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     Il suffit de lire les historiens pour découvrir les difficultés qu’il y a à définir la nature de cette connaissance qu’on appelle l’histoire. Elle n’est pas comme la physique, un discours formalisé, dont les résultats s’énoncent dans des formules mathématiques, le double avantage d’une telle science étant d’exiger la formation intellectuelle nécessaire à sa compréhension et de faire l’accord des esprits. La recherche historique explicite ses conclusions sous forme de récits de telle sorte que d’aucuns pourraient être tentés de croire qu’elle appartient au champ de la littérature et non à celui des sciences. Or l’histoire ne veut pas raconter « des histoires », elle se veut un discours obéissant à une norme d’objectivité. H.I. Marrou demande de la définir comme : « la connaissance scientifiquement élaborée du passé » mais, à peine a-t-il donné cette définition qu’il anticipe les objections  que ne peut manquer de susciter la notion de science appliquée à l’histoire.

 
   Lisons le pour prendre la mesure des difficultés :
 
   «  Qu'est-ce donc que l'histoire ? Je proposerai de répondre : l'histoire est la connaissance du passé humain. L'utilité pratique d'une telle définition est de résumer dans une brève formule l'apport des discussions et gloses qu'elle aura provoquées. Commentons-la :
 Nous dirons connaissance et non pas, comme tels autres, « narration du passé humain », ou encore « oeuvre littéraire visant à le retracer » ; sans doute, le travail historique doit normalement aboutir à une oeuvre écrite [...], mais il s'agit là d'une exigence de caractère pratique (la mission sociale de l'historien...) : de fait, l'histoire existe déjà, parfaitement élaborée dans la pensée de l'historien avant même qu'il l'ait écrite ; quelles que puissent être les interférences des deux types d'activité, elles sont logiquement distinctes.
   Nous dirons connaissance et non pas, comme d'autres, « recherche » ou « étude » (bien que ce sens d’ « enquête » soit le sens premier du mot grec istoria), car c'est confondre la fin et les moyens ; ce qui importe c'est le résultat atteint par la recherche : nous ne la poursuivrions pas si elle ne devait pas aboutir ; l'histoire se définit par la vérité qu'elle se montre capable d'élaborer. Car, en disant connaissance, nous entendons connaissance valide, vraie : l'histoire s'oppose par là à ce qui serait, à ce qui est représentation fausse ou falsifiée, irréelle du passé, à l'utopie, à l'histoire imaginaire [...], au roman historique, au mythe, aux traditions populaires ou aux légendes pédagogiques - ce passé en images d'Epinal que l'orgueil des grands Etats modernes inculque, dès l'école primaire, à l'âme innocente de ses futurs citoyens.
    Sans doute cette vérité de la connaissance historique est-elle un idéal, dont, plus progressera notre analyse, plus il apparaîtra qu'il n'est pas facile à atteindre : l'histoire du moins doit être le résultat de l'effort le plus rigoureux, le plus systématique pour s'en rapprocher. C'est pourquoi on pourrait peut-être préciser utilement « la connaissance scientifiquement élaborée du passé », si la notion de science n'était elle-même ambiguë : le platonicien s'étonnera que nous annexions à la « science » cette connaissance si peu rationnelle, qui relève tout entière du domaine de la doxa ; l'aristotélicien pour qui il n'y a de « science » que du général sera désorienté lorsqu'il verra l'histoire décrite (et non sans quelque outrance, on le verra) sous les traits d'une « science du concret » (Dardel), voire du « singulier » (Rickert). Précisons donc (il faut parler grec pour s'entendre) que si l'on parle de science à propos de l'histoire c'est non au sens d'épistémè mais bien de technè, c'est-à-dire, par opposition à la connaissance vulgaire de l'expérience quotidienne, une connaissance élaborée en fonction d'une méthode systématique et rigoureuse, celle qui s'est révélée représenter le facteur optimum de vérité. »

                   H.I. Marrou, De la connaissance historique, éd. du Seuil, p. 32.33

   Marrou propose de prendre le mot science dans son sens moderne. On entend par là une connaissance rationnelle, élaborée selon une méthode rigoureuse ; méthode garante d’un idéal de vérité à conquérir. La méthode en usage dans la cité scientifique est la méthode expérimentale. Elle comporte trois moments : observation des faits, invention d’une hypothèse pour les rendre intelligibles, vérification de l’hypothèse. La question est de savoir si l’histoire peut satisfaire à ces exigences comme n’importe quelle autre science. Ne rencontre-t-elle pas des difficultés qui sont liées à la nature de son objet ?

 
I)                   Le problème de l’observation en histoire.
 
