à distance le pathos enclin à devenir obsessionnel dans l’inactivité. Il domestique les pensées folles et les élans désordonnés. « A notre insu le travail nous guérit de la partie inférieure et presque mécanique de nos passions. Ce n’est pas peu. Les mains d’Othello étaient inoccupées, lorsqu’il s’imagina d’étrangler quelqu’un » Alain. Les Aventures du cœur.

    - Le travail impose de différer la jouissance en introduisant entre le désir et sa satisfaction la distance nécessaire à l’humanisation du désir. La barbarie se décline toujours comme tentation de l’immédiat. Ex : Le vol plutôt que le détour par le travail permettant d’acquérir les moyens de ses aspirations. Faire l’économie de la médiation (du temps du projet, de l’effort pour obtenir l’objet de son désir, de la culture de son être) condamne le désir au niveau frustre des pulsions et des besoins et expose à la violence. Georges Bataille souligne le lien du travail et de l’endiguement de la violence. » Le monde du travail et de la raison est la base de la vie humaine, mais le travail ne nous absorbe pas entièrement, et si la raison commande, jamais notre obéissance est sans limite (…) Dans le domaine de notre vie, l’excès se manifeste dans la mesure où la violence l’emporte sur la raison. Le travail exige une conduite où le calcul de l’effort, rapporté à l’efficacité productive, est constant. Il exige une conduite raisonnable, où les mouvements tumultueux qui se délivrent dans la fête et, généralement, dans le jeu, ne sont pas de mise. Si nous ne pouvions réfréner ces mouvements, nous ne serions pas susceptibles de travail, mais le travail introduit justement la raison de les réfréner. Ces mouvements donnent à ceux qui leur cèdent une satisfaction immédiate : le travail au contraire promet à ceux qui les dominent un profit ultérieur, dont l’intérêt ne peut être discuté, sinon du point de vue du moment présent. (…) La plupart du temps le travail est l’affaire d’une collectivité, et la collectivité doit s’opposer, dans le temps réservé au travail, à ces mouvements d’excès contagieux dans lesquels rien n’existe plus que l’abandon immédiat à l’excès. C’est-à-dire à la violence. Aussi bien la collectivité humaine, en partie consacrée au travail, se définit-elle dans les interdits, sans lesquels elle ne serait pas devenue ce monde du travail, qu’elle est essentiellement » L’Erotisme.1957.

 

B)    Dimension existentielle du travail.

 

  Pour la plupart des hommes, il est un salutaire divertissement. Pascal appelle ainsi toutes les occupations (la fête aussi bien que le travail) permettant à l’homme de dresser un paravent entre lui et sa misère existentielle. « Rien n’est plus insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme, l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir » Pensées. B 388.

   Que faire de sa vie ? Comment l’occuper ? Comment échapper à l’ennui du temps vide, au sentiment de l’absurde, à l’angoisse de la mort ? La contrainte du travail détourne l’homme de ces préoccupations et lui impose de fait sa propre fin.

 

  NB : Certes ce n’est jamais sans tristesse qu’il faut faire ce constat. Parce qu’enfin le travail est un moyen de promouvoir les conditions d’une vie épanouie ; il n’est pas en soi une fin. On travaille pour avoir une vie agréable ; on ne vit pas pour travailler. Pour que le travail puisse fonctionner ainsi dans une vie, il faut que l’homme ait oublié de réfléchir sur les fins d’une existence humaine et soit aliéné au point de méconnaître que l’humanité s’accomplit dans les activités qui sont à elles-mêmes leurs propres fins Or tel n’est pas le cas des activités économiques.

  Voilà pourquoi les Grecs considéraient que la véritable éducation est l’éducation au loisir. Il n’y a pas de loisir pour celui qui est asservi aux impératifs du travail et conséquemment il est exclu des conditions de la vie heureuse.

  Dans l’Ethique à Nicomaque X, 6, Aristote écrit en ce sens : « Le premier venu, fût-ce un esclave, peut jouir des plaisirs du corps, mais personne n’admet la participation d’un esclave au bonheur, ce serait lui attribuer aussi une vie humaine ».