   L’objet de l’historien est le passé et celui-ci a ceci de spécifique qu’il n’est plus. Il échappe à l’observation directe. L’historien est condamné à le reconstituer à partir des traces qu’il a laissées sur son chemin. D’où le premier problème : Est-il possible de le reconstituer dans son authenticité ? Archives, documents, vestiges, témoignages constituant les sources du travail de l’historien, sont-ils des traces dignes de foi et suffisantes pour reconstituer les événements et leur déroulement ?
    « Nous sommes à l’égard des faits dans la situation du juge d’instruction qui s’efforce de reconstituer un crime auquel il n’a pas assisté, du physicien qui, retenu à la chambre par la grippe ne connaitrait le résultat de ses expériences que grâce aux rapports d’un garçon de laboratoire » remarque Marc Bloch dans le chapitre consacré à l’observation historique de son livre Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien (1949). Et peu importe qu’il en soit de même pour le présent car qu’il soit impossible de saisir le réel sans passer par le témoignage d’autrui ou la présence de traces renseignant sur ce dont nous n’avons pas l’expérience directe ne signifie pas que ces traces soient fiables.
   L’historien n’est d’ailleurs pas placé dans la même situation pour toutes les époques. Certaines sont pauvres en vestiges, d’autres riches. Dans le premier cas les documents subsistants sont-ils exemplaires ou inessentiels ? Dans le deuxième, comment sélectionner ce qui est significatif et ce qui ne l’est pas et surtout comment se prémunir contre les risques de manipulation dont on sait que l’histoire est l’objet ? Le document, en effet, n’est pas innocent. Il n’est pas un matériau brut, objectif. Il exprime le pouvoir qu’une société entend exercer sur sa mémoire et sur l’avenir. « Le document est monument » affirment J. Le Goff et M. Foucault.
   Voilà pourquoi l’histoire a mis au point une méthode appelée la Critique, « destinée à distinguer le vrai du faux en histoire » Halkin, Introduction à la critique historique.
   Elle a aussi élargi le domaine de ses documents. L’histoire traditionnelle le réduisait aux textes et aux produits de l’archéologie. Aujourd’hui, ils s’étendent aux images, à la parole, aux gestes. On constitue des archives orales, des ethno-textes. L’ordinateur modifie l’archivage. L’histoire quantitative de la démographie à l’économie, en passant par l’histoire culturelle est liée aux progrès des méthodes statistiques et de l’informatique appliquées aux sciences sociales.
   La méthode critique qui confère à l’histoire une dimension de science au sens technique comprend deux moments. C’est cette méthode qui a fait la gloire de l’école positiviste (Cf. Langlois et Seignobos. Introduction aux études historiques. 1897).
 
  • La critique externe ou critique d’authenticité.
 
   Elle consiste à déterminer si le document examiné est un vrai ou un faux. Elle a vocation d’authentification. On va analyser les matériaux afin de les dater (carbone 14), étudier la langue, le style s’il s’agit d’un texte afin de faire la chasse aux interpolations, aux invraisemblances.
   Par exemple, les textes officiels, avant l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) faisant obligation d’utiliser la langue française sont d’ordinaire en latin. La découverte d’une charte écrite en français avant cette date, ne signifiera pas, par principe, qu’il s’agit d’un faux mais on sera prudent avec cette source.
    « Un document faux est néanmoins «  un document historique et il peut être un témoignage précieux sur l’époque qui l’a forgé et sur la période pendant laquelle il a été tenu pour authentique et utilisé » Le Goff. Histoire et mémoire, Gallimard, Folio, p.303.
 
  • La critique interne ou critique de crédibilité.
 
   Elle consiste à établir la vérité du récit ou de l’information fournie par le document. Pour mesurer son exactitude, il faut le confronter à d’autres sources. S’il s’agit du récit d’un témoin oculaire, on ne peut ignorer qu’il comporte nécessairement des inexactitudes, volontaires ou psychologiquement inévitables. Il y a, en effet, toujours distorsion entre la perception et le souvenir, le témoin est placé d’une certaine manière dans la situation qu’il relate, il l’interprète en fonction de ses parti-pris etc.
   Marc Bloch donne l’exemple du travail de la critique interne à propos des Mémoires du général Marbot : « Il faut considérer d’abord le cas élémentaire du récit. Dans ses Mémoires, qui ont fait battre tant de jeunes coeurs, Marbot raconte, avec une grande abondance de détails, un trait de bravoure dont il se donne pour le héros : à l’en croire, il aurait, dans le nuit du 7 au 8 mai 1809, traversé en barque les flots démontés du Danube, alors en pleine crue, pour enlever sur l’autre bord quelques prisonniers autrichiens. Comment vérifier l’anecdote ? En appelant à la rescousse d’autres témoignages. Nous possédons les ordres, les carnets de marche, les comptes rendus des armées en présence ; ils attestent que, durant la fameuse nuit, le corps autrichien, dont Marbot prétend avoir trouvé les bivouacs sur la rive gauche, occupait encore la rive opposée. De la Correspondance même de Napoléon, il ressort, par ailleurs, que le 8 mai, les hautes eaux n’avaient pas commencé. Enfin on a retrouvé une demande de promotion établie le 30 juin 1809, par Marbot en personne. Parmi les titres qu’il y invoque il ne souffle mot de son soi-disant exploit du mois précédent. D’un côté, voilà donc les Mémoires, de l’autre, tout un lot de textes qui les démentent. Il convient de départager ces irréconciliables témoins. Quelle alternative jugera-t-on la plus vraisemblable ? Que sur le moment même, les états-majors, l’Empereur lui -même, se soient trompés (à moins que, Dieu sait pourquoi, ils aient sciemment altéré la réalité) ; que le Marbot de 1809, en mal d’avancement, ait péché par folle modestie : ou que, beaucoup plus tard, le vieux guerrier, dont les hâbleries sont, par ailleurs, notoires, ait donné un nouveau croc-en-jambe à la vérité ? Personne assurément n’hésitera : les Mémoires, une fois de plus, ont menti. » Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien.
 
   La méthode critique est donc essentiellement une méthode comparative. Elle révèle que le travail de l’historien est un travail de spécialiste impliquant une érudition.
   Reste que l’établissement des faits, ne procède pas des seules rigueurs de la critique précédemment définie.
 
  • D’une part parce que, les archives manquant souvent, l’imagination historique doit suppléer ces manques. A Fustel de Coulanges qui écrivait en 1888: « Lois, chartes, formules, chroniques et histoires, il faut avoir lu toutes ces catégories de documents sans en avoir omis une seule. (L’historien) n’a d’autre ambition que de bien voir les faits et de les comprendre avec exactitude. Ce n’est pas dans son imagination ou dans sa logique qu’il les cherche; il les cherche et les atteint par l’observation minutieuse des textes, comme le chimiste trouve les siens dans des expériences minutieusement conduites. Son unique habileté consiste à tirer des documents tout ce qu’ils contiennent et à n’y rien ajouter de ce qu’ils ne contiennent pas. Le meilleur des historiens est celui qui se tient le plus près des textes, qui les interprète avec le plus de justesse, qui n’écrit et même ne pense que d’après eux » ; Lucien Febvre rétorque : «L’histoire se fait avec des documents écrits, sans doute. Quand il y en a. Mais elle peut se faire, elle doit se faire, sans documents écrits s’il n’en existe point. Avec tout ce que l’ingéniosité de l’historien peut lui permettre d’utiliser pour fabriquer son miel, à défaut des fleurs usuelles. Donc, avec des mots, des signes, des paysages et des tuiles. Des formes de champ et de mauvaises herbes. Des éclipses de lune et des colliers d’attelage. Des expertises de pierres par des géologues et des analyses d’épées en métal par des chimistes. D’un mot, avec tout ce qui, étant à l’homme, dépend de l’homme, sert à l’homme, exprime l’homme, signifie la présence, l’activité, les goûts et les façons d’être de l’homme » Cité par Le Goff dans Histoire et mémoire, p.298>300.
  • D’autre part parce que les silences de l’historiographie officielle (Ex : presque pas d’archives sur la paysannerie, la sorcellerie, la folie, les fêtes etc.) sont aussi éloquents. L’historien doit interroger l’histoire sur ses lacunes. « Il faut faire l’inventaire des archives du silence » remarque Le Goff. Ibid. p.302.
  • Enfin, parce que comme Paul Veyne le souligne, une dimension fondamentale de l’histoire consiste dans « une lutte contre l’optique imposée par les sources » Comment on écrit l’histoire. Seuil, 1971, p.151. Les vrais problèmes d’épistémologie historique sont, non seulement, que l’histoire est « une connaissance mutilée » mais qu’elle est « ce que font d’elle les sources ». Celles-ci doivent donc être interrogées dans leurs conditions de production. Cela implique une critique et une topique c’est-à-dire un ensemble de questions à poser, les faits historiques étant souvent ce qui n’apparaît pas à ceux qui les vivent car ils sont sociaux, démographiques, économiques. Ils ne se découvrent qu’au bas d’une colonne de chiffres.
 
 
II)                Le problème de l’explication en histoire.
 
         L’établissement scrupuleux des faits ne suffit pas à écrire l’histoire car la connaissance historique n’est pas une chronique. Elle ne se contente pas d’énumérer des événements dans un ordre sériel. Elle les organise, les articule dans une totalité intelligible. L’histoire est un récit, une mise en intrigue des événements et sa vocation narrative a une fonction explicative. 
   PB : Qu’est-ce qu’expliquer en histoire ?
 
·       Expliquer ne peut avoir le sens fort que l’opération revêt dans les sciences physiques où le savant subsume des faits sous des lois.
 
    Ex : La chute d’une pomme s’explique par la loi de Galilée (e= ½ gt2), la loi galiléenne pouvant à son tour être subsumée sous la loi de la gravitation.
   L’explication nomologique ne s’intéresse pas au fait (la chute de la pomme) dans son caractère factuel. Celui-ci est dépouillé de ses caractéristiques concrètes, événementielles ; il n’est saisi que dans ses propriétés formalisables et assignables à un principe ou une loi. La science est connaissance des lois qui régissent les faits.
   Or si de nombreux faits qui se déroulent dans l’histoire sont peut-être explicables par des lois, psychologiques, sociologiques, économiques, s’ensuit-il qu’il y ait des lois de l’histoire ? Selon Paul Veyne, non. Il n’y a pas de lois régissant l’événement dans ce qu’il a d’historique. On ne peut pas subsumer le fait sous une loi générale pas plus d’ailleurs qu’on ne le peut de la chute de la pomme considérée dans son occurrence individuelle. Il s’ensuit que l’histoire est un corps de faits, non un corps de lois. « Si un historien s’occupait des corps qui tombent ce serait pour décrire des chutes » note Paul Veyne. Alors qu’est-ce qu’expliquer en histoire ?
 