  Hannah Arendt déplorait ainsi que l’époque qui, par le machinisme, peut en partie libérer l’humanité du fardeau du travail soit aussi celle qui ignore les fins en vue desquelles il valait la peine de se libérer.

  «  C’est une société de travailleurs que l’on va délivrer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté » Condition de l’homme moderne. 1958.

 

C)    Dimension sociale du travail.

 

  Cette dimension peut s’analyser en un sens négatif et en un sens positif.

 

1)      Sens négatif.

 

  « Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir – qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême ».

                                            Nietzsche.  Aurore. III, §173 (1881) Traduction Jean Hervier.

  

  Nietzsche pointe ici la fonction policière du travail. Il est dit-il : « la meilleure des polices ».

   On peut donc voir en lui un auxiliaire du pouvoir politique au sens où celui-ci se fonde dans la nécessité d’assurer la sécurité des membres d’une collectivité. La police a, en effet, mission de protéger les individus de la violence que chacun représente pour chacun, de veiller au respect de la loi commune or il est clair qu’elle a moins à faire lorsque les individus dépensent leur énergie dans des ateliers, des bureaux ou des usines que lorsque celle-ci est inemployée. « L’oisiveté est la mère de tous les vices » dit le proverbe, car l’oisiveté est autant le contraire du loisir actif que du travail. Elle est le temps de la passivité où le sujet est livré à des forces qu’il ne prend pas la peine d’humaniser. Tous les débordements, les excès sont alors possibles. Il faut bien dépenser une énergie en suspens, non mobilisée dans une tâche. C’est un truisme de souligner que les espaces les moins pacifiés sont aussi ceux où on ne sait que faire de constructif.

  Mais précisément ce que Nietzsche dénonce surtout dans le travail, c’est de faire obstacle à l’accomplissement personnel. De ce point de vue, le temps de travail n’est pas forcément antinomique du temps de l’avachissement, de la soumission aux inclinations naturelles propre à l’oisiveté. Dans les deux cas il y a processus entravant l’homme dans ses possibilités de dépassement. Nietzsche ne fait pas l’éloge de la paresse. Son idéal est le surhomme, celui qui aime respirer l’air des cimes et tend à  promouvoir ce qu’il y a de supérieur en l’homme. La vertu est dans la capacité créatrice et ce qu’il y a de dramatique dans le labeur tient d’ordinaire à son absence de créativité.

  Le philosophe souligne le côté trivial du travail. Il est ordonné à des satisfactions «faciles et régulières », il « consume » une énergie que l’individu ne peut pas investir ailleurs, sur des fins plus nobles que celles de l’entretien de la vie ; il soumet la personne à des procédures et  à des impératifs communs et ce qui est commun est « mesquin ».

  Le thuriféraire d’une morale aristocratique stigmatise ici la dimension plébéienne du travail. Il est une activité impersonnelle rendant impersonnel son auteur et l’intégrant par la force des choses à la totalité sociale. Il «  tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance ».

  Au fond, il est l’activité rêvée pour produire le conformisme et assurer la cohésion sociale aux dépens de l’individualité et de l’originalité. Il embrigade, sape toute velléité de suivre son chemin à soi au risque d’être exclu du « politiquement conforme ».

 

2)      Sens positif.

 

  Socialisation ne signifie pas nécessairement dépersonnalisation. Elle peut signifier humanisation. En ce sens on peut célébrer dans le travail un moyen d’insertion sociale, d’inscription de l’individu dans une communauté le sauvant de la déshumanisation qu’engendre souvent l’exclusion sociale. « La pièce isolée dans le jeu de tric trac, » selon l’image aristotélicienne, est en danger de devenir « un brandon de discorde ». En tout cas elle n’est pas en situation de donner le meilleur d’elle-même.

Car depuis que les communautés naturelles fondées sur les liens du sang et les structurations religieuses se sont effondrées, les hommes font société les uns avec les autres, essentiellement, sous la forme des relations économiques. Le travail confère un statut social, permet à l’individu de se sentir utile à d’autres et de s’estimer lui-même à proportion de l’estime dont il se sent l’objet dans la société dont il est, par le travail, membre à part entière.