  • C’est mettre en intrigue, construire un récit où une diversité et une multiplicité d’éléments sont synthétisées dans l’unité d’une histoire.
 
   L’intrigue articule des facteurs aussi hétérogènes que des causes matérielles, des intentions humaines, des hasards, des interactions etc. Elle opère une synthèse de l’hétérogène, l’explication consistant à montrer comment se déroule l’intrigue. « Ce qu’on nomme explication n’est guère que la manière qu’a le récit de s’organiser dans une intrigue compréhensible » Paul Veyne, Ibid. p.67.
   Car l’histoire n’explique pas au sens où l’on peut déduire et prévoir comme c’est le cas dans les sciences dures. L’histoire n’est pas un discours formalisé. L’explication qu’elle met en œuvre n’est pas fondamentalement différente de celle qui fonctionne dans les romans. Elle consiste à rapporter un fait à ses antécédents et à raconter comment les choses se sont déroulées. L’explication historique est causale, non nomologique.
   Reste qu’en racontant comment les faits se sont produits, elle énonce ce qu’il y a d’intelligible en eux. Par là l’histoire, comme c’est le cas de tout discours, n’est pas une science du concret. Elle est bien descriptive mais elle ne retient des événements que ce qu’ils ont de spécifique. « L’histoire s’intéresse aux événements individualisés dont aucun ne fait double emploi, mais ce n’est pas leur individualité qui l’intéresse : elle cherche à les comprendre, c’est-à-dire à retrouver en eux une sorte de généralité ou plus précisément de spécificité » Paul Veyne, Ibid. p.48.
   Ex : Si on fait l’histoire des paysans savoyards au 18° siècle, ce n’est pas ce que tel paysan a de singulier qui retient l’historien, mais ce que sa situation a d’exemplaire de la condition du paysan à telle époque. (Veyne parle « d’items » = faits répétables).
 
  • Si expliquer en histoire signifie mettre en intrigue et non subsumer les faits sous des lois, cela signifie que « les faits n’existent que dans et par les intrigues où ils prennent l’importance relative que leur impose la logique du récit » Veyne.
 
 « Les historiens racontent des intrigues, qui sont comme autant d’itinéraires qu’ils tracent à leur guise à travers le très objectif champ événementiel (lequel est divisible à l’infini et n’est pas composé d’atomes événementiels); aucun historien ne décrit la totalité de ce champ, car un itinéraire doit choisir et ne peut passer partout; aucun de ces itinéraires n’est le vrai, n’est l’Histoire. Enfin, le champ événementiel ne comprend pas des sites qu’on irait visiter et qui s’appelleraient événements : un événement n’est pas un être, mais un croisement d’itinéraires possibles. Considérons l’événement appelé guerre de 1914, ou plutôt situons-nous avec plus de précision : les opérations militaires et l’activité diplomatique; c’est un itinéraire qui en vaut bien un autre. Nous pouvons aussi voir plus largement et déborder sur les zones avoisinantes : les nécessités militaires ont entraîné une intervention de l’Etat dans la vie économique, suscité des problèmes politiques et constitutionnels, modifié les moeurs, multiplié le nombre des infirmières et des ouvrières et bouleversé la condition de la femme... Nous voilà sur l’itinéraire du féminisme, que nous pouvons suivre plus ou moins loin. Certains itinéraires tournent court (la guerre a eu peu d’influence sur l’évolution de la peinture, sauf erreur); le même « fait », qui est cause profonde sur un itinéraire donné, sera incident ou détail sur un autre. Toutes ces liaisons dans le champ événementiel sont parfaitement objectives. Alors, quel sera l’événement appelé guerre de 1914? Il sera ce que vous en ferez par l’étendue que vous donnerez librement au concept de guerre : les opérations diplomatiques ou militaires, ou une partie plus ou moins grande des itinéraires qui recoupent celui-ci. Si vous voyez assez grand votre guerre sera même un « fait social total ». Ibid. p.38.39.
 
   Il ne faut pas comprendre par là que l’histoire est fantaisiste mais que le champ événementiel ne s’impose pas à l’approche historique avec ses découpages tout faits. C’est l’historien qui choisit son itinéraire et construit son objet en fonction de ses hypothèses de travail.
   Ex : Lévi-Strauss souligne que les épisodes les plus fameux de l’histoire moderne cesseraient d’être pertinents si on les codait dans le système de la préhistoire. On ne retiendrait que l’évolution démographique, l’invention de la machine à vapeur, celle de l’électricité et de l’énergie nucléaire.
 
  • Il y a donc plusieurs manières d’écrire l’histoire tributaires : des hypothèses de travail de l’historien ; des questions qu’il pose à la réalité historique ; de la façon dont il découpe le temps.
 
   On peut distinguer grossièrement trois grands types de durée auxquels correspondent trois formes d’histoire :
1)      Le temps court, celui de l’événement. L’histoire événementielle suppose le primat de l’individu et celui de l’événement. Elle est essentiellement l’histoire politique et militaire.
2)      La moyenne durée, celle de la conjoncture.  Ce n’est plus le jour, le mois ou même l’année qui sont pertinents mais l’évolution des phénomènes sur une période allant de dix ans à cinquante ans. L’histoire conjoncturelle est l’histoire économique et sociale. Par exemple l’étude d’une courbe des prix, d’une progression démographique, des variations des taux d’intérêt etc. implique une autre durée que l’étude d’un événement militaire encore que B. Croce notait que dans tout événement, c’est l’histoire entière qui se trouve incorporée. Ce genre d’histoire a été imposé par l’Ecole des Annales.
3)      La longue durée, celle des structures. Pour l’histoire structurelle, ce sont les siècles qui sont l’unité de temps. Ainsi à l’écume des événements, Braudel oppose le roc de le durée : moins ce qui change que ce qui demeure. « Par structure, les observateurs du social entendent une organisation, une cohérence, des rapports assez fixes entre réalités et masses sociales. Pour nous, historiens, une structure est sans doute assemblage, architecture, mais plus encore une réalité que le temps use mal et véhicule très longuement. Certaines structures, à vivre longtemps, deviennent des éléments stables d’une infinité de générations, elles encombrent l’histoire, en gênent, donc en commandent, l’écoulement. » Braudel, Ecrits sur l’histoire, Champ, Flammarion, p. 50.
 
III)             Le problème de l’objectivité en histoire.
 
   On entend par fait historique, ce qui a effectivement eu lieu, ce qui est arrivé à un moment donné dans des circonstances données. Il y a une réalité historique et la fonction de l’histoire est d’en élaborer le savoir selon une norme d’objectivité. La question est de savoir si cette objectivité est possible. Si l’on en croit les divers procès dont l’histoire est régulièrement l’objet, l’histoire ne pourrait prétendre à l’objectivité.
   PB : Quels sont les différents arguments mobilisés et sont-il légitimes ?
 
a)      L’argument de la dépendance des faits par rapport aux théories.
 
   On a vu précédemment que « les faits n’existent que dans et par les intrigues où ils prennent l’importance relative que leur impose la logique du récit ». Cette constatation heurte la représentation naïve. On croit, en effet, qu’il y a une réalité en soi, indépendante de l’esprit qui en élabore le savoir, et qui, passivement, doit en être le miroir fidèle. Or ni en histoire, ni dans les autres sciences le réquisit du caractère absolu de l’objet ne résiste à l’analyse. Il n’y a pas plus de fait physique en soi qu’il n’y a de passé en soi. Le réel tel qu’il est en soi est hors de notre portée. Nous n’avons accès qu’au réel tel qu’il est pour nous qui en élaborons le savoir.
   «  Il n’y a pas de réalité historique, toute faite, avant la science, qu’il conviendrait simplement de reproduire avec fidélité » écrit Aron. Introduction à la philosophie de l’histoire. Tel Gallimard, 1981. p. 147.
   Comme en physique, ce sont les idées qui font surgir les faits et c’est en fonction des questions qu’il pose au passé, de l’itinéraire choisi que l’historien sélectionne les faits significatifs. Le choix d’un itinéraire, les hypothèses de travail ont bien une subjectivité irréductible, mais cela ne signifie pas que l’histoire soit une connaissance subjective car subjectivité, en ce sens, ne connote pas arbitraire personnel. Pour l’historien qui choisirait le même itinéraire, qui poserait les mêmes questions, la sélection et l’importance relative des faits s’opéreraient, grosso modo, de la même manière.
   C’est que le métier d’historien a pour vocation de produire de l’intelligibilité en légitimant les conclusions de l’enquête par des garanties susceptibles de faire l’accord des esprits.
 
b)      L’argument de la mise en jeu de la subjectivité dans les procédures de compréhension.
 
   L’histoire comme toutes les sciences humaines se distinguent des sciences de la nature en ce qu’elle porte sur un objet qu’il est impossible d’étudier dans une pure relation d’extériorité et d’objectivité. Cet objet est, en effet, l’objet humain et avec un tel objet on ne peut pas faire l’économie de la dimension de l’esprit. Ainsi les agents historiques, en qualité de conscience et de volonté, agissent en fonction de significations et de valeurs et pas seulement comme les phénomènes naturels, en étant soumis au déterminisme des lois de la nature. Dès lors il est difficile de souscrire au mot d’ordre de Durkheim demandant de « considérer les faits sociaux comme des choses ». Car le sens ou l’intentionnalité psychique n’est pas ce qui peut se saisir de l’extérieur, c’est ce qui se comprend par la capacité de se mettre à la place des autres et d’interpréter leurs faits et gestes.   « Nous expliquons la nature, nous comprenons la vie psychique» écrit Dilthey. Le monde de l’esprit, 1926, T. 1, Aubier Montaigne, p. 320.322.
 