  D’où la tragédie de ceux qui n’en trouvent pas. L’indemnisation du chômage, qui est un devoir de solidarité, résout le problème économique qu’il pose, elle ne résout pas le problème humain. Un homme privé d’emploi, indépendamment de sa volonté, est un homme privé d’un rôle social.

  On ne soulignera jamais assez qu’il y a dans cette situation une forme de déni de l’humanité de l’homme tant il est vrai que dans la société bourgeoise, la socialité s’accomplit sous la forme du travail.

  Enfin le travail est source de la richesse sociale. En participant, par sa contribution, à l’oeuvre collective et historique, l’homme se sent partie prenante d’une Odysée qui celle de son espèce et plus concrètement de sa nation.

 

 

  Conclusion :

 

  Le travail a une grande valeur, il ne s’agit pas de le nier. Il développe des vertus morales, permet à l’individu de se sentir utile socialement et lui donne des raisons de vivre. Il est au principe de la civilisation et de ses progrès. Mais il ne faut pas sous estimer sa part maudite.

  Il est une contrainte entravant l’homme dans l’accomplissement de fins dont la supériorité s’atteste toujours par le fait qu’elles sont poursuivies comme des fins en soi, jamais comme des moyens. La division du travail entraîne une mutilation de la personnalité en réduisant son champ d’expression, les impératifs sociaux le détournent de ses fins propres.

  D’où l’urgence de ne pas faire une apologie inconsidérée du travail. Il n’épuise pas le sens de la relation à la nature, à l’autre, ou à soi-même.

  On peut contempler la nature comme le philosophe antique, la chanter comme le poète, admirer sa beauté comme on admire une œuvre d’art. On peut donner une valeur supérieure au jeu (gratuité), aux activités désintéressées, à l’amour et à l’amitié bref à tout ce qu’on ne cultive jamais mieux que dans le loisir.

  Faire son métier d’homme ne se réduit pas à payer son tribut à la nécessité biologique et sociale. Il suffit pour s’en convaincre de remarquer que l’heure de la retraite sonne un jour pour l’activité laborieuse. Elle ne sonne jamais pour la tâche de bien vivre.

 

 

Autour de ce Sujet :

  1. Présentation du chapitre VII. Le travail.
  2. Ambiguïté du travail.
  3. Ambiguïté de la division du travail.
  4. En quoi consiste l’aliénation du travail?
  5. Le travail.

17 Réponses à “La valeur du travail.”

  1. Sébastien Emonet dit :

    Bonjour Mme Manon,
    je ne suis pas un de vos élèves, mais ai cependant pris grand plaisir à lire votre résumé sur le travail. Cependant, je me permets d’ajouter un commentaire concernant la dimension existencielle du travail.
    Il me semble que vous n’insistez pas assez sur la dualité du travail : à la fois occupation et moyen de subsistance. Concernant la seconde acception du mot, je ne peux qu’être d’accord avec vous. Par contre, il me semble que le travail peut aussi, via le fait qu’il constitue une occupation, une activité, avoir une portée plus existencielle. Ne pensez-vous pas que l’homme peut chercher, via le travail, à s’améliorer, à atteindre des objectifs personnels ? Vous avez dans la première partie de votre résumé consacrée à la dimension morale du travail introduit plusieurs aspects positifs du travail. Ces aspects ne peuvent-ils pas constituer en soi une raison suffisante ? Je pense à l’artisan cherchant à parfaire son geste, à améliorer sa technique. Je pense à l’artiste et à son travail de création. Je pense au chercheur (mon métier) qui essaie de comprendre toujours plus le monde qui l’entoure. Il me semble que pour certaines activités, on peut parler d’effet boomerang : les efforts fournis peuvent vous permettre de vous accomplir, de vous améliorer, de trouver votre place dans le monde. Le métier d’enseignant n’en est-il pas un bel example ?
    J’ai modestement fait un peu d’animation il y a quelques années, et j’ai eu un retour de la part des enfants dont je m’occupais exceptionnel : ils m’ont permis de comprendre des choses sur la vie et sur moi-même. Une occupation exercée en premier lieu pour obtenir de l’argent s’est révélée beaucoup plus enrichissante que prévue (mais pas d’un point de vue pécunier !). Pour certains de mes collègues et moi-même, le travail est une activité ayant une fin en soi, parce qu’il est choisi et non imposé, et parce qu’il donne un sens à nos vies.