   D’où deux difficultés :
 
  • Si les sciences explicatives (les sciences de la nature) peuvent mettre hors jeu la subjectivité des savants, ce n’est pas possible dans les sciences compréhensives (les sciences de l’homme). Pour comprendre d’autres subjectivités, il faut être engagé soi-même comme subjectivité. Marrou prétendait même qu’on ne peut pas être un bon historien sans la capacité de sympathiser, d’éprouver de l’amitié pour les hommes dont on s’efforce de rendre intelligibles les actions.
  • Si les sciences explicatives se contentent d’établir des faits et des rapports entre eux, les sciences compréhensives ont à comprendre du sens. Et là où le sens ne va pas de soi, il faut donner une signification claire à ce qui commence par être obscur. Ce qui s’appelle interpréter. Or dès qu’il y a interprétation, il y a conflit possible des interprétations. Et comme il n’y a pas de moyens objectifs de faire le tri entre des interprétations concurrentes, puisque les tests de vérification sont interdits ou impossibles dans les choses humaines (on ne peut pas manipuler des faits passés pour tester la valeur des lectures proposées par différents historiens), la validité théorique de l’histoire ne peut être celle de la physique. « La connaissance historique est comme la connaissance d’autrui, comme la connaissance de soi, un cas particulier de la connaissance de l’homme et participe à son incertitude, à sa liberté […] En histoire, rien n’est sûr […] il n’existe aucune connaissance historique réellement objective,  valablement universelle, contraignante […] Soyez humbles, connaissez vos limites. Acceptez avec bonnes grâces vos servitudes. Reconnaissez que l’historien ne peut éliminer une subjectivité essentielle car l’historien est un homme qui réfléchit sur le passé des hommes et sur son passé […] Le véritable historien est celui qui se fait le contemporain des événements qu’il raconte, qui retrouve l’incertitude fondamentale si vivement ressentie par l’homme d’action qui était la leur, quand ils étaient un futur en train de devenir » disait Henri Irénée Marrou aux futurs historiens. Cité dans H.I. Marrou, un historien engagé, Pierre Riché et René Rémond, 2003, Cerf, p. 177.  
 
   Qu’il y ait là des obstacles épistémologiques auxquels échappent les sciences de la nature dans la mesure où elles n’ont pas affaire à du sens et ne sont pas des herméneutiques, n’en doutons pas. Mais cette difficulté inhérente à l’objet historique n’est pas un argument pour accuser le discours qui l’étudie de subjectivisme car si la mise hors jeu de la subjectivité est impossible, « nous attendons de l’historien une certaine qualité de subjectivité, non pas une subjectivité quelconque, mais une subjectivité qui soit précisément appropriée à l’objectivité qui convient à l’histoire. Il s’agit donc d’une subjectivité impliquée, impliquée par l’objectivité attendue. Nous pressentons par conséquent qu’il y a une bonne et une mauvaise subjectivité, et nous attendons un départage de le bonne et de la mauvaise subjectivité, par l’exercice même du métier d’historien » Paul Ricœur, Histoire et vérité, seuil, p. 23.24.
 
c)      L’argument de la solidarité du passé et du présent.
 
   L’histoire, dit-on, est la connaissance du passé mais l’historien est un homme du présent. C’est une conscience dans l’histoire qui construit l’histoire. Comment l’historien pourrait-il mettre entre parenthèse la mentalité de son époque, les passions et les intérêts qui sont ceux de l’homme situé socialement ? Au fond, la connaissance historique serait condamnée par principe à l’anachronisme et à l’idéologie.
 
   Il est bien vrai que l’histoire est la connaissance que des hommes inscrits dans un présent élaborent du passé des sociétés humaines. Ceux-ci demandent à la connaissance du passé de les éclairer sur leur présent. Ils interrogent l’expérience des hommes du passé comme s’ils attendaient d’eux un apaisement à leur angoisse présente ou des lumières pour se projeter avec réussite vers l’avenir. Réciproquement ils éclairent le passé par ce qu’ils savent de ses effets dans le présent. Cette interaction du passé et du présent est ce que l’on appelle la fonction sociale de l’histoire. «  C’est en fonction de nos besoins présents que l’histoire récolte systématiquement, puis qu’elle classe et groupe les faits passés. C’est en fonction de la vie qu’elle interroge la mort. Organiser le passé en fonction du présent, c’est ce qu’on pourrait nommer la fonction sociale de l’histoire » Lucien Febvre. 
 
   Il ne s’ensuit pas pour autant que l’histoire ne puisse pas être une connaissance rigoureuse :
 
·         D’abord parce que l’intérêt de l’homme pour l’histoire ne tient pas au seul fait que l’homme soit un sujet historique. Comme toute connaissance l’histoire procède de la curiosité humaine. Ce qui la fonde est un intérêt théorique d’abord. Paul Veyne rappelle ce point avec vigueur : « Le premier principe qui date des Grecs, c’est que l’histoire est connaissance désintéressée et non pas souvenirs nationaux ou dynastiques. Le second qui a fini de se dégager de nos jours, c’est que tout événement est digne de l’histoire » Comment on écrit l’histoire, p. 53. Il y a ainsi une histoire naturelle, ce qui prouve que par curiosité, l’homme peut interroger l’histoire d’une autre aventure que la sienne. Par ailleurs, il y a une grande différence entre l’histoire idéologique et l’histoire scientifiquement élaborée. Il peut arriver que l’histoire soit l’otage des intérêts idéologiques du présent (Cf. l’histoire nationaliste, révisionniste, révolutionnaire etc.) mais ce qui est en cause, ce n’est pas un vice constitutif de ce type de discours, c’est la stratégie politique de ceux qui s’en emparent à d’autres fins que la connaissance désintéressée. Il y a ainsi pour chaque époque des périodes névralgiques particulièrement exposées à des lectures idéologiques. François Furet fait remarquer que ce sont, en général, les moments historiques fondateurs, ceux dans lesquels la société actuelle va chercher son origine et sa légitimation. Pour le 18° siècle c’était la période de Clovis et des Invasions franques, pour nous, c’est 1789.
 
·         Ensuite parce que la solidarité du passé et du présent n’est pas nécessairement une tare. Il est vrai que chaque époque recommence sa lecture de l’histoire. Prenons l’exemple de la bataille de Bouvines (27 juillet 1214) ressuscitée par Georges Duby. Le Roi de France Philippe Auguste remporte une victoire décisive sur l’Empereur Otton IV et ses alliés. Orchestrée par les historiographes français et devenue légendaire, la bataille tombe dans l’oubli après le 13° siècle. Elle connaît des résurgences au 17° parce qu’on loue les victoires de la monarchie française ; sous la Monarchie de Juillet parce que les historiens libéraux et bourgeois y voient l’alliance bénéfique de la royauté et du peuple ; entre 1871 et 1914 parce que c’est la première victoire des Français sur les Allemands. Après 1945, Bouvines tombe dans le mépris de l’histoire-bataille.
J. de Romilly note que l’intérêt pour la Grèce est beaucoup plus fort dans une époque comme la nôtre que sous la royauté, parce que la question démocratique et politique, en général, préoccupe plus une société démocratique qu’une société monarchique.
Si donc on revisite l’histoire, ce n’est pas parce qu’une lecture passée était fantaisiste mais c’est parce que le présent fait surgir de nouvelles questions et conduit à découvrir des aspects du passé que d’autres époques ne songeaient même pas à dévoiler.
Ex : Notre prise de conscience de l’importance des phénomènes sociaux et économiques amène les historiens du présent à voir dans le passé ce que les hommes du passé ne remarquaient pas. Paul Veyne note, en ce sens  que Hérodote et Thucydide disposaient de toutes les données nécessaires pour fonder l’histoire sociale et religieuse mais ils ne l’ont pas fondée.
Peu à peu s’élabore ainsi ce que Veyne appelle une topique, c’est-à-dire une liste de questions à poser au passé, qui grandit avec le temps. On peut donc parler d’un progrès de la connaissance historique.
Ex : Supposons que l’historien étudie une civilisation préindustrielle. Il disposera d’une topique lui faisant connaître qu’a priori, il devra s’interroger sur la présence ou l’absence de certaines particularités : état démographique ? mortalité infantile ? durée de la vie ? maladies endémiques ? , toutes choses que nous n’imaginons même plus dans une société comme la nôtre.
Ainsi l’expérience historique des hommes donne au passé un avenir insoupçonnable à l’époque où il n’était encore que le passé, en raison du progrès des méthodes et des techniques d’analyse, mais aussi parce que ce sont les implications dans le présent du passé qui font surgir des significations nouvelles.
Ex : On ne peut pas lire le phénomène de la colonisation de la même manière avant et après les luttes de libération nationale. Idem pour la révolution russe selon qu’on est en 1933, 1968 ou après la chute de mur de Berlin.
 