    Merci pour votre blog, que je continuerai à lire avec plaisir.

    Sébastien

  2. Simone MANON dit :

    Merci de ce témoignage. Vous avez bien raison de souligner les aspects positifs du travail. Le premier cours souligne cette dimension humaniste du travail. Et tout ce qu’il est permis d’espérer, c’est que la plupart des hommes puissent exercer un métier enrichissant et épanouissant. Mais il ne faut pas sous estimer qu’il y a de nombreuses tâches qu’il faut bien assumer et qui plient l’homme sous le fardeau plus qu’elles ne l’accomplissent et même les tâches gratifiantes comportent leur face obscure. Il me semble qu’il est important dans une société bourgeoise, portée à célébrer le travail de rappeler les valeurs grecques.

  3. FANNY dit :

    Bonjour, j’adore vos cours . Ils sont clairs et m’aide beaucoups..
    En cours on nous a poser une problématique que je n’arrive pas à travailler ou à trouver des axes de recherches pour le développer.
    J’espère pouvoir bénéficier de vos lumières.
     » Est ce la necéssité qui pousse les hommes à travailler ?  »
    Quelle plan me conseillerez vous ?
    merci !!

  4. Simone MANON dit :

    Celui que vous trouverez par votre propre effort.

  5. Damien dit :

    Je suis en terminale S, mais cela ne veut pas dire que je délaisse le coté « litéraire ». J’aime bien la philo et j’ai une prof exellente. je tiens a vous remerciez pour votre site qui m’éclaire grandement sur le planpersonnel et sur celui du travail, puisque ma première motivation était a la base un commentaire d’un texte de Nietzsche (le gai savoir je crois) et j’avais besoin de comprendre des notions de travail, d’ennui et de plaisir. je n’ai pas fini mes recherches mais votre site est un précieuse source d’information très accueillante et je vous remercie pour le travail que vous avez du fournir, et j’aime bien l’approche que vous avez. je pense que je viendrais jeter des coups d’oeil de temps en temps pour ma culture personnelle, ca fait pas de mal. encore merci.

  6. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message et tous mes voeux de réussite.

  7. Damien dit :

    je vous remercie et je vous souhaite à vous aussi bonne continuation dans votre métier et dans vos oeuvres.

  8. Guillaume ROBIN dit :

    Chère Madame Manon,
    « Le travail est-il une valeur en voie de disparition ? »
    Voici la question sur laquelle il nous était donné de réfléchir pour notre première « dissertation » de Philosophie. C’était en début d’année scolaire 1998-1999 et je découvrais pour la première fois qu’il était possible de lier l’école (l’enseignement que nous y avions) et la vie. Cette question sur le travail fut également ma première expérience de recherche, exaltante dans mon souvenir. Aujourd’hui, la recherche est mon travail, et je repense souvent à vous et à vos cours, et comment ils ont été déterminants.
    Je suis très heureux de découvrir l’existence de votre blog au moment même où je ressens le besoin personnel de poursuivre mon apprentissage, laissé entre parenthèses depuis juin 1999… Merci de rendre possible les révisions et les approfondissements que je cherchais, et selon une manière toujours aussi claire.
    Guillaume Robin (Nantes)

  9. Simone MANON dit :

    C’est toujours un grand plaisir d’avoir des nouvelles de ses anciens élèves. Je me souviens bien de cette dissertation que m’avait inspirée le livre de Dominique Méda et je vois que vous avez fait votre chemin.
    Je suis flattée de savoir que je peux encore vous être utile. Merci de votre message.
    Avec mon bon souvenir.