 
Conclusion :
  
      L’historien est confronté à de nombreux obstacles épistémologiques liés à la nature de son objet. Le passé n’est plus, le fait historique ne se répète pas, l’objet humain n’est pas soumis à un déterminisme strict comme le sont les phénomènes naturels, les événements historiques s’interprètent car il font intervenir des significations et des valeurs, on ne peut pas expérimenter pour tester la validité de certaines hypothèses de travail, en particulier celles qui portent sur telle ou telle conception de la causalité en histoire, etc. On peut allonger la liste mais il faut aussitôt rajouter qu’elle est établie par les historiens eux-mêmes. C’est dire que la prise de conscience de ces difficultés est un acquis de l’histoire qui se conquiert contre ce qui lui fait obstacle. Par exemple, c’est la connaissance historique qui nous a sensibilisés aux risques de l’anachronisme. C’est dire que l’histoire s’est constituée comme une connaissance rigoureuse, une connaissance dont la méthode et la vocation sont bien de nature scientifique. Mais il s’agit d’une science de l’homme et non d’une science de la nature. Le type d’objectivité auquel elle peut prétendre ne peut  pas être le même.
   On peut donc conclure avec ce propos de Paul Ricœur : «  « Nous attendons de l'histoire une certaine objectivité, l'objectivité qui lui convient : c'est de là que nous devons partir et non de l'autre terme. Or qu'attendons-nous sous ce titre ? L'objectivité ici doit être prise en son sens épistémologique strict : est objectif ce que la pensée méthodique a élaboré, mis en ordre, compris et ce qu'elle peut ainsi faire comprendre. Cela est vrai des sciences physiques, des sciences biologiques ; cela est vrai aussi de l'histoire. Nous attendons par conséquent de l'histoire qu'elle fasse accéder le passé des sociétés humaines à cette dignité de l'objectivité. Cela ne veut pas dire que cette objectivité soit celle de la physique ou de la biologie : il y a autant de niveaux d'objectivité qu'il y a de comportements méthodiques. Nous attendons donc que l'histoire ajoute une nouvelle province à l’empire varié de l’objectivité. » Histoire et vérité, Seuil, p.23.24
 
 
 
 
 
 
 

 

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12 Réponses à “La connaissance historique et ses difficultés.”

  1. Préparationnaire plus trop en détresse dit :

    Une fois de plus, votre merveilleuse capacité à éclairer des auteurs dont les exposés me semblent parfois un peu ardus m’aide grandement. Je ne saurais dire combien de fois par semaine je visite votre site, découvrant à chaque fois des éléments de plus en plus utiles. Une fois de plus, une de vos explications (en l’occurrence celle sur la distinction explication nomologique / causale) éclaire sous un nouveau jour celle de mon professeur que j’avais moins bien saisie.
    Pour mes dissertations, mes colles et ma culture, un grand merci !

  2. Simone MANON dit :

    Merci, Cécile, pour ce sympathique message et tous mes voeux de réussite au concours.

  3. copin dit :

    Madame ,
    il y a 40 ans , un professeur nous disait ,  » ce que je voudrais , c’est qu’un jour vous ayez envie de relire de la philosophie  », c’est ce que je fais aujourd’hui , grâce à vous , à votre générosité et à votre clarté . Je suis comme cette jeune fille , il se passe peu de jours sans que je consulte votre site . Merci

  4. Simone MANON dit :

    Votre message me réjouit. Quoi de plus important que de maintenir éveillés la curiosité intellectuelle et le désir de comprendre?
    Merci pour ce plaisir matinal.
    Bien à vous.

  5. […] La connaissance historique et ses difficultés […]

  6. Madame je me tiens a vous remercier énormément pour votre travail. je viens juste de consulter votre site je me suis ému de découvrir tant de chose pour agrandir mon bagage intellectuel. je vous souhaite plus de succès et longue vie que DIEU vous bénisse

  7. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message.
    Bien à vous.

  8. […] l’écrivain dans les luttes politiques. Une littérature indissociable de l’histoire de France. » La connaissance historique et ses difficultés. Il suffit de lire les historiens pour découvrir les difficultés qu’il y a à définir la […]

  9. Wilfried Steve dit :

    Bonjour madame votre site n’a pas le chapitre intitulé science de la matière? J’ai un exposé sur ce thème la et ce dont j’ai besoin c’est:la prétention des sciences de la matière et l’ éloge des sciences de la matière,merci de bien vouloir me donner un coup de main

  10. Simone MANON dit :

    Bonjour
    Désolée, ce site n’est pas un site d’aide aux devoirs.
    Voyez le chapitre XVII pour éclairer un peu votre lanterne.
    Bon travail.

  11. Tiph dit :

    Chère Madame,
    Je prépare actuellement les concours de l’enseignement (Capes et Agreg de philosophie).
    La clarté de vos explications rend ma préparation beaucoup plus douce. Vous me permettez notamment d’appréhender certains auteurs que j’avais beaucoup de mal à étudier par moi-même, que je pensais jusqu’ici trop… « hermétique ».
    Votre blog réunit également les grandes problématiques des notions au programme de terminale (et donc du capes), ce qui facilite grandement l’organisation de mes révisions. Cela me permet notamment d’aller à l’essentiel lorsque le temps manque.
    J’ai déjà enseigné en lycée et vous me donnez envie de continuer malgré la difficulté des concours. Votre blog me rappelle d’ailleurs une citation de Kierkegaard qui, parlant de philosophie, disait : « Il ne s’agit pas de tenir des discours fantastiques pour des êtres fantastiques; c’est à des existants qu’on parle. »
    Bien cordialement

  12. Simone MANON dit :

    Merci pour ce sympathique message et tous mes vœux de réussite aux concours.
    Bien à vous.

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