  10. Annie dit :

    Bonjour,
    Je suis tombée sur votre site en préparant une intervention auprès de personnes qui bénéficient d’aides sociales et qu’il faut remotiver pour trouver du travail…
    Malgré une équipe d’accompagnement, ces personnes ne semblent pas ressentir le besoin de travailler (c’est dit un peu durement, mais c’est ce qui ressort des entretiens).
    Je mets de côté donc les côtés « négatifs » du travail pour reprendre vos arguments en faveur d’un retour à l’emploi !
    Merci !

  11. Simone MANON dit :

    Je prends beaucoup de temps à expliquer à mes élèves que l’idée d’un besoin de travailler est très problématique. Le travail est d’abord une contrainte vitale et l’on se passerait bien de travailler si l’on pouvait vivre de ses rentes. Mais chacun devrait se sentir tenu d’assumer sa part de cette contrainte pour autant que cela dépend de lui. A défaut , on se sent autorisé à vivre du travail des autres et c’est cela qui est scandaleux. Car ne pas ressentir l’obligation de contribuer par ses efforts à la production de la richesse collective, voilà le problème moral et le signe d’un manque de dignité.
    D’où la nécessité de réfléchir collectivement à la légitimité d’une assistance sociale dont les effets peuvent être la dégradation morale des personnes.

  12. noe dit :

    bonjour,
    j’ai trouvé votre texte sur le travail très intéressant. je cherche de la documentation sur ce vision humaniste et formatrice du travail, qu’est ce qu’on apprend au travail. pourquoi il nous donne du sens? vous pourrez me recommender de la bibliographie?

  13. Simone MANON dit :

    Vous remarquerez Noe que ce cours synthétise des analyses venues d’auteurs différents. A chaque fois je signale le titre d’un ouvrage.
    Pour ce qui est d’une étude synthétique d’une vision humaniste du travail, je n’en connais pas. C’est du côté de la pensée chrétienne qu’il faut aller voir et ce sont souvent des études anciennes.
    Mounier ( Le personnalisme,1949), Lacroix (Personne et amour, 1956), Bartoli ( Science économique et travail,1957).
    Désolée de ne pouvoir mieux répondre à votre question. Tapez humanisme du travail sur google. Il y a des références mais comme je n’ai pas lu ces ouvrages, je préfère ne pas les indiquer.
    Bien à vous.

  14. Flavie Lambelain dit :

    Bonsoir, et merci pour ce blog très enrichissant.
    Quand vous dites que le travail a une valeur, cela revient-il à dire qu’il est une valeur en soi? Je travaille en fait sur le rapport entre valeur et utilité, et le travail me semblait un bon exemple pour illustrer la nature utile d’une valeur. Il me semblait en effet que le travail était une valeur, notamment dans la religion chrétienne. Mais Les Ecritures que vous évoquez ne font pas du tout du travail une valeur, quelque chose d’estimable en soi, au contraire elles me paraissent plutôt insister sur la dimension pratique du travail (le travail comme moyen). Finalement je ne comprends plus vraiment ce qu’il y a derrière cette notion du travail comme valeur, pourriez vous m’aider à y voir plus clair?

  15. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Vous avez sur ce blog des cours sur le travail qui me semblent explicite sur cette question.
    Non le travail n’est pas une valeur en soi pour des raisons qui ont été explicitées.
    Dans ce cours, je montre qu’on peut néanmoins pointer des aspects positifs de cette acttivité. Je ne vais pas les reformuler puisque cela a déjà été fait.
    Pour le thème de votre réflexion voyez le cours sur l’utilitarisme.
    Bien à vous.

  16. virot dit :

    Je découvre aujourd’hui votre site. J’ai ce jour 49 ans et suis depuis longtemps sensible à la philosophie, bien que je n’ai pas suivi de cours sur ce thème.
    Je suis heureux de pouvoir, à la lecture de votre travail, connaitre ce qu’est la philosophie.
    Merci à vous Simone Manon.

  17. Simone MANON dit :

    Il n’est jamais trop tard, Rodolphe, pour pratiquer la philosophie.
    L’important est surtout de lire les grands auteurs, ce blog ayant pour objectif de proposer quelques clés de compréhension.
    Bonne découverte.

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